Bocaux à rames

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lendemain de manif

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Des centaines voire des milliers de personnes ont été tuées par les islamistes la semaine dernière. Les témoignages affluent pour raconter leurs exactions.

A Baga, une femme passe devant des maisons brûlées après une attaque en avril 2013. Boko Haram a à nouveau attaqué cette ville en janvier 2015, tuant des centaines, voire des milliers, de personnes.
A Baga, une femme passe devant des maisons brûlées après une attaque en avril 2013. Boko Haram a à nouveau attaqué cette ville en janvier 2015, tuant des centaines, voire des milliers, de personnes. ( REUTERS)

Après plusieurs jours de fuite éperdue, les survivants de ce qui serait la pire attaque de Boko Haram racontent l’horreur qu’ils ont vécue sur les rives du lac Tchad, dans l’extrême nord-est du Nigeria. De la ville de Baga et une quinzaine d’autres localités dans un rayon de plusieurs dizaines de kilomètres, il ne reste presque rien. Elles ont été incendiées, rasées, et les populations qui n’ont pas pu fuir ont été massacrées.

Les attaques ont débuté le 3 janvier et ont duré plusieurs jours. Aucun bilan précis n’est donné pour le moment, mais Amnesty International avance le chiffre de 2 000 morts, quand d’autres, plus prudents, parlent de plusieurs centaines de victimes. Francetv info revient sur ces attaques sans précédent.

Une position stratégique

Baga, 10 000 habitants, s’est développée autour de son marché aux poissons et de sa communauté de pêcheurs. Aujourd’hui, le lac Tchad a reculé, mais la ville est restée le grand carrefour agricole et commercial du nord-est du Nigeria. Elle abritait aussi une caserne de la force sous-régionale supposée protéger les populations contre ce type d’attaques. Mais, depuis plus d’un mois, les troupes nigériennes et tchadiennes s’étaient retirées. Il ne restait que des Nigérians.

Samedi 3 janvier, des dizaines de véhicules chargés de plusieurs centaines de combattants islamistes de Boko Haram déferlent sur cette base militaire. L’attaque, venue simultanément du Nigeria et du Tchad, est coordonnée, affirme le chef de district, Alhaji Baba Abba Hassan, au Daily Trust (en anglais). Les troupes nigérianes sont submergées. Elles prennent la fuite.

« C’est le chaos total »

Les assaillants s’en prennent alors à la ville et aux villages environnants. Cela dure plusieurs jours. « C’est le chaos total », déclare le lendemain de l’attaque, à RFI, un sénateur de l’Etat du Borno, Maina Ma’aji Lawan. « Les gens ne savent plus dans quelle direction fuir ni vers qui se tourner pour être protégés. »

Cinq jours après l’attaque, le chef de district affirme que « depuis le jour de l’attaque, ils [les combattants de Boko Haram] n’ont pas bougé d’un pouce. Ils sont dans Baga et ils vont de maison en maison, cherchant les gens et tuant ceux qui n’ont pas de chance. » Les habitations sont rasées. Des centaines de corps jonchent les rues de la ville, selon des témoignages recueillis par le site Sahara Reporters (en anglais). Parmi eux, des femmes, des enfants. Personne n’ose les enterrer. Un habitant, parvenu à entrer dans la ville pour aller chercher ses économies, confie à l’AFP, lundi 12 janvier, que « toute la ville empeste l’odeur des cadavres en décomposition ». Dans une édition locale de la BBC, un responsable local constate : « Baga est anéantie. Ils ont brûlé entièrement Baga. »

La fuite par le lac

Membre d’une milice d’autodéfense, un survivant rencontré par le Premium Times (en anglais) se souvient : « Boko Haram a surgi dans Baga de tous les côtés, tirant, tuant. Nous n’avions pas d’autre choix que de fuir avec les autres. » Acculés sur les rives du lac, des centaines d’habitants tentent de s’échapper en bateau, en pirogue, vers les îles du lac. « Nous avons vu un grand bateau qui transportait 25 personnes. Toutes avaient été abattues. »

Un autre survivant explique que les assaillants se « couchaient en embuscade dans l’eau et quand une embarcation arrivait avec des habitants tentant de fuir, ils les attaquaient et les abattaient tous. » Isolés sur des îles infestées de moustiques, sans nourriture, des rescapés meurent. Ce survivant dit avoir vu beaucoup de corps sur les îles du lac Tchad : « De nombreuses personnes ont été tuées là-bas comme des insectes. » Il ajoute que « les tueries n’ont pas duré un jour, mais le premier jour, elles étaient massives, les soldats et les habitants étaient tués. Même après [que les combattants de Boko Haram] eurent pris Baga, ils ont continué à attaquer des villages voisins. »

Tenter sa chance en brousse

Quand ils ne fuient pas par le lac, d’autres tentent leur chance en brousse. Les transports sont coupés, les routes dangereuses. Un témoin dit à l’AFP être resté tapi entre un mur et la maison de son voisin, écoutant les massacres autour de lui, sortant la nuit pour « avaler rapidement des graines de manioc, boire de l’eau ».

Trois nuits après le début de l’attaque, Boko Haram commence à brûler la ville. L’étau s’est un peu desserré. Le témoin cité par l’AFP en profite, se glisse dans la nuit, en direction opposée des bruits des islamistes, et découvre l’horreur : « Sur cinq kilomètres, je n’ai pas arrêté de marcher sur des cadavres, jusqu’à ce que j’arrive au village de Malam Karanti, qui était également désert et brûlé. » Il doit la vie à un vieux berger peul qui lui indique la direction à prendre pour éviter les bandes islamistes. Marchant, courant, il arrive le lendemain à 65 km de son point de départ, avant de prendre un bus pour Maiduguri, à 200 km de Baga.

D’autres, poursuivis en brousse, ont eu moins de chance. Le milicien rencontré par le Premium Times affirme avoir croisé « de nombreux corps, certains en groupes, d’autres seuls, dans la brousse. J’ai vu des enfants et des femmes morts, et même une femme enceinte avec le ventre ouvert. »

De nouveaux enjeux

Désormais, Boko Haram, en plus d’avoir remporté une victoire symbolique sur les puissances de la sous-région, contrôle toute une zone stratégique aux frontières de plusieurs pays. Comme le résume le sénateur de l’Etat du Borno : « Vous n’avez qu’à tendre le bras et vous êtes au Niger, vous faites un pas dans une autre direction et vous êtes au Tchad. » Quant au Cameroun, Boko Haram a menacé personnellement son président, Paul Biya, le mois dernier. En clair, toute la région risque désormais l’embrasement.

De plus, en prenant possession  d’un territoire ayant accès au lac Tchad, l’organisation terroriste s’est dégagée une nouvelle voie de ravitaillement. Des armes en provenance de Libye transiteraient déjà par le lac et Boko Haram dispose désormais d’un point d’atterrissage.

Enfin, cette nouvelle attaque coïncide avec le lancement de la campagne pour les élections législatives et présidentielle de février. Le scrutin ne pourra pas se dérouler dans l’état du Borno, à cause de l’insécurité. Et, pour la première fois depuis le retour de la démocratie en 1999, le Parti démocratique populaire, le PDP, n’est pas assuré de remporter la victoire. Le président Goodluck Jonathan est vivement critiqué pour son incapacité à contenir la menace de Boko Haram, alors que le conflit a fait plus de 10 000 morts en 2014. Il pourrait être battu par Muhammadu Buhari, un ancien général. Un homme qui a la réputation d’être un dirigeant à la poigne de fer.

Massacre sans précédent de Boko Haram au Nigeria

lefigaro.fr

INFOGRAPHIE – Le groupe terroriste islamiste a mené une attaque sans précédent dans le Nord-Est du pays, faisant des milliers de victimes. Samedi, une fillette s’est fait exploser sur un marché bondé.

Alors que le monde entier avait les yeux rivés sur la France, le Nigeria a lui aussi connu sa semaine sanglante. Le terrorisme islamiste a à nouveau frappé dans ce pays d’Afrique, avec une ampleur inégalée: mercredi, le groupe Boko Haram a mené une vaste offensive dans le Nord-Est du pays, décrite comme l’ «attaque la plus meurtrière» en cinq années d’insurrection.

Le bilan de l’attaque n’a pas encore été déterminé, certains témoins évoquant des «milliers de morts».L’AP parle de plus de 2000 victimes. Amnesty International a évoqué vendredi dans un communiqué le «pire massacre» jamais perpétré par ce groupe extrémiste.

Lors de ce raid d’une violence inouïe, le groupe terroriste a rasé 16 localités des rives du Lac Tchad, a-t-on appris jeudi, jour où le président nigérian Goodluck Jonathan, qui brigue un second mandat le mois prochain, tenait son premier meeting électoral. «Même l’Etat islamique, qui a tué des milliers de personnes et cible à dessein des minorités, ne semble pas agir de manière aussi gratuite dans ses carnages. Il semblerait que tout le monde – musulmans, chrétiens, camerounais, nigérien – soit une cible pour Boko Haram», écrit le Washington Post.

Des cadavres sur des kilomètres

La ville stratégique de Baga, dont les islamistes avaient déjà pris le contrôle le weekend dernier, aurait été rasée «à 90%», d’après des survivants, qui ont fui à 200 kilomètres, à pied.

«Tout ce que j’entendais c’était des tirs d’armes à feu, des explosions, des hurlements, et les Allah Akbar des combattants de Boko Haram», a témoigné auprès de l’AFP Yanaye Grema, un pécheur de cette ville située sur les rives nigérianes du lac Tchad, qui s’est terré dans une cachette pendant trois jours.

«Sur cinq km, je n’ai pas arrêté de marcher sur des cadavres, jusqu’à ce que j’arrive au village de Malam Karanti, qui était également désert et brûlé.» a-t-il raconté après avoir fui la ville dévastée.

Le bilan définitif des attaques successives menées ces derniers jours à Baga et dans les villages autour risque d’être difficile à établir, des milliers d’habitants ayant pris la fuite en direction de Maiduguri, la capitale de l’Etat de Borno, à moins de 200 km au sud, ou dans l’autre sens, vers le Tchad voisin.

«Plus de 20.000 déplacés provenant de Baga et des villages alentour se trouvent dans un camp à Maiduguri», a déclaré à l’AFP Musa Bukar, responsable administratif de cette zone de l’Etat de Borno.

Il a ajouté que des habitants de Baga et des villages voisins qui ont tenté de trouver refuge dans la brousse ont été poursuivis par les islamistes à moto, qui leur ont tiré dessus.

«Des corps gisent toujours dans la brousse tout autour mais il n’est pas prudent d’aller les chercher pour les enterrer», a-t-il déclaré. Samedi, l’armée nigérianne a appelé à l’aide internationale.

En prenant ces nouvelles localités, Boko Haram, qui a déja pris le contrôle d’une vingtaine de villes et villages de la région, contrôle désormais des frontières stratégiques avec le Tchad, le Niger et le Cameroun, laissant craindre un embrasement régional.

La prise de Baga revêt aussi une importance hautement symbolique car il s’agit de la base de la Force multinationale (MNJTF), censée regrouper des soldats nigérians, nigériens et tchadiens dans la lutte contre Boko Haram –mais où ne se trouvaient que des troupes nigérianes au moment de l’attaque.

Le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, a proféré cette semaine dès menaces directes contre le Cameroun et son président Paul Biya, dans une vidéo postée sur le site Internet Youtube.

Une fillette d’une dizaine d’années explose sur un marché

Samedi, l’horreur a atteint son comble, quand une bombe fixée sur une fillette d’une dizaine d’années a explosé en plein marché bondé de Maiduguri, grande ville du Nord-est du pays, faisant 19 morts et 18 blessés. Selon Ashiru Mustapha, membre d’un groupe local d’auto-défense, la bombe a explosé alors que l’enfant faisait l’objet d’une fouille à l’entrée du marché.

Il doute qu’il s’agisse d’un acte délibéré de la fillette. «La fillette avait une dizaine d’années et je doute fort qu’elle savait véritablement ce qui était fixé à son corps,»» a-t-il dit à l’AFP.

«En fait, elle était contrôlée à l’entrée du marché et le détecteur de métaux venait de signaler qu’elle portait quelque chose sur elle. Malheureusement, la charge a explosé avant qu’elle n’ait pu être isolée», a poursuivi Ashiru Mustapha.

Un périmètre de sécurité a été mis en place autour du marché alors que des personnels de santé examinaient les décombres et récupéraient les restes humains.Boko Haram a érigé en stratégie les «attaques suicide» menées par les femmes, la première ayant eu lieur en juin 2014 dans l’Etat de Gombe (nord). Depuis, il y a eu une vague d’attentats à la bombe, dont 4 en une seule semaine à Kano.En juillet, une fillette de 10 ans avait été découverte dans l’Etat de Katsina portant un gilet bourré d’explosifs, laissant penser que Boka Haram forçait les enfants à se faire exploser.

Dimanche, deux autres femmes se sont fait exploser sur un autre marché très fréquenté de Potiskum, faisant quatre morts et une vingtaine de blessées. «La première kamikaze (la plus âgée) a déclenché sa bombe à l’entrée du marché, où des volontaires contrôlaient les personnes entrant dans le marché à l’aide de détecteurs de métaux», a expliqué à l’AFP la source sécuritaire.

«La seconde femme a été terrorisée par l’explosion et elle a essayé de traverser la rue mais elle a explosé elle aussi», a ajouté cette source.Selon un témoin, Ibrahim Dambam, la seconde explosion est survenue alors que la foule se précipitait à l’extérieur du marché.

Après avoir semé la terreur dans le secteur de Baga sur les rives nigérianes du lac Tchad, le groupe islamiste Boko Haram a lancé une attaque d’envergure lundi contre une base militaire à Kolofata, dans l’extrême-nord du Cameroun.

Le gouvernement camerounais a reconnu l’attaque, donnant dans un communiqué lu lundi soir à la radio-télévision nationale un bilan de « 143 terroristes de la secte criminelle Boko Haram tués » pour seulement un soldat camerounais décédé.

Aucun bilan de source indépendante n’a pu être établi.

Si le groupe avait déjà attaqué ce secteur à plusieurs reprises ces derniers mois, c’est la première fois qu’il s’en prend à Kolofata depuis que le Bataillon d’intervention rapide (BIR), l’unité d’élite de l’armée camerounaise, s’y est déployé.

« Les combats étaient intenses, mais ils ont été repoussés, a affirmé à l’AFP un responsable du BIR.

Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement camerounais, Issa Tchiroma Bakary, a déclaré que les combats avaient duré « plus de 5 heures à proximité du camp militaire et sur d’autres points névralgiques de la localité », et que l’armée camerounaise avait mis les combattants islamistes « en débandade vers la frontière avec le Nigeria ».

Cette attaque à l’intérieur même du territoire camerounais démontre que le groupe islamiste met en application ses récentes menaces contre le Cameroun qui, pour la première fois, a mené en décembre des frappes aériennes contre Boko Haram.

Dans une vidéo postée sur Youtube, le chef du groupe islamiste, Abubakar Shekau s’en est pris au président camerounais Paul Biya, début janvier.

« Paul Biya, si tu ne mets pas fin à ton plan maléfique, tu vas avoir droit au même sort que le Nigeria (…) Tes soldats ne peuvent rien contre nous », a-t-il déclaré.

Le groupe contrôle un large territoire de plus en plus élargi dans le nord-est du Nigeria, mais il est très actif sur les zones frontalières avec le Cameroun, le Tchad et le Niger, ce qui inquiète les autorités et populations voisines. « On peut apercevoir le drapeau noir des jihadistes flotter de l’autre côté » de la frontière, déplorait ainsi début janvier le maire de Diffa au Niger, Hankaraou Biri Kassoum.

– ‘Des corps partout’ –

Côté nigérian, le groupe est toujours présent à Baga, plus d’une semaine après avoir pris d’assaut ce carrefour commercial du nord-est, et « il y a des corps partout » dans la ville, a rapporté un habitant lundi.

« Je suis entré dans Baga vers 2h00 du matin (01h00 GMT) aujourd’hui (lundi) et la ville est toujours occupée par Boko Haram » a affirmé Borye Kime, un pêcheur de Baga âgé de 40 ans, joint par téléphone à Dubuwa, au Tchad voisin, où il a trouvé refuge.

Les insurgés « ont monté des barricades dans les points stratégiques de la ville. Il y a des corps partout. Toute la ville empeste l’odeur des cadavres en décomposition », a-t-il poursuivi.

Le groupe islamiste a lancé un premier assaut sur Baga, sur les rives du lac Tchad, au nord de l’Etat de Borno, le 3 janvier, avant de revenir plusieurs jours plus tard pour raser entièrement la ville et une quinzaine de villages aux alentours.

Des responsables locaux ont fait état d’un très grand nombre de morts mais aucun bilan n’a pu être confirmé. Quelque 20.000 personnes ont fui vers Maiduguri, la capitale de l’Etat de Borno, à moins de 200 km au sud, ou vers les pays voisins, selon les secours.

L’armée nigériane a estimé samedi qu’il était « approprié » de considérer l’attaque contre Baga comme « la plus meurtrière » depuis le début de l’insurrection islamiste, qui a fait plus de 13.000 morts depuis 2009.

Elle a promis une riposte militaire mais « il n’y a pas un seul soldat à Baga », a toutefois observé M. Kime. « Toutes ces déclarations sur les soldats qui combattent pour reprendre Baga sont fausses ».

Boko Haram multiplie aussi les attentats dans le nord-est. Deux femmes kamikazes se sont fait exploser dimanche sur un marché, tuant quatre personnes à Potiskum. Un attentat a marqué les esprits samedi à Maïduguri: une bombe placée sur une fillette de 10 ans a fait au moins 19 morts.

L’armée nigériane est totalement dépassée et, ce week-end, elle a appelé à une coopération internationale contre les jihadistes qui veulent instaurer une stricte application de la charia, et ont proclamé un califat dans le nord-est.

Boko Haram a détruit 16 villages et fait 2 000 morts au Nigeria

Baga, au Nigeria, après une attaque du groupe islamiste le 21 avril 2013 (REUTERS/Stringer)

Il s’agirait du massacre “le plus meurtrier de l’histoire de Boko Haram” selon Amnesty International.

Seize villages détruits, 2 000 morts et 20 000 personnes en fuite. C’est le bilan catastrophique de l’attaque perpétrée par la secte islamiste Boko Haram au Nigeria du 6 au 8 janvier. La ville de Baga et une quinzaine de villages situés au nord-est du pays ont été dévastés par les fanatiques qui ont tué sans discernement.

“Même l’Etat islamique, qui a tué des milliers de personnes et cible à dessein des minorités, ne semble pas agir de manière aussi gratuite dans ses carnages. Il semble que tout le monde – musulmans, chrétiens, camerounais, nigérian – soit une cible pour Boko Haram”, affirme le Washington Post.

Une ville entièrement rasée

En août 2014, le leader de la secte, Abubakar Shekau, avait annoncé la création d’un “Califat islamique”. Depuis les intégristes se sont emparés de l’Etat de Borno, au nord-est du Nigeria, où ils sèment la terreur. Baga était la dernière ville qui était encore sous le contrôle du gouvernement national. Ce n’est désormais plus le cas, puisqu’elle a été entièrement rasée. Selon un rescapé interrogé par l’AFP, “de nombreux cadavres jonchaient le sol” et “la ville tout entière brûlait” lorsqu’il s’est échappé.

Certains habitants en fuite ont été poursuivis et abattus par les intégristes alors qu’ils tentaient de gagner la brousse, rapporte Musa Bukar, responsable administratif de cette zone de l’Etat de Borno, interrogé par l’AFP. D’autres ont réussi à trouver refuge sur une île du lac Tchad, où ils sont dans une situation périlleuse, sans vivres. Le président nigérian et son armée ont été incapables d’endiguer l’influence de la secte, qui menace désormais le Cameroun voisin.

“Le massacre plus meurtrier de l’histoire de Boko Haram”

Dans un communiqué publié le 9 janvier, Amnesty International évoque le massacre “le plus meurtrier de l’histoire de Boko Haram”. D’après Daniel Eyre, chercheur sur le Nigeria à Amnesty International :

“Il semble que l’attaque contre Baga et les localités alentour pourrait être la plus meurtrière à ce jour d’une série d’actions de plus en plus haineuses menées par le groupe”.

L’expansion de ces nihilistes et l’incapacité de l’armée nigériane à leur nuire préoccupe les pays voisins. Le président camerounais Paul Biya a ainsi appelé lors de son discours du nouvel an devant le corps diplomatique à “une réponse globale” et à une aide internationale pour leur faire face. Le président nigérian, Goodluck Jonathan, critiqué pour son impuissance face à cette menace, pourrait être mis en difficulté lors de l’élection présidentielle qui aura lieu le 14 février. En un an, Boko Haram a en effet réussi à prendre le contrôle de plus de 20 000 km2 dans le nord-est du pays.

A la mi-avril, le groupe avait kidnappé plus de 200 lycéennes nigérianes, promises à être “vendues sur un marché”, “mariées” de force ou réduites en “esclavage” selon le chef de la secte. Elles sont toujours portées disparues depuis 270 jours, comme le rappelle le LA Times.

Boko Haram met à feu et à sang le nord du Nigeria

Dans le camp de réfugiés de Yola, dans le nord du Nigeria, fin novembre 2014.

Plus de quinze villages voisins attaqués en quelques jours, « des centaines de corps jonchant le sol » décrits par les rares survivants à avoir atteint des villes de la région : autour de Baga, dans l’extrême nord-est du Nigeria, un massacre d’une ampleur inédite vient d’être commis en l’espace de plusieurs jours par les insurgés de Boko Haram.

Lire aussi : Cent morts dans l’attaque d’une ville du Nigeria par Boko Haram

Le temps n’est pas encore à l’exactitude des chiffres, mais à la prise de conscience que cette série d’attaques vient d’annihiler une agglomération, Baga, et des villages voisins dans un rayon de plusieurs dizaines de kilomètres, alors que la ville est le siège d’une force régionale, la MNJTF (Multinational Joint Task Force, force multinationale conjointe).

A Baga, la MNJTF devait coordonner la réponse militaire du Nigeria avec celle du Niger et du Tchad voisins contre Boko Haram, dont les actions dans cette vaste zone frontalière se sont intensifiées et durcies au cours de l’année écoulée. Le Tchad voit les actions de Boko Haram se rapprocher dangereusement du point où son sol sera bientôt frappé à son tour. La capitale tchadienne, N’Djamena, n’est qu’à quelques heures de route de cette zone.

Vagues d’assassinats

A Baga, la MNJTF (il ne se trouvait à ce moment que des soldats nigérians dans la base) n’a pas pu empêcher un massacre d’une ampleur inédite. Amnesty International estime qu’il s’agirait de « l’acte le plus meurtrier dans une série d’attaques de plus en plus atroces menées par le groupe ». Même si d’autres sources évoquent plus prudemment un nombre de victimes s’établissant à « plusieurs centaines », l’ampleur de ces tueries est considérable.

Elle découle d’abord d’une organisation méthodique de la violence, mélange d’exécutions et de destructions systématiques, si complètes du reste qu’il a fallu que les assaillants s’y prennent à plusieurs fois pour « raser à 90 % » Baga, comme l’ont rapporté des survivants à Maiduguri (200 kilomètres de marche) au journal Daily Trust, qui ont dû laisser derrière eux des blessés agonisants et enjamber des monceaux de cadavres.

La première attaque avait eu lieu samedi 3 janvier. Déjà, des vagues d’assassinats, des destructions. Boko Haram s’empare alors de la base de la MNJTF. L’objectif est de première importance. La proximité de Baga avec le lac en fait un endroit stratégique. Boko Haram contrôle certaines des îles du lac, et des convois d’armes qui ont transité par le Tchad, en provenance de Libye, ont sans doute emprunté des itinéraires passant dans cette région. De plus, c’est de là que la réponse militaire régionale est supposée trouver un point d’ancrage.

Le Tchad étudie de très près les possibilités d’intervention contre Boko Haram dans la zone frontalière avec le Nigeria et le Cameroun. Frapper cette base, pour les insurgés, est donc un signal de défi à l’adresse des pays de la région. Boko Haram menace aussi le Cameroun, et son président, Paul Biya, d’une intensification de la guerre sur son sol. Certains de leurs hommes se trouvent sur le territoire nigérien. Autant de menaces pour les pays voisins. La base de Baga aurait dû être l’un des éléments de réponse militaire, même si le Cameroun n’est pas associé à cette unité.

Soldats nigérians piégés

Mais Baga est aussi un cul-de-sac. La fin des routes. Et un piège, donc, pour les soldats nigérians, qui se sont trouvés face à plusieurs centaines d’insurgés, arrivés à leur façon habituelle sur des pick-up, des petits camions et des nuées de motos. Les 7 et 8 janvier 2014, une nouvelle vague d’attaques était menée.

Une partie de la population des environs a fui. Certains, à pied, ont pris la direction de Maiduguri, où ils ne sont arrivés que quelques jours plus tard. D’autres ont tenté de traverser le lac Tchad. Plus de 20 000 personnes semblent arrivées sur l’autre rive. Mais dans un mouvement désespéré, des personnes se sont noyées, y compris des soldats. Des fuyards en nombre inconnu se trouveraient encore sur des îles, sans provisions, exposés au froid de cette saison, aux moustiques.

Vendredi 9 janvier, un autre groupe de combattants djihadistes attaquait cette fois Damaturu, dans l’Etat voisin de Yobe. A environ 200 kilomètres : une broutille pour les groupes de Boko Haram, très mobiles sur les anciennes pistes séculaires, qui passent à travers la brousse. La ville carrefour a été attaquée à plusieurs reprises au cours des années passées. La dernière fois, c’était il y a quelques semaines, et il y a eu plus de cent morts, dont 38 policiers tués dans leur caserne investie à la sortie de la ville, malgré ses protections et ses systèmes de défense qui la faisaient ressembler à un petit fort.

« L’attaque sur la ville par ces chiens et leurs méfaits depuis le 3 janvier devraient convaincre tous les gens bien intentionnés à travers le monde que Boko Haram représente le mal que nous devons éliminer tous ensemble », estime leporte-parole des forces armées

Damaturu demeure une cible : la ville est suffisamment importante (50 000 habitants, des banques, des commerces, plusieurs camps militaires) pour constituer une belle prise en cas de victoire. Mais pas trop grosse, pour ne pas entraîner l’échec à coup sûr. Car les forces de Boko Haram, loin de pouvoir compter sur une efficacité éprouvée, n’ont pour elles que leur nombre (elles attaquent désormais en masse), leurs armes contre des civils, et surtout la faiblesse des forces armées, démoralisées, infiltrées, affaiblies par la corruption. Là où les soldats (parfois dos au mur, comme aux portes de Maiduguri, la capitale de l’Etat de Borno) résistent, Boko Haram ne passe pas. La secte a perdu sans doute plus de cent hommes dans sa dernière attaque de Damaturu. Vendredi 9 janvier, ils ont encore échoué.

Ces revers ne peuvent cependant dissimuler la réalité d’une extension du territoire sous contrôle, ou sous la menace, des djihadistes. La vaste région frontalière du Cameroun, mais aussi celle proche du Niger, ou encore le triangle aride au nord de Maiduguri : toutes ces régions sont devenues le fief des insurgés, qui y frappent lorsqu’ils le souhaitent, même s’ils ne « tiennent » pas la plupart des agglomérations.

Un nombre croissant de villes prises

Monguno, à 60 km, a été déjà attaquée de manière terrible en 2013. De même que la ville de Dikwa. Selon nos sources, des bastions importants pour Boko Haram se trouvent juste à proximité, parfois dans de petites agglomérations : vers Adjibo, par exemple. Un « Boko Haram Land » est en voie de constitution, où les militaires nigérians, quand ils n’ont pas fui, vivent encerclés dans leurs bases, ne se déplaçant qu’en lourds convois, incapables de porter secours aux populations. Il y a pire : les actes de vengeance des soldats ou de leurs alliés des milices locales. En avril 2013, des soldats subissent une attaque légère près de Baga et perdent un homme. En représailles, ils brûlent 2 000 maisons, comme les clichés satellite de Human Rights Watch, coïncidant avec les déclarations des survivants, l’ont prouvé. Les forces gouvernementales avaient alors tué 193 personnes. Cette foi, c’est Boko Haram qui a « puni » Baga, de la plus terrible façon.

L’armée y perd son âme et le soutien des populations. Les insurgés tiennent le pays par la terreur. C’est avec ce genre de massacre que Boko Haram, courant 2014, a poursuivi sa politique de conquêtes territoriales. Un nombre croissant de villes sont désormais « tenues », même si les destructions et les tueries en ont vidé le plus clair de la population, afin de donner corps à la décision de son chef, Abubakar Shekau, de constituer un « califat » à partir de Gwoza, vers la frontière avec le Cameroun.

La partie sud du Nigeria a vécu dans l’idée pernicieuse que Boko Haram était un phénomène naturellement circonscrit, le fruit du Nord, et plus encore celui des trois Etats du Nord-Est (Borno, Adamawa, Yobe). Il a fallu plus d’une semaine aux responsables militaires pour aborder, publiquement, la question du massacre de Baga. Ce que le porte-parole des forces armées, le général major Chris Okulade, a finalement dit samedi soir, est révélateur : « L’attaque sur la ville par ces chiens et leurs méfaits depuis le 3 janvier 2015 devraient convaincre tous les gens bien intentionnés à travers le monde que Boko Haram représente le mal que nous devons éliminer tous ensemble, plutôt que de critiquer les personnes qui essayent de les contrer. »

Abuja, la capitale, a été frappée à plusieurs reprises par des attentats-suicides. Lagos, la capitale économique, a subi une tentative similaire. Mais l’indifférence du sud du pays vis-à-vis de ce lointain nord mis à feu et à sang n’a pas encore été brisée par la force des chiffres : selon le Council on Foreign Relations (CFR), plus de 10 000 personnes auraient été tuées dans le cadre de l’insurrection (par les insurgés, les forces de l’ordre ou leurs auxiliaires des milices locales) en 2014.

Boko Haram a rasé 16 villages au nord-est du Nigeria

L'Obs avec AFP

Amnesty International évoque « le pire massacre » du groupe islamiste.

Des chasseurs locaux participent aux patrouilles des milices qui traquent les hommes de Boko Haram dans la région du Chibok (Nigeria)en décembre 2014. (Sunday Alamba/AP/SIPA) Des chasseurs locaux participent aux patrouilles des milices qui traquent les hommes de Boko Haram dans la région du Chibok (Nigeria)en décembre 2014. (Sunday Alamba/AP/SIPA)

Le groupe islamiste Boko Haram a mené mercredi un nouveau raid meurtrier dans le nord-est du Nigeria, détruisant 16 localités des rives du Lac Tchad, a-t-on appris jeudi, jour où le président nigérian Goodluck Jonathan tenait son premier meeting électoral.

La ville stratégique de Baga, dont les islamistes avaient déjà pris le contrôle le weekend dernier, fait partie des localités rasées mercredi.

Selon AP, Boko Haram pourrait avoir tué plus de 2.000 personnes. Amnesty International a évoqué vendredi le « pire massacre » jamais perpétré par le groupe extrémiste.

20.000 déplacés

Un dirigeant local affirme que les victimes sont principalement des femmes, des enfants et des personnes âgées qui n’ont pas réussi à s’enfuir quand les islamistes ont attaqué Baga avec des armes automatiques et des grenades propulsées par fusées.

Le bilan définitif des attaques successives menées ces derniers jours à Baga et dans les villages autour risque d’être difficile à établir, des milliers d’habitants ayant pris la fuite en direction de Maiduguri, la capitale de l’Etat de Borno, à moins de 200 km au sud, ou dans l’autre sens, vers le Tchad voisin.

« Plus de 20.000 déplacés provenant de Baga et des villages alentour se trouvent dans un camp à Maiduguri », a déclaré à l’AFP Musa Bukar, responsable administratif de cette zone de l’Etat de Borno.

Il a ajouté que des habitants de Baga et des villages voisins qui ont tenté de trouver refuge dans la brousse ont été poursuivis par les islamistes à moto, qui leur ont tiré dessus.

« Des corps gisent toujours dans la brousse tout autour mais il n’est pas prudent d’aller les chercher pour les enterrer », a-t-il déclaré.

560 personnes bloquées sans nourriture

Quelque 560 personnes sont bloquées quant à elles sur une île du lac Tchad sans aucune nourriture, selon Abubakar Gamandi, le chef du syndicat des pêcheurs de l’Etat de Borno, qui a pu les joindre par téléphone.

« Certains sont en train de mourir à cause du manque de nourriture, à cause du froid et du paludisme, sur cette île infestée de moustiques », a ajouté M. Gamandi.

L’insécurité est le thème central de la campagne électorale, dans le pays le plus peuplé d’Afrique, où les attaques sont quasi-quotidiennes et où des pans entiers du nord-est sont contrôlés par Boko Haram.

Baga et des dizaines de villages brûlés

Des centaines d’insurgés lourdement armés avaient déjà lancé une attaque samedi sur cette région, s’emparant de Baga, un carrefour commercial de la région, de son importante base militaire et des villages des alentours après plusieurs heures de combat.

Lors du raid de mercredi, les islamistes « ont entièrement brûlé » Baga et une quinzaine de villages selon M. Bukar.

En prenant ces nouvelles localités, Boko Haram, qui a déja pris le contrôle d’une vingtaine de villes et villages de la région, contrôle désormais des frontières stratégiques avec le Tchad, le Niger et le Cameroun, laissant craindre un embrasement régional.

La prise de Baga revêt aussi une importance hautement symbolique car il s’agit de la base de la Force multinationale (MNJTF), censée regrouper des soldats nigérians, nigériens et tchadiens dans la lutte contre Boko Haram -mais où ne se trouvaient que des troupes nigérianes au moment de l’attaque.

Le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, a proféré cette semaine dès menaces directes contre le Cameroun et son président Paul Biya, dans une vidéo postée sur le site Internet Youtube.

L’armée mal équipée

Le président Goodluck Jonathan, qui brigue un second mandat le mois prochain, est vivement critiqué dans son pays et sur la scène internationale pour avoir échoué à mettre un terme à l’insurrection islamiste, qui a fait des milliers de morts depuis 2009.

Son principal rival, le candidat du Congrès progressiste (APC, principal parti d’opposition), Muhammadu Buhari, un musulman du nord célèbre pour avoir mené une « guerre contre l’indiscipline » particulièrement musclée pendant ses 20 mois à la tête d’une junte militaire dans les années 1980, a promis de faire de Boko Haram sa priorité.

Lors de son premier meeting de campagne à Lagos jeudi, M. Jonathan a affirmé que l’armée ne parvenait pas à venir à bout des islamistes car elle a été mal équipée par ses prédécesseurs.

« Ces gens n’ont rien acheté » en termes d’armes, a-t-il clamé devant des milliers de sympathisants réunis dans le centre de Lagos.

Alors que les violences se poursuivent dans le nord-est, de nombreux observateurs doutent de la crédibilité du scrutin s’il ne peut pas se tenir dans toute la partie du territoire aux mains des islamistes.

La commission électorale a cependant promis que la présidentielle serait maintenue le 14 février.

Boko Haram sème la terreur dans l’État de Borno

Le Point –

Les insurgés ont perpétré leur attaque la plus meurtrière. Depuis l’enlèvement des filles de Chibok, ils ne cessent de gagner du terrain. Explication.

L'armée nigériane a considéré que l'attaque de Boko Haram contre Baga était "la plus meurtrière" depuis le début de l'insurrection islamiste il y a six ans.
L’armée nigériane a considéré que l’attaque de Boko Haram contre Baga était « la plus meurtrière » depuis le début de l’insurrection islamiste il y a six ans. © AFP PHOTO / BOKO HARAM »

Quelle est la stratégie de Boko Haram et que veulent-ils ?

Auparavant, les djihadistes se contentaient de raids éclair. Aujourd’hui, ils sont engagés dans une lutte systématique contre l’armée et prennent des villages presque tous les jours. La dernière attaque s’est étendue sur cinq jours, presque une semaine de raids meurtriers sur Baga, où les cadavres jonchaient les rues, au bord du lac Tchad. Bilan estimé : 2 000 victimes, 16 villages rasés. Mais la plupart des assauts, comme celui du village de Kautikari, qui a fait 15 morts il y a deux semaines, près de Chibok, ne sont même pas connus de la presse. À Baga, ils ont également pris la base militaire. La crainte est que de là, à 200 kilomètres au nord-est de Maiduguri, ils prennent la capitale du Borno et règnent ainsi sur tout l’État. « Des gouvernements locaux, 20 sur 27, sont passés entre leurs mains », détaille Allen Manasseh, président de la Kibaku Youth Association, de Chibok. La régionalisation du conflit est un risque sérieux, comme le prouvent les attaques du côté camerounais (la dernière a eu lieu ce matin, à Kolofata) et les menaces d’Abubakar Shekau, dans une vidéo postée la semaine dernière, à l’encontre du président Paul Biya.

Combien de combattants Boko Haram compte-t-il ?

C’est très difficile à évaluer, les insurgés se cachant dans des endroits difficiles d’accès, comme la forêt de Sambisa, dans le Borno. Le nombre estimé s’élève à 10 000 membres. Néanmoins, il est plus que probable qu’il ne cesse d’augmenter, avec les succès remportés sur le terrain.

Quelles sont les nouvelles des 276 filles enlevées en avril 2014 dans le village de Chibok ?

Il n’y en a aucune. Parmi celles qui ont été enlevées dans la nuit du 14 au 15 avril 2014, 57 se sont enfuies, le soir même ou les jours suivants, dans la forêt, en prétextant un besoin d’aller aux toilettes ou une corvée de vaisselle. Il est probable qu’elles soient destinées aux combattants, comme le suggérait un témoignage recueilli en mai 2014. « Nous n’avons aucun renseignement, aucune vidéo depuis celle du 12 mai [qui montrait les jeunes filles, voilées et récitant des versets du Coran, NDLR]. Lorsque le gouvernement s’est lancé dans de prétendues négociations avec Boko Haram en octobre, nous avons demandé qu’ils exigent une preuve de vie, mais nous n’avons jamais rien reçu, témoigne Allen Manasseh. Certains parents ont abandonné tout espoir et quitté le village pour se réfugier en lieu sûr. D’autres y attendent la mort, résignés. »

Lire notre article « Dans le village martyr de Boko Haram »

Qu’ont donné les pourparlers avec Boko Haram ?

Le 26 octobre 2014, les autorités nigérianes prétendaient négocier, au Tchad, avec des représentants des insurgés pour parvenir à un cessez-le-feu et obtenir le retour des 219 filles. Abubakar Shekau, le chef de Boko Haram que le gouvernement a prétendu avoir tué trois fois, a envoyé une vidéo à l’AFP le 31 octobre, démentant cette information. « Nous n’avons signé de cessez-le-feu avec personne […], nous n’avons négocié avec personne. […] C’est un mensonge », affirmait-il. De fait, les attaques n’ont jamais cessé et les jeunes filles n’ont pas été libérées. Le gouvernement aurait-il menti ? « Ils ont tout simplement traité avec des imposteurs », estime Ike Okonta, politologue de la fondation Open Society, à Abuja. Le gouvernement nigérian verse énormément d’argent à des intermédiaires plus ou moins fiables, certains y auraient vu un moyen simple de s’enrichir.

Quid de la coopération internationale et régionale ?

Les engagements pris avec le Tchad, le Niger et le Cameroun, en mai 2014 à Paris n’ont pas été tenus. Le 15 décembre, Jean-Yves Le Drian a cependant prôné la création d’un comité de liaison militaire, proposant d’envoyer du personnel français pour y contribuer. L’aide promise au printemps par les États-Unis, qui comprenait des drones pour survoler la forêt de Sambisa, a été très réduite, notamment à cause de la mauvaise entente entre les armées. « Les États-Unis ont prétendu que les informations transmises à l’armée nigériane n’avaient pas été utilisées. Ils sont repartis », explique Ike Okonta. L’armée nigériane est également accusée de graves atteintes aux droits de l’homme, ce que les États-Unis lui reprochent. « C’est d’ailleurs le seul pays à se le permettre, puisqu’ils n’achètent plus de pétrole au Nigeria », note Benjamin Augé, chercheur à l’Ifri. Les rapports entre les deux pays se sont dégradés. Certains, comme le général à la retraite et analyste du Centre for Democracy and Development Jibrin Ibrahim, soulignent que le moment est mal choisi pour les États-Unis de faire la leçon alors que vient de sortir un rapport sur les pratiques de torture de la CIA. Devant l’ampleur des dernières attaques, Chris Olukolade, le porte-parole de l’armée, a de nouveau appelé à la coopération internationale.

Comment vivent les habitants du Borno ?

Ils survivent, dans la terreur. Dans les villages qu’ils ont pris, les insurgés ont instauré une sharia très stricte. « Ils jettent les gens en prison, ils les fouettent pour ce qu’ils considèrent comme des infractions sexuelles. Ils changent les pratiques de l’islam. Et à Gwoza, où a été instauré un califat, des habitants qui ont fui m’ont raconté qu’ils coupaient les mains des voleurs », rapporte Allen Manasseh. Maiduguri, suspendue à la crainte de l’assaut final, est aussi submergée par l’horreur. Ce week-end, une bombe placée sur une adolescente a fait une vingtaine de morts dans un marché. « L’hôpital accueille un flux continu de patients, nous avons aussi beaucoup de soldats blessés de la base militaire. Ils sont allongés à même le sol par manque de lits. Je viens de parler à une femme qui s’est enfuie de Baga, son mari militaire a été tué et elle ignore où sont ses deux fils. Elle m’a montré ses jambes pleines de bleus et de coupures parce qu’elle avait couru jusqu’ici [à 200 kilomètres, NDLR] », témoigne une source de l’hôpital. Les déplacés affluent des environs de Baga, parfois avant même les combats. « La situation est terrible, la ville est en train de devenir un immense camp de réfugiés, décrit le gouverneur de l’État de Borno, Kashim Shettima. La population explose, avec plus de 3 millions d’habitants et ce que cela suppose de dommages pour les infrastructures. Nous avons fermé toutes les écoles pour offrir des abris supplémentaires.  »

La population n’est-elle pas défendue par l’armée ?

Les soldats de Baga ont déserté les casernes de Monguno, où ils vivaient avec leurs familles. Quant à la Division 7, créée spécialement pour lutter contre Boko Haram, elle ne sort pas des casernes de Maiduguri. Gangrenées par la corruption, sous-payées et moins bien équipées que les insurgés, les forces armées refusent les combats. La population est cependant toujours défendue par les « Civilian JTF ». Ces milices civiles hétéroclites, où se mêlent bons pères de famille et délinquants, lui soutirent désormais de l’argent.

Le terrorisme peut-il coûter sa réélection à Goodluck Jonathan ?

Muhammadu Buhari, le candidat de l’opposition (APC), brandit ce thème de campagne pour l’élection présidentielle du 15 février, mais il y a peu de chances qu’il l’emporte. « Cela n’intéresse pas la majorité des Nigérians », estime Ike Okonta. Goodluck Jonathan, qui a exprimé son soutien à la France après l’attaque de Charlie Hebdo, est d’ailleurs resté muet sur celle de Baga… « Cela ne représente un enjeu que pour les populations concernées, qui ne votent pas traditionnellement pour le PDP, le parti majoritaire. Les trois États visés (Borno, Yobe, Adamawa) sont marginaux pour le gouvernement, politiquement et économiquement », analyse Benjamin Augé. L’état d’urgence les empêchera même tout simplement de voter. Cela signifie aussi que les troupes risquent d’être redéployées pour sécuriser les lieux de vote, ce qui laissera Maiduguri encore plus désarmée.

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Congo : Un massacre de masse se déroule en ce moment dans l’indifférence générale

silence

Le Congo subit en ce moment un des génocides les plus meurtriers que l’humanité ait connut, et tout ça, dans la plus grande indifférence générale. En effet, depuis plus de 13 ans, on dénombre plus de 6 millions de victimes.

Un conflit oublié par les médias mainstream… Un scandale humanitaire se déroule là-bas, ignoré de tous et ceux qui savent ferme volontiers les yeux… Une honte !

Nous vous demanderons de partager massivement cet article, car ce qui se passe là-bas doit être connu de tous ! Nous sommes tous des êtres humains et nous ne devons pas etre indifférents.

https://www.facebook.com/pages/Reflexions-dun-jeune-citoyen-/173218132715061?ref=hl

LA BIRMANIE SERA T-ELLE UN NOUVEAU RWANDA ? (UN MASSACRE DE MASSE S’Y DÉROULE EN CE MOMENT)

Ils sont traités de tous les noms. « De chiens, » « de sous-hommes »… Ce qui n’est pas sans évoquer les « cafards » au Rwanda qu’il fallait écraser, ou la façon dont les juifs étaient nommés sous la période nazi.

Les rohingyas (minorité musulmane) subissent depuis quelque temps d’effroyables persécutions. Il y a de cela plusieurs mois, Human Rights Watch évoquait un NETTOYAGE ETHNIQUE. Et la situation ne s’est pas amélioré depuis.

Nous vous demanderons de partager massivement cet article, car ce qui se passe là-bas doit être connu de tous ! Nous sommes tous des êtres humains et nous ne devons pas etre indifférents.

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/909390-les-musulmans-rohingyas-persecutes-en-birmanie-tout-silence-est-maintenant-complice.html

http://www.dailymail.co.uk/news/article-2312807/Burma-riots-Horrifying-moment-Buddhists-set-Muslim-man.html

L’IMAGE CI-DESSOUS, ON VOIT DES GENS AVEC DES MACHETTES ET UN ROHINGYA BRÛLÉ VIF

massacre

PARLEZ EN AUTOUR DE VOUS

L’État islamique s’exporte au Pakistan et en Afghanistan

Le Point –

Des chefs talibans ont prêté allégeance à al-Baghdadi. Un serment en forme d’appel à l’aide, alors que l’armée pakistanaise a lancé une offensive.

Shahidullah Shahid, l'ancien porte-parole des talibans pakistanais entouré de ses gardes du corps en 2014.
Shahidullah Shahid, l’ancien porte-parole des talibans pakistanais entouré de ses gardes du corps en 2014. © Ishtiaq Mahsud/AP/Sipa
De notre correspondant à Islamabad,

L’État islamique prendrait-il pied en Asie centrale ? Le 10 janvier, dix commandants talibans pakistanais et afghans ont fait allégeance au chef de l’EI, Abou Bakr al-Baghdadi, dans une vidéo de seize minutes diffusée sur Internet. L’homme qui préside la prestation de serment est connu des milieux djihadistes : il s’appelle Shahidullah Shahid, c’est l’ancien porte-parole du TTP, le mouvement des talibans pakistanais.

Le film s’ouvre sur un plan large qui s’attarde sur un paysage montagneux et boisé rappelant la frontière afghano-pakistanaise. Une centaine de combattants, fusils d’assaut et lance-roquettes à l’épaule, marchent en file indienne. Une dizaine d’hommes à cheval les entourent. S’ensuit un discours de Shahidullah Shahid prononcé en arabe et non en pachtoun, sa langue maternelle. Debout devant le drapeau noir de l’EI, il s’adresse à ses partisans assis par terre. Shahidullah Shahid énumère les anciens cadres du TTP qui l’ont rejoint dans son serment. Parmi ses proches, il y a d’anciens poids lourds du mouvement comme Sayed Khan Orakzai et Gul Zaman, deux chefs locaux qui furent candidats à la direction du TTP fin 2013. Il y a aussi des combattants des provinces afghanes de la Kunar et du Logar, pourtant réputées sous l’influence des talibans afghans et du réseau de Sirajuddin Haqqani. Des déclarations qui confirmeraient que certains insurgés en Afghanistan rejoignent l’EI, alors que des rumeurs courent sur la mort du mollah Omar.

Divisions

La vidéo ressemble à une démonstration de force, comme pour étaler la capacité des anciens chefs du TTP à recruter des combattants sous la bannière de l’État islamique. Une première, car jusqu’à présent, l’EI signalait sa présence au Pakistan et en Afghanistan par quelques tracts et des graffitis. Impossible de déterminer si Shahidullah Shahid et ses partisans ont agi de leur propre initiative, ou s’ils sont en contact avec l’organisation État islamique. Mais c’est la seconde fois en trois mois que Shahidullah Shahid prête allégeance à l’EI. Signe aussi que son ralliement a pu être ignoré jusqu’à présent.

C’est aussi indiquer qu’aux yeux des talibans, l’État islamique apparaît comme seul capable de relancer une insurrection islamiste à bout de souffle au Pakistan. Le chef du TTP Maulana Fazlullah n’a jamais réussi à imposer son autorité après sa nomination en novembre 2013. À l’été 2014, plusieurs chefs du mouvement ont fait défection pour former le TTP Jamaat ul Ahrar, qui a aussitôt fait allégeance au groupe État islamique. Maulana Fazlullah, lui, reste fidèle aux talibans afghans et à al-Qaida.

Outre ses divisions, l’insurrection islamiste paraît affaiblie depuis que, le 15 juin 2014, l’armée pakistanaise a envoyé 30 000 hommes reprendre son bastion, la zone tribale du Waziristan Nord. L’opération, qui aurait tué 1 700 insurgés, selon l’armée, continue. S’il est difficile de se fier aux communiqués des militaires, les analystes s’accordent à dire que les talibans ont perdu leurs bases ainsi que du matériel de guerre durant l’offensive. Maulana Fazlullah est replié en Afghanistan. Et si le TTP de Fazlullah a revendiqué une attaque spectaculaire qui a fait 141 morts dans une école de l’armée pakistanaise à Peshawar le 16 décembre, le nombre d’attentats a chuté de 32 % l’an dernier d’après le Pakistan Institute for Peace Studies.

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Commentaires
–                                                                     Des personnes sont tuées et hormis le fait que des journaux parlent de ces événements il semble que les troupes régulières d’Afrique soient impuissantes pour protéger les populations de ce fléau. Qui va prendre la décision d’intervention ?

@Etienne T : Exact que font les pays africains pour aider ces pauvres gens, ces terroristes se basent au croisement de 3 pays que font ces pays??????Pourquoi voulez vous envoyer des européens quand il y a suffisamment de ressource humaine sur place car si les européens y vont, ils seront traités en bienfaiteurs puis le lendemain en envahisseurs, avant que tous se mettent contre nous.

–                                                                       Je n’ai pas entendu les chantres de la Liberté dire qu’ils allaient manifester même pacifiquement pour dénoncer ces assassinats d’innocents, ni le bobo chevelu larmoyant pleurer ne fusse qu’une de ses larmes crocodiliennes. Mais c’est tellement loin le lac Tchad. Loin ? Détrompez vous il se rapproche à grand pas.
–                                                                               C’est un peu le monde à l’envers. On ne cesse de reprocher à      l ‘occident d’ intervenir partout, mais si l’ occident ne bouge pas, personne ne bouge !
–                                                                                C ‘est horrible mais j ‘ai l impression que le monde est aveugle !

@ Étienne-t : l ‘Europe est toute entière derrière la France, et lui souhaite bon courage. Aucun autre pays  mis à part la GB, n’a d ‘intérêts à défendre en Afrique

@Etienne T : En 2014, 12 chrétiens par jour en moyenne ont été assassinés pour leur foi en Asie et en Afrique.

–                                                              L’occident va se décider à aider ces pauvres gens?????? Que faut il de plus pour que les pays européens bouge?
Est ouest                                                                  Ça promet pour 2015… On respire un bon coup et on va essayer de faire au mieux pour apaiser les tensions?
sangfroid engénéral sangfroid engénéral                 Un petit rappel aux posteurs qui auraient oublié une autre réalité. La France a des défauts certes mais n’oublions pas que nos militaires sont en opération sur le terrain de la lutte directe des groupuscules du type Boko Haram. L’opération Barkhane ce n’est pas de la théorie. Il est donc tout à fait faux de parler d’indifférence, quels sont les pays qui s’impliquent autant dans cette lutte. Evidement la France n’a pas la capacité d’assurer à elle seule la sécurité, d’ailleurs elle n’en a pas la vocation, ni le mandat. Mais, on a pas à rougir de ces actions. On peut même se demander si, nous ne sommes pas trop impliqués, cela nous met, peut-être en danger plus que les autres, c’est tout à notre honneur.
Mac Gyv Mac Gyv                               Bien d’accord. D’ailleurs combien de chefs d’état ont fait acte de présence hier et vont rentrer bien frileusement dans leur pays en se gardant bien d’apporter une aide quelconque à l’action de la France sur le terrain.
Et combien de ceux qui défilaient hier se sont insurgés lors de notre intervention au Mali.
Je n’ai pas entendu non plus: « nous sommes tous des soldats qui les combattent sur le terrain. »
Charles Delaville                                                   Pas de marche de Bisousnours pour dénoncer ces massacres à grande échelle ?
Herve le Bris Herve le Bris                           Demain ou après demain…..40 chefs d’état vont venir défiler.
antonio martinho                                                    Une marche est elle prévue là bas ?? Tous ces grands grands dirigeants vont ils se déplacer ?
jacques coutan                                                        jusqu’à quand la communauté internationale va-t-elle laisser faire? Très bien la solidarité manifestée à Paris…..
 Pierre K                                                    Dans ces massacres, ces prétendus islamistes tuent par centaines des musulmans…
savoie                                                                   Je recommence ….Ce que l’homme et la femme ne voyaient pas à l’intérieur de leur tête et de leur corps : le mouvement dans leur cerveau et dans leur cœur « l’électroencéphalogramme et l’électrocardiogramme ».

Mais l’ancien testament nous donne des éléments qu’ils y sont. Ils mangent des fruits, ils respirent, ils marchent…
Ces mouvements si vous ne les avez plus vous êtes morts. Vous ne faites plus rien.

caŕrera101                                                                Incompréhensible …Pourquoi ces dingues ne sont-ils pas neutralisés ? Pourtant cela ne devrait pas être bien difficile. Ils sont tout aussi monstrueux (si ce n’est plus) que les fous de l’attaque de Charlie hebdo… Pourtant…
Basta Ya !                                                                                           Et après ça…Il va y encore y avoir des lumières, des cerveaux du FN pour nous affirmer que Hollande est un irresponsable, un minable qui décide tout seul (sic) d’engager la France dans des OPEX.

Mais c’est tout à l’honneur du Président François Hollande d’engager notre pays dans une lutte conforme aux Droits de L’homme et du Citoyen !

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L’Afrique de l’Ouest envisage une force armée contre Boko Haram

par Matthew Mpoke Bigg et Kwasi Kpodo

ACCRA (Reuters) – Les dirigeants de l’Afrique de l’Ouest demanderont la semaine prochaine à l’Union africaine (UA) l’autorisation de créer une force multinationale pour combattre les islamistes nigérians de Boko Haram, a dit vendredi à Reuters le président ghanéen John Mahama.

Une telle force serait à ce jour la réponse internationale la plus aboutie à des militants qui ont tué des milliers de personnes l’an dernier au Nigeria et qui ont commencé à lancer des attaques au Niger et au Cameroun.

Boko Haram, qui a fait son apparition sur le devant de la scène il y a cinq ans, est considéré comme la menace la plus grave pesant sur le Nigeria, le pays le plus peuplé d’Afrique et le principal producteur de pétrole du continent.

Mais selon John Mahama, le groupe et ses militants en Somalie, au Kenya, au Mali et ailleurs pose un risque bien plus important.

« Le terrorisme est comme un cancer. Si nous ne le traitons pas, il va continuer à se développer. Il menace tout le monde dans la région. Quand il s’agit de terrorisme, personne n’est trop loin ni trop près », a-t-il dit.

La mise sur pied d’une force placée sous l’égide de l’Union africaine devrait prendre plusieurs mois, a ajouté le président ghanéen, notant que des questions clefs, tels son commandement, sa localisation et son financement, n’avaient pas encore été tranchées.

Une fois l’entité opérationnelle, l’UA devrait demander un mandat auprès du Conseil de sécurité des Nations Unies pour la prendre en charge, comme cela s’est fait dans la région du Darfour, au Soudan, a encore dit John Mahama.

FORCE MULTINATIONALE

Ce dernier s’exprimait en tant que président de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), accusée de ne pas en avoir fait assez pour combattre Boko Haram.

« Le Nigeria mène des opérations militaires et le Cameroun combat Boko Haram mais je pense que nous en arrivons à un point où il faut probablement envisager la création d’une force régionale ou multinationale », a poursuivi John Mahama.

« C’est ce dont nous voulons discuter avec l’Union africaine parce que si cela se produit il faudra un mandat pour autoriser cette force à opérer. »

Le 24e sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA se tiendra du 23 au 31 janvier à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne.

Jeudi, le président camerounais Paul Biya a déclaré que le Tchad enverrait un important contingent militaire au Cameroun pour aider son voisin à lutter contre les incursions de plus en plus fréquentes des djihadistes de Boko Haram.

La chute, au début du mois, de Baga, ville du nord-est du Nigeria où, selon des responsables locaux, 2.000 personnes auraient été tuées, a conduit certains à appeler à un soutien international pour contenir l’insurrection de Boko Haram, qui s’est étendue à certains secteurs du Niger, de l’extrême nord du Cameroun et du sud du Tchad.

Les quatre pays d’Afrique les plus menacés par les islamistes nigérians de Boko Haram doivent mettre de côté leur méfiance réciproque et s’entendre sur une structure de commandement et une stratégie communes pour une force régionale, s’ils veulent venir à bout de cette insurrection, a déclaré mercredi un responsable des Nations unies.

Il y a un mois, la France s’est dit prête à contribuer à la coordination d’une force militaire régionale en Afrique de l’Ouest afin de lutter contre les islamistes de Boko Haram.

(Avec la contribution de John Irish à Paris et de Tansa Musa à Yaoundé, Guy Kerivel et Benoît Van Overstraeten pour le service français)

L’armée tchadienne fait mouvement vers le Cameroun contre Boko Haram

L’armée tchadienne faisait mouvement vendredi vers le Cameroun voisin pour livrer bataille aux islamistes armés de Boko Haram, accusés par Washington et Paris de « crimes contre l’humanité » après une série d’attaques meurtrières au Nigeria.

Une colonne de plusieurs dizaines de blindés tchadiens a quitté vendredi N’Djamena en direction du sud pour rejoindre le Cameroun, a constaté un journaliste de l’AFP.

Les véhicules ont emprunté le pont enjambant le fleuve Chari pour prendre la route du sud vers Bongor, secteur dans lequel les soldats tchadiens pourraient traverser la frontière camerounaise et se diriger vers l’ouest, en direction du Nigeria.

Quelques heures plus tôt, l’Assemblée nationale tchadienne avait autorisé l’envoi de soldats tchadiens, « en appui aux forces camerounaises et nigérianes engagées dans la guerre contre les terroristes au Cameroun et au Nigeria ».

Dans un message lu à l’Assemblée, le président tchadien Idriss Deby Itno a dit vouloir « reconquérir Baga, base principale de la force multinationale. La libération de cette localité (du nord-est du Nigeria), qui constitue l?épicentre de nos échanges économiques, est indispensable à la relance du trafic et à la circulation des biens et des personnes en toute sécurité ».

Début janvier, Baga, située sur la rive du lac Tchad, avait été prise par les islamistes armés.

– 1,5 million de déplacés –

Selon Amnesty International, cette attaque est « la plus grande et la plus destructrice » jamais perpétrée par le groupe armé depuis le début de son insurrection en 2009, qui depuis a fait plus de 13.000 morts et 1,5 million de déplacés.

Après Amnesty et le secrétaire d’Etat américain John Kerry jeudi, le président français François Hollande a également utilisé le terme de « crime contre l’humanité » pour qualifier les exactions de Boko Haram, déclarant que « ce ne sont plus simplement des femmes qui sont enlevées, c’est déjà suffisamment atroce, ce sont des enfants qui sont massacrés, ce sont des villages, des villes entières qui sont rasées ».

« Nous devons soutenir les pays concernés par ces fléaux: le Nigeria, le Cameroun, le Niger, le Tchad », a-t-il dit.

« Nous avons fait la démonstration de l’unité de la communauté internationale face à un ennemi commun (…): le terrorisme », a-t-il ajouté, en référence aux attentats de la semaine dernière à Paris (17 morts, une vingtaine de blessés).

La sous-secrétaire générale de l’ONU, Leila Zerrougui, a appelé vendredi à une « réponse régionale », tandis que le président ghanéen, John Dramani Mahama, qui préside actuellement la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), a déclaré espérer parvenir à « un plan d’action spécifique pour en finir avec le problème du terrorisme sur le continent » africain.

« Nous ne pouvons rester là sans rien dire, à attendre les bras croisés que la communauté internationale intervienne, pas quand nos frères et nos soeurs sont massacrés et brûlés dans leurs maisons et dans les rues de leurs villes et leurs villages », a-t-il dit.

L’ambassadeur russe au Cameroun a assuré, après un entretien avec le président Paul Biya, que la Russie fournirait des armes modernes au Cameroun pour combattre Boko Haram.

Des témoignages édifiants continuent d’affluer sur Baga. « Boko Haram a enlevé au moins 300 femmes et nous a détenues dans une école de Baga », déclarait une femme citée par Amnesty dans un communiqué jeudi, sous couvert d’anonymat.

« Ils ont libéré les femmes âgées et les mères et la plupart des enfants au bout de quatre jours, mais ils détiennent toujours les jeunes filles », ajoutait-elle.

Mala Kyari Shuwaram, un chef local de Baga, a fui à Dubuwa, sur la rive tchadienne du lac Tchad où ont afflué 7.500 réfugiés, selon le Bureau des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha). Il assure que Boko Haram s’est installé dans la localité.

– Contenir la menace –

Le groupe islamiste a proclamé un califat dans le nord-est du Nigeria et multiplie les attaques dans le pays et contre le Cameroun voisin. Lundi encore, il a lancé un raid sur une base de l’armée camerounaise à Kolofata. Yaoundé a fait état d’un bilan de 143 « terroristes tués » pour un seul décès côté camerounais. Aucun bilan indépendant n’est toutefois disponible.

Cette attaque ainsi que l’activité incessante du groupe dans la zone a conduit le Cameroun à faire appel à son voisin pour contenir la menace.

Le Tchad, qui considère désormais que Boko Haram menace ses « intérêts vitaux », dispose d’une armée puissante. Elle a fait ses preuves au Mali début 2013 dans la lutte contre les groupes jihadistes locaux aux côtés de l’armée française, qui depuis a installé l’état-major de son opération de lutte contre ces groupes au Sahel, baptisée « Barkhane », à N’Djamena.


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