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La victoire de David Cameron scelle-t-elle le sort européen de la Grande-Bretagne ?

DAVID CAMERON

INTERNATIONAL – « Nous devons tenir le référendum qui décidera de l’avenir du Royaume-Uni en Europe ». Dès l’annonce des premières projections de la BBC donnant les conservateurs proches de la majorité absolue, David Cameron a rappelé sa principale promesse de campagne. Cet engagement, dont l’actuel premier ministre britannique avait dessiné les contours il y a de ça maintenant trois ans, posera « une question claire: in/out » (dedans ou dehors) pour reprendre l’expression qu’il utilisait à l’époque.

Vue de France, sa position a de quoi surprendre. Car à titre personnel, David Cameron n’est pas favorable à une complète sortie de l’Union Européenne. Loin s’en faut. Si le sujet est sur la table depuis 2010, c’est parce que cette question divise considérablement le camp des conservateurs et que l’euroscepticisme a le vent en poupe outre-Manche. Un calcul électoral censé flatter l’aile droite de l’électorat britannique qui a semble-t-il porté ses fruits, au vu de la large victoire des conservateurs et le faible résultat d’Ukip . Mais que les partis europhobes ne manqueront pas d’instrumentaliser.

Alors, faut-il s’attendre à voir le Royaume-Uni tourner définitivement le dos à Bruxelles ? Pour l’heure, c’est surtout l’incertitude qui règne sur l’avenir européen de la Grande-Bretagne.

Doutes sur les conditions d’organisation

La première incertitude réside dans le calendrier que choisira David Cameron pour organiser ce référendum. Car si promesse de campagne il y a eu, le chef de file des Tories s’est bien gardé de préciser sa date d’application si ce n’est la « deadline » qu’il a fixé pour 2017, sans donner plus de détails. Selon Patrick Dunleavy, un politologue de la London School of Economics cité par l’AFP, David Cameron pourrait en réalité être tenté « d’avancer le scrutin à l’an prochain », histoire d’en finir avec cette question dont il espère -à tort ou à raison- qu’elle accouchera d’une souris.

Lire aussi : 5 bonnes raisons de laisser les Anglais partir, ou de rester dans l’Union européenne

Car le réel enjeu pour le premier ministre britannique, c’est d’utiliser la menace d’un Brexit (contraction des mots « Britain » et « exit ») pour obtenir auprès de Bruxelles des dispositions spécifiques en faveur de la Grande-Bretagne. Sara Binzert Holbot, spécialiste des questions européennes à la London School of Economics, est convaincue que David Cameron « prendra très rapidement le chemin de Bruxelles en vue de négocier un accord ».

Des négociations qui s’annoncent d’ores et déjà compliquées au vu de la réaction de la commission européenne qui a affirmé ce vendredi 8 mai que la liberté de circulation, l’un des points sur lequel il s’était engagé, n’était « pas négociable ».

Le coup de poker de David Cameron consistant à mettre sur la table la sortie définitive l’Union dans l’espoir de faire infléchir la position de l’Europe vis-à-vis de la Grande Bretagne parait alors d’autant plus risqué, surtout au regard de la position de l’opinion britannique sur cette question. Selon un sondage Populus réalisé au mois d’avril, 39% des Britanniques pencheraient déjà pour sortir de l’Union européenne contre 40% pour y rester. Voilà de quoi ajouter de l’illisibilité dans l’avenir européen de la Grande Bretagne.

L’inconnue écossaise

Autre incertitude pesant sur l’issue du scrutin, la position du SNP, qui a triomphé lors de ses dernières élections législatives. Le Parti nationaliste écossais a en effet raflé 56 des 59 sièges en jeu en Écosse, multipliant par plus de neuf le nombre de ses députés par rapport à 2010, selon les résultats définitifs.

La première ministre écossaise, europhile convaincue et chef de file du SNP, Nicola Sturgeon, plaidait en octobre dernier pour que l’Ecosse puisse avoir un droite de veto concernant le référendum sur l’Union Européenne en cas de victoire du « in ». Dans le détail, elle estime qu’une sortie de l’UE qui ne soit pas approuvée par les quatre nations du Royaume-Uni serait « démocratiquement indéfendable ». Comprendre: la première ministre écossaise conteste la légitimité même de ce référendum.

Ce faisant, en cas de sortie de l’UE de la Grande Bretagne, l’Écosse pourrait profiter de cette occasion pour quitter le giron britannique et choisir Bruxelles pour affirmer son indépendance. Nicola Sturgeon, a par ailleurs déjà prévenu qu’une sortie britannique de l’UE serait une condition suffisante pour reposer la question de l’indépendance.

Au regard du succès du vote nationaliste, David Cameron n’est donc pas à l’abri de devenir le premier ministre ayant provoqué une sortie de l’Union Européenne doublée de la « perte » d’Édimbourg.

Les europhobes de France ravis

Par définition, la question de la sortie de l’UE intéresse aussi les pays voisins de la Grande Bretagne. En France, ce sont les cadres du Front national qui accueillent avec bienveillance, non pas la réélection de David Cameron, mais sa promesse de campagne qui, selon eux, est la cause de son succès. Pour Marine Le Pen par exemple, « David Cameron n’aurait pas gagné s’il n’avait pas promis un référendum sur la sortie de l’UE », a-t-elle affirmé sur Twitter.

Une analyse partagée par le secrétaire général du FN, Nicolas Bay, qui estime également que « la promesse d’un référendum sur la sortie de l’UE n’y est sûrement pas pour rien dans la victoire de David Cameron ».

En revanche, un rapport du sénat consacré à la question estime peu probable le scénario d’un départ de la Grande Bretagne, voire même de l’application de la promesse de campagne.

« En effet, dans l’opinion publique, l’idée ne fait plus recette et il semble que l’on s’attache plutôt à un succès des négociations préalables au référendum », estiment les sénateurs. « En somme, beaucoup de bruit pour rien autour d’un concept embryonnaire et, dans certains cas, seul le plaisir de faire peur serait à l’œuvre « , résume le texte rapporté par la sénatrice du Bas-Rhin Fabienne Keller.

Paradoxalement, c’est donc ce que pourra obtenir David Cameron de Bruxelles qui déterminera l’avenir européen de la Grande Bretagne. En cas de succès des négociations, il pourra faire valoir auprès de l’électorat britannique l’écoute des « partenaires européens » concernant les préoccupations britanniques. En cas d’échec, il aura ouvert une boîte de Pandore dont les répercussions sont pour l’heure marquées par le sceau de l’incertitude.

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Grande-Bretagne : Cameron triomphe et l’Europe vacille

Le choc des résultats à la une de la presse vendredi : les sondages avaient tout faux (DANIEL SORABJI/AFP)

Les Britanniques s’attendaient à un résultat serré, « neck to neck » comme le titrait la presse, et ils se réveillent ce vendredi avec le triomphe sans appel des Conservateurs de David Cameron.

La une du Sun, jeudi 7 mai, qui prévoyait l’égalité entre les deux grands partis (via Twitter)

C’est, une fois de plus, le grand échec des instituts de sondage, et des analyses politiques qui se fondaient sur ces prévisions erronées.

Le scrutin a fait trois « victimes » vendredi, les leaders des trois partis perdants qui ont présenté leur démission : Ed Miliband pour le Labour, Nick Clegg pour les Libéraux-Démocrates, et Nigel Farage pour UKIP.

Les élections générales peuvent se résumer en quatre points :

  • loin d’être menacé de perdre, ou même d’être victime de l’éparpillement des voix, le Parti conservateur de David Cameron est le grand vainqueur, obtenant même la majorité absolue des sièges ; C’était inespéré ! Il gouvernera donc encore cinq ans, mais seul, sans ses alliés libéraux-démocrates du premier mandat qui ont subi de très lourds revers et dont le leader Nick Clegg a démissionné ;
  • le Parti travailliste de Ed Miliband subit une défaite aux dimensions historiques, victime de son élimination quasi complète en Ecosse (il ne lui reste qu’un seul élu), et de la difficulté de son leader à convaincre de la crédibilité d’une alternative aux Conservateurs sur l’économie, l’Europe ; Ed Miliband a assumé la défaite et démissionné.
  • UKIP, le United Kingdom Independence Party, anti-européen et anti-immigration, parfois surnommé le « FN britannique », est bien le troisième parti du royaume en voix (plus de trois millions), mais ne parvient pas à traduire ces voix en sièges puisqu’il n’en obtient qu’un. Son chef de file, Nigel Farage, a lui-même été battu. A l’opposé, les nationalistes écossais ont deux fois moins de voix mais font le plein de sièges.
  • le Scottish National Party (SNP), le parti nationaliste écossais, remporte une victoire absolue (56 sièges sur 59) dans sa province autrefois un bastion travailliste, quelques mois à peine après sa défaite au référendum sur l’indépendance de l’Ecosse. Victoire la plus symbolique du SNP : Mhairi Black, une étudiante de 20 ans, a battu un cacique travailliste élu depuis 1997 ! Le Royaume « Uni » a du souci à se faire…

Ou cet autre journal écossais, The Scotsman, qui titre sur « la nuit qui va changer la Grande Bretagne pour toujours ».

Petit lot de consolation : les Verts britanniques conservent leur seul siège avec la victoire de Caroline Lucas.

« De retour à Downing Street »

Le Guardian titre ce vendredi matin :

« Les travaillistes et les libéraux-démocrates écrasés alors que Cameron s’impose de retour au 10 [Downing Street, ndlr]. »

La question que tout le monde se posait sur la base des sondages – pourquoi un Premier ministre qui a une telle croissance économique et un chômage en baisse risque-t-il de perdre des élections ? – est donc devenue caduque dès les premiers sondages de sortie des urnes.

Le Parti travailliste a concentré ses attaques sur la montée des inégalités sociales pendant le règne de David Cameron et des Conservateurs : ça n’a pas suffi à convaincre les électeurs qu’ils étaient porteurs d’un programme susceptible de conserver le dynamisme de l’économie britannique tout en garantissant plus de justice sociale. Une équation qui se pose à toute la gauche européenne.

« Brexit » or not « Brexit » ?

La victoire éclatante de David Cameron a une première conséquence : il a confirmé dès jeudi soir sa promesse d’organiser un référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne, sur la base d’une renégociation du statut de son pays.

L’Europe est donc plongée dans une incertitude qui va durer des mois, et sans doute des années : celle du « Brexit », la sortie possible de la Grande-Bretagne.

Cette question a sans doute pesé dans la victoire des Conservateurs puisque ces derniers ont, par exemple, repris à Ukip, le parti populiste anti-immigration et anti-européen, le seul siège dont il disposait dans le parlement sortant, celui d’un transfuge tory.

Le parti de Nigel Farage n’a pas obtenu le succès espéré et David Cameron a remporté son pari de garder ses électeurs tentés par le vote anti-européen.

Il l’a fait au prix de cette promesse de renégociation du statut de la Grande-Bretagne dans l’UE, et surtout d’un référendum, d’ici à 2017, le premier sur ce sujet depuis… 1975, et qui sera sera sans nul doute âprement disputé.

Pour l’heure, Bruxelles se montre accomodant : Jean-Claude Juncker, le Président de la Commission européenne, a tweeté vendredi soir :

« Bravo David Cameron pour cette victoire éclatante. Je suis prêt à travailler avec vous pour obtenir un accord équilibré pour le Royaume Uni ».

C’est aimable, mais ça ne l’engage pas beaucoup…

« Un meilleur avenir pour tous »

Pour l’heure, le Premier ministre sortant et conforté savoure son triomphe après avoir essuyé les critiques.

A la manière des « four more years » (quatre ans de plus) de Barack Obama lors de sa réélection, David Cameron a tenté de formuler sa victoire en une phrase et une image (avec sa femme, bien sûr) sur Twitter :

« Un meilleur avenir pour tous. »

Moment étrange : quelques heures après la fièvre électorale, la dramatisation, les démissions en cascade, le vainqueur, David Cameron (à droite sur la photo) et les perdants, Nick Clegg, Ed Miliband et Nigel Farage, se sont retrouvés côte à côte pour les cérémonies du 8 mai…

Sarkozy : « congratulations »

Cette victoire conservatrice a en tous cas inspiré Nicolas Sarkozy, qui a félicité –en anglais qu’il parle mal- David Cameron pour sa « victoire impressionnante ». Message subliminal : Hollande = Miliband !

Royaume-Uni: les épines dans les pieds de David Cameron

 Christian Makarian

david-cameron-15_5336249Le Premier ministre David Cameron à Londres, le 11 mai 2015.     REUTERS/Stefan Wermuth

Le Premier ministre britannique David Cameron rempile après la victoire sans bavure des conservateurs aux législatives. Un nouveau mandat où les questions de l’Ecosse et du référendum sur la sortie de l’Europe le poursuivront.

Après avoir été reçu par la reine Elizabeth, qui l’a reconduit dans ses fonctions de Premier ministre, il a regagné sa résidence du 10 Downing Street dans un état d’euphorie. A 49 ans, après cinq années passées à la tête du pouvoir, David Cameron rempile et donne tort à la plupart des prévisions. Il s’offre un Grand Chelem surprenant: les conservateurs remportent une victoire sans bavure (la majorité absolue à la Chambre des communes), leurs encombrants alliés libéraux démocrates de la coalition sortante sont laminés (ils passent de 57 élus à huit), les travaillistes du Labour atteignent leur plus bas niveau depuis près de trente ans et le parti populiste antieuropéen Ukip, qui totalise tout de même 13% des voix, se retrouve avec un seul siège (de même que les Verts). Pour couronner le tout, une cascade de démissions – celles du leader du Labour, Ed Miliband, du chef des Lib-dems, Nick Clegg, et le possible retrait de la haute figure du Ukip, Nigel Farage – sert de trophée au vainqueur.

On ne peut pas s’en tenir là pour autant. Ce tableau comporte deux zones d’ombre majeures, dont on reparlera très vite et qui ne vont cesser de poursuivre Cameron, comme un cauchemar, tout au long de son deuxième mandat. L’une et l’autre vont dans le sens de la crispation de l’identité britannique.

Fractures écossaises et européennes

La première, interne, correspond à une spécificité que ces élections viennent de confirmer de façon alarmante: le Scottish National Party (SNP) remporte presque tous les sièges en Ecosse et ne laisse que des miettes aux travaillistes (1 siège au lieu de 40 précédemment), qui étaient traditionnellement dominants dans le Nord du royaume. C’est une percée spectaculaire du sentiment indépendantiste, après que le référendum sur l’indépendance de l’Ecosse, en 2014, s’était déjà soldé par un score de 45% de « oui ». David Cameron est-il encore le Premier ministre du Royaume-Uni, ou déjà celui de l’Angleterre? Il a tant flatté le SNP, pour enterrer les travaillistes, qu’il est désormais leur obligé. Ce n’est pas tout: le succès du SNP s’explique aussi par son orientation de gauche, hostile à une austérité qui reste précisément la marque de fabrique de Cameron.

La seconde raison d’inquiétude est externe, elle vise directement l’Europe, puisque, sitôt conforté par les urnes, Cameron a dû rappeler son engagement d’organiser un référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Une promesse empoisonnée, en partie destinée à damer le pion du Ukip. Le « Brexit » (sortie de l’Europe des Britanniques) a incontestablement joué un grand rôle dans la réussite électorale des conservateurs, dont l’aile droite exige maintenant le retour d’ascenseur: le sentiment antieuropéen est devenu outre-Manche un puissant catalyseur d’opinions autour duquel se coagulent toutes sortes de reproches (de la présence de nombreux immigrés sur le sol britannique aux pressions multiples attribuées à l’Union). Or, Cameron devra jouer finement: il s’est déclaré à titre personnel favorable au maintien dans l’UE, mais en précisant qu’il se ferait fort d’obtenir, en compensation, des concessions substantielles de Bruxelles. Il devra respecter ce contrat devant ses amis conservateurs, ce qui le situera inévitablement dans un bras de fer continu avec ses partenaires allemands et français.

Le fringant Premier ministre, image prototypique de l’homme sûr de lui, sera peut-être aidé dans ce défi par un autre facteur, qui pèse en sa faveur. Il a en effet mené une politique de réduction drastique des déficits publics et obtenu une décrue du chômage en favorisant, comme en Allemagne, des contrats de travail à faible rémunération. De fait, David Cameron devient, avec Angela Merkel, un des vétérans de l’Europe pragmatique, libérale, qui vise l’efficacité sans s’embarrasser de contraintes sociales. C’est sa principale victoire et, peut-être, le seul champ où il ne cultive pas l’isolement – qui caractérise désormais la France.

Elections au Royaume-Uni : « Un ‘Brexit’ serait dévastateur pour l’Europe »

Avec sa promesse d’organiser un référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE, David Cameron mène son pays et l’Europe à « la catastrophe », s’alarme Denis MacShane, ex-ministre travailliste des Affaires européennes. Interview.

Le Premier ministre britannique David Cameron a été réélu le 7 mai pour un second mandat. (TOBY MELVILLE / POOL / AFP)Le Premier ministre britannique David Cameron a été réélu le 7 mai pour un second mandat. (TOBY MELVILLE / POOL / AFP)

Comment expliquez-vous la victoire écrasante de David Cameron, le leader du parti conservateur ?

– C’est la conséquence à la fois de la disparition de tous les sièges travaillistes en Ecosse au profit des indépendantistes et de la disparition des sièges des libéraux démocrates au profit des conservateurs. Cette victoire, c’est évidemment aussi la défaite du Labour, qui n’a pas su répondre aux attentes des électeurs.

Mais il faut être prudent. Souvenons-nous que la victoire de John Major en 1992 n’avait pas empêché son gouvernement, six mois plus tard, de sombrer dans les guerres internes et de rester dans les mémoires comme le gouvernement le plus misérable depuis la guerre. David Cameron a obtenu une majorité très étroite et risque d’être lui aussi très prochainement aux prises avec ses frondeurs anti-européens qui veulent la sortie du pays de l’Union européenne.

La promesse de David Cameron d’organiser un référendum en 2017 sur ce fameux « Brexit » (la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne) n’a pas influé sur le vote ?

– La question du référendum n’a pas fait partie des sujets de la campagne électorale. Les médias des autres pays européens ont accordé beaucoup plus d’attention à cette question que les médias britanniques. Il y a eu une conspiration du silence. Les conservateurs ont évité d’en parler pour ne pas faire peur aux grands patrons de la City, pro-européens contrairement aux petits patrons de PME qui se plaignent des contraintes de l’UE. Et les travaillistes ont également préféré se taire pour ne pas rappeler à leurs électeurs qu’en refusant la tenue d’un référendum, ils les privent de la possibilité de s’exprimer sur cette question.

De la même manière que dans les années 30 on évitait d’évoquer la menace de la guerre, on a refusé cette fois de considérer les conséquences d’un « Brexit ». Mais en étouffant tout débat sur les réels enjeux, ils ont laissé le champ libre à tous ceux qui critiquent l’Union européenne et font campagne pour en sortir.

La population britannique est-elle majoritairement favorable à un Brexit ?

– Les sondages sur cette question sont très difficiles à déchiffrer. Tout dépend de la formulation. Lorsqu’on demande : « Si l’Europe est réformée êtes-vous prêts à y rester ? », la réponse est majoritairement oui. Lorsqu’on demande : « Etes-vous en faveur de l’Union européenne ? », la réponse est non. Mais si la question posée est : « Etes-vous prêt à sortir de l’UE demain ? », le résultat est alors 50/50. Reste qu’après cette élection, plus personne n’ose prendre pour argent comptant les sondages, qui nous avaient prédit un résultat très serré entre conservateurs et travaillistes !

David Cameron dit lui-même que son objectif n’est pas un « Brexit » mais la renégociation des termes d’adhésion de la Grande Bretagne à l’UE. Cependant, vous écrivez dans votre livre (« Brexit : How Britain Will Leave Europe ») que le « Brexit » est « probable »…

– Oui, parce que David Cameron veut l’Europe de ses rêves. Il ne souhaite pas sortir de l’UE à condition de vivre dans l’Europe de son choix. Mais comment va-t-il faire pour convaincre 27 Etats membres que ses demandes sont acceptables ? Il dit qu’il faut renégocier les traités. Comment compte-il obtenir une rediscussion des textes en si peu de temps, d’ici 2017 ? Et que va-t-il demander ? On ne sait même pas encore ce qu’il veut exactement.

On sait que le Medef britannique, la Confederation of British Industries (CBI), veut que l’Europe sociale ne s’applique pas au Royaume-Uni. Mais si David Cameron arrive le jour du référendum avec ce type de proposition, une partie de la gauche britannique, du Labour, des indépendantistes écossais, des syndicats pourraient être tentés de dire : nous votons contre cette Europe qui ne défend pas les droits sociaux. C’est ce qui s’est passé en 2005 avec le référendum sur le traité européen en France.

Sur son aile droite, David Cameron va par ailleurs continuer à être sous la pression des anti-Européens et anti-immigration du UKIP, qui, après avoir réclamé la tenue d’un référendum, vont faire campagne jour et nuit pour la sortie de l’Union européenne. S’ils n’ont obtenu qu’un siège, c’est parce que notre système majoritaire par circonscription ne reflète pas leur poids réel : si on avait eu un système purement proportionnel, UKIP aurait gagné 83 sièges (sur 650). Ils ont un bon réseau de conseillers municipaux, une tête d’affiche, Nigel Farage, qui passe très bien à la télé, et un score aux élections européennes de l’année dernière à plus de 25%. Leur discours pèse et va continuer à peser sur l’électorat : même le Labour a dû intégrer dans ses promesses un contrôle sur l’immigration…

Quelles seraient les principales conséquences d’un « Brexit » sur le Royaume-Uni ?

– Ce serait une catastrophe. Déjà parce si les Anglais votent pour sortir de l’UE, les Ecossais voteront certainement pour y rester. L’Ecosse a déjà montré, en donnant aux indépendantistes du SNP 56 des 59 sièges qui lui sont réservés à la Chambre des Communes, qu’elle prend le même chemin que le Québec. Un « Brexit » accélèrera la désintégration du Royaume-Uni. Ce ne sera plus le Royaume-Uni mais le Royaume désuni.

Mais il y aura beaucoup d’autres conséquences. Il faudra plusieurs années pour remplacer toutes les législations européennes. Et les investisseurs étrangers réfléchiront à deux fois avant d’aller s’installer dans un pays où ils n’auront pas accès au marché unique, à moins que les Britanniques n’adoptent le même statut que la Norvège, qui applique toutes les règles européennes… sans la moindre influence sur les décisions de l’Union. Il y aura une frontière entre l’Irlande du Nord et l’Irlande du Sud, qui n’existe pas actuellement. Si on impose des contrôles sur les mouvements des Européens chez nous, on s’exposera à des mesures de rétorsion contre les 2 millions de Britanniques qui résident dans l’UE.

A l’échelle internationale, les Américains seront horrifiés de voir leur allié le plus fiable en dehors de toutes les discussions européennes, dans l’incapacité d’influencer Bruxelles sur le commerce, l’environnement, la surveillance d’internet…

Et sur l’Europe ?

– Ce serait aussi dévastateur. Premièrement, l’Europe aurait, sur sa frontière Est, une Russie agressive qui cherche à la diviser, et, sur sa frontière Ouest, une Grande-Bretagne qui ne l’aime pas. Deuxièmement, cela déséquilibrerait l’Union européenne : l’Allemagne deviendrait totalement hégémonique. Troisièmement, les autres forces anti-européennes en Europe, Marine Le Pen en France, Geert Wilders en Hollande, au Danemark, en Finlande, en Suède et en Allemagne, seraient encouragées à réclamer elles aussi la tenue d’un référendum sur la sortie de leur pays de l’UE. Après le Brexit, et peut-être le Grexit, on risquerait d’avoir le Frexit, le Nexit…

Si le 60ème anniversaire du traité de Rome coïncide avec la sortie des Anglais, les 60 prochaines années risquent d’être marqués par des départs en chaîne. Un « Brexit » perturberait toute l’Europe. C’est à l’Europe de réagir vite. Pas de croissance, pas de réforme, beaucoup de chômage, un manque de leadership… son image n’est plus attirante. Soit elle s’organise pour résoudre ces problèmes, soit elle se désintègre.

Propos recueillis par Sarah Halifa-Legrand

Denis MacShane, ancien député travailliste et ex-ministre des Affaires européennes de Tony Blair, vient de publier : « Brexit : How Britain Will Leave Europe » (éd. I. B. Tauris, non traduit).

Grande-Bretagne : un long chemin vers le Brexit

Le Point – De notre correspondant à Londres,

Lors du discours du Trône, la reine Elizabeth II a officiellement annoncé la tenue d’un référendum sur une sortie de l’UE. Mais l’heure reste à la prudence.

La reine Elizabeth II et le prince Philip lors de leur arrivée au palais de Westminster à l'occasion du discours de la reine, le 27 mai.
La reine Elizabeth II et le prince Philip lors de leur arrivée au palais de Westminster à l’occasion du discours de la reine, le 27 mai. © RICHARD POHLE / AFP

Comme le veut l’antique usage, la reine Elizabeth II s’est rendue ce mercredi en carrosse flanqué par les lanciers de la garde royale au palais de Westminster pour y lire le discours du Trône. Devant les chambres réunies, la souveraine âgée de 89 ans, coiffée de la couronne impériale, parée d’un manteau de pourpre et d’hermine, a lu le programme gouvernemental pour les cinq années à venir que lui a remis à genoux le lord chancelier, l’un des plus importants hauts fonctionnaires du gouvernement britannique.

Mais ce rideau traditionnel est trompeur. Elizabeth II a prononcé un discours crucial pour l’avenir du Royaume-Uni : « Mon gouvernement va légiférer dans l’intérêt de tous en adoptant une approche d’une seule nation », a déclaré le chef de l’État. Reconduit après sa nette victoire lors des élections générales du 7 mai, David Cameron a mis le référendum sur une sortie de l’Union européenne (« Brexit ») au cœur de cette session parlementaire.

Prudence

L’heure est toutefois à la prudence. Le report du remplacement de la loi européenne pour les droits de l’homme de 1998 par un texte britannique atteste la marge de manœuvre limitée de l’hôte du 10 Downing Street sur le Brexit. Si, sur le volet économique du manifeste tory, le Premier ministre n’entend pas être timoré, il compte en revanche avancer à pas comptés sur le terrain européen.

En effet, sur le plan politique, doté d’une majorité conservatrice, David Cameron apparaît plus fort que jamais. Mais sur la question du Brexit, cet eurosceptique modéré hostile au retrait de la Grande-Bretagne de l’UE ne peut pas compter sur ses anciens alliés libéraux-démocrates (centristes), très europhiles et qui sont si peu nombreux au Parlement qu’ils ne peuvent faire que de la figuration. Quant aux travaillistes également pro-UE, ils boivent le calice de leur retentissante défaite jusqu’à la lie. Comme le montre la féroce campagne pour désigner un successeur à Ed Miliband, qui a démissionné au lendemain du scrutin, les rivalités de personnes pénalisent la première force d’opposition. Enfin, le chef du gouvernement est obligé de garder ses distances avec les nationalistes écossais, certes pro-européens, mais qui rêvent toujours d’indépendance.

D’autant que, sur sa droite, le champ d’action de Cameron est aussi truffé de mines. Avec une majorité de seulement douze députés, le Premier ministre est virtuellement prisonnier d’un bloc conservateur favorable au Brexit d’une soixantaine de députés. Par ailleurs, s’il n’a obtenu qu’un siège, le parti populiste et europhobe Ukip peut se targuer d’avoir recueilli plus de quatre millions de voix.

Deux lignes rouges

Lors de son dîner jeudi avec François Hollande à l’Élysée, David Cameron entend sonder le président français sur les concessions que ses partenaires seraient prêts à faire au Royaume-Uni. Londres a pris acte du texte commun franco-allemand rejetant par avance toute modification des traités et toute remise en cause de la liberté de circulation des personnes et des biens. À la lumière de ces deux lignes rouges, le gouvernement britannique entend se concentrer en priorité sur la protection des intérêts du royaume face aux décisions de l’eurozone, le renforcement des parlements nationaux et surtout un moratoire de quatre ans sur le versement d’allocations sociales aux ressortissants de l’UE installés outre-Manche.

Le calendrier lui est défavorable pour organiser un référendum dans les mois qui viennent. Il faut du temps à David Cameron pour mobiliser les milieux d’affaires, fer de lance de la campagne du « non » au retrait. Par ailleurs, l’année 2017 sera celle d’élections présidentielle en France et législatives en Allemagne. Enfin, en mai 2016 ont lieu les élections locales en Angleterre et le scrutin régional en Écosse. De l’avis général, la consultation sur le Brexit devrait se dérouler à l’automne 2016.

Quadrature du cercle

L’équipe de négociation britannique est déjà en place. Tout auréolé de sa réussite économique, George Osborne, numéro deux du nouveau gouvernement et ministre des Finances, s’est vu confier cette tâche. L’architecte de la victoire des Tories dispose d’une ligne directe avec son collègue allemand, Wolfgang Schäuble. Plus que jamais, aux yeux du Foreign Office, Berlin, où David Cameron doit également se rendre cette semaine, apparaît comme un allié privilégié pour obtenir gain de cause. La diplomatie d’Albion a également applaudi la victoire-surprise à l’élection présidentielle en Pologne de l’eurosceptique Andrzej Duda, qui pourrait permettre aux Britanniques de casser leur isolement à l’est de l’Union européenne.

Comment conjuguer dans une même politique étrangère européenne les sentiments contradictoires des uns et des autres ? C’est précisément à la quadrature du cercle, cas de figure réputé insoluble, que David Cameron, pugnace lissier, va devoir consacrer dans les mois qui viennent toutes les ressources de sa diplomatie.

Pour Bruxelles, le « Brexit » serait encore pire que le « Grexit »

LE MONDE Ian Traynor (The Guardian)

Le Monde et cinq quotidiens européens, El Pais, The Gardian, La Stampa, Gazeta Wyborcza et Süddeutsche Zeitung, réunis dans le réseau Europa, analysent les repercussions du « Brexit » sur l’Union.

David Cameron, à Bruxelles, le 23 avril.

Le mot le plus galvaudé à Bruxelles est « réforme ». Le problème, c’est qu’aucun dirigeant européen n’entend la même chose par « réforme ». Pour un dirigeant allemand, réformer signifie procéder à des changements structurels et équilibrer les budgets pour être plus compétitifs. Pour un Français ou un Italien, cela veut dire plus de dépenses publiques, des politiques orientées vers la création d’emplois. Et pour David Cameron, évidemment, réformer l’Union européenne (UE) passe par un nouveau contrat pour la Grande-Bretagne. La réforme, pour lui, cela veut dire la reconnaissance de l’exception britannique en Europe.

Lire aussi : David Cameron contre le reste de l’Europe

Dans la discussion sur la renégociation à venir, l’accent a été mis jusqu’ici sur l’éventualité de la modification des traités, les termes de l’adhésion de la Grande-Bretagne à l’UE et les conséquences juridiques d’un changement. Mais M. Cameron est resté volontairement vague, essayant plutôt de savoir ce que les autres – par les autres, il entend essentiellement Angela Merkel – sont prêts à céder. Il n’y aura pas de modification importante des traités. Cela prendra trop de temps. Et les dirigeants de la zone euro sont profondément irrités par le côté donneurs de leçons de David Cameron et George Osborne, son ministre des finances.

Dans l’idéal, le premier ministre britannique voudrait obtenir un droit de veto pour la Chambre des communes sur la législation européenne. Il n’a aucune chance de l’obtenir : 27 autres parlements demanderaient la même chose et l’Union risquerait la paralysie. Il voudrait retirer du traité, ou tout au moins en exempter la Grande-Bretagne, la clause prônant « une union toujours plus étroite » – un manifeste fédéraliste, aux yeux des eurosceptiques.

Liberté de circulation

L’immigration et la liberté de circulation sont des revendications cruciales pour M. Cameron ; son gouvernement cherche un moyen légal de limiter les prestations sociales dont peuvent bénéficier les ressortissants de l’UE en Grande-Bretagne. Sur ce sujet-là, une évolution importante s’est produite. Jusqu’à novembre dernier, l’ancien président de la Commission José Manuel Barroso rejetait les arguments sur le « tourisme social ». Mais la petite musique qui émane ces temps-ci de Donald Tusk, le président du Conseil européen, et de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission est que, certes, la liberté de circulation est sacro-sainte, mais qu’elle ne doit pas pour autant servir de prétexte à l’abus de services sociaux. Ce ne sont pas les faits qui ont changé. C’est la politique. Cameron peut donc arracher quelque chose ici, qui l’autorise à refuser les allocations-chômage aux migrants de l’UE ou les compensations pour les bas salaires. Ceci pour une période limitée : le premier ministre parle de quatre ans.

Mais il va rencontrer de la résistance. Les ressortissants de l’UE sont censés être égaux : une telle mesure serait discriminatoire et créerait deux catégories de citoyens européens. En outre, il y aura un certain degré de réciprocité. Or quelque deux millions de Britanniques vivent ailleurs dans l’UE ; des dizaines de milliers d’entre eux bénéficient de prestations sociales dans leur pays d’accueil. L’objectif de M. Tusk dans cette négociation sera d’obtenir un accord d’ensemble qui, oui, « réforme » l’Union, en accordant à Londres quelques concessions que tout le monde considérera bénignes.

Il y a actuellement une négociation en Europe de 18 contre 1, celle de la zone euro avec la Grèce. Elle se passe mal, avec une perspective de moins en moins irréaliste de sortie de l’euro pour la Grèce. Si M. Cameron finit par se retrouver seul face à 27, ce sera une mauvaise stratégie, préfigurant sans doute un mauvais dénouement. Et personne en Europe n’en a envie, car tout le monde sait que le « Brexit » sera bien pire que le « Grexit ».

Royaume-Uni: le projet de loi du référendum sur l’UE présenté au Parlement

Le gouvernement britannique présente jeudi au Parlement un projet de loi détaillant les modalités du référendum qui se tiendra d’ici fin 2017 sur « le maintien ou pas » du Royaume-Uni dans l’Union européenne, illustrant la volonté du Premier ministre d’avancer au plus vite sur ce dossier.

« Le Royaume-Uni doit-il rester membre de l’UE ? ». Telle est la question à laquelle les Britanniques devront répondre par « oui » ou par « non ».

Cette formulation positive figurant dans le projet de loi place les europhiles dans le camp du « oui ».

L’introduction de ce projet de loi a été annoncée mercredi devant le parlement de Westminster par Elizabeth II à l’occasion du traditionnel discours de la reine. Lu par la souveraine mais rédigé par le gouvernement, il présente les grandes lignes du programme législatif et marque l’ouverture de la session parlementaire annuelle.

« Une loi sera présentée pour organiser un référendum sur le maintien ou pas (du Royaume-Uni) dans l’Union européenne avant la fin 2017 », a-t-elle déclaré devant les parlementaires et les membres du gouvernement conservateur, qui ont écouté le discours debout.

David Cameron avait promis pendant sa campagne électorale de mettre en place cette consultation en cas de victoire aux législatives du 7 mai, que son parti a largement remportées face aux travaillistes, permettant aux Tories de conquérir une courte majorité absolue à la chambre des Communes.

« L’introduction du projet de loi sur le référendum sur l’UE est un pas concret vers le règlement du débat sur l’adhésion du Royaume-Uni de l’UE », a fait valoir une source proche du Premier ministre.

La consultation se tiendra au plus tard fin 2017 mais pourrait être organisée dès l’année prochaine.

C’est « la première fois depuis quarante ans que le peuple britannique a son mot à dire sur notre place dans l’UE », a souligné la même source. Le dernier et seul référendum sur la question de l’appartenance du Royaume-Uni au bloc européen remonte à 1975.

L’électorat sera pratiquement le même que pour les élections législatives, c’est-à-dire composé des citoyens britanniques et des citoyens irlandais et du Commonwealth résidents au Royaume-Uni, tous âgés de plus de 18 ans. Contrairement à la pratique aux législatives, les membres de la chambre des Lords pourront voter.

Par contre, les ressortissants de l’UE, autorisés à voter lors des élections locales, ne pourront pas s’exprimer.

Favorable au maintien de son pays dans une union réformée, le Premier ministre britannique compte d’abord tenter de renégocier certains aspects de l’adhésion du Royaume-Uni à l’UE.

Il aspire notamment à rapatrier certains pouvoirs au nom de la souveraineté du Parlement britannique et à durcir les conditions d’accès aux aides sociales pour les ressortissants de l’UE.

Pour défendre ses projets de réforme de l’UE, David Cameron entame une tournée des capitales européennes, commençant dès jeudi par un déjeuner avec le Premier ministre néerlandais Mark Rutte et un dîner à l’Élysée avec le Président français François Hollande.

Vendredi, il doit se rendre à Varsovie pour rencontrer la Première ministre polonaise Ewa Kopacz, puis à Berlin, pour voir la chancelière allemande Angela Merkel.

David Cameron compte s’entretenir avec l’ensemble de ses 27 partenaires européens avant le sommet des chefs d’État et de gouvernement des 25 et 26 juin à Bruxelles.

– Feuille de route du gouvernement –

Elizabeth II, vêtue d’une robe d’apparat et coiffée de sa couronne, a également annoncé mercredi que le gouvernement introduirait un texte visant à garantir un gel des impôts pesant sur les ménages (impôt sur le revenu, TVA et prélèvements sociaux) jusqu’en 2020.

Un millier de manifestants ont défilé en fin d’après midi dans le centre de Londres, passant notamment devant le 10 Downing Street, pour dénoncer les politiques d’austérité.

Le gouvernement conservateur compte également mettre en ?uvre la dévolution d’une « large gamme de pouvoirs » à l’Écosse. Cette mesure avait été promise en guise de compensation par M. Cameron après la victoire du « non » au référendum d’indépendance en septembre.

Il s’agissait du 62e « discours de la reine » prononcé par Elizabeth II. Depuis le début de son règne en 1953, elle n’a fait défaut qu’à deux reprises, en 1959 et 1963, parce qu’elle était enceinte.

Si le protocole a été considérablement simplifié au fil des siècles, il émane toujours une atmosphère surannée de cette tradition remontant à 1536.

La reine a parcouru en carrosse doré le court trajet entre le palais de Buckingham et Westminster. Au parlement, sa Majesté s’est assise sur le trône de la chambre des Lords, avec à sa gauche son époux, le duc d’Edimbourg. Le Prince Charles et son épouse Camilla étaient également présents.

Le discours s’est conclu par l’allocution rituelle: « Je prie pour que la bénédiction de Dieu tout-puissant veille sur vos délibérations ».

Le sprint diplomatique de David Cameron en Europe

mediaDavid Cameron est en tournée dans les capitales européennes pour renégocier les liens entre le Royaume-Uni et l’Europe.AFP PHOTO / THIERRY CHARLIER

Peu après le discours de la reine, dans lequel la reine Elisabeth II a rappelé la volonté du gouvernement d’organiser un référendum sur le maintien dans l’Union européenne, le Premier ministre David Cameron a commencé sa tournée européenne. Il est attendu à Paris ce jeudi.

C’est un véritable sprint diplomatique pour David Cameron. Au Danemark dès ce mercredi soir, le Premier ministre britannique se rend ensuite ce jeudi aux Pays-Bas. Amsterdam est en effet susceptible de soutenir sa volonté d’obtenir une réforme des traités européens, en vue du référendum pour le maintien, ou non, du Royaume-Uni dans l’Union européenne.

Ce sera sans doute plus compliqué à Paris où David Cameron doit dîner avec François Hollande. On dit le président français peu enclin à accepter un changement des règles de libre circulation au sein de l’Union, réclamé par le chef du gouvernement de Londres, et encore moins une modification des traités européens.

Après Paris, David Cameron ira vendredi à Varsovie, pour rencontrer la Première ministre polonaise Ewa Kopacz dont de très nombreux compatriotes travaillent au Royaume-Uni. Leur sort risque d’être sérieusement affecté par un éventuel changement des règles au sein des 28.

Le chef du gouvernement de Londres se rendra le même jour à Berlin. La chancelière Angela Merkel ne souhaite pas non plus la modification des traités, mais elle tient à ce que le Royaume-Uni reste dans l’Union et pourrait, peut-être, envisager de faire quelques concessions à David Cameron.

Lesquelles ? Cela est aujourd’hui très difficile à prédire, tant David Cameron reste secret en la matière. Le Premier ministre a bien évoqué le « rapatriement » de certaines prérogatives confiées à Bruxelles, notamment celle concernant les flux migratoires. Mais selon Philippe Marlière, professeur de sciences politiques à l’University College of London (UCL), tout cela est « très, très peu clair ».

Et si David Cameron a menacé de promouvoir le « Brexit », la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne, s’il n’obtient pas ce qu’il veut, cette option risque en réalité d’être pour le Premier ministre un réel casse-tête, estime encore Philippe Marlière. « S’il y a une sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne à la suite d’un référendum, les Ecossais, qui sont dirigés par le parti indépendantiste SNP et qui eux veulent rester dans l’Union européenne, demanderont immédiatement la tenue d’un autre référendum pour l’indépendance écossaise », prédit le professeur en sciences politiques à UCL. Sans compter que David Cameron entrerait dans l’histoire comme le Premier ministre qui a fait sortir le Royaume-Uni de l’UE.

« Pour toutes ces raisons, je pense donc que Cameron sera prudent. Il essaiera de soustraire aux alliés, aux partenaires européens un maximum de mesures, qu’elles soient réelles, imaginaires ou symboliques, pour pouvoir après recommander un vote contre la sortie de l’Union européenne », estime Philippe Marlière.

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Les revendications à venir de David Cameron

Le Monde.fr

Le premier ministre britannique, David Cameron, a demandé jeudi 28 mai à ses partenaires européens d’être « flexibles et imaginatifs » pour réformer l’Union européenne (UE), lors de l’étape parisienne de sa tournée européenne, engagée dans la perspective du référendum sur le maintien ou non (« Brexit » pour « British exit ») du Royaume-Uni au club des Vingt-Huit.

« Ma priorité est de réformer l’Union européenne pour la rendre plus compétitive et répondre aux inquiétudes des Britanniques quant à notre appartenance [à l’UE] », a déclaré le premier ministre britannique, tout juste réélu, à l’issue d’un entretien avec le président François Hollande. « Nous voulons aider la zone euro à mieux fonctionner et nous ne voulons pas faire obstacle à une plus grande intégration. Ce qui est important est que l’Union européenne et ses 28 membres soient flexibles et imaginatifs pour répondre à ces enjeux. […] Le statu quo n’est pas suffisant, des changements peuvent être faits », a-t-il ajouté.

De son côté, le président Hollande a réaffirmé qu’il était de « l’intérêt de l’Europe et du Royaume-Uni d’être ensemble » tout en disant son « respect » pour ce que décidera le « peuple » britannique. « M. Cameron présentera ses propositions et nous les discuterons », a-t-il déclaré. Le ministre français des affaires étrangères, Laurent Fabius, avait pour sa part jugé, jeudi, « très risqué » le référendum, prévu d’ici à la fin 2017.

Le premier ministre britannique, favorable au maintien de son pays dans une union réformée, entretient le flou sur les négociations à venir. Son ministre des affaires européennes, David Lidington, le reconnaît d’ailleurs clairement : « Mon conseil est de ne jamais publier par écrit une liste complète de nos revendications. » Mais les grandes têtes de chapitre sont connues.

Réduire l’immigration européenne

Depuis 2004, le Royaume-Uni a connu une forte vague d’immigration venant d’Europe de l’Est. Initialement, David Cameron a envisagé d’imposer des quotas aux frontières, mais cela aurait remis en cause le principe de la libre-circulation au sein de l’UE. L’Allemagne et la France ont rejeté cette idée. A la place, M. Cameron demande d’interdire l’accès à toute allocation sociale pour les immigrés européens pendant quatre ans, en espérant que cela réduise l’attractivité de son pays. Un tel changement irait cependant contre l’interdiction de discriminer entre les Européens.

Supprimer « l’union sans cesse plus étroite »

Londres souhaite supprimer ou à défaut ne plus se soumettre à la clause « union sans cesse plus étroite », inscrite dans le traité de Rome de 1957.

Protéger la City

M. Cameron reconnaît la nécessité de la zone euro de mieux s’intégrer, mais il demande que les pays qui ne sont pas dans la monnaie unique ne souffrent pas des décisions prises par ceux qui y sont. En particulier, il craint que de nouvelles régulations financières destinées à la zone euro aient un impact négatif sur la City.

Renforcer le rôle des parlements nationaux

Londres souhaite que les parlements nationaux puissent instaurer une sorte de « carton rouge » pour bloquer des règles émanant de Bruxelles. Il existe déjà un système de « carton jaune » qui permet de demander à Bruxelles de revoir sa copie si le tiers des parlements nationaux le demande. Il s’agirait d’aller plus loin, dans des modalités pour l’instant non précisées.

Renforcer la compétitivité de l’Union européenne

M. Cameron souhaite réduire la lourdeur administrative européenne, approfondir le marché unique, dans des domaines comme l’énergie ou le digital, et accélérer les négociations internationales de libre-échange, notamment sur le Traité transatlantique (TTIP).

Transfert de pouvoirs dans les deux sens

La demande est symbolique : jusqu’à présent, les pouvoirs ont essentiellement été transférés des pays-membres vers l’UE. M. Cameron souhaite obtenir une clause indiquant que les pouvoirs puissent aussi repartir dans l’autre sens et être « rendus » par Bruxelles aux nations.

M. Cameron sera vendredi à Varsovie pour rencontrer la première ministre polonaise, Ewa Kopacz, et à Berlin pour un déjeuner de travail avec la chancelière allemande, Angela Merkel.

La Matinale avec Eric Albert, à Londres, et l’AFP

Brexit: Cameron entame un plaidoyer pour la « flexibilité » de l’Europe

 LEXPRESS.fr avec AFP

david-cameron-francois-hollande-brexit_5347693David Cameron et François Hollande sur le parvis de l’Elysée ce jeudi.    AFP/CHARLY TRIBALLEAU

Le Premier ministre britannique dîne ce jeudi avec François Hollande, pour évoquer les propositions de réforme de l’UE et éviter le « Brexit », qu’aucune des deux parties ne souhaite.

Objectif: convaincre. David Cameron a débuté une tournée européenne pour persuader ses partenaires de la nécessité de réformer l’Union, alors que la Grande-Bretagne organisera d’ici 2017 un référendum sur son appartenance au club des 28.

Pas favorable à un « brexit » en bonne et due forme, le Premier ministre britannique espère que ses exigences seront entendues pour obtenir le soutien des électeurs Britanniques lors du vote.

>> Lire aussi: Les réformes réclamées par Cameron pour éviter un « no » britannique à l’UE

Une UE « plus compétitive »

A Paris ce jeudi, David Cameron a estimé « important » que l’Union européenne et ses membres soient « flexibles et imaginatifs » dans les réponses à apporter pour réformer l’UE. « Ma priorité est de réformer l’Union européenne pour la rendre plus compétitive et répondre aux inquiétudes des Britanniques quant à notre appartenance (à l’UE). Le statu quo n’est pas suffisant, des changements peuvent être faits et bénéficier pas seulement à la Grande Bretagne mais aussi au reste de l’Europe », a déclaré le Premier ministre britannique, tout juste réélu.

De son côté, François Hollande a réaffirmé qu’il était de « l’intérêt de l’Europe et du Royaume-Uni d’être ensemble » tout en disant son « respect » pour ce que décidera le « peuple » britannique. Après deux courtes déclarations à l’issue d’un entretien, le Premier ministre britannique et le président de la République française devaient poursuivre ces « discussions » lors d’un dîner de travail.

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commentaires

El Tel                     Commentaires bizarres de Jérémy Smith contre Signolles. L’Europe a longtemps joué un rôle de boogeyman dans la vie politique britannique, et Cameron a utilisé le promet d’un référendum à ce sujet pour neutraliser le menace d’UKIP contre son mandat continu et dans l’espoir qu’il y aura suffisant d’opposition contre le après l’élection qu’il puisse renoncer à cette promesse. Maintenant, il le faudrait trouver un équilibre délicat pour éviter un recul d ‘Europe assurément désastreux pour les intérêts britanniques.

  • Il est clair que les électeurs britanniques avaient un message fort à faire passer auprès de leurs élus. Un message qui ressemble à « S’il vous plaît, monsieur Cameron, on peut avoir encore quelques coups de pieds dans la gueule ? Il nous reste des dents », mais un message quand même.

McRastaMcRasta            « Le message, c’est surtout que les gens ne croient plus dans les promesses souvent tres démagogiques de la gauches, et qui ne se concrétisent jamais. »
McRastaMcRasta               « Mais un peu plus á gauche, tout de meme, de mon point de vue. »

On ne va pas faire un concours d’exemple, il y a largement matière dans ces 2 camps. Ce n’est certainement pas mieux pour les autres partis, mais sans accès au pouvoir, on ne pourra pas leur reprocher .. !

Nan je crois qu’il est temps pour vous comme pour moi de dépasser nos sensibilités politiques historiques pour se rendre compte que au moins les 3 + gros partis politiques sont démagos, menteurs et corrompus.
Entre l’UMP qatari et libyen, le FN russe, le PS, qui n’a même pas besoin d’être corrompu pour être nul, il est grand temps d’arrêter de voter pour ces partis d’un autre age.

McRastaMcRasta                 « La corruption et la démagogie sont effectivement partout. Et un grosabruti tout seul, meme aidé par un “ rasta ” (“ yo man !”) ne peut pas y faire grand chose. .. »

Bon alors c’est clair, on va pas changer le monde à deux. Surtout pas nous xD
Mais pour ne pas rester le dindon de la farce, il faut quand même réagir. Par exemple en bannissant à jamais l’idée qu’un parti politique qui s’est déjà compromis pourrait s’améliorer.
Ne laissons jamais penser que nous pourrions soutenir ces salops de l’UMP, qui ont géré leur parti comme la france, ces traitres de nationnal-socialistes (je sais, j’abuse niveau terminologie … quoique …) ou ces bourgeois démagos et fachos du FN.
Si tu veux, trouves moi un financement extérieur louche, ou une compromission quelconque pour les partis d’extreme-gauche et on les rajoute à la liste. Ça me ferait un peu mal au cul, mais c’est le prix de l’honnêteté intellectuelle.
Donc n’arrêtons jamais de dénoncer les repas au siècle, les loges maçonniques où se prennent des décisions politiques intérieure comme extérieure et soutenons les partis et candidats qui sont en dehors de l’establishment.
Agir autrement nous rendrait complice de ce foutoir.

Un grand moment !C’était à Charleville Mézières.   Mais Les Carolomacériens ne lui en ont pas tenu rigueur, puisqu’ils ont quand même élu un maire UMP.  Je rejoins donc la remarque du Margrave…

Margrave Von Karlebraum

Margrave Von Karlebraum    Absolument. Perso je suis favorable à faire vivre chaque électeur de Cameron en contrat zéro-heure pendant un an. On verra pour qui ils votent après.
BramborBrambor              Le chômage a baissé de 25% sous Cameron.                                                                                  Vous allez me dire « ouais mais si c’est pour avoir des contrats zéro-heure, non merci ». Pouvoir bosser un peu à côté, gagner parfois un peu d’expérience, pouvoir bosser plus facilement en tant qu’étudiant, compléter un mi-temps, c’est mieux que rien.     D’ailleurs, il y a des équivalents en France, à peu près. Des contrats free-lance ou autres. J’ai déjà été payé à la mission. Je m’en porte bien.

Margrave Von Karlebraum

Margrave Von Karlebraum                                                                                                                                                 Oui, mais si c’est pour avoir des contrats zéro-heures, plus de NHS, des salaires qui ne permettent pas de payer même son loyer, des horaires qui empêchent toute forme de vie, sociale ou non, plus d’aides sociales et surtout la moitié du pays laissée à côté parce que non nécessaire, non merci.

Brambor

Brambor                    Des salaires qui permettent de mieux payer son loyer qu’en étant chômeur, des horaires qui peuvent se négocier, tous les employeurs ne sont pas des monstres, et les étudiants précisent les heures où ils sont disponibles, c’est d’ailleurs pour ça que certains cumulent deux contrats, et ils ont toujours des aides sociales s’ils ne gagnent pas assez. Il suffit de rentrer par ordinateur son salaire mensuel pour avoir droit aux aides sociales correspondantes. Même avec un contrat zéro heure.

Je rappelle aussi que seuls 1.4 millions de salariés sont concernés par ce contrat.

Margrave Von Karlebraum

Margrave Von Karlebraum   Vous déconnez quand vous dites que « les horaires sont négociables » ? C’est justement le principe inverse qui est au coeur des ZH. Quant à cumuler deux contrats, c’est inenvisageable : il faut que vous soyez TOUJOURS disponible. Impossible de cumuler.

Dans les faits, ce que je vois, c’est qu’on arrive dans pas mal de coins à la troisième génération de chômeurs et que la seule réponse du gouvernement consiste à leur dire qu’il faut renforcer le workfare.

BramborBrambor          Vous savez bien que l’employé fournit des plages horaires de disponibilité. Il doit être disponible dans ces eaux-là.

C’est pour ça que des étudiants signent des contrats zéro-heure. Donc si, on peut cumuler.

Dans les faits, ce que vous ne voyez pas, c’est que le chômage a baissé de 25% dans ce pays. C’est peut-être pas suffisant pour vous, mais c’est déjà pas mal, et ça va dans le bon sens. L’inversion de la courbe du chômage, eux ils connaissent. 5.5% de chômage, c’est plutôt pas mal.

                                           Vous savez très bien que l’argument de la baisse quantitative du chômage n’a aucun autre intérêt qu’électoraliste : un mec qui peut à peine payer son loyer – et encore – et rien d’autre, économiquement, il n’y a aucune différence avec un chômeur.
L’enjeu c’est d’avoir une économie qui permette aux gens de consommer et de vivre un peu, déjà parce qu’on est une société, et ensuite parce que l’austérité ça veut dire la déflation. Or, en dehors du milieu de la finance et un peu du tertiaire, les Britanniques, en ce moment, c’est pas la joie. Ce qui rend le pays complètement morose et sclérosé.

BramborBrambor            C’est tellement pas la joie qu’ils ont réélu Cameron.                                                            Demandez donc à ceux qui ont ces contrats zéro-heure s’ils préfèrent être chômeur. S’il n’y a aucune différence, je ne vois pas pourquoi ils s’emmerderaient à travailler.

eponineeponine Je sais pas pour les étudiants mais une de mes collocs est sous contrat zero et c’est vraiment galère quand c’est payé au smic et que la patronne l’appelle à pas d’heure pour venir bosser 4h seulement le lendemain. Elle gagne à peine de quoi payer son loyer (chambre partagée avec un pote dans une colloc) c’est dire si c’est un contrat qui ne convient qu’à une minorité de gens pas à ceux qui sont complètement dans la vie active et qui ne dépendent que d’eux même pour vivre. Bref elle songe à quitter ce boulot…

Gibert Because-Youno

Gibert Because-Youno    « déjà parce qu’on est une société’                                                                                         Enfin, baron, vous savez bien que pour Brambor, tout comme Cameron et les autres, “there is no such thing as a society”.
Hansi KHansi K                     C’est pas la joie, mais Cameron sort des élections avec une majorité absolue. Je doute que beaucoup de chefs d’Etat en Europe, hors Merkel, puissent en dirent autant.

Si ils se font tondre et qu’ils aiment ça, c’est leur affaire, d’autant plus que j’aurais du mal à pleurer sur le Labour.
Après, je suis d’accord, résorber le chômage à coup d’emplois à 10 heures par semaines avec des allocs, j’appelle ça une subvention du travail peu qualifié, et ça ne dit rien en réalité de la qualité du marché du travail britannique. N’empêchent qu’ils en sont contents.

irritéirrité                           Ben, les Anglais préfèrent avoir des travailleurs pauvres plutôt que des chômeurs pauvres. Mais c’est vrai que pour un Anglais, « si tu es pauvre, c’est aussi de ta faute »                                                                 Chacun sa vision du monde et que le meilleur …
Stephane45Stephane45              Et qu’est-ce qui coûte le plus cher à la société ? Des travailleurs pauvres, ou des chômeurs pauvres ?

Et quel statut permet le plus de s’élever socialement ? Travailleur pauvre ou chômeur (de longue durée) pauvre ?
Et lequel de ces 2 pays est le champion de la morosité et du pessimisme ? La GB ou la France ?

Sinon, les législatives anglaises, dont l’importance (surtout depuis la mise en place du quinquennat et l’inversion des calendriers, merci Jospin) ne peut être comparée qu’avec les présidentielles françaises, n’ont réuni que 64% de votants, là ou nous flirtons avec les 85% de participation.
A votre avis, quel peuple est le plus désabusé par la politique ?

« Et qu’est-ce qui coûte le plus cher à la société ? Des travailleurs pauvres, ou des chômeurs pauvres ? »
Des travailleurs pauvres. Définitivement.

« Mieux vaut des travailleurs pauvres que des chômeurs » c’est des conneries. Un slogan politicard au mieux.

Ça a un impact direct sur les prélèvements obligatoires.
Tout l’argent nécessaire à indemniser les chômeurs est autant d’argent perdu pour l’investissement public.

En résumé, il vaut mieux être chômeur en France, mais collectivement, la solidarité coute moins cher au RU..

Pas de malentendu, je suis plus confortable dans notre système que dans celui des Anglais, mais…
1/ Budget séparé ou pas, la somme globale financée par chaque citoyen est bien supérieure en France que ce qu’elle est en GB pour un même coût du travail.
2/ C’est votre discours qui est politique. Moi je me contente d’avancer une évidence.

Alors, en France le budget de l’assurance chômage n’est pas le même que celui de l’investissement public. Ce sont deux budgets séparés : le chômage est du salaire indirect, financé par les cotisations sociales (qui ne sont pas des « charges » mais du salaire) et sur la caisse de l’Unedic. Les investissements publics sont financés sur le budget de l’Etat, des collectivités territoriales ou, plus récemment, par vous et moi directement (de façon plus coûteuse que si c’était par l’impôt) via les PPP. Donc ça n’a aucun rapport. Si vous retirez à l’un vous ne donnez pas à l’autre.
Ensuite, il n’y a aucun intérêt économique à maintenir l’essentiel de la population dans des conditions de travail précaires : c’est autant d’acteurs qui ne consomment pas, ne participent pas à l’économie, et donc autant de production qui ne se fait pas. C’est les emplois qui font la croissance, pas l’inverse. A terme, si les acteurs raisonnement de façon rationnelle, il devient plus intéressant pour eux de tout simplement quitter l’emploi que de travailler pour rien (j’ai des amis qui commencent à faire ça : plutôt que de multiplier les emplois sous-payés qui ne leur permettent pas de vivre ils se tournent vers des pratiques d’autoconsommation et abandonnent tout bonnement le travail). Quand des acteurs font ça de façon marginale, c’est mignon. Si ça se généralise, vous êtes dans la merde.
Enfin, je sais que cette considération est un peu hors de mode dans cette période où on ne se préoccupe plus que de l’aspect comptable, mais faut aussi se rappeler que le principe de tout ça reste que des hommes vivent, pas que des comptes aient l’air joli. Le fait que l’absence de solidarité au Royaume-Uni coûte moins cher, on s’en cogne, en fait.

« Vaut mieux des travailleurs pauvres que des chômeurs », c’est de la politicarderie. Le travail précaire n’est pas une solution viable contre le chômage. Travail précaire égale manque de consommation égale déflation égale encore moins de commandes égale plus de chômage. Il vaut mieux des travailleurs riches que des chômeurs. Sauf que la lutte sociale étant actuellement dominée, disons-le, par des organisations patronales extrêmement court-termistes et assistées, dire ça a l’air d’être du bolchevisme, cependant que c’est juste du bon sens.

BramborBrambor                  C’est marrant je l’attendais l’exemple d’Adolf.   Si vous voulez je vous donne une vingtaine d’exemples de dirigeants qui n’ont pas été élus par le peuple et qui ont fait pas mieux que Hitler. Pol Pot, Kim-Jong-il…    Vous pourrez aussi me sortir que la démocratie, c’est la dictature de la majorité, et d’autres trucs contre la démocratie. Je suis sûr que vous auriez été un fervent démocrate si le peuple votait plus à gauche de toutes façons. Le vote, c’est bien quand le peuple vote à gauche, autrement c’est trop nul.
carocaro                               « un retour de Naboléon. » difficile depuis une cellule : -))
harry vederciharry vederci        incidemment, un brexit couterait 6 a 8 milliards d’euros à l’UE…                         et oui, malgré le cheque « Thatcher », l’Angleterre est une contributrice nette au budget européen.                   C’est bien de souhaiter virer le trublion, mais avec on virera aussi sa participation financière.
Jean-Marie Fleury                            Les anglais nous ont fait ch.r pour rentrer dans l’Europe, ils nous font ch..r depuis qu’ils y sont et nous ferons encore plus ch..r lorsqu’ils n’y seront plus !!!                                                                                   C’est très peu diplomatique mais c’est la triste réalité !
Louis Dupont                                  Il y a à mon avis une chose dont nous devons être infiniment reconnaissants à M. Cameron, qui est de rappeler que, s’ils le désirent, les peuples qui ont le privilège de vivre (encore) dans un espace démocratique ont le choix de leur destin. Et qu’ils ne sont pas (encore) définitivement livrés aux méfaits du « césarisme bureaucratique » de M. Juncker et acolytes. Il ne faut évidemment pas attendre de la classe politique française qu’elle saisisse ce message, mais il n’en reste pas moins essentiel pour l’avenir.
GUY DUMOND                              DeGaulle avait réson qui n’a jamais souhaité l’entrée de la GB dans l’UE.                         Ils n’ont jamais été européens.                                                                                                                                                 Ils ne sont pas dans la zone euro; leur sortie we l’UE sera réellement et très concrètement un « non évènement ».                 Le bénéfice de cette sortie sera de remettre les compteurs à zéro pour la GB face à l’UE.
Jacques FoucheurJacques Foucheur    Cette Europe n’a rien d’une union. C’était une très belle idée qui a été dévoyée à l’envi. Chaque peuple peut très bien ne pas renier son histoire sans pour cela être une entrave à une union des peuples européens.
Pourquoi alors nous mettre à tout prix le contraire dans l’esprit?
Une Europe qui préfère s’opposer à certains développements économiques locaux jugés entraver la concurrence internationale, c’est l’union hypocrite. C’est une union qui privilégie le grand patronat opposé aux droits sociaux et rien d’autre.
Il faudra sans doute choisir entre la disparition de cette Europe là et l’arrivée des extrémes droites au pouvoir.
Mais aucun de ceux qui nous taxent de populistes n’est responsable bien sûr!
Tigre BleuTigre Bleu          L’on nous ment depuis trente ans, chaque fois la même chanson: si on dévie de la voie tracée c’est la chaos! Si vous votez non, c’est l’Armageddon! Il n’y a pas de plan B!
On voit à chaque fois ce qu’il en est.
Il est plus que temps de se débarrasser de ces augures à l’esprit sclérosé et de construire l’Europe des hommes, pas celle des capitaux.
F. OliF. Oli                  La Suisse soutiendra le Royaume Uni , mais pas sans contre -partie. C’est le début de la fin pour l’Europe. Et les français devront aussi prendre leur responsabilité. Mais il faut être courageux ?!?!
Sandra BarjosSandra Barjos   « La Suisse soutiendra le Royaume Uni », oui ba ça tombe assez bien étant donné que la Suisse ne fait pas parti de l’Europe.
Pierre Munstead                                que vient faire la Suisse ici. Elle ne fait pas partie de l’UE.

Le sanglier de Génolhac                  « à chaque fois… que nous aurons à choisir entre le vieux continent et le grand large (NOTA : Les U. S. A), nous choisirons le grand large ». Sir Wimston Churchill, 1945

sirio caramelli                                      qu’il doit donc être faible ce Cameron si, une fois réélu, c’est tout ce qu’il est capable de proposer…

Louise Martin                                      On aura probablement les deux, mais dans quel ordre? Le Grexit aurait l’avantage de remettre en cause l’existence de l’euro.

J. Bruno Debruille                                « Et personne en Europe n’en a envie, car tout le monde sait que le « Brexit » sera bien pire que le « Grexit ». » Il faut vraiment qu’on m’explique pourquoi. Moi, je n’y vois que des avantages.

Fontenoy Battle II                               Messieurs les anglais, tirez vous les premiers!

Vincent Segura                                  Qu’ils restent ou qu’ils partent. Personnellement je préfère la première option… à la condition impérative qu’il n’y ait aucun chantage, aucune exception britannique, en aucune sorte. Pourquoi pas alors des « exceptions » allemandes, hollandaise, française, espagnole ? L’Europe, déjà bien décrédibilisée ne s’en remettrait pas.

  • danciu  • 

    déhors!

    Laurent  • 

    Qu’ils répondent non ! Merci d’avance au nom de l’Europe.

    jean claude  • 

    ils ont bien plus à perdre  qu’a gagner leur premier marché est quand même l’Europe que les droits de douanes soient réinstallées ça va tout changer pour eux et leur croissances va en prendre un sacré coups Mais les anglais sont pragmatiques alors laisson faire

    Christophe  • 

    Cela fait 40 ans que les Anglais pourrissent l’Europe.
    Qu’ils dégagent, nous, on garde les Ecossais.

    Napoléon  • 

    Les anglais , se sont toujours débrouillés tous seuls .Pas besoin de l’Europe pour leur guider la marche à suivre dans leurs affaires qui , à priori s’en sortent mieux que nous .

    Francisco  • 

    D’ici 2017 ils auront obtenu suffisamment d’avantages et de passe-droits de l’UE que le référendum sera devenu sans objet ! Par contre pour nous français nous serons encore les  « dindons de la farce » cuits et recuits !

    elian  • 

    ouste !

    Nebé54                                  Je commence à me demander si dans la direction de la  » flexibilité « , les 28 États de l’europe seraient capables d’être unanimes… On devrait statistiquement avoir plus de chance de gagner à l’euro millions.

    Je ne comprenais pas pourquoi les anglais voulaient -soit disant- sortir de l’Europe. Magnifique pièce de théâtre pour faire peur, et imposer à toute l’Europe encore plus de « flexibilité », ou  » paupérisation  » c’est synonyme. C’est à gerber.

    signolles                                Si on accepte le chantage de Mr Cameron, c’est la fin de l’Europe.On ne peut accepter une Europe à la carte où chacun recherche avant tout son propre intérêt. Mr Cameron a un but: nous « rouler dans la farine ». Les Britanniques ne se sentent pas Européens: c’est leur droit le plus strict. Qu’ils quittent l’Union. Ils n’auraient jamais dû y entrer.

    MISTRAL06                         Enfin un homme qui a le courage de ses opinions

    ISABELLE MAGNIN             « De la flexibilité et de l’imagination » on va lui en donner à Monsieur Cameron. Un, il n’a pas encore acté ni défini de date pour son « fameux » référendum. Deux, il se promène en Europe pour revendiquer ses attentes !! On rêve, ou on marche sur la tête….Et Hollande qui lui fait encore des courbettes. Mais monsieur Cameron n’est ni indispensable, ni le conseiller number one de Bruxelles à ce que je sache ! Sa tête a tellement gonflé depuis sa réélection qu’il se prend presque pour le Roi.

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