Conflits américainsConflits américains

Guerre à Gaza: des témoignages accablants de soldats israélien

LEXPRESS.fr
Beit Hanoun, Bande de Gaza, le 5 aout 2014. L'ONG Breaking the silence a recueilli les témoignages de soldats sur les terribles destructions infligées au territoire.

Beit Hanoun, Bande de Gaza, le 5 aout 2014. L’ONG Breaking the silence a recueilli les témoignages de soldats sur les terribles destructions infligées au territoire.       Reuters/Suhaib Salem

L’ONG israélienne Breaking the silence vient de publier les témoignages accablants d’une soixantaine de soldats ayant participé à l’opération « Bordure protectrice », l’été dernier.

« Je me souviens. Tous les tanks étaient alignés. Je demande personnellement à mon chef: ‘Sur quoi on tire ?’ Il m’a dit: ‘choisissez, là où vous avez envie’. Puis, plus tard, au cours de discussions avec les autres gars – chacun avait choisi sa propre cible, le commandant a dit, via notre radio : ‘Bonjour al-Bureij' ».

L’ONG israélienne Breaking the Silence, a recueilli les témoignages anonymes de plus d’une soixantaine de soldats ayant participé à l’opération « Bordure protectrice« , lancée l’été dernier par l’armée israélienne dans la bande de Gaza. L’ensemble de ces témoignages a été rassemblé dans un rapport intitulé Voici comment nous avons combattu à Gaza.

Les soldats étaient soit en cours de service militaire, soit réservistes, attachés à divers corps de service (armée de terre, marine, armée de l’air). Un quart de ces témoins sont des officiers, précise l’ONG pacifiste. L’objectif du rapport est de « combler les lacunes béantes entre ce que l’armée israélienne et le porte-parole du gouvernement ont déclaré au public israélien sur la manière dont les combats se sont déroulés, et la réalité décrite par les soldats qui ont participé à l’opération. » Extraits.

Destructions systématiques des habitations palestiniennes

Plusieurs soldats décrivent la destruction systématique des maisons après leur passage: « Au bout d’un moment, nous avons compris que ça marchait comme ça. Vous quittez une maison et c’en est fini de cette maison. Le D9 (un bulldozer) arrive et l’écrase (…) on a commencé comme ça dans un quartier, du nord vers le sud (…) après notre départ, le quartier était un champ de ruines… »

« A ce stade, nous sommes retournés dans un secteur où nous avions stationné auparavant. On ne reconnaissait pas le quartier parce que la moitié des maisons avait tout simplement disparu. Tout ressemblait à un film de science-fiction, des vaches errant dans les rues (…) un degré de destruction que nous n’avions pas vu lors de l’opération Plomb durci. »

La question des civils

Les témoignages laissent transparaître que pour l’Etat-major, les civils n’avaient pas à se trouver en zone de guerre. Et ce alors que la bande de Gaza et une minuscule bande de terre surpeuplée dont la population est encerclée, sans possibilité de quitter le territoire. A la question « Vous a-t-on dit quoi faire si vous vous retrouviez face à des civils? », un sergent répond « Personne ne nous a parlé de ça. Selon eux, il ne devait y avoir personne ».

Un autre soldat est interrogé sur les maisons détruites après des tirs préventifs utilisés pour prévenir les habitants avant que leur maison ne soit la cible d’une frappe aérienne. « Etiez-vous tenu de vous assurer qu’aucun civil n’était présent dans une structure avant de la bombarder », interroge l’ONG. « Ce n’est pas obligatoire. La cible était le commandant adjoint d’un bataillon [du Hamas] à Shuja’iyya. Une attaque devait être lancée si le nombre de civils n’était pas trop élevé. Par trop élevé, je veux dire un nombre à deux chiffres. »

« J’avais vraiment envie de lui tirer dans les genoux « 

« Il y avait cette fille, visiblement une handicapée mentale; les tirs à proximité de ses pieds la faisaient rire -le soldat a auparavant expliqué qu’il s’agissait d’une pratique pour tenir la population à distance des soldats. Elle continuait de s’approcher de nous. Personne ne lui tirait dessus. (…) J’imagine qu’elle s’était échappée de chez ses parents. Je ne crois pas qu’ils l’avaient envoyée ici exprès… Mais c’était peut-être une feinte. J’admets que j’avais vraiment envie de lui tirer dans les genoux parce que j’étais convaincu que c’en était une. »

Plus que les dérapages de tel ou tel individu sur le terrain, l’ONG dénonce une politique délibérée: « le principe du ‘minimum de risques pour nos forces, au risque de causer la mort de civils innocents ‘, indique-t-elle dans l’introduction du rapport est à l’origine d’un préjudice massif et sans précédent pour la population et les infrastructures civiles dans la bande de Gaza. »

« Vous devez tirer sans hésitation »

Après l’échec d’un cessez-le feu, les officiers disent à leurs troupes qu’il s ne sont pas supposés rencontrer des civils dans le secteur dans lequel ils se trouvaient. Ce qui signifiait que toute personne qui s’y trouverait serait considérée comme « terroriste ». Face aux doutes des soldats, la « réponse typique d’un officier était « C’est une situation complexe. Je réalise que dans certains cas, des innocents peuvent être tués, mais vous ne devez prendre aucun risque, ni ne faire prendre aucun risque à vos camarades. Vous devez tirer sans hésitation. Les instructions étaient de tirer tout de suite. Quelle que soit la personne repérée, armée ou désarmée, peu importe. Les instructions étaient très claires. Toute personne qui entre dans le secteur, que vous voyez de vos yeux, tirez pour tuer. C’est une consigne explicite. »

Au total, 2220 Palestiniens dont au moins 1500 civils ont été tués au cours de l’opération « Bordure protectrice », selon l’ONU. Côté israélien, 73 personnes ont été tuées, dont 67 soldats.

Gaza : 3 témoignages de soldats israéliens qui accablent Tsahal

Paul Laubacher

Voir tous ses articles

Publié le 04-05-2015 à 19h50Mis à jour à 20h44

L’ONG israélienne Breaking The Silence publie les témoignages de plus de 60 officiers et soldats engagés dans la guerre à Gaza durant l’été 2014. Glaçant.

Des soldats israéliens pendant l'opération "Bordure protectrice", en juillet 2014, à Gaza. (MENAHEM KAHANA / AFP)Des soldats israéliens pendant l’opération « Bordure protectrice », en juillet 2014, à Gaza. (MENAHEM KAHANA / AFP)

« Tirer pour tuer ». Pour mieux interpeller l’opinion publique, l’ONG israélienne Breaking The Silence a donné la parole aux soldats israéliens.

L’association publie un document de 240 pages regroupant les témoignages de plus de 60 officiers et soldats engagés dans la guerre à Gaza durant l’été 2014, l’opération « Bordure protectrice ».

L’ONU vient pour sa part de publier un rapport affirmant qu’au moins 44 Palestiniens ont été tués dans des locaux onusiens. Le conflit a coûté au total la vie à 2.200 Palestiniens, dont 1.500 civils selon l’ONU et 73 personnes côté israélien, dont 67 soldats.

Ces soldats racontent, sous couvert d’anonymat, comment Tsahal a mené des attaques de manière indiscriminée sur le territoire palestinien, tuant des centaines d’innocents. Pour l’ONG, la conduite de la guerre « suscite de graves doutes sur la morale » de l’armée israélienne.

« L’Obs » a sélectionné trois témoignages glaçant.

1″On leur a tiré dessus. Alors forcément, elles devaient être des terroristes … »

Voici le témoignage d’un soldat qui a souhaité rester anonyme. Il était en poste dans la zone sud de la bande de Gaza pendant l’opération « Bordure Protectrice ».

« Une unité avait identifié deux personnes marchant dans un verger, à 800 ou 900 mètres d’elle.

Le commandant de l’unité demande aux observateurs de confirmer : « Que voyez-vous ? ». Il demande si les deux jeunes femmes sont dangereuses. C’était la journée, à peu près vers 11h ou midi.

Les guetteurs ne pouvaient pas très bien voir. Le commandant envoie alors un drone afin d’observer de haut les deux personnes. Le drone voit les deux jeunes femmes avec des téléphones, en train de parler et de marcher.

Ils ont alors tiré sur ces filles. Et elles ont été tuées.

Après qu’elles aient été éliminées, j’ai eu le sentiment que c’était des conneries. Sur quoi repose l’incrimination des deux jeunes femmes ? L’observation.

Après cela, le commandant demande au chef de char d’aller parcourir l’endroit. Trois chars sont allés vérifier les corps. Ils ont pu constater que c’était deux femmes, âgées de 30 ans. Elles étaient désarmées. Le chef de char est revenu et nous avons changé de position.

Les deux jeunes femmes abattues ont été répertoriés comme des terroristes. On leur a tiré dessus. Alors forcément, elles devaient être des terroristes … »

2″Soit nous le laissions mourir lentement, soit nous le sortions de sa misère »

Voici le témoignage d’un sergent de Tsahal. Il était en poste dans la zone nord de la bande Gaza.

« C’était notre premier chabbat. Plus tôt ce jour-là, l’une des unités a été la cible de missiles anti-chars. L’unité est allée attaquer la zone d’où ont été tirés les missiles. Les gars qui sont restés se souciaient beaucoup moins des civils.

Je me souviens m’être dit que je me foutais complétement d’eux, des citoyens de Gaza.  Ils ne méritaient rien. Et s’ils méritaient quelque chose, c’était d’être blessés ou tués. Voilà ce que je pensais.

A ce moment-là, il y avait un vieil palestiniens qui approchait de la maison. Tout le monde se souvenait alors de l’histoire du vieil homme piégé [avec des explosifs, NDLR].

Le vieil homme s’est approché et le gars qui était de faction – je ne sais pas ce qui lui a traversé la tête – il a vu le civil et il lui a tiré dessus. Mais sans succès. Le vieil homme, qui était à terre, se tordait de douleur. Nous nous sommes tous souvenus de l’histoire du vieil homme piégé et aucun des infirmiers ne voulaient aller le soigner.

Il était clair pour tout le monde que deux options s’offraient à nous : soit nous le laissions mourir lentement, soit nous le sortions de sa misère.

Finalement, nous l’avons sorti de sa misère. Un D9 [un bulldozer blindé, NDLR] est venu. Le bulldozer a laissé tomber un monticule de gravats sur le vieil homme et ce fut tout.

Afin d’éviter de se poser la question de savoir si le vieil homme portait une bombe ou non – parce que cela n’intéressait personne à ce moment – le bulldozer est venu et a laissé tomber un tas de gravats sur son corps et ce fut tout.

Tout le monde savait que, sous ce tas de gravats, il y avait le cadavre d’un homme.

Selon l’enquête, lorsque le commandant de la compagnie a demandé au soldat ce qu’il s’était passé, le soldat a déclaré avoir repéré un homme âgé de 60 à 70 ans et approchant de la maison.

L’unité était stationnée dans une grande maison, avec un bon point de vue. Le soldat a repéré le vieil homme venant dans sa direction, vers son poste. Alors le soldat a affirmé avoir tiré près des pieds du vieil homme. Le soldat assure ensuite que le vieil homme a continué de se rapprocher de la maison.

Il a donc tiré une balle et touché le côté gauche du vieil homme. Rein, foie, je ne sais pas ce qu’il y a à cet endroit. Mais c’est un endroit dans lequel vous ne voulez pas recevoir une balle.

Selon le soldat, le vieil homme a reçu la balle et s’est couché sur le sol. Un ami du soldat en poste est venu et a également tiré sur l’homme, alors qu’il était déjà à terre.  Il a ensuite tiré deux balles dans ses jambes.

Pendant que le soldat expliquait la situation, il y a eu une conversation avec le commandant. Parce que cela s’était passé en plein milieu d’une offensive du bataillon, l’histoire du vieil homme n’intéressait personne.

3″Je voulais vraiment, vraiment lui tirer dans les genoux »

Voici le témoignage d’un sergent de l’armée israélienne lors de l’opération « Bordure protectrice ». Il était en poste dans le nord de la bande de Gaza.

« Il y avait cette fille, handicapée mentale, dans le quartier et les coups de feu tirés près de ses pieds la faisait rire.

Elle évitait de se rapprocher et il était clair pour tout le monde qu’elle était handicapée mentale, donc personne ne lui tirait dessus. Personne ne savait comment faire face à cette situation. Elle errait autour de l’avant-garde de la compagnie. Je suppose qu’elle voulait juste rentrer chez elle, je suppose qu’elle s’était enfuie de chez ses parents, je ne pense pas qu’ils l’ont envoyé ici.

Je me suis dit que c’était un spectacle. J’avoue que je voulais vraiment, vraiment lui tirer dans les genoux parce que j’étais convaincu que c’était une farce.

J’était sûr qu’elle avait été envoyée par le Hamas pour tester notre vigilance, pour tester nos limites, pour voir comment nous réagissions face à des civils.  Plus tard, ils ont même lâchés un troupeau de moutons sur nous. Sept ou dix d’entre eux avaient des bombes attachées sur leurs ventres.

Je ne sais pas si je suis bon ou mauvais, mais je suis convaincu que cette fille était un test.

Finalement, après plusieurs tirs d’avertissement à ses pieds, elle a semblé avoir compris le message : ‘OK, peut-être que je ne devrais pas être ici’. Elle se tourna et s’éloigna.

Nous avons fait cela parce que, plus tôt ce jour-là, nous avons entendu parler d’un vieil homme qui est allé vers une maison tenue par une autre unité. [Les soldats, NDLR] ne savaient pas vraiment quoi faire alors ils sont allés à sa rencontre. Ce mec, âgé de 70 ou 80 ans, était piégé de la tête aux pieds. A partir de là, le protocole est très, très clair : tirer vers les pieds. Et si [les menaces potentielles, NDLR] ne s’en vont pas, tirer pour tuer. »

« J’ai visé des cibles civiles, parfois juste pour le plaisir »

Le Monde.fr | 04.05.2015 à 11h26 • Mis à jour le 04.05.2015 à 17h37 | Propos recueillis par Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)

Abonnez-vous
à partir de 1 €
Réagir Classer

Partager google + linkedin pinterest

Une vue du quartier détruit de Chajaya, à Gaza, le dimanche 12 octobre.

Témoignage. Appelons-le Arié. Disons qu’il a la vingtaine et une tête bien faite. Arié fait partie de la soixantaine de soldats israéliens qui ont accepté de témoigner auprès de l’organisation non gouvernementale Breaking the Silence au sujet de l’opération « Bordure protectrice », conduite à l’été 2014 dans la bande de Gaza. Arié s’est longuement confié au Monde sur son expérience comme tireur à bord d’un char de combat. Il abordait la dernière ligne droite de son service militaire lorsqu’il a été envoyé à Gaza. Son témoignage, édifiant, est confirmé sur de nombreux points par ceux qui figurent dans le recueil de l’ONG, publié lundi 4 mai.

« Je suis tireur dans un char. J’ai suivi une formation classique de quatre mois, puis quatre autres de formation spécialisée. C’est beaucoup de balistique, de calculs de distance, d’exercices pratiques. C’est vous qui contrôlez les armes, il faut rester calme et précis. On a un bouton qui permet d’allumer l’électricité dans le canon. Quand on le pousse, cela veut dire qu’on se rapproche du tir. La règle élémentaire est : on ne joue pas avec, on n’essaie même pas de vérifier s’il fonctionne, on ne le pousse que si on va tirer. Et pour cela, il faut l’ordre du commandant. Ça devient instinctif. J’ai aussi appris que tout devait être rapporté. J’ai appris à scanner un paysage, de gauche à droite, de droite à gauche, et à faire un rapport. La décision de tirer est ensuite prise au-dessus de vous.

Lire le décryptage : La dérive morale de l’armée israélienne à Gaza

Lorsque j’ai été appelé début juillet [2014], on a été réuni dans le Golan [au nord d’Israël]. On a attendu que les camions arrivent, puis on est parti vers le sud, à proximité de la bande de Gaza. On a commencé à préparer les chars. Personne ne vous parle à ce moment-là de la mission. Tout est flou, on discute entre soldats, on parle de nos peurs, on partage nos pensées. On passe le temps. Un jour, le chef du bataillon nous a réunis, pour nous briefer. « Demain soir, on entrera dans la bande de Gaza, nous a-t-il dit. Il faut penser à nos familles, à nos foyers. Ce qu’on fait, c’est pour leur sécurité. » Il nous a parlé des règles d’engagement. « Il y a un cercle imaginaire de 200 mètres autour de nos forces. Si on voit quelque chose à l’intérieur, on a le droit de tirer. »

« J’étais le seul à trouver ça bizarre »

J’étais le seul à trouver ça bizarre. Il m’a répondu : « Si une personne voit un char et ne s’enfuit pas, elle n’est pas innocente et peut être tuée. » A ses yeux, il n’y avait pas de civils. Si quelqu’un peut nous causer du tort, il est coupable. La marge de manœuvre était très large, ça dépendait de moi et de mon commandant. On n’enquêtait pas sur la cible, comme on me l’avait enseigné pendant la formation. C’était du genre : je vois quelque chose de louche à la fenêtre, ou bien cette maison est trop proche de nous, j’ai envie de tirer. « OK ! », disait le commandant. C’était la chaîne de décision, dans notre unité.

On avait les mitrailleuses calibre 50 et les 7-62, pour les zones ouvertes ou les buissons à proximité. Mais l’arme la plus efficace, c’était l’obus. Lorsqu’il y avait un mouvement clair, qu’une fenêtre s’ouvrait, obus. Lorsqu’une voiture bougeait et que je devais la viser, obus. On a visé des choses, pas des personnes. On n’a jamais vu d’êtres humains de près, sauf pendant les brefs cessez-le-feu de quelques heures. Les gens croyaient alors qu’ils pouvaient rentrer chez eux en toute sécurité. Il y avait des personnes âgées, des femmes, des enfants… On ne savait pas quoi faire. Ils nous voyaient, ils continuaient à avancer. On avait peur d’attentats kamikazes. Il m’est arrivé de prendre la mitrailleuse pour viser à côté d’eux, pour leur faire peur, car on avait peur aussi. Même les soldats politiquement de droite étaient désolés pour les civils, coincés entre eux et nous, entre nos chars et les combattants du Hamas. On se disait : ils les ont porté au pouvoir démocratiquement, mais quand même… Les combattants, qu’ils aillent se faire foutre. On a toujours comparé le Hamas au Hezbollah libanais, qui est vu comme l’élite de l’élite. Le Hamas, ce sont des semi-pros, qui nous font peur quand même.

Je n’ai jamais vu un combattant du Hamas. Ils sont très sournois, ils se déplacent dans des tunnels. Tu entres dans une zone ouverte, et tout d’un coup, ils te tirent dessus par-derrière. Tu te retournes, il n’y a plus personne. Et puis, il y a les guetteurs, sur les toits. J’en ai tué un. Guetteur, c’est un mot dans notre dictionnaire militaire. Cela désigne une personne qui peut vous observer, qui est en hauteur et parle au téléphone. Le guetteur est un semi-combattant. Même une grand-mère peut l’être. Très souvent, on voyait au loin une personne sur un toit, parlant au téléphone. On vérifiait auprès du commandant si ce n’était pas les nôtres. Et puis on tirait un obus au bout de quelques minutes. C’est arrivé très souvent dans ma zone car on était en plaine et il y avait un quartier du Hamas juste en face, en hauteur. La plupart du temps, je ne voyais qu’une tâche noire, jamais les visages, parce que je regardais au loin avec le soleil de face. Mais on ne pouvait pas prendre de risque.

« On visait des fermes, des bâtiments »

Il n’était pas permis de viser les bâtiments des Nations unies. Ni même de pointer le canon dans leur direction, il fallait le relever pour empêcher un tir accidentel. Même chose pour l’hôpital ou la centrale électrique et les bâtiments dits internationaux, à moins qu’on nous tire clairement dessus de ces endroits. Il fallait alors demander l’autorisation avant de répondre. Ces lieux étaient situés entre deux et quatre kilomètres de nous.

On est entré dans la bande de Gaza le 19 juillet. On cherchait des tunnels du Hamas construits entre Gaza et Israël. On devait aussi détruire les infrastructures du Hamas et causer les plus grands dégâts possibles au paysage, à l’économie, aux infrastructures, pour que le Hamas paie le prix le plus élevé pour le conflit et qu’ils y réfléchissent à deux fois, pour le conflit prochain. C’est de la dissuasion. On visait des fermes, des bâtiments, des poteaux électriques. Si des immeubles civils sont élevés, on peut les viser. Officiellement, on nous disait qu’il fallait éviter les victimes civiles, mais en même temps, faire le plus de dégâts possibles. J’étais le seul que ça dérangeait dans mon bataillon. Les autres disaient : « On doit le faire, c’est eux ou nous, ils finiront par nous tuer sinon, c’est OK… » C’était vraiment triste. J’essaie de comprendre pourquoi c’était comme ça. Je suis peut-être plus mature qu’eux, ou bien mon éducation veut ça. Beaucoup essaient de ne pas penser, de survivre au jour le jour, d’éteindre leur conscience.

On est entré la nuit dans la bande de Gaza, c’était très chaotique, il y avait beaucoup de discussions radio. On avait peur, on se disait qu’on allait se faire canarder. Mais rien ne s’est passé. Après quelques jours où l’on a tiré sans jamais se faire tirer dessus, ma vigilance était moins stricte. On a essayé, un jour, de sortir du char parce qu’on avait un problème de moteur. Dans la minute, plusieurs balles ont sifflé près de mon oreille, je me suis jeté à terre. C’était intense, puis rien pendant plusieurs jours. La première semaine, on sortait juste pour pisser, puis on a pris le temps – quinze minutes – de faire un café. On dormait dans le char. Il faisait une chaleur terrible, il n’y avait pas d’air conditionné.

« J’ai visé le 11e étage avec un obus »

Une enfant palestinienne, le 12 avril à Beit Hanoun,  sous la tente dans laquelle elle habite avec sa famille depuis que leur immeuble a été détruit lors de l'opération "Bordure protectrice".

Au lever du soleil, après notre arrivée, vers 8 heures ou 9 heures, le commandant a demandé à six chars de s’aligner devant Al-Bourej [vaste zone d’habitation au centre de la bande de Gaza]. J’avais réglé ma radio pour entendre les autres chars, chaque tireur pouvait choisir sa cible, au hasard. C’était du genre : « Moi, je vise le bâtiment blanc, là ». Et il fallait attendre le décompte. Personne ne nous avait tiré dessus avant, ni pendant, ni après. Le commandant a appelé ça « Bonjour Al-Bourej ! » A moitié en plaisantant, il disait qu’il voulait leur adresser le bonjour de l ‘armée. Officiellement, c’est de la dissuasion. On a donc tiré sur des bâtiments civils ordinaires, au hasard. Al-Bourej, c’est un nid de frelons du Hamas, nous a-t-on dit, il serait suicidaire d’y entrer. On le contrôlait par le feu. Chaque jour, toutes les trente minutes, un char s’installait en face et tirait. Lorsqu’un jour, l’un de nos soldats a été tué par un tir de mortier, le commandant nous a dit de le venger, en souvenir. On s’est mis en position. J’ai choisi au hasard un immeuble à 3-4 km, près de la mer, et j’ai visé le 11e étage avec un obus. On a peut-être tué des gens.

Pendant tout ce temps, on était surtout stationné dans une zone rurale autour du village de Juhor ad-Dik, très verte, avec des fermes, beaucoup d’arbres. Quand on est parti, il ne restait qu’un ou deux bâtiments debout. Ils ont pris le bulldozer blindé, le D-9, et ont travaillé cette zone vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, pour la transformer en désert. Le D-9 sert d’abord pour ouvrir la voie aux chars, pour nettoyer les obstacles, les éventuels engins piégés. On nous a dit qu’on voulait aplanir cette zone pour avoir une capacité d’observation pour la prochaine fois.

On est entré au maximum environ 3,5 km à l’intérieur de la bande. On se divisait et on partait pour des missions de quelques heures, vers le sud et Al-Bourej, ou bien au nord ou à l’ouest. J’ai vu un tunnel d’attaque du Hamas. Il était tellement large qu’on pouvait pratiquement y faire entrer un char. J’ai aussi vu un petit tunnel à Juhor ad-Dik, sous un bâtiment qui avait abrité une pharmacie de la Croix-Rouge. Le bâtiment a été détruit. On est resté environ deux semaines et demie dans la zone. La plupart du temps, les chars scannaient les environs. On avait très peur d’éventuelles incursions du Hamas, comme ça c’était produit ailleurs.

Pendant toute l’opération, les tireurs [dans les chars] étaient ravis de pouvoir tirer des obus, car on ne pouvait jamais le faire en temps normal, ça coûte trop cher. Je ne l’avais fait qu’à six ou sept reprises au cours de ma formation. Là, c’était une bonne occasion, pour tous, de vérifier nos compétences. On se montait la tête, on se mesurait, c’était notre tour de briller. Au cours de toute l’opération, j’ai dû tirer 20 ou 25 obus, les autres deux fois plus chaque semaine. Moi, je voyais les civils derrière. Nos discussions étaient une guerre d’ego.

« Lorsque j’ai quitté Gaza, j’étais amer et triste »

Il est arrivé, une fois, la 3e semaine, qu’on soit posté en un endroit d’où l’on voyait la route Salaheddine, la grande artère qui traverse la bande du nord au sud. Les gens y circulaient car elle était hors de la zone de combat. On était trois chars. On s’est dit : OK, voyons qui arrivera à atteindre un véhicule ou un vélo. Le commandant a dit : « OK, rendez-moi fier ! » On a parié entre nous, mais c’était trop dur, personne n’a réussi. Mon char datait des années 1980, il ne peut atteindre des cibles se déplaçant vite. Je devais tout calculer dans ma tête en cinq secondes pour anticiper la trajectoire. Et je ne voyais qu’une partie de la route. Il y avait un cycliste. On l’a visé avec une mitraillette de calibre 50, une arme pas du tout précise. J’ai tiré à côté et devant lui. Je l’ai pas vraiment ajusté. Il a détalé si vite, plus vite qu’Armstrong, que tout le monde a ri. C’est l’épisode dont j’ai le plus honte.

Lorsque j’ai quitté Gaza, j’étais amer et triste de ce qui s’était passé. Mais j’étais soulagé de retourner à la vie civile. La plupart des gens de ma compagnie sont de droite. Ils considèrent Breaking the Silence comme une organisation antisioniste. « Crimes de guerre » ? C’est un grand mot. Mais j’ai le sentiment d’avoir fait des trucs amoraux, sur le plan international. J’ai visé des cibles civiles, parfois juste pour le plaisir.

J’ai essayé d’en parler. Mais dans mon environnement, personne ne veut entendre tout cela, ces mauvaises choses. « T’es un héros, t’as fait ce que tu devais faire… » Ce n’est pas l’armée qu’ils connaissent, « la plus morale du monde ». En Israël, tout le monde fait l’armée, et elle fait partie de nous. C’est quelque chose d’intime. Mes parents m’ont dit la même chose. « Tu as fait ce que tu devais faire, on est content que tu sois rentré. »

Là-bas, tout le système des valeurs était tête à l’envers. Les gens dans la rue me disent que je suis un héros. Moi, j’étais juste assis dans un char toute la journée. Je me suis habitué à cette présence, à tirer. Vous prenez un homme libre, vous le transformez en esclave : au bout de quelques années, il s’habitue. C’est comme une promenade au parc.

Je n’avais pas de fenêtre. Mon monde à Gaza, c’était une boîte de 20 centimètres. Je voyais tout au travers d’un viseur, d’une croix sur chaque route, sur chaque bâtiment. Les notions de bien et de mal, je les ai encore. Quand j’ai tiré sur des bâtiments civils ou sur le cycliste, j’avais la conscience de faire quelque chose de mal, mais on avait le sentiment de pouvoir tout faire, qu’il n’y avait pas de loi. Dans les limites de la logique militaire. Bien sûr, pas de violer des enfants ou de tuer toute une famille juste parce qu’elle est là. Mais de pouvoir détruire un immeuble vide, oui. De tirer sur une route, oui. Si on tue quelques personnes, on aura des ennuis. Mais c’est tout. »

Guerre à Gaza : les témoignages accablants de soldats israéliens

Le Point –

« Les règles d’engagement dispensées aux soldats sur le terrain consistaient à ouvrir le feu, ouvrir le feu partout », témoigne un militaire israélien.

Dans le document compilant les témoignages de plus de 60 officiers et soldats ayant participé à la guerre de juillet-août 2014, Briser le silence insiste sur la volonté de l'armée israélienne de limiter ses pertes.
Dans le document compilant les témoignages de plus de 60 officiers et soldats ayant participé à la guerre de juillet-août 2014, Briser le silence insiste sur la volonté de l’armée israélienne de limiter ses pertes. © MENAHEM KAHANA / AFP

Une organisation israélienne donnant la parole à des soldats a publié lundi un document accusant l’armée israélienne d’avoir causé un nombre sans précédent de victimes civiles en recourant à la force sans discrimination pendant la guerre de Gaza en 2014.

L’armée israélienne a répondu avoir demandé à Briser le silence de lui fournir des preuves ou des informations sur les témoignages publiés sous le couvert de l’anonymat, pour qu’elle puisse enquêter. Mais l’organisation a refusé selon l’armée, qui a clairement remis en question ses intentions.

Dans le document compilant les témoignages de plus de soixante officiers et soldats ayant participé à la guerre de juillet-août 2014, Briser le silence dénonce l’hypothèse de travail de l’armée selon laquelle, à la suite de ses frappes préparatoires et de ses avertissements aux civils, les zones où se déployaient ses soldats avaient été désertées par les civils, « faisant de chacun se trouvant dans la zone une cible légitime ». « Le principe directeur de l’armée qui prône le risque minimum pour nos troupes, y compris aux dépens de civils innocents, ainsi que les efforts déployés pour dissuader et intimider les Palestiniens ont causé de nombreuses victimes dans la population et des dégâts sans précédent aux infrastructures civiles », écrit Briser le silence, qui a déjà publié à l’occasion de précédents conflits des témoignages de soldats.

Amertume

L’ONU vient pour sa part de publier un rapport affirmant qu’au moins 44 Palestiniens ont été tués dans des locaux onusiens du fait des agissements israéliens pendant la guerre à Gaza. Le conflit a coûté la vie à 2 200 Palestiniens, dont 1 500 civils selon l’ONU, et 73 personnes côté israélien, dont 67 soldats.

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU est censé lui rendre en juin un rapport distinct, et les Palestiniens réclament que les dirigeants israéliens soient poursuivis devant la Cour pénale internationale. La justice militaire israélienne, qui mène ses propres enquêtes, vient de prononcer ses premières inculpations contre trois soldats soupçonnés de pillage.

Dans un témoignage recueilli par Briser le silence, un soldat d’infanterie affirme que « les règles d’engagement dispensées aux soldats sur le terrain consistaient à ouvrir le feu, ouvrir le feu partout […]. Le postulat de départ était qu’à partir du moment où nous entrions [dans la bande de Gaza pour la phase terrestre de l’opération, NDLR], quiconque osait montrer sa tête était un terroriste ».

Un soldat raconte que deux femmes marchant dans un verger avaient été repérées puis tuées simplement parce qu’elles étaient trop près des lignes israéliennes. Après inspection des corps, il s’est avéré qu’elles n’étaient pas armées. « Elles ont quand même été listées comme terroristes. On leur avait tiré dessus, alors évidemment elles devaient être des terroristes », affirme le soldat amer.

Agressions, pillages, racisme et vandalisme

Le document pointe du doigt la responsabilité confiée à des commandants inexpérimentés confrontés à des instructions ambiguës ; il parle de maisons démolies simplement parce qu’elles présentaient un risque théorique. L’organisation fait aussi état d’agressions, de pillages, de racisme et de vandalisme aux dépens des civils palestiniens. Elle dit que les pratiques militaires ont évolué au cours du conflit, non pas en fonction de contraintes militaires mais « d’intérêts politiques et diplomatiques ». La conduite de la guerre « suscite de graves doutes sur la morale » de l’armée israélienne, dit le document.

L’armée a réaffirmé son engagement à enquêter « de la manière la plus sérieuse possible » sur toutes informations « crédibles » relatives aux agissements de ses soldats. Mais, a-t-elle estimé, le refus de Briser le silence de partager ses informations rend « impossibles » des investigations sur les faits qu’elle évoque. Cette attitude « indique que, contrairement à ce qu’elle prétend, cette organisation n’est pas motivée par l’intention de corriger les méfaits qu’elle dit avoir découverts, nous ne sommes donc pas en mesure de répondre à ses allégations », poursuit-elle.

====

Vos réactions

Andre Angle                                      Un soldat israelien sans honneur tire sur des civils et cela suffit pour condamner toute l’armée israélienne. Quelques soldats français sans honneur se font sucer par des enfants noirs et cela suffit pour condamner toute l’arme francaise. Chacun voit midi à sa porte.

Victoria B.                                         Ce genre de témoignage apporte une dimension humaine à une armée souvent présentée comme aveugle et cruelle.

Julien de C.                                       Il est difficile de dire si le journaliste cache ses intentions ou non, mais on sort de là avec l’idée que l’armée israélienne est bien la seule à enseigner le discernement et â vouloir limiter le nombre de morts. Si elle se fait condamner, ce sera du fait qu’elle expose au grand jour ses hésitations et ses doutes.

tzadik                                                  C. confond l’armée et la police. Si chaque militaire avait pris toute les précautions décrites, Israël n’existerait plus. Face à des gens qui envoient par centaines des roquettes sur les villes pour tuer un mximum de civils, il faut être sans faute. Le Hamas a clairement annoncé sa volonté de détruire Israël et sans le « dôme de fer »il y aurait eu un carnage. Mais un carnage de Juifs n’est qu’un détail de l’histoire…

Andre Angle                                        Sur le témoignage d’un soldat Israelien, Smolar fait une attaque en règle contre l’armée d’Israel.. Il a beau se donner de la peine, il ne réussira pas , par ses diatribes, à empêcher la paix entre Israéliens et Palestiniens. A la niche, les aboyeurs du Hamas!

serge loccitans                                     Que fait la communauté internationale pendant ce temps là !!! rien !! j’oubliais merde que c’est Israel et les USA qui dirige ce monde
Claude Charonne                                La société israëlienne est désormais dans l’impasse ou l’ont menée l’extrême droite et les ultra-religieux. La gangrène du racisme s’étend chaque jour un peu plus avec le poison du colonialisme et de l’apartheid. Une étape de plus vient d’être franchie avec la révélation de la discrimination des juifs éthiopiens. Il faut un sacré courage pour lutter de l’intérieur contre cette régression.
BIG MamaBIG Mama              La PAIX qu’on nous dit depuis des années … mon oeil !!
Sabine Chirol                                       L’article est au demeurent intéressant…
Denis la maliceDenis la malice    La plus morale du monde, oui…   Il serait temps de considérer Israel comme un pays comme les autres, cad : parfaitement capable de dérive morale.
alex terrieur1                                    Et dire que le député français Meyer Habib asséne à qui voulait l’entendre que « Tsahal est l’armée la plus morale du monde ». Voir ci-joint ce qu’il répète en conclusion de la vidéo de son intervention sur LCP: https://www.youtube.com/watch?v=j-o-qEAAGw4
Lynette kilakou                                  Connaissez-vous une seule autre armée qui laisserait ses soldats s’exprimer ainsi?       Ca n’enlève évidemment rien à l’horreur des faits, mais il semble qu’ils ne soient pas passés sous silence. Où d’autre cela peut-il se passer ainsi?
BIG MamaBIG Mama            l’anonymat les protège quand même , non ?
Tigre BleuTigre Bleu          « Connaissez-vous une seule autre armée qui laisserait ses soldats s’exprimer ainsi? »   Ce sont des témoignages anonymes recueillis par une ONG, pas une conférence de presse!
Abdul Archiduc                           La violence engendre la violence de même que la loi du talion.                                            Si c’était l’inverse, on peut imaginer que ça se saurait.

Conclusion ( pas moralité) :  Il serait peut être bon de changer…
C’est ça :      Changer son fusil d’épaule !

Le kanton                                          Peut’on parler de génocide dans ce cas? La bande de gaza ressemble vraiment et réellement une prison à ciel ouvert. On a vécu ça quand même dans ce siècle où les droits de l’homme doivent être une priorité……..que servent les organisations internationales ?

alain gerlage                                       on ne peut qu’adhérer à la soif de justice que fut la création de l’état d’israel. cela fait belle lurette que cette soif de justice s’est transformée en injustice. on est pas pour ou contre israel, on est pas pour ou contre les palestiniens. on n’est contre l’injustice, pour ce qui est juste.

mandchoukuo76                                 Israel seul démocratie au milieu de…   Je pense qu’il ne faut pas rejeter en bloc les accusations de  » briser le silence ». Je comprends parfaitement dans quel état peuvent se retrouver de jeunes recrues à qui l’on intime l’ordre de « tirer dans les genoux » pour un gosse de moins de 12 ans et de « viser la tête » pour tous les autres ! Il ne s’agit pas de donner des arguments aux déclencheurs de l’Intifada (qui sont bien au chaud chez eux, pendant que d’autres se font dégommer) mais comment peut-on défendre le droit à l’Etat d’Israel d’exister au milieu de régimes autoritaires, voire dictatoriaux…

Il ne suffit pas de dire « c’est la guerre » et avec cela on cristallise les rancoeurs d’un côté comme de l’autre… Si l’on autorise l’armée Israélienne d’utiliser tous les moyens à sa disposition (CF : opération Plomb fondu), il ne faut pas s’étonner que les Palestiniens réagissent !
Militairement les Israéliens ne peuvent pas « écraser » les Palestiniens, à moins de mettre en place un génocide type arménie. De plus les Palestiniens ont l’appui (officiel) des royaumes Qataris, Saoudis etc. Qui eux ont une oreille à Washington.
Alors ? Alors le mieux est d »engager de vrais pourparlers de paix, comme Carter ou Clinton avaient commencés… De toutes façons je plains les gens qui se complaisent dans la guerre… Ils n’ont pas eu un membre arraché par une balle ou un obus ! Alors pousser au massacre, non merci !

Anderssen                                          « Briser le silence » nous (les) brise     Quel est le but d’une telle organisation israélienne ? Briser Israël ? Donner du grain à moudre aux Palestiniens ? La guerre n’est jamais gentille, on perd des plumes et des civils (des deux côtés), toujours. Ce genre de mea-culpa qui tend à se flageller n’a aucune raison d’être sinon, pour un traître, de déstabiliser le pays et son armée.
baltazaroued                                       Traitres   Même dans l’armée d’Israël il y a des traitres. Décidément dans les armées occidentales, les vers sont dans les fruits.
pipolinum                                             Si c’est des niouzes AFP… C’est certainement pas très fiable… Comme lors de l’affaire Al Dura quoi…
Strasbourgeois 67                               En réalité le score de zéro mort est le but de l’armée israélienne (pour elle)             Et c’est le même projet pour toutes les armées occidentales. Cela implique que toutes les cibles douteuses sont éliminées, les planques détruites, l’utilisation de drones qui tirent à 10 000 mètres d’altitude et de l’aviation, donc beaucoup de dégâts pour l’ennemi…
Publicités