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Qui sont les chômeurs de longue durée ?

Le Monde.fr ||Alexandre Pouchard et Jean-Baptiste Chastand

Le ministre du travail et de l'emploi, François Rebsamen, a présenté lundi une liste de 20 mesures pour lutter contre ce phénomène grandissant et touchant de plus en plus les seniors.

Le ministre du travail et de l’emploi, François Rebsamen, a présenté lundi 9 février une liste de vingt mesures pour lutter contre le chômage de longue durée. « Le risque qu’il faut combattre, c’est le risque d’une exclusion durable difficilement réversible même en cas de retour de la croissance », a-t-il expliqué.

Qu’est-ce qu’un « chômeur de longue durée » ?

Selon la définition donnée par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), un chômeur est considéré « de longue durée » dès lors qu’il est sans emploi (ou en activité réduite, moins de 78 heures de travail par mois) depuis plus d’un an.

On distingue également les chômeurs « de très longue durée », inscrits à Pôle emploi depuis au moins deux ans.

Qui sont les chômeurs de longue durée ?

Selon les derniers chiffres de Pôle emploi, les chômeurs longue durée constituaient, en décembre 2014, 43,2 % de l’ensemble des demandeurs d’emploi, une part en constante augmentation depuis plus de cinq ans. Cela représentait 2,25 millions de demandeurs d’emploi (en catégorie A, B ou C) sur un total de 5,2 millions. Fin 2013, on comptait 1,46 millions de chômeurs « durablement éloignés de l’emploi », à savoir qu’ils n’avaient eu aucun emploi au cours des douze derniers mois (catégorie A).

La part des chômeurs de longue durée augmente
Sont ici comptés les demandeurs d’emploi inscrits à Pôle Emploi depuis au moins un an, par rapport au nombre total de chômeurs.

Janvier 2000Janvier 2005Janvier 2010Janvier 2015010203040Pôle Emploi

Plus inquiétant encore, parmi ces chômeurs de longue durée, c’est la proportion des demandeurs d’emploi inscrits depuis plus de deux ans (« très longue durée ») qui augmente le plus ces dernières années.

Le nombre de chômeurs de très longue durée explose

(en milliers)Plus de 3 ansDe 2 à 3 ansDe 1 à 2 ansjan. 2004jan. 2006jan. 2008jan. 2010jan. 2012jan. 20140500100015002000Pôle Emploi

Parmi ces chômeurs de longue durée, ce sont les 25-49 ans qui sont logiquement les plus présents, représentant la catégorie d’âge la plus nombreuse. Mais cette proportion tend à diminuer face à l’augmentation du poids des seniors : les plus de 50 ans représentent désormais 31,6 % des chômeurs de longue durée (+ 8 points en cinq ans). Hommes et femmes sont représentés à peu près à parts égales (environ 40 %).

La part des seniors augmente dans les chômeurs de longue durée

Part des moins de 25 ansPart des 25-49 ansPart des 50 ans et plusjan. 2004jan. 2006jan. 2008jan. 2010jan. 2012jan. 20140 %100 %25 %50 %75 %Pôle Emploi

juil. 2005
● Part des moins de 25 ans: 8,1 %
● Part des 25-49 ans: 69,3 %
● Part des 50 ans et plus: 22,6 %

Diplômes. Sans surprise, une enquête publiée en décembre par Pôle emploi montrait que plus les demandeurs d’emploi étaient diplômés, plus leur proportion parmi les chômeurs de longue durée diminuait.

Secteurs. Du côté des secteurs concernés : les services à la personne, le commerce, le transport et l’industrie sont les plus touchés par le phénomène.

Géographie. C’est dans un arc nord-est, dans le Massif central et l’outre-mer que la part des chômeurs de longue durée est la plus importante parmi les demandeurs d’emploi. La carte ci-dessous, réalisée par Pôle emploi, prend en compte les chômeurs ayant cumulé au moins douze mois d’inscription à l’organisme au cours des deux dernières années (soit une définition différente de celle de l’Insee), à fin décembre 2013 :

Part des chômeurs de longue durée (12 mois d'inscription à Pôle Emploi sur les deux dernières années) dans les régions.

Qu’a annoncé le ministre du travail ?

Cette liste reprend pour l’essentiel des mesures déjà annoncées ces derniers mois, certaines ayant même déjà été présentées en juin par le ministre lors de son plan contre le chômage des seniors. Il est vrai que les deux fléaux se recoupent souvent sur le terrain.

Renforcement du suivi. Les chômeurs de longue durée pourront par exemple bénéficier du renforcement prévu du suivi intensif par Pôle emploi, qui devrait concerner 460 000 personnes d’ici à 2017. Les partenaires sociaux se sont aussi accordés pour apporter 220 millions d’euros pour abonder les comptes personnels de formation des chômeurs qui n’auraient pas travaillé assez pour bénéficier d’une formation. Il y aura un « droit réel à la formation qualifiante gratuite », a promis le ministre.

Réduire les « freins à l’emploi ». Les contrats de professionnalisation seront également amendés à la marge pour tenter de bénéficier plus largement aux seniors. Pôle emploi vient par ailleurs d’étendre à deux mois la possibilité de faire des stages non rémunérés dans les entreprises, contre deux semaines maximum auparavant. M. Rebsamen compte aussi lutter contre ce qu’on appelle « les freins périphériques à l’emploi » en développant l’ouverture des crèches aux chômeurs le temps d’un entretien d’embauche, la possibilité de recourir à la garantie le loyers ou à un bilan de santé.

Quel coût ? Ce plan, dépourvu de mesures réellement nouvelles, ne devrait pas coûter un centime à l’Etat. M. Rebsamen s’est bien gardé de se fixer un objectif chiffré de recul du chômage de longue durée, se contentant d’affirmer qu’il s’agissait de « préparer le plus possible les chômeurs de longue durée à être prêts lors de la reprise de l’emploi ». Il faut dire que son plan contre le chômage des seniors, présenté en juin, devait permettre de stabiliser le phénomène en six mois. Il n’en aura rien été.

Les conseils face au chômage de longue durée: « Ne vous coupez pas du monde », exhorte un ancien chômeur

POLE EMPLOI

SOCIAL – À 47 ans, c’était une première. Au début de l’année 2012, après treize ans d’une carrière quasi-ininterrompue, Hervé le Biez s’est retrouvé sans emploi. « Depuis mon retour de l’armée en 1989, je n’avais jamais connu une période d’inactivité de plus de trois semaines. Alors je me suis dit que ce serait pareil, qu’un mois plus tard, je retrouverais un travail », nous explique-t-il aujourd’hui.

Sauf que rien ne s’est passé comme prévu. Malgré son bac+3 en commerce international et sa solide expérience de responsable administration commerciale ou logistique, ce Francilien était devenu indésirable sur le marché du travail. « J’ai dû envoyer 500 candidatures pour seulement deux rendez-vous. Le problème c’était le salaire auquel je pouvais prétendre mais surtout mon âge. J’étais devenu un senior, trop vieux », déplore-t-il. En 2013, 56% des seniors au chômage étaient effectivement des chômeurs de longue durée.

Résultat, il a passé deux ans à chercher un emploi, jusqu’à en retrouver un début 2014. Comme lui, plus d’un million de Français restent bloqués sur les listes de Pole Emploi pendant deux ans. Face au chômage de longue durée -inscription depuis plus d’un an- qui touche 43% des demandeurs d’emploi, le gouvernement a présenté ce lundi un nouveau plan d’action (cliquez ici pour en prendre connaissance). Objectif: venir en aide à ceux qui sont le plus éloigné de l’emploi.

« Le temps ne passe plus à la même vitesse »

Car le cas de Hervé Le Biez le montre, une fois sans emploi, c’est un engrenage vicieux qui s’enclenche. Avec, pour commencer, un rapport au temps qui change profondément. « Dès que vous n’avez plus de boulot, le temps ne passe pas à la même vitesse. Vous n’avez qu’un seul souhait, c’est en retrouver un au plus vite donc vous avez une envie, c’est de rappeler tous les trois jours les personnes de votre réseau alors que leur délais à eux, c’est plutôt trois ou six mois », explique ce père d’une adolescente de 14 ans. A cette difficulté de changer de statut se sont ajoutés les problèmes financiers pour un homme dont les revenus couvraient ceux du foyer, sa femme étant sans emploi.

« Oui j’ai dû entamer mes réserves, et nettement même. Malheureusement pas mes réserves graisseuses mais mes réserves financières. Avec une indemnisation de 57% de mon dernier salaire brut, le budget de la famille en a forcément pris un coup. On n’est pas parti en vacances pendant deux ans, c’est la première fois que ça nous arrivait », précise-t-il. Mais, ajoute l’ancien chômeur, la question financière n’est pas la seule raison de ce refus de quitter, même quelques jours seulement, la région parisienne. « Partir en vacances c’est aussi le risque de ne pas être là si quelqu’un frappe à la porte avec un emploi pour vous. C’est complètement psychologique de se dire ça parce qu’on est connecté partout », nuance-t-il.

Une chose est sûre, ce n’est pas en attendant les bras croisés que les opportunités de travail arrivent. « Chercher du travail, ça prend beaucoup de temps. En moyenne, je peux dire que ça occupait entre 50 et 60% de son temps », glisse Hervé qui a aussi créé une association de quartier avant de se rapprocher des élus de sa ville en 2013 pour préparer la campagne des élections municipales. « Mes journées étaient bien chargées, sans doute plus que lorsque je travaillais… et heureusement. »

« Vous n’êtes plus un être humain, vous devenez un numéro »

Ces activité citoyennes étaient son remède pour ne pas succomber au principal mal qui guette le nouveau chômeur: la désociabilisation. « Ne pas se couper du monde, c’est fondamental. Je n’ai rien à dire sur la manière de rédiger un CV ou une lettre de motivation mais le premier conseil que je peux donner c’est de surtout ne pas se laisser aller. Et pourtant, le risque est grand car quand vous êtes en période de chômage, vous devenez un numéro, à commencer par celui que vous donne Pôle Emploi. Vous n’êtes plus un être humain et vous perdez aussi beaucoup de relations. Après vous avez deux solutions: où vous vous laissez aller et restez dans votre coin, où vous réagissez », explique Hervé qui a opté pour le second choix.

C’est dans cette optique que, sur les conseils d’une connaissance, il s’est rapproché de l’association Solidarités nouvelles face au chômage (SNC). « Ça a été fantastique, sans eux, je ne m’en serais pas sorti », s’enthousiasme Hervé. Pour autant, ce n’est pas SNC qui lui a trouvé un nouvel emploi. « Ils ont plutôt agi comme une espèce de psy du travail ou de psy de la recherche d’emploi », précise l’ancien demandeur d’emploi qui a trouvé auprès des membres une écoute approfondie.
Solidarités Nouvelles face au Chômage en images par association_SNC

« Ça va plus loin que le seul cadre professionnel car ça permet d’évoquer tous les doutes que vous pouvez avoir pendant cette période. Au début, vous êtes tout feu tout flamme, mais au bout de trois mois, vous êtes perdu et remettez tout en question. C’est bon d’avoir quelqu’un à qui confier ses doutes par exemple au travers de sorties que SNC propose comme des randonnées ou des visites de musée qui sont fondamentales pour continuer à voir du monde », ajoute Hervé.

« Surtout ne brusquez pas vos connaissances »

Il s’est en revanche toujours refusé à modifier son CV comme certains membres de l’association le lui avait pourtant proposé. « On a pu me conseiller d’oublier volontairement une partie de mon parcours pour ne pas apparaître trop diplômé ou trop compétent mais je n’ai pas voulu, par amour propre », dit-il.

Pas question non plus pour lui d’harceler ses connaissances en les implorant de lui trouver un job. « Il ne faut surtout pas le faire car vous allez mettre vos interlocuteurs dans une situation délicate. Cette personne va essayer de vous aider mais ne le pourra pas alors elle peut vite se sentir frustrée. C’est le meilleur moyen pour casser la relation », affirme Hervé Le Biez. Alors sa méthode est la suivante: « Le réseau s’entretient en appelant ses contacts pour prendre des nouvelles, éventuellement demander quels sont leurs besoins mais il ne faut rien brusquer. » Au risque de devoir patienter un long moment.

C’est finalement le hasard et son réseau qui l’ont sorti de sa situation au bout de deux ans. « Mais je dis bien le hasard d’abord car c’est la rencontre avec une personne que je connaissais qui a été le déclic », précise-t-il. Il est aujourd’hui directeur administratif d’une petite PME de neuf salariés. Est-il pour autant à l’abri de revivre une telle situation? « Non, répond-il du tac au tac. La peur n’évite pas le danger car personne n’a toutes les cartes en main. Du jour au lendemain tout peut s’arrêter, je ne suis à l’abri de rien. »

Lire aussi:

» VIDEO. J’ai touché du doigt les limites de Pôle Emploi

» La chômeuse qui avait interrogé Hollande décroche un emploi

Dix conseils pour faire face au chômage longue durée

Agence Pôle Emploi.

Après l‘immolation mortelle d’un chômeur en fin de droit à Nantes, des spécialistes de l’emploi font une synthèse des réflexes à avoir pour faire face au chômage de longue durée.

«Repli sur soi», «mort sociale», «honte», les mots ne manquent pas pour qualifier les longues périodes de chômage. «Paradoxalement, c’est le moment où il faudrait être le plus sûr de soi, remarque Sophie Bonnaure directrice déléguée de l’association Solidarités Nouvelles face au Chômage. Et finalement, c’est celui où on doute le plus». Voici une liste – non exhaustive – de conseils prodigués par des professionnels de l’emploi.

1 – Ne pas rester isolé, se faire aider

C’est le principal conseil donné par toutes les associations et les spécialistes de l’emploi. «Il faut partager son expérience, parler de sa situation, éviter d’en faire un tabou», insiste Sophie Bonnaure. Il existe un important maillage associatif et syndical en France qui accompagne les demandeurs d’emploi. «Pouvoir en parler à son entourage est important, il faut faire jouer son réseau», complète Marie Lacoste, secrétaire nationale du Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP).

2 – Se trouver un rythme

La perte d’emploi amène très vite à une désorganisation du temps et à un glissement vers une vie sans rythme, ni repères. Il est important de chercher une hygiène de vie et d’organiser sa journée: «une heure de lever, une heure de déjeuner, un temps de recherche d’emploi, un temps pour soi», détaille Sophie Bonnaure.

3 – S’accorder des temps de pause

Qui est passé par une période de chômage sait à quel point les recherches d’un emploi sont éreintantes. «Il ne faut pas s’épuiser, il faut plutôt chercher à se faire plaisir», poursuit la directrice de l’association. Dans cette même logique, on peut envisager aussi sa période de chômage comme «une parenthèse ayant du sens, en ne s’interdisant pas d’avoir un projet autre que celui de retrouver du travail (bénévolat, projet artistique…)».

4 – Ne pas culpabiliser

«Dans cette période, tout le monde est frappé par le chômage et les employeurs se montrent très exigents, il ne faut donc pas tout endosser et penser qu’on est fautif», rappelle Marie Lacoste, qui a déjà recherché un travail pendant plus d’un an. Ainsi, il est important de prendre du recul sur sa situation «en reconnaîssant ses compétences, ses talents ou ses qualités que l’on a su mettre en œuvre au quotidien, dans les petites et les grandes réussites», précise Sophie Bonnaure.

5 – S’entourer en cas de conflit avec Pôle Emploi

«Se faire radier de pôle Emploi, c’est violent, prévient Jean-Luc Houbron, psychanaliste à Paris, spécialisé en souffrance au travail. Une lettre et aucune explication peuvent facilement dérouter le demandeur d’emploi». Et pour cause, le système d’indemnisation et les règles qui l’entourent sont très complexes. «Les conseillers eux-mêmes n’y comprennent rien», ironise Marie Lacoste. «Il faut donc essayer de comprendre en allant chercher l’information», conseille la responsable du MNCP. Lors de rendez-vous avec le conseiller référant, «il est aussi préférable de venir accompagné: famille, amis, avocat, association. On comprend mieux à deux cerveaux». Autre possibilité: se tourner vers le médiateur interne de Pôle emploi, au niveau national ou régional, censé régler les différends entre les demandeurs et conseillers.

6 – Être raisonnable en cas de trop-perçu

«Quand vous savez que Pôle Emploi vous verse de l’argent plus qu’il n’en faut, mettez-le de côté car il est sûr que l’on vous réclamera les sommes trop perçues tôt ou tard», avertit Marie Lacoste qui rappelle que 30% des calculs d’indemnités sont erronés. Et d’ajouter: «dès que votre situation change, signalez-le pour ne pas vous endetter».

7 – Aider son conseiller Pôle Emploi

Les conseillers ne savent pas tout sur tout et sont la plupart du temps débordés. «Il est donc important de leur faciliter la tâche en leur détaillant votre parcours, votre métier et vos compétences. Chacun gagnera du temps», recommande Sophie Bonnaure.

8 – Penser aux contrats aidés

Après une longue période de chômage, les contrats aidés d’entreprise, publics et les emplois d’avenir peuvent être un bon moyen de remettre le pied à l’étrier.

9 – Se former pour combler les lacunes

Utiliser cette période de chômage pour se former et rencontrer du monde. «Il existe des formations gratuites délivrées par Pôle Emploi, les mairies ou encore les associations», rappelle Sophie Bonnaure.

10 – Envisager toutes les possibilités

Il faut savoir élargir le spectre de ses recherches et ne pas se limiter à sa seule expérience. «Un ancien chef marketing est devenu prof d’art plastique quand on s’est rendu compte qu’il était passionné de peinture, se souvient Sophie Bonnaure qui a longtemps accompagné des demandeurs d’emploi. Pile au bon moment, le gouvernement recrute actuellement des enseignements»

Le chômage à l’origine de 45 000 suicides par an dans plus de 60 pays

LEXPRESS.fr avec AFP

Selon les chercheurs de l’université de Zurich, le chômage est responsable de 45 000 décès dans 63 pays chaque année. La crise de 2008 a eu un impact considérable: 5000 décès peuvent lui être attribués.

Le chômage à l'origine de 45 000 suicides par an dans plus de 60 paysLe chômage à l’origine de 45 000 suicides par an.                   afp.com

Le chômage serait à l’origine de quelque 45 000 suicides chaque année dans 63 pays. Ce sont les résultats d’une étude réalisée par des chercheurs suisses et publiée mercredi dans la revue The Lancet Psychiatry. Ce groupe de chercheurs de l’Université de Zurich souligne la nécessité de mettre en place des stratégies spécifiques de prévention chez les chômeurs à toutes les époques, au lieu de se focaliser simplement sur les effets négatifs des crises économiques.

Cette équipe a passé en revue et analysé des données de mortalité et de suicides entre 2000 et 2011 dans 63 pays à travers le monde, dont toutes les économies développées occidentales. Ne figurent pas dans ce décompte des pays très peuplés comme la Chine et l’Inde.

Effet direct de la crise économique de 2008

Cette période a été marquée par une relative prospérité, puis une forte instabilité économique avec la crise financière et bancaire de 2008. Sur toute la période, 233 000 suicides ont été enregistrés chaque année en moyenne dans les pays de référence, dont un cinquième -soit 45 000- peuvent être attribués au chômage. La crise de 2008 a eu un impact direct sur le nombre des suicides: environ 5000 décès volontaires peuvent lui être attribués.

Les chercheurs suisses notent que les hommes et les femmes de tous âges semblent être pareillement vulnérables face aux effets de la montée du chômage. « Le risque de suicide semble plus fort dans les pays où l’absence d’emploi est rare », relève aussi l’auteur principal de l’étude, Carlos Nordt.

Le chômage à l’origine de 45.000 suicides par an dans plus de 60 pays

Paris (AFP) – Le chômage serait à l’origine de quelque 45.000 suicides chaque année dans 63 pays, dont les économies occidentales, selon une étude réalisée par des chercheurs suisses et publiée mercredi dans la revue The Lancet Psychiatry.

Ce groupe de chercheurs de l’Université de Zurich souligne la nécessité de mettre en place des stratégies spécifiques de prévention chez les chômeurs à toutes les époques, au lieu de se focaliser simplement sur les effets négatifs des crises économiques.

Cette équipe a passé en revue et analysé des données de mortalité et de suicides entre 2000 et 2011 dans 63 pays à travers le monde, dont toutes les économies développées occidentales. Ne figurent pas dans ce décompte des pays très peuplés comme la Chine et l’Inde.

Cette période a été marquée par une relative prospérité, puis une forte instabilité économique avec la crise financière et bancaire de 2008.

Sur toute la période, 233.000 suicides ont été enregistrés chaque année en moyenne dans les pays de référence, dont un cinquième -soit 45.000- peuvent être attribués au chômage.

La crise de 2008 a eu un impact direct sur le nombre des suicides: environ 5.000 décès volontaires peuvent lui être attribués.

Les chercheurs suisses notent que les hommes et les femmes de tous âges semblent être pareillement vulnérables face aux effets de la montée du chômage.

« Le risque de suicide semble plus fort dans les pays où l’absence d’emploi est rare », relève aussi l’auteur principal de l’étude, Carlos Nordt.

Le chômage provoquerait 45 000 suicides par an

Le Point –

Une étude réalisée dans 63 pays entre 2000 et 2011 souligne la nécessité de mettre en place des stratégies spécifiques de prévention chez les chômeurs.

Photo d'illustration.
Photo d’illustration. © JAUBERT / SIPA

Le chômage serait à l’origine de quelque 45 000 suicides chaque année dans 63 pays, dont les économies occidentales, selon une étude réalisée par des chercheurs suisses et publiée mercredi dans la revue The Lancet Psychiatry. Ce groupe de chercheurs de l’université de Zurich souligne la nécessité de mettre en place des stratégies spécifiques de prévention chez les chômeurs à toutes les époques, au lieu de se focaliser simplement sur les effets négatifs des crises économiques.

Cette équipe a passé en revue et analysé des données de mortalité et de suicides entre 2000 et 2011 dans 63 pays à travers le monde, dont toutes les économies développées occidentales. Ne figurent pas dans ce décompte des pays très peuplés comme la Chine et l’Inde. Cette période a été marquée par une relative prospérité puis par une forte instabilité économique avec la crise financière et bancaire de 2008. Sur toute la période, 233 000 suicides ont été enregistrés chaque année en moyenne dans les pays de référence, dont un cinquième – soit 45 000 – peuvent être attribués au chômage.

La crise de 2008 a eu un impact direct sur le nombre des suicides : environ 5 000 décès volontaires peuvent lui être attribués. Les chercheurs suisses notent que les hommes et les femmes de tous âges semblent être pareillement vulnérables face aux effets de la montée du chômage. « Le risque de suicide semble plus fort dans les pays où l’absence d’emploi est rare », relève aussi l’auteur principal de l’étude, Carlos Nordt.

Harcèlement moral : la bombe qui fait peur aux managers

10/02/15 à 8:58

Mis à jour le 10/02/15 à 8:58

Temps de lecture : 4 minutes
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L’accusation de harcèlement contre sa hiérarchie est devenue fourre-tout. Mais elle doit être prise très au sérieux.

En ce mercredi de décembre, au conseil de prud’hommes de Paris, un jeune avocat relit paisiblement sa plaidoirie. Assise à ses côtés, Marianne, sa cliente, s’agite nerveusement. Voilà déjà un an qu’elle a été licenciée pour faute – sans aucun fondement, estime-t-elle – par son ancien employeur, un groupe de BTP. Agée de 50 ans, elle n’a toujours pas réussi à retrouver un emploi. Dans cette affaire, elle joue gros. Ses demandes de réparation s’élèvent à plus de 100.000 euros, dont 25.000 au titre du harcèlement moral. «Ce ne sera pas évident à prouver, concède l’avocat, car le dossier est faible. Mais nous allons le plaider quand même.» Cela pourrait lui permettre, qui sait, de gagner un peu plus.

Cette attitude n’étonne guère Jacques Tessières, président de la section de l’encadrement des prud’hommes de Paris. «On voit du harcèlement moral dans au moins la moitié des demandes. Et, dans neuf cas sur dix, c’est l’avocat qui le rajoute pour gonfler ses prétentions», déplore ce vétéran des prétoires. Pourquoi un tel engouement ? Simplement parce qu’en matière de harcèlement le Code du travail est largement favorable au salarié. Quand il est avéré, le licenciement peut être annulé, obligeant l’employeur à régler l’ensemble des salaires dus depuis la date du licenciement. Des dizaines de milliers d’euros, la plupart du temps. «En outre, sa définition est extrêmement imprécise», explique Pierre Bonneau, avocat au cabinet CMS Bureau Francis Lefebvre, pour qui «deux lettres de reproches peuvent parfois constituer un début d’argumentaire pour justifier d’un prétendu harcèlement». Quand le demandeur apporte des éléments (mails, témoignages, etc.), c’est alors à l’employeur – responsable, même s’il n’est pas mis en cause directement par la plainte – de prouver sa bonne foi, ce qui, on le verra, est kafkaïen. Bien sûr, les conseillers prud’homaux ont l’œil pour repérer les allégations les plus grossières. Et, évidemment, pousser un coup de gueule maladroit ou envoyer un message pro passé 21 heures ne fait pas de vous un harceleur. Mais attention : dans l’entreprise comme devant le juge, quand ils sont prononcés, ces deux mots, «harcèlement moral», peuvent faire l’effet d’une bombe.

L’idée n’est pas neuve. La Cour de cassation s’est attachée à punir les pratiques humiliantes au travail dès les années 1970. Mais le concept tel qu’on le connaît aujourd’hui n’a vraiment éclos qu’en 1998, avec la sortie du livre de Marie-France Hirigoyen, «Le Harcèlement moral : la violence perverse au quotidien». Ce best-seller, vendu à plus de 500.000 exemplaires, incita le gouvernement Jospin à inscrire le concept dans le Code du travail, puis dans le Code pénal (il est punissable de deux ans d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende) en 2002. «Cela partait d’un bon sentiment, mais son hypermédiatisation a entraîné un dévoiement de la notion», déplore Jacques Tessières. En effet, au détriment des véritables victimes de pervers en tout genre de nombreux faux martyrs du management ont fait leur apparition ces dernières années. Résultat : «Les juges en ont assez et 80% des dossiers font pschitt!», s’agace Eric Rocheblave, avocat en droit social à Montpellier.

Alors, comment traiter le problème quand le fameux mot est lâché ? La tentation du manager ou du patron, si l’invocation d’un harcèlement est manifestement exagérée, est de traiter le sujet avec dédain ou de recadrer celui qui se dit victime. Erreur. «Il faut prendre tout début de menace très au sérieux», prévient Patricia Gomez-Talimi, avocate au cabinet PDGB. «Dès les premiers signaux, il faut mener une enquête à charge et à décharge, comme le ferait un juge d’instruction», poursuit Virginie Loye, responsable des formations RH chez Cegos. La bonne méthode : auditionner l’accusateur et l’accusé séparément, en prenant bien soin d’écouter chacun de leurs arguments. Si besoin, faire appel à un consultant externe pour éviter les soupçons de parti pris. Même en cas de doute sur le bien-fondé de l’accusation, l’employeur doit également alerter la médecine du travail. «Il faut aussi multiplier les pièces écrites et rester courtois pour être couvert en cas de procès», conseille Eric Rocheblave.

Jean-Yves, patron d’une PME du BTP (dans le Val-de-Marne), a suivi à la lettre ces conseils. L’affaire a débuté fin 2012. A l’époque, l’un de ses ingénieurs, trop dilettante, pilotait mal ses chantiers. Le chef d’entreprise décide alors de l’inviter à déjeuner et lui demande, entre la poire et le fromage, de chercher du boulot ailleurs. «Un ingénieur ESTP, tout le monde en cherche», précise le patron. Sur le coup, le salarié ne dit mot. Mais il lui envoie rapidement une missive dans laquelle il accuse son «N + 1» de harcèlement moral. Retard sur le paiement des notes de frais, absence de réponses à ses appels, propos injurieux sur les chantiers… La liste des griefs s’étale sur trois pages. Interloqué – le jeune homme ne s’en était jamais ouvert auparavant – Jean-Yves prend la précaution de répondre par lettre recommandée, point par point. Il demande aussi au manager mis en cause de mieux communiquer et propose des réunions régulières pour faire le point. Mais rien n’y fait. Le salarié multiplie les incidents. Traite le patron de «petit flic» et cesse de venir au travail : arrêt maladie pour excès de stress. Licenciement, recours : début décembre, les prud’hommes ont donné gain de cause au patron.

Il faut dire que le salarié, cherchant à étoffer son dossier par tous les moyens, s’est enfermé dans ses propres mensonges. Ainsi prétendait-il que son manager ne répondait jamais à ses appels. Un simple relevé téléphonique a permis de montrer qu’il ne l’appelait jamais. Il prétendait avoir été humilié oralement. Mais aucun témoin, jamais, ne venait corroborer ses dires. De son côté, Jean-Yves est sorti épuisé de ce bras de fer. «Il m’a fallu des dizaines d’heures de travail, j’ai vérifié chaque coup de fil, chaque mail pour démontrer que l’accusation ne tenait pas la route», se rappelle-t-il. Notons au passage qu’un salarié (sincère) désireux de monter un dossier devra réunir un maximum d’éléments à charge avant de prévenir son employeur de ses intentions, celui-ci pouvant tenter de les faire disparaître. Devant le juge, seules comptent les preuves écrites.

Enfin, dernier conseil pour les services RH et les chefs d’entreprise : il faut aussi veiller à l’équilibre psychologique des managers accusés. «Car il arrive qu’ils deviennent aussi des victimes», rappelle Aurélia Guibal, consultante RH à l’Ifas. Ainsi ce cadre bancaire, muté à titre d’apaisement après une accusation de harcèlement peu étayée. Il lui a fallu dix séances de thérapie pour accepter cette sanction.

François  Miguet

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 Réactions
effet des règles administratives                                              Peut-être aurait -il fallu rappeler que l’explosion du « chômage de longue durée » (mesuré par l’inscription à Pôle Emploi) est aussi liée à la modification des règles administratives : le report – Fillon- de l’âge de départ à la retraite avait entraîné (en 2012? à vérifier) la suppression de l’autorisation ,donnée aux chômeurs âgés, de ne plus pointer à PE. Sauf erreur , cette suppression de la « dispense » d’inscription est à elle seule responsable d’environ 200 000 « chômeurs » de plus…
hermesaxon                                                                       Et on fait travailler les gens jusqu’à plus de 60 ans, et plein de jeunes au chômage. Il y a un malaise.
Pascal S.                                                                           Alors on le partage, le travail ? Celui qui voit une autre solution nous fait signe et ne me parlez pas du retour de la « croissance ». Laissez ça aux gogos. La croissance des plus riches se porte à merveille dans la sixième économie mondiale peuplée de grincheux cramponnés à leur consommation sans fin.
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