Massacre à Charlie HebdoMassacre à Charlie Hebdo

Caricatures : dix ans de fièvre planétaire

LE MONDE Hélène Sallon, Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant) et Olivier Truc (Stockholm, correspondance)

Manifestation de colère à Islamabad après la publication des caricatures de Mahomet par « Charlie Hebdo », en 2006.

« Charlie Hebdo et moi avons un destin commun », a confié à la radio danoise le dessinateur Kurt Westergaard, après la tuerie de Charlie Hebdo dans laquelle plusieurs de ses collègues ont été assassinés, mercredi 7 janvier. Leur destin est lié depuis l’affaire des caricatures de Mahomet. Le dessinateur a provoqué l’indignation de la communauté musulmane avec la publication, le 30 septembre 2005, d’un dessin du Prophète portant un turban en forme de bombe, dans le quotidien danois Jyllands-Posten. Accusé de blasphème, il a vu sa tête mise à prix par des groupes islamistes. En solidarité, plusieurs journaux européens ont publié, en février 2006, les caricatures du Jyllands-Posten. Le journal satirique français a été l’un des premiers à s’engager pour défendre cette liberté d’expression.

Dans le monde arabe, la colère a été lente à monter. Les manifestations ne commencent véritablement que cinq mois après le « coup » du Jyllands-Posten. Pourtant, le 17 octobre 2005, Al-Fagr, un hebdomadaire à sensation égyptien, publie les caricatures honnies, en critiquant leur « mauvais goût ». Le dessin du Prophète enturbanné, un cimeterre à la main, entouré de deux femmes voilées, est reproduit en « une ». C’est la période du ramadan, le mois le plus sacré du calendrier islamique, propice à toutes les indignations au nom de la religion. Mais la publication ne suscite aucune réaction, ni politique ni religieuse.

« Europe, ton 11-Septembre va venir »

« Charlie », la France, l’islam: essayer de réfléchir après la catastrophe

BibliObs

Revue de presse de ce qui a été écrit à travers le monde, après l’attentat qui a frappé l’hebdomadaire satirique.

Sydney, le 8 janvier.  (AFP PHOTO/Peter PARKS) Sydney, le 8 janvier. (AFP PHOTO/Peter PARKS)

L’attentat perpétré mercredi contre «Charlie Hebdo» a laissé beaucoup d’entre nous sans voix, sidérés par l’idée que des hommes aussi doux que Wolinski ou Cabu ont été froidement exécutés, frappés par des balles de kalachnikov.

Que s’est-il passé ? Que peut-on en dire aujourd’hui, alors que la querelle politique reprend ses droits, pour le meilleur et pour le pire? De tout ce que nous avons lu, ces dernières heures, voici une sélection de quelques contributions, rédigées dans l’instant, parfois contradictoires entre elles et avec lesquelles nous ne sommes pas forcément d’accord, mais qui nous semblent poser des questions intéressantes, à défaut d’y répondre.

« La peur de la religion »

par Salman Rushdie (écrivain)

« La religion, forme médiévale de déraison, devient une menace effective contre nos libertés quand elle est combinée avec de l’armement moderne. Le totalitarisme religieux a engendré une mutation mortelle au coeur de l’islam, une mutation dont nous voyons les conséquences tragiques à Paris aujourd’hui. Je suis aux côtés de «Charlie Hebdo», comme nous devons tous l’être, pour défendre l’art de la satire, qui a toujours été une arme pour la liberté et contre la tyrannie, la malhonnêteté et la stupidité. Le « respect de la religion » est devenue une formule signifiant « peur de la religion ». Les religions, comme toutes les autres idées, méritent la critique, la satire et, oui, notre irrespect courageux.»

« Rien à voir avec l’islam ? »

par Pierre Jourde (écrivain)

« Les gens qui manifestaient par millions, partout dans le monde, notamment en Europe, en 2006, pour appeler à assassiner les blasphémateurs, les gens qui manifestaient encore en France récemment aux cris de « mort aux juifs », les gens qui ont crié de joie le jour du 11 septembre, les gens qui dans certaines cités ont applaudi aux exploits de Mohammed Merah, « héros de l’islam », (…) ces millions de gens, donc, n’ont « rien à voir avec l’islam » ? En tous cas, ils rendent le plus mauvais service possible à l’Islam. Incontestablement, les salopards qui ont tué à « Charlie Hebdo » sont les meilleurs ennemis de l’islam. Mais comment croire qu’ils lui sont absolument étrangers ?

Encore une fois, je respecte l’islam, mais ça devient trop facile. On n’en sortira que si ce sont les musulmans qui prennent ce problème en main. Il serait temps qu’ils se mobilisent, et qu’ils ne laissent pas la rue aux barbus, aux Belphégor à voiles noirs et aux fanatiques.»

Lire le texte complet (sur son blog)

« L’amalgame va se renforcer »

par Malek Chebel (essayiste)

« Je suis très pessimiste pour l’immédiat. Tout le travail que nous faisons depuis les dix dernières années pour éclairer les Français sur l’islam a été balayé en cinq minutes. L’amalgame dont sont victimes les musulmans de France va se renforcer à cause de cette tragédie. Certains Français vont plus que jamais assimiler islam et islamisme et le musulman du coin de la rue à un terroriste.

(…)

Beaucoup de musulmans vont participer aux différentes marches qui auront lieu ces prochains jours en hommage aux victimes. Mais ils doivent se positionner avant tout en tant que citoyens français. Car quand des commandos viennent tuer des journalistes, il s’agit d’une guerre contre la nation.»

Lire le texte complet (sur 20minutes.fr)

« Les assassins ne paraissent forts que parce que nous sommes faibles »

par Jacques Sapir (économiste) 

«Le massacre commis par les assassins au siège de « Charlie Hebdo » a choqué, bouleversé, indigné. Mais il nous interpelle aussi. Il est de la tache de la police de complètement éclaircir les complicités dont les auteurs de ce crime atroce ont pu bénéficier. (…) Mais, d’ores et déjà, deux problèmes émergent : celui de la Nation, et donc de la souveraineté, et celui de la laïcité.

Ce que révèlent les dérives sectaires, certes très minoritaires, mais qui existent néanmoins dans une partie de la jeunesse française, c’est le sentiment d’anomie quant à l’identité. Une partie des jeunes, issus de l’immigration, ne peuvent pas s’intégrer car ils ne savent pas à quoi s’intégrer. (…)

Les assassins ne paraissent forts que parce que nous sommes faibles, et oublieux des principes dont nous sommes porteurs. Nous les avons laissé monter sur nos épaules. Redressons-nous et ils joncheront la terre !»

Lire le texte complet (sur le blog de Jacques Sapir)

« Un mouvement dangereux et cruel »

par Ayaan Hirsi Ali (écrivain néerlandaise et somalienne)

« En Hollande, quand mon ami Theo Van Gogh a été assassiné il y a tout juste dix ans, on a entendu beaucoup de gens dire – la stupeur initiale passée – qu’il était un provocateur, et qu’il avait offensé les musulmans.

(…)

Nous devons réaliser qu’il existe un mouvement – très dangereux et très cruel – qui a une vision politique de la façon dont le monde devrait être organisé et de la manière dont la société devrait vivre. Et qu’ils sont capables de tout pour imposer cette vision. A utiliser la violence. A utiliser la terreur.

S’agit-il d’une secte ? Ou les principes de cette secte sont-ils présents dans l’islam ? Je pense pour ma part qu’ils le sont. La seule manière pour les musulmans pacifiques de s’en débarrasser serait de réformer leur religion pour qu’elle ne justifie plus, par exemple, le meurtre des gens considérés comme des blasphémateurs.»

Lire le texte complet (en anglais, sur le « Daily Beast »)

« Nous allons tenter d’expliquer que… »

par George Packer (journaliste au « New Yorker ») 

«Les meurtres de Paris ne sont pas une conséquence de l’échec français à assimiler deux générations de musulmans venus de leurs anciennes colonies. Ils n’ont rien à voir avec l’action militaire française contre Daech au Moyen-Orient, ou avec l’invasion américaine de l’Irak. Ils ne relèvent pas d’une grande vague de violence nihiliste dans un Occident économiquement dépressif, socialement atomisé et vide de sens – une version parisienne de Newtown ou Oslo. Ce sont seulement les derniers coups portés par une idéologie qui cherche à imposer son pouvoir par la terreur depuis des décennies.

Parce que cette idéologie est le produit d’une grande religion de notre monde, nous allons tenter d’expliquer, à l’aide d’une logique méticuleuse et entortillée, que la violence a, ou n’a rien, à voir avec l’islam. Des gens bien intentionnés vont tourner autour de la question musulmane, affirmant que le carnage n’a rien à voir avec la foi, ou que l’islam est une religion de paix, ou que, au plus, cette violence est la distorsion d’une grande religion. (Après les attentats-suicide à Bagdad, je me suis habitué à entendre des Irakiens dire: « Un musulman ne ferait jamais ça. ») D’autres vont vouloir tout rapporter au contenu théologique de l’islam, comme si les autres religions étaient intrinsèquement pacifiques – ce qui est démenti aussi bien par l’histoire que par les textes saints. (…) Une religion n’est pas qu’un ensemble de textes, mais est aussi faite des croyances et des pratiques de ses fidèles.

(…)

Ces remarques ne nous donneront pas de quoi combattre l’ahurissante multiplication des massacres islamistes à travers le monde. La colère et la condamnation n’aideront pas, non plus que le fait de s’aliéner les millions de musulmans qui haïssent les crimes perpétrés au nom de leur religion.»

Lire le texte complet (en anglais, sur le site du « New Yorker »)

« J’ai honte »

par Ersu Ablak (journaliste au quotidien turc « Hürriyet »)

« J’ai honte du nombre de citoyens turcs [mais aussi de nombreux internautes arabes] qui félicitent les auteurs de cette attaque sur les forums et dans les commentaires des médias en ligne. Le post d’un internaute affirmant qu’ils « n’ont eu que ce qu’ils méritaient » a reçu 158 mentions « J’aime » en seulement trente minutes. On ne compte plus les réactions de ce genre.»

Lire le texte complet (sur « Courrier International »)

« Ceux que nous blâmons… »

par Abderrahman al-Rached (directeur du quotidien moyen-oriental «Asharq Al-Awsat ») 

« Ce ne sont pas les terroristes que nous voulons blâmer ici. Eux, ils assument leurs crimes et la haine qu’ils vouent au monde entier. Ceux que nous blâmons, ce sont tous ceux qui les justifient et qui abusent des millions de musulmans par leurs « explications » et par leurs mensonges. Il y en a par exemple qui expliquent que ce crime abject a été manigancé par le gouvernement français lui-même, à des fins complotistes. Quelle bêtise de nous rabaisser à de telles foutaises.

Ces « justificateurs » couvrent les terroristes et leur donnent une légitimité, alors que nous devrions être aux premières loges pour condamner et désavouer. Ils devaient se rendre compte de l’énormité du crime qu’ils commettent à leur tour.»

Lire le texte complet (sur « Courrier International »)

« Quelque chose de typiquement français »

par la rédaction du « Guardian »

« Il y a, peut-être, quelque chose de typiquement français dans la causticité dont « Charlie Hebdo » se délectait. L’anticléricalisme a toujours été un cri de ralliement républicain, surtout à gauche, d’une manière que nous ne connaissons pas en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis. (…) Un laïcisme aussi virulent va de pair avec cette conception affirmée de la citoyenneté française qui a présidé à l’interdiction du voile intégral par l’Assemblée nationale, avec un seul vote contre.

Face à l’indignation, il est crucial que la volonté de défendre la vertu républicaine ne tombe pas dans la punition de la communauté musulmane française, la plus grande d’Europe, et ne blâme pas la majorité pacifique pour les actes impardonnables d’une poignée de criminels.

Lire le texte complet (en anglais, sur le site du « Guardian »)

« L’exact opposé de ce qu’était ‘Charlie' »

par Arthur Goldhammer (écrivain et traducteur)

« La satire dans laquelle « Charlie Hebdo » s’illustrait était plus blasphématoire que politique, et trouve ses racines dans l’histoire européenne, d’une époque où, pour combattre l’autorité, il fallait s’en prendre à Dieu lui-même. De ce point de vue, les fanatiques ne se sont pas trompés: « Charlie Hebdo » était là pour insulter le sacré en tant que tel.

Après la tragédie, beaucoup de journaux occidentaux se sont empressés de publier des reproductions des couvertures de « Charlie Hebdo », comme pour prouver que la violence terroriste ne peut venir à bout de la liberté d’expression. Un tel hommage au magazine est, dans un sens, approprié et adéquat, mais il est, dans un autre, l’exact opposé de ce qu’était « Charlie Hebdo ».

Reproduire le travail des artistes assassinés tend à les sacraliser en tant qu’incarnations d’une idée abstraite de la liberté d’expression. Mais beaucoup de journaux qui honorent aujourd’hui les morts comme des martyrs auraient hier trouvé leur travail obscène et de mauvais goût, et il l’était souvent. Le but même de cette satire était d’être obscène et de mauvais goût, de ne respecter aucune convenance, d’être indomptable, incorrigible, et donc impubliable ailleurs.»

Lire le texte complet (sur Al-Jazeera America)

« Irresponsabilité éditoriale »

par Tony Barber (rédacteur en chef au « Financial Times »)

« C’est une vieille tradition, chez « Charlie Hebdo », de moquer, asticoter et provoquer les musulmans français. Si le magazine se garde de tomber dans la franche insulte, il n’en est pas pour autant le héros le plus glorieux du principe de liberté d’expression. La France est le pays de Voltaire, mais l’irresponsabilité éditoriale a trop souvent prévalu à « Charlie Hebdo ».

Il ne s’agit pas d’excuser les meurtriers, qui doivent être arrêtés et punis, ou de suggérer que la liberté d’expression ne devrait pas protéger la satire de la religion. Mais seulement de dire que le bon sens serait utile dans des publications comme « Charlie Hebdo » ou le journal danois « Jyllands-Posten », qui prétendent remporter une victoire pour la liberté en provoquant des musulmans, mais qui sont en réalité simplement stupides.»

Note : une vague d’indignation a poussé le « FT » à réviser cet article et à en supprimer certaines phrases. Ceci est la version initialement parue. Que des défenseurs de la liberté d’expression poussent un journal à se censurer, ça nous dépasse plutôt.

« Les trois connards, je vous emmerde »

par Titiou Lecoq (écrivain)

« D’un coup de kalachnikov, on ne se contente pas de tuer quelqu’un, on bouleverse une société qui ne sera plus jamais la même. Et le choc est d’autant plus violent que ce n’est pas la liberté d’informer qui est remise en cause. Ils n’ont pas été exécutés parce qu’ils allaient révéler un complot mondial. Ils ont payé de leur sang notre droit au rire. Trois connards en cagoule viennent de nous dire «vous n’avez plus le droit de vous marrer».

(…)

Là-dessus, les trois connards, vous avez gagné. Vous avez gagné parce que Charb est mort, parce que Cabu est mort, parce que Wolinski est mort, parce que Tignous est mort. Parce que vous les avez fait crever dans des mares de sang.

Mais vous avez perdu parce que ces caricatures, on les reprend toutes à notre compte.

Parce qu’il ne suffit pas d’éliminer des hommes pour que leurs oeuvres disparaissent.

Vous avez perdu parce que vous nous avez rappelé des évidences, parce que, aujourd’hui au moins, vous avez soudé une société déchirée. Soudée contre vous, soudée dans la nausée, par une gerbe mondiale qui nous prend aux tripes.

Et, au fait, j’allais oublier de vous dire : je vous emmerde.»

Ahmed, Frédéric, Elsa… Les autres victimes de l’attentat contre Charlie Hebdo

Outre les figures célèbres de Charlie Hebdo, fauchées lors de l’attaque qui a visé les locaux parisiens du journal satirique mercredi, d’autres victimes moins connues sont à déplorer. Sur Internet, les hommages se multiplient, pour elles aussi.

Ahmed, Frédéric, Elsa... Les autres victimes de l'attentat contre Charlie Hebdo

Ahmed Merabet, 42 ans, est l’un des deux policiers tués par les assaillants de « Charlie Hebdo » mercredi. Son prénom est devenu un mot-clé sur Twitter: #JesuisAhmed.    Capture d’écran Twitter

Frédéric Boisseau, Ahmed Merabet, Franck Brinsolaro, Elsa Cayat, Mustapha Ourrad et Michel Renaud.

Ils sont six. Six personnes parmi les douze victimes tombées sous les balles des assaillants cagoulés qui ont pénétré dans les locaux parisiens de Charlie Hebdo, mercredi en fin de matinée. Moins célèbres que les dessinateurs et chroniqueurs de renom également tués dans cette tragédie, ils font néanmoins l’objet d’un nombre important d’hommages sur Internet. Notamment le policier musulman, dont le prénom commence à devenir un symbole.

>> Lire aussi: Charb, Cabu, Wolinski, Tignous et Honoré, les cinq dessinateurs fauchés

>> Lire aussi: Bernard Maris, un « honnête homme »

Frédéric Boisseau

Frédéric Boisseau, 42 ans, était agent de maintenaince et chef d’équipe chez Sodexo. Il travaillait à l’accueil de l’immeuble de la rue Nicolas Appert, au moment de l’attaque. Sodexo a rappelé dans un courrier électronique adressé à ses collaborateurs qu’il travaillait pour cette entreprise depuis quinze ans. Il était marié et père de deux enfants de 10 et 12 ans.

Ahmed Merabet

Ahmed Merabet, 42 ans, était agent de police. Membre de la brigade VTT du commissariat du 11e arrondissement de Paris, il patrouillait dans la zone quand, Boulevard Richard Lenoir, il a croisé la route des assaillants qui quittaient les locaux de Charlie Hebdo. Des échanges de coups de feu ont eu lieu. D’abord grièvement atteint par un tir, le policier s’est écroulé sur un trottoir. Toujours conscient, il a supplié l’un des agresseurs qui l’a tué à bout portant sans aucune hésitation, avant de prendre la fuite à bord d’une Citroën C3 noire.

Le prénom d’Ahmed Merabet est devenu un mot-clé sur Twitter: #JesuisAhmed est moins populaire que #JesuisCharlie, certes, mais il est utilisé par de nombreux internautes. Pour rendre hommage au policier, bien sûr. Pour souligner le fait qu’il était musulman, aussi, et qu’il faut éviter tout amalgame entre la tragédie de mercredi et la stigmatisation de l’islam dans son ensemble.

Franck Brinsolaro

Franck Brinsolaro, 49 ans, était lui aussi policier. Membre du Service de la Protection des Personnes (SDLPP), il assurait en permanence la protection de Charb, le directeur de la publication de Charlie Hebdo. Il a été abattu dans les locaux de l’hebdomadaire. Originaire de l’Eure, Franck Brinsolaro venait de se marier avec la rédactrice en chef de L’Eveil Normand. Il était le père de deux enfants.

Elsa Cayat

Elsa Cayat était « une psy pour Charlie », titre Libération en rendant hommage à la seule femme tuée par les assaillants mercredi. Psychiatre et psychanalyste, elle tenait la chronique Divan, deux fois par mois, dans les colonnes de l’hebdomadaire satirique.

Mustapha Ourrad

Mustapha Ourrad était correcteur à Charlie Hebdo. Né en Algérie, « kabyle » d’après Le Monde, il venait d’obtenir la nationalité française. « Autodidacte » et d’une grande « érudition », selon le quotidien, il avait travaillé pour une maison d’édition et plusieurs journaux avant l’hebdomadaire satirique. Il avait deux enfants.

Michel Renaud

Michel Renaud, ex-journaliste devenu grand voyageur, se trouvait à Charlie Hebdo pour participer à la conférence de rédaction. Il venait aussi remettre à Cabu des dessins que ce dernier lui avait prêtés, pour la dernière édition du festival « Rendez-vous du carnet de voyage ». Michel Renaud avait fondé de festival à Clermont-Ferrand, ville où il fut aussi directeur de cabinet du maire.

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Commentaires

Ilian                                                                     A part pour une, qui peut dire qu’il s’agit de femmes ? Mais elles/ils ont le droit de considérer qu’il s’agit de blasphème et de le dire. De là à s’arroger celui de faire justice en lieu et place du créateur, d’aucuns pourraient y voir un sacrilège …

Elise Dorel                                                          C’est rare de voir des femmes qui manifestent dans ces pays mais la elles sont affichées pour une mauvaise cause , bien sur, si la photo est vraiment en relation avec les caricatures c’est bizarre de les voir manifester contre la liberté d’expression, elles qui en sont privées ! Où sont les hommes si omniprésents d habitude?!

Marcel Godefroy                                                Sur le cliché je vois des caricatures de femmes , des amas de tissu dont on nous dit qu’en dessous il y aurait des femmes : et là je dis HALTE AUX CARICATURES !

leon noel                                                              Finalement, je ne vois pas par quel masochisme nous serions obligés d accepter que migrent en France des populations qui n adhérent pas à notre mode de vie. Oui à l immigration choisie.
Léo  Léo 
Chercher les motifs, les raisons, c’est bien,
Arriver à convaincre les impétrants serait mieux, mais c’est inespéré,
Il n’est plus temps d’analyser, ceux qui nous perturbent, ont un coup d’avance à tous coups, pour eux, le temps ne compte pas, ils espèrent une autre existence, impossible de discuter avec des personnes de ce type,

Claude Charonne                                            Pour les « intellectuels » qui ont attaqué les mosquées cette nuit, c’est tout réfléchi apparemment. Être musulman dans la « patrie des droits de l’homme », c’était déjà difficile. A présent cela va devenir franchement pénible. Comme sous toutes les latitudes, les extrémistes de chaque camp sont les meilleurs alliés objectifs: les islamo-fascistes sont les meilleurs agents électoraux de l’extrême droite.
Tigre Bleu Tigre Bleu                             Pour qu’il y ait fusion, encore faudrait-il qu’il y ait un dialogue franc et direct. Entre ceux qui ont peur de l’Islam et les musulmans qui ont peur de la République laïque, on ne peut pas dire que les échanges soient constructifs. C’est à l’Etat à dire haut et fort, inlassablement, ce qu’il entend défendre, la laïcité et la liberté d’expression de tout un chacun (ce qu’il n’a pas beaucoup fait ces dernières années en cédant toujours plus aux pressions des lobbys confessionnels de tous poils). La foi est du domaine du privé, il faut de rappeler très clairement. Elle n’a pas sa place dans la sphère publique (je ne parle pas d’interdire une croix ou tout autre colifichet religieux, mais d’interdire tout prosélytisme). Le dialogue avec les musulmans, comme avec les autres croyants ne pourra se faire que de manière très élargie, pas avec les seuls dignitaires religieux qui ne représentent qu’eux-mêmes!
Sonyboy 13                                                       Les dits modérés ne font que se chercher des excuses depuis hier. Ils sont plus préoccupés par les conséquences sur eux que par l’assassinat d’innocents. Je trouve cela tellement indécent.
rudolf BKOUCHE                                           Il y a ceux qui veulent continuer le match séculaire Chrétienté vs Islam, et ceux-là sont des deux côtés, du côté de la Chrétienté, qu’ils soient croyants ou non, et du côté de l’Islam, comme Al Qaïda et DAESH. Et les deux veulent mobiliser leurs troupes, c’est-à-dire ceux qu’ils considèrent comme leur appartenant. Des deux côtés on retrouve les adeptes du clash de civilisations. Alors qu’on ne s’y trompent pas, notre ennemi, ce sont ceux des deux côtés qui veulent provoquer le conflit. Et comme toujours, les premiers ennemis de ces extrémistes, ce sont ceux qui ne veulent pas, dans chacun des camps, jouer au clash des civilisations.
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