.. »Vous avez demandé la police »…

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Le 36 Quai des orfèvres, abasourdi, s’interroge sur son avenir

Cyril TOUAUX
Bernard Petit, patron de la police judiciaire, lors d'une conférence de presse, le 23 juin 2012 à Bobigny, près de Paris© Fournis par AFP Bernard Petit, patron de la police judiciaire, lors d’une conférence de presse, le 23 juin 2012 à Bobigny, près de Paris Passé le choc et la surprise de la mise en cause de leur patron, les policiers du « 36 », après une année noire, s’interrogeaient jeudi sur la capacité de la PJ parisienne à se remettre de ce nouveau séisme.

« On pensait avoir touché le fond. On s’était trompé, on creuse encore! » lâche mi-amusé, mi-amer, un vétéran du « 36 ».

Le patron de la PJ parisienne, Bernard Petit, nommé fin 2014 à ce poste, se trouvait jeudi devant les juges d’instruction, soupçonné d’avoir violé le secret d’une enquête dans un dossier de corruption.

Il avait été interpellé, avec son chef de cabinet Richard Atlan, mercredi matin, « dans les locaux du +36+, au moment du rapport », qui réunit chaque matin le directeur et les chefs de service, avant d’être placé en garde à vue, a raconté cet enquêteur. Une scène inédite.

« L’affaire Neyret (ancien N°2 de la PJ lyonnaise mis en examen dans une affaire de corruption, ndlr), à côté, c’est de la gnognotte », estime d’ailleurs un commissaire parisien, « abasourdi ».

Cette nouvelle déflagration, qui succède à l’affaire du viol présumé d’une Canadienne en avril 2014 par des hommes de la BRI et au vol de 52 kg de cocaïne dans les scellés du « 36 » quelques semaines plus tard, fin juillet, est peut-être celle de trop pour la PJ parisienne, estiment certains.

« Comment voulez-vous que le +36+ s’en remette? On avait eu beaucoup de mal à remonter la pente après les deux autres affaires, mais la gestion des attentats et le rôle de la BRI dans l’assaut de l’hyper cacher à Vincennes avaient redoré notre blason. Là, c’est cuit », souffle dépité le commissaire.

« L’occasion de taper dans la fourmilière »

Après une année aussi noire, la question d’une réorganisation de la PJ parisienne, qui dépend de la Préfecture de police de Paris (PP), et de son indépendance par rapport à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) qui, elle, dépend du ministère de l’Intérieur, risque de ressurgir.

« Le +36+ est considéré par beaucoup comme un État dans l’État. Quand ça fonctionne, c’est difficile de remettre ce fonctionnement en cause, mais là, c’est l’occasion de taper dans la fourmilière », pronostique un syndicaliste policier.

Si beaucoup de policiers interrogés par l’AFP, commissaires et officiers, reconnaissent que Bernard Petit a tout « d’un vrai grand flic », les appréciations ne s’arrêtent toutefois pas là.

« On ne peut jamais dire qu’une affaire comme celle-là est prévisible. Mais le ton du management que M. Petit, qui a fait l’essentiel de sa carrière à la DCPJ, avait insufflé avec son chef de cabinet n’était pas bon », assure un autre cadre de la PJ parisienne.

« Avoir placé un homme de la DCPJ au 36 était une erreur. C’est une maison dont il faut comprendre les codes », tente d’expliquer un autre commissaire parisien.

Comme d’autres patrons du « 36 » avant lui, Bernard Petit n’avait pas que des amis. « Des frictions, cela arrive, et c’est normal. En revanche, ce qui l’est moins, c’est le fonctionnement qu’un directeur a avec son chef de cabinet », explique un haut fonctionnaire.

Richard Atlan, arrivé quelques semaines après Bernard Petit comme chef de cabinet, se trouvait lui aussi devant les juges jeudi. « Il avait pris l’habitude d’assister aux réunions des chefs de service, or, ce n’était pas sa place », raconte un commissaire qui a quitté récemment le « 36 ».

Cette affaire « aura peut-être au moins le mérite de remettre les choses à plat au 36 », espère-t-il.

Mise en examen du patron de la police judiciaire parisienne

Le Monde.fr avec AFP et Reuters |

L’essentiel

  • Quatre policiers ou ex-policiers sont impliqués dans un nouveau scandale mettant en cause la prestigieuse « PJ » parisienne.
  • Trois hommes, dont le directeur du 36, quai des Orfèvres, ont été déférés jeudi 5 février devant les juges d’instruction et mis en examen dans la soirée.
  • Tous trois sont soupçonnés d’avoir violé le secret d’une enquête impliquant l’ancien chef du GIGN Christian Prouteau, dans le cadre du dossier judiciaire visant l’escroc Christophe Rocancourt.
Le directeur de la police judiciaire de Paris, Bernard Petit, est soupçonné d'avoir violé le secret de l'instruction. Il a été mis en examen et suspendu de ses fonctions.

Le patron de la police judiciaire parisienne, Bernard Petit, a été mis en examen dans la nuit du jeudi 5 au vendredi 6 février. C’est la première fois qu’un des responsables du célèbre 36, quai des Orfèvres est sous le coup d’une telle procédure. Immédiatement, le ministre de l’intérieur a suspendu Bernard Petit de ses fonctions et annoncé le nom de son successeur, le patron de la PJ marseillaise, Christian Sainte.

Bernard Petit est soupçonné d’avoir violé le secret de l’enquête, dans le cadre d’investigations sur un dossier de trafic d’influence impliquant le fondateur du GIGN, Christian Prouteau. Il lui est reproché des faits de « révélation d’informations sur une instruction dans le but d’entraver le déroulement des investigations ou la manifestation de la vérité ».

Lire aussi : Nouveau scandale au sommet de la police judiciaire parisienne

Dans le cadre du contrôle judiciaire qui lui est imposé, il est interdit « d’exercer des fonctions dans un service de police judiciaire ». Il lui est aussi prohibé « d’entrer en contact avec l’ensemble des protagonistes du dossier ».

Lire aussi : L’ascension contrariée de Bernard Petit, policier ambitieux

DEUX AUTRES MIS EN EXAMEN

Déféré devant les juges d’instruction au même moment que M. Petit, son chef de cabinet, Richard Atlan, a, lui aussi, été mis en examen dans la soirée. Il est sous le coup des mêmes chefs d’accusation et soumis à un contrôle judiciaire identique.

Le fonctionnaire détaché à l’Association nationale d’action sociale au ministère de l’intérieur (ANAS), Philippe L., a été inculpé des chefs de complicité de trafic d’influence, recel de violation du secret de l’instruction et recel de révélation d’informations sur une instruction en cours dans le but d’entraver le déroulement des investigations ou la manifestation de la vérité. Celui-ci est soupçonné d’avoir été un intermédiaire dans les fuites, entre Bernard Petit et Richard Atlan d’une part, et l’ancien patron du GIGN, Christian Prouteau, de l’autre. Il aurait fourni à ce dernier des renseignements avant son placement en garde à vue dans un dossier judiciaire visant l’escroc Christophe Rocancourt, déjà mêlé à plusieurs affaires d’escroquerie aux Etats-Unis et en France.

Le patron de Philippe L., le président de l’ANAS, Jo Masanet, un ancien syndicaliste policier marqué à gauche et très influent, a lui passé sa deuxième nuit en garde à vue avant un probable défèrement vendredi.

Soupçons de fuites: le patron du « 36 » mis en examen et suspendu

Par LEXPRESS.fr avec AFP,

Le patron de la PJ de Paris, Bernard Petit, mis en examen pour « violation du secret de l’instruction », a été suspendu de ses fonctions par le ministre de l’Intérieur. Il devrait être remplacé par Christian Sainte, patron de la PJ marseillaise.

Soupçons de fuites: le patron du "36" mis en examen et suspendu

Le directeur de la PJ parisienne Bernard Petit le 23 juin 2012 à Bobigny.    afp.com/François Guillot

Un séisme pour le 36, quai des Orfèvres. Le patron de la police judiciaire parisienne, Bernard Petit, soupçonné d’avoir violé le secret d’une enquête, a été mis en examen et immédiatement suspendu dans la nuit de jeudi à vendredi.

> Lire aussi: 36, quai des Orfèvres, la fin d’un mythe?

La mise en examen de ce grand flic, très influent, nommé par Manuel Valls en décembre 2013, est une première pour cette institution déjà ébranlée par plusieurs scandales.

Bernard Petit est soupçonné d’avoir renseigné, via des intermédiaires, l’ex patron et fondateur du GIGN Christian Prouteau, avant sa garde à vue en octobre dans un dossier judiciaire.

Les juges instructeurs ont notifié à Bernard Petit, 59 ans, une mise en examen pour « violation du secret de l’instruction et révélation d’informations sur une instruction dans le but d’entraver le déroulement des investigations ou la manifestation de la vérité ».

Interdit de fonction à la PJ

Dans le cadre de son contrôle judiciaire, les magistrats ont interdit à Bernard Petit d’exercer toute fonction dans un service de PJ. Mais sans surprise, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve l’a « immédiatement suspendu » de ses fonctions. Il devrait être remplacé par Christian Sainte, patron de la PJ marseillaise.

Le chef de cabinet de Bernard Petit, Richard Atlan, a été mis en examen de chefs identiques, et soumis au même contrôle judiciaire.

Soupçonné d’avoir été un intermédiaire, un fonctionnaire en poste à l’Association nationale d’action sociale (Anas) des personnels de la place Beauvau, Philippe Lemaître, a été mis en examen notamment pour complicité de trafic d’influence, ainsi que recel de violation du secret de l’instruction.

Son patron, le président de l’Anas, Jo Masanet, un ancien syndicaliste policier marqué à gauche et très influent, devait lui passer sa deuxième nuit en garde à vue avant un probable défèrement vendredi. Les enquêteurs s’intéressent aussi à la gestion de l’Anas, selon une source proche du dossier.

Actualité > Justice > PJ de Paris : Bernard Petit, « victime » des « Frères » francs-maçons

PJ de Paris : Bernard Petit, « victime » des « Frères » francs-maçons

Pendant des années, son appartenance supposée à la franc-maçonnerie lui a permis de faire carrière. Mais les relations entre « frères » qu’entretenaient le patron de la police judiciaire parisienne lui valent aujourd’hui la disgrâce.

Bernard Petit, en septembre 2010, à la tête de la DCPJ de Nanterre (Direction de la lutte contre la criminalité organisée et la délinquance financière). (Jérôme Mars/JDD/SIPA) Bernard Petit, en septembre 2010, à la tête de la DCPJ de Nanterre (Direction de la lutte contre la criminalité organisée et la délinquance financière). (Jérôme Mars/JDD/SIPA)

Suspecté d’avoir renseigné l’ancien patron du RAID, Christian Prouteau, avant son interpellation dans une affaire d’escroquerie et de corruption, Bernard Petit tombe en compagnie de trois autres responsables policiers, connus pour leur affiliation au Grand Orient.

Les « tuyaux » échangés entre frères trois-points, qui pénalement s’analysent en une « violation du secret de l’enquête et de l’instruction », scellent le destin de celui qui était l’un des flics les plus puissants de France, depuis un peu plus d’un an seulement. A 59 ans, la carrière de ce « grand professionnel », comme l’avait présenté Manuel Valls lors de sa nomination, s’achève dans l’inconfort du bureau d’un juge d’instruction.

Une carrière exemplaire

C’est la fin d’un parcours entamé en 1977 avec une licence en droit. Bernard Petit, né à Sfax, en Tunisie, entamait alors sa carrière dans la police comme inspecteur de base. Sorti major de sa promotion à l’Ecole nationale supérieure de la Police, l’école des commissaires de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or, il intègre dix ans plus tard, au titre de chef-adjoint, l’OCRB, le prestigieux Office central de répression du banditisme.

Fin diplomate, habile à se mouvoir dans les cercles de pouvoir, il exerce également comme conseiller technique de trois premiers ministres socialistes, Michel Rocard, Edith Cresson et Pierre Bérégovoy entre 1990 et 1993. Il côtoie alors Alain Bauer, le conseiller très écouté de Michel Rocard, futur grand maître du Grand Orient de France.

Après une période de purgatoire à l’état-major de la Direction de la police judicaire (DCPJ), Place Beauvau, puis un détachement en Afrique du Sud, Petit revient aux affaires de police par la grande porte en étant bombardé patron de l’OCRTIS (l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants) en 2001.

Son entregent lui permet, six ans plus tard, de devenir le patron de la Division des relations internationale (DRI) de la police nationale, la nouvelle dénomination du SCTIP, le Service de coopération technique international de la police, une responsabilité traditionnellement attribué à un haut gradé franc-maçon.

Il restera deux ans à la tête de ce service qui coordonne la coopération avec les polices du monde entier, avant d’accéder en 2009, au poste de numéro trois de la police judiciaire, chargé à la fois de la criminalité organisée et de la grande délinquance financière. Un département hautement sensible, dans lequel travaillent plus de 700 fonctionnaires impliqués sur nombre de dossiers chauds de corruption internationale comme, par exemple, le dossier dits des « biens mal acquis » mettant en cause plusieurs chefs d’Etat africains proches de la France.

Au terme d’une lutte de pouvoir sans merci au sein des couloirs du ministre, Bernard Petit est choisi en décembre 2013 par Manuel Valls, alors à l’Intérieur, pour remplacer le patron de la PJ parisienne, Christian Flaesch. Celui-ci, coupable (déjà !) d’avoir conseillé sous le manteau l’ancien ministre Brice Hortefeux, avant son audition par ses services dans l’affaire de l’éventuel financement libyen de Nicolas Sarkozy, venait d’être démis de ses fonctions.

Appuis politiques et fraternels

Chevelure impeccablement cranté, costume bien coupé, fines lunettes et voix douce, Bernard Petit, policier réputé de gauche, avait coiffé sur le poteau plusieurs concurrents moins bien introduits. Premier patron de la PJ parisienne qui n’était pas issu du sérail du « 36 », Petit pouvait également compter sur ses relations maçonniques pour s’imposer dans une maison où, selon les spécialistes, au moins un quart des officiers sont affiliés à une loge.

Ses appuis politiques et fraternels l’avaient aidé à survivre à deux scandales retentissants ayant récemment ébranlés le « 36 » : d’abord une affaire de viol commis dans les locaux même du Quai des Orfèvres en avril 2014 et dans laquelle sont impliqués trois policiers de la PJ éméchés. Puis, cet été, la disparition de 52 kilos de cocaïne dans la salle des scellés de la Brigade des Stups. Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, novice en matière de police, avait préféré rejeter la responsabilité de ces graves dérapages à des défaillances individuelles, protégeant ainsi Bernard Petit, réputé pour son zèle à appliquer les consignes de la Place Beauvau.

L’affaire des « tuyaux » transmis à Christian Prouteau, l’ancien chef des « gendarmes de l’Elysée » sous François Mitterrand, ne permet plus au ministre de temporiser. Avec la mise en cause concomitante de son fidèle adjoint Richard Atlan, que Petit avait recruté au temps de la Division des Relations Internationales (DRI), la PJ parisienne chère au Commissaire Maigret se retrouve temporairement orpheline. Et durablement déstabilisée

Le patron du 36, Quai des Orfèvres mis en examen et placé sous contrôle judiciaire

Le Point –

Christian Sainte, le patron de la police judiciaire de Marseille, va remplacer Bernard Petit, interdit de toute fonction de police judiciaire.

Le patron de la PJ de Marseille, Christian Sainte, devrait remplacer celui de Paris, Bernard Petit.
Le patron de la PJ de Marseille, Christian Sainte, devrait remplacer celui de Paris, Bernard Petit. © Bertrand Guay / AFP
Par et

Le directeur de la police judiciaire de la préfecture de police de Paris, Bernard Petit, a été mis en examen pour violation du secret de l’instruction à l’issue d’un interrogatoire de 4 heures dans le bureau des juges Charlotte Bilger et Roger Le Loire. Il a été placé sous contrôle judiciaire et s’est vu interdire toute fonction de police judiciaire. L’avocate de Bernard Petit n’a pas pu convaincre les magistrats de placer son client sous le statut de témoin assisté et éviter ainsi sa mise en examen.

Le directeur de cabinet de Bernard Petit, le commandant Richard Atlan, a subi le même sort. Il était arrivé dans les bagages de Bernard Petit lors de sa nomination l’an dernier. Quelques heures plus tôt, Philippe Lemaître, un policier détaché auprès de l’Anas, qui gère les oeuvres sociales des fonctionnaires du ministère de l’Intérieur, était mis en examen. Ce fonctionnaire est considéré comme un intermédiaire aux ordres de son chef Joaquin Masanet, toujours en garde à vue et qui devrait être déféré demain, si sa santé le lui permet.

« C’est tout le système Masanet qui s’écroule », affirme une source judiciaire. Selon nos informations, Joaquin Masanet est suspecté d’avoir mis en oeuvre ses relations pour rendre service à Christian Prouteau, préfet et ancien patron du GIGN. Il est considéré comme l’initiateur de cette affaire. Masanet est une figure du syndicalisme policier, relayant les réformes des gouvernements socialistes auprès de la base. Il dirigea un temps le premier syndicat de gardiens de la paix et gradés. Il fanfaronnait souvent à la buvette de l’Anas, située à Joinville-le-Pont, sur les bords de Marne, à propos de son influence auprès des différents ministres de l’Intérieur dont il se vantait d’avoir les numéros de portable… Excepté celui de Bernard Cazeneuve. Preuve de son influence : le ministre de l’Intérieur avait tout de même écourté son séjour en Algérie mi-janvier afin de pouvoir être présent aux voeux annuels du directeur de l’Anas.

Christian Sainte aux commandes

Dans les faits, Masanet aurait demandé à Philippe Lemaître de prendre contact avec Richard Atlan et Bernard Petit pour recueillir toute information utile dans un dossier de corruption de fonctionnaires dans lequel Christian Prouteau est impliqué avec l’escroc des stars Christophe Rocancourt. Lors de son audition, Christian Prouteau a affirmé avoir été informé des faits qu’on lui reproche par un militant UMP. En fait, il s’agirait d’un leurre. « Il avait été briefé. Il connaissait exactement les questions qui allaient lui être posées », s’indigne une source proche de l’enquête. Selon nos informations, il n’y a pas eu de contact direct entre Bernard Petit et Christian Prouteau. Les relations téléphoniques concernent avant tout Philippe Lemaître et Richard Altlan, puis Philippe Lemaître et Christian Prouteau dans un second temps.

Bernard Cazeneuve devra nommer prochainement un nouveau patron de la police judiciaire parisienne. Selon nos informations, Christian Sainte, 54 ans, actuel patron de la police judiciaire de Marseille va prendre les rênes du 36, quai des Orfèvres, un service au coeur d’une tempête sans précédents en raison de plusieurs affaires judiciaires. Selon une source bien informée, Christian Sainte aurait le profil idéal. En effet, sous sa houlette , les règlements de comptes ont sensiblement baissé à Marseille et ce depuis deux ans. L’homme est également très apprécié de Manuel Valls. Le premier ministre et le ministre de l’intérieur sont d’ailleurs attendus à Marseille lundi prochain. Trois noms circulent pour le remplacer dans les Bouches-du-Rhône, mais la décision n’est pas encore arrêtée.

ENQUETE Christophe Rocancourt, déjà impliqué dans le dossier qui a provoqué l’interpellation du patron de la PJ de Paris, apparaît aussi dans celui du vol à la brigade des stups…

Rocancourt apparaît aussi dans l’affaire du vol de coke

Christophe Rocancourt le 21 mai 2008 à Cannes
Christophe Rocancourt le 21 mai 2008 à Cannes –

Selon les informations du Parisien, Christophe Rocancourt, surnommé «l’escroc des stars» – déjà impliqué dans le dossier qui a provoqué l’interpellation du patron de la PJ de Paris, apparaît aussi dans celui du vol à la brigade des stups.

Dix personnes mises en cause

En effet, l’homme est convoqué ce matin dans le bureau des juges d’instruction en vue de sa mise en examen dans ce dossier, rapporte le quotidien, notamment pour blanchiment de trafic de stupéfiants et complicité de recel de détournement ou de soustraction de biens par personne dépositaire de l’autorité publique.

Si la mise en examen de l’ancien gamin de l’Assistance publique était prononcée, il s’agirait de la dixième personne, dont sept policiers, mise en cause.

Dans le plus récent scandale qui a provoqué la suspension de Bernard Petit, Christophe Rocancourt est soupçonné d’avoir tenté, contre paiement, de faire régulariser des sans-papiers. Il a été mis en examen début octobre, notamment pour «escroquerie» et «trafic d’influence». Sa compagne, l’un de ses avocats Me Marcel Ceccaldi, un notaire, l’ex-secrétaire d’État socialiste Kofi Yamgnane, sont aussi poursuivis, de même que Christian Prouteau, l’ex patron et fondateur du GIGN .

Le patron de la PJ parisienne mis en examen

PARIS (Reuters) – Le directeur de la police judiciaire parisienne, Bernard Petit, a été mis en examen jeudi soir pour violation du secret de l’instruction et placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d’exercer ses fonctions, a-t-on appris auprès du parquet.

Il lui est également reproché des faits de « révélation d’informations sur une instruction dans le but d’entraver le déroulement des investigations ou la manifestation de la vérité’.

Dans un communiqué, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, « prend acte » de la mise en examen du patron du 36 Quai des Orfèvres et annonce sa suspension avec effet immédiat.

« Le respect des principes déontologiques ne doit souffrir aucun manquement », poursuit Bernard Cazeneuve, qui « réaffirme sa détermination à sanctionner tous les comportements individuels qui sont de nature à jeter l’opprobre sur la police nationale et sur sa loyauté à l’égard de l’autorité judiciaire ».

Richard Atlan, directeur de cabinet de Bernard Petit, a été mis en examen pour les mêmes chefs. Philippe Lemaître, secrétaire administratif détaché à l’Association nationale d’action sociale au ministère de l’Intérieur (Anas), a été mis en examen pour complicité de trafic d’influence et recel de violation du secret de l’instruction.

La garde à vue se poursuit pour le président de l’Anas, Joaquin Masanet.

Les quatre hommes sont soupçonnés d’avoir transmis au fondateur du GIGN Christian Prouteau des informations sur l’enquête dont il est l’objet dans le cadre d’un dossier de trafic d’influence visant Christophe Rocancourt, un homme déjà mêlé à plusieurs affaires d’escroquerie aux Etats-Unis et en France.

Rocancourt est accusé d’avoir extorqué plusieurs milliers d’euros à deux soeurs marocaines menacées d’expulsion contre la promesse d’obtenir leur régularisation. Les deux femmes, ne voyant rien venir, ont porté plainte.

Selon une source proche de l’enquête, l’escroc présumé, mis en examen le 9 octobre dernier, a dit avoir approché Christian Prouteau et l’ancien secrétaire d’Etat socialiste aux Affaires sociales et à l’Intégration (1991-1993) Kofi Yamgnane. Le premier, a-t-il déclaré aux enquêteurs, devait intervenir auprès du préfet de police et le second auprès du ministre de l’Intérieur. Tous deux ont aussi été mis en examen.

Cette affaire est la troisième à éclabousser la célèbre PJ parisienne en moins d’un an après le viol présumé d’une touriste canadienne dans les locaux de la brigade de recherche et d’intervention en avril, puis le vol de 52 kg de cocaïne dans les scellés trois mois plus tard.

En 2013, une autre affaire avait déjà ébranlé le « 36 » quand Christian Flaesch, le prédécesseur de Bernard Petit, avait été démis de ses fonctions pour avoir téléphoné à l’ancien ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux pour lui annoncer qu’il devait être convoqué à titre de témoin dans une affaire liée à Nicolas Sarkozy.

(Jean-Baptiste Vey et Gérard Bon; édité par Henri-Pierre André)

Bernard Petit, le patron du 36 Quai des Orfèvres mis en examen et immédiatement suspendu

BERNARD PETIT

POLICE – Cela n’aura pas traîné. Le patron de la police judiciaire parisienne, Bernard Petit, soupçonné d’avoir violé le secret d’une enquête et placé en garde à vue mercredi, a été mis en examen et immédiatement suspendu dans la nuit du jeudi 5 au vendredi 6 février, un séisme pour le « 36 Quai des Orfèvres ».

La mise en examen de ce grand flic, très influent, nommé par Manuel Valls en décembre 2013, est une première pour cette institution déjà ébranlée par plusieurs scandales. Il est soupçonné d’avoir renseigné, via des intermédiaires, l’ex patron et fondateur du GIGN Christian Prouteau, avant sa garde à vue en octobre dans un dossier judiciaire.

« Violation du secret de l’instruction »

Les juges instructeurs ont notifié à Bernard Petit, 59 ans, une mise en examen pour « violation du secret de l’instruction et révélation d’informations sur une instruction dans le but d’entraver le déroulement des investigations ou la manifestation de la vérité ».

Des faits présumés beaucoup plus graves que la « faute de déontologie » qui avait coûté sa place à son prédécesseur, Christian Flaesch: celui-ci avait été remercié pour un appel à Brice Hortefeux à propos d’une audition comme témoin de l’ancien ministre.

Dans le cadre de son contrôle judiciaire, les magistrats ont interdit à Bernard Petit d’exercer toute fonction dans un service de PJ. Mais sans surprise, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve l’a « immédiatement suspendu » de ses fonctions. Il devrait être remplacé par Christian Sainte, patron de la PJ marseillaise.

Trois autres hommes impliqués

Le chef de cabinet de Bernard Petit, Richard Atlan, a été mis en examen de chefs identiques, et soumis au même contrôle judiciaire.

Soupçonné d’avoir été un intermédiaire, un fonctionnaire en poste à l’Association nationale d’action sociale (Anas) des personnels de la place Beauvau, Philippe Lemaître, a été mis en examen notamment pour complicité de trafic d’influence, ainsi que recel de violation du secret de l’instruction.

Son patron, le président de l’Anas, Jo Masanet, un ancien syndicaliste policier marqué à gauche et très influent, devait lui passer sa deuxième nuit en garde à vue avant un probable défèrement vendredi. Les enquêteurs s’intéressent aussi à la gestion de l’Anas, selon une source proche du dossier.

A la genèse de ce scandale terrible pour le « 36 », une enquête impliquant Christian Prouteau et l' »escroc des stars » Christophe Rocancourt.

« L’escroc des stars » impliqué

Christophe Rocancourt est soupçonné d’avoir tenté, contre paiement, de faire régulariser des sans-papiers. Il a été mis en examen début octobre, tout comme l’un de ses avocats Me Marcel Ceccaldi et Christian Prouteau.

Or, lors de sa garde à vue en octobre, celui-ci était apparu très au fait du dossier, ce qui a fait comprendre aux enquêteurs qu’il avait pu être renseigné.

Les investigations sur la téléphonie ont montré des contacts avant sa garde à vue entre l’ancien numéro 1 du GIGN et Philippe Lemaître, le fonctionnaire de l’Anas, puis entre celui-ci et Bernard Petit et Richard Atlan, a-t-on expliqué de source proche du dossier.

Placé en garde à vue dès mardi, Philippe Lemaître a fait des déclarations qui semblent avoir précipité la chute de Bernard Petit.

Succession de scandales

Après un réquisitoire supplétif du parquet, la « police des polices », l’IGPN, a opéré le lendemain matin une perquisition au « 36 Quai des Orfèvres » et Bernard Petit et Richard Atlan ont été placés en garde à vue sur commission rogatoire des juges Roger Le Loire et Charlotte Bilger.

Autre aspect qui préoccupe les enquêteurs: certains passages de l’audition de Christian Prouteau par les enquêteurs de la brigade de recherche et d’investigations financières (Brif) de la PJ parisienne, semblent ne pas avoir été retranscrits sur PV, selon une source proche du dossier.

C’est une nouvelle étape sur son chemin de croix pour la PJ parisienne. En juillet, 52 kg de cocaïne y ont été volés et jamais retrouvés, même si les soupçons se portent sur un ex-membre de la brigade des stupéfiants.

En avril, une Canadienne avait porté plainte, accusant des policiers de l’antigang de l’avoir violée au « 36 ». Deux policiers ont été mis en examen pour viol en réunion.

Le patron du Quai des Orfèvres déféré devant les juges d’instruction

Bernard Petit était jusqu'alors un professionnel irréprochable.

Bernard Petit est soupçonné d’avoir renseigné le fondateur du GIGN, mis en cause dans la dernière affaire Rocancourt. Son directeur de cabinet ainsi qu’un membre des oeuvres sociales de la police sont aussi déférés. La garde à vue de Joaquin Masanet, ex-dirigeant de l’UNSA police, se poursuit

Un tsunami vient de secouer l’antre de Maigret et la fine fleur de la police parisienne est sonnée. À peine après avoir émergé de l’enquête effrénée qui a permis l’élimination des auteurs des attentats de janvier et la capture de leurs complices présumés, le Quai des Orfèvres se trouve confronté à l’une des pires crises qu’elle ait connues. Une affaire digne d’un mauvais polar qui éclabousse, pour la première fois dans son histoire centenaire, le sommet de sa hiérarchie.

Mercredi, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices, a perquisitionné à l’heure du laitier les bureaux de la Direction de la police judiciaire parisienne. Au terme de 24 heures de garde à vue, Bernard Petit, le patron du «36», son très fidèle chef de cabinet Richard Atlan, ainsi que Philippe Lemaitre, affecté à l’Association nationale d’action sociale (Anas) ont été déférés jeudi matin.

L’audition par de l’ancien responsable du syndicat Unsa-police Joaquin Masanet, devenu président de l’anas, se poursuivait en fin de matinée. Tous sont entendus dans le cadre d’une information judiciaire pour «violation du secret de l’instruction» et «révélation d’informations sur une instruction à une personne susceptible d’être visée par cette enquête».

L’IGPN enquête sur des fuites en lien avec la procédure mettant en cause Christophe Rocancourt, surnommé «l’escroc des stars», mis en examen le 9 octobre dernier pour avoir extorqué plusieurs milliers d’euros à deux sœurs marocaines menacées d’expulsion, contre la promesse d’obtenir leur régularisation.

Les policiers mis en cause sont soupçonnés d’avoir fourni des informations à Christian Prouteau, ex-supergendarme et fondateur du GIGN, lui aussi inquiété dans ce dossier sulfureux. C’est entre l’envoi de la convocation de Christian Prouteau, le 3 octobre, et son audition par les juges chargés de l’enquête, que Bernard Petit et Richard Atlan sont accusés d’avoir informé le gendarme de ce qui l’attendait, notamment par le truchement de Philippe Lemaitre. Christian Prouteau ne se serait d’ailleurs pas caché en audition d’avoir été «renseigné» sur ce qui l’attendait, selon une source proche de l’enquête. Ces confidences auraient provoqué l’ire des magistrats qui ont aussitôt saisi l’IGPN pour déterminer l’origine des fuites. «Entre le 3 et le 7 octobre, l’IGPN a intercepté plusieurs contacts téléphoniques entre divers protagonistes», confie encore la même source.

Dans la tourmente

Joint par Le Figaro, Christian Prouteau soutient «ne rien comprendre à cette histoire de fou»: «Je ne connais, ni n’ai jamais parlé à Bernard Petit ou à son adjoint, dont je découvre quasiment les noms aujourd’hui dans la presse, clame le gendarme devenu préfet. J’ai été informé de ma convocation par un écrit, puis par un coup de fil de la brigade financière. La veille du rendez-vous, j’ai juste demandé par SMS à un ami policier, membre de l’Anas, si c’était lié à l’affaire Rocancourt. Cinq mois auparavant, un ancien fonctionnaire de la brigade financière s’était en effet répandu devant un de mes amis, lors d’une soirée, en lui disant que j’aurai des ennuis à cause de cela…»

«Si, au terme de ces gardes à vue, il apparaît que des manquements graves ont été commis par des policiers ou d’anciens policiers, je serai d’une fermeté absolue et je serai intraitable à l’égard de tous ceux qui ne se conforment pas rigoureusement aux règles qui doivent prévaloir dans une administration comme la nôtre», a prévenu le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, dès mercredi à la sortie du Conseil des ministres.

Bernard Petit, ancien numéro trois de la Direction centrale de la police judiciaire, avait été nommé en décembre 2013 à la tête du Quai des Orfèvres et de ses services territoriaux, qui comptent au total 2 200 fonctionnaires roués aux dossiers les plus sensibles.

Âgé de 59 ans, ce fonctionnaire chevronné était jusqu’alors considéré comme un professionnel irréprochable. Ayant commencé sa carrière comme inspecteur, il a gravi tous les échelons de la «grande maison», passant notamment par l’Office central de lutte contre les trafics illicites de stupéfiants (OCRTIS) jusqu’à se hisser au poste de sous-directeur en charge de la lutte contre la criminalité organisée et la délinquance financière à Nanterre.

Bernard Petit est arrivé à la tête du «36» en remplacement de Christian Flaesch, limogé par Manuel Valls pour une «faute déontologique». Christian Flaesch s’était vu reprocher d’avoir prévenu l’ex-ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux d’une prochaine audition, en qualité de témoin, dans le cadre d’une procédure judiciaire consécutive à une plainte de l’ancien président Nicolas Sarkozy. Volontiers présenté comme un «homme de confiance» de l’actuel premier ministre, Bernard Petit a été récemment félicité pour la gestion des attentats parisiens mais aussi pour l’arrestation par l’antigang de Jean-Luc Germani, le «parrain» corse en cavale depuis 2011. Celui qui prônait à l’envi le «devoir d’exemplarité» des policiers du «36» se retrouve à son tour dans la tourmente. À deux ans d’un déménagement programmé dans le quartier des Batignolles, à Paris, l’image du Quai des Orfèvres pourrait s’en trouver flétrie.

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Commentaires

ooooooo  •                                                                                Que du beau monde!…..

Dd962  •                                                                                    Bernard Petit nommé par Manuel Valls , Christophe Rocancourt , quelle belle brochette qui gravit autour du gouvernement sacro-saint. !?!
Jean•                                                                                      Zébra trois, où es-tu ?

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