Elections au pays du peuple élu

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Des sénateurs Républicains U.S. écrivent à l'IranDes sénateurs Républicains U.S. écrivent à l’Iran

Législatives en Israël : Netanyahu menacé dans les sondages

Samedi soir, le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu (à droite) et son rival travailliste Isaac Herzog (à gauche) ont débattu brièvement à la télévision.
Samedi soir, le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu (à droite) et son rival travailliste Isaac Herzog (à gauche) ont débattu brièvement à la télévision. (AFP/Gil Cohen Magen ; Jack Guez.)

L’issue des élections législatives israéliennes de mardi semble plus que jamais indécise alors que la campagne se termine dimanche avec des sondages plutôt favorables au travailliste Isaac Herzog.
Les deux jours qui restent avant le scrutin seront déterminants pour convaincre les quelque 20% d’Israéliens encore indécis, estiment les commentateurs.

 Samedi soir, le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu et son rival travailliste ont tenté de convaincre ces indécis, débattant brièvement, pour la première fois depuis le début de la campagne. Ils ont parlé diplomatie et sécurité, lors d’une émission politique de la deuxième chaîne de télévision israélienne.

La campagne s’achève officiellement dimanche soir avec un grand rassemblement de la droite prévu à 19 heures (18 heures en France) à Tel-Aviv, où la participation de Benjamin Netanyahu restait samedi incertaine. Son parti, le Likoud, essaiera de faire aussi bien que la gauche, qui a rassemblé il y a une semaine des dizaines de milliers de partisans.

Le Likoud perdant dans les sondages

Il cherchera aussi à se rassurer alors que les derniers sondages autorisés accordaient une avance de quatre sièges à l’Union sioniste composée du parti travailliste de Isaac Herzog et du parti HaTnuah de Tzipi Livni.

Le Likoud obtiendrait 20 sièges contre 24 pour l’Union sioniste selon le sondage de la chaîne de télévision privée Channel 10, et 22 contre 26 selon celui de Channel 2.

Ces projections corroborent celles des précédents sondages, qui accordaient tous à l’Union sioniste une avance de quatre sièges sur le parti de droite au pouvoir.

Malgré cette avance de l’alliance de centre-gauche, l’issue des élections demeure très incertaine. Car dans le système israélien, ce n’est pas forcément le chef de la liste arrivée en tête qui est appelé à former le gouvernement, mais celui, parmi les 120 députés élus, qui sera le plus à même de constituer une coalition avec les autres groupes au Parlement.

Netanyahu se pose en «M. Sécurité»

Etant donné la dispersion annoncée des voix entre au moins onze listes de droite, de gauche, du centre, ultra-orthodoxes et arabe, la composition de la prochaine majorité reste difficile à prévoir. Et le nom du prochain Premier ministre pourrait ne pas être connu avant plusieurs semaines.

En raison de l’état des forces et de son expérience politique, Benjamin Netanyahu, qui brigue un troisième mandat consécutif, passe communément pour être mieux à même qu’Isaac Herzog de former une coalition.

Le Premier ministre sortant est passé à l’offensive en fin de semaine, à l’annonce du recul du Likoud dans les sondages. Il a multiplié les entretiens dans les journaux et à la télévision, après s’être abstenu de toute apparition dans les médias pendant plusieurs mois.

Benjamin Netanyahu, qui a fait toute sa campagne en se posant comme «M. Sécurité», a mis en garde, dans le Jerusalem Post, contre une victoire du centre-gauche qui mettrait en danger la sécurité d’Israël selon lui.

«Ils ne tiendront pas le coup une milliseconde (…) On fera pression sur nous pour que nous nous retirions sur les lignes de 1967 et pour que nous divisions Jérusalem. On fera pression sur nous pour que nous cessions de nous opposer à un accord (international sur le nucléaire) iranien», a-t-il affirmé jeudi.

Un ancien chef du Shin Bet très critique

Un ancien chef du Shin Bet, le service de sécurité intérieur israélien, a cependant apporté vendredi son soutien à Isaac Herzog, critiquant sévèrement le bilan sécuritaire de Benjamin Netanyahu.

Youval Diskin, chef du Shin Bet de 2005 à 2011, cite notamment les négociations avec les Palestiniens «conduites avec une étonnante inefficacité», les libérations de prisonniers palestiniens pour éviter le gel des constructions en Cisjordanie et les dernières campagnes militaires israéliennes à Gaza «qui n’ont donné aucun résultat décisif» contre le mouvement islamiste Hamas.

Dans la presse, Benjamin Netanyahu a également dénoncé la mobilisation de «grosses sommes d’argent» à l’étranger pour lui faire perdre les élections. «Des Etats européens et des gens de gauche venus d’ailleurs» financent des ONGs qui encouragent les Arabes et Israéliens de gauche à voter, a-t-il déclaré.

La gauche israélienne est en tête dans les sondages

LE MONDE |

Au siège du parti travailliste, dimanche, Isaac Herzog et Tzipi Livni appellent des électeurs potentiels.

Le 9 mars, Benyamin Nétanyahou a fait une visite impromptue au marché central de Mahane Yehuda, à Jérusalem. Le chef du gouvernement israélien s’est arrêté dans un bistrot pour boire un café. Le maître des lieux l’a servi, avant de faire un geste de défi facétieux : il lui a rendu 87 shekels (20 euros) en petite monnaie. Interrogé à la télévision, le patron de l’établissement a expliqué que les entrepreneurs connaissaient intimement les difficultés de la vie quotidienne, tandis que M. Nétanyahou ne se préoccupait que du nucléaire iranien.

Anecdotique ? Non, symptomatique. La fin de la campagne électorale a été marquée par une succession de désagréments pour le premier ministre, qui brigue un quatrième mandat. Le scrutin du 17 mars demeure indécis. L’émiettement du champ politique rend toute prédiction hasardeuse, d’autant qu’une autre phase commencera après le dépouillement : la quête pénible d’une coalition composée d’au moins 61 députés de la Knesset sur 120. Mais la dynamique est claire. « On assiste à un effondrement du Likoud, tranche le conseiller Motti Morell, vétéran des campagnes électorales en Israël. Tous les ingrédients du mécontentement étaient là depuis longtemps. »

Les sondages indiquent effectivement une érosion du parti de M. Nétanyahou. La presse regorge de propos de cadres anonymes, témoignant du pessimisme et des divisions en interne. Le centre gauche, l’Union sioniste, se maintient en tête à un niveau constant, autour de 24 sièges. Pour la première fois depuis 1999 et la victoire d’Ehoud Barak, un possible retour de la gauche se dessine. Personne ne l’envisageait sérieusement à l’annonce d’élections anticipées.

« L’électeur est un enfant de 4 ans »

Le duo constitué par Isaac Herzog, le chef du Parti travailliste, et Tzipi Livni, qui a souvent changé d’adresse dans sa carrière, mise sur l’envie de changement. Le ressentiment et la lassitude envers M. Nétanyahou forment le meilleur carburant de l’Union sioniste, qui appelle au vote utile pour l’évincer. « Bibi » est aux abois. Il a improvisé une tournée des chaînes de télévision, jeudi, afin de dramatiser la perspective d’une alternance.

En décembre, Yaïr Lapid, le chef du parti centriste Yesh Atid, expliquait qu’aux yeux de M. Nétanyahou « l’électeur est un enfant de 4 ans, avec lequel deux choses seulement marchent : les sucreries et la peur ». « Dès lors, à chaque élection, il leur promet des sucreries qu’ils n’auront jamais, et leur dit que l’ennemi arrive, et que lui seul peut les sauver. » Cette semaine, le premier ministre a dénoncé un « vaste effort mondial » pour le faire tomber. Ce complot aurait notamment pour but de promouvoir la Liste unie des partis arabes, en troisième position dans les intentions de vote. Son leader, Ayman Odeh, révélation des dernières semaines, ne cache pas sa volonté de mettre un terme à l’ère Nétanyahou. Mais il n’entrera pas dans un gouvernement de centre gauche.

Le duo constitué par Isaac Herzog, le chef du Parti travailliste, et Tzipi Livni, qui a souvent changé d’adresse dans sa carrière, mise sur l’envie de changement

La campagne n’a guère été passionnante, marquée par des fièvres brèves et intenses. « Bibi » a pris un risque en misant beaucoup sur son discours devant le Congrès américain, le 3 mars. La prestation, saluée par les commentateurs israéliens sur le fond, a aggravé la fissure diplomatique sans précédent avec le grand frère américain. En outre, le calcul de M. Nétanyahou a échoué : recentrer la campagne sur la sécurité, dont il prétend être le meilleur garant. Une idée contestée. La guerre contre le Hamas dans la bande de Gaza, à l’été 2014, a suscité les critiques de la droite nationaliste comme de la gauche. Non pas en raison des 2 100 victimes palestiniennes, mais d’une absence de victoire claire.

Plus grave encore pour le premier ministre, la sécurité n’est pas la préoccupation du moment. Un calme précaire règne dans les territoires occupés, Jérusalem-Est s’est apaisée après les émeutes et les attaques de l’automne 2014. Le nucléaire iranien semble beaucoup plus abstrait que le coût exorbitant du panier de la ménagère. Depuis le gigantesque mouvement social contre la vie chère à l’été 2011, il y a eu peu de changement. La crise du logement et les écarts de revenus dessinent une société libérale précarisée. En négligeant ces thématiques, le Likoud a laissé le champ libre à la gauche et à deux formations centristes : Yesh Atid et la dernière venue, Koulanou, dirigée par Moshe Kahlon, que le premier ministre avait poussé hors du Likoud.

Promesses, compromis et renoncements

L’image de Yaïr Lapid, ancien journaliste devenu chef de file de Yesh Atid, avait beaucoup souffert de son passage au gouvernement. Mais les commentateurs lui reconnaissent une campagne de terrain réussie. Il espère ainsi limiter les pertes à la Knesset, après avoir été la grande surprise du scrutin précédent, en janvier 2013 (19 sièges). Moshe Kahlon, lui, pourrait siphonner une partie de l’électorat du Likoud. Il prétend faire baisser le coût de la vie en s’attaquant aux monopoles, comme il l’avait fait au gouvernement dans le secteur de la téléphonie mobile. Sa référence est Menahem Begin, qui avait conduit le Likoud à la victoire en 1977.

Ces deux formations centristes risquent de jouer un rôle majeur dans la phase post-électorale. Quel sera le prix de leur ralliement ? Chaque coalition est la somme douloureuse de tractations, de promesses, de compromis et de renoncements. Il faut réunir autour d’une table des forces situées aux deux bouts de l’échiquier. En 2009, le parti centriste Kadima, bien qu’arrivé en tête, n’avait pu constituer une majorité, s’effaçant devant le Likoud. Si l’Union sioniste échouait également, malgré une victoire dans les urnes, le président Reuven Rivlin pourrait proposer un gouvernement d’union nationale avec le parti de M. Nétanyahou, qui a rejeté cette idée. Mais il existe des inconnues avant cette phase future. D’abord, l’ampleur d’une éventuelle victoire du centre gauche, et la dynamique qu’elle créerait. Ensuite, il y a la donne psychologique entre les leaders politiques. A droite, tous les chefs de parti ont des rapports exécrables avec le premier ministre actuel. A la fois par esprit de vengeance et par calcul, en pensant à la lutte pour sa succession, ils pourraient être tentés de le bloquer.

  •  Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)
  • ISRAËL Nétanyahou, le mauvais pilote

    A la veille des élections, le Premier ministre, en campagne électorale, n’a apporté à son pays ni la paix ni la sécurité et s’est brouillé avec les Etats-Unis, l’allié indéfectible d’Israël.
    Dessin de Kichka paru sur i24 News, Tel-Aviv.
    Israël entre dans la dernière semaine de la campagne électorale et la situation devient délicate pour Benyamin Nétanyahou, le Premier ministre. Quatre-vingt mille personnes se sont réunies ce week-end pour un meeting anti-Nétanyahou, et Meier Dagan, ancien chef du Mossad et l’un de ses adversaires, y a fait une déclaration remarquable : ce ne sont pas les ennemis de la région qui l’inquiètent, mais la qualité de la direction du pays. Beaucoup, et pas seulement au sein de la gauche israélienne ma […]
  • Israël : Netanyahu, sous pression, tente de séduire le centre

    Le Point –

    Le scrutin s’annonce serré et pourrait se jouer au centre. L’opposition menée par le travailliste Isaac Herzog devance le Likoud du Premier ministre sortant.

    Le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu.
    Le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu. © JACK GUEZ / AFP

    Le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu se retrouve sous pression à 36 heures des élections en Israël. Il a tenté dimanche de séduire le centre dans une offensive qui doit culminer avec un rassemblement de la droite en soirée. Le parti Likoud du Premier ministre et ses alliés, peu habitués des démonstrations de force dans la rue, appellent à une ultime mobilisation au centre de Tel-Aviv, une semaine après le rassemblement de dizaines de milliers d’Israéliens contre Netanyahu sur cette même place.

    En baisse dans les sondages, en froid avec le grand allié américain après son récent discours au Congrès et face à un appel de la rue au « changement » après plus de six ans de gouvernement Netanyahu, le Premier ministre sortant y fera sa première apparition lors d’un rassemblement public, tout juste 24 heures avant la fin officielle de la campagne. Son discours sera sa dernière chance de galvaniser ses troupes, aux côtés de ses alliés, dont Naftali Bennett, chef du Foyer juif, parti nationaliste religieux partisan de la colonisation.

    Coude à coude

    Car le scrutin s’annonce serré et se jouera, si l’on en croit les sondages, au centre. L’opposition menée par l’Union sioniste du travailliste Isaac Herzog devance de trois à quatre sièges le Likoud, mais cet avantage ne suffit pas à garantir à Herzog le poste de Premier ministre. Dans le système israélien, ce n’est pas forcément le chef de la liste arrivée en tête qui est appelé à former le gouvernement, mais celui, parmi les 120 députés élus, qui sera le plus à même de constituer une coalition. Étant donnée la dispersion annoncée des voix, le prochain Premier ministre pourrait ne pas être connu avant plusieurs semaines.

    Alors que les deux grands partis sont au coude à coude, c’est Moshé Kahlon, un transfuge du Likoud, qui a fondé son parti de centre droit Koulanou et mise tout sur les questions sociales dans un État où les inégalités sont parmi les plus grandes des pays développés, qui fait désormais figure de faiseur de roi. Crédité de 8 à 10 mandats, il est l’objet de toutes les attentions, car, pour plus de 55 % des électeurs, l’élection se jouera sur les questions sociales et économiques.

    « Mensonges »

    « Je ne pourrais pas constituer un gouvernement sans lui », a assuré Benjamin Netanyahu, qui brigue un troisième mandat consécutif. « Quel que soit le nombre d’élus de son parti, il obtiendra le poste de ministre des Finances », a-t-il martelé à la radio militaire. L’enjeu est tel qu’il a fait la même proposition à la radio publique alors qu’il s’était refusé depuis des mois à accorder la moindre interview aux médias, qu’il juge hostiles.

    « Dès qu’il baisse dans les sondages, il augmente les mensonges. Encore une fois, il panique et promet les Finances à Kahlon, mais plus personne ne le croit », a aussitôt rétorqué sur Facebook Isaac Herzog. Ce qui ne l’a pas empêché lui aussi de voir en M. Kahlon « un partenaire important » s’il forme le prochain gouvernement ». Moshé Kahlon, ancien ministre de Netanyahu qui exige le portefeuille des Finances après une campagne centrée sur la crise du logement et la cherté de la vie, préfère, lui, maintenir le suspense sur ses intentions.

    « Parti de l’étranger »

    En cas d’égalité entre les deux grandes formations, Benjamin Netanyahu s’est déjà dit hostile à un gouvernement d’union nationale. « D’entrée de jeu, un tel cabinet ne pourrait pas fonctionner tant les divergences sont profondes », a-t-il dit. Il a de nouveau implicitement présenté l’Union sioniste comme le « parti de l’étranger », alors qu’il vient lui-même de défier l’administration de Barack Obama en dénonçant à la tribune du Congrès un accord nucléaire en cours de négociation avec l’Iran.

    « Des gouvernements étrangers soutiennent des associations de gauche à coups de dizaines de millions de dollars, car ils savent que Bougi (Herzog) et Tzipi (Livni, numéro deux de l’Union sioniste) céderaient s’ils arrivaient au pouvoir à tous les ultimatums de la communauté internationale », a-t-il accusé en prévenant que toute concession aux Palestiniens ne serait « pas pertinente ». Le quotidien gratuit Israël Hayom, fervent soutien de Netanyahu, titrait, lui, sur une « Enquête du Sénat américain sur le financement par l’administration (Obama, NDLR) d’une campagne anti-Netanyahu ».

    Israël: Netanyahu sous pression rassemble ses troupes à 36 heures du scrutin

    La droite israélienne, emmenée par le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu, a tenté dimanche une démonstration de force en mobilisant ses troupes, à moins de 36 heures des législatives qu’il a convoquées mais pour lesquelles il n’est plus en position de force.

    Environ 15.000 partisans du Likoud et de ses alliés, peu habitués des rassemblements publics, se sont massés en soirée sur la place Rabin de Tel-Aviv. Cette même place avait réuni il y a une semaine plus de 25.000 personnes venues protester contre M. Netanyahu.

    Moshé Kahlon « On est la majorité et on doit le montrer », explique à l’AFP Sacha Teboul, un manifestant de 25 ans. « Il n’y a pas que les minoritaires de gauche qui savent manifester ».

    David Shulman, lui, dit participer à la première manifestation de sa vie « poussé par la peur ». « Cette fois-ci, le bulletin de vote ne suffit pas, on doit montrer qu’on est là physiquement ».

    Retranché derrière un paravent transparent, le Premier ministre sortant a prévenu: « il y a un vrai risque que la gauche arrive au pouvoir ». « Même si, a-t-il aussitôt ajouté, nous savons que c’est moi que le public veut pour continuer à diriger ce pays ».

    « La réalité, c’est que nous n’avons pas encore un bloc de 61 mandats, il faut intensifier nos efforts et nous y arriverons », a encore plaidé la figure de proue de la droite, avant de laisser place à ses alliés dont le nationaliste religieux Naftali Bennett et Elie Yishaï, à l’extrême-droite.

    Tous étaient rassemblés pour galvaniser les troupes, à moins de 24 heures de la clôture de la campagne, entamée confortablement par le Premier ministre sortant avant qu’il ne baisse dans les sondages et les appels au « changement » après six années de gouvernement Netanyahu.

    – Le centre, faiseur de roi –

    Car ces législatives s’annoncent serrées et se joueront, si l’on en croit les sondages, au centre. L’opposition menée par l’Union sioniste du travailliste Isaac Herzog devance de trois à quatre sièges le Likoud de M. Netanyahu, un avantage qui ne garantit toutefois pas à M. Herzog le poste de Premier ministre.

    Dans le système israélien, ce n’est pas forcément le chef de la liste arrivée en tête qui forme le gouvernement, mais celui, parmi les 120 députés élus, le plus à même de constituer une coalition.

    Alors que les deux grands partis sont au coude-à-coude, c’est Moshé Kahlon, un transfuge du Likoud qui a fondé son parti de centre-droit Koulanou et mise tout sur les questions sociales dans un Etat où les inégalités sont parmi les plus grandes des pays développés, qui fait désormais figure de faiseur de roi. Crédité de 8 à 10 mandats, il est l’objet de toutes les attentions, car pour plus de 55% des électeurs, le scrutin se jouera sur les questions sociales et économiques.

    « Je ne pourrais pas constituer un gouvernement sans lui », a assuré M. Netanyahu qui brigue un troisième mandat consécutif. « Quel que soit le nombre d’élus de son parti, il obtiendra le poste de ministre des Finances », a-t-il martelé.

    – Netanyahu ‘panique’ –

    « Dès qu’il baisse dans les sondages, il augmente les mensonges. Encore une fois, il panique et promet les Finances à Kahlon, mais plus personne ne le croit », a aussitôt rétorqué sur Facebook Isaac Herzog. Ce qui ne l’a pas empêché lui aussi de voir en M. Kahlon « un partenaire important ».

    M. Kahlon, ancien ministre de M. Netanyahu qui exige le portefeuille des Finances après une campagne centrée sur la crise du logement et la cherté de la vie, préfère lui maintenir le suspense.

    M. Netanyahu s’est d’ores et déjà dit hostile à un gouvernement d’union nationale, estimant qu' »un tel cabinet ne pourrait pas fonctionner tant les divergences sont profondes ».

    Il a de nouveau implicitement présenté l’Union sioniste comme le « parti de l’étranger » après qu’il a défié l’administration de Barack Obama en dénonçant devant le Congrès un accord nucléaire en cours de négociation avec l’Iran.

    « Des gouvernements étrangers soutiennent des associations de gauche à coups de dizaines de millions de dollars car ils savent que (l’Union sioniste) céderait si elle arrivait au pouvoir à tous les ultimatums de la communauté internationale », a-t-il accusé. Pour lui, toute concession aux Palestiniens ne serait « pas pertinente ».

    Elections en Israël: le centre-gauche creuse l’écart face à Netanyahu

    MONDE |

    Elections en Israël: pourquoi Netanyahu a des chances de rester premier ministre malgré tout

    INTERNATIONAL – Benjamin Netanyahu joue son avenir. Les électeurs israéliens sont appelés aux urnes, mardi 17 mars, pour élire leur Parlement. Des élections législatives anticipées qui vont déterminer si le premier ministre israélien est reconduit ou non pour un quatrième mandat à la tête du gouvernement de l’Etat hébreu.

    Mais le Likoud, parti de droite dont il est le chef de file, est donné perdant dans les sondages face à la coalition de centre-gauche Union sioniste. Et Benjamin Netanyahu est confronté à une certaine lassitude des électeurs, d’autant que les inégalités économiques restent fortes en Israël et que sa politique intransigeante vis-à-vis des Palestiniens divise.

    Pourtant, il conserve de bonnes chances de se succéder encore une fois à lui-même à l’issue des élections de mardi. Voici pourquoi.

    Une image de leader fort

    Initialement, les prochaines élections législatives israéliennes devaient se tenir en novembre 2017. Mais Benjamin Netanyahu a décidé de provoquer des élections anticipées en décembre dernier, annonçant par la même occasion sa décision d’évincer sa ministre de la Justice Tzipi Livni et son ministre des Finances Yaïr Lapid, accusés d’avoir préparé un « putsch » contre lui.

    Comme le note Haaretz, ces élections peuvent donc être vues comme un « référendum » pro- ou anti-Netanyahu, d’autant plus que le premier ministre israélien est au pouvoir depuis 2009 et a déjà été chef du gouvernement entre 1996 et 1999, avant de diriger le ministère des Affaires étrangères et celui des Finances entre 2002 et 2005.

    benjamin netanyahuBenjamin Netanyahu célèbre sa victoire en 1996

    Il s’agit de « la deuxième plus longue période » d’exercice du pouvoir après David Ben Gourion, le fondateur de l’Etat d’Israël, souligne Tamir Sheafer. Comme le note ce professeur de sciences politiques, « les Israéliens recherchent un homme fort (…) le prochain leader charismatique qui résoudra tous les problèmes »… et les rivaux de Benjamin Netanyahu n’ont pas encore cette image.

    Au contraire, ce dernier l’a toujours cultivée: en 1996, son slogan de campagne était « Un leader fort pour une nation forte », rappelle Le Monde, puis en 2009 « Fort sur la sécurité, fort sur l’économie » et en 2013 « Un premier ministre fort pour un Israël fort ». Cette fois, il a opté pour le slogan: « C’est soit nous, soit eux » mais a encore joué sur cette image protectrice, notamment en apparaissant dans une publicité en tant que « baby-sitter » des Israéliens:

    Les questions sécuritaires au centre du débat

    Selon Omer Benjakob, chroniqueur au Yediot Aharonot (le premier quotidien d’Israël), Benjamin Netanyahu est assuré de se maintenir au pouvoir car il a conservé une « politique de maintien de la peur et de statu quo. Une politique dangereuse, mais qui lui est visiblement très profitable ».

    Pour renforcer sa carrure de leader à la tête d’un pays en danger, il a donc une nouvelle fois focalisé l’attention sur les questions sécuritaires. Roquettes tirées par les groupes armés depuis Gaza, offensive diplomatique de l’Autorité palestinienne, expansion des jihadistes de l’Etat islamique ou encore régime iranien en route vers l’arme nucléaire, le premier ministre israélien n’a cessé pendant sa campagne de mettre en avant les menaces extérieures qui pèsent sur l’Etat juif, tout en affichant une ligne dure.

    elections israel netanyahu

    Manif de Palestiniens en février contre la colonisation en Cisjordanie

    Fin janvier, alors que la campagne électorale battait déjà son plein, on apprenait qu’Israël allait construire 450 nouveaux logements pour des colons en Cisjordanie occupée, continuant à ignorer la réprobation américaine et internationale contre la colonisation. Sur la création d’un Etat palestinien, Benjamin Netanyahu souffle le chaud et le froid. Selon un communiqué que lui a attribué le Likoud, il serait récemment revenu sur sa déclaration acceptant la solution à deux Etats. Mais son bureau a démenti l’information, alors que le Likoud continue de rejeter toute concession aux Palestiniens, dans la continuité de l’offensive israélienne à Gaza durant l’été 2014.

    Sur le nucléaire iranien, Benjamin Netanyahu s’est aussi illustré devant le Congrès américain le 3 mars, à l’invitation des élus républicains. Une initiative jugée électoraliste et considérée comme un défi lancé à Barack Obama, qui a refusé de le rencontrer. Aux Etats-Unis, le premier ministre israélien a démonté le « très mauvais » accord sur le nucléaire iranien que le président américain veut conclure avec Téhéran d’ici fin mars et qualifié l’Iran de « grande menace pour Israël, mais aussi pour la paix du monde entier ».

    elections israel netanyahu

    Benjamin Netanyahu au Congrès américain début mars

    Évacuer les enjeux socio-économiques

    Mettre l’accent sur ces questions sécuritaires est aussi une manière, pour Benjamin Netanyahu, d’éviter d’aborder les « sujets qui fâchent », à savoir les questions socio-économiques. « Chaque colonne de journal, chaque minute de télévision consacrées au discours, à l’Iran, aux relations israélo-américaines, c’est autant d’espace qui n’a pas été consacré aux questions économiques », relève le stratège politique israélo-américain Stephan Miller.

    Selon lui, Benjamin Netanyahu est tout simplement « incapable de défendre un bilan ou de présenter une stratégie sur les questions qui intéressent le plus les électeurs, donc la meilleure stratégie est d’essayer de changer de sujet de conversation ». Ses rivaux, qu’il s’agisse de l’Union sioniste ou de la Liste arabe unifiée, essaient au contraire de faire porter la campagne sur les questions socio-économiques comme les inégalités, le coût élevé de la vie et la crise du logement qui touchent Israël.

    Comme le souligne le Times of Israel, les sondages montrent justement que « la plupart des Israéliens penseront avant tout au coût élevé de la vie » lorsqu’ils voteront, mais aussi que nombre d’entre eux estiment que leur gouvernement n’a pas beaucoup d’influence au niveau international, et reste très dépendant des Etats-Unis dans ce domaine.

    Frappé par de fortes inégalités sociales, pointées du doigt en 2011 lors du « mouvement des tentes » à Tel-Aviv et plus récemment dans le cadre de manifestations qui ont réuni des dizaines de milliers de personnes, Israël n’en affiche pas moins une santé économique insolente, avec une croissance de plus de 7% de son PIB au 4e trimestre 2014 et un chômage de 5,6% début 2015.

    mouvement tentes

    Des manifestants du « mouvement des tentes » en 2011

    Au jeu des alliances, Netanyahu favorisé

    Face au Likoud de Benjamin Netanyahu, l’Union sioniste, coalition de centre-gauche menée par Isaac Herzog et Tzipi Livni, est donnée légèrement en tête dans les derniers sondages. Le chef du gouvernement israélien est conscient que son parti pourrait arriver en deuxième position. Il l’a lui-même reconnu en déclarant que sa victoire n’était pas assurée « parce que, dans le monde entier, on essaie avec force de renverser le Likoud ».

    Pourtant, il ne suffira pas de remporter le plus grand nombre des 120 sièges en jeu aux législatives du 17 mars pour assurer à son chef de file le poste de Premier ministre, loin de là. Contrairement à la France, la proportionnelle intégrale en vigueur en Israël fait en effet la part belle aux petits partis, qui peuvent jouer le rôle d’arbitres ou de « faiseurs de roi ».

    tzipi livni isaac herzog

    Tzipi Livni et Isaac Herzog lors d’une conférence de presse

    Au jeu des alliances, Benjamin Netanyahu garde un certain avantage et pourrait former une majorité grâce au ralliement de plusieurs petits partis ultra-nationalistes et/ou religieux qui pourraient l’aider à être reconduit. Selon les derniers sondages, le Likoud est ansi crédité de 20 à 22 sièges contre 24 à 26 pour l’Union sioniste, mais d’autres projections montrent que le Likoud pourrait compter sur 37 sièges supplémentaires dans le cadre d’une nouvelle coalition.

    Un sondage de la radio militaire publié la semaine dernière prédisait ainsi 13 sièges au Foyer juif, parti nationaliste religieux qui défend la colonisation dans les territoires palestiniens, 7 chacun au Shass et à la Liste unifiée de la Torah, deux partis ultra-orthodoxes, 6 à Israël Beiteinou, la formation ultra-nationaliste laïque du ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman et enfin 4 au Yachad, un nouveau parti d’extrême-droite religieux. De quoi faire pencher la balance à droite.

    israel netanyahuUne affiche du Foyer juif à Tel Aviv

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    «Nous existons pour combattre la cherté de la vie et pour donner à des milliers de familles en Israël une véritable sécurité économique», clame ce slogan électoral. Un autre renchérit : «La situation du logement en Israël s’est aggravée à tel point que les familles doivent payer l’équivalent de 139 salaires pour acheter un appartement.» Un troisième lance : «Eux s’occupent des sushis ; nous du pain.» Placées en tête de liste de leurs priorités de campagne, ces trois proclamations appartiennent à des partis pourtant très variés sur l’échiquier politique : Koulanou de Moshe Kahlon (centre droit), l’Union sioniste d’Isaac Herzog et Tzipi Livni (centre gauche) et le Shass (ultraorthodoxe séfarade). La situation socio-économique des Israéliens est au centre de la campagne pour les législatives du 17 mars. Ce qui préoccupe les citoyens, désormais, n’est ni la prochaine guerre à Gaza ni l’occupation de la Cisjordanie ou les menaces que font planer le Hezbollah libanais ou l’Etat islamique, mais la hausse du coût de la vie, la difficulté à trouver un logement et le poids des monopoles économiques.

    Taux de pauvreté. La raison en est la précarisation d’un nombre croissant d’Israéliens couplée à l’impression que le conflit avec les Palestiniens semble bien insoluble à court terme et que le statu quo vaut mieux que toute aventure hasardeuse pour en sortir.

    Malgré de bons indicateurs macroéconomiques – une croissance supérieure à 3%, un taux de chômage de moins de 6% et des découvertes technologiques remarquées -, Israël voit aussi sa société s’appauvrir et l’écart entre les populations les plus aisées et les plus défavorisées se creuser. Son taux de pauvreté, qui dépasse 20%, est d’ailleurs le plus élevé des 34 pays membres de l’OCDE, l’organisation économique rassemblant les Etats les plus industrialisés au monde. «Ce n’est pas l’argent qui manque, mais l’ordre de priorité des actions de l’Etat qui n’est pas adéquat. Le budget consacré au domaine social a beaucoup diminué», juge Elie Alalouf, ex-directeur de la Fondation Rashi, dont les programmes se focalisent sur les soutiens aux plus démunis. Récemment, Elie Alalouf est entré en politique pour défendre un nouveau parti de centre droit, Koulanou. Mis sur pied par un ancien ministre du Likoud, Moshe Kahlon, Koulanou consacre l’intégralité de son programme et de ses promesses électorales au mieux-être économique. Parallèlement, la star du dernier scrutin, en 2013, Yaïr Lapid, ex-ministre des finances et leader de la formation centriste Yesh Atid, martèle lui aussi sa volonté d’assurer le quotidien des ménages israéliens. «Lapid s’intéresse aux classes supérieures, nous, on s’intéresse aux couches moyennes inférieures», résume Alalouf.

    Espoirs douchés. La révolte sociale a démarré dans la rue. C’était à l’été 2011 : pendant deux mois, des manifestations réclamant la baisse des prix des loyers et du coût de la vie en général ont agité les principales villes israéliennes, rassemblant jusqu’à 1 million de contestataires. Surprise par l’ampleur de ce mouvement spontané, la classe politique s’est finalement penchée sur le problème et a peu à peu mis de côté ses préoccupations sécuritaires destinées à attirer l’électeur au profit de campagnes à teinte économique. L’été de la «révolte des tentes», lorsque les abris de toile fleurissaient partout comme symbole de logements précaires, le Premier ministre, Benyamin Nétanyahou, avait nommé une commission dirigée par le professeur d’économie Manuel Trajtenberg pour faire des propositions en lien avec les exigences des manifestants. Mais les promesses ont fait long feu, et les espoirs douchés pourrissent désormais la campagne du chef du Likoud. Manuel Trajtenberg a rejoint les rangs de l’Union sioniste, principale formation de l’opposition, dont il a écrit le programme économique.

    Stav Shaffir, la plus jeune parlementaire, elle aussi candidate de l’Union sioniste, secoue depuis deux ans les rangs de la Knesset en dénonçant les pratiques de la commission des finances, notamment en enquêtant sur le transfert quasi opaque de sommes très consistantes allouées aux colonies. Enfin, un rapport publié la semaine dernière par le contrôleur de l’Etat sur la hausse phénoménale des prix d’achat et de location des appartements a fait l’effet d’une petite bombe dans la campagne électorale. Selon le document, le coût des logements à la vente a augmenté de 55% et celui des loyers de 30% durant la période 2008-2013. Le rapport pointe du doigt les carences du gouvernement sortant en affirmant qu’«aucune solution n’a été trouvée» pour enrayer cette hausse. Il ajoute : «Les différents organismes gouvernementaux ont agi sans plan de travail stratégique pluriannuel et sans objectif prédéterminé.» Benyamin Nétanyahou a réagi à ce rapport en tentant de recentrer le débat sur son principal cheval de bataille : la menace iranienne. «Lorsque nous parlons de prix du logement et de coût de la vie, je n’oublie jamais la vie elle-même. Le plus important défi auquel nous devons faire face dans nos vies, comme citoyens d’Israël, comme pays, est la menace d’un Iran nucléaire qui a comme objectif déclaré de nous détruire», a-t-il publié sur sa page Facebook.

    «Conspiration». Le lien entre les domaines économiques et sécuritaires, c’est Amir Peretz qui s’en est emparé dans la campagne. Cet ex-ministre de la Défense, crédité d’avoir soutenu la création du programme antimissiles «Dôme de fer» et numéro 3 sur la liste de l’Union sioniste, assure que la hausse de l’immobilier n’est pas seulement due à une vision du monde ultralibérale, mais aussi à une «conspiration» des partis au pouvoir. Sur les ondes de la radio publique, il a déclaré : «Il existe une volonté, au Likoud comme dans le Foyer juif [le parti religieux ultranationaliste de Naftali Bennett, ndlr], de faire acheter les jeunes dans les colonies», où l’immobilier est nettement moins cher. Selon l’association israélienne anticolonisation la Paix maintenant, les constructions dans les colonies se sont accrues de 40% durant le dernier mandat de Nétanyahou, dont «une augmentation substantielle dans les implantations isolées et dans les zones les plus disputées». A la tête du ministère du Logement du gouvernement sortant, on trouve Uri Ariel, membre du Foyer juif.

    Aude MARCOVITCH (Correspondante à Tel-Aviv)

    ISRAËL. Stav Shaffir, l’indignée de la Knesset

    Benjamine de la Knesset, la jeune femme fait campagne pour sa réélection dans des cafés branchés et avec un message social.

    La candidate à la Knesset Stav Shaffir s'adresse à une trentaine de personne dans un bar de Herzliya, dans la banlieue de Tel Aviv, le 8 mars 2015. (Sébastien Leban) La candidate à la Knesset Stav Shaffir s’adresse à une trentaine de personne dans un bar de Herzliya, dans la banlieue de Tel Aviv, le 8 mars 2015. (Sébastien Leban)

    Elle s’assied sur le comptoir, à côté des tireuses à bière, croise ses jambes sous sa robe fourreau noire, parcourt la salle de ses yeux verts, et demande comme si elle s’adressait à une bande de copains : « Vous allez voter pour qui ? »

    Malgré ses deux ans de vie parlementaire et sa quatrième place sur la liste du Camp sioniste (centre-gauche), Stav Shaffir n’a rien perdu de son naturel. Face à une cinquantaine de jeunes réunis dans un café branché de Herzliya, une banlieue de Tel-Aviv, la jeune candidate retrouve ses accents de chef de file des « indignés » israéliens. Elle s’écrie :

    Il y a de l’argent dans ce pays ! Mais au lieu de le mettre dans notre système de santé, Netanyahou [le Premier ministre Likoud sortant, NDLR]………………

Haneen Zoabi, la candidate arabe qui défie Israël

Intrépide, enflammée, provocante, la candidate nationaliste arabe Haneen Zoabi est détestée des Israéliens. Elle représente une communauté qui détient les clés des législatives du 17 mars.

Arrivée de la candidate Haneen Zoabi pour un meeting, dans une petite ville de Galilée.  (Sébastien Leban / Arrivée de la candidate Haneen Zoabi pour un meeting, dans une petite ville de Galilée. (Sébastien Leban /

Dès qu’elle prend la parole, des activistes d’extrême-droite entonnent la Hatikva, l’hymne national israélien, d’autres lui crient : « C’est notre Etat, pas le tien ! », « Haneen à Jénine ! » ou encore « Les Arabes dehors ! » Invitée par la faculté de droit et des affaires de Ramat Gan, Haneen Zoabi est réduite au silence. A deux semaines des élections générales, cette députée arabe venait débattre avec cinq autres parlementaires, représentant les différents groupes de la Knesset, du rôle des femmes en politique.

Les hurlements redoublent lorsque l’une de ses supporters déploie un châle aux couleurs de la Palestine. Insultes, bousculades. Le doyen fait alors intervenir la police. Au moment où Haneen Zoabi s’apprête à quitter la salle, un jeune se lève et lui déverse sur la tête le contenu d’une bouteille de soda en la traitant de « terroriste ».

A l’extérieur du bâtiment, sa conseillère en communication, Emily Moatti, est frappée à coups de barre de fer. Quelques jours plus tôt, Baruch Marzel, un colon de Hébron et leader de l’ultradroite religieuse, s’était engagé sur sa page Facebook à « effacer le sourire du visage de Zoabi ». « Nous avons tenu notre promesse ! » se félicite-t-il dans un message posté juste après l’incident et retiré depuis. Paradoxe : tous deux, Marzel et Zoati, ont été autorisés par la Cour suprême à se présenter devant les urnes après avoir été disqualifiés par la commission électorale.

Des journaux présentant la liste arabe unifiée, à Haifa.Des journaux présentant les candidats de la liste arabe unifiée, à Haïfa.
(Sébastien Leban / « l’Obs »)

« Nous ne sommes pas des victimes »

Intrépide, passionnée, résolue, parfois virulente, Haneen Zoabi est la femme la plus détestée des Israéliens. Courant d’un meeting à l’autre, vêtue d’un pantalon de cuir, de bottines, d’un chemisier mauve, et toujours avec le sourire aux lèvres, elle explique :

S’ils me haïssent autant, c’est parce que je ne corresponds pas à leurs stéréotypes. Je suis une Palestinienne féministe et laïque alors qu’à leurs yeux, compte tenu des positions que je défends, je devrais être une fondamentaliste du Hamas. »

Accueillie par des applaudissements, elle prend place sur une semi-remorque transformée en estrade, à l’entrée de Sha’ab, un village de Galilée. « Nous ne sommes pas des victimes, mais les propriétaires de cette terre », lance-t-elle à une foule clairsemée, composée essentiellement d’hommes et de quelques femmes assises à l’écart.

Représentante de Balad, un parti nationaliste, elle est assurée d’être réélue. Elle occupe la septième place sur la « liste conjointe » présentée par les quatre principales formations arabes. Une première dans l’histoire du pays. « Nous la soutenons parce qu’elle n’est pas comme les autres. Elle dit ce qu’elle pense », s’écrie un étudiant.

Meeting de Haneen ZoabuEn meeting, Haneen Zoabi plait pour son franc-parler.
Ici dans une petite ville de Galilée. (Sébastien Leban / « l’Obs »)

La Knesset pour tribune

Agée de 45 ans et célibataire, cette native de Nazareth tranche dans le paysage politique local. Elle est la première femme à avoir intégré en 2009 la Knesset sous les couleurs arabes. Elle fait partie d’une minorité qui compte près d’un habitant sur cinq, tenue en suspicion et stigmatisée. « Nous sommes 20% du pays », a rappelé Ayman Oudeh, la tête de la liste conjointe, lors d’un récent débat télévisé. « Pour l’instant », lui a rétorqué Avigdor Lieberman, le ministre des Affaires étrangères qui prône un échange de populations dans le cadre d’un accord de paix avec les Palestiniens.

Haneen Zoabi illustre à elle seule les bouleversements intervenus au sein de sa communauté depuis Oslo. Durant les trois premières décennies de l’Etat hébreu, alors que les Arabes étaient soumis à une administration militaire, sa famille a fourni un vice-ministre de la Santé et un député-maire de Nazareth, tous deux sous l’étiquette travailliste. Elle souligne :

C’était une époque totalement différente. Les gens étaient surtout préoccupés par leur survie et votaient aux deux tiers pour les partis sionistes. Aujourd’hui, nous avons pris notre destin en main. Nous sommes plus matures politiquement. »

Haneen Zoabi en meeting en Galilée.En 2009, Haneen Zoabi était la première femme membre d’un parti arabe à entrer à la Knesset. (Sébastien Leban / « l’Obs »)

Elle rejette l’idée d’un Etat juif : « Israël, répète-t-elle, doit être un pays démocratique pour tous ses citoyens. » Elle exhorte les siens à réclamer l’intégralité de leurs droits civiques, tout en revendiquant pleinement leur identité.

Les Arabes israéliens, ça n’existe pas ! Nous sommes Palestiniens. »

Elle considère son mandat parlementaire comme « un moyen et non une fin ». Et notamment comme une tribune qui lui permet de défier les autorités israéliennes.

Haïe par la classe politique

Le Likoud la surnomme « Miss Marmara » depuis son équipée à bord du « Mavi Marmara », un paquebot turc qui, en mai 2010, tenta en vain de forcer le blocus maritime de Gaza. Dix activistes turcs sont tués lors de l’abordage du navire par un commando israélien. « Je n’avais jamais été témoin d’une chose pareille. C’était comme une guerre. Je voulais me rendre à Gaza pour libérer mon peuple », insiste-t-elle. Interrogée par l’armée, elle échappe à la prison grâce à son immunité parlementaire.

En juin dernier, après l’enlèvement de trois adolescents juifs en Cisjordanie, elle refuse de qualifier les auteurs du rapt de terroristes. Des propos qui lui valent six mois de suspension par le bureau d’éthique de la Knesset. Elle se défend :

J’ai condamné cet acte. Je suis, bien sûr, contre les assassinats et les prises d’otages. Mais je récuse ce mot. Israël crie au terrorisme à propos de toute forme de résistance. Même un jet de pierre devient du terrorisme. »

Quand les députés chantent la Hatikva, elle quitte l’hémicycle. Elle s’est aussi rendue en Libye, du temps du dictateur Mouammar Kadhafi, et a salué la « possibilité pour l’Iran de se doter de l’arme nucléaire ».

Des coups d’éclat qui lui valent une haine féroce d’une bonne partie de la classe politique. En six ans de mandat, elle s’est fait cracher dessus, conspuer, expulser à de multiples reprises. Ses collègues de droite veulent au pire l’envoyer en prison, au mieux l’exiler à Gaza.

Soutenue par les jeunes Palestiniens

Pour le politologue Amal Jamal, de l’université de Tel-Aviv, Haneen Zoabi est une création des médias.

Les Israéliens l’ont starisée pour mieux la pendre haut et court, dit-il. C’est tragique. »

Mais sa pugnacité trouve un indéniable écho après de jeunes Palestiniens dits de « l’intérieur » de plus en plus déterminés à réclamer leurs droits. « Elle est courageuse », estime Majd Kayyal, un journaliste de Haïfa :

Elle s’exprime sans se préoccuper de savoir comment ses déclarations seront perçues par les Israéliens. Elle leur dit : ‘Cela m’est égal si vous ne m’aimez pas.' »

La figure de Haneen Zoabi plait aux jeunes Palestiniens.Le discours de Haneen Zoabi plaît aux jeunes Palestiniens,de plus en plus déterminés à être entendus. (Sébastien Leban / « l’Obs »)

Sa liberté de ton fait des émules. Comme Hanin Majadli. Depuis deux ans, cette jeune femme de 25 ans dialogue avec des juifs israéliens sur Facebook. Elle compte même un frère d’Yigal Amir, l’assassin d’Itzhak Rabin, parmi ses followers. Elle écrit en hébreu, une langue avec laquelle elle entretient, dit-elle, « de bonnes relations ». L’étudiante en histoire médiévale prévient :

Mais le contenu de mes messages est aussi dangereux que s’il était formulé en arabe. Je refuse de me censurer. »

Dans ses textes, elle dénonce un régime d’ « apartheid », revendique un Etat binational sur l’ensemble de la Palestine mandataire, raconte aussi les vexations qu’elle subit au quotidien. La propriétaire « très polie » qui, à cause de son nom, a refusé de lui louer un appartement à Tel-Aviv. Les videurs, à l’entrée des bars, qui l’éconduisent, elle et son petit ami. Les contrôles sans fin à l’aéroport Ben-Gourion. Elle a baptisé sa page : « Citoyen de deuxième classe ».

La troisième force

Plus de la moitié de la population arabe vit sous le seuil de pauvreté. « Nous formons la couche la plus déshéritée du pays, souligne Mohammed Zeidan, directeur de l’Association arabe pour les Droits humains. Nous sommes victimes d’une politique claire de discrimination dans tous les domaines. » Un exemple ? Le service national dont les Arabes sont exemptés et qui conditionne l’obtention de multiples avantages.

Dans une annonce d’embauche type, il est
précisé : ‘Cherche secrétaire ayant accompli ses formalités militaires’. Comme si pour être une bonne secrétaire, il fallait avoir fait l’armée ? C’est un moyen légal de nous exclure. »

nazareth dont Haneen Zoabi est originaire.Les Israéliens arabes dénoncent les discriminations dont ils sont victimes. Ici, Nazareth, plus grande ville arabe du pays. (Sébastien Leban / « l’Obs »)

Le professeur Amal Jamal n’hésite pas à parler de l’émergence « d’un mouvement des droits civiques ». Il explique :

Avec les progrès de l’éducation et le développement des réseaux sociaux, les Arabes sont de plus en plus conscients des injustices qu’ils endurent. Ils veulent devenir des citoyens à part entière. »

L’unité affichée par leurs principaux partis en est, selon lui, le reflet. A l’issue du scrutin, la « liste conjointe » arabe pourrait devenir la troisième force politique du pays, derrière le Likoud et l’Union sioniste conduite par le travailliste Isaac Herzog et la centriste Tzipi Livni. « Nous espérons obtenir 15 sièges contre 11 aujourd’hui, et empêcher Benyamin Netanyahou de former un cabinet de droite », déclare Youssef Jabareen, un candidat du Hadash, l’ex-PC israélien.

Cette entente sans précédent entre communistes, nationalistes et islamistes peut-elle tenir au-delà des élections ? Déjà, des différences sont perceptibles en son sein sur l’attitude à adopter en cas de victoire du centre-gauche. « Nous avons beaucoup obtenu en soutenant Itzhak Rabin entre 1992 et 1995 », rappelle Ahmed Tibi, l’un des chefs de file de la liste arabe. Haneen Zoabi, elle, tranche :

Notre position est très claire. Nous n’entrerons dans aucune coalition gouvernementale et nous ne recommanderons pas Isaac Herzog comme Premier ministre. »

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Commentaires

Patrick  • 

Netanyahu ou un autre détestable individu à sa place, la politique israëlienne ne changera pas, rien d’autre à l’horizon que d’ écraser les Palestiniens et de ne pas respecter les résolutions de l’ONU.

  • jean yves  • 

    Que du beau monde !
    Extrème droite toute, a coté le FN fait figure de petit joueur, je n’ai pas vu le nom de Mr Liberman qui veut couper la tête des Palestiniens à la hache, quel rétrograde !, le phosphore blanc est plus efficace !

    Jouer sur la peur des Israélien est un créneau porteur, déjà il est question de construire un mur avec la Jordanie , ce qui est bien c’est que c’est le dernier mur possible (Egypte, Gaza, Cisjordanie et maintenant la Jordanie).
    Le syndrome de Massada revient en force et dans ce pays de paranoiaques cela marche à tous les coups
    Définition de paranoia : Psychose caractérisée par la présence d’idées délirantes systématisées et permanentes, surtout à thème de persécution.
    Comportement, attitude de quelqu’un, d’un groupe qui a continuellement tendance à se croire persécuté et agressé.
    Plus que deux jours et des surprises possibles (Yair Lapid la dernière fois)

    JUSTE  • 

    J’ESPÈRE QUE CE SONT SES DERNIERS JOURS EN POLITIQUE.
    N’Y A T-IL PAS DES GENS COMME CE MONSIEUR QUI A FAIT LA PAIX AVEC ARAFAT.

    Luc  • 

    Dehors sioniste perfide et intraitable,l histoire se rappellera de Netanyahu comme étant un extrémiste condescendant et AUTORITAIRE… Sa dernière escapade au USA contre M Obama a été la goutte de trop. BON DÉBARRAS POURRITURE .

    Michel  • 

    Ces élections prouvent qu’Israël est une démocratie parlementaire réservée aux Juifs seulement. Nous ne pourrions en dire autant des États islamiques au Proche et au Moyen-Orient.

    Protractor8912  • 

    Avec un peu de chance, les électeurs vont réaliser qu’ils vont droit dans le mur avec Benjamin-le-conquérant !! Sinon, leur futur sera plein d’amertume….

    sony  • 

    Si ce criminel est en difficulté c’est parcequ’il n’a pas assassiné suffisamment de pauvres palestiniens pendant sa dernière guerre, comme vous le savez, chez l’état sioniste c’est le nombre d’assassinat commis qui fait monter la cote!!!!

    Noah  • 

    On dirait qu’il est malade (si seulement c’était vrai) on dirait qu’il n’a pas de sang… Ses lèvres sont violettes…

    Michel  • 

    Ce site est infesté de sionistes, ou d’employés d’Israël dont les pensées sont nauséabondes!

GILBERT SROUSSI                                         Mark Puisque la situation des israéliensest si confortable, pourquoi ne pas aller vivre dans ce (leur) pays?

 joelle koenig                                      Derrière le parti travailliste et le Likoud se profile une 3ème force, l’Union des Paris Arabes qui compte également des candidats juifs. Ils visent 15 deputes sur 120. Cela pourrait changer la donne. ( Il y a 20% d’Arabes dans la population israélienne.)

Précision                                                        Les Juifs présents dans l’union des partis arabes sont communistes antisionistes qui prônent la disparition de l’État d’Israël ou plus précisément la formation deux États à majorité arabe palestinienne : l’un avec une minorité juive (Israël sans Jérusalem dans les lignes de 67 avec le retour des descendants des réfugiés arabes de 48) et l’autre judenfrei. Ils sont largement considérés comme des traîtres qui roulent pour la 5e colonne car en Israël même l’extrême gauche (Meretz) est sioniste.

Christian Eypper                                            La gauche a autant si ce n’est davantage colonisé que la droite. Faut-il rappeler qu’en France, c’est la « gauche » en la personne de François Hollande (mais aussi de M Vals) qui déclare son amour à l’extrême droite raciste et fait défiler 3 millions de français derrière un Lieberman qui pense qu’il faut décapiter à la hache les palestiniens jugés infidèles à ‘état hébreux qui les opprime. Rien à attendre donc de cette gauche qui s’est rebaptisée sioniste pour revendiquer la colonisation à venir

WendyLa Nitro                                               Vous parlez des 3 M de personnes qui ont défilé dans les rues de France le 11 janvier dernier ? La France du 11 janvier est d’extrême-droite, c’est ça que vous essayez de nous dire ? Elle ne réagissait pas au contraire à des actions terribles participant d’un mouvement radical religieux d’extrême-droite ? C’était être d’extrême-droite que de manifester pour Charlie Hebdo et contre l’islamisme terroriste, c’est ça que vous nous dites ? C’est délirant !

Marc MOUSLI                                                Ecrire que François Hollande, Président de la République française, « fait défiler 3 millions de français derrière Lieberman » est aussi ridicule que de dire qu’il les a fait défiler derrière Jean-Claude T., professeur de maths au lycée Condorcet et présent du début à la fin de la manif.

palladio  

@WendyLaNitro :                                           Vous ne répondez pas au problème soulevé : que faisaient donc les dirigeants colonisateurs israéliens au premier rang de la Charlie Parade du 11 janvier ? Ils n’étaient quand même pas à cet endroit et à ce moment-là par hasard.

WendyLa Nitro                                             Cette manifestation n’était pas catholique même si nous étions les plus nombreux. Israël est une démocratie, elle-même victime d’attentats incessants de mouvements terroristes (Hamas). Les liens très spécifiques de la communauté juive encore une fois victime de l’islamisme le 9 janvier et d’Israël justifiaient la participation le 11 des représentants de cet Etat allié de l’occident et verrou contre les radicalités de l’orient.

Caleb Vununu                                                 WendyLaNitro c’est Philemon Frog??

 joelle koenig                                        C’est une bonne nouvelle que les israeliens semblent prendre conscience de la brutalité de la politique de Netanyahu, de son obssession de l’Iran quand les Sunnites d’ISIS décapitent les occidentaux.C’est aussi une bonne nouvelle qu ‘ils prennent conscience de l’aggressivité intolerable du Likoud.

Précision                                                        Juste pour préciser : même si les Israéliens annexaient la Cisjordanie et donnaient la nationalité israélienne aux Palestiniens qui y vivent les Juifs resteraient largement majoritaires même sur le long terme.

Elie                                                                Netanyahou est un dangereux criminel qui doit être jugé par la CPI.

Sami                                                              vite qu’il dégage pour la sécurité du monde

Un non electeur                                            Tiens on se rappelle qu’Israel est un pays démocratique. Les dirigeants changent contrairement à tous les pays aux alentours remplis de dirigeants fanatiques et religieux.

55058250d9817                                            le Hamas et le Hezbollah sont des fanatiques terroristes soutenus par un pays aussi terroriste que psychopathe…tout est qu’une question de temps avant qu’ils ne  se fassent écraser comme les insectes qu’ils sont

5505670300822                                            Cet homme devrait être dans un tribunal pour crime contre l humanité !! Stop à la colonisation sauvage et meurtrière . Rendez les terres aux palestiniens , les vrais propriétaires . Vous n’existez que sur du mensonge et du sang !! Cet état hébreux est une véritable catastrophe pour la région .

Syen                                                               Bibi ou hrzog c est kif kif bourricot. Ils devront plier bagages. Merci à l’Iran, au hamas et au Hezbollah

Peut être que                                               s’il y a un terrible attentat avant les élections, il passera haut la main ….. car seule la peur motive le peuple. Machiavel l’expliquait très bien.

Pacifiste                                                         Ce ne sont pas les sondages qui doivent le menacer mais les urnes. Il faudrait qu’il soit largement battu.

Meller danielle                                             Allez Herzog tu es le seul à pouvoir gouverner Calculus et compagnie la paix avec les palestiniens ne dépend point d Israel mais de la volonte des Palos à vouloir reconnaitre Israel en tant qu’état juif

Recto                                                            Il y a 197 pays dans le monde et on nous rebat les oreilles avec un pays qui représente moins de 0,1% de la population mondiale. C’est une obsession !

septik                                                            Comment peut-on se dire sioniste et de centre-gauche en même temps…? On souhaite certes voir le fou intégriste Bibi (Netanyahu) prendre une retraite mal méritée dans le désert du Néguev, mais pour le voir remplacé par d’autres sionistes…???

Enver Hoxha Enver Hoxha                              A en juger d’après le NouvelObs ces derniers jours, les élections israéliennes seraient un événement majeur et essentiel pour la France.
Marco Nour Marco Nour                               Il se pourrait bien que le conflit israélo-palestiniens ait un effet sur l’imaginaire nihiliste/suicidaire de certains de nos jeunes qui partent en Syrie.
Quant à l’importance de leur lobby sur la politique américaine et française elle est indéniable.
Une politique israélienne un peu plus civilisée serait un plus pour tout le monde.Je réponds J’alerte

William Ewan                                                            Un peu comme en France, la gauche israélienne attire surtout les voix des nantis, des ménages aisés de la société israélienne, alors que les plus humbles votent à droite.

Ce n’est pas un hasard si Stav Shaffir, 4ème sur la liste « sioniste », fait sa campagne dans le Neuilly sur Seine israélien, à savoir Herzlya, l’une des villes les plus huppées d’Israel.

Sylvie Sethon                                                          ceux qui admirent son courage, sont robots par la propaganda anti-isralienne, dans une democratie comme en Isrel, TOUS les citoyens, y compris les Arabes musulmans sont naturellement courageux, quant ils respectent come tout le monde la LOI

ou est l’apartheid devant vos yeux?

une photo vaut mille mots, les Arabes en Israel ont l’air cool et pas inquiétés pour leurs opinions, libres et heureux à des milliers de km de ce que la propagande anti-isralienne veut vous faire croire

sur la photo on Remarque bien que la majorité des hommes ne soient pas religieux, ni en habits islamistes, c’est un village qui vote laic ou communiste nationaliste, les femmes et les hommes ne sont pas assis ensemble
voila le progrès que propose cette coalition arabe, dominée par les religieux musulmans, pour les Arabes Israliens, une regression totale lost

Moul Hood                                                                Et moi qui croyais qu’en Israel, les Arabes étaient brimés, citoyens de seconde zone, soumis à l’apartheid ? Ils peuvent donc s’exprimer librement, meme défier l’Etat et etre représentés au Parlement . Où sont les belles ames qui n’ont que des reproches à faire à Israel ? On voudrait bien que dans d’autres pays -suivez mon regard-ils aient les memes droits.
Tigre Bleu Tigre Bleu                                     Malgré l’activisme nataliste des ultra-orthodoxes, la guerre démographique est perdue d’avance. Les palestiniens israéliens seront de plus en plus une force qui compte dans le pays, aussi méprisée soit-elle par une élite raciste qui ne voit que le juif comme vrai citoyen du pays. Il manque encore un Martin Luther King pour faire exploser cette ségrégation d’un autre âge. Chaque nation a ses minorités et la plupart les traite comme de la fiente (nous avons peu de leçons à donner à ce sujet). La différence fondamentale d’avec la France, c’est que notre minorité arabe a été importée, celle d’Israël est autochtone depuis des siècles et des siècles. Soit Israël accepte d’en faire de vrais citoyens à droits égaux, soit la communauté palestinienne basculera dans la violence comme ses voisins l’ont fait avant elle et le pays vivra le pire cauchemar qui soit, une guerre civile. A Israël de choisir son destin aux prochaines élections tant qu’elle le peut encore.
marylene malaurie

@Tigre Bleu :                                                             A une question religieuse, une réponse religieuse. La politique en Palestine et Israël est insuffisante.

Dans un contexte de paix… mais ce n’est pas le cas. La remise en question doit se faire aussi côté palestiniens. Les principes égalitaires en Palestine n’existent pas, et la politique du gouvernement étouffe la pluralité des points de vue autant qu’en Israël.

Une commission internationale théologienne doit être créée. Comprenant les trois religions monothéistes.
Concernant la France, le principe reste identique concernant la démographie et l’autorité d’imposer des principes cultuels identitaires au nom de la République.
Alors que le droit à l’expression dans les pays d’origine sont étouffés et contenus pour les gouvernants.

ALBERT TOURNEUR

@tigre bleu, : comme d’hab contre-vérités flagrantes.
Qu’est-ce qui vous fait dire que les arabes israéliens sont là depuis des siècles?
Voici un aveu qui vous éclairera (j’espère)
https://www.youtube.com/watch?v=0B5hKbDdkU4

Un peu de lecture pour SAVOIR
http://forums.france2.fr/france2/jtfrance2/resume-histoire-israel-sujet_19356_1.htm#t210246

Si une personne musulmane dans un pays musulman tenait le même genre de propos, je donnerais pas cher de sa liberté, voire de sa vie.

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