ATT000~1Pure nature 0514

 

10% des espèces d’abeilles menacées d’extinction

L'Obs avec AFP

Les colonies d’abeilles connaissent des taux de mortalité inédits, notamment en raison des insecticides et parasites.

Une abeille sur un crocus, à Londres le 4 mars 2015 (Amer Ghazzal/REX/SIPA). Une abeille sur un crocus, à Londres le 4 mars 2015 (Amer Ghazzal/REX/SIPA).

La France n’a jamais si peu produit de miel depuis 20 ans, et ce malgré un regain d’intérêt pour l’apiculture et une demande forte, car les colonies d’abeilles connaissent des taux de mortalité inédits. Parmi les responsables : les insecticides et les parasites.

2014 a été la pire des années dans l’histoire récente de l’apiculture française qui voit sa production baisser constamment depuis 20 ans », a déclaré jeudi 19 mars lors d’une conférence de presse Henri Clément, le porte-parole de l’Union nationale des apiculteurs français (Unaf).

« Avec seulement 10.000 tonnes l’an passé, cela correspond à une production divisée par trois depuis 1995 », a ajouté cet apiculteur des Cévennes, en soulignant une demande soutenue qui se traduit par des importations en hausse (environ 30.000 tonnes).

Lors de leur bilan annuel, les responsables de l’Unaf ont de nouveau mis en cause « la surmortalité des colonies », ainsi que des « conditions météorologiques catastrophiques pour les abeilles« , comme beaucoup de vent.

50 à 80% de mortalité en France

Selon des données recueillies dans une vingtaine de départements, la mortalité des abeilles, a atteint 50 à 80% dans de nombreuses zones des grandes régions de production comme Provence-Alpes Côte d’Azur, Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon.

Avant l’arrivée de certains pesticides dans les années 1990, comme les néonicotinoïdes, la mortalité était d’environ 5% », a souligné Gilles Lanio, le président de l’Unaf. « Sur l’île d’Ouessant, elle est de 1 à 3% », a-t-il ajouté.

Face à la baisse continue et spectaculaire des récoltes, l’Unaf dénonce « le double langage du gouvernement qui dit défendre l’agro-écologie mais qui ne se donne pas les moyens de vraiment aider les apiculteurs ».

En cause, la frilosité de l’Etat français pour demander une interdiction plus large des néonicotinoïdes dans l’Union européenne. Seules trois molécules sont prohibées à ce jour, et seulement sur certaines cultures.

« C’était une avancée, mais c’est très insuffisant car les substances en question restent dans le sol des années et si entre temps l’agriculteur sème une céréale d’hiver, il pourra les utiliser », explique Henri Clément.

Les céréales à paille semées en hiver, les betteraves et les traitements en forêt ne sont concernés par l’interdiction.

10% des abeilles menacées d’extinction

De nombreuses études ne cessent de montrer la nocivité des néonicotinoïdes sur les abeilles mellifères, mais aussi sur les pollinisateurs sauvages dont l’action est indispensable pour de nombreuses cultures.

Une étude publiée jeudi par la Commission européenne démontre que près de 10% des quelque 2.000 espèces sauvages d’abeilles européennes sont ainsi menacées d’extinction, et 5% supplémentaires le seront dans un futur proche si rien n’est fait.

Interdiction votée à l’Assemblée

Jeudi, dans le cadre du projet de loi sur la biodiversité, les députés français sont allés dans le sens des apiculteurs en votant en première lecture, et contre l’avis du gouvernement, une interdiction de tous les néonicotinoïdes à partir de 2016. Une mesure saluée la Fondation Hulot ou Générations futures.

« Cela redonne de l’espoir aux apiculteurs, mais il faut que la France défende cette position au niveau européen car il y a suffisamment d’études qui prouvent maintenant que supprimer les néonicotinoïdes ne met pas en danger la production agricole comme les fabricants d’insecticides le prédisaient », a réagi Henri Clément.

Des moyens réclamés contre le frelon

Les apiculteurs jugent également insuffisante la lutte contre le frelon asiatique, présent désormais dans 3/4 du territoire français. « le ministre de l’Agriculture [Stéphane Le Foll, NDLR] nous a promis que le frelon serait classé en danger sanitaire de classe 1″, or « nous attendons depuis des mois », souligne Gilles Lanio.

Les professionnels s’inquiètent aussi de l’arrivée sur le sol français d’un autre parasite, le Cynips du châtaignier, venu de Chine et de plus en plus répandu.

Enfin, « le double langage concerne aussi les OGM en plein champ », avance Jean-Marie Sirvins, vice-président de l’Unaf: « partout où les OGM se développement, l’apiculture recule, car la monoculture intensive est néfaste pour les abeilles« .

Les abeilles, une source pour la planète

Abeilles : l’Assemblée vote l’interdiction des insecticides néonicotinoïdes en 2016

Le Monde.fr |

L’Assemblée nationale a voté jeudi 19 mars l’interdiction à compter de janvier 2016 des produits phytosanitaires de la famille des néonicotinoïdes, réputés toxiques pour les abeilles, en adoptant un amendement des socialistes Gérard Bapt et Delphine Batho. Un vote contre l’avis du gouvernement, défavorable à la mesure au motif notamment que « le cadre européen ne permet pas une interdiction stricte », selon la ministre de l’écologie, Ségolène Royal.

Après un constat fait en 2012 par des publications scientifiques du déclin rapide de populations d’abeilles provoqué par l’emploi de ces produits, la Commission européenne avait restreint, en décembre 2013, l’usage de trois substances de cette famille de molécules insecticides après une empoignade avec les grandes firmes agrochimiques. Des restrictions qui concernent 75 cultures jugées attractives pour les abeilles.

Trois fois plus de miel en 1995

Insuffisant déjà pour les apiculteurs, qui réclamaient un moratoire étendu à toutes les autres molécules de la famille des néonicotinoïdes alors qu’en 2014 la production de miel en France est tombée à 10 000 tonnes, contre 32 000 tonnes en 1995, pour un nombre de ruches presque équivalent. Cinq molécules restent actuellement autorisées en France.

Lire aussi : Moins de miel, mais plus d’apiculteurs en France

L’interdiction vise désormais toute la famille des néonicotinoïdes, pour éviter que l’industrie ne substitue des produits cousins après le retrait d’un produit précis, selon M. Bapt, par ailleurs médecin de profession.

Appelant à « entendre le cri d’alarme des apiculteurs » vu la mortalité actuelle massive des abeilles, par exemple dans le département des Deux-Sèvres, l’ancienne ministre de l’écologie Delphine Batho a souhaité que la France fasse avec tous les néonicotinoïdes « un moratoire » du même type qu’avec le maïs OGM.

Une abeille récolte du pollen.

« Une action volontariste »

Sur ces néonicotinoïdes « dévastateurs pour un certain nombre d’espèces et faisant courir un risque de santé publique », la rapporteure Geneviève Gaillard (PS) s’était montrée hostile à « une interdiction brute », par souci d’« efficacité » et de « ne pas gêner les avancées du gouvernement », disant craindre que ces produits restent utilisés dans le cadre de dérogations, en l’absence d’« alternative » chimique.

Dans sa « feuille de route » écologiste, présentée le 4 février, le gouvernement a assuré que la France mènerait « au niveau européen une action volontariste » pour que les substances néonicotinoïdes des pesticides soient réévaluées « au plus vite, en prenant en compte toutes les études concernant les effets sur les colonies d’abeilles, les pollinisateurs sauvages, la faune ».

Cette décision des députés intervient alors qu’une enquête de la Commission européenne, rendue elle aussi publique jeudi, tire la sonnette d’alarme : près de 10 % des quelque 2 000 espèces sauvages d’abeilles européennes sont menacées d’extinction. Si aucune mesure n’est prise, 5 % supplémentaires le seront dans un futur proche.

réactions 

DH                                                              La disparition des abeilles est en route et il s’ en trouve encore qui veulent des études supplémentaires alors que le danger est parfaitement démontré. Il n’y a qu’à voir le prix du miel pour se rendre compte de sa rareté grandissante.grandissante . Plus d’insectes qui s’ écrasent sur les pare brise,d’autres pollen is à te ur sont eux aussi en train de disparaître. A terme ce sont de nombreuses variétés de végétaux qui vont disparaître sans que personne ne puisse en prédire les conséquences.

V A                                                          En l’absence de modification de la règlementation européenne, il est à craindre que les recours ne soient nombreux au niveau de la justice européenne, tant par l’industrie chimique que les utlisateurs éventuellement sanctionnés pour avoir continué à utiliser ces produits. Il serait enfin opportun de revoir certaines directives : REACH … pour assurer une réelle diminution de l’impact sur nos vies des divers composés : cancérigènes, mutagènes et autres saloperies du genre. Nous en sommes loin

PAUL RASMONT                                De vastes espaces devraient être réservés à la vie sauvage absolue, sans aucune intervention humaine, abandonnés à eux-mêmes. Cela régulariserait les prix agricoles éviterait les surplus et les destructions d’aliments. Une part des terres serait ainsi mise en réserve et récupérerait son humus. Les insecticides et les herbicides devraient être évités sur les terres cultivées, quitte à opérer un retour de la main-d’oeuvre vers l’agriculture.

Louise Martin                                        Très bonne initative. Quant au « cadre européen qui ne permet pas une interdiction stricte », il serait grand temps de s’en débarrasser.

Publicités