« Somos todos americanos »

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Erdogan et la démocratieErdogan et la démocratie

Pour Barack Obama la politique d’isolation de Cuba a échoué, il est temps de s’engager sur un nouveau chemin. La libération de trois espions cubains, en échange d’un américain emprisonné à Cuba, marque un tournant sans précédent. Sur les réseaux sociaux beaucoup ont qualifié le discours de Barack Obama d' »historique ». Mais aux États-Unis, notamment en Floride, certains critiquent la naïveté du président américain. Du côté de la Havane on évoquait une victoire du régime castriste… Après des décennies de tensions héritées de le Guerre froide, les États-Unis et Cuba ont engagé un rapprochement diplomatique spectaculaire. Comment expliquer ce tournant historique ? Dans quelle mesure la coopération économique annoncée va-t-elle changer le quotidien des Cubains ? Les Etats-Unis ont annoncé mercredi 17 décembre 2014 un rapprochement spectaculaire et historique avec Cuba prévoyant le rétablissement des relations diplomatiques avec le régime communiste et l’allègement des sanctions économiques en place depuis plus d’un demi-siècle.

Un « nouveau chapitre » historique entre les États-Unis et Cuba

Le Point –

VIDÉO. Obama a annoncé mercredi l’ouverture d’un « nouveau chapitre », prévoyant le rétablissement des relations diplomatiques avec l’île communiste.

Les autorités cubaines ont libéré mercredi l'Américain Alan Gross, écroué depuis 2009 pour des raisons humanitaires et à la demande de Washington.
Les autorités cubaines ont libéré mercredi l’Américain Alan Gross, écroué depuis 2009 pour des raisons humanitaires et à la demande de Washington. © SAUL LOEB / AFP

Les États-Unis et Cuba ont engagé mercredi un rapprochement spectaculaire après des décennies de tensions héritées de la guerre froide, suscitant l’espoir des Cubains sur l’île, avec les promesses d’un rétablissement des relations diplomatiques et d’une plus grande coopération économique. « Todos somos americanos » (Nous sommes tous américains), a lancé Barack Obama lors d’une allocution qui devrait marquer son passage à la Maison-Blanche.

« Il y a une histoire compliquée entre les États-Unis et Cuba (…), mais l’heure est venue d’entamer un nouveau chapitre », a ajouté le 44e président des États-Unis, constatant sans détour l’échec d’un demi-siècle d’isolement du régime communiste. Au même moment, à La Havane, son homologue cubain Raul Castro confirmait cette percée historique, tout en soulignant que la question de l’embargo économique, imposé à Cuba par John F. Kennedy en 1962, n’était pas résolue. Barack Obama a demandé un débat, qui s’annonce déjà houleux, avec le Congrès américain sur la levée de cette mesure « inscrite dans la loi ».

Joie et espoir

Dans les rues de La Havane, la joie et l’espoir étaient sur toutes les lèvres. « Notre vie à tous va changer », s’est exclamé avec enthousiasme Ernesto Pérez, cuisinier cubain de 52 ans. Amelia Gutiérrez, employée de banque enceinte de sept mois, se réjouit que son fils « n’aura pas à vivre dans la même tension ». Rappelant que certains Cubains ont « travaillé très dur » pour provoquer ce changement, l’homme d’affaires cubano-américain Hugo Cancio, directeur de la revue OnCuba, voit « le début d’un nouveau rêve ».

Des représentants de la dissidence cubaine ont réagi avec moins d’enthousiasme. Pour l’ancien prisonnier politique José Daniel Ferrer, qui préside à Santiago de Cuba (sud-est) l’Union patriotique de Cuba (UPACU), il aurait fallu « attendre un geste de La Havane sur les droits de l’homme ». « Le castrisme a gagné », a réagi de son côté la blogueuse Yoani Sanchez, en faisant référence à la libération obtenue par Cuba de trois ressortissants écroués aux États-Unis. « Nous attendent maintenant de longues semaines de réjouissances et de slogans pendant lesquelles le gouvernement cubain se proclamera vainqueur de sa dernière bataille. » À Miami, des exilés anti-castristes voient dans le rapprochement entre les deux pays « une trahison ». « Les pourparlers ne vont profiter qu’à Cuba », juge ainsi Carlos Muñoz Fontanil.

Ouverture prochaine d’une ambassade

Le pape François, personnellement impliqué dans ces négociations menées dans le plus grand secret depuis le printemps 2013, a salué une « décision historique », louant le rapprochement entre deux pays séparés seulement par les 150 kilomètres du détroit de Floride. Le secrétaire d’État américain John Kerry va entamer « immédiatement » des discussions en vue du rétablissement des relations diplomatiques avec ce petit pays des Caraïbes, interrompues depuis 1961. Perspective longtemps impensable, les États-Unis vont par ailleurs ouvrir une ambassade à La Havane « dans les mois à venir », et Barack Obama n’a pas exclu de se rendre à Cuba : « Je n’ai pas de projet particulier à ce propos pour le moment, mais voyons comment les choses évoluent », a affirmé le président américain sur ABC News.

Parmi les mesures annoncées pour favoriser les échanges économiques, les Américains pourront désormais utiliser leurs cartes de crédit à Cuba et les institutions américaines pourront ouvrir des comptes dans les institutions financières cubaines. L’exportation de certains matériels de télécommunication sera aussi permise, dans le but de développer Internet sur l’île. Les voyageurs américains pourront par ailleurs rapporter depuis Cuba jusqu’à 100 dollars de tabac, ce qui inclut, bien sûr, les célèbres cigares cubains. La prétendante officieuse à la Maison-Blanche Hillary Clinton a salué ce rapprochement, estimant que l’isolement de Cuba « n’a fait que renforcer le maintien du régime Castro au pouvoir ».

Signes de détente

Selon un responsable américain, l’ancien président Fidel Castro, qui a cédé la place à son frère Raul en 2006, n’a pas été impliqué dans les discussions. Les pays latino-américains, même les plus critiques envers les États-Unis, ont applaudi ce développement, le Vénézuélien Nicolás Maduro allant jusqu’à saluer « le geste courageux » de Barack Obama. Cette annonce historique est intervenue quelques heures après la libération d’Alan Gross, un Américain de 65 ans détenu depuis cinq ans à La Havane. Washington a toujours conditionné une détente avec Cuba à la libération de cet ancien contractuel de l’Agence fédérale américaine pour le développement international (USAID). Arrêté le 3 décembre 2009 à Cuba, il avait été condamné en 2011 à 15 ans de prison pour avoir introduit du matériel de transmission satellitaire interdit dans l’île communiste.

Parallèlement, un espion à la solde du renseignement américain, écroué à Cuba depuis 20 ans et dont très peu de gens connaissaient l’existence, a été libéré de prison. Trois Cubains, écroués aux États-Unis après avoir été condamnés à de lourdes peines pour espionnage, ont également retrouvé la liberté. Les relations entre Washington et La Havane ont été marquées par une succession d’épisodes tendus depuis le début des années 60. Celui de la baie des Cochons, lorsqu’en avril 1961, près de 1 400 exilés cubains entraînés et payés par la CIA ont tenté sans y parvenir de débarquer sur l’île, a marqué les esprits.

Les tensions entre les deux pays ont connu leur point d’orgue en octobre 1962, lorsqu’un avion-espion américain repère sur l’île des missiles nucléaires soviétiques dirigés vers les États-Unis. Le monde se prépare alors à une guerre nucléaire. Mais le 28 octobre, sans consulter Castro, le dirigeant russe Nikita Khrouchtchev cède et accepte le retrait des missiles en échange d’un engagement solennel des États-Unis de ne pas envahir Cuba. En sous-main, Moscou obtient aussi le retrait des missiles américains déployés en Turquie. Depuis l’arrivée de Raul Castro au pouvoir en 2006, quelques timides signes de détente entre les deux pays étaient apparus. En décembre 2013, MM. Obama et Castro avaient échangé une poignée de main lors d’une cérémonie d’hommage à l’ancien président sud-africain Nelson Mandela. Dans le cadre de la riposte face à Ebola, les États-Unis et Cuba ont multiplié les échanges d’amabilités.

Les Etats-Unis et Cuba engagent un rapprochement historique, joie sur l’île

Les Etats-Unis et Cuba ont engagé mercredi un rapprochement spectaculaire après des décennies de tensions héritées de la Guerre froide, suscitant l’espoir des Cubains sur l’île, avec les promesses d’un rétablissement des relations diplomatiques et d’une plus grande coopération économique.

« Todos somos americanos » (Nous sommes tous américains) a lancé Barack Obama lors d’une allocution qui devrait marquer son passage à la Maison Blanche.

« Il y a une histoire compliquée entre les Etats-Unis et Cuba (…) mais l’heure est venue d’entamer un nouveau chapitre », a ajouté le 44e président des Etats-Unis, constatant sans détour l’échec d’un demi-siècle d’isolement du régime communiste.

Au même moment, à La Havane, son homologue cubain Raul Castro confirmait cette percée historique, tout en soulignant que la question de l’embargo économique, imposé à Cuba par John F. Kennedy en 1962, n’était pas résolue. M. Obama a demandé un débat, qui s’annonce déjà houleux, avec le Congrès américain sur la levée de cette mesure « inscrite dans la loi ».

Dans les rues de La Havane, la joie et l’espoir étaient sur toutes les lèvres. « Notre vie à tous va changer », s’est exclamé avec enthousiasme Ernesto Pérez, cuisinier cubain de 52 ans.

Beaucoup de Cubains ont appris la nouvelle sur leur lieu de travail, certains organisant des réunions spontanées pour partager leur joie.

Amelia Gutiérrez, employée de banque enceinte de sept mois, se réjouit que son fils « n’aura pas à vivre dans la même tension ». « Cela pourrait ouvrir beaucoup de portes, surtout en matière de commerce », veut croire Marlon Torres, étudiant de 16 ans.

Rappelant que certains Cubains ont « travaillé très dur » pour provoquer ce changement, l’homme d’affaires cubano-américain Hugo Cancio, directeur de la revue OnCuba, voit « le début d’un nouveau rêve ».

– Négociations secrètes –

MM. Obama et Castro se sont entretenus par téléphone pendant près d’une heure mardi et la Maison Blanche n’a pas exclu une visite de M. Obama à Cuba.

Le pape François, personnellement impliqué dans ces négociation menées dans le plus grand secret depuis le printemps 2013, a salué une « décision historique », louant le rapprochement entre deux pays séparés seulement par les 150 km du détroit de Floride.

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry va entamer « immédiatement » des discussions en vue du rétablissement des relations diplomatiques avec ce petit pays des Caraïbes, interrompues depuis 1961.

Perspective longtemps impensable, les Etats-Unis vont par ailleurs ouvrir une ambassade à La Havane « dans les mois à venir », et Barack Obama n’a pas exclu non plus de se rendre à Cuba: « Je n’ai pas de projet particulier à ce propos pour le moment, mais voyons comment les choses évoluent », a affirmé le président américain dans une interview à ABC News.

Parmi les mesures annoncées pour favoriser les échanges économiques, les Américains pourront désormais utiliser leurs cartes de crédit à Cuba et les institutions américaines pourront ouvrir des comptes dans les institutions financières cubaines. L’exportation de certains matériels de télécommunication sera aussi permise, dans le but de développer internet sur l’île.

Les voyageurs américains pourront par ailleurs rapporter depuis Cubajusqu’à 100 dollars de tabac, ce qui inclut, bien sûr, les célèbres cigares cubains. Si les voyages touristiques indépendants restent à ce stade interdits, nombre de procédures seront assouplies pour les chercheurs, les enseignants ou les journalistes.

Selon un responsable américain, l’ancien président Fidel Castro, qui a cédé la place à son frère Raul en 2006, n’a pas été impliqué dans les discussions.

Les pays latino-américains, même les plus critiques envers les Etats-Unis, ont applaudi mercredi ce développement, le Vénézuélien Nicolas Maduro allant jusqu’à saluer « le geste courageux » de Barack Obama.

– Signes de détente –

Cette annonce historique est intervenue quelques heures après la libération d’Alan Gross, un Américain de 65 ans détenu depuis cinq ans à La Havane. Washington a toujours conditionné une détente avec Cuba à la libération de cet ancien contractuel de l’agence fédérale américaine pour le développement international (USAID). Arrêté le 3 décembre 2009 à Cuba, Alan Gross avait été condamné en 2011 à 15 ans de prison pour avoir introduit du matériel de transmission satellitaire interdit dans l’île communiste.

Parallèlement, un espion à la solde du Renseignement américain, écroué à Cuba depuis 20 ans et dont très peu de gens connaissaient l’existence, a été libéré de prison. Trois Cubains, écroués aux Etats-Unis après avoir été condamnés à de lourdes peines pour espionnage, ont également retrouvé la liberté.

Les relations entre Washington et La Havane ont été marquées par une succession d’épisodes tendus depuis le début des années 60. Celui de la baie des Cochons, lorsqu’en avril 1961, près de 1.400 exilés cubains entraînés et payés par la CIA ont tenté sans y parvenir de débarquer sur l’île, a marqué les esprits.

Les tensions entre les deux pays ont connu leur point d’orgue en octobre 1962, lorsqu’un avion espion américain repère sur l’île des missiles nucléaires soviétiques dirigés vers les Etats-Unis. Le monde se prépare alors à une guerre nucléaire. Mais le 28 octobre, sans consulter Castro, le dirigeant russe Nikita Khrouchtchev cède et accepte le retrait des missiles en échange d’un engagement solennel des Etats-Unis de ne pas envahir Cuba. En sous-main, Moscou obtient aussi le retrait des missiles américains déployés en Turquie.

Depuis l’arrivée de Raul Castro au pouvoir en 2006, quelques timides signes de détente entre les deux pays étaient apparus. En décembre 2013, MM. Obama et Castro avaient échangé une poignée de mains à Johannesburg lors d’une cérémonie d’hommage à l’ancien président sud-africain Nelson Mandela. Dans le cadre de la riposte face à Ebola, les Etats-Unis et Cuba ont multiplié les échanges d’amabilités.

Si Washington avait maintenu jusqu’à ce jour une ligne ferme envers La Havane, plusieurs sondages montrent toutefois qu’une majorité d’Américains étaient favorables à un changement de politique.

La bataille autour d’une éventuelle levée de l’embargo s’annonce cependant rude au Congrès américain où plusieurs parlementaires hostiles à toute main tendue envers Cuba ont vivement réagi à l’initiative de Barack Obama.

Tourisme et diplomatie: le rapprochement entre Cuba et les Etats-Unis change la donne

 LEXPRESS.fr avec AFP

Les Etats-Unis et Cuba ont annoncé mercredi après-midi la normalisation de leurs relations diplomatiques. Une première étape avant le vote du Congrès américain pour une levée de l’embargo qui se matérialise par de nombreux changements, notamment économiques.

VIDEO. Tourisme et diplomatie: le rapprochement entre Cuba et les Etats-Unis change la donne

Des étudiants cubains dans les rues après l’annonce d’un rapprochement historique avec les Etats-Unis, le 17 décembre 2014 à La Havane.

afp.com/Roberto Morejon

 

Le plus vieil embargo du monde vit-il ses dernières heures? Les Etats-Unis et Cuba ont annoncé mercredi après-midi la normalisation de leurs relations diplomatiques. « L’isolement de Cuba n’a pas fonctionné, il faut une nouvelle approche », a déclaré Barack Obama. Même si concrètement seul le Congrès peut prendre la décision de levée l’embargo en place depuis 1962, la pacification des relations devrait se faire sentir rapidement.

Relations diplomatiques

– Les Etats-Unis vont ouvrir une ambassade à La Havane « dès que possible », selon un haut responsable de l’administration américaine. Les relations diplomatiques étaient rompues depuis janvier 1961, et les Américains ne disposent aujourd’hui que d’une section d’intérêts à Cuba.

– Washington va également engager un processus pour retirer Cuba de la liste américaine des Etats soutenant le terrorisme, à laquelle l’île fut ajoutée en 1982.

– Enfin le président Barack Obama participera au sommet des Amériques de 2015, à Panama. Cuba a également annoncé sa participation, une première depuis son lancement en 1994.

Voyages à Cuba

– Les voyages touristiques indépendants vers Cuba resteront interdits, bien que les Américains soient aujourd’hui déjà capables de se rendre à Cuba via des visites organisées, en passant par des agences habilitées par le gouvernement américain. Mais l’administration Obama va lever dans les prochaines semaines les restrictions de voyage pour les 12 catégories de voyageurs qui sont actuellement autorisées sous conditions, dont les visites familiales, les journalistes, chercheurs, activités d’éducation, religieuses, sportives, humanitaires, l’exportation ou l’importation de matériels d’information…. Certaines de ces catégories, comme les visites familiales, avaient déjà vu un assouplissement en 2009.

– Les voyageurs américains pourront rapporter 400 dollars de biens aux Etats-Unis, dont un maximum de 100 dollars de tabac, ce qui inclut les cigares cubains.

Économie et commerce

– La question principale de l’embargo reste à régler, a mis en garde Raul Castro tandis que Barack Obama s’est engagé à examiner avec le Congrès la levée du blocus commercial instauré en 1962. Mais la Maison Blanche a décidé que les Américains pourraient désormais utiliser leurs cartes de crédit à Cuba.

– Les institutions américaines pourront ouvrir des comptes dans les institutions financières cubaines afin de faciliter les paiements pour des transactions autorisées.

– L’exportation de matériaux de construction pour des projets immobiliers privés, de biens à destination des entrepreneurs du secteur privé cubain, et de biens agricoles pour les petits exploitants agricoles sera autorisée.

– L’exportation de certains matériels de communication et télécommunication sera aussi permise, dans le but de développer internet sur l’île.

Transfert de fonds

– Le plafond pour l’envoi d’argent depuis les Etats-Unis vers Cuba passera de 500 à 2000 dollars par trimestre.

Le climat, l’immigration, Cuba : Obama prépare aussi les élections

Depuis les élections perdues du 4 novembre, le président démocrate, qui fait désormais face à un Congrès républicain, multiplie les annonces spectaculaires et « clivantes ».

Barack Obama à la Maison Blanche, le 10 décembre 2014 (Jacquelyn Martin/AP/SIPA). Barack Obama à la Maison Blanche, le 10 décembre 2014 (Jacquelyn Martin/AP/SIPA).

Le 4 novembre, Barack Obama a perdu sa majorité au Sénat. Avant cet échec, qui était prévisible (gagner des élections en milieu du deuxième mandat présidentiel est très rare), il s’était montré discret. Pourquoi aurait-il pris le risque que la défaite  fût attribuée à ses propres initiatives ?

Depuis, il se rattrape et ne cesse de surprendre. C’est un festival de coups « historiques » :

Dans les trois cas, ce furent des initiatives spectaculaires. Dans les trois cas, elles sont extrêmement clivantes, et toutes embarrassantes pour les républicains.

Dans le sens de l’histoire

La droite affiche son hostilité contre les régularisations,  les contraintes imposées aux entreprises polluantes,  la réconciliation avec l’île communiste. Mais le réalisme plaide pour les annonces d’Obama : elles vont dans le sens de l’histoire. Et politiquement, elles sont gagnantes.

  • De nombreux sondages montrent qu’une majorité d’Américains sont désormais convaincus que le changement climatique n’est pas une invention et qu’il est causé par l’homme : ils entendent soutenir les candidats qui se battront contre ce phénomène.
  • De même, l’annonce d’Obama sur l’immigration vient rappeler aux électeurs latinos, qui souhaitent naturellement l’intégration de leurs amis ou leur famille, que le parti démocrate est leur principal allié.
  • Enfin, la réconciliation cubaine séduira une grande partie des électeurs d’origine cubaine vivant en Floride. La génération de cubains anticommunistes radicaux a laissé place à une génération plus ouverte au rétablissement de liens avec l’île voisine, plus efficace que les vieilles recettes de la guerre froide. Or l’enjeu politique est lourd : la Floride est un Etat qui balance entre démocrates et républicains, et dont le vote peut déterminer le résultat de l’élection nationale. Par ailleurs, cet Etat est le fief de Jeb Bush, « fils de » et « frère de », qui a laissé entendre ces jours derniers qu’il allait se lancer dans la course 2016 à la Maison Blanche.

Les commentateurs répètent qu’Obama, en fin de course présidentielle, veut maintenant « laisser une trace dans l’histoire ». C’est sans doute vrai : il lui reste peu de temps pour laisser une image de président battant. Il va s’y employer dans la faible marge de manoeuvre que lui laisse cette période de cohabitation et de fin de règne.

Mais il ne faut pas être naïf : il y a une part de calcul tacticien dans ces initiatives. Obama, qui rêve de faire ses adieux au pouvoir en 2016 sur une victoire des  démocrates, prépare activement les élections.

Rapprochement diplomatique historique entre Cuba et les Etats-Unis

Le Monde.fr avec AFP, AP et Reuters

Après plus d’un demi-siècle d’embargo, les relations entre les Etats-Unis et Cuba vont être presque normalisées. Le président américain, Barack Obama, et son homologue cubain, Raul Castro, ont confirmé dans deux discours prononcés en même temps, mercredi 17 décembre, le rapprochement historique entre les deux pays, dont les relations diplomatiques sont rompues depuis 1961.

« Nous commençons un nouveau chapitre entre les nations des Amériques », a dit le président américain. « Nous sommes séparés par quelques kilomètres, mais une barrière psychologique nous éloignait. Etant donné que nous avons des relations avec la Chine, un pays communiste, et avec le Vietnam, j’ai souhaité revoir nos relations avec Cuba », a-t-il ajouté, avant de lancer en fin de discours : « Todos somos Americanos » (« Nous sommes tous américains », en espagnol.)

Lire le décryptage : Que va changer le rapprochement entre les Etats-Unis et Cuba ?

LEVÉE DE L’EMBARGO AVANT 2017 ?

Concrètement, les Etats-Unis vont « rouvrir une ambassade à La Havane », dans un délai qui n’a pas été donné par M. Obama, et l’embargo, en vigueur depuis 1962, sera examiné par le Congrès, seul habilité à décider d’une éventuelle levée. La Maison Blanche souhaite que cet embargo commercial soit levé avant que le président Barack Obama ne quitte ses fonctions, en 2017. Une visite du président américain sur le sol cubain n’est « pas exclue », a également déclaré le porte-parole de la Maison Blanche.

L’objectif de cet embargo était de précipiter la chute du régime cubain mis en place après la révolution de 1959, les Etats-Unis étant le débouché traditionnel de l’économie cubaine. Mais les décennies ont passé sans que les restrictions économiques et financières produisent de résultats probants. « Les sanctions ont eu relativement peu d’effet, l’isolement n’a pas fonctionné », a d’ailleurs reconnu M. Obama.

Après des mois de négociations secrètes, le président cubain, Raul Castro, et son homologue américain, Barack Obama, ont  annoncé la restauration des relations diplomatiques entre leurs deux pays.

CASTRO : « NOUS AVONS DÉCIDÉ DE RÉTABLIR LES RELATIONS AVEC LES ÉTATS-UNIS »

Lire notre décryptage : Le plus ancien embargo vit-il ses dernières heures ?

« Nous avons décidé de rétablir les relations avec les Etats-Unis », a dit presque au même moment Raul Castro, prônant « un dialogue respectueux avec les Etats-Unis » et « des mesures mutuelles pour aller vers la normalisation ». « Cela ne veut pas dire que le principal est résolu, l’embargo doit cesser », a-t-il ajouté, reconnaissant « nos différences en matière de démocratie et de droits de l’homme, mais nous sommes disposés à discuter ».

Avant ces discours, plusieurs responsables américains cités par l’agence Associated Press et le New York Times affirmaient que les Etats-Unis allaient alléger les restrictions sur les voyages et le commerce qui touchaient l’île.

Dans l’après-midi, le gouvernement cubain avait libéré l’Américain Alan Gross, 65 ans, en prison sur l’île depuis cinq ans pour espionnage. Washington a toujours conditionné une détente avec Cuba à la libération de cet ancien contractuel de l’agence fédérale américaine pour le développement international (Usaid). Dans la foulée, le gouvernement cubain a aussi libéré cinquante-trois prisonniers politiques, selon un responsable américain. Aux Etats-Unis, trois personnes considérées comme des prisonniers politiques par Cuba ont été libérées.

« Nous avons décidé de rétablir les relations avec les Etats-Unis », a dit presque au même moment Raul Castro.

LE RÔLE CLÉ DU PAPE

Le pape François a joué un rôle d’intermédiaire essentiel dans ce rapprochement historique. A l’annonce des deux chefs d’Etat, le Vatican a fait part de  la « grande satisfaction » du pape concernant « une décision historique ». Selon un haut responsable américain, cité par le New York Times, François avait lancé un appel personnel à Barack Obama dans une lettre « cet été », et séparément à Raul Castro. Le Vatican, dont Cuba est un des dossiers diplomatiques privilégiés, avait accueilli des délégations des deux pays pour finaliser le rapprochement. Par contre, Fidel Castro n’aurait « pas été impliqué dans les discussions ».

Des signes de détente étaient apparus ces dernières années. Raul Castro, qui a succédé à son frère Fidel en 2006, a mis un frein aux diatribes antiaméricaines. Barack Obama a lui pour sa part assoupli les règles qui s’appliquent aux voyages vers l’île communiste. La publication, il y a quelques mois, d’un éditorial du New York Times intitulé « Il est temps d’en finir avec l’embargo sur Cuba », avait été jugé « d’une grande habileté » par Fidel Castro.

Lire le reportage de notre envoyée spéciale datant du mois d’août : A Cuba, la timide ouverture accroît les inégalités

L’embargo sur Cuba vit-il ses dernières heures ?

Le Monde.fr |   Gilles Paris (Washington, correspondant)

Panneaux contre le blocus de Cuba, à La Havane, en 2009.

Le plus vieil embargo encore en place vit-il ses dernières heures ? En annonçant mercredi 17 décembre, à la suite des libérations de prisonniers cubains détenus aux États-Unis et d’un ressortissant américain emprisonné à Cuba, une révision des relations entre Washington et La Havane, le président Barack Obama a porté le coup de grâce à un régime mis en place progressivement à partir de 1960, après le début du rapprochement entre Cuba et l’Union soviétique, puis consolidé en 1962.

L’objectif de cet embargo, accompagné dès 1961 de la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays, était de précipiter la chute du régime cubain mis en place après la révolution de 1959, les États-Unis étant le débouché traditionnel de l’économie cubaine. Mais les décennies ont passé sans que les restrictions économiques et financières ne produisent de résultats probants.

Inscrit au début des années quatre-vingts sur la liste noire du département d’Etat des pays soutenant le terrorisme (en référence à l’appui apporté aux guérillas luttant contre les régimes sud-américains alliés à Washington), Cuba avait été la cible de nouvelles mesures restrictives américaines en 1992 et en 1996 après que deux avions privés américains avaient été abattus par l’armée cubaine.

L’une des dispositions de la loi Helms-Burton adoptée par le Congrès visait à combler une faille béante dans le dispositif : le fait que les États-Unis soient en fait le seul pays à imposer ce blocus. Mais les présidents américains ont toujours suspendu le volet prévoyant des sanctions contre les autres nations commerçant avec Cuba.

Porté à bout de bras par l’allié russe

Des Cubains fuient le régime de Castro, direction Miami, en 1980.

Pendant des décennies marquées par un étatisme envahissant, le régime autoritaire de Fidel Castro avait été porté à bout de bras par son allié russe, jusqu’à la dislocation de l’Union soviétique, à partir de 1990. Le Venezuela de Hugo Chavez et les autres pays de l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA) allaient prendre le relais une décennie plus tard, sans pour autant parvenir à préserver le régime cubain d’une douloureuse remise en cause, après le remplacement de Fidel Castro par son frère Raul, et une timide ouverture économique et politique.

Le constat largement partagé à Washington de l’inefficacité des mesures adoptées contre Cuba s’est cependant longtemps heurté à un puissant lobby d’exilés cubains chassés par la révolution et installés en Floride. Barack Obama, qui avait fait campagne pour le Sénat en 2004 en prônant la suppression de l’embargo, avait révisé son jugement quatre ans plus tard, lors de la campagne pour l’élection présidentielle de 2008, et adopté la doxa présentant les mesures coercitives américaines comme un levier efficace pour forcer Cuba à se réformer.

Revirement de l’opinion

Mais le temps a fini par également peser sur les convictions de cette communauté américano-cubaine. En juillet, un sondage de la Florida International University montrait qu’en son sein, une majorité (52 %) des personnes interrogées se disait désormais favorable à une levée d’un embargo qui était soutenu à 87 % en 1991.

La même étude montrait que 68 % souhaitaient le rétablissement de liens diplomatiques entre Washington et La Havane et que 81 % se disaient prêts à voter pour un candidat prêt à remplacer l’embargo par des mesures permettant une amélioration des droits de l’homme.

Comme par anachronisme, l’arrestation de l’Américain Alan Gross, libéré mercredi, avait coïncidé en 2009 avec des mesures d’allégement décidées par M. Obama qui s’ajoutaient à celles déjà prises par Bill Clinton en 1998. Les États-Unis sont de fait déjà redevenus l’un des premiers partenaires commerciaux de Cuba, notamment pour l’agroalimentaire, et près de 100 000 Américains visitent l’île chaque année. Le 28 octobre, l’Assemblée générale des Nations unies avait voté pour la 23e fois une motion demandant la levée de cet embargo américain que seul le Congrès américain peut décider. Deux pays s’y étaient opposés : les États-Unis et Israël.

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Commentaires

Bertrand  •                                                     Cuba et matières premières, premiers intérêts des USA

10 ans presque jour pour jour (27/12/2004) de la découverte d’un formidable gisement de pétrole à 50km au nord de la Havane ; cubains et américains ont décidé de se rapprocher. Première mesure, un assouplissement de l’embargo.

Mais faut-il pour autant croire en se réchauffement ? Personne n’avait vu venir cette annonce, ni les cubains festifs, ni les américains très partagés par la nouvelle du rétablissement des liens.
Si évidemment d’un premier abord, nul ne peut vraiment contester cette décision, on peut toutefois noter plusieurs éléments économiques qui ont d’une certaine manière obligé Barack Obama à faire ce pas.

-Le premier, la chute du baril de pétrole, ainsi, nous pouvons imaginer que les USA dans la tourmente s’accrochent à ce « rêve cubain ». Plus globalement, les USA sont braqués sur les matières premières cubaines qui abondent. Hormis le pétrole, cobalt, nickel, fer, cuivre, manganèse, gaz naturel et terres cultivables s’ouvrent aux américains.

-La création des BRICS et d’une nouvelle banque mondiale concurrente à la FED agenouille l’Oncle Sam obligé de s’ouvrir à leur ennemi de 50 ans, et plus. C’est peut-être ici la Première Raison du rapprochement.

-Enfin, le climat géopolitique tendu, en particulier avec la Russie et la chute historique du rouble. Barack Obama a-t-il voulu faire passer un message à Vladimir Poutine ?
En politique, rien n’est du hasard. Surtout quand on sait que Poutine envisageait de planquer ses navires à Cuba, entre autres.
Si la libération de Cuba se fera lentement, elle se fera aussi avec la NSA et les lobbys américains qui ne rêvent que de « fumer » les meilleurs cigares du monde.

  • Jean luc  •                                    à la place de la Crimée il aura Cuba !!!!!!
    Patrick  •                                      l’intérêt des USA de renouer avec Cuba , serait-il en réalité la Russie
    Georges  •                                    quel coup tordu vont encore inventer les Yankees

 

Avrier blanc                                          Honneur aussi aux petites îles du Pacifique.

Le 29. 10 13, pour la vingt deuxième fois, l’Onu votait par 188 voix pour en faveur de la levée de l »embargo sur Cuba contre deux seulement.
En effet, même les îles Marshall, la Micronésie et Palau avaient préféré s’abstenir ne laissant qu’Israël se joindre à un état policier tortionnaire et terroriste qui menace le monde pour voter contre.

jo de la léque                                      Faux culs Pour faire encore plus de tort à la Russie ils ne savent plus quoi inventé, après le « puch » déclenché par les USA, tiens encore eux, ce pendants les JO d’hiver, en Russie, l’Ukraine était la belle occasion d’enfoncer le clou au pays qui avec ses 24 millions de morts pendant la dernière guerre, n’est plus bonne qu’a jeté aux chiens, bel exemple de démocratie à l’américaine, tous des faux culs. Pourquoi une base à Cuba, c’est si étroit l’Amérique ?
Polo118                                                  Pape Attention au pape François.
xtra  •                                                    Les touristes américains plouques obèses ne seront donc plus interdits par leur propre état policier de se rendre à Cuba.
Dommage!!! Qu’est-ce que c’était bien les vacances à Cuba sans leur présence vulgaire et bruyante!!!!!
  • Moustique  •                                Il y a de l’argent à gagner, des Armes à vendre ?? La guerre avec Poutine n’avance pas trop, il faut donc s’approcher de Castro ?
  • BOB DENARD  •                        Ça va être dur pour les cubains il va falloir qu’ils arrêtent de faire semblant de travailler pour l’état, et, l’état va arrêter de faire semblant de les payer
    bon sens  •                                 le pape catholique y est pour beaucoup, comme un de ses prédécesseurs avec le mur de Berlin et la Pologne
  • althea  •                                      les Cubains sont heureux pourquoi ? voir enfin finir l’embargo américain qui affame la population de cette île depuis plus de 50 ans.
  • Stéphane.  •                               Belle opération de communication diplomatique … le match usa/Russie continue !
  • Mouloud  •                                  La 1ère fois que j’ai goutté du champagne , c’était chez mes parents pour l’affaire de la baie des cochons . Aujourd’hui j’en bois pour ce nouvel événement
  • althea  •                                     l’embargo américain, que certains sénateurs américains demandent qu’il cesse, a été pendant une cinquante années d’une injustice humaine indéniable. De plus, comment peut-on expliquer pendant cet embargo la présence d’une base navale américaine sur le sol cubain, la célèbre Guantanamo ? cet..
    michel  •                                    message envoyé au monde et particulièrement aux alliés des amerloques , filez droit ou voyez ce qui pourrait vous arriver , je pense que duflan a compris le message parce qu’il file vachement droit le bougre

    althea  • 

    on apprend que la CIA paie des mercenaires et autres ! est-ce possible ?

  • nouphis arens nouphis arens
    GROSSE FICELLE AMERICAINE ET GUEULE DE BOIS EUROPEENNE !
    Les démocrates américains se rapprochent de leur pire ennemi depuis une cinquantaine d’années, qui ne se désolidarise pas pour autant de leurs tuteurs russes, et la presse française nous parle de fait historique. Votre naïveté atteint là le summum.
    Le rapprochement entre les USA et CUBA est purement stratégique même si les démocrates vont s’en servir pour contrer électoralement les républicains. RIEN DE PLUS…Hélas.
    Ce rapprochement s’inscrit dans une lutte sans merci contre les russes qui eux s’installent militairement et méthodiquement en Amérique du sud au nez et à la barbe des ricains. Alors autant éviter l’obstacle cubain c’est cela de gagné même si les russes y sont.
    Pendant ce temps là les européens s’éloignent de la Russie…Non c’est un pur hasard.

    TrancheChair                                On attend le « caudillo » en coulisse qui sera le nouveau choix de l’élite à Washington et les cubains Miamiens, pour la restauration des héritiers de Batista. Ils salivent toujours à la perspective de cela.

    Turgot                                            On annonce le suicide de Jean-Luc Mélenchon et la faillite du Monde diplomatique…

    ricardo uztarroz                              Pas ses dernières heures, mais très certainement ses derniers mois. Dès lors, le régime va s’ouvrir. Et le communisme aura vécu. Il ne restera plus que la Corée du nord dont le communisme s’apparente à une monarchie (voir La dynastie rouge, de Pascal Dayez-Burgeon, Perrin éditeur).

    Bruno Keller                                   La Corée du Nord uniquement? Même s’ils ont cédé depuis longtemps aux charmes de l’économie socialiste de marché et s’ils ne sont pas aussi caricaturalement staliniens que le parti des travailleurs Nord Coréen, les partis communistes laotien, vietnamien et chinois ont encore, semble-t-il, de beaux jours devant eux.

    Ibn Marianne                                 Une injustice à l’égard de Cuba commence à être réparée. Les cubains sont en droit de demander aux USA réparation sur un préjudice historique qui a freiné le développement économique et social de plusieurs générations de cubains pour des raisons d’idéologie et de vanité des américains. Que l’on médite sur le fait que du jour au lendemain Cuba cesse d’être classée comme terroriste. Les démocraties ne sortent pas grandies de l’impérialisme, elles y perdent de leur âme..

     GERONIMO                       Sage décision d’Obama. Pas sûr pourtant que le Congrès accepte la fin de l’embargo, ce qui reste évidement l’essentiel. A suivre.

    Lilian Matricon                              Gel des actifs russes à l’étranger, baisse du cours du pétrole, dégringolade du rouble, suppression des alliés d’antan, faut avouer qu’ils sont forts ces américains !

    hxx                                                  Obama a évoqué la relation diplomatique avec une Chine communiste pour prouver la nécessité du rapprochement avec Cuba. C’est pas convaincant pour moi.

    Andre Angle                                     Les ennemis des Etats-Unis en ont gros sur la patate. Cuba et les Etats-Unis ensemble, comment est-ce possible? Que ces amèricanophobes continuent à aboyer, ils n’empêcheront pas les peuples de s’unir pour la paix.

    Alexandre Kastals                           Les Etats-Unis ne vont pas plus être « ensemble » avec Cuba qu’ils ne le sont avec la Chine depuis qu’ils ont renoué des relations diplomatiques. Ils vont simplement mettre fin à l’embargo qui était condamné par la quasi-totalité des pays de l’ONU (et là on peut réellement parler de communauté internationale) si le Congrès l’accepte, ce qui est loin d’être assuré

    • Paco..PicopiedraPaco..Picopiedra

      « Hâte toi déclin ! » F. Nietzsche (…)Excellent édito mettant bien en relief les réflexes ultra-réactionnaires de nos médias de masse.Il est vraiment dommage que tout ces journalistes issus de bonnes et grandes familles soient incapables de penser contre eux, préférant continuer de défendre les différences de castes plutôt que de s’éduquer, de se cultiver de chercher à comprendre ce pourquoi ils devraient être payés d’abord mais non ils sont payés pour que rien ne change et même ils obtiennent des bonus quand la société régresse de quelques années.L’argent rend feignant et con empêchant le monde de progresser, d’évoluer., parce qu’une minorité à intérêt à conserver ses énormes privilèges au détriment de milliards de gens.
          • La plupart des cigares fabriqués en Rép. Dominicaine le sont de la même façon qu’à Cuba, avec les mêmes tabacs et le plus souvent par d’anciens fabricants Cubains exilés.
            Qu’on n’y retrouve pas certains parfums spécifiques de Cuba est possible, mais de là à écrire qu’ils sont « dégueu », il y a une marge que je prêterais plus volontiers à la satisfaction de « braver un interdit » et/ou de se singulariser qu’à des considérations objectives.
            Mais sans doute n’as-tu jamais visité les fabriques de l’un ou l’autre de ces pays ? ! ?

      • … certaines en salivent par avance, d’extase.

        Caramba, les prix vont exploser avec la fin de l’embargo.

    • Pour comprendre ce qui se passe entre Cuba et les USA il aurait peut être été judicieux de faire intervenir Patrick Poivre d’Arvor qui nous aurait mitonné une interview de Raul vite fait bien fait comme celle de Fidel en 1991. Le journalisme à l’ancienne, il n’y a que ça de vrai.

    • Je me demande encore ce qu’a fait, politiquement, Cohn-Bendit pendant toutes ces années.
      Ce n’est pas polémique, mais il me fait l’effet de quelqu’un dont personne n’ose dresser le bilan parce que son anticommunisme leur est vraiment très utile.
      Pour Cuba, rappelons à quel point c’était devenu le bordel des USA avant 58.
      Rappelons aussi que pour tous les opposants aux juntes d’Amérique du Sud et centrale, soutenues par… les USA, Cuba était un refuge.

    • Le pire, c’est de toujours interroger des gens « en exil » concernant certains pays (pour d’autres pays, il y a toujours des habitants réagissant à partir du pays en question), ou des gens n’ayant jamais eu aucun rapport avec le fond du sujet, ni la forme d’ailleurs. Si le but d’un canal d’information est d’être aussi imprécis sur des sujets, alors ce « spécialiste étranger » suffisait, quoiqu’avec lui on n’atteint pas encore les abysses de BFMTV. Les grands médias français ont un problème de longue date vis à vis des pays dirigés par des gauches en dehors d’Europe, plus particulièrement quand ça se passe en Amérique du sud ou centrale.

    • Zoé Valdes ? Vous ne m’en voudrez pas, j’espère, de préférer Leonardo Padura Fuentes :
      Zoé Valdès produit une littérature qui n’est pas de la littérature. Elle a toujours été un fonctionnaire et s’est exilé en avion avec son mari et son enfant. Elle s’est inventée un personnage de martyr qui est faux. Elle ment beaucoup. Dans l’Obs, hier : « le président cubain Raul Castro s’est exprimé depuis La Havane, dans une allocution diffusée par les médias d’Etat. » Il fallait faire vite, P. Cohen a fait n’importe quoi. Comme souvent.

    • le régime castriste est moribond avec la disparition prochaine de fidel et de raoul(vue leurs ages ) ce régime disparaitra « naturellement » ,après il est vrai qu il faut vite aller a Cuba car d ici quelques années le « charme » de cette ile aura totalement disparu avec des mc do et autres américonnerie à tous les coins de rue , juste un lien qui m’a bien fait rire (à prendre au deuxième degré)

    • Bardamu

      Bref, le communisme cubain, ou ce qu’il en reste, va se dissoudre dans le coca-cola.  En tant qu’anticommuniste primaire, je devrais m’en réjouir, mais bon…Ce qui paraît plus insolite au fond, c’est l’hommage rendu par un président américain au pape François. Dans un pays à forte armature puritaine où il y a toujours le vieux fond protestant d’antipapisme, c’est intéressant.   Il est vrai que les Latinos sont en train de « catholiciser » le pays à vitesse grand V.
    • -« Pourtant ils vous ont quand même fait rêver, ces barbudos ! »
      Et bien moi, dans mon adolescence ( fin 60’ ) , ils m’ont fait rêver les barbudos, plus que les Gardes rouges.
      Ils refusaient de se soumettre aux USA – et à Moscou – exportaient la révolution dans les républiques bananières , ils étaient les dignes héritiers de Bolivar et Garibaldi.   Et puis, on a su que la dictature de Batista avait été remplacée par une autre dictature plus perfide, car prenant appui sur la juste révolte du peuple…  L’Occident s’accommodera de cette dictature, comme elle s’accommode de celle de la Chine.

    • Je ne crois pas qu’il est déjà question de levée de l’embargo, mais juste de normalisation des relations diplomatiques, ce qui ferait que Cuba ne serait plus considéré comme un état « terroriste » par les USA.
      Il n’est même pas acquis que les USA ouvrent une ambassade à Cuba du fait qu’il n’est pas évident que le congrès -majoritairement hostile à cette normalisation- en votera le budget.
      En tout état de cause, cette normalisation ne signifie absolument pas que la majorité des Cubains seront favorables à ce que des opportunistes s’approprient leur bien commun.
      Ils bénéficient actuellement de systèmes scolaires et de santé parmi les plus performants du monde et je ne suis pas convaincu qu’ils ont envie de changer ça pour descendre au niveau de Haïti, de la Rép. Dominicaine, voire des Antilles Françaises ; la misère matérielle relative de Cuba n’est pas liée à son mode de gouvernance politique mais à l’abject embargo US.

    • Il n’y a aucune raison pour que ça renforce le régime de Castro de façon significative, ça fait soixante ans qu’il n’existerait plus si le blocus était efficace.

      Il est plus probable que cette nouvelle ouverture va faire naître des espoirs d’amélioration dans la population cubaine, espoirs qui pourraient être à la source de tensions s’ils sont déçus, il est possible que cela encourage au contraire le régime à se réformer, donc c’est une bonne nouvelle.

      Et si rien ne change, si le régime ne change pas et que les Cubains ne se soulèvent toujours pas… alors il faudra se demander pourquoi, se demander s’il dérange tant que ça la population.

    • Lemmy_NothorLemmy_Nothor

      Stuck in the middle with you   Deuxième étape, raser Guantanamo.
    • Malin le « président du monde ».
      Le capitalisme d’Etat est l’avenir de la bourgeoisie, le seul moyen à sa disposition capable de sauver (de faire gagner du temps avant sa fin disons plutôt) le système capitaliste.

    • « faudrait pas confondre cocos et anars, les crapules staliniennes c’était la porte à côté »
      En parlant de confondre, c’est un peu léger de qualifier les dirigeants cubains de « crapules staliniennes ».

      Déjà la révolution cubaine à la base c’est surtout une révolution bourgeoise d’émancipation nationale. Elle ne s’est pas basée sur un mouvement ouvrier communiste préexistant et n’avait aucun grand théoricien communiste. Pas même de « contamination » communiste comme dans le cas des colonies européennes, dont les étudiants se convertissaient au marxisme lorsqu’ils visitaient la métropole. Tout ce qu’on a comme écrits communistes en gros c’est ceux du Che, qui montrent un cheminement intellectuel très loin d’être abouti et qui de toute façon sont en grande partie opposés à la voie représentée par Castro. Comme chacun le sait, Cuba ne s’est déclaré communiste qu’après la révolution, pour des raisons géostratégique. Cuba n’est donc jamais passé par un état ouvrier, et n’a pas pu devenir un « état ouvrier dégénéré » comme l’URSS, ce qui limite déjà pas mal les comparaisons possibles. On peut aussi noter que Cuba n’est pas non plus un état qui aurait été créé « par » les staliniens comme c’est dans une certaine mesure plus ou moins le cas pour la RDA, l,’Afghanistan, la Corée, etc. Cuba c’est juste autre chose, qui n’a avec l’URSS ni origine commune ni lien de cause à effet.

      Ensuite, sans tomber dans les estimations fantaisistes façon « Livre noir du communisme », la contre-révolution stalinienne c’est quand même un nombre assez important de victimes de la répression. Il n’y a rien de semblable à Cuba : quand bien même on considèrerait les agents des Etats-Unis comme des « prisonniers politiques » leur nombre n’a jamais dépassé des chiffres dérisoires de l’ordre de quelques dizaines de détenus, et ils sont dans de simple prisons, il n’y a rien à Cuba qui ressemble de près ou de loin à un goulag. A cela s’ajoute qu’on a jamais vu Cuba organiser des assassinats d’opposants à l’étranger comme Staline pouvait faire assassiner un Trotski au Mexique ou un certain nombre de combattants de la guerre d’Espagne.

      Tom.JoadTom.Joad

      Qu’en pense Golman Sachs ?

      la démocratie américaine, à l’export, et spécialement à Cuba est juste une belle pute.

      L’idéal (du point de vue capitaliste) serait de garder le régime Cubain qui a montré sa capacité à faire régner l’ordre tout en implantant l’économie capitaliste à Cuba.
      On obtiendrai quelque chose ressemblant vaguement à la Chine : de l’ordre et de la main d’œuvre au rabais pour les entreprises occidentales. Le tout en gardant sensiblement les mêmes au pouvoir à Cuba pour profiter de leur connaissance du terrain et pour ne pas faire trop de vague pendant la transition (les vagues c’est mauvais pour les affaires). Et on spécialise tout ça dans la canne à sucre OGM , les cigares et le tourisme.
      On ne fâche personne, et, à part le peuple un peu cocufié dans l’histoire (mais, à force, il est habitué le peuple), tout les hauts responsables sauvent la face et tout le monde est content.
      C’est un scénario tout à possible.

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