Destructions archéologiques par l'EI

Solar Impulse 2 autour de la planète

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | Francis Marmande

Monaco, 10 février, sous la présidence du prince Albert II, Bertrand Piccard et André Borschberg, en combinaisons très stylées (le prince revêtira un blouson identique), présentaient leur défi : le premier vol solaire autour du monde avec l’avion Solar Impulse 2. Ni carburant ni pollution : tout en énergie propre et durable. Douze étapes assurées tour à tour par les deux pilotes, ce qui suppose la traversée de deux océans. Soit cinq jours et cinq nuits au-dessus des mers, inch Allah ! dont la première étape a commencé d’Abou Dabi le 9 mars au petit matin.

Un mois avant ce décollage, les deux pilotes affirmaient ne pas avoir décidé qui d’entre eux deux ferait le premier vol avec cette boutade : « Si on vous disait qu’on tirera à pile ou face, vous ne nous croiriez pas, mais ce sera peut-être le cas. Il faut des pionniers pour rompre avec le conservatisme ambiant. »

De qui ce bon sourire en style de réponse ? De l’un ou de l’autre, au choix (en l’occurrence, Bertrand Piccard qui a finalement effectué le premier vol), tant ils se ressemblent, tant ils sont en symbiose, tant leurs différences profondes sont intégrées dans une espèce de double sans autre : « Si tous les couples marchaient comme le nôtre, on n’en serait pas là. Notre aventure est une réponse aux besoins de la société entière. Les pays en voie de développement le comprennent très bien. Entre nous ? André devient de plus en plus psy, Bertrand, de plus en plus ingénieur. Du point de vue psychologique, notre relation est passionnante. Nous construisons sur nos différences. Un plus un égale trois. »

L’un des éléments clés du défi, c’est leur relation

Telle est la réponse de l’autre – le même, peut-être – à la question innocente : « Et vous vous pacsez quand ? » Les familles, femmes et enfants, vont bien. Mais l’un des éléments clés du défi, c’est leur relation : Bertrand Piccard, l’initiateur, le porteur du message, psychiatre au passage. André Borschberg, le cofondateur, pilote de chasse, l’ingénieur à la tête d’une équipe de 80 personnes. Mystique et mathématiques ; logique et technique : « On est obligés de philosopher face à la vie. »

Solar Impulse 2 en vol de préparation au-dessus d'Abou Dhabi, le 26 février.

Piccard a la bobine d’un Laurent Baffie qui serait psychanalysé. André Borschberg, plus grand de taille, une allure très terrienne, quelque chose de robuste, un rire généreux. Leur différence de poids a contraint les dessinateurs à rajouter plus de 1 mètre à l’envergure du Solar Impulse 1. Laquelle n’en demandait pas tant. Avec ses 72 mètres, l’avion solaire à énergie perpétuelle dépasse le Boeing 747. « A bord, nous disposons de toutes sortes d’instruments interactifs ; avec le système satellite, les relais, décisifs, sont assurés en permanence avec le centre de contrôle basé à Monaco, mais aussi avec les médias, les universités, etc. »

Vu de l’empennage, l’avion à décollage autonome qui se transforme en vol, grâce à ses 17 248 cellules de silicium monocristallin épaisses de 135 microns, en planeur solaire, ressemble à l’un des premiers engins volants des pionniers Orville et Wilbur Wright (au début du XXe siècle). Le fuselage entoilé est long et sans grâce. La cabine de pilotage, très confortable – siège de première classe pouvant faire toilettes et machine de gym –, équipée d’autant d’écrans qu’un studio piloté par Quincy Jones, a le style ovoïde de la très populaire Isetta, dans les années 1950.

La preuve du potentiel des technologies propres et de la production illimitée d’énergies renouvelables

En l’air, tous feux allumés, le Solar Impulse est superbe. Il n’annonce rien de spécial pour l’aviation (sait-on jamais ?), n’est pas commode au sol, manque de souplesse au pilotage, mais fait la preuve en volant du potentiel des technologies propres et de la production illimitée d’énergies renouvelables. « Les “problèmes” ne nous intéressent pas. Ce que nous proposons, ce sont des solutions. »

Chez les Piccard, l’esprit pionnier, c’est une première nature. Bertrand, aéronaute, a coréalisé le premier tour du monde en ballon (1999) : « Après vingt jours extraordinaires – en deux mots –, on a du mal à retrouver le monde tel qu’on l’avait laissé. » Bertrand est fils de Jacques (1922-2008), pilote du bathyscaphe Trieste conçu par le grand-père Auguste (1884-1962), le premier à avoir mis le nez dans la stratosphère à bord d’un ballon. Sans compter Jules, qui avait installé le téléphone en Suisse : « C’est le même état d’esprit qui nous anime avec André, mais nous sommes entrés dans l’ère des réglementations, dérogations et interdictions qui n’en finissent pas. Aujourd’hui, il n’est pas sûr que le risque pris en 1969 par la NASA pour marcher sur la Lune serait accepté. »

Des veillées d’armes avant grand saut dans l’inconnu, nous en avons connu personnellement trois : celle d’Objectif Lune (Tintin et Milou), celle d’un planeur qui avait l’ambition (déçue) de décoller du Centre national de Saint-Auban (Alpes-de-Haute-Provence) pour rallier d’un trait d’aile la Tunisie (1994), et celle-ci, lors de l’inauguration du centre de contrôle de mission, le Monaco Mission Center (MCC), à Monaco. Même liturgie : joie tranquille, excitation à fleur de peau, envie que ça réussisse.

Au décollage, un gonze en casquette accompagne l’albatros en lui tenant son aile de géant, comme on fait d’un planeur. Il pédale sec à bicyclette. A Dayton, Ohio, les frères Wright possédaient un atelier de bicyclettes.

Lire aussi : « La vraie folie est d’accepter de vivre dans un monde qui brûle toutes ses ressources »

VIDEO. L’avion Solar Impulse 2 a décollé pour un tour du monde historique

LEXPRESS.fr avec AFP

L’avion Solar Impulse 2 a décollé lundi matin d’Abou Dhabi pour son premier tour du monde à la seule énergie solaire. Objectif de son inventeur, le Suisse Bertrand Piccard: promouvoir les énergies propres.

VIDEO. L'avion Solar Impulse 2 a décollé pour un tour du monde historique

Solar Impulse 2 lors de ses derniers essais avant son 1er tour du monde avec de l’énergie solaire. AFP

L’appareil révolutionnaire Solar Impulse 2, qui n’utilise aucun carburant, a pris son envol vers à 04h12 (heure française) de la capitale des Emirats arabes unis, Abou Dhabi, peu après le lever du jour, alors qu’une légère brise balayait le tarmac du petit aéroport d’Al-Bateen. Solar Impulse 2 est parti en direction de l’est pour un tour du monde, sa première étape étant fixée à Mascate, capitale du sultanat d’Oman, où l’avion devait arriver 12 heures plus tard, après un trajet de quelque 400 km.

>>> Solar Impulse, le direct depuis le centre de contrôle de Monaco

Après deux heures et 15 minutes de vol, l’un des deux pilotes, le Suisse André Borschberg, a indiqué avoir parcouru 13% du trajet pour Mascate et il a parlé à des médias avant d’appeler son épouse, selon le site de la mission. « Le défi à venir est réel pour moi et pour l’appareil », a déclaré le pilote, âgé de 63 ans, peu avant le décollage. Les deux pilotes suisses en combinaison orange, André Borschberg et Bertrand Piccard, ont effectué les dernières inspections de nuit, et c’est André Borschberg qui s’est installé dans le cockpit de l’avion monoplace sous les applaudissements de toute l’équipe de Solar Impulse 2.

Le décollage d’Abou Dhabi, prévu initialement samedi, a été retardé en raison de vents forts qui ont soufflé sur la région pendant le week-end.

Avant tout « un défi humain »

Le tour du monde en 12 étapes est l’aboutissement de 12 années de recherches menées par les deux pilotes qui, outre l’exploit scientifique, cherchent à véhiculer un message politique.

« Nous voulons partager notre vision d’un avenir propre », a déclaré Bertrand Piccard, en soulignant que cette mission devrait contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique. « Le changement climatique offre une fantastique opportunité pour apporter sur le marché de nouvelles technologies vertes » qui aideront à « préserver les ressources naturelles de notre planète, créer des emplois et soutenir la croissance » économique, a-t-il dit.

L’idée de voler grâce à la seule énergie solaire avait initialement été la risée de l’industrie aéronautique. Bertrand Piccard, descendant d’une dynastie de scientifiques-aventuriers suisses, a accompli le premier tour du monde en ballon sans escale en 1999. L’avion, baptisé SI2 (Solar Impulse 2), est propulsé par plus de 17.000 cellules solaires tapissant des ailes de 72 mètres, soit presque aussi longues que celles d’un Airbus A380. Mais le SI2, conçu en fibre de carbone, ne pèse que 2,5 tonnes — autant qu’un 4X4 familial, soit moins de 1% du poids de l’A380.

35 000 kilomètres dont deux océans

Au total, l’appareil parcourra 35.000 kilomètres, à une vitesse relativement modeste (entre 50 et 100 km/h), en survolant deux océans, et cette circonvolution, à 8.500 mètres d’altitude au maximum, prendra cinq mois, dont 25 jours de vol effectif, avant un retour à Abou Dhabi fin juillet/début août.

C’est Bertrand Piccard qui sera dans le cockpit quand l’avion atterrira de nouveau aux Emirats, si tout se passe bien. Après Oman, l’Inde et la Birmanie sont les destinations suivantes, avant la plus longue étape du trajet: cinq jours consécutifs de vol pour un seul pilote chargé de rallier Nankin, en Chine, à l’archipel américain d’Hawaï, dans le Pacifique.

Ensuite, SI2 survolera les Etats-Unis avec notamment une étape à New-York, puis traversera l’Atlantique avec un arrêt prévu soit en Europe du Sud, soit en Afrique du Nord, avant le retour à Abou Dhabi.

Au total, 130 personnes participent à l’aventure: 65 accompagneront les pilotes autour du monde (dans le cadre de l’appui logistique) et 65 autres seront à Monaco, au centre de contrôle de la mission (météorologues, contrôleurs aériens et ingénieurs). Solar Impulse 2 est le successeur du premier prototype Solar Impulse 1, qui a permis aux concepteurs du projet de faire plusieurs vols de longue durée en Europe, au Maroc et de traverser les Etats-Unis en 2013 avec plusieurs escales, faisant d’eux les premiers à accomplir un tel exploit.

Le pari fou de Solar Impulse 2 : un tour du monde à l’énergie solaire

Solar Impulse 2 a pris son envol lundi matin d’Abou Dhabi pour un tour du monde sans pétrole, sans gaz et sans moteur à explosion. Seulement à l’énergie solaire.

L'avion Solar Impulse 2. (Solar Impulse / AFP) L’avion Solar Impulse 2. (Solar Impulse / AFP)

C’est le pari fou d’un tour du monde sans pétrole, sans gaz et sans moteur à explosion. Seulement à l’énergie solaire. L’avion Solar Impulse 2 a pris son envol lundi 9 mars au matin d’Abou Dhabi pour un tour du monde sans précédent afin de promouvoir les technologies propres.

L’appareil, piloté par le Suisse André Borschberg, a décollé à 07h12 heure locale (4h12 heure de Paris) de l’aéroport Al-Bateen à Abou Dhabi et pris la direction de Mascate, la capitale d’Oman, où il est attendu en fin de journée.

« L’Obs » fait le point sur ce défi.

# A quoi ressemble Solar Impulse 2 ?

L’avion, baptisé SI2, pour Solar Impulse 2, est propulsé par plus de 17.000 cellules solaires tapissant des ailes de 72 mètres. Ces dernières sont presque aussi longues que celles d’un Airbus A380.

Mais le SI2, conçu en fibre de carbone, ne pèse que 2,5 tonnes. C’est autant qu’un 4X4 familial et moins de 1% du poids de l’A380.

Solar Impulse 2 est le successeur du premier prototype Solar Impulse 1. Ce dernier a permis aux concepteurs du projet de faire plusieurs vols de longue durée en Europe, au Maroc et de traverser les Etats-Unis en 2013 avec plusieurs escales, faisant d’eux les premiers à accomplir un tel exploit.

Ce voyage et l’avion sont le résultat 12 années de recherches menées par André Borschberg et son compatriote Bertrand Piccard. Un véritable exploit scientifique.

Surtout que l’idée de voler grâce à la seule énergie solaire avait initialement été la risée de l’industrie aéronautique.

# Qui va piloter Solar Impulse 2 ?

« C’est un défi humain, une aventure et une motivation humaines », a déclaré André Borschberg lors d’une conférence de presse à Abou Dhabi. Le Suisse, l’un des deux pilotes qui se relaieront pour cette mission, a précisé que l’appareil devait décoller à 3h30, heure française.

Le décollage d’Abou Dhabi, prévu initialement samedi, a été retardé en raison des vents forts qui soufflaient sur la région.

C’est donc André Borschberg qui prendra place dans le cockpit pour la première étape vers Mascate, capitale du sultanat d’Oman, où l’appareil devrait arriver lundi en fin de journée.

Il sera accompagné de son compatriote Bertrand Piccard. Il est un descendant d’une dynastie de scientifiques-aventuriers suisses et a accompli le premier tour du monde en ballon sans escale en 1999.

C’est Bertrand Piccard qui sera dans le cockpit quand l’avion atterrira de nouveau aux Emirats.

# Quel sera le parcours de Solar Impulse 2 ?

Au total, Solar Impulse 2 parcourra 35.000 kilomètres en 12 étapes. Il volera à 8.500 mètres d’altitude au maximum. Sa vitesse sera relativement modeste, entre 50 et 100km/h.

Cette circonvolution prendra cinq mois, dont 25 jours de vol effectif, avant un retour à Abou Dhabi fin juillet, ou début août.

Après le sultanat d’Oman, l’Inde et la Birmanie sont les destinations suivantes, avant la plus longue étape du trajet : cinq jours consécutifs de vol pour un seul pilote chargé de rallier Nankin, en Chine, à l’archipel américain d’Hawaï, dans le Pacifique.

# Quel message derrière le tour du monde de Solar Impulse  ?

Les deux pilotes cherchent à véhiculer un message politique.

« Nous voulons partager notre vision d’un avenir propre », affirme Bertrand Piccard. Selon lui, cette mission doit contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique.

« Le changement climatique offre une fantastique opportunité pour apporter sur le marché de nouvelles technologies vertes » qui aideront à « préserver les ressources naturelles de notre planète, créer des emplois et soutenir la croissance » économique, explique-t-il.

Bertrand Piccard indique que le public pourrait « suivre en direct tout ce que nous faisons dans le cockpit » et « dans le centre de contrôle de la mission à Monaco » sur le site actif « solarimpulse ».

Il a précisé qu’une pétition avait été lancée pour promouvoir les énergies propres auprès du grand public, sur le site futureisclean.org.

Au total, 130 personnes participeront à l’aventure :

  • 65 accompagneront les pilotes autour du monde dans le cadre de l’appui logistique.
  • 65 autres, des météorologues, contrôleurs aériens et ingénieurs, seront à Monaco, au centre de contrôle de la mission.
  • TECHNOLOGIE – L’avion Solar Impulse 2 a pris son envol dans la nuit de dimanche à lundi 9 mars. Il a décollé depuis Abou Dhabi pour entamer un tour du monde en 12 étapes. Un défi technologique et historique sans précédent mené par Bertrand Piccard et André Borschberg, les deux initiateurs de ce projet destiné à promouvoir l’utilisation des énergies renouvelables.

    L’appareil révolutionnaire, qui n’utilise aucun carburant, a pris son envol à 07h12 heure locale (04h12 en France) de la capitale des Emirats arabes unis peu après le lever du jour, alors qu’une légère brise balayait le tarmac du petit aéroport d’Al-Bateen. Solar Impulse 2 est parti en direction de l’est et la première étape a été fixée à Mascate, capitale du sultanat d’Oman, où l’avion devait arriver en fin de journée. Ce trajet de quelque 400 km devait durer 12 heures.

    Les deux pilotes suisses en uniforme orange, André Borschberg et Bertrand Piccard, ont effectué les dernières inspections de nuit et c’est le premier qui s’est installé dans le cockpit de l’avion monoplace sous les applaudissements de toute son équipe.

    Bertrand Piccard avait indiqué que le public pourrait « suivre en direct tout ce que nous faisons dans le cockpit » et « dans le centre de contrôle de la mission à Monaco » sur le site « solarimpulse.com« . Regardez l’aventurier en direct dans la vidéo en haut de l’article. Suivez aussi l’appareil étape par étape sur son site Internet, ou sur Twitter, via le compte ci-dessous.

    » Découvrez l’engin et son périple en détail :

    solar impulse 2

    Solar Impulse : un tour du monde sous haute surveillance

    Les deux pilotes Bertrand Piccard et André Borschberg lors de l'inauguration du centre de contrôle à Monaco.

    L’intégralité de la tentative de circumnavigation de l’avion solaire suisse sera suivie 24h/24 depuis le centre de contrôle inauguré mardi à Monaco en présence du prince Albert II.

    Les rangées d’écrans d’ordinateurs alignés avec des panneaux détaillants les rôles des membres de l’équipe Solar Impulse donnent à la salle vitrée un petit air de salle de contrôle des centres spatiaux de Kourou ou de Houston. Avec une particularité étonnante pour ce type de lieu: les fenêtres offrent une vue superbe sur le bleu vif de la mer Méditerranée. A l’invitation du prince Albert II, une bonne partie de l’équipe suisse Solar Impulse pourra surveiller la totalité de la tentative de tour du monde avec escales de l’avion solaire depuis ce centre de contrôle flambant neuf qui a été installé dans les locaux de l’Auditorium Rainier III au cœur de la principauté de Monaco.

    L’immense avion solaire suisse Solar Impulse 2 est actuellement en attente à Abu Dhabi, point de départ d’un tour du monde qui devrait démarrer le 1er mars prochain. Ses deux pilotes, qui se succéderont aux commande de l’étrange appareil, le célèbre aventurier Bertrand Piccard et le pilote professionnel André Borschberg, étaient cette semaine à Monaco pour inaugurer ce tout nouveau centre de contrôle, financé par la Principauté de Monaco, la Fondation Prince Albert II et MoëtHennessy, nouveau sponsor de l’aventure Solar Impulse.

    L’installation d’un centre de contrôle qui sera actif 24h/24 a été rendue indispensable par les très longues étapes transocéaniques, au dessus du Pacifique et de l’Atlantique. «Ca ne serait pas indispensable avec les étapes continentales de moins de 24 heures, explique André Borschberg. Car quand on décolle le matin, les prévisions météorologiques sont suffisamment fiables pour ne pas avoir de mauvaise surprise en arrivant le soir. En revanche, avec des vols qui vont durer pendant 5 jours et 5 nuits, la météo étudiée lors du départ ne sera plus du tout assez fiable 5 jours après. Il devient indispensable d’avoir un suivi permanent du vol, et d’adapter le routage avec les météorologistes de l’équipes», qui seront installés en permanence au centre de contrôle.

    Car avec un fragile avion électrique, uniquement propulsé par l’énergie du soleil, la météo est un paramètre crucial. Quand l’avion décolle le jour, au soleil, il prend de l’altitude et recharge ses batteries pour se préparer à tenir pendant toute la durée de la nuit. «L’avion atteint 9000 mètres d’altitude avant le coucher du soleil, et on passe les premières heures de la nuit en vol plané, jusqu’à redescendre à une altitude de 1500 m, explique Raymond Clerc, directeur du centre de vol de Solar Impulse. Le pilote vole ensuite à cette altitude avec les batteries, jusqu’au lever du soleil, où le temps doit être suffisamment dégagé pour permettre à l’avion de poursuivre son vol avec les panneaux solaires.»

    L'avion Solar Impulse 2 a été réassemblé sur l'aéroport d'Abu Dhabi, en attendant le début du tour du monde le 1er mars prochain.

    Pendant ces vols de très longue durée, qui représentent la grande inconnue de cette nouvelle tentative par rapport aux nombreux records battus depuis 2009 par l’équipe suisse avec le premier avion, les pilotes seront aussi en contact régulier avec un médecin qui les connaît bien. «Nous n’aurons pas de dispositif de suivi médical en permanence, car ça s’est révélé être trop inconfortable, mais nous prendrons régulièrement notre pouls et notre tension à bord, et nous transmettrons les données au centre de contrôle», explique André Borschberg. «L’avion peut voler presque indéfiniment, jour et nuit, mais la véritable limite est humaine, c’est l’endurance du pilote», résume Bertrand Piccard, qui a déjà expérimenté ce genre d’exploit d’endurance en 1999, avec son record de tour du monde en ballon, qui avait duré 20 jours. Cyrille Vanlerberghe

    Solar Impulse 2 : les défis du géant des airs !

    Le Point –

    Deux pilotes suisses Bertrand Piccard et André Borschberg se relayent aux commandes de l’avion solaire qui s’est élancé ce matin. Exploit annoncé…

    Doté d’une envergure de 72 mètres, le Solar Impulse 2 s’apprête à s’élancer pour un tour du monde par escales. © DR Antoine Grenapin

    Avec une envergure de 72 mètres, un cockpit exigu et des ailes qui scintillent quand elles sont tournées vers le soleil, le Solar Impulse 2 semble tout droit sorti de l’imagination d’auteurs de science-fiction. Pourtant, l’engin vole, a déjà enchaîné des heures au-dessus de nos têtes et s’apprête même à relever un défi jamais tenté : traverser le globe par étapes. Bertrand Piccard et André Borschberg, les deux pilotes, vont en effet se relayer pendant plusieurs mois aux commandes de l’appareil au cours de treize étapes autour du monde. Au programme : un départ d’Abu Dhabi, treize étapes dont des « missions continentales » d’un pays à l’autre (d’environ 24 heures de vol) et la traversée des océans. Ce dernier aspect sera le véritable exploit de ce tour du monde puisque aucun avion solaire piloté par un homme n’a encore tenu les cinq à six jours nécessaires pour traverser l’Atlantique. Si le défi est de taille, les équipes de Solar Impulse ont la confiance de ceux qui s’apprêtent à marquer l’histoire et l’appréhension de ne pas conclure avec succès douze ans de préparation.

    Une présentation façon Steve Jobs

    Mi-février à Monaco. Le ciel bleu et l’air frais tranchent avec la grisaille qui plombe l’Hexagone. Le temps serait idéal pour le décollage du Solar Impulse 2, mais l’heure n’est pas encore au départ. Au centre Rainier, en plein coeur de Monaco, les deux pilotes présentent « leur » projet façon Steve Jobs, avec micro-casque et formules chocs. Ce projet, il « faut être fou pour y croire et idiot pour ne pas y croire », assure Bertrand Piccard. Le défi technologique est de taille et cinquante personnes, au sol, supervisent l’avancée du Solar Impulse 2.

    C’est d’ailleurs la raison de leur venue à Monaco : la principauté, partenaire de ce challenge, a installé au milieu de son palais des congrès le centre de contrôle. Chaque jour, météorologues, mathématiciens et ingénieurs se relaieront afin d’anticiper les trajectoires de l’avion. « Même si nous nous basons avant tout sur nos simulations, notre expérience et notre jugement, il est primordial qu’une équipe veille à ajuster notre plan de vol », certifie André Borschberg. « L’idée du vol perpétuel n’est plus un rêve, c’est une possibilité désormais », se réjouit Bernard Piccard.

    L’investissement du prince Albert II

    Le prince Albert II en personne est venu inaugurer ce centre et insiste sur la dimension environnementale du projet : « Grâce à Solar Impulse, l’impossible devient possible et le monde constate que les solutions sont bien plus pertinentes que les longs discours. » Le prince, qui explique cultiver une amitié de dix ans avec Bertrand Piccard, ajoute en citant Oscar Wilde que le « progrès est là, sous nos yeux et n’est que l’accomplissement d’une utopie ».

    Un peu plus tôt, Bertrand Piccard avait également insisté sur l’importance d’un projet tourné vers le développement durable. « Quand on parle de changement climatique, explique-t-il, on ne se focalise que sur les problèmes, les catastrophes. Or, il existe des solutions durables, à l’image du Solar Impulse 2. L’avion est en effet observé de près par certaines marques pour ses multiples technologies et une marque automobile – dont le nom n’est pas encore connu – serait sur les rangs pour un contrat avec Solar Impulse 2. Désormais, le projet est prisé et envié. La prestigieuse marque de champagne Moët Hennessy a d’ailleurs rejoint les soutiens de l’équipe. « On avait besoin d’eux pour fêter comme il se doit nos réussites », s’amuse Bertrand Piccard, VRP hors pair.

    Le confort, « comme une business class »

    Pourtant, le défi est de taille. Et les pilotes n’occultent rien : à l’automne dernier, ils ont ainsi testé leur équipement de sauvetage en étant jetés dans la mer du Nord. La vie à bord ? « On fait tout pour qu’il ressemble à une petite maison », explique André Borschberg au Point.fr. Mais en termes de confort, le nouveau Solar Impulse est, d’après lui, « comme une business class ». Le siège est pliable et permet au pilote de se reposer, au cours de pauses de 20 minutes de sommeil. S’il ne se réveille pas, une alarme se fait entendre et le siège est équipé d’un système de vibrations. Ce siège se rabat entièrement et offre la possibilité de faire du yoga (comme Borschberg) ou de pratiquer de l’autohypnose (comme Piccard). »Il est difficile d’imaginer à quel point l’homme est capable de s’habituer à un tel environnement », explique Bertrand Piccard. Pourtant, l’espace est réduit : d’ailleurs, installer un deuxième siège dans l’avion ajouterait 300 kilos à la structure, d’où le fait que les deux pilotes ne peuvent cohabiter pendant les vols. Pourtant, ils se montrent confiants pour l’avenir : le Solar Impulse pourrait permettre à terme de développer des drones et, dans un futur moins proche, le même type d’appareil pour le grand public.

    C’est ce que laisse entendre Bertrand Piccard qui insiste sur « l’esprit pionnier ». « Il a fallu 25 ans entre le premier vol des frères Wright (en 1903) et la traversée de l’Atlantique de Lindbergh (1927), 25 ans entre cette traversée et le franchissement du mur du son (1947) et 25 ans à nouveau avant de poser le pied sur la lune (en 1969) », rappelle-t-il. L’aviation solaire n’en est donc qu’à ses balbutiements, mais son avenir semble radieux. À condition que Solar Impulse 2 réussisse son tour du monde.

    Solar Impulse 2 a décollé pour un tour du monde: l’aventure commence

    L’avion Solar Impulse 2 a décollé lundi matin d’Abou Dhabi pour un tour du monde sans précédent, à la seule énergie solaire, dans le but de promouvoir les énergies propres et tester l’endurance des pilotes.

    « L’aventure a commencé », a lancé le pilote suisse Bertrand Piccard, alors que son compatriote André Borschberg, aux commandes pour la première étape, quittait la capitale des Emirats arabes unis.

    L’appareil révolutionnaire, qui n’utilise aucun carburant, a pris son envol à 07h12 (03h12 GMT) peu après le lever du jour, alors qu’une légère brise balayait le tarmac du petit aéroport d’Al-Bateen.

    Solar Impulse 2 est parti en direction de l’est pour Mascate, capitale du sultanat d’Oman, où l’avion devait arriver 12 heures plus tard, après un trajet de quelque 400 km. Il doit repartir mardi pour Ahmedabad (ouest de l’Inde), l’étape suivante.

    Après trois heures et 45 minutes de vol, André Borschberg avait parcouru 32% du trajet vers Mascate et il a pu parler à des médias avant d’appeler son épouse, selon le site de la mission.

    « Le défi à venir est réel pour moi et pour l’appareil », a déclaré M. Borschberg, âgé de 63 ans, avant de s’installer dans le cockpit de l’avion monoplace.

    Les deux pilotes en combinaison orange ont effectué les dernières inspections de nuit et l’avion est parti sous les applaudissements de toute l’équipe de Solar Impulse 2.

    Le décollage, prévu initialement samedi, a été retardé en raison de vents forts qui ont soufflé sur la région. Lundi, l’appareil est parti avec 42 minutes de retard sur l’horaire prévu. « Une alarme s’était allumée en raison d’un problème de connecteur », a précisé Bertrand Piccard.

    C’est avant tout « un défi humain », a souligné André Borschberg.

    Le tour du monde en 12 étapes est l’aboutissement de 12 années de recherches menées par MM. Borschberg et Piccard qui, outre l’exploit scientifique, cherchent à véhiculer un message politique.

    de « nouvelles technologies vertes ».

    L’idée de voler grâce à la seule énergie solaire avait initialement été la risée de l’industrie aéronautique.

    M. Piccard, descendant d’une dynastie de scientifiques-aventuriers suisses, a accompli le premier tour du monde en ballon sans escale en 1999.

    L’avion, baptisé SI2 (Solar Impulse 2), est propulsé par plus de 17.000 cellules solaires tapissant des ailes de 72 mètres, soit presque aussi longues que celles d’un Airbus A380.

    Mais le SI2, conçu en fibre de carbone, ne pèse que 2,5 tonnes — autant qu’un 4X4 familial, soit moins de 1% du poids de l’A380.

    – Survol de deux océans –

    Au total, l’appareil parcourra 35.000 kilomètres, à une vitesse relativement modeste (entre 50 et 100 km/h), en survolant deux océans, et cette circonvolution, à 8.500 mètres d’altitude au maximum, prendra cinq mois, dont 25 jours de vol effectif, avant un retour à Abou Dhabi fin juillet/début août.

    C’est M. Piccard qui sera aux commandes quand l’avion atterrira de nouveau aux Emirats.

    Après Oman et l’Inde, la Birmanie sera la destination suivante, avant la plus longue étape du trajet: cinq jours consécutifs de vol pour un seul pilote chargé de rallier Nankin, en Chine, à l’archipel américain d’Hawaï, dans le Pacifique.

    Ensuite, SI2 survolera les Etats-Unis, avec notamment une étape à New-York, puis traversera l’Atlantique, avec un arrêt prévu soit en Europe du Sud, soit en Afrique du Nord, avant le retour à Abou Dhabi.

    Le cockpit est confortable, mais le pilote reste immobilisé dans son siège: « on fait ses besoins, on se lave avec des lingettes, on mange et on boit », a expliqué M. Piccard.

    Et d’ajouter: « on peut incliner le siège pour se reposer. Et là, on se met en pilotage automatique, tout en gardant le contrôle de l’avion et en restant en contact avec les contrôleurs aériens au centre de (la mission à) Monaco », a-t-il dit.

    Il a indiqué que le public pouvait « suivre en direct tout ce que nous faisons dans le cockpit » et au centre de Monaco sur le site actif « solarimpulse.com ».

    Il a précisé qu’une pétition avait été lancée pour promouvoir les énergies propres auprès du grand public, sur le site futureisclean.org.

    Au total, 130 personnes participent à l’aventure: 65 accompagneront les pilotes autour du monde (dans le cadre de l’appui logistique) et 65 autres seront à Monaco, au centre de contrôle de la mission (météorologues, contrôleurs aériens et ingénieurs).

    Solar Impulse 2 est le successeur du premier prototype Solar Impulse 1, qui a permis aux concepteurs du projet de faire plusieurs vols de longue durée en Europe, au Maroc et de traverser les Etats-Unis en 2013 avec plusieurs escales, faisant d’eux les premiers à accomplir un tel exploit.

    Comment les pilotes de Solar Impulse vont vivre dans moins de 4m3?

    Bertrand Piccard dans le cockpit de Solar Impulse le 13 novembre 2014.
    Bertrand Piccard dans le cockpit de Solar Impulse le 13 novembre 2014. – FABRICE COFFRINI / AFP

    De notre envoyé spécial à Monaco, Romain Baheux

    Il y a la promotion des énergies renouvelables, mis en avant par les créateurs du projet. Il y a l’argument «exploit technologique», séduisant pour le grand public. Mais d’un point de vue plus terre-à-terre, le projet Solar Impulse possède aussi une dimension pratique cruciale pour Bertrand Piccard et André Borschberg, les deux pilotes de l’avion à énergie solaire engagé dans un tour du monde par étapes dont le départ est donné dans la nuit de vendredi à samedi. Présents à tour de rôle dans l’appareil, les Suisses devront vivre dans un cockpit de 3,8 m3, un espace particulièrement restreint quand il faudra passer cinq jours et cinq nuits au-dessus du Pacifique et de l’Atlantique.

    «Le premier prototype s’apparentait à une mauvaise classe économique d’un avion de ligne, compare André Borschberg. Solar Impulse 2, c’est une bonne classe affaires.» Rétractable, le siège permet au pilote de pratiquer quelques exercices physiques pour se dégourdir les jambes et même de s’allonger pour dormir. A bord, les grasses matinées ne sont de toute façon pas au programme. «Ils vont se reposer sur des cycles de vingt minutes à raison de dix fois par jour, explique Raymond Clerc, directeur de vol. S’il y a un problème, dans l’inclinaison des ailes de l’avion par exemple, ils sont réveillés par des vibrations et par un signal sonore. Même dans une situation de sommeil profond, ils ont un temps de réaction de cinq à six secondes.»

    Crème anti-barbe et toilettes sous le siège

    Ah oui, on a oublié de vous préciser mais il faudra s’endormir dans des températures oscillant entre -40 et +40 C°. Si la combinaison protègera le bonhomme, il a fallu préparer des rations de nourriture capables de supporter ces variations. A bord, tout a été étudié pour faciliter la vie des pilotes. Détail qui tue: pour éviter que les poils de barbe ne les gênent sous le masque à oxygène, ils se badigeonneront les joues d’une crème conçue pour éviter leur croissance. Quant au petit coin, ça se passe sous le siège, rétractable le temps de faire leurs besoins expédiés ensuite dans un sac.

    Au fil des entraînements, les deux hommes se sont préparés à la gestion de leur maison volante. «Dans le cockpit, vous créez une relation émotionnelle avec ce qui vous entoure, vous développez vos petites habitudes, explique André Borschberg. On va vivre ça de manière initiatique.» Là-haut, le Suisse a prévu de s’astreindre à des sessions de yoga là où Bertrand Piccard pratiquera de manière régulière l’autohypnose. Même à près de 9.000 mètres d’altitude, il faut savoir s’aérer l’esprit.

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commentaires

Leon Belleville                                                          C’est beau le progrès, même comme ça : « le Solar Impulse (…) n’annonce rien de spécial pour l’aviation (sait-on jamais ?), n’est pas commode au sol, manque de souplesse au pilotage, mais fait la preuve en volant du potentiel des technologies propres et de la production illimitée d’énergies renouvelables. » C’est tout ce qu’on demande ! http://leonbellevalle.blog.lemonde.fr/2015/03/06/le-progres/

Andreas                                                                       Quelle famille! Auguste, le grand-père, premier vol en stratosphère, record à 16000m. Jacques, le père, record de plongée à 10610m avec son bathyscaphe Trieste. Et maintenant Bertrand et déjà son record de tour du monde en ballon, et bientôt en avion solaire. Bravo!

gris                                                                             bravo Le Monde: pour n’importe quel secrétaire d’état dont la bobine nous indiffère, on a une vidéo et là … à peine une photo en tranche

 Pepef- le-Brun                                                Relisez raleur, il y a une belle vidéo.

undefined Bonjour                                                     Pour en savoir plus sur le Solar Impulse, regardez notre reportage sur les ailes de l’avion solaire dans le cardre du concours Chemical World Tour ! : https://www.youtube.com/watch?v=uQRVO0pEE78 Pour gagner ce concours, mon binôme et moi devons obtenir le plus de votes possibles. Aidez- nous a gagner en votant pour Fleur et Pierre en cliquant sur ce lien : http://www.chemicalworldtour.fr/concours-cwt/ Merci a vous !

Francis  • 

Un beau défi mais qui ne sert à rien, car jamais on arrivera à faire voler un B747 ou un Airbus avec des batteries solaires !

Jamila  • 

vive la science

  • alixx | Ça veut dire quoi 4m3 ???
    4 mètres par 3?
    4 mètres cube?
    autre chose?…

  • patomique                                                            Depardieu avait déjà eu l’idée des toilettes aéroportées…

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