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La Croix-Rouge épinglée sur le temps de travail

Le Monde.fr avec AFP

La Croix-Rouge s’est rendue coupable de 3 800 infractions à la législation sur le temps de travail en 2014 au sein de son siège parisien, selon un rapport de l’inspection du travail que révèle dimanche 31 mai Le Parisien/Aujourd’hui en France. Ce rapport « de 206 pages » dénonce le temps de travail excessif des 480 salariés du siège parisien de l’association (14e arrondissement), dont le contrat de travail prévoit 37 heures hebdomadaires pour les non-cadres, selon le quotidien.

Sur les 3 800 infractions constatées en 2014, « environ 3 300 concernent des journées de travail supérieures à dix heures », d’autres portent sur « des dépassements de la durée hebdomadaire maximale » (48 heures selon la loi), rapporte le journal. Les inspecteurs du travail notent également une « privation du repos quotidien minimal » soit onze heures entre deux périodes travaillées. Ces infractions sont sanctionnées de 750 euros chacune par le code du travail, ce qui représente une amende de plus de 2,8 millions d’euros. En incluant la rémunération due aux salariés et leur indemnisation au titre du préjudice subi, la facture pourrait atteindre 11 millions d’euros pour la Croix-Rouge, selon Le Parisien.

Interrogé par le quotidien, le délégué CFE-CGC, syndicat majoritaire, Eric Laurent assure que « cela fait seize mois que nous alertons la direction sur les dérives en matière d’heures supplémentaires ». « On n’a pas affaire à un problème de sous-effectif, on est en face d’une inorganisation totale du travail », ajoute le syndicaliste, qui cite des « demandes récurrentes de dernière minute, demande de refaire le travail, travail inutile. Les gens sont épuisés. Certains commencent à 7 heures et terminent à 20 heures ».

« L’urgence ne prévient pas »

La Croix-Rouge s’est défendue dimanche de ces accusations, assurant que cette situation est liée à sa mission, « sauver des vies ». La Croix-Rouge française (CRF) « est malheureusement confrontée depuis de nombreuses années » à la question des heures supplémentaires, reconnaît l’organisation dans un communiqué. « En matière d’urgence et de secourisme, de réponses aux catastrophes en France comme à l’international, nos missions demandent une grande mobilisation et disponibilité de nos salariés et bénévoles, quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit » et « malheureusement, l’urgence ne prévient pas. » Mais « en aucun cas il n’y a volonté » de « porter préjudice » aux salariés, « qui accomplissent un travail considérable au quotidien », affirme la CRF.

« Loin de confondre activité salariée et bénévolat », la CRF travaille « pour trouver des solutions » permettant « à la fois de continuer d’assurer les missions pour lesquelles la population a besoin de nous, tout en protégeant nos salariés », assure-t-elle, évoquant un « rendez-vous avec le ministère du travail pour apporter des réponses efficaces et durables à cette question ».

La Croix-Rouge épinglée pour des milliers d’infractions à la législation sur le temps de travail

CROIX ROUGE

SOCIAL – La Croix-Rouge s’est rendue coupable de 3800 infractions à la législation sur le temps de travail en 2014 dans son siège parisien. C’est ce qu’indique un rapport de l’inspection du travail que révèle ce dimanche 31 mai Le Parisien/Aujourd’hui en France.

Ce rapport « de 206 pages » pointe le temps de travail excessif des 480 salariés du siège parisien de l’association (XIVe arrondissement), dont le contrat de travail prévoit 37 heures hebdomadaires pour les non-cadres, selon le quotidien. Sur les 3800 infractions constatées en 2014, « environ 3300 concernent des journées de travail supérieures à dix heures », d’autres portent sur « des dépassements de la durée hebdomadaire maximale » (48 heures selon la loi), écrit le journal.

La facture pourrait atteindre 11 millions d’euros

Les inspecteurs du travail pointent également une « privation du repos quotidien minimal » soit onze heures entre deux périodes travaillées.
Ces infractions sont sanctionnées de 750 euros chacune par le Code du travail, ce qui représente une amende de plus de 2,8 millions d’euros. En incluant la rémunération due aux salariés et leur indemnisation au titre du préjudice subi, la facture pourrait atteindre 11 millions d’euros pour la Croix-Rouge, selon Le Parisien.

Interrogé par le quotidien, le délégué CFE-CGC, syndicat majoritaire, Eric Laurent assure que « cela fait seize mois que nous alertons la direction sur les dérives en matière d’heures supplémentaires ».

« On n’a pas affaire à un problème de sous-effectif, on est en face d’une inorganisation totale du travail », ajoute le syndicaliste qui cite des « demandes récurrentes de dernière minute, demande de refaire le travail, travail inutile. Les gens sont épuisés. Certains commencent à 7 heures et terminent à 20 heures ».

La Croix-Rouge se défend

La Croix-Rouge française (CRF) s’est défendue, assurant que cette situation est liée à sa mission, « sauver des vies », et qu’elle « est malheureusement confrontée depuis de nombreuses années » à la question des heures supplémentaires.

« En matière d’urgence et de secourisme, de réponses aux catastrophes en France comme à l’international, nos missions demandent une grande mobilisation et disponibilité de nos salariés et bénévoles, quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit » et « malheureusement, l’urgence ne prévient pas », explique la Croix-Rouge.

Mais « en aucun cas il n’y a volonté » de « porter préjudice » aux salariés, « qui accomplissent un travail considérable au quotidien », affirme la CRF. « Loin de confondre activité salariée et bénévolat », la CRF travaille « pour trouver des solutions » permettant « à la fois de continuer d’assurer les missions pour lesquelles la population a besoin de nous, tout en protégeant nos salariés », assure-t-elle, évoquant un « rendez-vous avec le ministère du Travail pour apporter des réponses efficaces et durables à cette question ».

Lire aussi :

• Népal: les initiatives se multiplient pour venir en aide aux victimes

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L’inspection du travail épingle la Croix-Rouge

Le Figaro.fr avec AFP

    • La Croix-Rouge s’est rendue coupable de 3800 infractions à la législation sur le temps de travail en 2014 dans son siège parisien, selon un rapport de l’inspection du travail que révèle dimanche Le Parisien/Aujourd’hui en France. Ce rapport « de 206 pages » pointe le temps de travail excessif des 480 salariés du siège parisien de l’association (XIVe arrondissement), dont le contrat de travail prévoit 37 heures hebdomadaires pour les non-cadres, selon le quotidien*
    • Sur les 3800 infractions constatées en 2014, « environ 3300 concernent des journées de travail supérieures à dix heures », d’autres portent sur « des dépassements de la durée hebdomadaire maximale » (48 heures selon la loi), écrit le journal. Les inspecteurs du travail pointent également une « privation du repos quotidien minimal » soit onze heures entre deux périodes travaillées. Ces infractions sont sanctionnées de 750 euros chacune par le Code du travail, ce qui représente une amende de plus de 2,8 millions d’euros. En incluant la rémunération due aux salariés et leur indemnisation au titre du préjudice subi, la facture pourrait atteindre 11 millions d’euros pour la Croix-Rouge, selon Le Parisien.
      Interrogé par le quotidien, le délégué CFE-CGC, syndicat majoritaire, Eric Laurent assure que « cela fait seize mois que nous alertons la direction sur les dérives en matière d’heures supplémentaires ». « On n’a pas affaire à un problème de sous-effectif, on est en face d’une inorganisation totale du travail », ajoute le syndicaliste qui cite des « demandes récurrentes de dernière minute, demande de refaire le travail, travail inutile. Les gens sont épuisés. Certains commencent à 7 heures et terminent à 20 heures ».

      La Croix-Rouge justifie le recours intensif aux heures sup’ « pour sauver des vies »

       LEXPRESS.fr avec AFP

      un-volontaire-de-la-croix-rouge-fait-la-quete-a-rouen-le-3-juin-2013_4906315Un volontaire de la Croix Rouge fait la quête à Rouen, le 3 juin 2013. L’organisation risque une forte amende pour s’être rendue coupable de très nombreuses infractions à la legislation sur le temps de travail, selon un rapport rendu public par Le Parisien.    afp.com/Charly Triballeau

      Mise en cause dans un rapport de l’inspection du travail pour imposer trop d’heures supplémentaires à ses salariés, la Croix-Rouge répond ce dimanche que ses missions demandent « une grande mobilisation et disponibilité » et que « l’urgence ne prévient pas ».

      Epinglée par un rapport de l’inspection du travail publié ce dimanche dans Le Parisien/Aujourd’hui en France, la Croix-Rouge justifie ces infractions par la nécessité de « sauver des vies ».

      « En matière d’urgence et de secourisme, de réponses aux catastrophes en France comme à l’international, nos missions demandent une grande mobilisation et disponibilité de nos salariés et bénévoles, quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit » et « malheureusement, l’urgence ne prévient pas », a indiqué l’association dans un communiqué de presse.

      « Loin de confondre activité salariée et bénévolat », la Croix Rouge travaille « pour trouver des solutions » permettant « à la fois de continuer d’assurer les missions pour lesquelles la population a besoin de nous, tout en protégeant nos salariés », assure-t-elle, évoquant un « rendez-vous avec le ministère du Travail pour apporter des réponses efficaces et durables à cette question ».

      Un rapport accablants

      La Croix-Rouge se serait rendue coupable de 3800 infractions à la législation sur le temps de travail en 2014 dans son siège parisien.

      Le rapport « de 206 pages », publié par Le Parisien/Aujourd’hui en France pointe le temps de travail excessif des 480 salariés du siège parisien de l’association (XIVe arrondissement), dont le contrat de travail prévoit 37 heures hebdomadaires pour les non-cadres, selon le quotidien.

      Une amende entre 3 et 11 millions d’euros

      Sur les 3800 infractions constatées en 2014, « environ 3300 concernent des journées de travail supérieures à dix heures », d’autres portent sur « des dépassements de la durée hebdomadaire maximale » (48 heures selon la loi), écrit le journal. Les inspecteurs du travail pointent également une « privation du repos quotidien minimal » soit onze heures entre deux périodes travaillées.

      Ces infractions sont sanctionnées de 750 euros chacune par le Code du travail, ce qui représente une amende de plus de 2,8 millions d’euros. En incluant la rémunération due aux salariés et leur indemnisation au titre du préjudice subi, la facture pourrait atteindre 11 millions d’euros pour la Croix-Rouge, selon Le Parisien.

      « Les gens sont épuisés » selon un syndicat

      Interrogé par le quotidien, le délégué CFE-CGC, syndicat majoritaire, Eric Laurent assure que « cela fait seize mois que nous alertons la direction sur les dérives en matière d’heures supplémentaires ».

      « On n’a pas affaire à un problème de sous-effectif, on est en face d’une inorganisation totale du travail », ajoute le syndicaliste qui cite des « demandes récurrentes de dernière minute, demande de refaire le travail, travail inutile. Les gens sont épuisés. Certains commencent à 7 heures et terminent à 20 heures ».

      La Croix-Rouge épinglée sur son organisation du travail « illégale » et « pathogène »

      Emblème de l’action humanitaire d’urgence, la Croix-Rouge française est épinglée pour une organisation du travail « illégale » et « pathogène ». Face à cette mise en cause, l’association a récusé dimanche toute confusion entre travail et bénévolat et assuré chercher des solutions pérennes.

      Saisie au printemps, l’Inspection du travail a rendu fin mars un rapport sévère sur le non respect par l’association de la législation sur le temps de travail, comme l’a révélé dimanche Le Parisien/Aujourd’hui en France.

      Le constat est fait d’une « organisation du travail illégale, dangereuse et pathogène », selon un courrier consulté par l’AFP. Il recense notamment pour 2014, 3.345 dépassements de la durée quotidienne de travail (10 heures), 291 dépassements de durée maximale hebdomadaire (48 heures), et 129 privations du repos quotidien minimal (11 heures).

      La CFE-CGC avait alerté en février l’Inspection du travail sur les heures supplémentaires « non payées, afin de faire cesser ces pratiques. Et à notre grande surprise, l’Inspection du travail a relevé des infractions sur la durée du travail », dont « nous n’avions pas connaissance », raconte Eric Laurent, représentant CFE-CGC.

      Sur les 18.000 salariés de la Croix-Rouge française, les dérives concernent « environ 330 des 480 salariés du siège », rapporte M. Laurent qui évoque des horaires « délirants ».

      « Au niveau du siège, ce sont les directions métiers « d?urgence » qui sont en grande majorité concernées par les dépassements d?horaires », assure pour sa part l?association d’utilité publique fondée en 1864.

      « Tous les domaines ne relèvent pas de l’urgence » mais du « travail classique d’entreprise », rétorque Eric Laurent désireux que « l’employeur Croix-Rouge respecte le cadre légal ». Mais là, on constate que dans « toutes les directions, tous les services et toute l’année, des personnels tombent sous le coup des infractions ».

      Pour se défendre, la Croix-Rouge souligne être « malheureusement confrontée depuis de nombreuses années » à « la question des heures supplémentaires », une situation liée à son « identité » et « à sa mission: sauver des vies ! ».

      Au regard du Code du travail, l’argument ne tient pas. Les infractions constatées sont sanctionnées de 750 euros, soit une amende de plus de 2,8 millions d’euros. En incluant la rémunération due aux salariés et leur indemnisation au titre du préjudice subi, la facture pourrait atteindre 11 millions d’euros pour la Croix-Rouge, selon Le Parisien.

      Et les injonctions sont également tombées. L’Inspection du travail demande « d’ores et déjà » à l’association humanitaire de donner à ses « subordonnés des directives pour que ces dysfonctionnements préjudiciables à la santé physique et mentale de (ses ) salariés cessent immédiatement », selon un courrier consulté par l’AFP.

      Elle demande également « de communiquer dans les meilleurs délais les mesures organisationnelles adaptées afin de mettre un terme aux situations de surcharge de travail révélée par nos constats et d’assurer votre obligation de protection de la santé et la sécurité de vos salariés+ ».

      -Travail et bénévolat –

      Pour le syndicaliste, ce non respect de la durée légale de travail est « vraiment un problème d’organisation ».

      Les missions d’urgence et de secourisme de la Croix-Rouge, comme celles réalisées récemment au Vanuatu ou au Népal, « demandent une grande mobilisation et disponibilité » des salariés et 56.000 bénévoles, « quelle que soit l?heure du jour ou de la nuit, le jour de la semaine », argue l’association dans un communiqué.

      « Loin de confondre activité salariée et bénévolat », la Croix-Rouge assure travailler « actuellement pour trouver des solutions » permettant « à la fois de continuer d?assurer les missions pour lesquelles la population a besoin de nous, tout en protégeant nos salariés ».

      La Croix rouge gère 600 établissements (urgence, secourisme, action sociale, formation aux métiers de la santé).

      Rendez-vous a été pris avec le ministère du Travail « pour apporter des réponses efficaces et durables à cette question liée à la spécificité de nos missions », assure la Croix-Rouge française.

      Dans l’immédiat, elle va devoir dès juin négocier l’indemnisation des salariés non rémunérés pour tout leur travail.

      Selon l’Insee, 1,8 million de salariés travaillent à temps plein ou à temps partiel dans des associations.

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commentaires

Cyril H                                     La Croix Rouge a une longue tradition de mépris du droit du travail. Dans les établissements médico-sociaux qu’elle gère, on ne compte plus les intimidations de salariés, le refrain est toujours plus ou moins le même : « nous sommes la plus grosse et la plus ancienne ONG du monde. Nous avons de gros moyens et les meilleurs avocats. Si vous n’êtes pas d’accord, faites-nous un procès et nous vous briserons. » Du coup, on ne corrige pas les abus et ça s’accumule… On voit le résultat.

gus                                           Nul besoin de partager les valeurs de la Croix-Rouge pour en être salarié.

Jean Robert GAUTHEY

@gus:                                         c’est exactement ce qui se passe avec la fonction publique ou les « services publics », ceux qui y travaillent ne sont pas au service des citoyens mais au service de leurs propres intérêts (salaires, retraites, horaires de travail….) et non à celui de leurs concitoyens. Je ne pense pas que ce soit normal ….

Jean-Yves Le Roy                J’ai toujours cru que ces gens étaient des bénévoles. Comme je tombe de haut en apprenant que ce sont des salariés! 😳

Pipooo                                    Voilà qui explique que vos réactions sont en permanence à côté de la plaque. Vous parlez en permanence de choses que vous ne connaissez pas. Vous imaginiez sérieusement que l’organisation des dizaines de missions quotidiennes en France et à l’étranger était gérée par des millionnaires, des sans-emplois ou des retraités ?

 Jean-Yves Le Roy 

@Pipooo                                   Ben oui. Il n’est pas interdit d’être naïf surtout si l’on n’est que peu concerné par le sujet. Vous, c’est l’humour qui ne vous concerne en rien. 💀

Bob 

@Pierre D:                                j’aime votre discours et souhaiterais que vous travailliez pour moi 80h par semaine. Quand on aime on ne compte pas, je compterai pour vous. Vous êtes la perle rare.

Jean Claude Pierson             Cher ami, la porte est grande ouverte, que ne la prenez vous pas!

ires

@fab2vegas                      Dans vos horaires normaux vous sauvez des gens?

CHICAGOXIII                       Oui il faut sauver de vies, oui, il faut aussi payer les heures supplémentaires.

Pasdesoucis                     Nous ne devons pas confondre les bénévoles et les salariés qui ont les mêmes droits que tous les autres même s’ils oeuvrent dans l’associatif…tout cela est regrettable pour l’image de cette institution pour la qu’elle nous avons tous beaucoup d’attachement….:-(

izaza51                             on ne parle que du siège pour cette fois. Mais si la directe s’intéresse à la Croix Rouge française dans son ensemble; alors on parlera de plusieurs dizaines de millions d’amende. C’est au quotidien qu’il y a des irrégularités dans l’association et ce sont les salariés qui subissent…..

babybel87                           Bonjour. Les 2 dernières semaines la Croix Rouge faisait la quête pour ses oeuvres. Va-t-elle recommencer mais pour un Croixrougeton pour payer ses amendes?

bojojo                                  L’état veut désormais récupérer de l’argent sur les dons faits aux associations humanitaires… Difficile de dire à quelqu’un en difficulté ou dans un cas d’urgence: désolé, débrouillez vous mais là j’ai fini mes 37 heures ! Merci à tous les salariés et bénévoles de la Croix Rouge pour votre engagement si utile.

boulogne92100                   Il est dur le temps où s’occuper des autres était nécessaire et n’apportait son lot de récompense qu’avec des remerciements A mon époque au sein de la croix rouge, nous ne regardions que les gens secourus et aidés Il n’y avait pas de quotas d’heure .Au fait messieurs les empêcheurs de tourner en ronds, allez vérifier si le quota des personnes nécessiteuses dépasse les 35 h Mettez leur une amende pour dépassement des heures de souffrance ou de demande d’aide

Oui Oui  • 

  • Voilà…Donc, selon l’URSAFF tu peux distribuer de la soupe aux gens démunis qui vivent dans la rue mais jusqu’à 20h. A 20h01, ça devient illégal et on te colle une amende de 11 millions d’Euros. Bande d’o%%%%es.

    yvster  • 

    C’est malheureusement le cas dans bon nombres d’associations en France. Les directions de ces associations confondent souvent bonne volonté, dévouement et abus d’autorité. Il est juste qu’un salarié soit rémunéré à hauteur du travail fourni et que sa santé physique et mentale soit préservée.

    Laisse Beton  • 

    Et vous retrouvez le pouvoir de nuisance des syndicats français puis de l’administration fiscale et en cascade, vont tomber les amendes et pénalités L’argent collecté par la CRF va directement dans les poches de l’état Il serait souhaitable que le gouvernement de gauche donc par définition qui n’aime les  »injustices » intervienne La CRF n’est pas une  »boite » il est possible qu’il y a des problèmes mais ça doit être réglé sans amendes ( indemnisations des personnels si il y a lieu, bien entendu)

    LiarsCorp and I  • 

    Intervention de l’inspection du travail, et d’un syndicat …………. pas vu, la moindre information sur la réaction le sentiment, des premiers intéressés : les salariés , ceux qui font des heures supplémentaires

    José Evra  •

    pas çà le problème, c’est pour la bonne cause, plutot surveiller les responsables de secteurs qui s’en mettent plein les poches

    Oui Oui  • 

    C’est ça…Des gens investis dans des organisations humanitaires doivent aider, mais pas trop, sinon c’est illégal. Et, au passage, l’état se prend une pénalité de 11 Millions d’euros via l’URSAFF. On marche sur la tête.

    François R  •

    Question compliqué, la coexistence de salariés et de bénévoles dans les association conduit très souvent a des abus, d’autant que les instances dirigeantes sont par définition elus par les bénévoles qui ne comprennent pas que les salariés sont … des salariés. S’ajoute a ça le fait que la société… Plus

    DANIEL  • 

    c’est tout simple, la croix rouge arrête son activité et on verra très vite comment cela va réagir, et si le gouvernement n’intervient pas sur ce coup là, il va encore marquer des points

    Libéral  • 

    Bientôt on interdira aux mendiants de dépasser les 35h/semaine ou aux p…s de tapiner au delà de la durée légale du travail. Donner à la Croix Rouge revient en fait donner à l’Urssaf et engraisser syndicats et fonctionnaires de l’I.du T.
    La Croix Rouge ferait mieux d’abandonner ce pays à la dérive !

    LiarsCorp and I  • 

    si dérives d’heures travaillées il y a, au niveau de l’association, c’est qu’il y a sans doute dérive                    ( augmentation) de son action … de ses interventions .. entre précarité et catastrophes naturelles .

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Le cercle des européens disparus !..

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Sanctions de l’UE à l’encontre de la Russie concernant la crise en Ukraine

En réaction à l’annexion illégale de la Crimée et à la déstabilisation délibérée d’un pays souverain frontalier, l’UE a imposé des mesures restrictives à la Fédération de Russie.

Aperçu

L’Union européenne concentre ses efforts sur un désamorçage de la crise en Ukraine. L’UE appelle l’ensemble des parties à poursuivre leur engagement dans un dialogue constructif et inclusif en vue d’une solution durable, à protéger l’unité et l’intégrité territoriale du pays et à s’efforcer de garantir un avenir stable, prospère et démocratique à l’ensemble des citoyens ukrainiens. L’UE a également proposé de renforcer son soutien au processus de réforme économique et politique de l’Ukraine.

La réunion extraordinaire du Conseil de l’Union européenne du 3 mars 2014 a condamné la flagrante violation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine qu’ont constituée les actes d’agression perpétrés par les forces armées russes ainsi que l’autorisation, le 1er mars, par le Conseil de la Fédération de Russie, de l’utilisation de forces armées sur le territoire ukrainien. L’UE a exhorté la Russie d’immédiatement rappeler ses forces armées vers leurs zones de stationnement permanent, conformément à la Convention de 1997 sur le statut et les conditions de stationnement de la Flotte de la mer Noire sur le territoire de l’Ukraine.

Dans une déclaration des chefs d’État et de gouvernement qui suivit leur réunion extraordinaire du 6 mars, l’UE a souligné que la solution à la crise était à trouver dans des négociations entre les gouvernements de l’Ukraine et de la Fédération de Russie, notamment par le biais d’éventuels mécanismes multilatéraux. Ayant tout d’abord suspendu les discussions bilatérales avec la Fédération de Russie quant aux questions de visa et quant à un nouvel accord UE-Russie, de même que les préparatifs d’une participation au sommet du G8 à Sotchi, l’UE a ensuite pris une deuxième vague de mesures – compte tenu de l’absence d’un désamorçage – aux conséquences potentiellement profondes pour les relations UE-Russie en cas de déstabilisation de la situation en Ukraine.

En l’absence d’efforts de désamorçage de la part de la Fédération de Russie, l’UE a imposé ses premières mesures d’interdiction de voyage et de gel des avoirs, le 17 mars 2014, à l’encontre de responsables russes et ukrainiens, suite à l’annexion illégale de la Crimée par la Russie. L’UE a fermement condamné cette violation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale ukrainiennes.

L’UE estime qu’une solution pacifique à la crise est à trouver dans des négociations entre les gouvernements de l’Ukraine et de la Fédération de Russie, notamment par le biais d’éventuels mécanismes multilatéraux.

L’UE se tient également prête à inverser ses décisions et renouer le dialogue avec la Russie dès lors que cette dernière contribuera activement et sans ambiguïtés à la recherche d’une solution à la crise ukrainienne.

Mesures diplomatiques

  • Au lieu d’un sommet du G8 à Sotchi, une réunion du G7 s’est tenue à Bruxelles les 4 et 5 juin. Les pays de l’UE ont également soutenu la suspension des négociations sur l’adhésion de la Russie à l’OCDE et à l’Agence internationale de l’énergie.
  • Le sommet UE-Russie s’est vu annuler et les États membres de l’UE ont décidé de ne pas tenir leurs habituels sommets bilatéraux. Les négociations bilatérales avec la Russie quant aux questions de visa et quant à un nouvel accord UE-Russie ont été suspendues. En outre, une réévaluation des programmes de coopération entre l’UE et la Russie est actuellement en cours, en vue d’une suspension de la mise en œuvre des programmes de coopération bilatérale et régionale de l’UE. Les projets portant exclusivement sur une coopération transfrontalière ou sur la société civile seront par contre maintenus.

Mesures restrictives (gels des avoirs et interdictions de visas)

  • Un total de 151 personnes sont interdites de visas et ont vu leurs avoirs gelés, tandis que 37 entités sont sujettes à un gel de leurs avoirs. Ces chiffres comprennent 145 personnes et 24 entités responsables d’actions ayant porté atteinte à l’intégrité territoriale de l’Ukraine, six personnes ayant soutenu d’une façon ou d’une autre les décideurs russes et 13 entités, en Crimée et à Sébastopol, ayant été confisquées ou ayant bénéficié d’un transfert de propriété contraire à la loi ukrainienne.

Note d’information sur les mesures restrictives de l’UEpdf

Liste des personnes et entités sujettes aux sanctions de l’UE

Restrictions pour la Crimée et Sébastopol

Comme l’UE ne reconnaît pas l’annexion de la Crimée et de Sébastopol, les restrictions suivantes ont été imposées.

  • L’UE a interdit les importations venant de Crimée et de Sébastopol, sauf si accompagnées d’un certificat d’origine délivré par les autorités ukrainiennes.
  • Investir en Crimée ou à Sébastopol est interdit. Les Européens et entreprises basées en UE n’ont plus le droit d’acheter de l’immobilier ou des entités en Crimée, des entreprises financières de Crimée ou des services relatifs à l’approvisionnement.
  • En outre, les opérateurs touristiques européens ne seront plus autorisés à offrir leurs services en Crimée ou à Sébastopol. Plus particulièrement, les bateaux de croisière européens ne pourront désormais plus faire escale dans la péninsule de Crimée, sauf urgence. Cette décision s’applique à tous les navires appartenant à ou sous contrôle d’Européens, ou battant pavillon d’un État membre de l’UE. Les contrats de croisière existants pourront par contre encore être honorés jusqu’au 20 mars.
  • L’exportation de certains biens et technologies à destination d’entreprises de Crimée ou pour une utilisation sur le territoire de la Crimée a également été interdite. Cette interdiction concerne les secteurs des transports, des télécommunications et de l’énergie, de même que toute démarche relative à la prospection, l’exploration et la production pétrolières, gazières et minérales. Les services d’assistance technique, de courtage, de construction ou d’ingénierie relatifs aux infrastructures de ces mêmes secteurs n’ont plus le droit d’être prestés.

Règlement (UE) no 1351/2014 du Conseil concernant des mesures restrictives en réponse à l’annexion illégale de la Crimée et de Sébastopol

Note d’information pour les entreprises européennes opérant et/ou investissant en Crimée ou à Sébastopolpdf

Mesures ciblant la coopération sectorielle et les échanges avec la Russiepdf (sanctions « économiques »)

  • Les ressortissants et entreprises européennes n’ont plus le droit d’acheter ou vendre de nouvelles obligations, actions ou instruments financiers similaires, d’une durée de plus de 30 jours, émis par :
    • cinq grandes banques d’État russes, ainsi que leurs filiales en dehors de l’UE et celles agissant en leur nom ou sous leur contrôle,
    • trois grandes companies énergétiques russes, et
    • trois grandes entreprises de la défense russes.
  • Les services relatifs à l’émission de ces instruments financiers, comme par exemple les services de courtage, sont également interdits.
  • Les ressortissants et entreprises de l’UE ne peuvent consentir de prêts aux cinq grandes banques d’État russes.
  • Les exportations de biens à double usage et de technologies à des fins militaires ou à usage final militaire sont interdites. L’ensemble des éléments de la liste des biens à double usage de l’UE sont couverts par cette interdiction.
  • Les exportations vers la Russie de certains équipements et technologies liés à l’énergie seront soumises à une autorisation préalable de la part des autorités compétentes des États membres. Les licences d’exportation ne seront pas octroyées si les produits exportés sont destinés à l’exploration et la production pétrolières en eau profonde ou en Arctique, ou encore à des projets de pétrole de schiste en Russie.
  • Il est interdit de fournir les services nécessaires à l’exploration et à la production pétrolières en eau profonde ou en Arctique, et à des projets de pétrole de schiste en Russie, comme par exemple les services de forage, d’essai de puits ou de diagraphie.

Note d’orientation relative à la mise en  œuvre de certaines dispositions du règlement (UE) No 833/2014 concernant des mesures restrictivespdf(147 kB) Choisir les traductions du lien précédent

Mesures relatives à la coopération économique

  • Le 16 juillet, le Conseil européen a demandé à la BEI de suspendre la signature de toutes nouvelles opérations de financement en Fédération de Russie. Les États membres de l’Union européenne coordonneront leur position au sein du conseil d’administration de la BERD en vue d’aussi suspendre le financement de nouvelles opérations.
  • Le Conseil a invité la Commission à réévaluer les programmes de coopération UE-Russie afin de décider au cas par cas quant à la suspension ou non de la mise en œuvre des programmes européens de coopération bilatérale et régionale. Les projets portant exclusivement sur la coopération transfrontalière ou la société civile seront cependant maintenus.

La liste noire russe, « arbitraire », rend certains interdits de territoire « fiers »

LEXPRESS.fr avec AFP

russia-s-president-putin-attends-an-informal-cis-leaders-summit-on-the-occasion-of-the-70th-anniversary-of-the-end-of-world-war-two-at-the-kremlin-in-moscow_5348695Russie et Union européenne ont désormais chacun leur « blacklist » de personnalités et hommes ou femmes politiques interdits de territoire.   REUTERS/Host Photo Agency/RIA Novosti

Alors que Bruxelles trouve « injustifiée » la liste édictée par le Kremlin en réponse à une mesure similaire de l’UE, plusieurs pays critiquent également la décision prise par Moscou. Des hommes politiques y voient, eux, une « récompense ».

« Lorsque j’ai vu les autres noms, j’ai pensé que je faisais partie d’un club très honorable. » Karel Schwarzenberg, ex-ministre tchèque des Affaires étrangères, fait partie de la liste noire russe qui interdit à plusieurs personnalités européennes d’entrer en Russie. La mesure, prise vendredi par le Kremlin, suscite de nombreuses réactions.

89 noms sont concernés, dont d’anciens chefs de gouvernement, de parlementaires, de responsables militaires… Tous ou presque ont en commun d’être des détracteurs connus de la politique de la Russie.

Cette liste noire, transmise par Moscou à des ambassades, fait office de riposte aux sanctions et interdictions d’entrée sur le territoire européen prononcées à l’égard de la Russie après l’annexion, en mars 2014, de la Crimée puis la crise ukrainienne. Le président russe Vladimir Poutine en dément toute implication militaire de Moscou.

Cohn-Bendit, BHL, Le Roux…

« Totalement arbitraire et injustifiée », lance pourtant depuis Bruxelles un porte-parole de la diplomatique européenne. « Nous n’avons aucune information sur la base légale, les critères et le processus de cette décision », a-t-il écrit dans un communiqué.

« De nouveau banni de Russie, une première depuis 1972! », écrit l’ex-député britannique et ancien vice-président du Parlement européen.

« Personne n’y a été placé par hasard », a commenté l’ambassadeur russe auprès de l’UE, Vladimir Tchijov, la semaine dernière à la chaîne Rossia 24 alors que la liste n’était pas encore connue dans le détail.

Un premier homme politique, Karl-Georg Wellmann des Unions chrétiennes (CDU/CSU conservateur) de la chancelière Angela Merkel, a été refoulé dimanche à l’aéroport de Moscou. Le président du groupe d’amitié parlementaire germano-ukrainien au Bundestag s’y rendait pourtant sur invitation pour des discussions politiques.

Quatre Français seraient concernés: Bernard-Henri Lévy, Bruno Le Roux, Henri Malosse (CESE) et Daniel Cohn-Bendit. L’ancien eurodéputé trouve d’ailleurs cela « très drôle » car « ça aurait été vraiment triste que Poutine me considère comme son ami ».

« Fière » plutôt qu' »effrayée »

« Plutôt de quoi être fière qu’effayée. »

Comme Karel Schwarzenberg qui « considère cela comme une récompense », d’autres politiques européens tournent la liste noire à leur avantage. Ainsi l’eurodéputée suédoise Anna Maria Corazza Bild estime « qu’être sur cette liste ne change pas mon engagement envers le peuple de l’Ukraine ». Autrement dit: « La liste de Poutine confirme que je fais bien les choses en tant que parlementaire. » Ou encore l’eurodéputé tchèque et ancien journaliste Jaromir Stetina, « très fier de figurer sur la liste ».

La réaction de Moscou « n’améliore pas malheureusement l’image de la Russie », a analysé la ministre suédoise des Affaires étrangères Margot Wallström. Mais son homologue finlandais Timo Soini a rappelé qu’il s’agit d’une « réaction attendue à l’interdiction faite à des citoyens russes de voyager » sur le territoire de l’UE: ce n’est pas une grande surprise ».

La liste noire de l’Union européenne, quant à elle, compte désormais 150 noms et une quarantaine d’entités.

Les Européens à la fois fiers et scandalisés de figurer sur la « liste noire » de Moscou

Le Monde.fr avec AFP et Reuters

Vladimir Poutine à Moscou le 28 mai.

L’Europe hésite entre fierté et dénonciation, samedi 30 mai. Au lendemain de la révélation de l’existence d’une « liste noire » russe, où figurent les noms de personnalités politiques européennes interdites d’entrer sur le territoire, nombreux sont ceux qui se sont félicités d’en faire partie, tandis qu’au niveau institutionnel, les pays membres accusent la Russie d’envenimer les relations UE-Russie, déjà tendues.

Lire : Moscou a émis une « liste noire » de personnalités politiques de l’UE interdites sur le sol russe

« Lorsque j’ai vu les autres noms (sur la liste), j’ai (aussitôt) pensé que je faisais partie d’un club très honorable », a déclaré samedi 30 mai l’ancien ministre tchèque des affaires étrangères Karel Schwarzenberg, un aristocrate de 77 ans connu pour ses critiques de la politique de Moscou à l’égard de l’Ukraine. « Je considère cela comme une récompense », a ajouté ce député, cité par l’agence de presse tchèque CTK.

« Engagement inchangé »

Pour certaines personnalités, figurer sur la liste est une preuve de l’efficacité de leur action en faveur de l’Ukraine. « Etre sur cette liste ne change pas mon engagement envers le peuple de l’Ukraine », a écrit sur son compte Twitter l’eurodéputée suédoise Anna Maria Corazza Bildt, connue pour ses critiques à l’encontre du président russe. « Je me sens davantage fière que je n’en ai peur (…) La liste de Poutine confirme que je fais bien les choses en tant que parlementaire », a-t-elle ajouté.

Un eurodéputé tchèque et ancien journaliste, Jaromir Stetina, s’est dit, quant à lui, « très fier de figurer sur la liste » en compagnie d’autres personnalités et collègues du Parlement européen.

Au total, 89 personnalités européennes sont citées sur cette liste que Moscou ne souhaite pas rendre publique, mais dont une copie a fuité. On y trouve notamment les noms d’hommes et de femmes politiques polonais, suédois, allemands, tchèques, néerlandais, finlandais et belges, parmi lesquels le président du groupe libéral au Parlement européen et ancien premier ministre belge Guy Verhofstadt et l’ex-président du Parlement européen et ancien chef du gouvernement polonais Jerzy Buzek. Idem pour, l’ex-ministre suédoise de centre droit Lena Adelsohn Liljeroth et le président du sénat polonais, l’ancien opposant Bogdan Borusewicz.

En ce qui concerne la France, quatre personnes sont nommées : l’intellectuel Bernard-Henri Lévy, le président du Comité économique et social européen Henri Malosse, le patron des députés socialistes Bruno Le Roux, ainsi que Daniel Cohn-Bendit, ancien eurodéputé qui vient d’obtenir la nationalité française, et s’est dit amusé de sa présence sur la liste : « Je trouve ça très drôle », a-t-il déclaré à Reuters. « Ça correspond au régime poutinesque, ça aurait été vraiment triste que Poutine me considère comme son ami », a-t-il ajouté.

Une liste impossible à contester

L’établissement de « la liste noire » et son caractère secret ont par ailleurs été dénoncés par plusieurs chancelleries européennes. « La moindre des choses aurait été que l’on fasse connaître aux personnes concernées les réserves qui les concernent réellement, ou au moins que l’on rende ces listes publiques », a déclaré samedi le ministre allemand des affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier. « A un moment où nous nous efforçons de désamorcer un conflit âpre et dangereux au cœur de l’Europe, cela n’aide pas », a-t-il ajouté, selon un communiqué.

Lire aussi (édition abonnés) : L’Europe veut calmer le jeu face à la Russie de Poutine

Dès vendredi, l’action de Moscou a été condamnée par le premier ministre néerlandais Mark Rutte qui a indiqué que son gouvernement « en informerait Moscou dans des termes non équivoques ». La liste russe « n’est pas fondée sur le droit international, n’est pas transparente et il est impossible de la contester » devant un tribunal, a-t-il souligné.

La liste, où figurent neuf Britanniques dont le patron du renseignement MI5, Andrew Parker, le chef d’état-major de l’armée, Nicholas Houghton, l’ancien vice-premier ministre Nick Clegg et l’ancien ministre des affaires étrangères Malcolm Rifkind, n’a « absolument aucune justification », a réagi samedi le gouvernement britannique.

L’ambassadeur de Russie auprès de l’UE, Vladimir Tchijov, avait confirmé la semaine dernière l’existence d’une telle liste, tout en précisant qu’il ne s’agissait « pas de dirigeants ou de hauts responsables de pays ». « Une telle liste existe vraiment. Et personne n’y a été placé par hasard », avait-il souligné. Une autre liste concerne aussi des citoyens américains, a déclaré samedi un responsable du ministère aux médias russes.

« Pas une surprise »

« C’est un comportement (…) qui n’améliore pas malheureusement l’image de la Russie », a déclaré vendredi la ministre suédoise des affaires étrangères Margot Wallström à l’agence de presse TT. En revanche, pour son homologue finlandais Timo Soini, il est inutile de « trop dramatiser » cette affaire. « C’est une réaction attendue à l’interdiction faite (par l’Union européenne) à des citoyens russes de voyager (sur le territoire de l’UE). Ce n’est pas une grande surprise », a-t-il écrit sur un blog.

Au fil de la crise en Ukraine, l’UE a complété sa propre « liste noire », qui compte désormais quelque 150 noms et une quarantaine d’entités, et pris des mesures plus sévères contre la Russie, visant des pans entiers de l’économie.

Lire aussi (édition abonnés) : Sans illusion, l’UE durcit ses sanctions contre Moscou

Pour l’Europe a liste noire russe « totalement arbitraire et injustifiée »

Le Point –

Cette liste dressée par la Russie interdit à 89 personnalités européennes d’entrer sur son territoire. Un mesure de riposte aux sanctions imposées par l’UE.

L'UE regrette l'absence de clarification et de transparence de la part de la Russie.
L’UE regrette l’absence de clarification et de transparence de la part de la Russie. © Aleksey Nikolskyi / RIA Novosti

L’Union européenne ainsi que plusieurs de ses pays membres comme l’Allemagne et la Grande-Bretagne ont vertement critiqué la « liste noire » de la Russie interdisant à des personnalités européennes d’entrer sur son territoire en riposte aux sanctions et à une mesure similaire de l’UE. Au total, 89 noms, dont ceux d’anciens chefs de gouvernement, de hauts responsables de la défense et de parlementaires, détracteurs de la politique de la Russie, figurent sur cette liste que Moscou a transmise vendredi à des ambassades.

« Nous n’avons aucune information sur la base légale, les critères (retenus) et le processus (qui a conduit à la prise) de cette décision », a réagi samedi un porte-parole de la diplomatie européenne. « Nous considérons cette mesure comme étant totalement arbitraire et injustifiée, surtout en l’absence de clarification ultérieure et de transparence », a-t-il ajouté, dans un communiqué. Un point de vue que partage le ministère britannique des Affaires étrangères pour lequel, a dit un porte-parole, « cette liste n’a absolument aucune justification et les autorités russes n’ont aucune base juridique pour la légitimer ».

Une démarque qui « n’est pas transparente »

« La moindre des choses aurait été que l’on fasse connaître aux personnes concernées les réserves qui les concernent réellement, ou au moins que l’on rende ces listes publiques », s’est de son côté indigné le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier. « A un moment où nous nous efforçons de désamorcer un conflit âpre et dangereux au coeur de l’Europe, cela n’aide pas », a-t-il poursuivi. « Personne n’y a été placé par hasard », avait pour sa part affirmé la semaine dernière l’ambassadeur de Russie auprès de l’UE, Vladimir Tchijov.

Dès vendredi, la démarche de Moscou avait été condamnée par le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, d’après lequel la liste russe « n’est pas fondée sur le droit international, n’est pas transparente et il est impossible de la contester » devant un tribunal, tandis que les autorités belges ont demandé aux Russes de revoir cette interdiction. « C’est un comportement (…) qui n’améliore pas malheureusement l’image de la Russie », a, quant à elle, déclaré la ministre suédoise des Affaires étrangères Margot Wallström.

Mais, pour son homologue finlandais Timo Soini, il est inutile de « trop dramatiser » cette affaire. « C’est une réaction attendue à l’interdiction faite (par l’Union européenne) à des citoyens russes de voyager (sur le territoire de l’UE). Ce n’est pas une grande surprise », a-t-il écrit sur un blog. Au fil de la crise en Ukraine, l’UE a d’ailleurs allongé sa propre « liste noire », qui compte désormais quelque 150 noms et une quarantaine d’entités, et pris des mesures plus sévères contre la Russie, visant des pans entiers de l’économie.

« Très fier de figurer sur la liste »

Dans le même temps, samedi, plusieurs hommes politiques européens se sont dit fiers d’avoir été inclus sur la « liste noire » de la Russie. « Lorsque j’ai vu les autres noms (sur la liste), j’ai (aussitôt) pensé que je faisais partie d’un club très honorable », a par exemple affirmé l’ancien ministre tchèque des Affaires étrangères Karel Schwarzenberg, connu pour ses critiques de la politique de Moscou à l’égard de l’Ukraine. « Je considère cela comme une récompense », a ajouté ce député.

Neuf Britanniques figurent, selon une source proche du dossier, sur cette liste. Parmi eux, le patron du renseignement MI5, Andrew Parker, le chef d’état-major de l’armée, Nicholas Houghton, l’ancien vice-Premier ministre Nick Clegg et l’ancien ministre des Affaires étrangères Malcolm Rifkind. On y trouve en outre le nom de l’ancien eurodéputé écologiste franco-allemand Daniel Cohn-Bendit, de la secrétaire d’Etat allemande à la Défense Katrin Suder et du général Karl Müllner, haut responsable de l’armée de l’air allemande, d’après le journal Bild.

Il y a aussi, selon différentes sources, ceux d’hommes et de femmes politiques polonais, suédois, allemands, tchèques, néerlandais, finlandais et belges, dont le président du groupe libéral au Parlement européen et ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt et l’ex-président du Parlement européen et ancien chef du gouvernement polonais Jerzy Buzek. Idem pour le président du Sénat polonais, l’ancien opposant Bogdan Borusewicz.

Certaines de ces personnalités jugent que tout cela est une preuve de l’efficacité de leur action en faveur de l’Ukraine. « Etre sur cette liste ne change pas mon engagement envers le peuple de l’Ukraine », a ainsi écrit sur son compte Twitter l’eurodéputée suédoise Anna Maria Corazza Bildt, connue pour ses critiques à l’encontre du président russe. « Je me sens davantage fière que je n’en ai peur (…) La liste de Poutine confirme que je fais bien les choses en tant que parlementaire », a-t-elle poursuivi, tandis qu’un de ses collègues tchèques au Parlement européen, Jaromir Stetina, s’est dit « très fier de figurer sur la liste ».

Russie/Europe: cette liste noire qui fâche l’UE (mais fait rire Daniel Cohn-Bendit)

RUSSIE EUROPE

INTERNATIONAL – L’Union européenne ainsi que plusieurs de ses pays membres comme l’Allemagne et la Grande-Bretagne ont vertement critiqué samedi 30 mai la « liste noire » de la Russie interdisant à des personnalités européennes d’entrer sur son territoire en riposte aux sanctions et à une mesure similaire de l’UE.

Au total, 89 noms, dont ceux d’anciens chefs de gouvernement, de hauts responsables de la défense et de parlementaires, détracteurs de la politique de la Russie, figurent sur cette liste que Moscou a transmise vendredi à des ambassades. Sur cette liste, on retrouve les noms de quatre Français: Bernard-Henri Lévy, Henri Malosse, Bruno Le Roux et Daniel Cohn-Bendit. « Je trouve ça très drôle. Ça correspond au régime poutinesque, ça aurait été vraiment triste que Poutine me considère comme son ami », a notamment réagi ce dernier.

« Mesure totalement arbitraire »

« Nous n’avons aucune information sur la base légale, les critères (retenus) et le processus (qui a conduit à la prise) de cette décision », a réagi de son côté un porte-parole de la diplomatie européenne. « Nous considérons cette mesure comme étant totalement arbitraire et injustifiée, surtout en l’absence de clarification ultérieure et de transparence », a-t-il ajouté, dans un communiqué. Un point de vue que partage le ministère britannique des Affaires étrangères pour lequel, a dit un porte-parole, « cette liste n’a absolument aucune justification et les autorités russes n’ont aucune base juridique pour la légitimer ».

« La moindre des choses aurait été que l’on fasse connaître aux personnes concernées les réserves qui les concernent réellement, ou au moins que l’on rende ces listes publiques », s’est de son côté indigné le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier. « A un moment où nous nous efforçons de désamorcer un conflit âpre et dangereux au cœur de l’Europe, cela n’aide pas », a-t-il poursuivi. « Personne n’y a été placé par hasard », avait pour sa part affirmé la semaine dernière l’ambassadeur de Russie auprès de l’UE, Vladimir Tchijov.

Dès vendredi, la démarche de Moscou avait été condamnée par le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, d’après lequel la liste russe « n’est pas fondée sur le droit international, n’est pas transparente et il est impossible de la contester » devant un tribunal, tandis que les autorités belges ont demandé aux Russes de revoir cette interdiction. « C’est un comportement (…) qui n’améliore pas malheureusement l’image de la Russie », a, quant à elle, déclaré la ministre suédoise des Affaires étrangères Margot Wallström.

Mais, pour son homologue finlandais Timo Soini, il est inutile de « trop dramatiser » cette affaire. « C’est une réaction attendue à l’interdiction faite (par l’Union européenne) à des citoyens russes de voyager (sur le territoire de l’UE). Ce n’est pas une grande surprise », a-t-il écrit sur un blog. Au fil de la crise en Ukraine, l’UE a d’ailleurs allongé sa propre « liste noire », qui compte désormais quelque 150 noms et une quarantaine d’entités, et pris des mesures plus sévères contre la Russie, visant des pans entiers de l’économie.

« Très fier de figurer sur la liste »

Dans le même temps, samedi, plusieurs hommes politiques européens se sont dit fiers d’avoir été inclus sur la « liste noire » de la Russie « Lorsque j’ai vu les autres noms (sur la liste), j’ai (aussitôt) pensé que je faisais partie d’un club très honorable », a par exemple affirmé l’ancien ministre tchèque des Affaires étrangères Karel Schwarzenberg, connu pour ses critiques de la politique de Moscou à l’égard de l’Ukraine. « Je considère cela comme une récompense », a ajouté ce député.

Neuf Britanniques figurent, selon une source proche du dossier, sur cette liste. Parmi eux, le patron du renseignement MI5, Andrew Parker, le chef d’état-major de l’armée, Nicholas Houghton, l’ancien vice-Premier ministre Nick Clegg et l’ancien ministre des Affaires étrangères Malcolm Rifkind. On y trouve en outre le nom de la secrétaire d’Etat allemande à la Défense Katrin Suder et du général Karl Müllner, haut responsable de l’armée de l’air allemande, d’après le journal Bild.

Il y a aussi, selon différentes sources, ceux d’hommes et de femmes politiques polonais, suédois, allemands, tchèques, néerlandais, finlandais et belges, dont le président du groupe libéral au Parlement européen et ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt et l’ex-président du Parlement européen et ancien chef du gouvernement polonais Jerzy Buzek. Idem pour le président du Sénat polonais, l’ancien opposant Bogdan Borusewicz.

Certaines de ces personnalités jugent que tout cela est une preuve de l’efficacité de leur action en faveur de l’Ukraine. « Etre sur cette liste ne change pas mon engagement envers le peuple de l’Ukraine », a ainsi écrit sur son compte Twitter l’eurodéputée suédoise Anna Maria Corazza Bildt, connue pour ses critiques à l’encontre du président russe. « Je me sens davantage fière que je n’en ai peur (…) La liste de Poutine confirme que je fais bien les choses en tant que parlementaire », a-t-elle poursuivi, tandis qu’un de ses collègues tchèques au Parlement européen, Jaromir Stetina, s’est dit « très fier de figurer sur la liste ».

Dany Cohn-Bendit s’amuse de figurer sur une « liste noire » russe

L'écologiste Daniel Cohn-Bendit s'est amusé samedi de sa présence sur une liste de 89 personnalités européennes, politiques mais aussi intellectuelles et militaires, interdites de territoire russe. Cette liste aurait été compilée par le ministère russe des Affaires étrangères et transmise cette semaine à une délégation européenne à Moscou. /Photo prise le 18 juin 2014/REUTERS/Charles Platiau (c) ReutersL’écologiste Daniel Cohn-Bendit s’est amusé samedi de sa présence sur une liste de 89 personnalités européennes, politiques mais aussi intellectuelles et militaires, interdites de territoire russe. Cette liste aurait été compilée par le ministère russe des Affaires étrangères et transmise cette semaine à une délégation européenne à Moscou. /Photo prise le 18 juin 2014/REUTERS/Charles Platiau (c) Reuters

PARIS (Reuters) – L’écologiste Daniel Cohn-Bendit s’est amusé samedi de sa présence sur une liste de 89 personnalités européennes, politiques mais aussi intellectuelles et militaires, interdites de territoire russe.

Cette liste, dont Reuters a eu copie, aurait été compilée par le ministère russe des Affaires étrangères et transmise cette semaine à une délégation européenne à Moscou.

Quatre Français y figurent : l’intellectuel Bernard-Henri Lévy, Henri Malosse, président du Comité économique et social européen, le patron des députés socialistes, Bruno Le Roux, ainsi que Daniel Cohn-Bendit, ancien eurodéputé qui vient d’obtenir la nationalité française.

« Je trouve ça très drôle », a déclaré ce dernier à Reuters.

« Ça correspond au régime poutinesque, ça aurait été vraiment triste que Poutine me considère comme son ami », a-t-il ajouté, estimant figurer sur cette liste en raison de ses positions critiques envers le pouvoir de Vladimir Poutine.

Les autorités françaises n’ont pas été officiellement notifiées de cette liste, dit-on de source diplomatique française.

La Russie a bloqué l’entrée de plusieurs personnalités politiques européennes au cours des derniers mois sur le fondement de cette liste, a dit à Reuters un porte-parole de la diplomatie européenne. « Nous considérons cette mesure totalement arbitraire et injustifiée, surtout en l’absence de clarifications », notamment sur son fondement juridique, a-t-il ajouté.

En visite en Ukraine, le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a estimé que cette liste pourrait ralentir le processus de paix dans la région.

Une porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères a jugé que la Russie faisait fausse route si elle cherchait ainsi à faire pression sur l’Union européenne pour adoucir les sanctions.

L’UE a imposé diverses sanctions à la Russie depuis l’annexion de la Crimée, en mars 2014. Des interdictions de territoire visent notamment des ressortissants russes et ukrainiens.

Le ministère russe des Affaires étrangères n’était pas joignable dans l’immédiat.

Parmi les autres personnes figurant sur cette liste, on trouve Uwe Corsepius, secrétaire général du Conseil de l’Union européenne, Nick Clegg, ex vice-Premier ministre britannique, et l’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt.

(Chine Labbé, avec Andreas Rinke à Berlin, Michel Rose à Paris, Jason Bush à Moscou et Julia Fioretti à Bruxelles)

BHL, Daniel Cohn-Bendit et deux autres Français interdits de territoire en Russie

PERSONA NON GRATA – Quatre Français font partie de la liste des 89 personnalités politiques européennes ne pouvant plus entrer sur le territoire russe. Une riposte du Kremlin aux sanctions de l’UE.

Bernard-Henri Lévy, Daniel Cohn-Bendit et deux autres Français ont été interdits de territoire russe.

Bernard-Henri Lévy, Daniel Cohn-Bendit et deux autres Français ont été interdits de territoire russe. Photo : AFP

Bernard Henri-Lévy et Cohn-Bendit sur la liste noire du Kremlin

Quatre français figurent sur cette liste de 89 personnalités interdites de séjour en Russie. BHL dénonce «une fuite en avant d’un régime perdu par son propre autoritarisme».Liste noire contre liste noire. La guerre froide entre l’Union européenne et la Russie se poursuit, au-delà des sanctions économiques, par une restriction de la libre-circulation des hommes. Moscou a émis vendredi une liste de personnalités politiques européennes – 89 personnes au total selon Bruxelles – ne pouvant plus entrer sur le territoire russe, en riposte aux sanctions de l’UE.

«La Russie a remis hier à plusieurs ambassades européennes une liste de personnes qui ne peuvent plus entrer sur le territoire russe», a annoncé vendredi le Premier ministre néerlandais Mark Rutte lors d’une conférence de presse. Il a précisé que deux membres du parlement néerlandais et un membre néerlandais du parlement européen figuraient sur cette liste. Libération a mis en ligne l’intégralité de la liste sur son site.

Quatre Français y figurent: l’intellectuel Bernard-Henri Lévy, Henri Malosse, président du Comité économique et social européen, le patron des députés socialistes Bruno Le Roux ainsi que Daniel Cohn-Bendit, ancien eurodéputé qui vient d’obtenir la nationalité française.«Je trouve ça très drôle», a déclaré ce dernier à Reuters.

«Ça correspond au régime poutinesque, ça aurait été vraiment triste que Poutine me considère comme son ami», a-t-il ajouté, estimant figurer sur cette liste en raison de ses positions critiques envers le régime de Vladimir Poutine. «Je trouve cette histoire hautement significative», réagit pour sa part Bernard-Henri Lévy, contacté par Le Figaro, soulignant que «L’Europe sanctionne les hiérarques de Poutine, militairement et politiquement responsables d’une guerre d’agression contre l’Ukraine, qui fait des milliers de morts. Poutine répond en sanctionnant des démocrates, ennemis de cette guerre terrible, amis du peuple russe et de ses libertés.» «Il y a quelque chose qui est à la fois puéril et inquiétant dans cette démarche.», ajoute le philosophe, qui s’est personnellement engagé aux côtés des insurgés de Maïdan. «J’y vois aussi une sorte de fuite en avant d’un régime perdu par son propre autoritarisme. Et puis, aussi, une forme de punition collective infligée aux Russes eux-même, désormais privés de contact avec des femmes et des hommes dont le seul point commun est de s’être battus, toute leur vie, pour la démocratie en Russie.», conclut-il.

Au total, 89 noms de personnalités européennes, dont ceux d’anciens chefs de gouvernement, de parlementaires et de responsables militaires détracteurs de la politique de la Russie, figurent sur cette liste.

Cette liste se veut une réaction à celle mise en place par l’Union européenne en rétorsion à l’implication russe dans la guerre civile ukrainienne. Au lendemain de l’annexion de la Crimée, les Etats-Unis et l’UE avaient en effet décidé de sanctionner plusieurs hauts responsables russes et ukrainiens. 151 personnes et 40 entreprises sont actuellement sur cette liste noire établie par Bruxelles et régulièrement mise à jour. Elles sont interdites de visa et ont vu leurs avoirs gelés. Mais contrairement à la liste de l’UE, la liste noire russe n’est pas publique, Moscou ayant demandé à ce qu’elle reste secrète, tout en faisant l’effort de la transmettre aux ambassades concernées.

«Une mesure totalement arbitraire et injustifiée» (UE)

L’ambassadeur russe auprès de l’UE, Vladimir Tchijov, a confirmé l’existence de cette liste, tout en précisant qu’il ne s’agissait «pas de dirigeants ou de hauts responsables des pays». «Rien ne nous oblige à rendre publique (cette liste), ni la loi russe, ni les engagements internationaux (…). La publication de cette liste de notre part n’aboutirait qu’à une escalade des tensions dans la crise ukrainienne», a affirmé l’ambassadeur.

Une porte-parole de la diplomatie de l’Union européenne a déclaré à l’AFP que la Russie avait refoulé plusieurs responsables politiques européens ces derniers mois, mais avait jusqu’à présent refusé de communiquer une liste des personnes visées. Le président du Sénat polonais avait ainsi été empêché par Moscou d’assister aux obsèques de Boris Nemtsov en mars dernier.

«La liste des 89 noms a désormais été diffusée par les autorités russes. Nous n’avons aucune information sur la base légale, les critères (retenus) et le processus (qui a conduit à la prise) de cette décision», a écrit un porte-parole de la diplomatie européenne dans un communiqué. «Nous considérons cette mesure comme étant totalement arbitraire et injustifiée, surtout en l’absence de toute clarification ultérieure et de transparence», a-t-il ajouté.

«Un club très honorable»

Plusieurs hommes politiques européens se sont dit fiers samedi de figurer sur une «liste noire» de la Russie leur interdisant d’entrer sur son territoire, tandis que des pays européens, à commencer par l’Allemagne, ont fortement critiqué cette décision du Kremlin.

«Lorsque j’ai vu les autres noms (sur la liste), j’ai (aussitôt) pensé que je faisais partie d’un club très honorable», a déclaré l’ancien ministre tchèque des Affaires étrangères Karel Schwarzenberg, un aristocrate de 77 ans connu pour ses critiques de la politique de Moscou à l’égard de l’Ukraine. «Trop d’honneur», a tweeté le député néérlandais Mark Demesmaeker.

Parmi les noms figurant sur la liste, on trouve, selon différentes sources, ceux d’hommes et de femmes politiques polonais, suédois, allemands, tchèques, néerlandais, finlandais et belges, parmi lesquels le président du groupe libéral au Parlement européen et ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt et l’ex-président du Parlement européen et ancien chef du gouvernement polonais Jerzy Buzek.

Pour certaines de ces personnalités, être sur la liste est une preuve de l’efficacité de leur action en faveur de l’Ukraine. «Etre sur cette liste ne change pas mon engagement envers le peuple de l’Ukraine», a écrit sur son compte Twitter l’eurodéputée suédoise Anna Maria Corazza Bildt, connue pour ses critiques à l’encontre du président russe.

«Je me sens davantage fière que je n’en ai peur (…) La liste de Poutine confirme que je fais bien les choses en tant que parlementaire», a-t-elle ajouté.

« Liste noire » du Kremlin : quatre Français interdits de territoire russe

"Liste noire" du Kremlin : quatre Français interdits de territoire russe
L’eurodéputé Daniel Cohn-Bendit fait partie des quatre Français sur la liste noire transmise par Moscou, vendredi 29 mai 2015. © PHILIPPE HUGUEN / AFP

La Russie a dressé une « liste noire » interdisant à des personnalités européennes d’entrer sur son territoire. Parmi celles-ci, quatre Français.

C’est une « blacklist » établie par le Kremlin en riposte aux sanctions et à une mesure similaire de l’UE. Au total, 89 noms, dont ceux d’anciens chefs de gouvernement, de hauts responsables de la défense et de parlementaires, détracteurs de la politique de la Russie, figurent sur cette liste que Moscou a transmise vendredi à des ambassades. Parmi eux, quatre Français : Daniel Cohn-Bendit, Bernard-Henri Lévy, Henri Malosse – président du comité économique et social européen – et le député PS Bruno Le Roux, rapporte le quotidien Libération, document à l’appui.

Une mesure « arbitraire et injustifiée » dénonce l’UE. « Nous n’avons aucune information sur la base légale, les critères (retenus) et le processus (qui a conduit à la prise) de cette décision », a réagi un porte-parole de la diplomatie européenne, samedi. « Nous considérons cette mesure comme étant totalement arbitraire et injustifiée, surtout en l’absence de clarification ultérieure et de transparence », a-t-il ajouté, dans un communiqué.

Une riposte… Cette liste dressée par le Kremlin est une réponse à l’interdiction faite par l’Union européenne à des citoyens russes de voyager sur son territoire. Un responsable du ministère russe des Affaires étrangères a déclaré, samedi, à l’agence Tass qu’elle avait été établie « en réponse à la campagne de sanctions menée contre la Russie par plusieurs Etats de l’Union européenne emmenés par l’Allemagne ». « Une liste analogue concerne des citoyens des Etats-Unis mais il nous faut bien reconnaître que dans cette affaire les Américains se conduisent de manière plus constructive que les Européens », a-t-il ajouté.

… à la liste noire européenne. L’Union européenne a imposé des sanctions à la Russie depuis l’annexion de la Crimée en mars 2014. Des interdictions de territoire visent notamment des ressortissants russes et Ukrainiens. Au fil de la crise en Ukraine, l’UE a d’ailleurs allongé sa propre « liste noire », qui compte désormais quelque 150 noms et une quarantaine d’entités, et pris des mesures plus sévères contre la Russie, visant des pans entiers de l’économie.

Des européens fiers d’être sur la « liste noire »… Dans le même temps, samedi, plusieurs hommes politiques européens se sont dits fiers d’avoir été inclus sur cette « liste noire ». Y figurent neuf Britanniques, dont le patron du renseignement MI5, Andrew Parker, l’ancien vice-Premier ministre Nick Clegg ou encore l’ancien ministre des Affaires étrangères Malcolm Rifkind. On y trouve aussi ceux d’hommes et de femmes politiques polonais, suédois, allemands, tchèques, néerlandais, finlandais et belges, dont le président du groupe libéral au Parlement européen et ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt et l’ex-président du Parlement européen et ancien chef du gouvernement polonais Jerzy Buzek. Certaines de ces personnalités jugent que tout cela est une preuve de l’efficacité de leur action en faveur de l’Ukraine.

… à l’instar de Cohn-Bendit. L’eurodéputé Daniel Cohn-Bendit, qui vient d’obtenir la nationalité française, et figure sur la liste en compagnie de l’intellectuel Bernard-Henri Lévy, Henri Malosse et le député PS Bruno Le Roux, « a éclaté de rire » lorsqu’il a appris la nouvelle, a-t-il confié Europe 1. Mais cette décision n’étonne pas celui qui a « rencontré pas mal de dissidents ». Et de conclure : « J’étais déjà interdit de séjour en Allemagne de l’Est, j’ai énormément de difficultés à aller en Chine. Bref, les Etats totalitaires ne m’aiment pas. Et ça, je trouve que c’est un honneur pour moi. »

Russie : les 89 politiques européens « fiers » d’être sur la « liste noire » du Kremlin

Les Echos
  • Le Kremlin envoyé ambassades liste 89 personnalités politiques interdites séjour Russie (archives)

    Le Kremlin a envoyé à plusieurs ambassades une liste de 89 personnalités politiques interdites de séjour en Russie (archives) – AFP PHOTO / RIA NOVOSTI / ALEXEI DRUZHININ

En riposte aux sanctions de l’UE, Moscou a émis une liste de 89 personnalités politiques européennes interdites de territoire russe.

Au lendemain de l’envoi par Moscou d’une liste de 89 personnes indésirables en Russie à plusieurs ambassades européennes, les hommes politiques concernés se disent fiers d’être membres d’un « club très honorable ». Le Kremlin a diffusé cette liste vendredi, en réponse aux sanctions de l’UE dans le cadre de la crise en Ukraine.

«  Poutine m’a mis sur sa liste noire. Je ne suis plus le bienvenu en Russie. C’est trop d’honneur pour moi, Monsieur Poutine ! », a tweeté Mark Demesmaeker , un député européen belge, alors même que la Russie a demandé que la liste ne soit pas rendue publique.

Quatre Français concernés

Les Français ne sont pas en reste, puisque quatre personnalités figurent sur cette liste : l’intellectuel Bernard-Henri Lévy, Henri Malosse, président du Comité économique et social européen, le patron des députés socialistes Bruno Le Roux ainsi que Daniel Cohn-Bendit, ancien eurodéputé.

«  Je trouve ça très drôle », a d’ailleurs commenté Daniel Cohn-Bendit, avant de relativiser : « Ça correspond au régime poutinesque, ça aurait été vraiment triste que Poutine me considère comme son ami ».

Un « club très honorable »

«  Lorsque j’ai vu les autres noms (sur la liste), j’ai (aussitôt) pensé que je faisais partie d’un club très honorable », a déclaré l’ancien ministre tchèque des Affaires étrangères Karel Schwarzenberg, connu pour ses critiques de la politique de Moscou à l’égard de l’Ukraine. « Je considère cela comme une récompense », a-t-il ajouté.

Parmi les autres personnalités sous le coup de cette interdiction figurent notamment le président du groupe libéral du Parlement européen et ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, qui a tweeté  : « Poutine a transformé la Russie en un Etat totalitaire qui ne respecte ni la démocratie, ni la liberté, ni l’opposition politique #listenoire ».

En tout, 18 des 89 personnalités politiques seraient Polonaises, selon les médias du pays. Figure également sur cette liste l’eurodéputée suédoise Anna Maria Corazza Bildt, connue pour ses critiques à l’encontre du président russe. Elle aussi a tweeté sa fierté : « Je me sens davantage fière que je n’en ai peur (…) La liste de Poutine confirme que je fais bien les choses en tant que parlementaire ».

Amusées, inquiètes, fières : les personnalités politiques figurant sur la « liste noire » du Kremlin réagissent

Ils sont honorés de figurer sur la liste noire de Moscou. Des hommes politiques dont les noms figurent sur une liste de personnalités européennes ne pouvant plus entrer sur le territoire russe, en riposte aux sanctions de l’Union européenne sur la Crimée et l’est de l’Ukraine, se disent fiers d’être membres d’un « club très honorable ».

Au total, 89 noms, dont ceux d’anciens chefs de gouvernement, de hauts responsables de la défense et de parlementaires, détracteurs de la politique de la Russie, figurent sur cette liste que Moscou a transmise vendredi 29 mai à des ambassades. Qui est concerné et comment réagissent les « nommés » ? Francetv info fait le point.


Qui sont les quatre Français sur la « liste noire » ?

Quatre français figurent parmi les 89 « blacklistés » par le Kremlin de Vladimir Poutine : l’intellectuel Bernard-Henri Lévy, Henri Malosse, président du Comité économique et social européen (CESE), le patron des députés socialistes Bruno Le Roux ainsi que Daniel Cohn-Bendit, ancien eurodéputé écologiste qui vient d’obtenir la nationalité française.

« Je trouve ça très drôle », réagit Daniel Cohn-Bendit. « Ça correspond au régime poutinesque, ça aurait été vraiment triste que Poutine me considère comme son ami », ajoute-t-il, estimant figurer sur cette liste en raison de ses positions critiques envers le régime de Vladimir Poutine.

En revanche, Bernard-Henri Lévy estime qu’« il y a quelque chose qui est à la fois puéril et inquiétant dans cette démarche ». « L’Europe sanctionne les hiérarques de Poutine, militairement et politiquement responsables d’une guerre d’agression contre l’Ukraine, qui fait des milliers de morts. Poutine répond en sanctionnant des démocrates, ennemis de cette guerre terrible, amis du peuple russe et de ses libertés », explique l’intellectuel, interrogé par Le Figaro. BHL observe aussi « une sorte de fuite en avant d’un régime perdu par son propre autoritarisme ».

Le président du Conseil économique et social européen, Henri Malosse,« ne se réjoui[t] pas de figurer sur la ‘liste noire’ de Moscou », il y voit un « un signe alarmant de la dégradation des libertés ». Dimanche matin, Bruno Le Roux n’avait pas réagi à sa présence cette liste.

Quelles sont les autres grandes figures visées ?

« Lorsque j’ai vu les autres noms [sur la liste], j’ai [aussitôt] pensé que je faisais partie d’un club très honorable », a affirmé l’ancien ministre tchèque des Affaires étrangères Karel Schwarzenberg, connu pour ses critiques de la politique de Moscou à l’égard de l’Ukraine. « Je considère cela comme une récompense », a ajouté ce député.

Neuf Britanniques figurent sur cette liste. Parmi eux, le patron du renseignement MI5, Andrew Parker, le chef d’état-major de l’armée, Nicholas Houghton, l’ancien vice-Premier ministre Nick Clegg et l’ancien ministre des Affaires étrangères Malcolm Rifkind. On y trouve en outre la secrétaire d’Etat à la Défense allemande Katrin Suder et le général Karl Müllner, haut responsable de l’armée de l’air allemande.

Il y a aussi les noms d’hommes et de femmes politiques polonais, suédois, allemands, tchèques, néerlandais, finlandais et belges, dont le président du groupe libéral au Parlement européen et ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt et l’ex-président du Parlement européen et ancien chef du gouvernement polonais Jerzy Buzek. Idem pour le président du Sénat polonais, l’ancien opposant Bogdan Borusewicz. La liste complète a été mise en ligne par Libération.fr.

Un eurodéputé tchèque et ancien journaliste, Jaromir Stetina, s’est dit « très fier d’être sur la liste » en compagnie d’autres personnalités et collègues du Parlement européen. « Etre sur cette liste ne change pas mon engagement envers le peuple de l’Ukraine », a écrit sur son compte Twitter l’eurodéputée suédoise Anna Maria Corazza Bildt, connue pour ses critiques à l’encontre du président russe. « Je me sens davantage fière que je n’en ai peur (…) La liste de Poutine confirme que je fais bien les choses en tant que parlementaire. »  « Trop d’honneur M. Poutine ! », a aussi tweeté le député néérlandais Mark Demesmaeker.

Comment réagissent les diplomaties européennes ?

L’Union européenne ainsi que plusieurs de ses pays membres comme l’Allemagne et la Grande-Bretagne ont vertement critiqué cette « liste noire ». Dimanche matin, Paris n’avait pas encore réagi. « Nous n’avons aucune information sur la base légale, les critères [retenus] et le processus [qui a conduit à la prise] de cette décision », a réagi un porte-parole de la diplomatie européenne. « Nous considérons cette mesure comme étant totalement arbitraire et injustifiée, surtout en l’absence de clarification ultérieure et de transparence », a-t-il ajouté.

Un point de vue que partage le ministère britannique des Affaires étrangères pour lequel, « cette liste n’a absolument aucune justification et les autorités russes n’ont aucune base juridique pour la légitimer »« La moindre des choses aurait été que l’on fasse connaître aux personnes concernées les réserves qui les concernent réellement, ou au moins que l’on rende ces listes publiques », s’est de son côté indigné le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier. « A un moment où nous nous efforçons de désamorcer un conflit âpre et dangereux au coeur de l’Europe, cela n’aide pas », a-t-il poursuivi.

La  Suède ou encore les Pays-Bas se sont également élevés contre la liste. Mais, pour le ministre des Affaires étrangères finlandais Timo Soini, il est inutile de « trop dramatiser » cette affaire. « C’est une réaction attendue à l’interdiction faite [par l’Union européenne] à des citoyens russes de voyager [sur le territoire de l’UE]. Ce n’est pas une grande surprise. »

L’UE, Berlin et Londres dénoncent la « liste noire » du Kremlin

L’Union européenne ainsi que plusieurs de ses pays membres comme l’Allemagne et la Grande-Bretagne ont vertement critiqué la « liste noire » de la Russie interdisant à des personnalités européennes d’entrer sur son territoire en riposte aux sanctions et à une mesure similaire de l’UE.

Au total, 89 noms, dont ceux d’anciens chefs de gouvernement, de hauts responsables de la défense et de parlementaires, détracteurs de la politique de la Russie, figurent sur cette liste que Moscou a transmise vendredi à des ambassades.

« Nous n’avons aucune information sur la base légale, les critères (retenus) et le processus (qui a conduit à la prise) de cette décision », a réagi samedi un porte-parole de la diplomatie européenne. « Nous considérons cette mesure comme étant totalement arbitraire et injustifiée, surtout en l’absence de clarification ultérieure et de transparence », a-t-il ajouté, dans un communiqué.

Un point de vue que partage le ministère britannique des Affaires étrangères pour lequel, a dit un porte-parole, « cette liste n’a absolument aucune justification et les autorités russes n’ont aucune base juridique pour la légitimer ».

« La moindre des choses aurait été que l’on fasse connaître aux personnes concernées les réserves qui les concernent réellement, ou au moins que l?on rende ces listes publiques », s’est de son côté indigné le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier. « A un moment où nous nous efforçons de désamorcer un conflit âpre et dangereux au c?ur de l?Europe, cela n?aide pas », a-t-il poursuivi.

« Personne n’y a été placé par hasard », avait pour sa part affirmé la semaine dernière l’ambassadeur de Russie auprès de l’UE, Vladimir Tchijov.

Dès vendredi, la démarche de Moscou avait été condamnée par le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, d’après lequel la liste russe « n’est pas fondée sur le droit international, n’est pas transparente et il est impossible de la contester » devant un tribunal, tandis que les autorités belges ont demandé aux Russes de revoir cette interdiction.

« C’est un comportement (…) qui n’améliore pas malheureusement l’image de la Russie », a, quant à elle, déclaré la ministre suédoise des Affaires étrangères Margot Wallström.

Mais, pour son homologue finlandais Timo Soini, il est inutile de « trop dramatiser » cette affaire. « C’est une réaction attendue à l’interdiction faite (par l’Union européenne) à des citoyens russes de voyager (sur le territoire de l’UE). Ce n’est pas une grande surprise », a-t-il écrit sur un blog.

Au fil de la crise en Ukraine, l’UE a d’ailleurs allongé sa propre « liste noire », qui compte désormais quelque 150 noms et une quarantaine d’entités, et pris des mesures plus sévères contre la Russie, visant des pans entiers de l’économie.

– « Très fier de figurer sur la liste » –

Dans le même temps, samedi, plusieurs hommes politiques européens se sont dit fiers d’avoir été inclus sur la « liste noire » de la Russie

« Lorsque j’ai vu les autres noms (sur la liste), j’ai (aussitôt) pensé que je faisais partie d’un club très honorable », a par exemple affirmé l’ancien ministre tchèque des Affaires étrangères Karel Schwarzenberg, connu pour ses critiques de la politique de Moscou à l’égard de l’Ukraine. « Je considère cela comme une récompense », a ajouté ce député.

Neuf Britanniques figurent, selon une source proche du dossier, sur cette liste. Parmi eux, le patron du renseignement MI5, Andrew Parker, le chef d’état-major de l’armée, Nicholas Houghton, l’ancien vice-Premier ministre Nick Clegg et l’ancien ministre des Affaires étrangères Malcolm Rifkind.

On y trouve en outre le nom de l’ancien eurodéputé écologiste franco-allemand Daniel Cohn-Bendit, de la secrétaire d?Etat allemande à la Défense Katrin Suder et du général Karl Müllner, haut responsable de l?armée de l?air allemande, d’après le journal Bild.

Il y a aussi, selon différentes sources, ceux d’hommes et de femmes politiques polonais, suédois, allemands, tchèques, néerlandais, finlandais et belges, dont le président du groupe libéral au Parlement européen et ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt et l’ex-président du Parlement européen et ancien chef du gouvernement polonais Jerzy Buzek.

Idem pour le président du Sénat polonais, l’ancien opposant Bogdan Borusewicz.

Certaines de ces personnalités jugent que tout cela est une preuve de l’efficacité de leur action en faveur de l’Ukraine.

« Etre sur cette liste ne change pas mon engagement envers le peuple de l’Ukraine », a ainsi écrit sur son compte Twitter l’eurodéputée suédoise Anna Maria Corazza Bildt, connue pour ses critiques à l’encontre du président russe.

« Je me sens davantage fière que je n’en ai peur (…) La liste de Poutine confirme que je fais bien les choses en tant que parlementaire », a-t-elle poursuivi, tandis qu’un de ses collègues tchèques au Parlement européen, Jaromir Stetina, s’est dit « très fier de figurer sur la liste ».

La Russie se croit en guerre avec l’Europe et les Etats-Unis

Vladimir Poutine à Moscou, le 10 septembre 2014. REUTERS/Alexei Druzhinin/RIA Novosti/Kremlin.

Vladimir Poutine à Moscou, le 10 septembre 2014. REUTERS/Alexei Druzhinin/RIA Novosti/Kremlin.

Le discours du Kremlin ne cessant de répéter aux Russes qu’ils sont engagés dans une guerre contre l’occident fonctionne parfaitement explique The Economist mais s’apparente à une fuite en avant. Une grande partie de la population russe est maintenant convaincue qu’une guerre ouverte avec les pays occidentaux est proche. Pas moins de 81% des Russes, selon un sondage, considèrent que les Etats-Unis de Barack Obama sont une menace, le chiffre le plus élevé depuis la disparition de l’URSS.

L’histoire martelée sans cesse par les médias russes est celle d’une agression menée sur tous les fronts –économique, idéologique, au Moyen-Orient, en Europe, en Ukraine, dans les Etats Baltes… La décision prise cette semaine de vendre finalement le système sophistiqué de missiles anti-aérien S-300 à l’Iran, ce qui rend plus difficile un accord sur le nucléaire avec Téhéran, est considéré comme une réponse aux menaces occidentales. Et puis si en provoquant des tensions au Moyen-Orient cela fait remonter le prix du pétrole, ce sera encore une meilleure opération pour le Kremlin.

Les théories du complot les plus délirantes se multiplient dans les médias russes. La première chaîne de télévision expliquait récemment à ses auditeurs que «l’Union Européenne a commencé à se développer et à prospérer comme un mécanisme de redistribution des gains réalisés avec la disparition de l’URSS et du bloc communiste. Mais cette expansion a maintenant été stoppée nette par la Russie et l’Union Européenne devrait bientôt s’effondrer.

La stabilisation récente de l’économie russe est célébrée comme une victoire. Après avoir perdu la moitié de sa valeur, le rouble a regagné un peu de terrain face au dollar et l’inflation à 17% est finalement moins forte que ce qui était craint. La récession aussi pourrait être de l’ordre de 3% cette année plutôt que 5%. Et pendant ce temps-là, la popularité de Vladimir Poutine atteint des sommets!

La raison pour laquelle Vladimir Poutine joue depuis sa réélection à la Présidence de la Russie et avec succès la carte de la confrontation est avant tout intérieure souligne The Economist. Le magazine cite une étude menée par Alexei Kudrin, un ancien ministre des finances et des sociologues d’un Think Tank appelé New Economic Growth. Elle montre que la motivation principale derrière la conquête territoriale russe en Ukraine est la nécessité pour le Kremlin de consolider son pouvoir après les manifestations de l’hiver 2011-2012.

«Ces protestations étaient le fait avant tout de la classe moyenne russe, frustrée par l’absence de perspective. Après une décennie de croissance rapide qui a amélioré le niveau de vie, les aspirations étaient celles d’une amélioration de la justice, de l’éducation, de la santé, autant de progrès que le régime corrompu de Poutine est incapable d’apporter. Aux yeux de la classe moyenne, Vladimir Poutine était devenu un symbole de stagnation plus que de sécurité. La confiance dans les médias d’Etat était faible et certains commençaient à comparer la situation avec celle du milieu des années 1980 qui a amené à l’effondrement de l’URSS».

L’annexion de la Crimée par la Russie a totalement changé la situation. Alexei Navalny, un des chef de file des manifestation de 2011-2012 qui avait dénoncé le parti Russie Unie de Poutine comme un parti de voleurs et de voyous explique que le Président a détourné les enjeux politique en substituant le nationalisme impérial à la construction d’un Etat moderne. La guerre de conquête territoriale à l’est de l’Ukraine et la crise économique ont transformé à leur tour l’euphorie après l’annexion de la Crimée en un patriotisme paranoïaque tourné contre les occidentaux. Et dans les sondages, le taux de satisfaction de la population pour Vladimir Poutine est de 90%!

Le budget de l’Etat suffit à démontrer quelle est la stratégie du Kremlin. Les dépenses militaires et de sécurité représentent 40% du total. Et tandis que les dépenses de santé et dans les infrastructures ont nettement baissé, les médias d’Etat sont particulièrement bien traités. Il faut continuer à répandre la haine et les théories du complot.

Pologne: menacée par la Russie, l’Otan montre les muscles

media L’armée américaine lors d’un exercice avec des troupes polonaises, le 21 mars, à Sochaczew. AFP PHOTO / JANEK SKARZYNSKI

Alors que les médias russes ont annoncé cette semaine le déploiement de missiles balistiques « Iskander » dans l’enclave de Kaliningrad au nord de la Pologne, l’Otan réagit. Une batterie de missiles, anti-missiles de type « Patriot » est arrivée dans une base militaire polonaise, à 50 kilomètres de Varsovie. Des manœuvres auront lieu la semaine prochaine. Une centaine de soldats américains doivent s’entraîner avec les soldats polonais.

Répartis sur la base militaire de Sochaczew, une demi-douzaine de camions lance-missiles pointent leurs canons vers le ciel. D’autres sont cachés sous des tentes. Tous sont surveillés par des soldats américains armés, arrivés il y a trois jours. Pour l’occasion, ils reçoivent la visite de l’ambassadeur des Etats-Unis en Pologne, Stephen Mull. « Nous sommes là pour montrer à nos alliés polonais que les garanties américaines concernant la sécurité de la Pologne dans le cadre de l’Otan veulent dire plus que de simples mots écrits sur le papier », a-t-il déclaré.

A ses côtés, Tomasz Siemoniak, le ministre de la Défense polonais assure que les manœuvres militaires de l’Otan en Pologne vont se multiplier en 2015. Une réponse aux exercices militaires de grande ampleur annoncés par Moscou dans l’enclave russe de Kaliningrad, située à 300 kilomètres seulement de Varsovie. « L’Otan, la Pologne et les Etats-Unis ne sont pas ceux qui font monter la tension, affirme Tomasz Siemoniak. Ceci est une réponse à la violation du droit international par la Russie, à son agression contre l’intégrité territoriale de l’Ukraine. La question est maintenant de savoir comment la Russie va se comporter. »

Le début du conflit ukrainien et l’annexion de la Crimée ont eu pour effet d’accélérer la modernisation de l’armée polonaise. Cette dernière prévoit d’acheter des batteries de défense contre les missiles à moyenne portée. En attendant, les soldats polonais assimilent des leçons précieuses avec les alliés de l’Otan.

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commentaires

Nico31                                               L’Europe a droit d’avoir sa liste noire mais pas la Russie, pourtant état souverain ? Quand les médias arrêteront de suivre comme des toutous ce qui leur est dicté par les États Unis, cela nous fera le plus grand bien !

Charlesantoine                              Il faudrait prévenir Poutine car Ménard a bien failli avoir des problèmes.

Exforum                                           Il faut reconnaitre l’extrême clairvoyance, des russes dans leurs choix , rejoignant le général de Gaulle dans leur conclusion. Ce russo bashing , entretenu par certains médias et nos dits intellos favorisés , n’est pas du tout approuvé par le peuple français, bien au contraire , si un pays soit rejoindre la communauté européenne à sa juste mesure , c’est bien la Russie. Ces personnalites jacassantes , feraient bien de dénoncer le jeu de la CIA en Ukraine , et des multiples provocations.       Ce russo bashing devient pénible et déplacé , le peuple français ne suit pas les médias et les un tel local prises dans cette vision du monde , bien au  contraire

Pierrot Le Fou                                  La liste noire européenne comporte 150 noms de personnalités russes interdites dans l’UE. En réponse, les Russes ont dressé une liste de 89 noms de personnalités européennes qui ne peuvent se rendre en Russie. Ils pourraient y ajouter 61 noms, pour être à égalité. Ceux qui s’offusquent de la liste russe devraient se rappeler que c’est l’UE qui a commencé et qu’il s’agit d’une réponse, modérée au demeurant. Si l’UE levait ses sanctions contreproductives, tout entrerait dans l’ordre.

la liberté pour tous 😀😀                  Et si , on faisait pareil pour les indélicats interdits dans l’UE …Poutine gueulerait comme un veau ,….pour une absence de libertés, mais pas dans son sens ..pratique élémentaire ..faites ce que je dis , mais ne faites pas, ce que je fais ….vive les dictateurs 😡😡

Le Thuriféraire

@la liberté pour tous :                        Merci de me fournir l’adresse où je peux trouver la liste des personnes interdites d’accès aux USA. (Celle où figurait Mandela, qui en a été retiré sur vote du congrès un peu avant sa mort).

 Just  • 

  • Cohn-Bendit, le pédophile comme Lang doivent etre interdit de séjour dans tous les pays.
    Cohn-Bendit a obtenu la nationalité francaise 😉
    K  •                                                Tu m’étonnes, BHL quand il met le pied quelque part, ensuite il y’a la guerre.
    michel  •                                        « Liste noire contre liste noire »…normal non???.
    durand  •                                       Ils ne veulent ni du pédophile DCB, ni du camé aux amphés BHL
    ==> il n’y a qu’en france où ils sont les bienvenus auprès de ce que nous appelons nos politiciens
    CM  •                                               Putin et Daech meme combat.!!!
    Uıʇɹɐɯ  •                                         On a les ennemis qu’on mérite.
    Catho  •                                           Il y a vraiment personne qui en veuille.
    Michel  •                                          Vlad, pourquoi tourner autour du pot?
    Vlad, pourquoi continuer à perdre ton temps?
    Tu connais comme moi la réalité de l’UE.
    TOUS les dirigeants des pays de l’UE ne sont que des valets des Américains.
    L’UE n’a AUCUNE politique indépendante de celle des Américains.
    L’affaire des Mistral n’est que la pointe de l’iceberg.

    Conduite suggérée :
    Rupture diplomatique avec tous les pays de l’UE.
    Fermeture de toutes les ambassades de Russie dans l’UE.
    Fermeture de tous les consulats de Russie dans l’UE.

    fifi  •                                                      BHL lol Il est rejeté partout ok c’est moche,Mais a Bengazi les gens l’aiment,pourquoi il ne part plus la bas?
    rebecca  •                                            mais qui veut aller dans ce vieux pays de #$%$ de toute façon LOL
      • un juste retour des choses.
        Cleveland  •                  Les russes devraient se faire marcher dessus sans rien dire… ils ne sont pas comme les européens qui se font piétiner par les africains et nos zélites de gauche et de droite…
        Bertrand Bourvic  •     La liste russe « n’est pas fondée sur le droit international, n’est pas transparente et il est impossible de la contester ». Les listes de l’UE sont, elles, transparentes : ce sont des ordres venus d’Outre-Atlantique, au détriment des Européens.
        Al  •                               Déjà les USA préparent l‘opinion publique mondiale à une guerre “peut-être nucléaire“ contre la Russie pour l‘été prochain, comme avec Saddam ou Kadhafi, tandis que l‘ÉI guette, que gronde Daesh, que s‘étend la terreur archaïque et sanguinaire de l‘Islam. Pauvres fous. Sombres khons. Poutine a raison de les dénoncer. Geraldes  •                    Quel bande de ….
        alaric  •                         89 contre 150 , la parité n’est pas encore atteinte .
      • MAÏTÉ  •                        interdire de son territoire con bandit et bhl, deux satanistes dont l’un est pédophile et l’autre un semeur d’islamisme, de misère et de mort partout où il passe (Afghanistan, Irak, Libye et Syrie), cela relève du bon sens et même de la légitime défense!!!
        BRAVO POUTINE!!!
        gloup gloup  •                  Ils dénoncent mais c’est qui déjà qui a initié ce petit jeu de sanctions? queltorchon  •                 Poutine utilise « oeil pour oeil dent pour dent »!!! quoi de plus normal????
        Girard  •                          et USA et l’UE veulent encercler la Russie de bases militaires, l’espionne, l’étrangle économiquement, mais les russes devraient nous remercier peut-être ?
        foxbat  •                           BHL fidèle à lui même, un menteur grandiloquent. En quoi Iossif Kozbon, un chanteur russe originaire de Donetsk, sanctionné par l’UE, fait il partie des « hiérarques de Poutine, militairement et politiquement responsables d’une guerre d’agression contre l’Ukraine »?
        BHL pour sa part est responsable de guerres d’agression contre la Serbie et la Libye, qui ont causé des milliers de morts.

      Avatar Electeur-Gaulois      […89 personnalités interdites sur la liste Russe…contre 151 personnes et 40 entreprises sur la liste de l’UE…]

      .Poutine a encore un gros solde en sa faveur, il peut donc encore en ajouter.

    • Avatar Electeur-Gaulois      [« …Cette liste se veut une réaction à celle mise en place par l’Union européenne …. »]  Et on s’étonne de la réaction …?

      Avec Bruno Leroux aussi….amusant que 2 socialistes et un vert soient interdit de séjour…..car aucune personnalité de la Droite Française ne figure sur cette liste.!

    • Avatar philippe Augereau        Au moins Poutine a du courage et assume ses convictions. C’est un homme qui a une certaine idée de la Russie ,cela me rappelle quelqu’un.                                                                  Quant aux deux comiques c’est bien dommage que Poutine n’en veuille pas, cela nous ferait des vacances.      Je sens que mes propos vont être refusés.
    • Avatar Remember the Goddess NikeJe crois que Poutine va encore gagner des points chez les français. BHL et Cohn-Bendit ne sont pas du tout des défenseurs des droits humains mais les représentants de l’hyperclasse mondialisée qui prospère au dépens des peuples et qui n’utilisent les droits de l’Homme que comme faire valoir ou prétexte pour justifier des guerres.

    • Avatar why69                                  Il est intéressant de comparer la popularité de Mr Poutine dans son pays et celle de Mr Hollande dans le notre ! Nous n’avons AUCUNE leçon de démocratie à donner à la Russie!

      Grnoumpf –                                         Pas de bol pour Sarkozy qui vantait la Russie justement hier. Mais pour éviter de l’admettre, les groupies Sarkozystes vont s’empresser de faire comme si ce genre de chose était tout à fait… républicaine !

      jeco02 –                                              Mesure de salut publique!

      Lenord Lionel –                                 on dira ce qu on voudra, mais ce poutine sait reconnaitre les nuisibles!

      theoreme –                                         Les russes ont bien de la chance de ne pas avoir à subir ce genre d’individus !

      jstatham –                                           Question de salubrité pour la Russie

      Citrique –                                           Bien vu !

      Bonjour_                     Propagande américaine

      Je ne suis pas d’accord avec cette analyse. Poutine n’est pas parano, il cherche plutôt à faire éclater la vérité sur la stratégie géopolitique américaine. En effet, depuis des décennies, la Russie est boycottée par la plupart des pays européens. Un hasard ? Non, cela vient directement de la volonté des américains de maintenir à l’écart les russes de l’Europe. Vous le traitez de parano, en réalité vous l’accusez de ne pas vouloir se soumettre aux états-unis, mais au contraire d’être libre et souverain sur ses terres, et d’entretenir des échanges commerciaux ou diplomatiques avec les autres états. Au sujet de l’Ukraine, vous niez qu’une partie importante des Ukrainiens souhaitent un attachement avec la Russie, contrairement à l’autre partie qui veut se tourner vers l’Union européenne, c’est un pays divisé. Et concernant l’Iran, la Russie apporte des finances et des armements à d’autres états, soit disant pour les aider, en réalité c’est pour gérer les conflits en dehors -et loin- de son propre territoire, tout comme les font les états-unis partout dans le monde. Créer la division, créer des conflits de toutes pièces, on pourrait aussi parler d’Israël… Regardez la liste des conflits militaires des états-unis dans le monde, et expliquez-moi comment vous arrivez à conclure que le danger vient du Poutine parano. quant à nous, européens, la seule raison pour laquelle nous ne sommes pas en conflit avec les états-unis, c’est que nous sommes totalement soumis à leur domination, c’est aussi pour ça que davantage de coordination avec la Russie serait extrêmement mal vu par les américains.

      Pour vous convaincre de cette opinion, je vous invite à regarder cette courte vidéo https://www.youtube.com/watch?v=qM8nYBnlBmU dans laquelle il analyse notamment de nombreux conflits historiques et en cours.

      Zizicopète                   Remise au point.

       » En effet, depuis des décennies, la Russie est boycottée par la plupart des pays européens. »

      A quelles décennies de boycott faites-vous référence ? Celles de la guerre froide ?
      Parce que bon, suite à la chute du bloc, Elstine et Poutine ont pu bénéficié de bonnes relations avec les dirigeants occidentaux. Dans le cas de Poutine, Sarkozy, Bush, Merkel, Schröder, Berlusconi, Blair, Zapataro étaient tous très fiers de s’afficher en tant que potes du personnage. Ajoutons aussi l’entrée dans l’OMC alors qu’on savait pertinemment que la Russie était très loin de remplir les critères requis qui relevait là aussi d’une volonté sincère d’inciter la Russie d’aider à retrouver une place crédible sur la scène internationale. Et ne pas oublier aussi que les européens ont très conciliants, presque soumis (puisque vous aimez bien ce terme) avec les oléoducs dont la construction a été impulsée par Poutine, oléoducs qui lui ont permis de se soustraire à de nombreuses rivalités locales.
      Et Poutine a littéralement chié sur tout cela, elle est là la réalité.

« On va arrêter les sous-entendus »

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PODEMOS !

Accident mortel à Paris: un policier devant un juge, sa détention requise

Le policier soupçonné d’avoir provoqué un accident mortel à Paris à l’aube jeudi alors qu’il était ivre, va être présenté samedi à un juge d’instruction en vue de sa mise en examen et le parquet va requérir son placement en détention, a appris l’AFP de source judiciaire.

En poste à la PJ de Seine-Saint-Denis, ce brigadier chef de 39 ans qui n’était pas en service, rentrait d’une soirée à vive allure, ne s’arrêtant pas au feu rouge selon les premiers éléments de l’enquête, quand il a percuté la camionnette conduite par un livreur de 40 ans, vers 04H15, boulevard de Sébastopol.

Ejecté de son véhicule sous la violence du choc, Yazid B. est décédé peu après. Il était père de trois enfants de 7, 9 et 11 ans.

Le policier, qui conduisait une voiture banalisée sans être en service, présentait une alcoolémie de 2,13 grammes d’alcool par litre de sang, soit plus de quatre fois le taux autorisé (0,5 gramme) et près de trois fois celui à partir duquel conduire en état d’ébriété devient un délit (0,8 gramme).

Sa présentation à un juge d’instruction se fera dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour homicide involontaire aggravé par la violation à une obligation de prudence (la violation de règles du code de la route) et l’état alcoolique. Le parquet va réclamer son placement en détention.

Le collègue du chauffard présumé, qui était sur le siège passager et est également affecté à la PJ de Seine-Saint-Denis, a été entendu comme témoin. Il présentait un taux d’alcoolémie d’1,6 gramme dans le sang.

La veuve du livreur tué a dit son intention de porter plainte: « Si c’était un accident normal… Mais ça vient de policiers qui doivent protéger les citoyens, respecter la loi et le Code de la route », a-t-elle dit vendredi à l’AFP, très éprouvée.

« Mon mari était un homme en or. Ce n’était pas un feignant. Il était parti travailler, subvenir aux besoins de ses enfants, en livrant du pain dans des hôtels à Paris », a-t-elle encore dit.

Les deux policiers revenaient d’une soirée en boîte de nuit dans le quartier des Champs-Elysées. Il s’agissait de la traditionnelle soirée annuelle d’un autre service de la PJ, un office central.

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a prévenu que si l’enquête judiciaire confirmait les premières constatations, il ferait preuve « d’une très grande sévérité » à l’endroit des deux policiers, « indépendamment des poursuites pénales ».

Un policier présenté à un juge après un accident meurtrier

PARIS (Reuters) – Un policier soupçonné d’avoir provoqué la mort d’un automobiliste jeudi dans une collision au centre de Paris en dehors de ses heures de service, sera présenté ce samedi à un juge en vue de sa mise en examen, a-t-on appris de source judiciaire.

Le parquet de Paris a requis sa mise en examen pour homicide involontaire avec deux circonstances aggravantes : la consommation d’alcool et la violation manifestement délibérée d’une obligation de prudence, en l’occurrence l’arrêt au feu rouge, a-t-on précisé.

De source policière, on indiquait jeudi que ce policier, qui conduisait le véhicule, présentait un taux d’alcoolémie positif et avait grillé un feu rouge avant la collision. Le parquet a requis son placement en détention provisoire, dit-on de source judiciaire.

Son véhicule est entré en collision avec une camionnette de livraison à 04h15 du matin dans le IIIe arrondissement de Paris, tuant le conducteur de la camionnette, qui a été ejecté.

Le policier a été suspendu, ainsi qu’un collègue présent dans la voiture au moment de l’accident.

« Si l’enquête judiciaire confirme les premières constatations et révèle un comportement fautif et inadmissible des policiers, ils feront l’objet de sanctions disciplinaires d’une très grande sévérité, indépendamment des poursuites pénales », a prévenu le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Accident mortel à Paris: le policier au volant présenté à un juge

LEXPRESS.fr avec AFP

accident-mortel-police-sebastopol_5347797L’endroit où une voiture de police banalisée a percuté une camionnette, tuant son conducteur, dans le centre de Paris, boulevard Sebastopol. Le policier qui était au volant va être présenté à un juge ce samedi.      AFP PHOTO / MATTHIEU ALEXANDRE

Le policier soupçonné d’avoir provoqué un accident mortel à Paris alors qu’il était ivre, va être présenté ce samedi à un juge d’instruction en vue de sa mise en examen. Le parquet a requis son placement en détention.

Le policier soupçonné d’avoir provoqué un accident mortel jeudi à Paris, alors qu’il était ivre, va être présenté ce samedi à un juge d’instruction en vue de sa mise en examen, et le parquet a requis son placement en détention, a appris l’AFP de source judiciaire.

En poste à la PJ de Seine-Saint-Denis, ce brigadier chef qui n’était pas en service, rentrait de soirée à vive allure, ne s’arrêtant pas au feu rouge, quand il a percuté la camionnette conduite par un livreur de 40 ans, décédé peu après le choc. Le policier présentait une alcoolémie de 2,13 grammes d’alcool par litre de sang.

Accident mortel à Paris : la détention du policier au volant requise

Le Monde.fr avec AFP

Boulevard de Sébastopol, à Paris, où deux policiers ivres ont provoqué un accident mortel, le 28 mai au matin.

Le policier soupçonné d’avoir provoqué un accident mortel à Paris, jeudi 28 mai à l’aube alors qu’il était ivre, va être présenté samedi 30 mai à un juge d’instruction en vue de sa mise en examen. Le parquet a requis son placement en détention, a précisé une source judiciaire.

En poste à la PJ de Seine-Saint-Denis, ce brigadier-chef, qui n’était pas en service, rentrait de soirée à vive allure, accompagné d’un de ses collègues. Après avoir brûlé plusieurs feux rouges, il a percuté vers 4 h 15 la camionnette conduite par un livreur de 40 ans. Ejecté de son véhicule sous la violence du choc, ce dernier est mort peu après le choc.

Alcoolémie de 2,13 g/l de sang

Le policier, qui conduisait une voiture banalisée sans être en service, présentait une alcoolémie de 2,13 grammes d’alcool par litre de sang, soit plus de quatre fois le taux autorisé (0,5 g) et près de trois fois celui à partir duquel conduire en état d’ébriété devient un délit (0,8 g).

Le collègue du chauffard présumé, qui était sur le siège passager et est également affecté à la PJ de Seine-Saint-Denis, a été entendu comme témoin. Il présentait un taux d’alcool d’1,6 gramme par litre de sang.

Peu après les faits, les deux hommes avaient été suspendus de leurs fonctions, dans l’attente des conclusions de l’enquête. Le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve a prévenu que si l’enquête judiciaire confirmait les premières constatations, il ferait preuve d’« une très grande sévérité » à l’endroit des deux policiers, « indépendamment des poursuites pénales ».

Accident mortel à Paris : le policier devant un juge en vue de sa mise en examen

JUSTICE – le policier qui avait provoqué un accident de la route jeudi matin à l’aube à Paris doit être présenté devant un juge samedi afin d’être mis en examen. Le parquet a requis sa mise en détention.

Le boulevard Sébastopol avait été sécurisé après l'accident, jeudi 28 mai au matin.

Le boulevard Sébastopol avait été sécurisé après l’accident, jeudi 28 mai au matin. Photo : AFP

Get out the Union Jack (ass)!

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La victoire de David Cameron scelle-t-elle le sort européen de la Grande-Bretagne ?

DAVID CAMERON

INTERNATIONAL – « Nous devons tenir le référendum qui décidera de l’avenir du Royaume-Uni en Europe ». Dès l’annonce des premières projections de la BBC donnant les conservateurs proches de la majorité absolue, David Cameron a rappelé sa principale promesse de campagne. Cet engagement, dont l’actuel premier ministre britannique avait dessiné les contours il y a de ça maintenant trois ans, posera « une question claire: in/out » (dedans ou dehors) pour reprendre l’expression qu’il utilisait à l’époque.

Vue de France, sa position a de quoi surprendre. Car à titre personnel, David Cameron n’est pas favorable à une complète sortie de l’Union Européenne. Loin s’en faut. Si le sujet est sur la table depuis 2010, c’est parce que cette question divise considérablement le camp des conservateurs et que l’euroscepticisme a le vent en poupe outre-Manche. Un calcul électoral censé flatter l’aile droite de l’électorat britannique qui a semble-t-il porté ses fruits, au vu de la large victoire des conservateurs et le faible résultat d’Ukip . Mais que les partis europhobes ne manqueront pas d’instrumentaliser.

Alors, faut-il s’attendre à voir le Royaume-Uni tourner définitivement le dos à Bruxelles ? Pour l’heure, c’est surtout l’incertitude qui règne sur l’avenir européen de la Grande-Bretagne.

Doutes sur les conditions d’organisation

La première incertitude réside dans le calendrier que choisira David Cameron pour organiser ce référendum. Car si promesse de campagne il y a eu, le chef de file des Tories s’est bien gardé de préciser sa date d’application si ce n’est la « deadline » qu’il a fixé pour 2017, sans donner plus de détails. Selon Patrick Dunleavy, un politologue de la London School of Economics cité par l’AFP, David Cameron pourrait en réalité être tenté « d’avancer le scrutin à l’an prochain », histoire d’en finir avec cette question dont il espère -à tort ou à raison- qu’elle accouchera d’une souris.

Lire aussi : 5 bonnes raisons de laisser les Anglais partir, ou de rester dans l’Union européenne

Car le réel enjeu pour le premier ministre britannique, c’est d’utiliser la menace d’un Brexit (contraction des mots « Britain » et « exit ») pour obtenir auprès de Bruxelles des dispositions spécifiques en faveur de la Grande-Bretagne. Sara Binzert Holbot, spécialiste des questions européennes à la London School of Economics, est convaincue que David Cameron « prendra très rapidement le chemin de Bruxelles en vue de négocier un accord ».

Des négociations qui s’annoncent d’ores et déjà compliquées au vu de la réaction de la commission européenne qui a affirmé ce vendredi 8 mai que la liberté de circulation, l’un des points sur lequel il s’était engagé, n’était « pas négociable ».

Le coup de poker de David Cameron consistant à mettre sur la table la sortie définitive l’Union dans l’espoir de faire infléchir la position de l’Europe vis-à-vis de la Grande Bretagne parait alors d’autant plus risqué, surtout au regard de la position de l’opinion britannique sur cette question. Selon un sondage Populus réalisé au mois d’avril, 39% des Britanniques pencheraient déjà pour sortir de l’Union européenne contre 40% pour y rester. Voilà de quoi ajouter de l’illisibilité dans l’avenir européen de la Grande Bretagne.

L’inconnue écossaise

Autre incertitude pesant sur l’issue du scrutin, la position du SNP, qui a triomphé lors de ses dernières élections législatives. Le Parti nationaliste écossais a en effet raflé 56 des 59 sièges en jeu en Écosse, multipliant par plus de neuf le nombre de ses députés par rapport à 2010, selon les résultats définitifs.

La première ministre écossaise, europhile convaincue et chef de file du SNP, Nicola Sturgeon, plaidait en octobre dernier pour que l’Ecosse puisse avoir un droite de veto concernant le référendum sur l’Union Européenne en cas de victoire du « in ». Dans le détail, elle estime qu’une sortie de l’UE qui ne soit pas approuvée par les quatre nations du Royaume-Uni serait « démocratiquement indéfendable ». Comprendre: la première ministre écossaise conteste la légitimité même de ce référendum.

Ce faisant, en cas de sortie de l’UE de la Grande Bretagne, l’Écosse pourrait profiter de cette occasion pour quitter le giron britannique et choisir Bruxelles pour affirmer son indépendance. Nicola Sturgeon, a par ailleurs déjà prévenu qu’une sortie britannique de l’UE serait une condition suffisante pour reposer la question de l’indépendance.

Au regard du succès du vote nationaliste, David Cameron n’est donc pas à l’abri de devenir le premier ministre ayant provoqué une sortie de l’Union Européenne doublée de la « perte » d’Édimbourg.

Les europhobes de France ravis

Par définition, la question de la sortie de l’UE intéresse aussi les pays voisins de la Grande Bretagne. En France, ce sont les cadres du Front national qui accueillent avec bienveillance, non pas la réélection de David Cameron, mais sa promesse de campagne qui, selon eux, est la cause de son succès. Pour Marine Le Pen par exemple, « David Cameron n’aurait pas gagné s’il n’avait pas promis un référendum sur la sortie de l’UE », a-t-elle affirmé sur Twitter.

Une analyse partagée par le secrétaire général du FN, Nicolas Bay, qui estime également que « la promesse d’un référendum sur la sortie de l’UE n’y est sûrement pas pour rien dans la victoire de David Cameron ».

En revanche, un rapport du sénat consacré à la question estime peu probable le scénario d’un départ de la Grande Bretagne, voire même de l’application de la promesse de campagne.

« En effet, dans l’opinion publique, l’idée ne fait plus recette et il semble que l’on s’attache plutôt à un succès des négociations préalables au référendum », estiment les sénateurs. « En somme, beaucoup de bruit pour rien autour d’un concept embryonnaire et, dans certains cas, seul le plaisir de faire peur serait à l’œuvre « , résume le texte rapporté par la sénatrice du Bas-Rhin Fabienne Keller.

Paradoxalement, c’est donc ce que pourra obtenir David Cameron de Bruxelles qui déterminera l’avenir européen de la Grande Bretagne. En cas de succès des négociations, il pourra faire valoir auprès de l’électorat britannique l’écoute des « partenaires européens » concernant les préoccupations britanniques. En cas d’échec, il aura ouvert une boîte de Pandore dont les répercussions sont pour l’heure marquées par le sceau de l’incertitude.

Lire aussi :

• Les législatives britanniques expliquées aux Français

• Qui est Ed Miliband

Grande-Bretagne : Cameron triomphe et l’Europe vacille

Le choc des résultats à la une de la presse vendredi : les sondages avaient tout faux (DANIEL SORABJI/AFP)

Les Britanniques s’attendaient à un résultat serré, « neck to neck » comme le titrait la presse, et ils se réveillent ce vendredi avec le triomphe sans appel des Conservateurs de David Cameron.

La une du Sun, jeudi 7 mai, qui prévoyait l’égalité entre les deux grands partis (via Twitter)

C’est, une fois de plus, le grand échec des instituts de sondage, et des analyses politiques qui se fondaient sur ces prévisions erronées.

Le scrutin a fait trois « victimes » vendredi, les leaders des trois partis perdants qui ont présenté leur démission : Ed Miliband pour le Labour, Nick Clegg pour les Libéraux-Démocrates, et Nigel Farage pour UKIP.

Les élections générales peuvent se résumer en quatre points :

  • loin d’être menacé de perdre, ou même d’être victime de l’éparpillement des voix, le Parti conservateur de David Cameron est le grand vainqueur, obtenant même la majorité absolue des sièges ; C’était inespéré ! Il gouvernera donc encore cinq ans, mais seul, sans ses alliés libéraux-démocrates du premier mandat qui ont subi de très lourds revers et dont le leader Nick Clegg a démissionné ;
  • le Parti travailliste de Ed Miliband subit une défaite aux dimensions historiques, victime de son élimination quasi complète en Ecosse (il ne lui reste qu’un seul élu), et de la difficulté de son leader à convaincre de la crédibilité d’une alternative aux Conservateurs sur l’économie, l’Europe ; Ed Miliband a assumé la défaite et démissionné.
  • UKIP, le United Kingdom Independence Party, anti-européen et anti-immigration, parfois surnommé le « FN britannique », est bien le troisième parti du royaume en voix (plus de trois millions), mais ne parvient pas à traduire ces voix en sièges puisqu’il n’en obtient qu’un. Son chef de file, Nigel Farage, a lui-même été battu. A l’opposé, les nationalistes écossais ont deux fois moins de voix mais font le plein de sièges.
  • le Scottish National Party (SNP), le parti nationaliste écossais, remporte une victoire absolue (56 sièges sur 59) dans sa province autrefois un bastion travailliste, quelques mois à peine après sa défaite au référendum sur l’indépendance de l’Ecosse. Victoire la plus symbolique du SNP : Mhairi Black, une étudiante de 20 ans, a battu un cacique travailliste élu depuis 1997 ! Le Royaume « Uni » a du souci à se faire…

Ou cet autre journal écossais, The Scotsman, qui titre sur « la nuit qui va changer la Grande Bretagne pour toujours ».

Petit lot de consolation : les Verts britanniques conservent leur seul siège avec la victoire de Caroline Lucas.

« De retour à Downing Street »

Le Guardian titre ce vendredi matin :

« Les travaillistes et les libéraux-démocrates écrasés alors que Cameron s’impose de retour au 10 [Downing Street, ndlr]. »

La question que tout le monde se posait sur la base des sondages – pourquoi un Premier ministre qui a une telle croissance économique et un chômage en baisse risque-t-il de perdre des élections ? – est donc devenue caduque dès les premiers sondages de sortie des urnes.

Le Parti travailliste a concentré ses attaques sur la montée des inégalités sociales pendant le règne de David Cameron et des Conservateurs : ça n’a pas suffi à convaincre les électeurs qu’ils étaient porteurs d’un programme susceptible de conserver le dynamisme de l’économie britannique tout en garantissant plus de justice sociale. Une équation qui se pose à toute la gauche européenne.

« Brexit » or not « Brexit » ?

La victoire éclatante de David Cameron a une première conséquence : il a confirmé dès jeudi soir sa promesse d’organiser un référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne, sur la base d’une renégociation du statut de son pays.

L’Europe est donc plongée dans une incertitude qui va durer des mois, et sans doute des années : celle du « Brexit », la sortie possible de la Grande-Bretagne.

Cette question a sans doute pesé dans la victoire des Conservateurs puisque ces derniers ont, par exemple, repris à Ukip, le parti populiste anti-immigration et anti-européen, le seul siège dont il disposait dans le parlement sortant, celui d’un transfuge tory.

Le parti de Nigel Farage n’a pas obtenu le succès espéré et David Cameron a remporté son pari de garder ses électeurs tentés par le vote anti-européen.

Il l’a fait au prix de cette promesse de renégociation du statut de la Grande-Bretagne dans l’UE, et surtout d’un référendum, d’ici à 2017, le premier sur ce sujet depuis… 1975, et qui sera sera sans nul doute âprement disputé.

Pour l’heure, Bruxelles se montre accomodant : Jean-Claude Juncker, le Président de la Commission européenne, a tweeté vendredi soir :

« Bravo David Cameron pour cette victoire éclatante. Je suis prêt à travailler avec vous pour obtenir un accord équilibré pour le Royaume Uni ».

C’est aimable, mais ça ne l’engage pas beaucoup…

« Un meilleur avenir pour tous »

Pour l’heure, le Premier ministre sortant et conforté savoure son triomphe après avoir essuyé les critiques.

A la manière des « four more years » (quatre ans de plus) de Barack Obama lors de sa réélection, David Cameron a tenté de formuler sa victoire en une phrase et une image (avec sa femme, bien sûr) sur Twitter :

« Un meilleur avenir pour tous. »

Moment étrange : quelques heures après la fièvre électorale, la dramatisation, les démissions en cascade, le vainqueur, David Cameron (à droite sur la photo) et les perdants, Nick Clegg, Ed Miliband et Nigel Farage, se sont retrouvés côte à côte pour les cérémonies du 8 mai…

Sarkozy : « congratulations »

Cette victoire conservatrice a en tous cas inspiré Nicolas Sarkozy, qui a félicité –en anglais qu’il parle mal- David Cameron pour sa « victoire impressionnante ». Message subliminal : Hollande = Miliband !

Royaume-Uni: les épines dans les pieds de David Cameron

 Christian Makarian

david-cameron-15_5336249Le Premier ministre David Cameron à Londres, le 11 mai 2015.     REUTERS/Stefan Wermuth

Le Premier ministre britannique David Cameron rempile après la victoire sans bavure des conservateurs aux législatives. Un nouveau mandat où les questions de l’Ecosse et du référendum sur la sortie de l’Europe le poursuivront.

Après avoir été reçu par la reine Elizabeth, qui l’a reconduit dans ses fonctions de Premier ministre, il a regagné sa résidence du 10 Downing Street dans un état d’euphorie. A 49 ans, après cinq années passées à la tête du pouvoir, David Cameron rempile et donne tort à la plupart des prévisions. Il s’offre un Grand Chelem surprenant: les conservateurs remportent une victoire sans bavure (la majorité absolue à la Chambre des communes), leurs encombrants alliés libéraux démocrates de la coalition sortante sont laminés (ils passent de 57 élus à huit), les travaillistes du Labour atteignent leur plus bas niveau depuis près de trente ans et le parti populiste antieuropéen Ukip, qui totalise tout de même 13% des voix, se retrouve avec un seul siège (de même que les Verts). Pour couronner le tout, une cascade de démissions – celles du leader du Labour, Ed Miliband, du chef des Lib-dems, Nick Clegg, et le possible retrait de la haute figure du Ukip, Nigel Farage – sert de trophée au vainqueur.

On ne peut pas s’en tenir là pour autant. Ce tableau comporte deux zones d’ombre majeures, dont on reparlera très vite et qui ne vont cesser de poursuivre Cameron, comme un cauchemar, tout au long de son deuxième mandat. L’une et l’autre vont dans le sens de la crispation de l’identité britannique.

Fractures écossaises et européennes

La première, interne, correspond à une spécificité que ces élections viennent de confirmer de façon alarmante: le Scottish National Party (SNP) remporte presque tous les sièges en Ecosse et ne laisse que des miettes aux travaillistes (1 siège au lieu de 40 précédemment), qui étaient traditionnellement dominants dans le Nord du royaume. C’est une percée spectaculaire du sentiment indépendantiste, après que le référendum sur l’indépendance de l’Ecosse, en 2014, s’était déjà soldé par un score de 45% de « oui ». David Cameron est-il encore le Premier ministre du Royaume-Uni, ou déjà celui de l’Angleterre? Il a tant flatté le SNP, pour enterrer les travaillistes, qu’il est désormais leur obligé. Ce n’est pas tout: le succès du SNP s’explique aussi par son orientation de gauche, hostile à une austérité qui reste précisément la marque de fabrique de Cameron.

La seconde raison d’inquiétude est externe, elle vise directement l’Europe, puisque, sitôt conforté par les urnes, Cameron a dû rappeler son engagement d’organiser un référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Une promesse empoisonnée, en partie destinée à damer le pion du Ukip. Le « Brexit » (sortie de l’Europe des Britanniques) a incontestablement joué un grand rôle dans la réussite électorale des conservateurs, dont l’aile droite exige maintenant le retour d’ascenseur: le sentiment antieuropéen est devenu outre-Manche un puissant catalyseur d’opinions autour duquel se coagulent toutes sortes de reproches (de la présence de nombreux immigrés sur le sol britannique aux pressions multiples attribuées à l’Union). Or, Cameron devra jouer finement: il s’est déclaré à titre personnel favorable au maintien dans l’UE, mais en précisant qu’il se ferait fort d’obtenir, en compensation, des concessions substantielles de Bruxelles. Il devra respecter ce contrat devant ses amis conservateurs, ce qui le situera inévitablement dans un bras de fer continu avec ses partenaires allemands et français.

Le fringant Premier ministre, image prototypique de l’homme sûr de lui, sera peut-être aidé dans ce défi par un autre facteur, qui pèse en sa faveur. Il a en effet mené une politique de réduction drastique des déficits publics et obtenu une décrue du chômage en favorisant, comme en Allemagne, des contrats de travail à faible rémunération. De fait, David Cameron devient, avec Angela Merkel, un des vétérans de l’Europe pragmatique, libérale, qui vise l’efficacité sans s’embarrasser de contraintes sociales. C’est sa principale victoire et, peut-être, le seul champ où il ne cultive pas l’isolement – qui caractérise désormais la France.

Elections au Royaume-Uni : « Un ‘Brexit’ serait dévastateur pour l’Europe »

Avec sa promesse d’organiser un référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE, David Cameron mène son pays et l’Europe à « la catastrophe », s’alarme Denis MacShane, ex-ministre travailliste des Affaires européennes. Interview.

Le Premier ministre britannique David Cameron a été réélu le 7 mai pour un second mandat. (TOBY MELVILLE / POOL / AFP)Le Premier ministre britannique David Cameron a été réélu le 7 mai pour un second mandat. (TOBY MELVILLE / POOL / AFP)

Comment expliquez-vous la victoire écrasante de David Cameron, le leader du parti conservateur ?

– C’est la conséquence à la fois de la disparition de tous les sièges travaillistes en Ecosse au profit des indépendantistes et de la disparition des sièges des libéraux démocrates au profit des conservateurs. Cette victoire, c’est évidemment aussi la défaite du Labour, qui n’a pas su répondre aux attentes des électeurs.

Mais il faut être prudent. Souvenons-nous que la victoire de John Major en 1992 n’avait pas empêché son gouvernement, six mois plus tard, de sombrer dans les guerres internes et de rester dans les mémoires comme le gouvernement le plus misérable depuis la guerre. David Cameron a obtenu une majorité très étroite et risque d’être lui aussi très prochainement aux prises avec ses frondeurs anti-européens qui veulent la sortie du pays de l’Union européenne.

La promesse de David Cameron d’organiser un référendum en 2017 sur ce fameux « Brexit » (la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne) n’a pas influé sur le vote ?

– La question du référendum n’a pas fait partie des sujets de la campagne électorale. Les médias des autres pays européens ont accordé beaucoup plus d’attention à cette question que les médias britanniques. Il y a eu une conspiration du silence. Les conservateurs ont évité d’en parler pour ne pas faire peur aux grands patrons de la City, pro-européens contrairement aux petits patrons de PME qui se plaignent des contraintes de l’UE. Et les travaillistes ont également préféré se taire pour ne pas rappeler à leurs électeurs qu’en refusant la tenue d’un référendum, ils les privent de la possibilité de s’exprimer sur cette question.

De la même manière que dans les années 30 on évitait d’évoquer la menace de la guerre, on a refusé cette fois de considérer les conséquences d’un « Brexit ». Mais en étouffant tout débat sur les réels enjeux, ils ont laissé le champ libre à tous ceux qui critiquent l’Union européenne et font campagne pour en sortir.

La population britannique est-elle majoritairement favorable à un Brexit ?

– Les sondages sur cette question sont très difficiles à déchiffrer. Tout dépend de la formulation. Lorsqu’on demande : « Si l’Europe est réformée êtes-vous prêts à y rester ? », la réponse est majoritairement oui. Lorsqu’on demande : « Etes-vous en faveur de l’Union européenne ? », la réponse est non. Mais si la question posée est : « Etes-vous prêt à sortir de l’UE demain ? », le résultat est alors 50/50. Reste qu’après cette élection, plus personne n’ose prendre pour argent comptant les sondages, qui nous avaient prédit un résultat très serré entre conservateurs et travaillistes !

David Cameron dit lui-même que son objectif n’est pas un « Brexit » mais la renégociation des termes d’adhésion de la Grande Bretagne à l’UE. Cependant, vous écrivez dans votre livre (« Brexit : How Britain Will Leave Europe ») que le « Brexit » est « probable »…

– Oui, parce que David Cameron veut l’Europe de ses rêves. Il ne souhaite pas sortir de l’UE à condition de vivre dans l’Europe de son choix. Mais comment va-t-il faire pour convaincre 27 Etats membres que ses demandes sont acceptables ? Il dit qu’il faut renégocier les traités. Comment compte-il obtenir une rediscussion des textes en si peu de temps, d’ici 2017 ? Et que va-t-il demander ? On ne sait même pas encore ce qu’il veut exactement.

On sait que le Medef britannique, la Confederation of British Industries (CBI), veut que l’Europe sociale ne s’applique pas au Royaume-Uni. Mais si David Cameron arrive le jour du référendum avec ce type de proposition, une partie de la gauche britannique, du Labour, des indépendantistes écossais, des syndicats pourraient être tentés de dire : nous votons contre cette Europe qui ne défend pas les droits sociaux. C’est ce qui s’est passé en 2005 avec le référendum sur le traité européen en France.

Sur son aile droite, David Cameron va par ailleurs continuer à être sous la pression des anti-Européens et anti-immigration du UKIP, qui, après avoir réclamé la tenue d’un référendum, vont faire campagne jour et nuit pour la sortie de l’Union européenne. S’ils n’ont obtenu qu’un siège, c’est parce que notre système majoritaire par circonscription ne reflète pas leur poids réel : si on avait eu un système purement proportionnel, UKIP aurait gagné 83 sièges (sur 650). Ils ont un bon réseau de conseillers municipaux, une tête d’affiche, Nigel Farage, qui passe très bien à la télé, et un score aux élections européennes de l’année dernière à plus de 25%. Leur discours pèse et va continuer à peser sur l’électorat : même le Labour a dû intégrer dans ses promesses un contrôle sur l’immigration…

Quelles seraient les principales conséquences d’un « Brexit » sur le Royaume-Uni ?

– Ce serait une catastrophe. Déjà parce si les Anglais votent pour sortir de l’UE, les Ecossais voteront certainement pour y rester. L’Ecosse a déjà montré, en donnant aux indépendantistes du SNP 56 des 59 sièges qui lui sont réservés à la Chambre des Communes, qu’elle prend le même chemin que le Québec. Un « Brexit » accélèrera la désintégration du Royaume-Uni. Ce ne sera plus le Royaume-Uni mais le Royaume désuni.

Mais il y aura beaucoup d’autres conséquences. Il faudra plusieurs années pour remplacer toutes les législations européennes. Et les investisseurs étrangers réfléchiront à deux fois avant d’aller s’installer dans un pays où ils n’auront pas accès au marché unique, à moins que les Britanniques n’adoptent le même statut que la Norvège, qui applique toutes les règles européennes… sans la moindre influence sur les décisions de l’Union. Il y aura une frontière entre l’Irlande du Nord et l’Irlande du Sud, qui n’existe pas actuellement. Si on impose des contrôles sur les mouvements des Européens chez nous, on s’exposera à des mesures de rétorsion contre les 2 millions de Britanniques qui résident dans l’UE.

A l’échelle internationale, les Américains seront horrifiés de voir leur allié le plus fiable en dehors de toutes les discussions européennes, dans l’incapacité d’influencer Bruxelles sur le commerce, l’environnement, la surveillance d’internet…

Et sur l’Europe ?

– Ce serait aussi dévastateur. Premièrement, l’Europe aurait, sur sa frontière Est, une Russie agressive qui cherche à la diviser, et, sur sa frontière Ouest, une Grande-Bretagne qui ne l’aime pas. Deuxièmement, cela déséquilibrerait l’Union européenne : l’Allemagne deviendrait totalement hégémonique. Troisièmement, les autres forces anti-européennes en Europe, Marine Le Pen en France, Geert Wilders en Hollande, au Danemark, en Finlande, en Suède et en Allemagne, seraient encouragées à réclamer elles aussi la tenue d’un référendum sur la sortie de leur pays de l’UE. Après le Brexit, et peut-être le Grexit, on risquerait d’avoir le Frexit, le Nexit…

Si le 60ème anniversaire du traité de Rome coïncide avec la sortie des Anglais, les 60 prochaines années risquent d’être marqués par des départs en chaîne. Un « Brexit » perturberait toute l’Europe. C’est à l’Europe de réagir vite. Pas de croissance, pas de réforme, beaucoup de chômage, un manque de leadership… son image n’est plus attirante. Soit elle s’organise pour résoudre ces problèmes, soit elle se désintègre.

Propos recueillis par Sarah Halifa-Legrand

Denis MacShane, ancien député travailliste et ex-ministre des Affaires européennes de Tony Blair, vient de publier : « Brexit : How Britain Will Leave Europe » (éd. I. B. Tauris, non traduit).

Grande-Bretagne : un long chemin vers le Brexit

Le Point – De notre correspondant à Londres,

Lors du discours du Trône, la reine Elizabeth II a officiellement annoncé la tenue d’un référendum sur une sortie de l’UE. Mais l’heure reste à la prudence.

La reine Elizabeth II et le prince Philip lors de leur arrivée au palais de Westminster à l'occasion du discours de la reine, le 27 mai.
La reine Elizabeth II et le prince Philip lors de leur arrivée au palais de Westminster à l’occasion du discours de la reine, le 27 mai. © RICHARD POHLE / AFP

Comme le veut l’antique usage, la reine Elizabeth II s’est rendue ce mercredi en carrosse flanqué par les lanciers de la garde royale au palais de Westminster pour y lire le discours du Trône. Devant les chambres réunies, la souveraine âgée de 89 ans, coiffée de la couronne impériale, parée d’un manteau de pourpre et d’hermine, a lu le programme gouvernemental pour les cinq années à venir que lui a remis à genoux le lord chancelier, l’un des plus importants hauts fonctionnaires du gouvernement britannique.

Mais ce rideau traditionnel est trompeur. Elizabeth II a prononcé un discours crucial pour l’avenir du Royaume-Uni : « Mon gouvernement va légiférer dans l’intérêt de tous en adoptant une approche d’une seule nation », a déclaré le chef de l’État. Reconduit après sa nette victoire lors des élections générales du 7 mai, David Cameron a mis le référendum sur une sortie de l’Union européenne (« Brexit ») au cœur de cette session parlementaire.

Prudence

L’heure est toutefois à la prudence. Le report du remplacement de la loi européenne pour les droits de l’homme de 1998 par un texte britannique atteste la marge de manœuvre limitée de l’hôte du 10 Downing Street sur le Brexit. Si, sur le volet économique du manifeste tory, le Premier ministre n’entend pas être timoré, il compte en revanche avancer à pas comptés sur le terrain européen.

En effet, sur le plan politique, doté d’une majorité conservatrice, David Cameron apparaît plus fort que jamais. Mais sur la question du Brexit, cet eurosceptique modéré hostile au retrait de la Grande-Bretagne de l’UE ne peut pas compter sur ses anciens alliés libéraux-démocrates (centristes), très europhiles et qui sont si peu nombreux au Parlement qu’ils ne peuvent faire que de la figuration. Quant aux travaillistes également pro-UE, ils boivent le calice de leur retentissante défaite jusqu’à la lie. Comme le montre la féroce campagne pour désigner un successeur à Ed Miliband, qui a démissionné au lendemain du scrutin, les rivalités de personnes pénalisent la première force d’opposition. Enfin, le chef du gouvernement est obligé de garder ses distances avec les nationalistes écossais, certes pro-européens, mais qui rêvent toujours d’indépendance.

D’autant que, sur sa droite, le champ d’action de Cameron est aussi truffé de mines. Avec une majorité de seulement douze députés, le Premier ministre est virtuellement prisonnier d’un bloc conservateur favorable au Brexit d’une soixantaine de députés. Par ailleurs, s’il n’a obtenu qu’un siège, le parti populiste et europhobe Ukip peut se targuer d’avoir recueilli plus de quatre millions de voix.

Deux lignes rouges

Lors de son dîner jeudi avec François Hollande à l’Élysée, David Cameron entend sonder le président français sur les concessions que ses partenaires seraient prêts à faire au Royaume-Uni. Londres a pris acte du texte commun franco-allemand rejetant par avance toute modification des traités et toute remise en cause de la liberté de circulation des personnes et des biens. À la lumière de ces deux lignes rouges, le gouvernement britannique entend se concentrer en priorité sur la protection des intérêts du royaume face aux décisions de l’eurozone, le renforcement des parlements nationaux et surtout un moratoire de quatre ans sur le versement d’allocations sociales aux ressortissants de l’UE installés outre-Manche.

Le calendrier lui est défavorable pour organiser un référendum dans les mois qui viennent. Il faut du temps à David Cameron pour mobiliser les milieux d’affaires, fer de lance de la campagne du « non » au retrait. Par ailleurs, l’année 2017 sera celle d’élections présidentielle en France et législatives en Allemagne. Enfin, en mai 2016 ont lieu les élections locales en Angleterre et le scrutin régional en Écosse. De l’avis général, la consultation sur le Brexit devrait se dérouler à l’automne 2016.

Quadrature du cercle

L’équipe de négociation britannique est déjà en place. Tout auréolé de sa réussite économique, George Osborne, numéro deux du nouveau gouvernement et ministre des Finances, s’est vu confier cette tâche. L’architecte de la victoire des Tories dispose d’une ligne directe avec son collègue allemand, Wolfgang Schäuble. Plus que jamais, aux yeux du Foreign Office, Berlin, où David Cameron doit également se rendre cette semaine, apparaît comme un allié privilégié pour obtenir gain de cause. La diplomatie d’Albion a également applaudi la victoire-surprise à l’élection présidentielle en Pologne de l’eurosceptique Andrzej Duda, qui pourrait permettre aux Britanniques de casser leur isolement à l’est de l’Union européenne.

Comment conjuguer dans une même politique étrangère européenne les sentiments contradictoires des uns et des autres ? C’est précisément à la quadrature du cercle, cas de figure réputé insoluble, que David Cameron, pugnace lissier, va devoir consacrer dans les mois qui viennent toutes les ressources de sa diplomatie.

Pour Bruxelles, le « Brexit » serait encore pire que le « Grexit »

LE MONDE Ian Traynor (The Guardian)

Le Monde et cinq quotidiens européens, El Pais, The Gardian, La Stampa, Gazeta Wyborcza et Süddeutsche Zeitung, réunis dans le réseau Europa, analysent les repercussions du « Brexit » sur l’Union.

David Cameron, à Bruxelles, le 23 avril.

Le mot le plus galvaudé à Bruxelles est « réforme ». Le problème, c’est qu’aucun dirigeant européen n’entend la même chose par « réforme ». Pour un dirigeant allemand, réformer signifie procéder à des changements structurels et équilibrer les budgets pour être plus compétitifs. Pour un Français ou un Italien, cela veut dire plus de dépenses publiques, des politiques orientées vers la création d’emplois. Et pour David Cameron, évidemment, réformer l’Union européenne (UE) passe par un nouveau contrat pour la Grande-Bretagne. La réforme, pour lui, cela veut dire la reconnaissance de l’exception britannique en Europe.

Lire aussi : David Cameron contre le reste de l’Europe

Dans la discussion sur la renégociation à venir, l’accent a été mis jusqu’ici sur l’éventualité de la modification des traités, les termes de l’adhésion de la Grande-Bretagne à l’UE et les conséquences juridiques d’un changement. Mais M. Cameron est resté volontairement vague, essayant plutôt de savoir ce que les autres – par les autres, il entend essentiellement Angela Merkel – sont prêts à céder. Il n’y aura pas de modification importante des traités. Cela prendra trop de temps. Et les dirigeants de la zone euro sont profondément irrités par le côté donneurs de leçons de David Cameron et George Osborne, son ministre des finances.

Dans l’idéal, le premier ministre britannique voudrait obtenir un droit de veto pour la Chambre des communes sur la législation européenne. Il n’a aucune chance de l’obtenir : 27 autres parlements demanderaient la même chose et l’Union risquerait la paralysie. Il voudrait retirer du traité, ou tout au moins en exempter la Grande-Bretagne, la clause prônant « une union toujours plus étroite » – un manifeste fédéraliste, aux yeux des eurosceptiques.

Liberté de circulation

L’immigration et la liberté de circulation sont des revendications cruciales pour M. Cameron ; son gouvernement cherche un moyen légal de limiter les prestations sociales dont peuvent bénéficier les ressortissants de l’UE en Grande-Bretagne. Sur ce sujet-là, une évolution importante s’est produite. Jusqu’à novembre dernier, l’ancien président de la Commission José Manuel Barroso rejetait les arguments sur le « tourisme social ». Mais la petite musique qui émane ces temps-ci de Donald Tusk, le président du Conseil européen, et de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission est que, certes, la liberté de circulation est sacro-sainte, mais qu’elle ne doit pas pour autant servir de prétexte à l’abus de services sociaux. Ce ne sont pas les faits qui ont changé. C’est la politique. Cameron peut donc arracher quelque chose ici, qui l’autorise à refuser les allocations-chômage aux migrants de l’UE ou les compensations pour les bas salaires. Ceci pour une période limitée : le premier ministre parle de quatre ans.

Mais il va rencontrer de la résistance. Les ressortissants de l’UE sont censés être égaux : une telle mesure serait discriminatoire et créerait deux catégories de citoyens européens. En outre, il y aura un certain degré de réciprocité. Or quelque deux millions de Britanniques vivent ailleurs dans l’UE ; des dizaines de milliers d’entre eux bénéficient de prestations sociales dans leur pays d’accueil. L’objectif de M. Tusk dans cette négociation sera d’obtenir un accord d’ensemble qui, oui, « réforme » l’Union, en accordant à Londres quelques concessions que tout le monde considérera bénignes.

Il y a actuellement une négociation en Europe de 18 contre 1, celle de la zone euro avec la Grèce. Elle se passe mal, avec une perspective de moins en moins irréaliste de sortie de l’euro pour la Grèce. Si M. Cameron finit par se retrouver seul face à 27, ce sera une mauvaise stratégie, préfigurant sans doute un mauvais dénouement. Et personne en Europe n’en a envie, car tout le monde sait que le « Brexit » sera bien pire que le « Grexit ».

Royaume-Uni: le projet de loi du référendum sur l’UE présenté au Parlement

Le gouvernement britannique présente jeudi au Parlement un projet de loi détaillant les modalités du référendum qui se tiendra d’ici fin 2017 sur « le maintien ou pas » du Royaume-Uni dans l’Union européenne, illustrant la volonté du Premier ministre d’avancer au plus vite sur ce dossier.

« Le Royaume-Uni doit-il rester membre de l’UE ? ». Telle est la question à laquelle les Britanniques devront répondre par « oui » ou par « non ».

Cette formulation positive figurant dans le projet de loi place les europhiles dans le camp du « oui ».

L’introduction de ce projet de loi a été annoncée mercredi devant le parlement de Westminster par Elizabeth II à l’occasion du traditionnel discours de la reine. Lu par la souveraine mais rédigé par le gouvernement, il présente les grandes lignes du programme législatif et marque l’ouverture de la session parlementaire annuelle.

« Une loi sera présentée pour organiser un référendum sur le maintien ou pas (du Royaume-Uni) dans l’Union européenne avant la fin 2017 », a-t-elle déclaré devant les parlementaires et les membres du gouvernement conservateur, qui ont écouté le discours debout.

David Cameron avait promis pendant sa campagne électorale de mettre en place cette consultation en cas de victoire aux législatives du 7 mai, que son parti a largement remportées face aux travaillistes, permettant aux Tories de conquérir une courte majorité absolue à la chambre des Communes.

« L’introduction du projet de loi sur le référendum sur l’UE est un pas concret vers le règlement du débat sur l’adhésion du Royaume-Uni de l’UE », a fait valoir une source proche du Premier ministre.

La consultation se tiendra au plus tard fin 2017 mais pourrait être organisée dès l’année prochaine.

C’est « la première fois depuis quarante ans que le peuple britannique a son mot à dire sur notre place dans l’UE », a souligné la même source. Le dernier et seul référendum sur la question de l’appartenance du Royaume-Uni au bloc européen remonte à 1975.

L’électorat sera pratiquement le même que pour les élections législatives, c’est-à-dire composé des citoyens britanniques et des citoyens irlandais et du Commonwealth résidents au Royaume-Uni, tous âgés de plus de 18 ans. Contrairement à la pratique aux législatives, les membres de la chambre des Lords pourront voter.

Par contre, les ressortissants de l’UE, autorisés à voter lors des élections locales, ne pourront pas s’exprimer.

Favorable au maintien de son pays dans une union réformée, le Premier ministre britannique compte d’abord tenter de renégocier certains aspects de l’adhésion du Royaume-Uni à l’UE.

Il aspire notamment à rapatrier certains pouvoirs au nom de la souveraineté du Parlement britannique et à durcir les conditions d’accès aux aides sociales pour les ressortissants de l’UE.

Pour défendre ses projets de réforme de l’UE, David Cameron entame une tournée des capitales européennes, commençant dès jeudi par un déjeuner avec le Premier ministre néerlandais Mark Rutte et un dîner à l’Élysée avec le Président français François Hollande.

Vendredi, il doit se rendre à Varsovie pour rencontrer la Première ministre polonaise Ewa Kopacz, puis à Berlin, pour voir la chancelière allemande Angela Merkel.

David Cameron compte s’entretenir avec l’ensemble de ses 27 partenaires européens avant le sommet des chefs d’État et de gouvernement des 25 et 26 juin à Bruxelles.

– Feuille de route du gouvernement –

Elizabeth II, vêtue d’une robe d’apparat et coiffée de sa couronne, a également annoncé mercredi que le gouvernement introduirait un texte visant à garantir un gel des impôts pesant sur les ménages (impôt sur le revenu, TVA et prélèvements sociaux) jusqu’en 2020.

Un millier de manifestants ont défilé en fin d’après midi dans le centre de Londres, passant notamment devant le 10 Downing Street, pour dénoncer les politiques d’austérité.

Le gouvernement conservateur compte également mettre en ?uvre la dévolution d’une « large gamme de pouvoirs » à l’Écosse. Cette mesure avait été promise en guise de compensation par M. Cameron après la victoire du « non » au référendum d’indépendance en septembre.

Il s’agissait du 62e « discours de la reine » prononcé par Elizabeth II. Depuis le début de son règne en 1953, elle n’a fait défaut qu’à deux reprises, en 1959 et 1963, parce qu’elle était enceinte.

Si le protocole a été considérablement simplifié au fil des siècles, il émane toujours une atmosphère surannée de cette tradition remontant à 1536.

La reine a parcouru en carrosse doré le court trajet entre le palais de Buckingham et Westminster. Au parlement, sa Majesté s’est assise sur le trône de la chambre des Lords, avec à sa gauche son époux, le duc d’Edimbourg. Le Prince Charles et son épouse Camilla étaient également présents.

Le discours s’est conclu par l’allocution rituelle: « Je prie pour que la bénédiction de Dieu tout-puissant veille sur vos délibérations ».

Le sprint diplomatique de David Cameron en Europe

mediaDavid Cameron est en tournée dans les capitales européennes pour renégocier les liens entre le Royaume-Uni et l’Europe.AFP PHOTO / THIERRY CHARLIER

Peu après le discours de la reine, dans lequel la reine Elisabeth II a rappelé la volonté du gouvernement d’organiser un référendum sur le maintien dans l’Union européenne, le Premier ministre David Cameron a commencé sa tournée européenne. Il est attendu à Paris ce jeudi.

C’est un véritable sprint diplomatique pour David Cameron. Au Danemark dès ce mercredi soir, le Premier ministre britannique se rend ensuite ce jeudi aux Pays-Bas. Amsterdam est en effet susceptible de soutenir sa volonté d’obtenir une réforme des traités européens, en vue du référendum pour le maintien, ou non, du Royaume-Uni dans l’Union européenne.

Ce sera sans doute plus compliqué à Paris où David Cameron doit dîner avec François Hollande. On dit le président français peu enclin à accepter un changement des règles de libre circulation au sein de l’Union, réclamé par le chef du gouvernement de Londres, et encore moins une modification des traités européens.

Après Paris, David Cameron ira vendredi à Varsovie, pour rencontrer la Première ministre polonaise Ewa Kopacz dont de très nombreux compatriotes travaillent au Royaume-Uni. Leur sort risque d’être sérieusement affecté par un éventuel changement des règles au sein des 28.

Le chef du gouvernement de Londres se rendra le même jour à Berlin. La chancelière Angela Merkel ne souhaite pas non plus la modification des traités, mais elle tient à ce que le Royaume-Uni reste dans l’Union et pourrait, peut-être, envisager de faire quelques concessions à David Cameron.

Lesquelles ? Cela est aujourd’hui très difficile à prédire, tant David Cameron reste secret en la matière. Le Premier ministre a bien évoqué le « rapatriement » de certaines prérogatives confiées à Bruxelles, notamment celle concernant les flux migratoires. Mais selon Philippe Marlière, professeur de sciences politiques à l’University College of London (UCL), tout cela est « très, très peu clair ».

Et si David Cameron a menacé de promouvoir le « Brexit », la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne, s’il n’obtient pas ce qu’il veut, cette option risque en réalité d’être pour le Premier ministre un réel casse-tête, estime encore Philippe Marlière. « S’il y a une sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne à la suite d’un référendum, les Ecossais, qui sont dirigés par le parti indépendantiste SNP et qui eux veulent rester dans l’Union européenne, demanderont immédiatement la tenue d’un autre référendum pour l’indépendance écossaise », prédit le professeur en sciences politiques à UCL. Sans compter que David Cameron entrerait dans l’histoire comme le Premier ministre qui a fait sortir le Royaume-Uni de l’UE.

« Pour toutes ces raisons, je pense donc que Cameron sera prudent. Il essaiera de soustraire aux alliés, aux partenaires européens un maximum de mesures, qu’elles soient réelles, imaginaires ou symboliques, pour pouvoir après recommander un vote contre la sortie de l’Union européenne », estime Philippe Marlière.

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Les revendications à venir de David Cameron

Le Monde.fr

Le premier ministre britannique, David Cameron, a demandé jeudi 28 mai à ses partenaires européens d’être « flexibles et imaginatifs » pour réformer l’Union européenne (UE), lors de l’étape parisienne de sa tournée européenne, engagée dans la perspective du référendum sur le maintien ou non (« Brexit » pour « British exit ») du Royaume-Uni au club des Vingt-Huit.

« Ma priorité est de réformer l’Union européenne pour la rendre plus compétitive et répondre aux inquiétudes des Britanniques quant à notre appartenance [à l’UE] », a déclaré le premier ministre britannique, tout juste réélu, à l’issue d’un entretien avec le président François Hollande. « Nous voulons aider la zone euro à mieux fonctionner et nous ne voulons pas faire obstacle à une plus grande intégration. Ce qui est important est que l’Union européenne et ses 28 membres soient flexibles et imaginatifs pour répondre à ces enjeux. […] Le statu quo n’est pas suffisant, des changements peuvent être faits », a-t-il ajouté.

De son côté, le président Hollande a réaffirmé qu’il était de « l’intérêt de l’Europe et du Royaume-Uni d’être ensemble » tout en disant son « respect » pour ce que décidera le « peuple » britannique. « M. Cameron présentera ses propositions et nous les discuterons », a-t-il déclaré. Le ministre français des affaires étrangères, Laurent Fabius, avait pour sa part jugé, jeudi, « très risqué » le référendum, prévu d’ici à la fin 2017.

Le premier ministre britannique, favorable au maintien de son pays dans une union réformée, entretient le flou sur les négociations à venir. Son ministre des affaires européennes, David Lidington, le reconnaît d’ailleurs clairement : « Mon conseil est de ne jamais publier par écrit une liste complète de nos revendications. » Mais les grandes têtes de chapitre sont connues.

Réduire l’immigration européenne

Depuis 2004, le Royaume-Uni a connu une forte vague d’immigration venant d’Europe de l’Est. Initialement, David Cameron a envisagé d’imposer des quotas aux frontières, mais cela aurait remis en cause le principe de la libre-circulation au sein de l’UE. L’Allemagne et la France ont rejeté cette idée. A la place, M. Cameron demande d’interdire l’accès à toute allocation sociale pour les immigrés européens pendant quatre ans, en espérant que cela réduise l’attractivité de son pays. Un tel changement irait cependant contre l’interdiction de discriminer entre les Européens.

Supprimer « l’union sans cesse plus étroite »

Londres souhaite supprimer ou à défaut ne plus se soumettre à la clause « union sans cesse plus étroite », inscrite dans le traité de Rome de 1957.

Protéger la City

M. Cameron reconnaît la nécessité de la zone euro de mieux s’intégrer, mais il demande que les pays qui ne sont pas dans la monnaie unique ne souffrent pas des décisions prises par ceux qui y sont. En particulier, il craint que de nouvelles régulations financières destinées à la zone euro aient un impact négatif sur la City.

Renforcer le rôle des parlements nationaux

Londres souhaite que les parlements nationaux puissent instaurer une sorte de « carton rouge » pour bloquer des règles émanant de Bruxelles. Il existe déjà un système de « carton jaune » qui permet de demander à Bruxelles de revoir sa copie si le tiers des parlements nationaux le demande. Il s’agirait d’aller plus loin, dans des modalités pour l’instant non précisées.

Renforcer la compétitivité de l’Union européenne

M. Cameron souhaite réduire la lourdeur administrative européenne, approfondir le marché unique, dans des domaines comme l’énergie ou le digital, et accélérer les négociations internationales de libre-échange, notamment sur le Traité transatlantique (TTIP).

Transfert de pouvoirs dans les deux sens

La demande est symbolique : jusqu’à présent, les pouvoirs ont essentiellement été transférés des pays-membres vers l’UE. M. Cameron souhaite obtenir une clause indiquant que les pouvoirs puissent aussi repartir dans l’autre sens et être « rendus » par Bruxelles aux nations.

M. Cameron sera vendredi à Varsovie pour rencontrer la première ministre polonaise, Ewa Kopacz, et à Berlin pour un déjeuner de travail avec la chancelière allemande, Angela Merkel.

La Matinale avec Eric Albert, à Londres, et l’AFP

Brexit: Cameron entame un plaidoyer pour la « flexibilité » de l’Europe

 LEXPRESS.fr avec AFP

david-cameron-francois-hollande-brexit_5347693David Cameron et François Hollande sur le parvis de l’Elysée ce jeudi.    AFP/CHARLY TRIBALLEAU

Le Premier ministre britannique dîne ce jeudi avec François Hollande, pour évoquer les propositions de réforme de l’UE et éviter le « Brexit », qu’aucune des deux parties ne souhaite.

Objectif: convaincre. David Cameron a débuté une tournée européenne pour persuader ses partenaires de la nécessité de réformer l’Union, alors que la Grande-Bretagne organisera d’ici 2017 un référendum sur son appartenance au club des 28.

Pas favorable à un « brexit » en bonne et due forme, le Premier ministre britannique espère que ses exigences seront entendues pour obtenir le soutien des électeurs Britanniques lors du vote.

>> Lire aussi: Les réformes réclamées par Cameron pour éviter un « no » britannique à l’UE

Une UE « plus compétitive »

A Paris ce jeudi, David Cameron a estimé « important » que l’Union européenne et ses membres soient « flexibles et imaginatifs » dans les réponses à apporter pour réformer l’UE. « Ma priorité est de réformer l’Union européenne pour la rendre plus compétitive et répondre aux inquiétudes des Britanniques quant à notre appartenance (à l’UE). Le statu quo n’est pas suffisant, des changements peuvent être faits et bénéficier pas seulement à la Grande Bretagne mais aussi au reste de l’Europe », a déclaré le Premier ministre britannique, tout juste réélu.

De son côté, François Hollande a réaffirmé qu’il était de « l’intérêt de l’Europe et du Royaume-Uni d’être ensemble » tout en disant son « respect » pour ce que décidera le « peuple » britannique. Après deux courtes déclarations à l’issue d’un entretien, le Premier ministre britannique et le président de la République française devaient poursuivre ces « discussions » lors d’un dîner de travail.

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commentaires

El Tel                     Commentaires bizarres de Jérémy Smith contre Signolles. L’Europe a longtemps joué un rôle de boogeyman dans la vie politique britannique, et Cameron a utilisé le promet d’un référendum à ce sujet pour neutraliser le menace d’UKIP contre son mandat continu et dans l’espoir qu’il y aura suffisant d’opposition contre le après l’élection qu’il puisse renoncer à cette promesse. Maintenant, il le faudrait trouver un équilibre délicat pour éviter un recul d ‘Europe assurément désastreux pour les intérêts britanniques.

  • Il est clair que les électeurs britanniques avaient un message fort à faire passer auprès de leurs élus. Un message qui ressemble à « S’il vous plaît, monsieur Cameron, on peut avoir encore quelques coups de pieds dans la gueule ? Il nous reste des dents », mais un message quand même.

McRastaMcRasta            « Le message, c’est surtout que les gens ne croient plus dans les promesses souvent tres démagogiques de la gauches, et qui ne se concrétisent jamais. »
McRastaMcRasta               « Mais un peu plus á gauche, tout de meme, de mon point de vue. »

On ne va pas faire un concours d’exemple, il y a largement matière dans ces 2 camps. Ce n’est certainement pas mieux pour les autres partis, mais sans accès au pouvoir, on ne pourra pas leur reprocher .. !

Nan je crois qu’il est temps pour vous comme pour moi de dépasser nos sensibilités politiques historiques pour se rendre compte que au moins les 3 + gros partis politiques sont démagos, menteurs et corrompus.
Entre l’UMP qatari et libyen, le FN russe, le PS, qui n’a même pas besoin d’être corrompu pour être nul, il est grand temps d’arrêter de voter pour ces partis d’un autre age.

McRastaMcRasta                 « La corruption et la démagogie sont effectivement partout. Et un grosabruti tout seul, meme aidé par un “ rasta ” (“ yo man !”) ne peut pas y faire grand chose. .. »

Bon alors c’est clair, on va pas changer le monde à deux. Surtout pas nous xD
Mais pour ne pas rester le dindon de la farce, il faut quand même réagir. Par exemple en bannissant à jamais l’idée qu’un parti politique qui s’est déjà compromis pourrait s’améliorer.
Ne laissons jamais penser que nous pourrions soutenir ces salops de l’UMP, qui ont géré leur parti comme la france, ces traitres de nationnal-socialistes (je sais, j’abuse niveau terminologie … quoique …) ou ces bourgeois démagos et fachos du FN.
Si tu veux, trouves moi un financement extérieur louche, ou une compromission quelconque pour les partis d’extreme-gauche et on les rajoute à la liste. Ça me ferait un peu mal au cul, mais c’est le prix de l’honnêteté intellectuelle.
Donc n’arrêtons jamais de dénoncer les repas au siècle, les loges maçonniques où se prennent des décisions politiques intérieure comme extérieure et soutenons les partis et candidats qui sont en dehors de l’establishment.
Agir autrement nous rendrait complice de ce foutoir.

Un grand moment !C’était à Charleville Mézières.   Mais Les Carolomacériens ne lui en ont pas tenu rigueur, puisqu’ils ont quand même élu un maire UMP.  Je rejoins donc la remarque du Margrave…

Margrave Von Karlebraum

Margrave Von Karlebraum    Absolument. Perso je suis favorable à faire vivre chaque électeur de Cameron en contrat zéro-heure pendant un an. On verra pour qui ils votent après.
BramborBrambor              Le chômage a baissé de 25% sous Cameron.                                                                                  Vous allez me dire « ouais mais si c’est pour avoir des contrats zéro-heure, non merci ». Pouvoir bosser un peu à côté, gagner parfois un peu d’expérience, pouvoir bosser plus facilement en tant qu’étudiant, compléter un mi-temps, c’est mieux que rien.     D’ailleurs, il y a des équivalents en France, à peu près. Des contrats free-lance ou autres. J’ai déjà été payé à la mission. Je m’en porte bien.

Margrave Von Karlebraum

Margrave Von Karlebraum                                                                                                                                                 Oui, mais si c’est pour avoir des contrats zéro-heures, plus de NHS, des salaires qui ne permettent pas de payer même son loyer, des horaires qui empêchent toute forme de vie, sociale ou non, plus d’aides sociales et surtout la moitié du pays laissée à côté parce que non nécessaire, non merci.

Brambor

Brambor                    Des salaires qui permettent de mieux payer son loyer qu’en étant chômeur, des horaires qui peuvent se négocier, tous les employeurs ne sont pas des monstres, et les étudiants précisent les heures où ils sont disponibles, c’est d’ailleurs pour ça que certains cumulent deux contrats, et ils ont toujours des aides sociales s’ils ne gagnent pas assez. Il suffit de rentrer par ordinateur son salaire mensuel pour avoir droit aux aides sociales correspondantes. Même avec un contrat zéro heure.

Je rappelle aussi que seuls 1.4 millions de salariés sont concernés par ce contrat.

Margrave Von Karlebraum

Margrave Von Karlebraum   Vous déconnez quand vous dites que « les horaires sont négociables » ? C’est justement le principe inverse qui est au coeur des ZH. Quant à cumuler deux contrats, c’est inenvisageable : il faut que vous soyez TOUJOURS disponible. Impossible de cumuler.

Dans les faits, ce que je vois, c’est qu’on arrive dans pas mal de coins à la troisième génération de chômeurs et que la seule réponse du gouvernement consiste à leur dire qu’il faut renforcer le workfare.

BramborBrambor          Vous savez bien que l’employé fournit des plages horaires de disponibilité. Il doit être disponible dans ces eaux-là.

C’est pour ça que des étudiants signent des contrats zéro-heure. Donc si, on peut cumuler.

Dans les faits, ce que vous ne voyez pas, c’est que le chômage a baissé de 25% dans ce pays. C’est peut-être pas suffisant pour vous, mais c’est déjà pas mal, et ça va dans le bon sens. L’inversion de la courbe du chômage, eux ils connaissent. 5.5% de chômage, c’est plutôt pas mal.

                                           Vous savez très bien que l’argument de la baisse quantitative du chômage n’a aucun autre intérêt qu’électoraliste : un mec qui peut à peine payer son loyer – et encore – et rien d’autre, économiquement, il n’y a aucune différence avec un chômeur.
L’enjeu c’est d’avoir une économie qui permette aux gens de consommer et de vivre un peu, déjà parce qu’on est une société, et ensuite parce que l’austérité ça veut dire la déflation. Or, en dehors du milieu de la finance et un peu du tertiaire, les Britanniques, en ce moment, c’est pas la joie. Ce qui rend le pays complètement morose et sclérosé.

BramborBrambor            C’est tellement pas la joie qu’ils ont réélu Cameron.                                                            Demandez donc à ceux qui ont ces contrats zéro-heure s’ils préfèrent être chômeur. S’il n’y a aucune différence, je ne vois pas pourquoi ils s’emmerderaient à travailler.

eponineeponine Je sais pas pour les étudiants mais une de mes collocs est sous contrat zero et c’est vraiment galère quand c’est payé au smic et que la patronne l’appelle à pas d’heure pour venir bosser 4h seulement le lendemain. Elle gagne à peine de quoi payer son loyer (chambre partagée avec un pote dans une colloc) c’est dire si c’est un contrat qui ne convient qu’à une minorité de gens pas à ceux qui sont complètement dans la vie active et qui ne dépendent que d’eux même pour vivre. Bref elle songe à quitter ce boulot…

Gibert Because-Youno

Gibert Because-Youno    « déjà parce qu’on est une société’                                                                                         Enfin, baron, vous savez bien que pour Brambor, tout comme Cameron et les autres, “there is no such thing as a society”.
Hansi KHansi K                     C’est pas la joie, mais Cameron sort des élections avec une majorité absolue. Je doute que beaucoup de chefs d’Etat en Europe, hors Merkel, puissent en dirent autant.

Si ils se font tondre et qu’ils aiment ça, c’est leur affaire, d’autant plus que j’aurais du mal à pleurer sur le Labour.
Après, je suis d’accord, résorber le chômage à coup d’emplois à 10 heures par semaines avec des allocs, j’appelle ça une subvention du travail peu qualifié, et ça ne dit rien en réalité de la qualité du marché du travail britannique. N’empêchent qu’ils en sont contents.

irritéirrité                           Ben, les Anglais préfèrent avoir des travailleurs pauvres plutôt que des chômeurs pauvres. Mais c’est vrai que pour un Anglais, « si tu es pauvre, c’est aussi de ta faute »                                                                 Chacun sa vision du monde et que le meilleur …
Stephane45Stephane45              Et qu’est-ce qui coûte le plus cher à la société ? Des travailleurs pauvres, ou des chômeurs pauvres ?

Et quel statut permet le plus de s’élever socialement ? Travailleur pauvre ou chômeur (de longue durée) pauvre ?
Et lequel de ces 2 pays est le champion de la morosité et du pessimisme ? La GB ou la France ?

Sinon, les législatives anglaises, dont l’importance (surtout depuis la mise en place du quinquennat et l’inversion des calendriers, merci Jospin) ne peut être comparée qu’avec les présidentielles françaises, n’ont réuni que 64% de votants, là ou nous flirtons avec les 85% de participation.
A votre avis, quel peuple est le plus désabusé par la politique ?

« Et qu’est-ce qui coûte le plus cher à la société ? Des travailleurs pauvres, ou des chômeurs pauvres ? »
Des travailleurs pauvres. Définitivement.

« Mieux vaut des travailleurs pauvres que des chômeurs » c’est des conneries. Un slogan politicard au mieux.

Ça a un impact direct sur les prélèvements obligatoires.
Tout l’argent nécessaire à indemniser les chômeurs est autant d’argent perdu pour l’investissement public.

En résumé, il vaut mieux être chômeur en France, mais collectivement, la solidarité coute moins cher au RU..

Pas de malentendu, je suis plus confortable dans notre système que dans celui des Anglais, mais…
1/ Budget séparé ou pas, la somme globale financée par chaque citoyen est bien supérieure en France que ce qu’elle est en GB pour un même coût du travail.
2/ C’est votre discours qui est politique. Moi je me contente d’avancer une évidence.

Alors, en France le budget de l’assurance chômage n’est pas le même que celui de l’investissement public. Ce sont deux budgets séparés : le chômage est du salaire indirect, financé par les cotisations sociales (qui ne sont pas des « charges » mais du salaire) et sur la caisse de l’Unedic. Les investissements publics sont financés sur le budget de l’Etat, des collectivités territoriales ou, plus récemment, par vous et moi directement (de façon plus coûteuse que si c’était par l’impôt) via les PPP. Donc ça n’a aucun rapport. Si vous retirez à l’un vous ne donnez pas à l’autre.
Ensuite, il n’y a aucun intérêt économique à maintenir l’essentiel de la population dans des conditions de travail précaires : c’est autant d’acteurs qui ne consomment pas, ne participent pas à l’économie, et donc autant de production qui ne se fait pas. C’est les emplois qui font la croissance, pas l’inverse. A terme, si les acteurs raisonnement de façon rationnelle, il devient plus intéressant pour eux de tout simplement quitter l’emploi que de travailler pour rien (j’ai des amis qui commencent à faire ça : plutôt que de multiplier les emplois sous-payés qui ne leur permettent pas de vivre ils se tournent vers des pratiques d’autoconsommation et abandonnent tout bonnement le travail). Quand des acteurs font ça de façon marginale, c’est mignon. Si ça se généralise, vous êtes dans la merde.
Enfin, je sais que cette considération est un peu hors de mode dans cette période où on ne se préoccupe plus que de l’aspect comptable, mais faut aussi se rappeler que le principe de tout ça reste que des hommes vivent, pas que des comptes aient l’air joli. Le fait que l’absence de solidarité au Royaume-Uni coûte moins cher, on s’en cogne, en fait.

« Vaut mieux des travailleurs pauvres que des chômeurs », c’est de la politicarderie. Le travail précaire n’est pas une solution viable contre le chômage. Travail précaire égale manque de consommation égale déflation égale encore moins de commandes égale plus de chômage. Il vaut mieux des travailleurs riches que des chômeurs. Sauf que la lutte sociale étant actuellement dominée, disons-le, par des organisations patronales extrêmement court-termistes et assistées, dire ça a l’air d’être du bolchevisme, cependant que c’est juste du bon sens.

BramborBrambor                  C’est marrant je l’attendais l’exemple d’Adolf.   Si vous voulez je vous donne une vingtaine d’exemples de dirigeants qui n’ont pas été élus par le peuple et qui ont fait pas mieux que Hitler. Pol Pot, Kim-Jong-il…    Vous pourrez aussi me sortir que la démocratie, c’est la dictature de la majorité, et d’autres trucs contre la démocratie. Je suis sûr que vous auriez été un fervent démocrate si le peuple votait plus à gauche de toutes façons. Le vote, c’est bien quand le peuple vote à gauche, autrement c’est trop nul.
carocaro                               « un retour de Naboléon. » difficile depuis une cellule : -))
harry vederciharry vederci        incidemment, un brexit couterait 6 a 8 milliards d’euros à l’UE…                         et oui, malgré le cheque « Thatcher », l’Angleterre est une contributrice nette au budget européen.                   C’est bien de souhaiter virer le trublion, mais avec on virera aussi sa participation financière.
Jean-Marie Fleury                            Les anglais nous ont fait ch.r pour rentrer dans l’Europe, ils nous font ch..r depuis qu’ils y sont et nous ferons encore plus ch..r lorsqu’ils n’y seront plus !!!                                                                                   C’est très peu diplomatique mais c’est la triste réalité !
Louis Dupont                                  Il y a à mon avis une chose dont nous devons être infiniment reconnaissants à M. Cameron, qui est de rappeler que, s’ils le désirent, les peuples qui ont le privilège de vivre (encore) dans un espace démocratique ont le choix de leur destin. Et qu’ils ne sont pas (encore) définitivement livrés aux méfaits du « césarisme bureaucratique » de M. Juncker et acolytes. Il ne faut évidemment pas attendre de la classe politique française qu’elle saisisse ce message, mais il n’en reste pas moins essentiel pour l’avenir.
GUY DUMOND                              DeGaulle avait réson qui n’a jamais souhaité l’entrée de la GB dans l’UE.                         Ils n’ont jamais été européens.                                                                                                                                                 Ils ne sont pas dans la zone euro; leur sortie we l’UE sera réellement et très concrètement un « non évènement ».                 Le bénéfice de cette sortie sera de remettre les compteurs à zéro pour la GB face à l’UE.
Jacques FoucheurJacques Foucheur    Cette Europe n’a rien d’une union. C’était une très belle idée qui a été dévoyée à l’envi. Chaque peuple peut très bien ne pas renier son histoire sans pour cela être une entrave à une union des peuples européens.
Pourquoi alors nous mettre à tout prix le contraire dans l’esprit?
Une Europe qui préfère s’opposer à certains développements économiques locaux jugés entraver la concurrence internationale, c’est l’union hypocrite. C’est une union qui privilégie le grand patronat opposé aux droits sociaux et rien d’autre.
Il faudra sans doute choisir entre la disparition de cette Europe là et l’arrivée des extrémes droites au pouvoir.
Mais aucun de ceux qui nous taxent de populistes n’est responsable bien sûr!
Tigre BleuTigre Bleu          L’on nous ment depuis trente ans, chaque fois la même chanson: si on dévie de la voie tracée c’est la chaos! Si vous votez non, c’est l’Armageddon! Il n’y a pas de plan B!
On voit à chaque fois ce qu’il en est.
Il est plus que temps de se débarrasser de ces augures à l’esprit sclérosé et de construire l’Europe des hommes, pas celle des capitaux.
F. OliF. Oli                  La Suisse soutiendra le Royaume Uni , mais pas sans contre -partie. C’est le début de la fin pour l’Europe. Et les français devront aussi prendre leur responsabilité. Mais il faut être courageux ?!?!
Sandra BarjosSandra Barjos   « La Suisse soutiendra le Royaume Uni », oui ba ça tombe assez bien étant donné que la Suisse ne fait pas parti de l’Europe.
Pierre Munstead                                que vient faire la Suisse ici. Elle ne fait pas partie de l’UE.

Le sanglier de Génolhac                  « à chaque fois… que nous aurons à choisir entre le vieux continent et le grand large (NOTA : Les U. S. A), nous choisirons le grand large ». Sir Wimston Churchill, 1945

sirio caramelli                                      qu’il doit donc être faible ce Cameron si, une fois réélu, c’est tout ce qu’il est capable de proposer…

Louise Martin                                      On aura probablement les deux, mais dans quel ordre? Le Grexit aurait l’avantage de remettre en cause l’existence de l’euro.

J. Bruno Debruille                                « Et personne en Europe n’en a envie, car tout le monde sait que le « Brexit » sera bien pire que le « Grexit ». » Il faut vraiment qu’on m’explique pourquoi. Moi, je n’y vois que des avantages.

Fontenoy Battle II                               Messieurs les anglais, tirez vous les premiers!

Vincent Segura                                  Qu’ils restent ou qu’ils partent. Personnellement je préfère la première option… à la condition impérative qu’il n’y ait aucun chantage, aucune exception britannique, en aucune sorte. Pourquoi pas alors des « exceptions » allemandes, hollandaise, française, espagnole ? L’Europe, déjà bien décrédibilisée ne s’en remettrait pas.

  • danciu  • 

    déhors!

    Laurent  • 

    Qu’ils répondent non ! Merci d’avance au nom de l’Europe.

    jean claude  • 

    ils ont bien plus à perdre  qu’a gagner leur premier marché est quand même l’Europe que les droits de douanes soient réinstallées ça va tout changer pour eux et leur croissances va en prendre un sacré coups Mais les anglais sont pragmatiques alors laisson faire

    Christophe  • 

    Cela fait 40 ans que les Anglais pourrissent l’Europe.
    Qu’ils dégagent, nous, on garde les Ecossais.

    Napoléon  • 

    Les anglais , se sont toujours débrouillés tous seuls .Pas besoin de l’Europe pour leur guider la marche à suivre dans leurs affaires qui , à priori s’en sortent mieux que nous .

    Francisco  • 

    D’ici 2017 ils auront obtenu suffisamment d’avantages et de passe-droits de l’UE que le référendum sera devenu sans objet ! Par contre pour nous français nous serons encore les  « dindons de la farce » cuits et recuits !

    elian  • 

    ouste !

    Nebé54                                  Je commence à me demander si dans la direction de la  » flexibilité « , les 28 États de l’europe seraient capables d’être unanimes… On devrait statistiquement avoir plus de chance de gagner à l’euro millions.

    Je ne comprenais pas pourquoi les anglais voulaient -soit disant- sortir de l’Europe. Magnifique pièce de théâtre pour faire peur, et imposer à toute l’Europe encore plus de « flexibilité », ou  » paupérisation  » c’est synonyme. C’est à gerber.

    signolles                                Si on accepte le chantage de Mr Cameron, c’est la fin de l’Europe.On ne peut accepter une Europe à la carte où chacun recherche avant tout son propre intérêt. Mr Cameron a un but: nous « rouler dans la farine ». Les Britanniques ne se sentent pas Européens: c’est leur droit le plus strict. Qu’ils quittent l’Union. Ils n’auraient jamais dû y entrer.

    MISTRAL06                         Enfin un homme qui a le courage de ses opinions

    ISABELLE MAGNIN             « De la flexibilité et de l’imagination » on va lui en donner à Monsieur Cameron. Un, il n’a pas encore acté ni défini de date pour son « fameux » référendum. Deux, il se promène en Europe pour revendiquer ses attentes !! On rêve, ou on marche sur la tête….Et Hollande qui lui fait encore des courbettes. Mais monsieur Cameron n’est ni indispensable, ni le conseiller number one de Bruxelles à ce que je sache ! Sa tête a tellement gonflé depuis sa réélection qu’il se prend presque pour le Roi.

  • 4 Immigrants au Panfhéon

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    Cinq choses insolites que vous ne saviez (peut-être) pas sur le Panthéon

    ANECDOTES HISTORIQUES – Après leur panthéonisation mercredi, les résistants Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion, Pierre Brossolette et Jean Zay reposeront à leur tour à l’ombre de la devise « Aux grands hommes, la Patrie reconnaissante ». Ceux qui les ont précédé dans ce club très sélect auraient une foule d’histoires à leur raconter.

    Le Panthéon prêt à accueillir Jean Zay, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Germaine Tillion.

    Le Panthéon prêt à accueillir Jean Zay, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Germaine Tillion. Photo : AFP

    Mirabeau, premier admis, premier expulsé
    Il est entré le premier au Panthéon en 1791, grillant la politesse à Voltaire. Mais il est aussi le premier à en voir été expulsé. Mirabeau, porté par les révolutionnaires sous la coupole de la rue Soufflot deux jours après sa mort, un record, sortira par la petite porte trois ans plus tard, après des révélations sur son double jeu avec le roi. Il n’est pas le seul à avoir ainsi perdu la reconnaissance de la Patrie. On peut en particulier citer Marat, qui avait pris sa place et a connu pareil déshonneur après quatre petits mois de repos dans la crypte, le vent de la Révolution ayant tourné.

    Certains ne font qu’accompagner des proches
    C’est le cas de Sophie Berthelot, la première femme entrée au Panthéon, inhumée avec son mari le chimiste Marcellin Berthelot, qu’elle a précédé de quelques heures dans la mort. Victor Schoelcher, à qui on doit l’abolition de l’esclavage, a également souhaité qu’on ne le sépare pas de son père Marc. Autre « incruste » à côté des 71 personnalités aujourd’hui inhumées sous la coupole : Soufflot, l’architecte du Panthéon, qui a lui-même demandé à y enterré.

    LIRE AUSSI >> Panthéon : qui sont Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion, Pierre Brossolette et Jean Zay ?

    Des cercueils vides
    Comme ceux de Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz, qui ne contiendront que de la terre prélevée dans le cimetière où elles reposent, à la demande de leurs familles, plusieurs cercueils ne contiennent pas de dépouille au Panthéon. On peut en particulier citer celui de Condorcet, dont le corps, jeté dans une fosse commune, n’a jamais été retrouvé. Ou encore celui de Gambetta : seul son cœur repose dans une urne. On peut de toute façon être au Panthéon sans y être inhumé. Les noms de plus d’un millier de personnes, comme ceux des « Justes de France », sont inscrits sur les murs du bâtiment. D’autres, comme Aimé Césaire, disposent de plaques commémoratives.

    Un seul peintre
    En matière de reconnaissance, la patrie ne fait pas dans la diversité. Pour la parité, on est proche du zéro pointé : les arrivées de Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz vont doubler d’un seul coup le nombre de femmes. Même chose pour la diversité ethnique : seuls l’homme politique guyanais Félix Éboué et l’écrivain métis Alexandre Dumas la représentent. Et si le Panthéon fait la part belle aux militaires (du premier empire surtout) et aux hommes politiques, il ne compte qu’un seul peintre : Joseph-Marie Vien, pourtant moins connu que son élève David.

    Pas que des Français
    Aujourd’hui, il faut obligatoirement être Français pour entrer au Panthéon. Mais cela n’a pas toujours été le cas. Quatre italiens, un Néerlandais et un Suisse, y reposent aussi en remerciement de leur soutien à Napoléon.

    Six questions sur les « grands hommes » du Panthéon

    Le Monde.fr Jérémie Lamothe

    Mercredi 27 mai, quatre nouvelles personnalités feront leur entrée au Panthéon.

    Mercredi 27 mai, quatre personnalités, deux femmes et deux hommes, vont faire leur entrée au Panthéon. L’occasion de revenir sur l’histoire de ce temple devenu républicain en 1791.

    • Qui sont les nouveaux panthéonisés ?

    Quels sont les parcours de ces nouveaux entrants, dont le point commun est d’avoir participé à la Résistance durant la seconde guerre mondiale ?

    Alors qu’elle étudiait l’ethnologie en Algérie, Germaine Tillion (1907-2008) entre en Résistance dès son retour en France, en 1940, au sein de ce que l’on appellera le réseau du Musée de l’homme. A la suite d’une trahison, elle est arrêtée en 1942, puis déportée dans le camp de concentration pour femmes de Ravensbrück, en Allemagne. Germaine Tillion est également faite Grand-Croix de la Légion d’honneur, en 1999.

    Lire le portrait : Germaine Tillion, une rescapée engagée contre la torture

    Après avoir étudié à l’Ecole normale supérieure, Pierre Brossolette (1903-1944) devient un journaliste engagé. Début 1941, il entre également dans le réseau du Musée de l’homme et devient rédacteur en chef du journal Résistance. Il rejoint Londres, où il prononce de nombreux discours depuis les locaux de la BBC.

    Mais ses prises de position lui valent de nombreuses inimitiés. Il s’oppose en particulier à Jean Moulin qui souhaite rassembler, autour du général de Gaulle, l’ensemble des formations politiques et les mouvements de résistance dans un conseil national. De retour en France à l’automne 1943, il est arrêté le 3 février 1944 par la Gestapo. Transféré dans les locaux de la police politique allemande à Paris, il se défenestre le 22 mars, pour éviter de parler sous la torture. En raison de son opposition à Jean Moulin, l’entrée de Pierre Brossolette au Panthéon a fait l’objet de nombreuses polémiques.

    Lire le portrait : Pierre Brossolette, le rebelle de la France libre
    Comme Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz (1920-2002) est une rescapée du camp de Ravensbrück. Nièce du général de Gaulle, elle est arrêtée le 20 juillet 1943, dans une librairie parisienne en possession de documents clandestins. Elle aussi a fait partie du réseau de résistance du Musée de l’homme et a participé à des missions de renseignement. Elle est également emprisonnée dans le camp pour femmes de Ravensbrück. Dès la fin de la guerre, Geneviève de Gaulle-Anthonioz participe à la création de l’Association des anciennes déportées et internées de la Résistance. Elle préside l’association ATD Quart-Monde de 1964 à 1998. Geneviève de Gaulle-Anthonioz est la première française à recevoir la Grand-Croix de la Légion d’honneur.

    Lire le portrait : Geneviève de Gaulle-Anthonioz, à la hauteur du nom

    Jean Zay (1904-1944) fait également son entrée au Panthéon. Grand défenseur de la laïcité, il est élu député du Loiret alors qu’il n’a que 28 ans. Après la victoire du Front populaire en 1936, Jean Zay devient ministre de l’éducation nationale et des beaux-arts. C’est le plus jeune ministre de la IIIRépublique. Mais le 3 septembre 1939, le jour même de l’entrée en guerre de la France, il démissionne.

    Après l’appel de Charles de Gaulle, il embarque, avec 27 parlementaires, à bord du Massilia. Direction le Maroc pour continuer la guerre depuis l’Afrique du Nord. Mais il est arrêté à Rabat et renvoyé en métropole. Il passe ensuite plus de trois ans en prison. Le 20 juin 1944, trois membres de la Milice, une organisation vichyste, se font passer pour des résistants, sortent Jean Zay de sa cellule et l’amènent dans une carrière abandonnée. Avant de se faire exécuter, l’Orléanais Jean Zay cria « Vive la France ! »

    Lire le portrait : Jean Zay, un républicain aux avant-postes du combat antifasciste

    • Combien de personnes sont inhumées au Panthéon ?

    En faisant entrer ces quatre résistants, le chef de l’Etat porte à 77 le nombre de personnes qui reposent dans le Panthéon. Jusqu’ici, le temple républicain des « grands hommes » ne comptait que deux femmes, Marie Curie et Sophie Berthelot. Cette dernière est inhumée en tant qu’« épouse de », au côté de son mari le chimiste et homme politique Marcellin Berthelot. En compagnie de Marie Curie, Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz formeront donc le cercle très restreint des femmes panthéonisées grâce à leur action.

    François Hollande a choisi quatre résistants de la seconde guerre mondiale mais la liste des panthéonisés est très hétéroclite. Y figurent des hommes politiques (Antoine Condorcet, Jean Jaurès, Jean Monnet…), des écrivains (Jean-Jacques Rousseau, Victor Hugo, Emile Zola…), des scientifiques (Pierre et Marie Curie, Paul Langevin, Gaspard Monge…) ou encore des militaires (Michel Ordener, Gabriel-Louis Caulaincourt…).

    Lire aussi : Qui repose au Panthéon ?

    • Le Panthéon a-t-il toujours accueilli les « grands hommes » ?

    Dans un rapport sur le rôle du Panthéon remis à François Hollande en 2013, Philippe Bélaval, président du Centre des monuments nationaux, rappelle l’histoire de ce monument.

    D’après ce dernier, l’édifice « a été conçu à la fin du règne de Louis XV comme une église catholique consacrée à sainte Geneviève, légendaire patronne de Paris ». A la Révolution, il devient « un temple destiné à recueillir les restes des hommes qui avaient préparé ou accompagné la chute de l’Ancien Régime ». Il prend alors à ce moment le nom de Panthéon. Durant le XIXe siècle, selon le régime établi en France, le monument est « ballotté entre son usage religieux et son usage laïc ». A la suite du triomphe de la République, l’usage laïc de l’édifice va l’emporter. Quelques jours après la mort de Victor Hugo, un décret du 26 mai 1885 l’officialise en rendant au Panthéon « sa destination primitive et légale ».

    • Qui peut décider d’une entrée au Panthéon ?

    Le détenteur de ce pouvoir a beaucoup évolué au gré des régimes. En 1791, la décision d’inhumer une personnalité au Panthéon est dévolue à l’Assemblée constituante. Avant d’être confiée à la Convention en 1794. Sous le Premier empire, ce pouvoir revient à Napoléon Ier. Au cours de la IIIe et la IVe République, ce sont les parlementaires qui ont l’initiative du décret de panthéonisation.

    Sous la Ve République, c’est au président de la République de décider arbitrairement qui peut rentrer au Panthéon. Deux conditions doivent être respectées aujourd’hui : la nationalité française de la personnalité et l’accord de sa famille. Ce qui n’a pas toujours été le cas. Napoléon Bonaparte a ainsi fait entrer quatre Italiens, un Suisse et un Néerlandais.

    Mais une nouveauté est apparue en 2013. En parallèle de son rapport sur le rôle du Panthéon, Philippe Bélaval a lancé une grande consultation citoyenne en ligne. Elle avait pour but de permettre aux internautes de « participer à la réflexion qui pourrait conduire à de nouveaux hommages rendus à des hommes ou des femmes illustres au Panthéon ». Plus de 30 000 citoyens ont donné leur avis sur les qualités que doivent posséder les futurs panthéonisés. L’engagement pour la liberté arrive en tête (26,12 % des interrogés), devant l’engagement pour l’égalité (17,75 %). Viennent ensuite l’engagement pour la paix, l’action politique, l’engagement humanitaire ou pour la fraternité… Les citoyens ont également pu donner des noms de personnalités qui pourraient rentrer au Panthéon. Parmi les réponses figuraient ainsi Jean Zay et Germaine Tillion.

    • Quel est le plus grand « panthéonisateur » ?

    La palme du plus grand « panthéonisateur » revient sans conteste à Napoléon Ier. Sur les 77 « grands hommes », l’empereur en a inhumé une quarantaine. Dans son rapport, le président du Centre des monuments nationaux, Philippe Bélaval, explique ce chiffre par le fait que Napoléon Bonaparte « y destinait tous les dignitaires de l’Empire morts en fonction ».

    Sous la Ve République, le général de Gaulle n’a panthéonisé qu’une seule personne, son compagnon de la Résistance Jean Moulin. Au contraire, François Mitterrand a beaucoup utilisé la symbolique républicaine du Panthéon. Dès le jour de son intronisation, le président socialiste, suivi par une foule immense, est venu à pied, une rose dans la main, se recueillir dans le Panthéon. Au cours de ses deux septennats, il a fait inhumer sept personnalités dont les époux Curie, ou encore Jean Monnet. Un record sous la Ve République.

    Sous Nicolas Sarkozy, seul Aimé Césaire a eu droit à un hommage national au Panthéon, en 2011. Depuis une plaque porte le nom, son corps étant resté en Martinique selon sa volonté. L’ancien chef de l’Etat souhaitait également panthéoniser Albert Camus, mais la famille de l’écrivain a refusé.

    Le romancier métis, Alexandre Dumas, est donc le dernier à avoir été panthéonisé, en 2002, par Jacques Chirac.

    • Est-il possible de retirer quelqu’un du Panthéon ?

    L’entrée dans le Panthéon n’est pas définitive. Certaines personnalités ont en effet été retirées depuis 1791. Dont le premier à y entrer, Mirabeau. Après avoir été panthéonisé en 1791, on découvre que le politique tenait une correspondance secrète avec le Roi. Convaincu d’être un agent double, son corps est évacué par la porte de derrière en 1794. Marat, Le Peletier et Dampierre ont subi le même sort.

    Lire : Politiques, écrivains, résistants : que savez-vous des « grands hommes » du Panthéon ?

    Au Panthéon, quatre cercueils et un président

    Par Olivier Le Naire,
    francois-hollande-sur-les-marches-du-pantheon_5342621 François Hollande le sait bien: une panthéonisation est l’occasion unique, pour un chef de l’Etat, de mettre un pied dans la porte de l’Histoire. AFP PHOTO/POOL/Philippe Wojazer

    Ce mercredi, François Hollande reçoit dans le temple de la Nation 4 grands résistants et résistantes. Un acte personnel, régalien, que le chef de l’Etat a suivi jusque dans les moindres détails. Coulisses d’une cérémonie ô combien politique.

    L’affaire s’est jouée le 27 septembre dernier à la Ruche, une cité d’artistes du XVe arrondissement de Paris. Emmené par son conseiller Pierre-Louis Basse, François Hollande tombe ce jour-là en arrêt devant des portraits de résistants martyrisés par les Allemands durant la guerre. Des oeuvres réalisées par l’un des maîtres du street art: Ernest Pignon-Ernest. Dès le lendemain, Basse appelle l’artiste et lui demande, au nom du président, s’il accepterait de réaliser les quatre immenses portraits qui seront accrochés aux colonnes du Panthéon, lors des cérémonies du 27 mai, où François Hollande recevra dans le temple de la Nation quatre grandes figures de la Résistance.

    Il se trouve qu’Ernest Pignon-Ernest, dont le travail est inspiré par la mémoire, connaissait Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion, et qu’il admire le parcours des deux autres personnalités choisies: Pierre Brossolette et Jean Zay. L’artiste accepte donc la commande. Et quelques mois plus tard, un samedi matin, de bonne heure, qui s’invite à nouveau dans son atelier? Le président lui-même, venu s’assurer du résultat.

    Au Panthéon, il n’y a plus de « président normal »

    Cette visite prouve combien les panthéonisations représentent, aux yeux de François Hollande, l’une des grandes affaires de son quinquennat. A l’Elysée, ses conseillers ne cachent pas que le président se prépare avec le plus grand soin à cette fameuse date du 27 mai. Et tranche personnellement chaque détail, comme la présence ou non de drapeaux sur les cercueils, l’ordre d’entrée desdits cercueils dans la nécropole, l’emplacement de chacun au sein du caveau que lui-même a choisi et imposé aux familles. Sans parler des deux virées chez Pignon-Ernest.

    >> Lire aussi: Entrez au Panthéon, par Olivier Le Naire. L’Express-Omnibus, 144p, 12€

    En digne successeur du général de Gaulle et de François Mitterrand, qui firent un usage très politique du Panthéon, François Hollande connaît le poids de l’Histoire et la nécessité d’incarner la majesté de sa fonction. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’invité vedette de Julien Bugier, le maître de cérémonie pour France Télévisions, sera le royal Stéphane Bern. Au Panthéon, il n’y a plus de « président normal » qui tienne. Et même si le but premier de l’opération est de réunir les citoyens autour de valeurs exemplaires, au pays de Louis XIV, tout chef de l’Etat sait que, pour mettre un pied dans la porte de l’Histoire, mieux vaut ne compter que sur soi.

    Or quel lieu mieux indiqué pour cela que le Panthéon? Une fois seul parmi les grands hommes, oubliées la courbe ascendante du chômage et celle, descendante, des sondages; effacée, l’opposition! Ne reste qu’un homme, seul face à son destin, seul face à l’Histoire, à ses héros. Et aux caméras. La grandeur de la France, l’union nationale, La Marseillaise, le Chant des partisans, le bleu, le blanc, le rouge. Frissons garantis, pour peu que l’affaire soit mise en scène proprement.

    Et pour cela, on peut faire confiance à l’Elysée. Les détracteurs de Hollande mettent d’ailleurs un malin plaisir à concéder que c’est ce que le président fait de mieux depuis trois ans. Comme en 2014 pour les cérémonies du 70e anniversaire du Débarquement ou le centenaire de la Grande Guerre, comme pour la manifestation du 11 janvier en présence d’un aréopage de chefs d’Etat étrangers, comme pour le crash de l’A320, comme pour les commémorations du génocide arménien ou celles de l’abolition de l’esclavage, rien ou presque n’a été laissé au hasard.

    Sans s’embarrasser, comme cela s’était fait pour Dumas, de réunir une commission, le chef de l’Etat a choisi seul les noms des quatre panthéonisés. Et marginalisé le rôle du ministère de la Culture dans cette organisation, puisque l’Elysée décide tout. Féru de mémoire et d’histoire, Hollande l’a bien compris: depuis la création du temple de la Nation, en 1791, ce lieu n’a jamais eu d’autre but que d’incarner, de justifier, de glorifier le pouvoir en place, sa politique, ses valeurs, ses héros. Et de mobiliser les Français autour de son projet.

    Une machine à oublier le présent

    Le Panthéon n’est donc que le noble instrument de propagande destiné à promouvoir, à travers les grands hommes et les grandes femmes qu’il accueille, le pouvoir qui les reçoit. Une machine à fabriquer du consensus et à oublier le présent. Un tour de passepasse politique et désormais télévisuel où, le temps d’une cérémonie qui restera dans les archives et les mémoires, le mythe éclipse la réalité.

    En ce sens, Alexandre Dumas est l’hôte le plus emblématique de ce lieu où s’est construit le roman national, lui qui proclamait qu’il est permis de violer l’Histoire, à condition de lui faire de beaux enfants. Visiter les coulisses d’une panthéonisation revient ainsi à entrer, jusque dans ses détails les plus secrets – donc les plus révélateurs -, dans la fabrique de l’Histoire, petite ou grande, qui réserve souvent de sacrées surprises.

    Tout le cérémonial de l’hommage du 27 mai était déjà inscrit dans le discours que prononça François Hollande au Mont-Valérien, le 21 février 2014, lorsqu’il dévoila les noms des quatre élus qu’il recevrait au Panthéon. « En général, il est assez difficile de décrypter ce que veut exactement le président, mais là, le ‘brief’ était très clair. Les thèmes principaux sont la Résistance et la continuité des valeurs héritées de la Révolution », explique-t-on au Centre des monuments nationaux (CMN), l’établissement public dont dépend le Panthéon.

    Selon la volonté présidentielle, Pierre Brossolette incarnera donc la liberté, Germaine Tillion l’égalité, Geneviève de Gaulle-Anthonioz la fraternité et Jean Zay la laïcité. Tout le cérémonial devant être décliné en fonction de ces valeurs cardinales. Autre leitmotiv dans l’air du temps: l’égalité absolue entre les quatre panthéonisés. Mêmes cercueils de bois très simples, même temps de parole dédié à chacun dans le discours du président, même nombre d’invités par famille, même caveau et même sépulture. L’entrée de chacun par les grandes portes du Panthéon s’effectuant dans l’ordre dicté par la devise républicaine.

    Oui, le diable se niche dans les détails. Et certains sont lourds de symboles. Depuis longtemps il est acquis, par exemple, qu’une panthéonisation peut se faire en l’absence de corps, comme ce fut dernièrement le cas pour Aimé Césaire. Mais, évidemment, le spectacle télévisuel est moins fort. « Une panthéonisation est un deuil sans enterrement et sans tristesse puisque le décès est ancien. C’est de l’émotion pure », explique Christophe Pinguet, l’un des patrons de Shortcut, l’entreprise d’événementiel qui conçoit la mise en scène de ces cérémonies depuis plus de dix ans.

    Et pour l’émotion, rien de mieux qu’un cercueil, a fortiori quatre, surtout quand ceux-ci garantissent, précise-t-on à l’Elysée, l’égalité de traitement entre les figures honorées. Déjà, en 1964, le général de Gaulle avait tenu à ce que, malgré l’absence de corps, l’hommage rendu à Jean Moulin se déroulât face à un cercueil.

    Dans les cercueils des héros, de la terre et des cendres

    Et c’est ainsi que le fameux « Entre ici, Jean Moulin » de Malraux s’est adressé à une bière pleine… de sable. De la même manière, cette année, les deux cercueils des deux femmes panthéonisées contiendront de la terre issue de leurs sépultures respectives. Quant aux hommes, c’est curieusement l’urne de leurs cendres qui sera placée entre quatre planches, là encore, officiellement, pour des motifs d’égalité. Mais aussi par désir de solennité. « C’est à leur mémoire et non à leur corps que l’on rend hommage », insiste Christophe Pinguet.

    Une phrase qui revêt tout son sens quand on sait que lorsque, au cimetière parisien du Père-Lachaise, fut ouverte la case où se trouvait l’urne de Pierre Brossolette, en présence de la famille, d’un officier de police et du chef du protocole de l’entreprise de pompes funèbres Borniol, un doute est apparu sur l’origine des cendres. Pierre Brossolette fut en effet incinéré, puis l’urne placée au Père-Lachaise par les Allemands, en 1944, en même temps que celle d’un autre résistant.

    Et certains, soudain, n’étaient plus très sûrs, en l’absence de nom et de numéro sur l’urne, qu’il n’y ait pas eu confusion entre les deux. Mais la famille a tranché, et Claude Brossolette, le fils du résistant, affirme à L’Express: « Cette urne contient bel et bien les cendres de mon père; c’est devant elle que j’ai assisté à plusieurs cérémonies officielles rendues à sa mémoire. »

    L’affaire est donc officiellement close. Et d’ailleurs, qui pourrait jurer que les cendres de Jean-Jacques Rousseau ou celles de Voltaire se trouvent réellement au Panthéon? Dans le doute, on s’est bien gardé d’aller vérifier. Ainsi se fabrique l’Histoire. Sur de la terre, du sable et parfois des doutes que l’on s’empresse d’enfouir, afin de ne garder que la glorieuse mémoire des héros autour desquels s’unit la Patrie reconnaissante.

    La gloire, l’émotion, la grandeur. C’est aux responsables du ministère de la Culture, du Centre des monumentsnationaux (CMN), à Lionel Laval et à Christophe Pinguet, codirecteurs de Shortcut, ainsi qu’à Jérôme Revon, réalisateur télé de la cérémonie, de les mettre en scène. Et là encore, rien n’est laissé au hasard. A commencer par l’horaire de l’hommage national – 17 heures – qui permet d' »assurer le journal de 20 heures ». Ainsi que des retransmissions diurnes en Europe et en Amérique. Pour cette cérémonie – la plus solennelle et la plus protocolaire d’un quinquennat, après la passation de pouvoirs -, aucune faute n’est tolérée.

    Mettre en valeur le chef de l’Etat

    Deux dispositifs sont ainsi prévus, l’un par beau temps, l’autre en cas de pluie, puisqu’on sait que François Hollande a le chic pour s’attirer les foudres du ciel dès qu’il met le nez dehors. Gouverner, c’est pleuvoir, comme dirait le président. Un conducteur avec photo des lieux et circuit fléché de rouge précise donc, à la minute près, le déroulé de la cérémonie afin que, la veille, le chef de l’Etat puisse s’imprégner des moindres détails de l’opération. Durant les deux heures de la manifestation, un souffleur chuchotera au président où il doit aller, vers qui il doit se tourner.

    Et cet aide de camp disparaîtra derrière un pilier dès que les caméras, omniprésentes – 12 au total, dont une juchée sur une grue – se concentreront en gros plan sur le chef de l’Etat. Déjà, lorsque, le jour de son investiture, le 21 mai 1981, François Mitterrand semblait déambuler seul dans les allées du Panthéon pour aller déposer une rose sur les tombes de Jean Moulin, de Jean Jaurès et de Victor Schoelcher, c’était « une vraie volière » autour de lui. Lui aussi avait son souffleur et son essaim de caméras à deux pas. Sans parler des trois jeunes filles qui, cachées derrière les tombes, lui tendaient en douce les fameuses roses.

    Oui, tout est pensé, soupesé, répété pour mettre en valeur le chef de l’Etat. Ce qui suppose l’intervention de véritables pros comme Shortcut et le réalisateur Jérôme Revon, rompus depuis longtemps aux cérémonies officielles et capables de s’adapter en cas de changements de dernière minute, y compris pour des raisons de sécurité. Mais aussi d’éviter les gaffes. Ainsi, pour la cérémonie de panthéonisation d’Aimé Césaire, on s’est assuré, se rappelle un responsable du ministère de la Culture, que l’inscription à la gloire du poète n’était pas trop haut placée, afin que le président puisse la lire sans avoir à lever la tête.

    le-6-avril-2011-aime-cesaire-y-est-celebre-par-nicolas-sarkozy_5342639Le 6 avril 2011, Aimé Césaire est célébré au Panthéon par Nicolas Sarkozy.         REUTERS/Philippe Wojazer

    Pas question non plus, face à l’immensité des portes du Panthéon, de souligner l’humaine petitesse du plus haut représentant de l’Etat, et cela quelle que soit sa taille. « Même s’ils sont habitués à paraître en public, tous les chefs de l’Etat ont le trac avant une cérémonie au Panthéon », confie Christophe Pinguet.

    Si les organisateurs proposent et le président dispose, deux consignes strictes, en revanche, ont été données dès le début par l’Elysée. D’abord faire sobre, tant en ce qui concerne l’allure que le prix de la cérémonie. Au maximum 1,5 million d’euros (du moins officiellement), c’est-à-dire moins que le coût d’un rond-point de banlieue. Là encore, il s’agit d’éviter tout dérapage. Et toute polémique en temps de crise. La présidence a également tenu à garder la haute main sur la liste des invités – pas plus de 1000 personnes. Comme seules une centaine de places sont réservées aux parlementaires – qui sont plus d’un millier -, il va bien falloir opérer un tri sévère. Et gérer les mécontentements.

    Autre consigne: organiser une célébration populaire pour, selon l’intitulé du rapport rédigé par Philippe Bélaval, président du CMN, « faire entrer le peuple au Panthéon ». Et incarner l’union nationale. Tout le long du cortège, qui remontera la rue Soufflot, les Français seront invités à saluer la progression des quatre cercueils, portés par la Garde républicaine.

    Et pour mobiliser à l’avance le public, tout un « teasing » est prévu. D’abord une grande exposition sur la vie des quatre résistants, ouverte au Panthéon depuis le 8 mai (1). Puis une cérémonie la veille au soir à la Sorbonne, où seront exposés les quatre cercueils. Des affiches annonçant l’événement remplaceront les placards publicitaires du Quartier latin avant l’hommage du 27 mai, et des prospectus seront même distribués au public. Enfin, les Français pourront, dès le 27 mai au soir, venir rendre hommage aux quatre héros devant leurs cercueils disposés à l’endroit de l’exposition.

    Pas de panthéonisation avant les élections

    Un hommage populaire complexe à gérer en période d’alerte aux attentats. Pour éviter toute fuite, la consigne est donc de ne pas communiquer par courriels sur les parcours. Et les documents confidentiels sont systématiquement passés à la broyeuse pour ne pas risquer que soit gâché ce moment, unique pour François Hollande, à moins qu’il ne soit réélu. En effet, la loi interdit désormais toute panthéonisation moins d’un an avant l’élection présidentielle, afin que cela ne soit pas considéré comme de la propagande. Il est vrai qu’en 1981, quatre jours avant le scrutin, Valéry Giscard d’Estaing avait signé le décret d’entrée au Panthéon de René Cassin.

    En honorant ce résistant de confession israélite, VGE espérait se faire pardonner auprès de l’électorat juif son absence après l’attentat de la rue Copernic. Et faire oublier la gaffe de son Premier ministre, Raymond Barre, qui avait dénoncé « cet attentat odieux qui voulait frapper des Israélites et qui a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic ». Cette manoeuvre ne lui a pas porté chance. Quinze jours plus tard, François Mitterrand pénétrait au Panthéon par la grande porte, une rose à la main. En président de la République.

    (1) Quatre Vies en résistance. Exposition au Panthéon, du 8 mai 2015 au 10 janvier 2016.

    Quatre héros de la Résistance font leur entrée au Panthéon

    Le Monde.fr avec AFP

    Le fronton du Panthéon, qui s’apprête à recevoir Jean Zay, Genevieve de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Germaine Tillion.

    Héros de la Résistance, ils incarnent par-delà la mort les valeurs de la République : Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette, Germaine Tillion et Jean Zay font mercredi 27 mai leur entrée au Panthéon, où François Hollande leur rendra un hommage solennel.

    C’est au son de La Complainte du partisan interprétée par le chœur de l’armée française que les quatre cercueils portés par des gardes républicains arriveront, à 17 h 20 précises, sur le parvis du Panthéon, en provenance de la Sorbonne voisine, où ils ont été accueillis mardi pour une veillée publique. Dans leur sillage, un cortège de 144 proches, résistants, lycéens, étudiants…

    Lire l’entretien (édition abonnés) : « La Résistance apparaît aujourd’hui comme une valeur refuge »

    Après leur arrivée sur le parvis, le chef de l’Etat prononcera un long discours pour célébrer ces quatre personnalités qui « ont porté haut les valeurs de la République ». Il sera ponctué par La Marseillaise, puis les portes du Panthéon s’ouvriront devant les cercueils, qui y pénétreront au son du Chant des partisans.

    « L’esprit de résistance »

    Dans son allocution, François Hollande s’attachera à raviver le souvenir de ces résistants pour souligner « ce qui les rassemble, l’esprit de résistance, précisément, le courage et la transmission de leurs valeurs par leurs discours et la trace qu’ils ont laissée dans l’histoire », a confié son entourage.

    A travers ces personnalités « très différentes par leurs origines, leur parcours, leur histoire et leur postérité » mais « inséparables par ce qu’elles ont traversé et leur dévouement pour la Nation et pour la République », il exaltera ainsi les valeurs républicaines. Le président devrait toutefois s’abstenir de toute allusion à l’actualité, quatre mois après les attentats de Paris, selon son entourage.

    Lire aussi : Difficile d’entrer au Panthéon des discours…

    François Hollande l’avait souligné le 21 février, annonçant le choix des quatre « panthéonisés ». Pour lui, l’ethnologue Germaine Tillion représente à ses yeux « l’égalité entre les hommes et les femmes, entre les cultures, entre les peuples ». Geneviève de Gaulle-Anthonioz, fondatrice d’ATD Quart Monde et nièce du Général de Gaulle, « c’est la fraternité » avec « les plus pauvres, les oubliés, les exclus, les relégués », poursuivait-il. L’intellectuel et journaliste Pierre Brossolette, « c’est la liberté » de celui qui se suicida sans avoir parlé après deux jours de torture par la Gestapo. Quant à Jean Zay, ministre de l’éducation nationale du Front populaire assassiné en juin 1944 par des miliciens, « c’est la laïcité », mais aussi « la République, l’école de la République ».

    Une parité symbolique

    Le Panthéon, sur le fronton duquel figure la devise Aux grands hommes la patrie reconnaissante, n’accueillait jusqu’ici que deux femmes parmi soixante et onze personnalités : la physicienne Marie Curie, Prix Nobel de physique puis de chimie, et Sophie Berthelot, qui n’y repose toutefois qu’en sa qualité d’épouse du chimiste Marcellin Berthelot.

    Deux autres femmes les rejoindront donc, le président Hollande ayant innové par sa décision d’y faire transférer simultanément les cendres de quatre personnalités selon une parité très symbolique. Cinquante ans plus tôt, le 19 décembre 1964, un autre grand résistant faisait son entrée au Panthéon, Jean Moulin, accueilli par le discours historique d’André Malraux (« Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège… »).

    A l’exception de Georges Pompidou et de Valéry Giscard d’Estaing, tous les prédécesseurs de François Hollande sous la Ve République ont usé de cette prérogative présidentielle : choisir et accompagner de grandes figures républicaines sous l’immense coupole, au cœur du Quartier latin.

    Le Panthéon accueille quatre héros de la Résistance

    Le Point –

    Peu avant 17 h 30 débutera la cérémonie de panthéonisation de deux femmes et deux hommes exemplaires. Une cérémonie qui doit mettre en avant l’unité nationale.

    Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette, Germaine Tillion et Jean Zay font ce mercredi leur entrée au Panthéon.
    Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette, Germaine Tillion et Jean Zay font ce mercredi leur entrée au Panthéon. © IP3 PRESS/MAXPP
    (avec AFP)

    « Avec ce geste, la République donnera toute sa place à l’un de ses enfants les plus turbulents et les plus talentueux, dont toute la vie fut au service de notre idéal républicain. » En ordonnant le transfert des cendres d’Alexandre Dumas au Panthéon, le président Jacques Chirac avait ainsi salué la mémoire de l’écrivain. C’était en 2002. Depuis, aucun grand homme et, plus encore, aucune grande femme n’avaient eu les honneurs de cette grand-messe républicaine. Treize ans plus tard, voici l’oubli réparé.

    Héros de la Résistance, ils incarnent par-delà la mort les valeurs de la République : Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette, Germaine Tillion et Jean Zay font ce mercredi leur entrée au Panthéon, où François Hollande leur rendra un hommage solennel. C’est au son de la « Complainte du partisan » interprété par le choeur de l’armée française et sous un ciel qui s’annonce clément que les quatre cercueils portés par des gardes républicains arriveront à 17 heures 20 précises sur le parvis du Panthéon en provenance de la Sorbonne voisine, où ils ont été accueillis la veille pour une veillée publique. Dans leur sillage, un cortège de 144 proches, résistants, lycéens, étudiants…

    Quelques instants plus tard, le chef de l’État prononcera un long discours pour célébrer ces quatre personnalités qui « ont porté haut les valeurs de la République ». Il sera ponctué par la Marseillaise avant que les portes du Panthéon ne s’ouvrent devant leurs cercueils, qui y pénétreront au son du « Chant des partisans ». Dans son allocution, François Hollande s’attachera à raviver le souvenir de ces résistants pour souligner « ce qui les rassemble, l’esprit de résistance, précisément, le courage et la transmission de leurs valeurs par leurs discours et la trace qu’ils ont laissée dans l’histoire », a confié son entourage.

    Personnalités « inséparables »

    À travers ces personnalités « très différentes par leurs origines, leurs parcours, leur histoire et leur postérité » mais « inséparables par ce qu’elles ont traversé et leur dévouement pour la nation et pour la République », il exaltera ainsi les valeurs républicaines. Le président devrait toutefois s’abstenir de toute allusion à l’actualité, quatre mois après les attentats de Paris, ajoute un proche.

    François Hollande l’avait souligné le 21 février, annonçant le choix des quatre « panthéonisés », l’ethnologue Germaine Tillion représente à ses yeux « l’égalité entre les hommes et les femmes, entre les cultures, entre les peuples ». Geneviève de Gaulle-Anthonioz, fondatrice d’ATD Quart-Monde et nièce du général de Gaulle, « c’est la fraternité » avec « les plus pauvres, les oubliés, les exclus, les relégués », poursuivait-il. L’intellectuel et journaliste Pierre Brossolette, « c’est la liberté » de celui qui se suicida sans avoir parlé après deux jours de torture par la Gestapo.

    Quant à Jean Zay, ministre de l’Éducation nationale du Front populaire assassiné en juin 1944 par des miliciens, « c’est la laïcité », mais aussi « la République, l’école de la République ». Le Panthéon, sur le fronton duquel figure la devise « Aux grands Hommes la patrie reconnaissante », n’accueillait jusqu’ici que deux femmes sur 71 personnalités, la physicienne Marie Curie, Prix Nobel de physique puis de chimie, et Sophie Berthelot, qui n’y repose toutefois qu’en sa qualité d’épouse du chimiste Marcellin Berthelot.

    Parité symbolique

    Deux autres femmes les rejoindront donc, le président Hollande ayant innové par sa décision d’y faire transférer simultanément les cendres de quatre personnalités selon une parité très symbolique.

    Cinquante ans plus tôt, le 19 décembre 1964, un autre grand résistant faisait son entrée au Panthéon, Jean Moulin, accueilli par le discours historique d’André Malraux (« Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège… »). À l’exception de Georges Pompidou et Valéry Giscard d’Estaing, tous les prédécesseurs de François Hollande sous la Ve République ont usé de cette prérogative présidentielle : choisir et accompagner de grandes figures républicaines sous l’immense coupole, au coeur du Quartier latin.

    Lisez également l’article de François-Guillaume Lorrain Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Panthéon.

    Quatre résistants entrent au Panthéon

    «Aux grands hommes la patrie reconnaissante»

    Le 27 mai 2015, le Panthéon accueille quatre nouveaux grands hommes. Quatre héros de la Résistance qui viennent enrichir le profil des 70 personnages illustres présents au Panthéon. Découvrez ce qu’ils ont en commun avec les personnalités déjà honorées dans la nécropole républicaine grâce à notre visualisation interactive ainsi que les périodes les plus propices à la panthéonisation, et le délai entre la mort des grands hommes et leur entrée au Panthéon. Et participez à notre sondage pour élire le prochain panthéonisé.

    par

    La Résistance célébrée par la République

    Geneviève de Gaulle Anthonioz, Germaine Tillion, Pierre Brossolette et Jean Zay entrent au Panthéon le 27 mai 2015. Ils rejoignent les 70 hommes et femmes célèbres déjà panthéonisés.

    Geneviève de Gaulle Anthonioz
    © Rue des Archives / Tallandier

    Germaine Tillion
    © Association Germaine Tillion

    Pierre Brossolette
     © Photographie droits réservés. Collection famille Brossolette

    Jean Zay
    © Archives nationales / Pôle image

    Ces deux femmes et ces deux hommes reposent dans la crypte du Panthéon. Ils ont été choisis par le président de la République française François Hollande, le 21 février 2014, pour honorer l’esprit de la Résistance à l’occupant allemand durant la Seconde Guerre mondiale.

    D’autres résistants ont été célébrés avant eux : Felix Eboué,  René Cassin, Jean Moulin et André Malraux reposent dans la crypte, tandis que des inscriptions apposées sur les murs du Panthéon rendent hommage au général Delestraint,  aux écrivains combattants morts pour la France ainsi qu’aux Justes de France.

    Un même engagement, quatre personnalités

    Les quatre résistants ont eu des parcours et des engagements différents, pourtant tous ont défendu la France et les valeurs de la République. Leurs combats ont revêtu des formes multiples, mais chacun nous a transmis un témoignage particulier, unique de la période de la Seconde Guerre mondiale.

    Les deux hommes ont payé de leur vie cette désobéissance : Pierre Brossolette est mort en mars 1944 et Jean Zay en juin 1944. Les deux femmes ont survécu à la guerre, elles ont témoigné inlassablement de leur combat, de leur captivité jusqu’à leur mort : Geneviève de Gaulle Anthonioz en février 2002 et Germaine Tillion en avril 2008.

    Dans deux des quatre cercueils,  de la terre remplacent les corps : celui de Germaine Tillion et celui de Geneviève de Gaulle Anthonioz. Les familles ont souhaité que leurs dépouilles demeurent dans leurs cimetières d’origine, près de leurs proches. A Saint-Maur-des-Fossés dans le Val-de-Marne pour Germaine Tillion, et à Bossey en Haute-Savoie pour Geneviève de Gaulle Anthonioz. Les corps ou les cendres de Jean Zay et Pierre Brossolette sont transférés dans la crypte.

    Ce qu’ils ont en commun

    Geneviève de Gaulle Anthonioz, Germaine Tillion et Pierre Brossolette ont appartenu au même réseau du Musée de l’homme.

    L’engagement dans la Résistance de Geneviève de Gaulle Anthonioz et Germaine Tillion a été provoqué par le discours du maréchal  Pétain du 17 juin 1940.  Tous les trois ont été déportées à Ravensbrück.

    Pierre Brossolette et Jean Zay sont morts avant la fin de la Guerre.

    20 février 2014 – Quatre résistants entrent au Panthéon

    Pierre Brossolette, le visionnaire flamboyant

    Pierre Brossolette en 1937

    Né à Paris le 25 juin 1903, normalien, reçu premier à 19 ans, agrégé d’histoire à 22, brillant élève, intellectuel engagé à gauche. À sa sortie de l’école il choisit d’être journaliste. Dans ses premiers articles pour le Populaire, le journal de Léon Blum, il prend parti pour les Républicains espagnols  et dénonce les accords de Munich. Il est aussi chroniqueur de politique étrangère à la radio nationale. Après avoir critiqué le ministre des Affaires étrangères pro-munichois Georges Bonnet,  il est interdit d’antenne en 1939.

    «La gloire est comme ces navires où l’on ne meurt pas seulement à ciel ouvert mais aussi dans l’obscurité pathétique des cales. C’est ainsi que luttent et que meurent les hommes du combat souterrain de la France. Saluez-les, Français ! Ce sont les soutiers de la gloire»
    Pierre Brossolette

    En août 1939, lorsque la guerre éclate, il rejoint son unité d’infanterie, démobilisé en octobre 1940, il ouvre une librairie rue de la Pompe à Paris qui lui sert de couverture à ses activités de résistant. Il rallie en 1940 le réseau du Musée de l’homme puis celui de la Confrérie Notre-Dame de Castille. Ses rapports sont remarqués par le colonel Passy, proche de Charles de Gaulle.

    En septembre 1942, il rejoint les Forces Françaises Libres à Londres. Il est rapidement nommé à la tête des renseignements de la France métropolitaine, le BCRA (Bureau Central de Renseignements et d’Action) aux côtés du colonel Passy (André Dewarin).

    Ses alias de résistants

    Philippe Baron
    Philippe Bernier
    Pierre Bourgat
    Paul Boutet
    Paul Briant
    Brumaire
    Pedro
    Polydor

    Homme de terrain, il devient l’une des voix de la BBC, ses chroniques très écoutées sont pour partie reproduites dans le livre « Résistances 1927-1943 ».

    Il œuvre pour l’établissement de contacts entre le France libre et la Résistance intérieure. Il s’illustre lors de la mission « Brumaire », pour l’unification des réseaux, étape essentielle à la création du Conseil National de la Résistance.

    En désaccord avec Jean Moulin sur la fusion des zones des mouvements de résistance, il l’affronte aussi sur le rôle à jouer des partis lors de la création du Conseil de la Résistance. Pierre Brossolette se méfie d’eux, tout en favorisant le parti communiste.

    Moulin devient et restera l’homme de de Gaulle, Brossolette celui du colonel Passy.

    « Mon général, il y a des moments où il faut avoir le courage de vous dire tout haut ce que les autres murmurent dans votre dos avec des mines éplorées »

    Jugé trop à gauche par de Gaulle, trop incontrôlable, le général favorise Jean Moulin, et ne le choisira pas pour remplacer Moulin à la tête du CNR. « Brossolette », écrit son biographe Eric Roussel, « fit toujours preuve d’un franc-parler frisant l’imprudence ».

    « Si je suis arrêté, je dois, je veux mourir. On ne sait pas comment on réagit face à la torture. »
    Pierre Brossolette

    Arrêté par la Gestapo à Audierne le 3 février 1944, alors qu’il tentait de rejoindre l’Angleterre, il est emprisonné à Rennes. Puis transféré au siège de la Gestapo, il se suicide le 22 mars 1944 en se défénestrant du 86 avenue Foch. Il a 41 ans. Il est incinéré au cimetière du Père Lachaise.

    22 mars 1939 – Ce jour-là : la mort de Pierre Brossolette

    Geneviève de Gaulle Anthonioz, le refus de l’inacceptable

    Geneviève de Gaulle Anthonioz témoigne sur les camps en juin 1945

    Née le 25 octobre 1920 à Saint-Jean de-Valériscle, dans le Gard, pensionnaire chez les religieuses du Sacré-Cœur à Metz, elle étudie l’histoire à Rennes puis à La Sorbonne à Paris  et se destine à entrer à l’Ecole des chartes lorsque l’armée allemande entre en France.

    Fille du frère ainé, Xavier, de Charles de Gaulle, elle entre à 19 ans, dans l’un des premiers réseaux de résistance parisien, le réseau du Musée de l’homme. Elle est arrêtée le 20 juillet 1943, envoyée à Fresnes puis à Ravensbrück  en février 1944 sous le matricule 27.372. Libérée, elle fonde l’association des anciennes déportées et internées de la Résistance.

    A la question : pourquoi vous êtes-vous engagée dans la Résistance, elle cite Bernanos « L’honneur est un instinct comme l’amour ».

    En 1966, au nom de l’Association des déportées et internées de Ravensbrück et de l’amicale de Ravensbrück, elle publie un recueil de témoignages des rescapées de Ravensbrück « Les Françaises à Ravensbrück ».

    Mariée à Bernard Anthonioz, éditeur d’art, proche d’André Malraux et ami de Braque, elle travaille un temps avec lui au cabinet d’André Malraux au ministère de la culture. Ils auront quatre enfants.

    25 janvier 1966 – Geneviève de Gaulle Anthonioz sur Ravensbrück
    « Ce siècle a connu deux totalitarismes, nazi et communiste. Un troisième est en train de s’installer, celui de l’argent »
    Geneviève de Gaulle Anthonioz interviewée par Stéphane Paoli sur France Inter le 15 octobre 1997

    C’est au cours de la visite d’un bidonville édifié par les compagnons d’Emmaüs après l’appel de l’abbé Pierre en 1954, à Noisy-le-Grand avec le père Joseph Wresinski, ancien des Jeunesses communistes et aumonier des bidonvilles, qu’elle décide de s’engager pour aider les plus démunis. Le père Joseph vient de créer le mouvement « Aide à toute détresse » qui deviendra ATD Quart Monde.

    Elle accepte en 1964, à la mort du père Joseph la présidence d’ATD Quart Monde, plaide sans relâche la cause des plus pauvres auprès des présidents et des ministres, publie un rapport sur la pauvreté « le rapport Wresinki » en 1983 qui dresse un état des lieux accablant.

    Ses livres

    La traversée de la nuit,  1998
    Le secret de l’espérance,  2001
    Lettre à une amie : correspondance spirituelle, 2005
    Dialogues, avec Germaine Tillion, 2015

    Elle est à l’origine de la Journée du refus de la misère le 17 octobre, créée en 1992. Elle défend la « loi contre l’exclusion et la grande pauvreté » dès 1996. Loi adoptée en 1998, alors que Geneviève de Gaulle Anthonioz a 78 ans. Le président de la République Jacques Chirac lui remet en 1998 les insignes de la Grand-Croix de la Légion d’honneur, elle est la première femme à recevoir cette distinction.

    « Je devais dire ce qui dans un camp constituait un crime contre l’humanité »
    Geneviève de Gaulle Anthonioz dans l’émission « A voix nue » le 9 février 1995 à propos de son témoignage au procès Barbie

    De nouveau, 53 ans après, Geneviève de Gaulle Anthonioz, témoignede la vie au camp dans son livre « La traversée de la nuit » publié en novembre 1998. 64 pages dans lesquelles elle décrit les mois passés dans le noir, enfermée dans le buncker du camp, privée de nourriture, témoin des atrocités commises par les nazis.

    Elle meurt le 14 février 2002 à l’âge de 81 ans.

    15 février 2002 – Hommage à Geneviève de Gaulle Anthonioz

    Germaine Tillion, l’ethnologue militante

    Germaine Tillion chez elle à Saint-Mandé en janvier 1972 ©AFP

    Germaine Tillion est née le 30 mai 1907 à Allègre (Haute-Loire) dans une famille d’intellectuels catholiques, son père est magistrat, sa mère historienne de l’art. Etudiante en ethnologie, son professeur, l’universitaire Marcel Mauss l’envoie en mission en 1934 en Algérie. A 24 ans, elle est l’une des premières à étudier les sociétés berbères, et les tribus nomades, se déplaçant seule à cheval à plusieurs heures de toute ville.

    A peine revenue des Aurès en 1940,  elle travaille au Musée de l’homme. Elle y participe à la création du réseau de résistant du Musée de l’homme. Trahie par l’abbé Alesch, un agent double de l’Abwehr, arrêtée le 13 août 1942, elle est déportée à Ravensbrück avec sa mère, qui sera gazée en 1945. Durant son internement à Ravensbrück, elle collecte tout ce qui lui permettra d’expliquer le système concentrationnaire

    « Je me disais quelqu’un d’autre que moi sortira des camps. Et si je l’explique à toutes mes camarades, celle qui sortira pourra le raconter »
    Germaine Tillion, interview du 26 décembre 2000 sur France 2.

    Elle écrit aussi en 1944 Le Verfügbar aux Enfers, une opérette sur la vie dans les camps. Les Verfügar étaient les prisonnières rebelles qui refusaient de travailler pour les Allemands. Elle dira « que reste-t-il quand il ne reste plus rien à opposer à la barbarie ? Le rire ». En 2010 l’opérette est jouée à Ravensbrück pour le 65e anniversaire de la libération du camp.

    « L’hiver il faisait parfois si froid que j’essayais de n’ouvrir qu’un oeil à la fois pour réchauffer l’autre  ».
    Germaine Tillion

    A son retour du camp, elle écrit à partir de ses observations une analyse du système concentrationnaire, Ravensbrück. Et s’engage contre toutes les formes d’oppression et de totalitarisme. Elle dénonce les goulags en 1951, et crée la Commission internationale contre le régime soviétique.

    En 1954 François Mitterrand, ministre de l’Intérieur lui confie une mission d’enquête, elle devient l’intermédiaire entre le gouvernement et le FLN. Elle cherche à remédier à la misère qui règne en Algérie, pour cela elle crée un réseau de centres sociaux pour aider les plus pauvres.

    Elle analyse les dysfonctionnements de la société coloniale et la paupérisation des Algériens. Elle s’engage aussi pour la paix en Algérie. Sur place, face à la torture et aux pratiques de l’armée française en Algérie, elle dénonce la colonisation et dénonce aussi le terrorisme.

    Ses livres

    Ravensbrück 1946
    Le Harem et ses cousins, 1966
    La traversée du mal : entretiens avec Jean Lacouture, 1997
    Il était une fois l’ethnographie 2000
    Le Verfügbar aux enfers 2005
    Fragments de vie, 2009

    De retour en France, elle sera enseignante à l’Ecole pratique des Hautes Etudes de 1958 à 1980, et dirige le département « ethnographie arabo-berbère ».

    Elle meurt dans sa 101e année, le 19 avril 2008.

    7 mai 1990 – Germaine Tillion invitée de Frédéric Mitterrand

    Jean Zay, le réformateur patriote

    Jean Zay ministre de l’Education nationale en février 1939
    « Tout en lui respirait la noblesse de pensée, le désintéressement, la loyauté, le courage, l’amour du bien public »
    Léon Blum en 1947

    Né le 4 août 1904 à Orléans, fils d’un père juif laïc, rédacteur en chef du Progrès du Loiret et d’une mère protestante, institutrice, Jean Zay devient avocat et journaliste. A 21 ans, franc-maçon, il s’engage au parti radical. Élu député du Loiret en 1932, il devient ministre de l’Education nationale et des Beaux-Arts du Front populaire à 32 ans.

    Durant plus de trois ans, il est à l’origine de nombreuses institutions et événements : le festival de Cannes, l’INA, le Musée d’art moderne, le CNRS, l’ENA, le CROUS et les bibliobus.

    En 1939, il démissionne du gouvernement, mobilisé, pour rejoindre l’armée.

    Ses livres

    Lettres de la drôle de guerre : 1939-1940, 2015
    Ecrits de prison 1940 – 1944, 2014
    Chroniques du Grenier, 1995
    Souvenirs et solitude, 1987

    En juin 1940, avec plusieurs parlementaires dont Georges Mandel et Pierre Mendès-France, il embarque sur le Massilia pour rejoindre Casablanca en Afrique du Nord, et poursuivre le combat.

    Jean Zay est arrêté à Rabat le 16 août 1940 pour désertion, renvoyé en métropole, jugé et condamné à la déportation à vie et à la dégradation militaire par le gouvernement de Vichy le 4 octobre 1940.

    Emprisonné à Riom, il commence à écrire ses mémoires.  Trois miliciens se faisant passer pour des résistants, le font évader et l’assassinent le 20 juin 1944 à Cusset dans l’Allier. Il a 40 ans.

    « Je pars plein de bonne humeur et de force. Je n’ai jamais été si sûr de mon destin et de ma route. J’ai le coeur et la conscience tranquilles. Je n’ai aucune peur »
    Jean Zay dans sa dernière lettre envoyée à sa famille le 19 juin 1944.

    La cour d’appel de Riom le réhabilite en juillet 1945 à titre posthume. Son corps a été retrouvé en septembre 1946 à Cusset dans l’Allier, et son assassin Charles Develle jugé en février 1953, est condamné  aux travaux forcés à perpétuité.

    5 juin 1986 – Jean Zay vu par sa femme et sa fille

    Ils rejoignent les grands hommes déjà honorés au Panthéon

    Avec l’entrée des quatre figures de la Résistance au Panthéon le 27 mai 2015, ce sont 74 grands hommes qui sont maintenant inhumés dans la nécropole nationale. Qui sont-ils ?

    Précision : 74, 75,77, plus encore ? La comptabilité des panthéonisés n’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire et plusieurs chiffres circulent. Nous avons choisi pour notre part d’analyser les profils des hommes et femmes inhumés au Panthéon après un décret, ce qui exclut les personnalités simplement honorées, celles dont les corps n’ont finalement pas été transférés ou ont été retirés et celles qui y reposent sans décret

    A partir des données présentées ci-dessus, faisons le portrait type du panthéonisé :

    C’est un homme évidemment.

    Seules trois femmes ont reçu les honneurs de la patrie reconnaissante. Nous ne comptons pas Sophie Berthelot qui  repose au Panthéon seulement en qualité de « femme de » : son mari, le célèbre chimiste Marcellin Berthelot, meurt subitement quelques minutes après avoir appris le décès de son épouse tant aimée. Pour respecter leur désir de ne pas être séparés après leur mort, les autorités décident d’inhumer le couple au Panthéon. Une dose de romantisme qui détonne dans ce froid mausolée.

    Les inhumés sans panthéonisation

    Trois personnalités reposent au Panthéon sans décret de panthéonisation: Sophie Berthelot (1837-1907) inhumée avec son mari Marcellin Berthelot, Marc Schoelcher (1766-1832) dont le corps rejoint celui de son fils Victor qui avait émis le souhait de n’être jamais séparé de son père et enfin Jacques-Germain Soufflot (1713-1780), l’architecte de l’église Sainte-Geneviève. C’est sous la Restauration alors que le Panthéon est redevenue une église que son corps est inhumé dans la crypte est.

    La première femme à entrer au Panthéon est donc Marie Curie, le 20 avril 1995, plus de deux cents ans après le décret du 4 avril 1791 transformant l’église Sainte-Geneviève en Panthéon des grands hommes.

    « La cérémonie d’aujourd’hui prend un éclat particulier puisqu’entre au Panthéon la première femme de notre histoire honorée pour ses propres mérites »
    François Mitterrand, le 20 avril 1995

    Il faut encore attendre vingt ans pour que deux nouvelles femmes, Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle Anthonioz l’y rejoignent.

    Il meurt dans sa soixantaine, à 63 ans en moyenne.

    C’est plutôt jeune pour un Français d’aujourd’hui mais assez âgé pour un homme du 18e ou 19e siècle dont l’espérance de vie moyenne était de trente ou quarante ans (chiffre à pondérer en raison du très fort taux de mortalité infantile). On pourrait penser que pour faire de grandes choses, il faut avoir le temps de les accomplir mais pour certains 27 ans suffisent. François Marceau est ainsi le seul panthéonisé mort avant ses trente ans, à 27 ans exactement, le 21 septembre 1796 sous les balles d’un Autrichien.

    François Marceau, le plus jeune

    Né en 1769 à Chartres, François Séverin Marceau-Desgraviers s’engage à seize ans à Metz dans un régiment d’infanterie. En 1791, il se met au service de la Révolution. Pendant la guerre de Vendée, alors qu’il n’a que vingt-quatre ans, il est nommé commandant en chef de l’armée de l’Ouest et remporte les victoires du Mans et de Savenay. Homme de cœur, il se comporte avec une grande humanité, soucieux d’éviter les massacres et les exactions, protégeant les femmes et les enfants.

    Il demande sa mutation et rejoint l’armée des Ardennes, future armée de Sambre-et-Meuse. Plusieurs fois victorieux, il signe l’armistice avec le général autrichien Kray en 1795. A la reprise des combats, il est blessé mortellement à l’abdomen par un tireur autrichien alors qu’il assurait la sécurité de la retraite des troupes françaises près d’Altenkirchen. Il meurt en héros honoré par ses ennemis mêmes.

    Une petite quinzaine de « grands hommes » sont âgés d’une quarantaine d’années et parmi eux nombreux sont ceux qui décèdent également d’une mort violente : Jean Moulin, mort pendant son transfert vers l’Allemagne après avoir été torturé, Pierre Brossolette qui se suicide pour échapper à la Gestapo, Jean Zay assassiné par les miliciens, Alphonse Baudin tué sur une barricade après le coup d’Etat du 2 décembre 1851. Et puis, bien sûr, les victimes des guerres napoléoniennes : le général Hureau de Sénarmont tué par un obus à Cadix, le général Le Blond de Saint-Hilaire et le maréchal Lannes morts à la bataille d’Essling.

    Les morts violentes n’épargnent pas non plus les quinquagénaires : Jean Jaurès assassiné par Raoul Villain à la veille de la Première guerre mondiale, le Président Sadi Carnot mort poignardé par un anarchiste italien en 1894 et Condorcet qui, emprisonné sous la Terreur, préfère le poison à la guillotine (selon la légende mais il est plus probable qu’il ait succombé à une attaque d’apoplexie).

    Terminons la liste macabre par deux célèbres assassinés qui ne connurent le repos au Panthéon que très peu de temps avant d’en sortir : Marat, assassiné dans sa baignoire par Charlotte Corday et Le Peletier de Saint-Fargeau, tué d’une épée vengeresse après avoir voté la mort du roi.

    Les morts violentes du Panthéon.

    Le 20 janvier 1793, le député Louis-Michel Le Peletier marquis  de Saint-Fargeau,  vote la mort du roi. Il est assassiné le soir même d’un coup d’épée par un ancien garde du corps de Louis XVI et meurt dans la nuit. (Gravure d’Anatole Desvoge d’après Jacques Louis David)

    Jean-Paul Marat, le célèbre député montagnard,  est poignardé dans sa baignoire  le 13 juillet 1793 par Charlotte Corday qui espère ainsi sauver la France. (Peinture de Jacques-Louis David)

    Au lendemain du coup d’état du 2 décembre 1851 de Louis Napoléon Bonaparte, les républicains montent des barricades dans les rues de Paris. Le député Alphonse Baudin est tué d’une balle rue du Faubourg Saint-Antoine.  (gravure du XIXè siècle)

    Alors qu’il est à Lyon pour visiter l’Exposition internationale, le président de la République Sadi Carnot est poignardé à mort  le 24 juin 1894 par un anarchiste italien, Santo Caserio. L’émotion est immense dans le pays et Carnot est immédiatement inhumé en Panthéon. (peinture de Henry Cond’Amin)

    Le 31 juillet 1914, Jean Jaurès, pacifiste convaincu est assassiné d’un coup de revolver par le nationaliste Raoul Villain alors qu’il dîne avec ses collaborateurs au café du Croissant rue Montmartre à Paris.

    Pour échapper à la torture, Pierre Brossolette se jette le 22 mars 1944, d’une fenêtre de l’immeuble du 84 avenue Foch, siège de la Gestapo où il est interrogé. Il meurt sans avoir parlé.

    Joseph Vien. Que fait-il là ?

    Le seul représentant de la famille des artistes, Joseph Vien (1716-1809), est un peintre très peu connu du grand public aujourd’hui mais qui connut un grand succès et les honneurs de son temps. Très influencé par ses séjours en Italie et nommé Directeur de l’Académie de Rome, il prône un retour à l’Antique. Peintre à la mode, père du néo-classicisme, il sera cependant dépassé par son élève, Louis David. S’il est en 1788, “premier peintre du roi”, il est également apprécié de l’empereur qui le fait sénateur puis comte.

    C’est un homme politique ou un militaire de l’Empire.

    Pour gagner le repos éternel au Panthéon, mieux vaut faire carrière dans la politique. C’est le parcours gagnant d’une trentaine de nos panthéonisés qui ont également goût pour le cumul des fonctions :

    6 d’entre eux sont avocats et c’est cette expertise qui est honorée. C’est le cas pour certains des législateurs du Code civil promulgué en 1804 par Napoléon Bonaparte : François Tronchet, Jean-Etienne Portalis, Jean-Baptiste Treilhard, Claude Régnier et Jean Jacqueminot. Les notaires comptent un représentant de leur profession dans la demeure des grands hommes, Jean-Baptiste Bévière, ainsi récompensé pour son soutien au coup d’Etat du 18 brumaire.

    2 autres sont des scientifiques :  Lazare Carnot qui non content d’être un révolutionnaire de la première heure, membre du Comité de salut public, grand stratège militaire surnommé en 1794, l’ « Organisateur de la victoire », général sous Napoléon, ministre de l’intérieur pendant les « Cent-jours », est également un mathématicien auteur de plusieurs ouvrages dont l’un sur la géométrie de position qui lui donne le titre partagé avec Gaspard Monge de père de la géométrie moderne.

    Le deuxième  est également un cumulard : Paul Painlevé, 14 fois ministre, 3 fois président du Conseil, notamment pendant la 1re Guerre mondiale, il est également un brillant mathématicien, Grand prix de l’Académie en sciences mathématiques pour ses équations différentielles. On peut ajouter à cette liste le médecin, également sénateur, Georges Cabanis.

    Difficile de cerner pour certains à qui va la reconnaissance de la patrie. Au politique ou au scientifique.

    Si Carnot et Painlevé ont privilégié une carrière politique, qu’en est-il des autres scientifiques qui sont au nombre de 8 ?

    Ils ont en commun un engagement dans la vie politique ou publique du pays :

    Citons Gaspard Monge, mathématicien reconnu mais également révolutionnaire convaincu et ministre de la marine de la Ière République. Le chimiste Berthelot, fervent défenseur d’Alfred Dreyfus, est deux fois ministre, de l’instruction publique et des Affaires étrangères. Sa soif de mandats fait dire à Clemenceau cette épitaphe cruelle : « Ci-gît Marcellin Berthelot. C’est la seule place qu’il n’ait jamais sollicitée ». Dreyfusards aussi : Langevin, Perrin et Curie.

    De Sorbonne-plage au Panthéon

    De Sorbonne-plage au Panthéon  Au début du 20è siècle, un petit hameau breton, l’Arcouest,  situé en face de l’île de Bréhat se voit colonisé pendant les vacances par les plus grands savants et intellectuels français réunis autour de l’historien Charles Seignobos. Certains, comme Marie Curie, y construisent même une maison. Trois d’entre eux, fidèles adeptes de ce que les médias ont appelé « Sorbonne-plage » ou « Fort la Science », reposent ensemble au Panthéon : Marie Curie, Jean Perrin et Paul Langevin.

    L’autre groupe majoritaire est composé de 20 militaires, pour la plupart généraux d’Empire récompensés par Napoléon, par une légion d’honneur, un titre de comte et enfin une place au Panthéon. Deux exceptions tout de même, François Marceau déjà cité et Théophile de La Tour d’Auvergne transférés au Panthéon en 1889 pour le bicentenaire de la Révolution.

    Qui sont les autres ? 6 écrivains, 4 religieux, 7 Résistants, 1 économiste, 1 banquier, 1 navigateur et 1 peintre. Chez les 6 écrivains, on peut distinguer les philosophes des « Lumières », Voltaire et Rousseau panthéonisés pendant la Révolution et les grandes figures de la République, écrivains engagés : Hugo, Dumas, Zola et Malraux également ministre.

    Attardons nous sur les 4 ecclésiastiques qui reposent parmi les grands hommes : Trois d’entre eux sont des italiens panthéonisés pour services rendus à l’Empereur : le cardinal Vicenti Mareri pour le mariage avec Marie-Louise d’Autriche qu’il bénit malgré le divorce de Napoléon, le cardinal Caprara pour la négociation du Concordat et le cardinal Erskine of Kellie, né à Rome d’un père écossais, artisan du rapprochement avec les Protestants. Il a la particularité d’être cardinal sans jamais avoir été ordonné prêtre.

    L’abbé Grégoire prête serment a la Constitution civile du clergé le 27 décembre 1790 (gravure)

    Enfin, d’une plus grande envergure, Henri Grégoire dit l’abbé Grégoire panthéonisé en 1989 pour le bicentenaire de la Révolution. Célèbre figure de la Révolution, rallié au Tiers état et à l’Assemblée constituante, il est le premier prêtre à voter la constitution civile du clergé, ce que l’Eglise ne lui pardonnera jamais, jusqu’à lui refuser l’extrême-onction à sa mort. Il milite sans succès pour l’abolition de la peine de mort. Il obtient la restauration des droits civiques pour les Juifs et l’abolition de l’esclavage (rétabli par Napoléon).  Fondateur du Conservatoire national des arts et métiers et du Bureau des longitudes, il devient sénateur en 1802 mais démissionne après le Concordat. Il meurt ruiné sous la Restauration.

    Qu’est-ce qu’un grand homme ?

    La notion de grand homme évolue à travers le temps et les règles de panthéonisation changent au gré des soubresauts de l’histoire. La nécropole nationale née avec la République devient otage de l’histoire. En concurrence avec d’autres lieux de mémoire et d’hommage comme les Invalides, la Basilique de Saint-Denis ou l’Arc de Triomphe, elle n’est, comme l’écrit Philippe Bélaval, président du Centre des Monuments nationaux, dans son rapport rendu au président en 2013, « en rien le reflet fidèle des grandes heures de l’histoire de la France, non plus que des grandes réussites créatrices de sa civilisation.» Elle serait plutôt le reflet des pouvoirs qui ont fait la France.

    Révolution et Ire République : quelques errements

    La création du Panthéon en 1791 répond au besoin révolutionnaire d’instaurer un nouveau culte laïc des grands hommes, saints et martyrs de la défense de la liberté nouvelle. C’est à la mort de Mirabeau, que l’Assemblée constituante décide par décret de transformer l’église Sainte-Geneviève non encore consacrée en « temple de la patrie ». Et c’est donc le célèbre tribun qui, le 11 septembre 1791, a le privilège d’inaugurer ce nouveau monument national. Il est suivi de Voltaire mort trois ans auparavant, et de Rousseau en 1794, sept ans après son décès. Entre les deux, le Panthéon reçoit les corps de Le Peletier de Saint-Fargeau et de Marat tout juste assassinés mais ces derniers, comme Mirabeau, ne connaîtront les honneurs du repos dans le temple des grands hommes que peu de temps.

    Les sortis

    Né dans une époque troublée, le panthéon national est victime des changements politiques et idéologiques rapides de l’époque révolutionnaire. Les premières panthéonisations sont vite décidées et parfois regrettées. Ainsi, Mirabeau, le premier intronisé « grand homme » deux jours après sa mort en 1791 est expulsé trois ans plus tard après la découverte de sa correspondance secrète avec le roi et de ses manigances pour établir une monarchie constitutionnelle. Le 21 septembre 1794, le célèbre Marat, l’Ami du peuple, assassiné un an auparavant par Charlotte Corday, prend alors sa place. Cinq mois plus tard, après les événements de Thermidor, il est à son tour « dépanthéonisé » par le décret du 8 février 1795 qui stipule qu’un citoyen ne pourra être ainsi honoré que dix ans après sa mort. Le même jour, la dépouille du conventionnel et régicide Le Peletier de Saint Fargeau, assassiné en janvier 1793 et panthéonisé comme premier martyr de la Révolution, est rendue à sa fille. Enfin, il ne reste plus trace non plus de Louis Joseph d’Albert, duc de Luynes, ancien député de la noblesse aux états généraux, échappé de justesse à la guillotine et  rallié au coup d’Etat du 18 brumaire. Entré au Panthéon en 1807 à sa mort, son corps est réclamé par sa famille en 1862.

    Durant cette période, de nombreux décrets de panthéonisation sont publiés mais restent sans suite, soit parce que les corps ne sont pas accessibles (Beaurepaire, Dampierre tombés derrière les lignes ennemies), soit parce que les vicissitudes de l’Histoire retarde la translation jusqu’à l’oubli (Bara, Viala, Descartes, Simonneau, Sauveur).

    Ne restent aujourd’hui des panthéonisés de l’époque que Voltaire et Rousseau, morts avant le grand bouleversement révolutionnaire. Il faudra attendre les célébrations des centenaires et bicentenaires de la Révolution française pour faire entrer au Panthéon les héros de la République naissante.

    Le transfert des cendres de Voltaire a lieu le 11 juillet 1791, 3 ans après sa mort (aquarelle)

    Premier Empire : remerciement pour service rendu

    Napoléon met fin à ce désordre initial en transformant le panthéon des grands hommes en nécropole pour dignitaires de l’Empire. Le monument est au passage rendu au culte catholique en 1806 après la signature du Concordat de 1801. Et c’est presque une routine qui s’installe pour les trente-huit personnalités inhumées pour service rendu à l’Empereur. Un poste de sénateur, une légion d’honneur, un titre de comte d’Empire et hop ! une place au Panthéon. Pour cette raison, peu d’entre eux sont restés dans nos mémoires. Qui se souvient de Jean-Baptiste Bévière, notaire de son état, de Jean-Baptiste Perregaux banquier, des sénateurs Rousseau, Sers ou Papin ?

    Après la chute de Napoléon, sous la Restauration, quatre derniers dignitaires, Regnier, Walther, Legrand et Thévenard ferment le banc des panthéonisations impériales (Regnier et Thévenard ayant tout de même voté la déchéance de l’Empereur).

    En 1821, l’édifice est rendu à l’Eglise qui procède enfin à sa consécration. Mise à part celle de l’architecte Soufflot en 1829, plus aucune inhumation n’a lieu sous la Restauration. Avec Louis-Philippe, l’inscription « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante » mise en place en 1792 puis retirée, retrouve sa place sur le fronton et les insurgés des journées révolutionnaires des Trois glorieuses y sont honorés. Sous le second Empire le clergé redevient maître de l’édifice.

    IIIe République : glorification du républicain

    Le retour de la République donne au monument un nouvel élan. Il est de nouveau laïcisé en 1885 à la mort de Victor Hugo à qui l’on offre des funérailles nationales et une inhumation au Panthéon. Voilà le grand homme tel que la République le rêve : humaniste, défenseur des libertés et de la laïcité.

    Une foule immense se presse aux obsèques de Victor Hugo inhumé au Panthéon le 1er juin 1885

    Dix autres panthéonisations suivront :

    D’abord celles de 1889 pour le centenaire de la Révolution. Les héros sont maintenant bien identifiés: Lazare Carnot (le grand-père du président de la république tout de même), Théophile de la Tour d’Auvergne et François Marceau. On y adjoint un autre pourfendeur du despotisme mort sur les barricades de 1851, Alphonse Baudin.

    Celle ensuite de Sadi Carnot, plus précipitée, sous le coup de l’émotion. Le président de la République a été assassiné par un anarchiste, il est inhumé au Panthéon après des funérailles nationales grandioses.

    Des panthéonisations plus risquées, plus politiques : Emile Zola en 1908, six ans après sa mort dans une France encore mal remise de l’affaire Dreyfus et Jean Jaurès en 1924 assassiné avant la guerre. Enfin plus consensuelles, les entrées au Panthéon de Gambetta et Painlevé.

    La cérémonie houleuse du transfert des cendres d’Emile Zola relatée par Le Figaro du 4 et 5 juin 1908.

    A la mort d’Emile Zola en 1902, un projet de loi « relatif à la translation des cendres » de l’écrivain est déposé. Il est voté sans discussion quatre ans plus tard le 13 juillet 1906, au lendemain de l’annulation de la condamnation d’Alfred Dreyfus par la cour de Cassation.

    L’affrontement aura lieu le 19 mars 1908 lors du vote des crédits accordés à la cérémonie. Le plus virulent est Maurice Barrès (à gauche) qui dénonce la médiocrité de l’écrivain : « il y avait chez M. Zola une préoccupation basse et pornographique ». Il trouve en Jean Jaurès (à droite) un adversaire à sa mesure. Les crédits sont votés.

    Le 3 juin 1908, le corps d’Emile Zola est exhumé au cimetière Montmartre en présence de la famille. Selon Le Figaro  « on s’aperçoit de l’état de vétusté du cercueil de Zola ». Un cercueil neuf est exigé. A la sortie du cimetière quelques cris : « Vive Zola » se font entendre pendant que des manifestants commencent à  se masser au quartier Latin.

    Quatre à cinq mille manifestants se pressent rue Souffot. Des renforts de police arrivent pour évacuer la place du Panthéon. Les cris fusent : « A bas Zola ! ». D’autres répondent : « Vive Zola ! ». Des bagarres éclatent, on procède à une quarantaine d’arrestations. Le calme revient vers une heure et demie du matin.

    4 juin, la cérémonie commence à 9h30. Le cercueil repose sous un catafalque de 12 mètres de haut qui chagrine le reporter du Figaro : tentures jaunes, tulles violets, guirlandes blanches « tout cela est criard et mesquin ». Les draperies qui ornent les loggias des angles ressemblent « à des chiffons oubliés sur un appui de fenêtre ». Cette « faute de goût » avait pourtant été déjà signalée aux obsèques des époux Berthelot.

    Vers 11h alors que la cérémonie s’achève, on entend deux coups de feu. Agitation, panique, un homme « aux cheveux gris » est désarmé, on reconnaît la victime : c’est le commandant Alfred Dreyfus venu rendre hommage à son défenseur. Il n’est heureusement que blessé au bras.

    L’assaillant de Dreyfus est entrainé vers la sortie et identifié : « De notre groupe un cri de surprise est parti : -C’est Gregory (sic) ! Et ce nom redit aussitôt de bouche en bouche est accueilli avec une sorte de stupeur par tous nos confrères.» Louis Anthelme Grégori est un journaliste de la rédaction du Gaulois, nationaliste et antisémite, furieux de la participation des troupes militaires à la cérémonie. Il sera acquitté.

    Le Figaro du 5 juin fait sa revue de presse. Les journaux nationalistes trouvent toutes les excuses à ce Gregori porte-parole de tous ceux que l’inhumation de Zola au Panthéon indigne. Ainsi Charles Maurras demande dans l’Action française pour Dreyfus non pas « les six balles du revolver d’un citoyen » mais « les douze balles du peloton d’exécution… » ©gallica.bnf.fr

    IVe République : célébration des Résistances

    Après la Seconde guerre mondiale, la reconnaissance de la patrie va naturellement à ceux qui ont résisté à l’ennemi : des scientifiques engagés comme Langevin et Perrin en 1948. L’année suivante Félix Eboué, gouverneur des colonies, est le premier Noir à entrer au Panthéon.

    Le même jour, le 20 mai 1949, est inhumé un autre grand homme, résistant d’une autre époque Victor Schoelcher, défenseur acharné de l’abolition de l’esclavage obtenue en 1848.

    20 mai 1949 – Transfert des cendres de Félix Eboué et de Victor Schoelcher au Panthéon

    Le dernier panthéonisé de la IVe République est Louis Braille, qui oppose à la fatalité une résistance opiniâtre. Il est honoré et remercié pour combat en faveur des aveugles et l’invention du système d’écriture qui porte son nom.

    Ve République : toutes les valeurs de la République

    Si l’initiative d’un décret de panthéonisation est laissée aux parlementaires sous la IIIe et IVe République, c’est en revanche au  Président que revient la décision sous la Ve.

    L’inhumation grandiose de Jean Moulin en 1964 voulue par Charles de Gaulle donne une place de choix à la Résistance française dans les valeurs républicaines que le gouvernement veut honorer.

    « Révolutionnaires en votre temps vous l’étiez, révolutionnaires en notre temps vous le demeurez »
    Discours de Jack Lang le 12 décembre 1989 pour le transfert des cendres de Condorcet, Monge et Grégoire

    François Mitterrand célèbre avec René Cassin, la défense des droits de l’homme et avec Jean Monnet, la construction de l’Europe, garante de la paix. Le bicentenaire de la Révolution française permet de rendre hommage enfin plus largement aux hommes de la Révolution et des premiers temps de la République : Condorcet, partisan de l’abolition enfin obtenue par Robert Badinter, de la peine de mort, l’abbé Grégoire, militant de l’émancipation des Noirs et des Juifs et Gaspard Monge, fondateur de l’Ecole normale des instituteurs.

    12 décembre 1989 – Transfert des cendres de Monge, Condorcet et Grégoire pour le bicentenaire de la Révolution.

    Enfin, en 1995, juste avant la fin de son mandat, Mitterrand fait entrer pour la première fois une femme au Panthéon, Marie Curie avec son mari Pierre.

    Pas de rupture avec Jacques Chirac qui avec la translation des cendres d’André Malraux, résistant et homme politique et d’Alexandre Dumas, grand républicain et romancier prolifique perpétue la mise à l’honneur des vertus républicaines.

    « Plus que tout autre romantique, Alexandre Dumas sait, avec Hugo et Schoelcher, que la République porte les valeurs qui émancipent »
    Jacques Chirac, discours du transfert des cendres d’A. Dumas le 30 novembre 2002

    En 2015, enfin, François Hollande répond à la volonté populaire d’honorer au Panthéon des personnalités féminines. Faisant d’une pierre deux coups, il annonce dans son  discours  du 21 février 2014 le choix de quatre figures de la Résistance dont deux femmes pour incarner les valeurs de la France : l’«égalité »  représentée par Germaine Tillion, la « fraternité » par Geneviève De Gaulle-Anthonioz, la « liberté » par Pierre Brossolette et  enfin Jean Zay, incarne la « République, l’école de la République».

    Les dépouilles sont-elles  vraiment dans les caveaux?

    Ce ne sera pas le cas pour Geneviève de Gaulle Anthonioz ni pour Germaine Tillion. Vide également le caveau du cardinal Vincenti-Mareri dont le corps a été réclamé par sa famille en 1861, cinquante ans après sa mort.

    Pour certains, ce n’est que le cœur qui est offert à la dévotion nationale tandis que le corps reste dans la sépulture familiale. C’est évident  pour Gambetta, dont le cœur est exposé dans une urne placée dans l’escalier est. Mais plus discret pour Durazzo dont le corps est enterré à Gênes, Hureau de Sénarmont, Malher, Morard de Galles et Sers.

    La famille peut à l’inverse vouloir garder une relique : le cœur pour Bougainville, Cabanis, Caulaincourt, Cretet (cœur et entrailles), Jean Rousseau, Winter. Ou les mains… celles de Louis Braille sont exposées dans une urne dans le tombeau familial à Coupvray. Les cendres de François Marceau (cendres réelles, son corps ayant été incinéré) ont été dispersées de multiples fois, ne laissant qu’une poignée pour le Panthéon. Le corps de Voltaire a bien été transféré au Panthéon mais amputé de son cœur et de son cerveau conservés respectivement à la Bibliothèque nationale et à la Comédie-Française. Quant à Jean Moulin, il n’y a aucune certitude sur l’authenticité des restes inhumés au Panthéon.

    source : Dictionnaire des gloires du Panthéon de Jean-François Decraene, Centre des monuments nationaux.

    Qui voudriez-vous voir panthéonisé ?

    A l’occasion du quatre-vingtième anniversaire du Front Populaire en 2016, ou en 2018 lors du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, choisissez d’honorer une personnalité pour son engagement pour la liberté, pour l’égalité, pour la paix ou l’action politique.


     =====

    commentaires

    quellos                                               Le président des commémorations et du passé , sans renier les faits et honneurs que la nation se doit , il faudrait penser à l’avenir , à l’organiser , à le préparer , le pérenniser , au lieu de vivre sur les cendres….froides

    Denis Bour                                             Incroyable que l’on mette au Panthéon quelqu’un qui se torchait avec le drapeau français ! Honte à nos dirigeants !

    JM                                                          Des quatre cercueils transportés, deux seront vides. Les familles de Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle s’étant opposées à l’ouverture des caveaux de famille, leurs deux cercueils seront conduits au Panthéon lestés seulement d’un peu de terre. Personne pour commenter cela au Monde ? Ou bien faut-il considérer cette situation ubuesque comme NORMALE ???

    nina                                                        Hollande a une façon assez curieuse honorer la mémoire de Germaine Tillion et de Geneviève de Gaulle-Anthonioz en se distinguant comme le chef d’Etat européen qui vient le moins en aide aux migrants et comme un de ceux qui auront préconisé la militarisation de la question des migrants en Méditérrannée afin de bien verrouiller nos frontières maritimes pour que nous restions entre nous, entre gens civilisés qui avons suffisamment de problèmes comme ça.

    Marius                                                  C’ est le peuple français dans son entier qui devrait rester au Panthéon tant il en faut de la force pour résister au spectacle de Hollande et de sa clique de vieux qui se nourrissent depuis 40 ans sur la bête République.

    Libanios                                                Quels que soient ses mérites, Jean Zay n’est pas à proprement parler un « héros de la résistance » , comme le disent rapidement tous les médias.

    Burn-out: toutes les professions sont-elles touchées ? footage de gueule!

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    Pas de commentaire de la Fifa sur les arrestations

    – Zurich (AFP) – © 2015 AFP

    Foot: la Fifa cherche « à clarifier » la situation et ne fera pas de commentaire sur les arrestations (porte-parole)

    #Fifa La Fifa cherche « à clarifier » la situation et ne fera pas de commentaire sur les arrestations, indique un porte-parole de l’organisation

    #Fifa Sepp Blatter, le président de la Fifa, ne fait pas partie des dirigeants arrêtés ce matin, assure un journaliste du « New York Times »

    Des responsables de la Fifa arrêtés par la police suisse

    SAN FRANCISCO (Reuters) – Plusieurs hauts responsables de la Fédération internationale de football (FIFA) ont été arrêtés tôt mercredi matin par la police suisse, rapporte le New York Times qui ajoute que la justice américaine réclame leur extradition pour des faits présumés de corruption.

    La Fifa tient en cette fin de semaine son congrès annuel où le président Sepp Blatter, à la tête de la puissante fédération depuis 1998, briguera un cinquième mandat.

    D’après le New York Times, les policiers suisses sont arrivés à l’aube dans un hôtel luxueux de Zurich où séjournent des officiels de la Fifa.

    D’après les sources judiciaires citées par le journal américain, les charges couvrent des faits de corruption présumés commis sur les vingt dernières années. Sont notamment visées les conditions d’attribution de plusieurs éditions de la Coupe du monde ainsi que des contrats de marketing et de droits de retransmission télévisée.

    Plus de dix responsables devraient être inculpés, ajoute le NY Times.

    Le Wall Street Journal écrit pour sa part que les inculpations devraient être rendues publiques ce mercredi par un tribunal fédéral de Brooklyn, à New York.

    Le quotidien, qui cite sources non identifiées, ne précise pas le nom des responsables visés.

    Soupçonnés de corruption, une douzaine de membres de la Fifa ont été arrêtés

    JUSTICE – Plusieurs haut-responsables du football mondial auraient été arrêtés à Zurich dans une opération exceptionnelle mercredi matin, selon le New York Times. Ils seraient accusés de corruption, blanchiment d’argent et extorsion.

    La Fifa, dirigée par Sepp Blatter, serait gangrénée par la corruption depuis des années.

    La Fifa, dirigée par Sepp Blatter, serait gangrénée par la corruption depuis des années. Photo : GIL COHEN MAGEN / AFP

    L’élection du nouveau président de la Fifa ne commence pas dans le plus grand calme. Alors que la fédération internationale de foot est réunie toute la semaine à Zurich pour son assemblée annuelle, plusieurs de ses responsables auraient été arrêtés très tôt ce mercredi matin dans une opération spéciale, indique le New York Times. Des informations confirmées ensuite par l’agence de presse AP et la BBC. Ces arrestations auraient été effectuées à la demande du FBI, les États-Unis réclamant l’extradition des personnes arrêtées.

    Plus d’une douzaine fonctionnaires sont visés. Il leur est reproché des faits de corruption, avec fraude électronique, blanchiment d’argent et extorsion, notamment dans le cadre de l’attribution des Coupes du monde, mais pas seulement. C’est surtout à l’organisation même de la Fifa (marketing, appels d’offres, etc), et aux soupçons de corruption qui pèse sur elle depuis des années, que s’attaquent les juges américains.

    « Corruption institutionnalisée »

    ”Nous sommes frappés par le nombre d’années durant lequel tout cela a perduré, et à quel point cela concerne tout ce que la Fifa a fait, déclare au quotidien américain un juge. Il semble que cette corruption était institutionnalisée, que cela soit leur manière de faire du business.” Un sacré coup pour Sepp Blatter, président de la fédération depuis 1998, qui brigue un nouveau mandat, le cinquième, qu’il est assuré de remporter vendredi face au Prince Ali.

    Le Suisse ne fait pas partie des personnes arrêtées. Mais parmi eux se trouvent Jeffrey Webb (Îles Caïman), l’un des vice-présidents du comité exécutif ; Eugenio Figueredo (Uruguay), également vice-président du comité exécutif et ancien président de la fédération sud-américaine de football ; Jack Warner (Trinité-et-Tobago), membre du même comité et accusé plusieurs fois d’avoir violé l’éthique de la Fifa. Les arrestations ont eu lieu mercredi matin, dans le très luxueux hôtel cinq étoiles Baur au Lac, dans le plus grand calme. La Fifa s’est gardée de tout commentaire, comme le FBI.

    Vaste opération policière à la Fifa, plusieurs cadres interpellés

     LEXPRESS.fr avec AFP

    le-siege-de-la-fifa-a-zurich-le-26-septembre-2014_5304759Les autorités suisses ont procédé tôt ce mercredi à l’arrestation d’une dizaine de cadres de la Fifa, à Zürich.

    afp.com/Sebastien Bozon

    Les autorités suisses ont procédé ce mercredi à l’arrestation de plusieurs cadres de la Fifa, à Zürich. Les États-Unis demandent leur extradition pour des faits de corruption présumée.

    Vaste opération des autorités suisses au siège de la Fifa. ce mercredi matin, des perquisitions ont été menées au siège de l’instance de football. Six cadres auraient été arrêtés selon les médias américains, mais plus d’une dizaine seraient visés au total, rapporte le New-York Times. D’après l’un de ses journalistes, Sepp Blatter ne ferait pas partie des personnes interpellées. Ce serait en revanche le cas de Jeffrey Webb, le vice-président de l’instance, et président de la Concacaf (La Confédération de football d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes), Eugenio Figueredo, ancien président de la confédération sud-américaine de football et d’Eduardo Li, président de la fédération du Costa Rica. Les autorités suisses ont pu agir dans le calme, sans même utiliser de menottes.

    Les arrestations auraient été conduites à l’hôtel Baur au Lac, là ou séjournaient les cadres de l’instance avant leur rencontre annuelle, prévue ce jour. D’après le New York Times, la police suisse serait également repartie avec deux sacs de pièces à conviction. Le quotidien américain, citant trois sources liées à l’enquête, précise que les soupçons porteraient sur un système de corruption organisée, institutionnalisé, qui pourrait notamment concerner les candidatures pour la Coupe du Monde, les contrats de diffusion télévisée ainsi que des aspects marketing. Les charges porteraient sur des faits présumés de fraude, racket et blanchiment d’argent.

    Six responsables de la FIFA arrêtés pour des faits présumés de corruption

    Le Monde.fr

    Le siège de la FIFA, à Zurich.

    Six hauts responsables de la Fédération internationale de football (FIFA) ont été arrêtés par la police suisse tôt mercredi 27 mai à Zurich, à la demande des autorités américaines, a fait savoir l’Office fédéral de la justice (OFJ) suisse. La justice new-yorkaise les soupçonne d’avoir accepté « depuis le début des années 1990 des pots-de-vin et des commissions d’un montant de plusieurs millions de dollars », précise l’OFJ dans un communiqué. Ces fonctionnaires ont été placés en détention dans l’attente de leur extradition.

    La FIFA tient en cette fin de semaine son congrès annuel, où Sepp Blatter, son président depuis 1998, briguera un cinquième mandat. D’après The New York Times, les policiers suisses sont arrivés à l’aube dans un hôtel luxueux de Zurich où séjournent des officiels de la FIFA.

    Visés pour corruption

    D’après les sources judiciaires citées par le journal américain, les charges couvrent des faits de corruption présumés commis au cours des vingt dernières années. Sont notamment visées les conditions d’attribution de plusieurs éditions de la Coupe du monde ainsi que des contrats de marketing et de droits de retransmission télévisée. Plus de dix responsables devraient être inculpés, affirme The New York Times.

    La police cantonale zurichoise entendra mercredi les personnes arrêtées à propos des faits qui leur sont reprochés. Celles qui consentiront d’emblée à l’extradition feront l’objet d’une procédure simplifiée, permettant à l’OFJ d’approuver sans délai la demande d’extradition aux Etats-Unis et de l’exécuter.

    The Wall Street Journal écrit pour sa part que les inculpations devraient être rendues publiques ce mercredi par un tribunal fédéral de Brooklyn, à New York. Le quotidien, qui cite sources non identifiées, ne précise pas le nom des responsables visés.

    FIFA: plusieurs hauts responsables de la Fédération arrêtés en Suisse pour corruption à la demande des États-Unis

    FIFA

    FOOTBALL – De nouveaux soupçons de corruption pèsent sur la FIFA. Selon le New York Times, plusieurs hauts responsables de la fédération ont été arrêtés à l’aube à Zurich, dans le luxueux hôtel Baur au Lac, ce mercredi 27 mai.

    Le président de la FIFA, Sepp Blatter, n’est pas concerné précise par ailleurs le New York Times. Une dizaine de responsables seraient visés alors que le gratin de l’institution devait se retrouver ce mercredi pour leur rencontre annuelle.

    Le journal explique également que ces cadres devraient être extradés vers les États-Unis pour y être jugés pour des faits présumés de racket, blanchiment d’argent et corruption dans le cadre notamment de l’attribution de plusieurs coupes du monde ou de contrats marketing.

    Cette série d’interpellations est le fruit de trois ans d’enquête du FBI. Les faits quant à eux, s’étaleraient sur les vingt dernières années. Selon le Wall Street Journal, la justice américaine devrait rendre publique dans la journée la liste de ces hauts dirigeants ainsi que le détail des faits qui leur sont reprochés. C’est la police cantonale zurichoise qui est chargée de les interroger dans la journée.

    Au total, six dirigeants ont été interpellés précise l’agence Associated Press. Parmi eux figureraient Jeffrey Webb, vice-président du comité exécutif de la FIFA.

    Cette affaire intervient au pire moment pour la FIFA. En effet, le sulfureux président Sepp Blatter doit en fin de semaine être reconduit à la tête de l’institution pour la cinquième fois consécutive dans un contexte marqué -entre autres- par la très controversée attribution de la Coupe du Monde au Qatar. Comme le précise L’Equipe, Seppe Blatter sera opposé au prince jordanien Ali Bin Al Hussein ayant fait l’objet lui-même de tentatives de corruption au sein même de l’institution.

    Un « problème de transparence »

    Invité à réagir à cette vague d’arrestations sur Europe 1, le président de la LFP Frédéric Thiriez a pour sa part pointé une « problème de transparence » au sein de l’institution. Le patron de la Ligue 1 a par ailleurs regretté que n’ait pas encore été rendu public le rapport Garcia portant sur les conditions d’attribution des Coupes du monde 2018 et 2022 au Qatar et en Russie. Frédéric Thiriez s’est également dit « profondément choqué » par ces arrestations.

    La FIFA quant à elle cherche « à clarifier » la situation et ne fera pas de commentaire sur les arrestations, a-t-elle réagi auprès de l’AFP. « Nous avons vu les comptes rendus des médias. Nous cherchons à clarifier la situation. Nous ne ferons pas de commentaire à cette étape », a déclaré la porte-parole cité par l’AFP.

    Lire aussi :

    • Blatter élimine Platini de la Fifa : les 7 ruses très politiques d’un vieux lion

    • Coupe du monde au Qatar 2022: des logos détournés pour appeler les sponsors du mondial à se retirer

    Plusieurs responsables de la Fédération internationale de football amateur (Fifa) ont été arrêtés

    Selon le New York Times, la justice américaine réclame leur extradition pour des faits présumés de corruption.

    L’information fait beaucoup de bruit ce mercredi matin dans le monde du ballon et ailleurs telleemnt le football a pris une place importante dans notre société actuelle. Ce mercredi matin, plusieurs hauts responsables de la Fédération internationale de football amateur (Fifa) ont été arrêtés, très tôt par la police suisse. Selon le New York Times, les policiers ont fait irruption dans l’hôtel de Zurich où séjournent les officiels de la Fifa.

    La fédération est en effet réunie pour tenir cette fin de semaine son congrès annuel. Il se pourrait même que le président Sepp Blater, à la tête de l’organisation depuis 1998, soit réélu pour un cinquième mandat. Le journal américain cite des sources judiciaires selon lesquelles les charges couvrent des faits de corruption présumés commis sur les vingt dernières années.

    Une fois de plus, ce sont les conditions d’attribution de plusierus éditions de la Coupe du monde qui sont visées. Des contrats de marketing et droits de retransmissions télévisées seraient également dans le viseur des autorités helvètes. Le NY Times indique que dix responsables devraient être inculpés ce mercredi. Parmi les cadres de la Fifa visés par les soupçons de corruption, on compte Jeffrey Webb, le vice-président, Eugenio Figueredo et Jack Warner. Le président Sepp Blatter, ne serait pas concerné par ces accusations.

    Le Wall Street Journal, lui indique  que les inculpations devraient être rendues publiques ce mercredi par un tribunal fédéral de Brooklyn, à New York.

    Suisse : plusieurs hauts responsables de la Fifa arrêtés

    Six responsables du monde du football, soupçonnés de corruption à la Fédération internationale de Football (Fifa), ont été interpellés mercredi 27 mai à Zurich et placés en détention dans l’attente de leur extradition vers les Etats-Unis.

    La police suisse a conduit tôt ce mercredi matin une opération de grande envergure. Six hauts responsables de la Fédération internationale de football (Fifa) ont été arrêtés dans un hôtel luxueux de Zurich.

    L’affaire

    Les charges qui pèsent contre ces personnes couvrent des faits de corruption présumés commis sur les vingt dernières années. Les conditions d’attribution de plusieurs éditions de la Coupe du monde, des contrats de marketing et de droits de retransmission télévisée son visés.

    Dans un communiqué, l’Office fédéral de la justice (OFJ) suisse indique que « le parquet du district Est de New York enquête sur ces personnes qu’il soupçonne d’avoir accepté des pots-de-vin et des commissions du début des années 90 à ce jour ».

    « Des représentants des médias et du marketing sportif seraient impliqués dans des versements à de hauts fonctionnaires d’organisations footballistiques (délégués de la Fédération internationale de football association FIFA et fonctionnaires d’organisations affiliées) en échange des droits médiatiques et des droits de marketing et de sponsoring de compétitions organisées aux Etats-Unis et en Amérique du Sud », ajoute-t-il.

    Attente d’une extradition

    Selon le Wall Street Journal, les inculpations devraient être rendues publiques ce mercredi par un tribunal fédéral de Brooklyn, à New York. Les six hommes ont été placés en détention dans l’attente de leur extradition vers les Etats-Unis.

    Cette affaire intervient alors que la Fifa tient en cette fin de semaine son congrès annuel où le président Sepp Blatter, à la tête de la puissante fédération depuis 1998, briguera un cinquième mandat.

    Ce que l’on sait de l’arrestation de six cadres de la Fifa pour corruption présumée

    Le « New York Times » révèle que les interpellations ont eu lieu, mercredi matin, à Zurich, alors que les dirigeants de la Fédération internationale de football se réunissaient pour leur congrès annuel.

    Un van de la police suisse devant l'hôtel de Zurich (Suisse), où ont été arrêtés des responsables de la Fifa, le 27 mai 2015.
    Un van de la police suisse devant l’hôtel de Zurich (Suisse), où ont été arrêtés des responsables de la Fifa, le 27 mai 2015. (ARND WIEGMANN / REUTERS)

    Six cadres de la Fédération internationale de football (Fifa) ont été arrêtés, tôt mercredi 27 mai, alors qu’ils devaient se réunir pour leur congrès annuel à Zurich (Suisse), révèle le New York Times (en anglais). Le journal affirme que la justice américaine réclame leur extradition pour des faits de corruption présumée.

    Francetv info revient sur cette vague d’arrestations sans précédent dans l’univers feutré du football international.

    Que s’est-il passé ?

    Les arrestations se sont faites dans le calme. Les policiers suisses se sont présentés à l’accueil du Baur Au Lac Hotel de Zurich, tôt, mercredi. Après avoir relevé les numéros de chambre des personnes concernées, ils sont montés les arrêter, raconte un journaliste du New York Times.

    Les responsables interpellés ont quitté l’hôtel par une porte secondaire. Ils n’étaient pas menottés et ont pu emporter une valise. Les employés de l’hôtel ont tenté de les mettre à l’abri des regards avec des draps, comme le montrent ces vidéos de l’agence AP et d’un autre journaliste du New York Times.

    Qui sont les personnes arrêtées ?

    Le ministère suisse de la Justice indique que « six fonctionnaires du football » ont été arrêtées « à la demande des autorités américaines ». Selon le New York Times, Jeffrey Webb, vice-président du comité exécutif, représentant des Iles Caïmans et président de la Concacaf, la Confédération de football d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes, est parmi elles.

    Le président de la Concacaf, Jeffrey Webb (à droite), à côté du président de la Fifa, Sepp Blatter (à gauche), le 16 avril 2015, aux Bahamas.
    Le président de la Concacaf, Jeffrey Webb (à droite), à côté du président de la Fifa, Sepp Blatter (à gauche), le 16 avril 2015, aux Bahamas. (DAVID LEAH / MEXSPORT / AFP)

    L’Uruguayen Eugenio Figueredo, lui aussi vice-président du comité exécutif, et le Trinidadien Jack Warner, le prédécesseur de Webb à la Concacaf, y figurent également. L’actuel président de la Fifa, Sepp Blatter, qui doit être réélu vendredi pour un cinquième mandat, n’est pas concerné par cette vague d’interpellations.

    Que leur reproche-t-on ?

    Les accusations portent sur des faits de corruption présumée commis sur les vingt dernières années, essentiellement au sein de la Concacaf, l’une des six fédérations régionales de la Fifa. Au total, 14 personnes, dont des cadres des Etats-Unis et d’Amérique du Sud travaillant dans le marketing sportif, sont mises en examen dans cette affaire, rapporte le New York Times.

    Selon le ministère de la Justice suisse, des représentants des médias sportifs et de sociétés de marketing sportif auraient versé des pots-de-vin à des délégués Fifa en échange de « droits médiatiques et des droits de marketing de compétitions organisées aux Etats-Unis et en Amérique du Sud ». Le montant de ces dessous-de-tables se chiffre en millions d’euros.

    « Nous sommes frappés par la durée de ces agissements et par le degré d’implication de la Fifa. Cela semble pénétrer chaque élément de la fédération et c’était juste leur manière de faire des affaires, explique un officiel au New York Times. On a l’impression que la corruption est institutionnalisée. »

    Pourquoi l’enquête est-elle menée par la justice américaine ?

    Selon la demande d’arrestation américaine, citée par le ministère de la Justice suisse, les négociations autour de ces pots-de-vin « auraient été conclues aux Etats-Unis, où ont également eu lieu les préparatifs ». Des paiements auraient également transité par des banques américaines. Autant d’éléments qui expliquent la mobilisation de la justice américaine dans cette affaire.

    Selon le Wall Street Journal (en anglais), cette opération est l’aboutissement d’une enquête entamée il y a des années par le FBI. Les policiers américains ont reçu un coup de pouce décisif en 2011, lorsqu’un Américain membre du comité exécutif, Charles Chuck Blazer, a accepté de collaborer avec eux. Sous la menace d’une enquête pour évasion fiscale, l’homme, qui a quitté la Fifa en 2013 après des accusations de corruption, a enregistré plusieurs conversations avec d’autres cadres de la fédération.

    Après l’annonce des arrestations, un porte-parole de la Fifa a indiqué que cette dernière cherchait « à clarifier » la situation. « Nous ne ferons pas de commentaire à cette étape », a déclaré la porte-parole.

    Comment la Fifa a bloqué les investigations autour des Coupes du monde 2018 et 2022

    Maxime Brigand

    figarofr: Sepp Blatter est à la tête de la FIFA depuis 1998.© FADEL SENNA/AFP Sepp Blatter est à la tête de la FIFA depuis 1998. Les soupçons de corruption pèsent depuis longtemps sur la Fédération internationale de football. Des réponses se trouvent dans un rapport de 430 pages rédigé par le procureur américain Michael Garcia. Sauf que ce dernier n’a jamais été publié.

    Tout était prêt. On pensait qu’on allait enfin tout savoir. Qu’on allait enfin voir clair dans les conditions d’attribution des Coupes du monde 2018 en Russie, et 2022 au Qatar. Que des noms allaient tomber, que les investigations réalisées autour de l’empire opaque construit de longue date par la FIFA seraient utilisées comme une preuve irréfutable d’un système gangrené par «une corruption institutionnalisée existant depuis des années».

    Le 19 décembre dernier, dans la foulée du comité exécutif de l’organisation à Marrakech, Sepp Blatter, président omnipotent de la FIFA depuis 1998, affirmait que le rapport Garcia serait publié intégralement dans une «forme appropriée». Le comité venait alors d’approuver la publication d’un dossier de 430 pages, construit par le procureur américain Michael Garcia. Ce dernier apportait de nombreux éléments remettant en question l’intégrité de nombreuses personnalités au sein de la Fédération internationale.

    Mais avec cette expression de «forme appropriée», le président de la FIFA a signifié clairement que l’ensemble du travail ne serait pas publié. Garcia, «l’incorruptible», fulminait depuis de nombreuses semaines dans les couloirs du siège suisse de l’institution, à Zurich. Le rapport que souhaitait publier la FIFA ayant été entièrement vidé de «pièces à conviction» amassées par le procureur et cinq enquêteurs indépendants. La réponse fut alors claire et cinglante: Garcia, l’ancien président de la chambre d’instruction du comité éthique de l’institution, claqua la porte le 17 décembre 2014.

    « Le rapport sera publié lorsque toutes les actions individuelles auront abouti »

    Interrogé ce matin au micro d’Europe 1, Frédéric Thiriez, le président de la Ligue de Football Professionnel (LFP), a réagi aux avancées de l’affaire et l’arrestation d’une dizaine de hauts responsables de la FIFA: «Je souhaite que la police et la Justice aillent jusqu’au bout de cette affaire. C’est un problème d’organisation, de transparence. Pourquoi n’a-t-on pas publié intégralement le rapport Garcia?». Cela fait maintenant huit mois que l’épais dossier prend la poussière à Zurich. L’institution a alors annoncé que le rapport serait «publié lorsque toutes les actions individuelles auront abouti».

    Les inculpations de la matinée et les décisions judiciaires qui suivront devraient permettre de faire la lumière sur un système opaque. Si les faits présumés de blanchiment d’argent, de racket et de détournements de fonds d’une dizaine de responsables de l’organisation étaient prouvés, la justice pourrait ordonner la publication des investigations menées par Michael Garcia. Aujourd’hui, cette solution paraît être le seul recours possible. Sepp Blatter s’apprêtant à entamer vendredi un cinquième mandat consécutif.

    Une affaire de corruption secoue la Fifa à deux jours de sa « présidentielle »

    Le président de la Fifa, Joseph Blatter, lors d'une conférence de presse le 18 avril 2013 à Panama city

    © Fournis par AFP Le président de la Fifa, Joseph Blatter, lors d’une conférence de presse le 18 avril 2013 à Panama city Un séisme a frappé la Fifa mercredi avec l’arrestation, à Zurich à la demande des autorités américaines, de six responsables soupçonnés de corruption, à deux jours de l’élection pour la présidence où Joseph Blatter briguera un 5e mandat.

    Selon les autorités suisses, les six responsables interpellés sont soupçonnés d’avoir accepté des dessous de table d’un montant de plusieurs millions des dollars, des années 1990 à nos jours.

    Le New York Times, qui a révélé l’affaire, a indiqué que des policiers suisses se sont présentés au petit matin dans le luxueux hôtel cinq étoiles Baur Au Lac du centre de Zurich, où sont logés les principaux dirigeants de la Fifa. Deux hommes non menottés ont été emmenés. Parmi eux, figurait Eduardo Lio, du Costa Rica.

    Selon le quotidien new-yorkais, les accusations visent des faits de corruption au cours des vingt dernières années. Elles portent notamment sur des attributions de coupes du monde, de droits de marketing et de télévision. Les accusations visent également des escroqueries par voie électronique, des faits de racket et de blanchiment d’argent.

    L'hôtel Baur Au Lac de Zurich le 27 mai 2015, où les arrestations des diriegeants de la Fifa se sont déroulées© Fournis par AFP L’hôtel Baur Au Lac de Zurich le 27 mai 2015, où les arrestations des diriegeants de la Fifa se sont déroulées Les accusations concernent au total une dizaine de personnes précise le journal, mais certaines d’entre elles ne se trouvent pas actuellement à Zurich.

    Parmi les dirigeants présents ou passés de la Fifa visés par les accusations figurent Jeffrey Webb (Iles Caïman), Eugenio Figueredo (Uruguay), tous deux membres du comité exécutif, et Jack Warner (Trinité-et-Tobago), un ancien membre du comité exécutif, déjà impliqué dans de nombreuses affaires de corruption.

    Une porte-parole de la Fifa a indiqué à l’AFP que l’instance cherchait « à clarifier la situation » après ces arrestations. Une conférence de presse a été convoquée à 11h00 locales (09h00 GMT) au siège de la Fédération à Zurich, en présence de Walter De Gregorio, directeur de la communication.

    Demande d’extradition 

    « La police cantonale a arrêté six fonctionnaires du football (…) à la demande des autorités américaines », a indiqué le ministère suisse de la Justice dans un communiqué, précisant agir à la demande du parquet du district est de New York.

    « Des représentants des médias sportifs et de sociétés de marketing sportif seraient impliqués dans des versements à de hauts fonctionnaires d’organisations footballistiques (des délégués de la Fifa et d’autres personnes appartenant à des organisations affiliées à la Fifa) en échange de droits médiatiques et des droits de marketing de compétitions organisées aux Etats-Unis et en Amérique du Sud », précise le ministère.

    « Selon la demande d’arrestation américaine, l’entente relative à ces actes aurait été conclue aux Etats-Unis, où ont également eu lieu les préparatifs. Des paiements auraient transité par des banques américaines », ajoute le communiqué suisse.

    Les suspects interpellés font l’objet d’une demande d’extradition américaine.

    Ils vont être entendus par la police de Zurich. Ceux qui accepteront leur extradition feront l’objet d’une procédure simplifiée « par laquelle l’OFJ (Office Fédéral de la Justice) pourra sans délai approuver la demande d’extradition vers les Etats-Unis et l’exécuter ».

    Pour ceux qui s’y opposeront, « l’OFJ priera les Etats-Unis de faire parvenir une demande formelle d’extradition à la Suisse dans le délai de 40 jours prévu par le traité d’extradition en vigueur entre les deux pays », selon le communiqué.

    Ce coup de filet spectaculaire intervient à deux jours de l’élection à la présidence de la Fifa, où Joseph Blatter, à sa tête depuis 1998, briguera un cinquième mandat.

    M. Blatter, âgé de 79 ans, est au centre de nombreuses critiques pour sa gouvernance de la richissime instance, qui a enregistré un chiffre d’affaires de près de 2 milliards d’euros en 2014, année de la dernière coupe du monde.

    De nombreuses accusations de corruption, relayées par les médias, ont visé l’attribution des Coupes du monde 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar.

    Suspectés de corruption, plusieurs cadres de la Fifa ont été arrêtés

    Maxime Brigand

    Une dizaine de cadres de l'organisation mondiale a été arrêtée ce matin dans un hôtel de Zurich.

    VIDÉO – Une vaste opération de police a eu lieu ce matin dans un hôtel de Zurich où les autorités suisses ont procédé à l’arrestation de plusieurs responsables de la Fifa qui devraient être extradés aux Etats-Unis. L’institution a confirmé de son côté la tenue des élections pour la présidence vendredi.

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    Il s’agit d’un énorme coup de filet. Alors que Sepp Blatter, le président de la Fifa, devrait être élu pour un cinquième mandat lors d’un congrès exceptionnel vendredi, la police suisse a procédé à l’arrestation d’une dizaine de cadres de l’organisation mondiale dans un hôtel de Zurich ce matin. Selon les informations du New York Times, les policiers se sont rendus très tôt ce matin au sein du luxueux Baur au Lac avant d’interpeller les dirigeants dans leur chambre alors qu’ils étaient réunis à l’occasion de l’assemblée annuelle de la fédération internationale de football.

    D’après les sources judiciaires citées par le journal américain, les charges porteraient sur des opérations de blanchiment d’argent, du racket et de nombreux détournements de fonds commis sur les vingt-dernières années. Notamment dans le viseur, les conditions d’attribution des Coupe du monde 2018 et 2022 sont pointées, mais aussi des contrats de marketing et de droits de retransmission TV. Une enquête vient d’être ouverte en Suisse après la saisie de documents au siège à Zurich autour des attributions de Coupe du monde et des perquisitions sont actuellement en cours à Miami.

    Le système se resserre autour de Sepp Blatter

    Parmi les nombreux responsables inculpés à la demande du département de la justice américaine, on retrouve Jeffrey Webb, le président de la Confédération d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes (CONCACAF) et vice-président du comité exécutif, Eugenio Figueredo, également membre du comité exécutif, ou encore Jack Warner (Trinité-et-Tobago), soupçonné de nombreuses violations éthiques. Le grand magnat Sepp Blatter, président indélogable de la FIFA depuis 1998 et en passe d’entamer un cinquième mandat consécutif, ne fait pas partie des haut fonctionnaires arrêtés.

    Sur place, un représentant de force de l’ordre avoue «que ce système avait trop duré. Nous sommes frappés par sa puissance et par le fait qu’il touche toutes les parties de la Fifa. On est là dans un cas de corruption institutionnalisée». La justice américaine demande aujourd’hui l’extradition des responsables arrêtés afin de les juger devant la cour de justice. Les inculpations exactes devraient être rendues publiques dans la journée par le tribunal fédéral de Brooklyn, à New York.

    Depuis de nombreuses années, la Fifa est l’objet d’investigations fouillées mettant en cause son opacité et son mode de gouvernance largement discuté. Les cas de pots-de-vins versés ont été nombreux lors de l’attribution des dernières Coupe du Monde, le manque de transparence sur la rémunération des dirigeants est souvent pointé alors que l’organisation enregistre des chiffres d’affaires exceptionnels (5,7 milliards de dollars entre 2011 et 2014). L’étiquette «d’empire byzantin impénétrable» souvent collée au dos de la Fifa pourrait être désormais très vite déchirée.

    Dans un point presse tenu au siège de la Fifa mercredi matin, Walter De Gregorio, le directeur de la communication et des affaires publiques de l’institution, a confirmé que les élections pour la présidence de la fédération auraient bien lieu vendredi et que «Sepp Blatter et Jérôme Valcke, le secrétaire général, ne sont pas impliqués. La Fifa coopère pleinement avec la justice, elle est victime dans cette affaire».

    ==

    Commentaires

    Enzo  • 

    Est-ce vraiment une surprise…?

    Laurent  • 

    La FIFA est devenue un vrai repaire de voyous. On croirait l’UMP

    ormeau  •

    vont-ils blatérer afin d’ éliminer cette vermine fat de sa personne du champ footbalistique une bonne fois pour toutes en avouant leurs turpitudes et manigances avec le chef trafiquant vive M ALI

    Jean-Michel  • 

    Ils disent « depuis 20 ans… » et c est seulement aujourd hui que réagit la justice… encore un e grosse farce ou les plus gros passeront au travers du filet..

    clind’oeil  •  

    Zepp Blatter est à la FIFA ce que Antonio Samaranch était au CIO..
    Tout le monde le savait !

    123  •  

    C’est drôle on n’arrête que les citoyens de petits pays du genre Tobago qui ne peuvent pas se faire aider par leurs pays que font ils de blatter et des autres européens dont tout le monde est au courant des magouilles c’est tout le système qu’il faut détruire pas deux petits poissons

    Genghis Khon  •

    Jalousie de la Gay pride mondialiste! C’est uniquement parce qu’ils n’ont pas été retenus pour l’organisation des jeux! Cela dit, la FIFA n’est qu’un repaire de mafieux, c’est bien connu!

    Alain  • 

    Ils sont forts les ricains qd meme.
    On peut faire pareil avec le CIO ?

    Necker  •

    Ça alors!

    david  •

    fifa ça rime bien avec mafia non ?

    cinna  •

    Cette organisation n’a rien à voir avec le sport mais avec le fric et même l’argent sale.
    Si la Qatar a eu la coupe de Monde c’est grâce à ces pétrodollars; si Platini a demandé à ce qu’un prince qatari soit à la tête de cette organisation c’est toujours pour le fric.

    mams6509  • 

    et il va dire qu’il ne savait pas ????

    Laurent  • 

    J’adore la signification du « A » dans FIFA. Si ça c’est pas du footage de gueule avec les sommes astronomiques brassées.

    AGODOU  •

    De quelle autorité la justice américaine s’ingère-t-elle dans une affaire présumée en Suisse? La cible=mondiale Russie!

    François  • 

    Football AMATEUR ? Et oui, il faut bien vivre ! Tout est pourri par le dieu argent. J’ai donné 27 ans à mon pays (militaire de carrière) et vraiment je le regrette de plus en plus, quel C.O.N. j’ai été .

    Michel “H”  • 

    Mais cela n’empêchera pas les « bidochons » moyens de payer des sommes délirantes pour assister aux match tout en portant Le t-shirt et toute la panoplie de l’équipe !
    Vas y supporter, achète le grand écran sur lequel ils vont te balancer des milliers de pub pour des #$%$ dont tu as envie mais qui sont hors de tes moyens !
    Vas y, achète la presse poubelle ou on voit ton « idole » surpayé et sa bimbo « sur-mamellisée ».
    Continue a accepter qu’avec tes impôts soit construit des temples au dieu « sport/argent » de plusieurs dizaines de milliers de places… qui deviennent des places fortes assiégées et « protégées » par les forces de l’ordre a nos frais des qu’il y a un match…
    Parait que le « sport » c’est bon pour les jeunes !
    Quel exemple, la seule devise de ces gens la c’est: « Y’en a qu’une, c’est la Thune ! »

    Dany  • 

    Il est temps de faire quelque chose…

    johnny  •

    De la corruption au sein de la FIFA !!!!!….Ne me dite pas………..
    Mais comment est ce possible dans ce  » noble sport »?

    ADTR  •

    Où il y a pouvoir il y a corruption.
    Où il y a corruption il y a argent.
    Conclusion pouvoir et argent font bon ménage et cela passe par la corruption.
    Qui a dit politique ?

    Gerard  • 

    tout le monde le savait depuis longtemps

    Un utilisateur Yahoo  •

    C’est ça le sport de haut niveau peut importe le sport les gens sont quand prêts à débourser énormément pour voir leur équipe ou sportif préféré et dans l’habillement c’est vraiment un comble

    Franck  • 

    Sepp Blatter et Michel Platini surement !!!

    FIdèles FArceurs…………..

    FBI  • 

    Il y a de la corruption au sein de la FIFA?!!!! Je n’y crois pas un seul instant. C’est du grand banditisme oui

    sumra  • 

    ne me dites pas qu’on va reparler de l’attribution de la C d M au Qatar ?
    je n’en crois rien

    Dionaea  • 

    Ils donnent la Coupe du Monde au Qatar…. comme ca… gratuit ??????
    Ils ont tellement encaissé d’argent qu’ils sont prêts à modifier tous les calendriers de tous les championnats…. à mon avis, ca n’a pas du plaire à tout le monde…. surtout à ceux qui n’ont rien eu…….

    Paul • 

    • ha même la il y a des truands …..c’est curieux ….ces gens qui se jettent sur le pognon comme la misère sur le pauvre monde …..et après sa donne des leçons de savoir vivre ….j’adore …..tout ce pognon qui circule et après ils disent qui y en as pas assez……c’est sur si il s’évapore avant d’arriver dans les bonne caisses ….!!!!
      Christian  •  …quand tu vois leurs tronches aux « dirigeants »…,des arrivistes pour la plupart,incultes comme la terre de l’ile de Pâques,mais bien branchés maffia-pognon sale!…en fait ils pourraient faire le taf des politiques,on y verrait que du feu!…Il serait temps de secouer la nappe,çà devient malsain de partout!
      arnaud  • quelqu’un est surpris ?
      blablabla  • c’est pourtant tres clair,limpide
      bon sens  •le football, 654 cas de corruption avérée l’année dernière dans les clubs, 75 morts , conséquence de match et plus de 3 000 blessés. Rien de nouveau sous le soleil, le qatar et l’arabie saoudite ont toujours été en première ligne. Souvenez vous du mondial où l’équipe france a été contrainte de se soumettre à une décision d’un émir, sur l’abitre, lors d’une coupe du monde.
      Martin  •  c’ est le nouveau nom de l’ UMP ?
      Rithé  •  no comment……

    rebelle 48                                                 C’est plutôt positif d’enrayer la corruption. … si la justice va jusqu’au bout

    Plaidoyer pour des apprentis

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    TROIS-~1

    Election en Espagne : Podemos en embuscade

    Election en Espagne : Podemos en embuscade
    © GOGO LOBATO / AFP

    Une élection régionale anticipée ne passionnent pas forcément les foules. Ce n’est pas le cas de celle ayant lieu dimanche en Andalousie. En effet, alors que 2015 se profile comme une année électorale décisive pour l’Espagne, le parti d’extrême-gauche Podemos, proche du parti Syriza au pouvoir en Grèce, va essayer de transformer l’essai en récoltant un maximum de suffrages. Mais les 6,5 millions d’Andalous, particulièrement marqués par la crise économique, peuvent aussi opter pour des partis plus classiques comme le PSOE (socialistes) ou le PP (parti Populaire, de droite), actuellement au pouvoir en Espagne. L’enjeu de cette élection, de taille, a même poussé le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a faire le déplacement sur place vendredi lors de la clôture de la campagne.

    À chacun son changement. Podemos pourrait sortir son aiguille du jeu lors de ces élections anticipées, fruit d’une discorde entre le PSOE et le parti écolo-communiste. Après six années de naufrage économique, les Andalous pourraient en effet être séduits par le discours anti-austérité de ce parti situé très à gauche de l’échiquier.

    Toutes les formations en lice ont cependant eu le même mot à la bouche pendant la campagne : « changement ». Avec des variantes cependant. « Le changement sûr », pour le PSOE qui invite les électeurs à ne pas se lancer dans des « expérimentations ». Le PP propose plutôt le « changement tranquille » en insistant sur la reprise de la croissance (+1,4%) tandis que Podemos opte pour le « changement irréversible » de Podemos.

    « Cela va servir de test ». « Tout le monde attend de voir si les forces émergentes vont obtenir un très bon résultat », déclarait samedi un membre haut placé du PP. « Cela va servir de test », ajoutait-il en évoquant les scrutins à venir. L’Espagne va en effet connaître des élections régionales et municipales en mai, une nouvelle régionale anticipée en Catalogne en septembre et enfin des législatives, à la fin de l’année. Lors de ce dernier scrutin, les conservateurs du PP risquent de perdre sa majorité.

    Mais en Andalousie, si Podemos réussit un coup d’éclat, ce sont les socialistes qui ont le plus à perdre puisqu’ils dirigent la région depuis 30 ans, résume le membre du PP.

    Le record européen du chômage. La crise a particulièrement frappé l’Andalousie en dévastant le secteur de la construction après l’éclatement en 2008 de la bulle immobilière. Le secteur agricole qui représente 500.000 emplois n’a pas pu compenser. Plus d’1,3 million de personnes sont sans emploi, soit 34,2%, un record européen au niveau régional. Des dizaines de milliers d’entre elles ont repris le chemin de l’émigration, comme dans l’Espagne pauvre des années 1960.

    Malgré la concurrence de l’extrême-gauche, le PSOE conserverait le pouvoir suite à cette élection, selon une enquête publiée le 14 mars par le journal El Pais. Podemos, pour sa part, arriverait en troisième position, derrière le PP alors qu’il arrive deuxième, voir premier lors de sondages à échelle nationale.

    Elections en Espagne : forte poussée des « indignés » à Madrid et Barcelone

    ESPAGNE – Selon deux sondages réalisés à la sortie des urnes ce dimanche 24 mai, les résultats des élections municipales à Madrid et Barcelone sont serrés. Les listes issues du mouvement des « indignés » se disputeraient la première place avec la droite et les nationalistes.

    Les Espagnols votaient ce dimanche 24 mai, à l'occasion des élections régionales et municipales.

    Les Espagnols votaient ce dimanche 24 mai, à l’occasion des élections régionales et municipales. Photo : PEDRO ARMESTRE / AFP

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