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Muhammadu Buhari est le nouveau président du Nigéria

L'Obs avec AFP

Malgré les menaces de Boko Haram, le scrutin s’est déroulé dans le calme et donne lieu à la première alternance démocratique du pays.

Muhammadu Buhari, nouveau président du Nigéria Pool/APC Presidential Campaign O / ANADOLU AGENCYMuhammadu Buhari, nouveau président du Nigéria Pool/APC Presidential Campaign O / ANADOLU AGENCY

L’ancien putschiste Muhammadu Buhari a remporté la présidentielle au Nigeria contre le sortant Goodluck Jonathan lors de l’élection la plus serrée de l’histoire du pays le plus peuplé d’Afrique, selon les résultats officiels proclamés mercredi 1 avril.

La victoire de Muhammadu Buhari, reconnue par Goodluck Jonathan, constitue la première alternance démocratique au Nigeria, marquant un tournant majeur dans l’histoire politique agitée de ce pays qui a connu six coups d’Etat militaires depuis l’indépendance, en 1960, et qui a été gouverné par le même parti depuis la fin des dictatures militaires, il y a 16 ans.

 2,57 millions de voix d’avance

Avec l’annonce tard dans la soirée de mardi au siège de la Commission nationale électorale indépendante (Inec) de sa victoire écrasante dans l’Etat de Borno, épicentre de l’insurrection islamiste de Boko Haram, Muhammadu Buhari remporte 21 Etats des 36 que compte la fédération nigériane.

L’Inec a précisé mercredi matin que Muhammadu Buhari, 72 ans, du Congrès progressiste (APC), avait remporté l’élection avec 2,57 millions de voix d’avance sur son rival. Il a recueilli 15.424.921 voix ou 53,95% des 28.587.564 suffrages exprimés. Goodluck Jonathan, 57 ans, du Parti démocratique populaire (PDP), a obtenu 12.853.162 voix (44,96%) à l’élection qui s’est déroulée samedi et dimanche.

Sans tarder, l’Union européenne a « chaleureusement félicité » mardi soir la victoire du candidat de Muhammadu Buhari.

 « Juste Buhari ! »

Le président français François Hollande a également félicité Muhammadu Buhari et « salué la détermination du peuple nigérian » ainsi que « le sens des responsabilités » du président nigérian sortant, qui a reconnu sa défaite.

Dans un pays où les dissensions politiques attisent souvent des tensions ethniques et religieuses, entraînant de sanglantes émeutes post-électorales, le vote, qui s’est déroulé dans le calme, n’a pas donné lieu à des violences majeures pour l’instant.

Et le groupe islamiste Boko Haram, qui a multiplié les attentats-suicides dans le nord, ces dernières semaines, et qui avait juré de perturber cette élection, n’est pas parvenu à empêcher le processus électoral.

Des milliers de Nigérians sont descendus dans les rues de Kano, la plus grande ville du nord musulman, pour célébrer la victoire de celui qu’ils ont plébiscité avec près de deux millions de voix contre un peu plus de 200.000 pour Jonathan dans cet Etat.

Une nuée de scooters et de voitures tous feux allumés faisaient des rodéos avec leurs engins, dans un nuage gaz d’échappement. Des femmes voilées scandaient « Juste Buhari ! » en choeur dans la foule.

Nombre d’entre eux brandissaient des balayettes, le symbole du parti de Buhari, le Congrès progressiste (APC), qui s’est engagé à lutter contre des années de mauvaise gouvernance et de corruption.

La première  alternance démocratique

Le Nigeria, première économie du continent, qui compte 69 millions d’électeurs inscrits sur 173 millions d’habitants, a voté ce week-end pour élire, outre le président, les 109 sénateurs et les 360 députés du pays que compte le Parlement.

A Lagos, la capitale économique et la plus grande ville du pays, où Buhari a remporté la présidentielle, des feux d’artifice ont été lancés dans le quartier populaire d’Obalende, et les partisans du nouveau président ont laissé exploser leur joie dans les rues, à pied, dans des triporteurs et même à cheval.

A Abuja, une foule compacte dansait devant le QG de campagne de l’APC.

« Il s’agit de la première alternance démocratique de l’histoire du Nigeria. Il n’est pas question de musulman ou de chrétien, ou même de parti politique. Cela montre aux politiciens que s’ils ne font pas leur job, on peut les mettre dehors », s’est enthousiasmé Anas Galadima, qui faisait partie de la fête.

Pour le commentateur politique Chris Ngwodo, la victoire de Muhammadu Buhari « instaure une suprématie (…) de l’électorat », dans un pays où bien souvent, la bataille était gagnée d’avance pour le président sortant.

« La dynamique entre les gouvernés et le gouvernement a changé pour de bon », a-t-il poursuivi.

Le spectre de Boko Haram

Selon Chris Ngwodo, si Muhammadu Buhari a remporté cette élection, c’est parce, soutenu par une opposition unie, il a réussi à fédérer l’électorat au niveau national, s’assurant d’une importante réserve de voix dans la moitié nord, majoritairement musulmane, mais remportant aussi des soutiens clé dans le sud, principalement chrétien –avec notamment un appui stratégique à Lagos.

Les récentes avancées de l’armée contre Boko Haram, dans le nord-est, grâce à l’intervention militaire des pays voisins, le Tchad en tête, ont finalement peu profité à Goodluck Jonathan, les électeurs considérant sûrement que cette opération arrivait trop tard, l’insurrection islamiste ayant fait plus de 13.000 morts en six ans.

Goodluck Jonathan a téléphoné à Muhammadu  Buhari dès 17h15, mardi, pour le féliciter et reconnaître sa défaite, selon l’opposition, un geste qui a été salué par les politiciens de tous bords.

Aucune ambition personnelle ne vaut le sang d’aucun Nigérian », a précisé Goodluck Jonathan.
Sur le web : Présidentielle au Nigeria : l’Union européenne félicite Muhammadu Buhari pour sa victoire

Alternance au Nigeria : un moment clé pour l’Afrique ?

Le Point –

L’élection à la présidence du Nigeria de l’opposant Muhammadu Buhari à l’issue d’un scrutin pacifique semble ancrer un peu plus la démocratie en Afrique.

Après l'élection à la présidence du Nigeria de l'opposant Muhammadu Buhari, ses supporters font la fête à Lagos.
Après l’élection à la présidence du Nigeria de l’opposant Muhammadu Buhari, ses supporters font la fête à Lagos. © Pius Utomi Ekpei / AFP

Après le Printemps arabe, un printemps africain ? L’alternance historique au Nigeria, avec l’élection à la présidence de l’opposant Muhammadu Buhari, semble ancrer un peu plus la démocratie en Afrique, où nombre de dirigeants restent néanmoins au pouvoir depuis des dizaines d’années. Dans le pays le plus peuplé du continent, la victoire de Muhammadu Buhari à la présidentielle, reconnue par le sortant Goodluck Jonathan et à l’issue d’un scrutin pacifique, est un symbole fort.

La révolution d’octobre 2014 au Burkina Faso avait donné le coup d’envoi : la rue avait alors chassé du pouvoir le président Blaise Compaoré après 27 ans aux affaires. Incarné par le géant économique et démographique nigérian, ce vent de la démocratie prend désormais une autre dimension.

« Consolidation des processus démocratiques »

« C’est un moment clé, pas seulement pour le Nigeria, mais pour toute la région », analyse Jeffrey Smith, du Robert F. Kennedy Centre for Justice and Human Rights, à Washington. « Le Burkina Faso a eu une très forte résonance dans beaucoup de pays, notamment au Togo, au Congo, peut-être en RDC… Et là, le Nigeria est un poids lourd », observe Philippe Hugon, auteur de Géopolitique de l’Afrique.

L’élection au Nigeria « aura un gros impact compte tenu de l’intensité électorale en Afrique », pronostique également Hugo Sada, spécialiste de l’Afrique et ancien délégué à la paix, aux droits de l’homme et à la démocratie de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Plus d’une vingtaine de présidentielles doivent se tenir d’ici fin 2017 sur le continent, rappelle Hugo Sada. « On arrive à un stade de maturité de consolidation des processus démocratiques, surtout quand on regarde dans la durée depuis 20 ans », estime-t-il.

« Un pionnier »

Il y a eu plusieurs élections avec des alternances réussies en Afrique : au Ghana, au Mali, ou au Sénégal notamment. À Dakar, Macky Sall a succédé à Abdoulaye Wade en 2012. Les opposants historiques Alpha Condé (2010) et Mahamadou Issoufou (2011) ont été élus en Guinée et au Niger après des transitions militaires. En 2014 au Malawi, Joyce Banda a fini par accepter sa défaite face à Peter Mutharika.

Il y a aussi les mouvements citoyens et militants pro-démocratie, qui ont joué un rôle clé comme au Burkina. Et qui travaillent au corps les sociétés, faisant un travail de vigie avant des scrutins risqués, au Togo, Burundi, RD Congo et Congo notamment.

Le Nigeria est « un pionnier, et ils ont donné l’immense, immense exemple à travers l’Afrique que la démocratie et un changement de gouvernement peuvent marcher, et cela peut exister à travers des élections justes et libres », a déclaré à Abuja la secrétaire d’État adjointe américaine pour l’Afrique, Linda Thomas-Greenfield.

Des avancées techniques

« Il y a 54 pays en Afrique. Bien sûr qu’il y a un certain nombre de pays où ça ne progresse pas. On ne peut pas par décret faire que toute l’Afrique devienne démocratique », résume Hugo Sada. « Le Nigeria montre qu’il y a une progression démocratique, et elle est exemplaire. Cela montre que les élections fonctionnement tant bien que mal », poursuit-il, en allusion aux menaces – restées quasi lettre morte – du groupe islamiste Boko Haram sur le déroulement du scrutin nigérian. « Il y a aussi des avancées techniques avec des élections électroniques ou la biométrie qui font que le risque de bourrage des urnes est moindre », ajoute Philippe Hugon.

L’élection nigériane a été marquée par des couacs techniques, dus à l’utilisation pour la première fois de lecteurs de cartes électorales biométriques, qui ont engendré de longues files d’attente. Ce système a néanmoins sans doute permis de minimiser les inévitables fraudes, dans un pays où le clientélisme est roi et le bourrage d’urnes une tradition bien ancrée.

Il y a des « spécificités nigérianes » à cette alternance réussie, ajoute Philippe Hugon : « Un président de la commission électorale intègre, alors que celui-ci est souvent proche du pouvoir. Une opposition intelligemment coalisée. »

« Pas forcément un modèle »

Pour Thierry Vircoulon, spécialiste Afrique de l’International Cris Group (ICG), il faut se garder de généraliser : « Le Nigeria a peut-être eu des élections, mais cela n’en fait pas forcément un modèle. » « On ne peut pas comparer le Nigeria avec d’autres pays qui viennent de connaître ou vont connaître une période électorale. Chaque pays a ses particularités et son contexte. Au Burundi, en RDC et au Rwanda, c’est la question du troisième mandat [d’affilée du président] qui pose question, et contre laquelle la société civile et l’opposition se battent », analyse-t-il.

Philippe Hugon concède qu’il « ne faut pas idéaliser. Il y a encore des présidents à vie. Paul Biya (Cameroun), Robert Mugabe (Zimbabwe), Teodoro Obiang (Guinée équatoriale) etc. Ceux qui assurent une certaine sécurité risquent de rester, je pense à Idriss Deby » au Tchad.

Du balai!

On connaissait le « Balai citoyen », instrument fétiche de l’insurrection civique fatale au mandat télescopique dont rêvait le ci-devant président burkinabé Blaise Compaoré. On entend encore le général ivoirien Robert Gueï -paix à son âme- promettre, au lendemain de son coup d’Etat de la Noël 1999, de « balayer la maison ». Et voici qu’au Nigeria la victoire échoit, par la grâce des urnes cette fois, à un putschiste repenti qui s’est choisi pour emblème de campagne la balayette. A croire que les rois, les fous et les cavaliers de l’échiquier politique subsaharien font leurs emplettes au Salon des Arts ménagers.

Muhammadu Buhari, tombeur du sortant Goodluck Jonathan, a donc troqué la cravache du despote en treillis contre le chasse-poussière. Fort bien. Pas sûr néanmoins que cette arme légère suffise à purger le colosse aux pieds d’argile fédéral de ses fléaux. Monsieur Propre, s’il tient à honorer ses promesses, doit de toute urgence enrichir sa panoplie. Il s’est déjà doté d’une éponge, promptement passée sur les aigres anathèmes échangés avec son rival aux quatre coins du ring électoral. Magnanime dans la victoire, Buhari a salué en Goodluck un « grand Nigérian » ; ce qu’il est à coup sûr, au moins par la taille. Mais il lui faut sans tarder changer la logiciel de l’aspirateur-maison. Lequel avait jusqu’alors vocation à siphonner le pactole pétrolier au profit d’élites, civiles comme galonnées, cupides et corrompues.  Idem pour le lave-linge de la famille, trop souvent détourné de sa mission initiale afin de blanchir des fortunes indues. S’agissant de la lutte contre les djihadistes de Boko Haram, le futur locataire du palais d’Aso Rock, siège de la présidence, devra préférer le karcher au plumeau. Mais lui sait bien qu’il lui faudra, au-delà d’un grand nettoyage à hauts risques, s’attaquer aux ressorts socio-économiques du mal. Tout jardinier vous le dira : en terrain fertile, le chiendent repousse tant que ses racines perdurent.

Et Thierry Vircoulon de souligner : « Les élections ne constituent qu’un petit morceau du processus démocratique. Ce n’est pas parce qu’un pays a eu des élections considérées libres et démocratiques que c’est un pays libre ou démocratique. »

Nigeria : tout juste élu président, Buhari déclare la guerre à Boko Haram

A peine élu au terme d’un scrutin salué dans le monde entier, le nouveau président du Nigeria, Muhammadu Buhari, s’est engagé mercredi 2 avril à « débarrasser la nation de la terreur » du groupe islamiste Boko Haram.

L’ex-général nigérian s’est également posé en rassembleur de son peuple, plaidant la réconciliation avec des opposants politiques redoutant le retour à son régime autocratique dans les années 1980, disant que son gouvernement allait représenter « tous les Nigérians ».

Lire le portrait : Muhammadu Buhari, la victoire du « converti »

« Je peux vous assurer que Boko Haram va vite mesurer la force de notre volonté collective et de notre engagement à débarrasser la nation de la terreur et pour ramener la paix », a déclaré le général retraité de 72 ans.

13 000 morts depuis six ans

« Aucun effort, a-t-il souligné, ne sera épargné pour vaincre le terrorisme » du groupe qui mène attaques, attentats-suicides et enlèvements dans le nord-est du pays, faisant plus de 13 000 morts depuis six ans.

Il s’est également engagé à combattre le fléau endémique qui ronge le Nigeria, la corruption, tout en déclarant qu’il n’y aurait pas de chasse aux sorcières et que son rival, Goodluck Jonathan, largement battu à la présidentielle n’avait « rien à craindre ».

Lire aussi (en édition abonnés) : Nigeria : Goodluck Jonathan, bon perdant

Avec 53,95 % des voix, Muhammadu Buhari, qui était le candidat de la coalition de l’opposition (APC), a battu avec une nette avance le chef d’État sortant, candidat du Parti démocratique populaire (PDP), crédité de 44,96 %, selon les résultats officiels annoncés par la Commission électorale indépendante.

Les résultats des élections parlementaires, qui ont eu lieu au même moment, n’ont pas encore été publiés. Selon le calendrier officiel, M. Buhari doit être investi le 29 mai. « Notre pays a rejoint la communauté des nations qui remplacent par les urnes un président en place au cours d’un scrutin libre et honnête », « pour moi, c’est vraiment historique », s’est félicité M. Buhari dans sa première allocution depuis son élection.

Sa victoire ouvre un nouveau chapitre dans l’histoire politique parfois turbulente du Nigeria qui a connu six coups d’Etat depuis l’indépendance en 1960. Le PDP détenait le pouvoir depuis 1999, date du retour à la démocratie du Nigeria après des années de dictatures militaires.

Nigeria: à peine élu président, Buhari déclare la guerre à Boko Haram

L’ex-général nigérian s’est également posé en rassembleur de son peuple, plaidant la réconciliation avec des opposants politiques redoutant le retour à son régime autocratique dans les années 1980, disant que son gouvernement allait représenter « tous les Nigérians ».

« Je peux vous assurer que Boko Haram va vite mesurer la force de notre volonté collective et de notre engagement à débarrasser la nation de la terreur et pour ramener la paix », a déclaré le général retraité de 72 ans.

« Aucun effort, a-t-il souligné, ne sera épargné pour vaincre le terrorisme » du groupe qui mène attaques, attentats-suicides et enlèvements dans le nord-est du pays, faisant plus de 13.000 morts depuis six ans.

Il s’est également engagé à combattre le fléau endémique qui ronge le Nigeria, la corruption, tout en déclarant qu’il n’y aurait pas de chasse aux sorcières et que son rival, Goodluck Jonathan, largement battu à la présidentielle n’avait « rien à craindre ».

« Disons-le clairement: le président Jonathan n’a rien à craindre de moi », a ajouté M. Buhari. « C’est un grand Nigérian ».

La corruption en particulier, l’un des plus grands fléaux du Nigeria, « n’aura plus sa place » dans le pays, a assuré M. Buhari.

Avec 53,95% des voix, Muhammadu Buhari, qui était le candidat de la coalition de l’opposition (APC), a battu avec une nette avance le chef d?État sortant Goodluck Jonathan, candidat du Parti démocratique populaire (PDP), crédité de 44,96%, selon les résultats officiels annoncés par la Commission électorale indépendante.

Les résultats des élections parlementaires, qui ont eu lieu au même moment, n’ont pas encore été publiés. Selon le calendrier officiel, M. Buhari doit être investi le 29 mai.

« Notre pays a rejoint la communauté des nations qui remplacent par les urnes un président en place au cours d’un scrutin libre et honnête », « pour moi, c’est vraiment historique », s’est félicité M. Buhari dans sa première allocution depuis son élection.

– « Oublier les vieilles batailles » –

Sa victoire ouvre un nouveau chapitre dans l’histoire politique parfois turbulente du Nigeria qui a connu six coups d’Etat depuis l’indépendance en 1960. Le PDP détenait le pouvoir depuis 1999, date du retour à la démocratie du Nigeria après des années de dictatures militaires.

L’Union européenne, la France et le Royaume-Uni (ancienne puissance coloniale) ont félicité le vainqueur, Londres soulignant l’importance d’une « transition pacifique ».

Le président Barack Obama a félicité MM. Buhari et Jonathan pour leur engagement « en faveur de la non violence tout au long de la campagne ».

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon a salué « la maturité de la démocratie au Nigeria ».

La présidente de la Commission de l’Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, a déclaré que « le résultat des élections démontre clairement la maturité de la démocratie, non seulement au Nigeria, mais sur le continent dans son ensemble ».

Dans un communiqué, les chefs des missions des observateurs internationaux incluant notamment ceux de l’Union Africaine, du Commonwealth, de l’Union Européenne ont félicité le Nigeria et son peuple « pour leur attachement à une réponse pacifique (à l’annonce des)… résultats des élections. »

M. Buhari a aussi tendu la main à Goodluck Jonathan, appelant à « oublier les vieilles batailles et les contentieux du passé ».

M. Buhari avait violemment critiqué l’administration de M. Jonathan durant la virulente campagne électorale, l’accusant notamment d’être gangrénée par la corruption, un de ses chevaux de bataille. Son parti avait d’ailleurs choisi comme emblème de campagne un balai, pour illustrer sa volonté d’en finir avec la corruption et l’insécurité.

« Aucune ambition personnelle ne vaut le sang d’aucun Nigérian », a déclaré mardi soir le vaincu afin de prévenir toute violence, alors que la précédente présidentielle en 2011 s’était soldée par un millier de morts.

– « Ni triche, ni violences »-

Ancien putschiste à la tête d’une junte militaire entre 1983 et 1985, Buhari se présente comme un « converti à la démocratie ». C’était la quatrième tentative à la présidentielle de ce musulman du Nord après trois échecs successifs depuis 2003, dont le dernier déjà face à M. Jonathan, un chrétien du Sud, en 2011.

Des milliers de Nigérians étaient descendus dès mardi après-midi dans les rues de Kano, plus grande ville du nord musulman, pour célébrer la victoire de leur candidat. « Un des plus beaux moments de ma vie », s’est réjoui Khalid Isa Musa, un jeune étudiant. Et mercredi la rue nigériane continuait de fêter sa victoire.

A Abuja, qui reprenait vie mercredi après quatre jours de paralysie, les partisans du président sortant étaient déçus pour leur candidat mais heureux pour la démocratie.

« J’ai voté pour Jonathan, mais ce n’est pas grave. Je suis heureux. Il n’y a eu ni triche, ni violences », lance Simon Idoku, chauffeur de taxi.

Cette présidentielle réussie, dans le pays le plus peuplé d’Afrique avec 173 millions d’habitants, est un symbole fort sur le continent, où la question de l’alternance pacifique et démocratique reste d’actualité, avec des dirigeants en poste ou une même famille au pouvoir parfois depuis plusieurs dizaines années.

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 Brian  • 

Qui vivra verra.

Fred  •  i

Enfin un homme courageux et combatif pour ce grand pays,puis -t il venir en aide à son peuple avec autant de zèle et en finir aussi avec la misère.

dad  • 

un discours, même s’il sent a plein nez la démagogie, c’est facile, nous le jugerons sur les faits. Se débarrasser de la corruption selon lui, c’est comme si c’était fait. Des qu’il y arrive, qu’il vienne nous expliquer comment il a fait car nous cherchons toujours la voie…

Rezaiguia  • 

on lui souhaite bon vent…..qu il reussisse dans sa mission

Emile  • 

Nigeria grande puissance sur le continent; espérons que la grandeur du pays va réellement reposer sur la grandeur de ses enfants! Que Dieu accompagne et bénisse le nouvel élu

Jean Coule  • 

Je déclare la guerre aux nouveaux avatars Yahoo!

M  •  

nous attendons l’article où boko et tous ces barbares serons massacrés ,,,,,,,

anthony  • 

Alors lui, il me parait sincère ,combatif, intelligent et humaniste !!! C’est bien pour le Nigéria ! Enfin un espoir pour un pays africain !!!!

Thomas Mahop  •  

Enfin la Démocratie a triomphé au Nigeria, en avant l’Afrique.Bne chance

Gervais A.  • 

C’est un déclic qui fera tache dans l’histoire de l’Afrique noire. Lorsque les Présidents détiennent leur pouvoir du peuple, ils ont les mains libres sur le plan national et international. Le Nigéria par là devient un partenaire incontournable en Afrique.

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