(social) LIBERAL

Loi Macron, dernière carte du gouvernement à Bruxelles

Le Point –

Le projet de loi du ministre de l’Économie doit convaincre les partenaires européens de la France de sa capacité à générer de la croissance.

Signe de l'importance du sujet, c'est le service de presse du Premier ministre qui a invité les journalistes pour la présentation du projet de loi Macron à l'Élysée.
Signe de l’importance du sujet, c’est le service de presse du Premier ministre qui a invité les journalistes pour la présentation du projet de loi Macron à l’Élysée. © ALAIN JOCARD / AFP

Semaine cruciale pour la France en Europe. Mercredi, le ministre de l’Économie présente son projet de loi « croissance et activité ». Le texte d’Emmanuel Macron, qui s’attaque tout à la fois à l’ouverture à la concurrence du ferroviaire via des lignes d’autocar, à l’extension du travail dominical, ou encore à la réforme des professions réglementées, constitue en fait la dernière carte de François Hollande et Manuel Valls pour faire avaler à leurs partenaires européens un rythme de réduction du déficit beaucoup plus lent qu’annoncé.

Fin novembre, la Commission avait approuvé le projet de loi de finances 2015 présenté par Bercy, tout en reportant son avis définitif sur le respect des règles budgétaires européennes à début mars. Ce lundi, les ministres des Finances de la zone euro, réunis en Eurogroupe à Bruxelles, ont approuvé cet avis de la Commission après une discussion commune à huis clos. Après la réunion, ils ont rappelé dans un communiqué le risque de non-conformité aux règles du budget présenté.

Non seulement le projet de budget de Paris acte le report, de fin 2015 à fin 2017, du retour à 3 % du PIB – un nouveau dérapage auquel les voisins de la France doivent se résigner puisque la croissance envisagée au moment d’accorder un délai de deux ans, de 2013 à 2015 pour y parvenir, n’a pas été au rendez-vous -, mais surtout, le budget français ne contient pas l’effort minimal de réduction du déficit structurel, celui qui ne varie pas en fonction des à-coups de l’activité économique, exigé par le pacte de stabilité et de croissance. Ce qui pourrait valoir à la France des sanctions financières d’au moins 4 milliards d’euros.

L’ampleur de l’effort en question

En juin 2013, les partenaires européens de la France lui avaient recommandé de réduire son déficit structurel de 0,8 % du PIB, soit d’avantage que le 0,5 % minimum exigé par les règles. Au terme d’une minutieuse analyse des 21 milliards de baisse de dépenses et des 3,6 milliards d’efforts supplémentaires présentés in extremis par Michel Sapin, le compte n’y est toujours pas. Le déficit structurel devrait baisser de seulement 0,3 point. « Sur cette base, des mesures supplémentaires seraient nécessaires pour permettre une amélioration de l’effort structurel afin de se mettre en conformité avec les règles du pacte de stabilité et de croissance », ont averti les ministres européens.

Michel Sapin refuse pourtant toute mesure d’économies budgétaires supplémentaires, tout comme il exclut de lever de nouvelles taxes. À Bercy, on estime que la Commission européenne n’a pas eu tous les éléments pour juger de l’effort réel de la France. Faute d’avoir reçu suffisamment de détails, elle n’a effectivement pas pris en compte deux milliards d’euros des 21 milliards d’économies de dépenses promis. Ces deux milliards devraient améliorer le déficit structurel de 0,1 %.

La Commission n’a pas pu non plus apprécier pleinement l’effort de 3,6 milliards présenté le 27 octobre : les mesures n’avaient pas été détaillées ni encore votées au Parlement. C’est désormais chose faite. Cela devrait encore améliorer l’effort de 0,1 %. De quoi atteindre l’objectif de 0,5 % réclamés. Tout juste.

Juncker joue la prudence

Les Européens pourraient marcher. Le président de l’Eurogroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, a expliqué lundi qu’il y avait trois façons pour les pays de combler l’écart entre les chiffres de la Commission et les exigences budgétaires minimales : « Soit de nouvelles mesures, soit des mesures plus efficaces, soit un accord avec la Commission sur l’évaluation des mesures déjà proposées. » Une dernière option visiblement privilégiée par Michel Sapin.

Mais préciser les efforts définitifs du budget 2015 ne sera pas suffisant pour convaincre les Européens de la bonne volonté de la France. Car l’exécution budgétaire 2014 est elle aussi à la limite de la violation caractérisée des règles. C’est d’ailleurs pour être sûr de ne pas se tromper dans leur évaluation que le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Pierre Moscovici, en charge du dossier, et le nouveau président de la Commission, Jean-Claude Juncker, ont prudemment décidé de ne rendre leur avis définitif qu’en mars. « Il est aussi important pour nous (…) de ne pas prendre de mesure hâtive sur les procédures de déficit excessif dans la mesure ou un certain nombre d’informations doivent encore être produites », a redit le Français mardi à la sortie de l’Eurogroupe. (…) Nous voulons avoir une image plus claire de la situation macroéconomique et budgétaire de ces pays ainsi que davantage de détails sur les efforts structurels engagés (…) avec les réformes structurelles conduites avec leur impact budgétaire potentiel. »

Angela Merkel met la pression

Tangente sur le plan budgétaire, la France a désormais un peu plus de deux mois et demi pour convaincre qu’elle mène les réformes qui lui permettront d’augmenter son potentiel de croissance (la croissance que son économie est capable d’atteindre à moyen terme, au-delà des variations des cycles économique). D’où l’importance de la loi Macron, qui reprend des recommandations maintes fois formulées par la Commission européenne. Les Européens doivent être capables d’en mesurer la portée réelle d’ici mars. Voilà aussi pourquoi le calendrier est aussi serré : l’examen au Parlement doit débuter le 22 janvier.

Angela Merkel, qui s’abstient d’habitude de faire des commentaires trop directs sur les politiques menées de l’autre côté du Rhin, s’est permis de mettre la pression, ce week-end, en réclamant de véritables réformes et pas juste des effets d’annonce. « Nous accueillons favorablement l’engagement de la France à combler les faiblesses structurelles de son économie et encourageons l’application d’un ambitieux et large agenda de réforme (…) », a confirmé l’Eurogroupe dans son communiqué, dans le langage beaucoup plus feutré de la diplomatie européenne.

Reste à savoir si la majorité réticente ne va pas vider de sa substance un texte dont l’ambition a déjà été largement rognée.

Travail d’explication d’Emmanuel Macron auprès des députés PS

PARIS (Reuters) – A la veille de la présentation de son projet de loi sur la croissance et l’activité, Emmanuel Macron s’est livré mardi à un travail délicat d’explication auprès des députés socialistes sceptiques pour beaucoup, carrément hostiles pour certains, afin d’éviter que le texte soit vidé de sa substance par les élus.

Bien que le projet couvre de nombreux domaines, l’assouplissement prévu de l’encadrement du travail le dimanche dans le secteur de la distribution est au coeur des débats déjà vifs au sein de la majorité.

« Ce qui me préoccupe, ce sont les vrais problèmes des Françaises et des Français, c’est qu’après cette loi, les Françaises et les Français vivent mieux, ce ne sont pas des postures, ce sont pas des débats faussement idéologiques  », a dit le ministre de l’Economie.

« C’est le début d’un travail qui commence  », a-t-il ajouté à l’issue d’un « vrai débat » à huis clos avec le groupe PS de l’Assemblée nationale en s’engageant à travailler avec les élus pour enrichir et améliorer son projet de loi jusqu’à son examen au Parlement à partir du 22 janvier.

Le député de la Nièvre Christian Paul, un des chefs de file des frondeurs du PS, a estimé que la possibilité d’ouverture des magasins jusqu’à 12 dimanches par an prévue par le texte – et même sans aucune limitation dans les « zones touristiques internationales » – n’était « pas votable », car « cela ne créera pas d’emplois réellement et durablement ».

Pour l’élu de Paris Pascal Cherki, un autre frondeur, « il est très compliqué d’expliquer à un certain nombre de parlementaires qu’on fasse toujours le contraire de ce qu’on avait fait dans l’opposition ».

Lors des derniers débats sur la question, fin 2008, pas moins de dix ministres du gouvernement actuel avaient signé une pétition pour défendre le repos dominical à l’initiative de Christian Eckert, aujourd’hui secrétaire d’Etat au Budget.

A l’inverse, le député-maire de Boulogne-sur-Mer, Christian Cuvillier, a déclaré que limiter à douze les autorisations d’ouverture dominicale des commerces dans une région touristique comme la sienne, « c’est peut-être même insuffisant ».

PRINCIPE DE COMPENSATION

Emmanuel Macron a fait valoir que son texte apportait une « vraie avancée sociale » en établissant le principe d’une compensation au travail du dimanche.

« Nous allons donner plus de marges de manoeuvres aux élus et aux territoires. La réalité des territoires français est plurielle, il faut la prendre en compte », a-t-il indiqué.

Outre le travail dominical et en soirée, le projet de loi, traite d’une série de domaines comme le transport par autocars, une réforme des professions juridiques réglementées qui suscite une forte opposition chez les intéressés, le logement, la justice prud’homale ou l’épargne salariale.

Le ministre de l’Economie a renoncé à légiférer sur les professions médicales et la réforme des tribunaux de commerce, deux sujets récupérés après arbitrage par les ministères de la Santé et de la Justice.

Mais d’autres dispositions sensibles figureront parmi la centaine d’articles du texte, dont une réforme du droit des entreprises en difficulté (procédures collectives), l’ouverture du capital des aéroports de province ou un renforcement des pouvoirs de l’Autorité de la concurrence.

Celle-ci pourra ainsi adresser aux acteurs de la grande distribution des « injonctions structurelles » qui pourraient aller jusqu’à des obligations de cessions de surfaces, une disposition déjà en vigueur dans les territoires d’outre-mer.

Karine Berger, secrétaire nationale du PS à l’Economie, a déploré que, à ce stade, aucune des demandes du parti, s’agissant notamment du travail dominical, n’ait été retenue.

La députée des Hautes-Alpes a estimé en outre que, tel qu’il se présentait, le projet du ministre de l’Economie n’était pas assez ambitieux au vu des retombées à en attendre.

Avec les autres élus du mouvement Cohérence socialiste, elle a présenté mardi une série de propositions plus porteuses de croissance selon elle pour l’économie française comme une forte baisse des dossiers d’enregistrement de brevets par les entreprises ou une réforme de l’accompagnement et des financements à l’export pour les PME.

Loi Macron : l’exécutif à la recherche d’une majorité

LE MONDE David Revault d’Allonnes, Nicolas Chapuis et Bertrand Bissuel

French Economy Minister Emmmanuel Macron delivers a speech during  the first "Economy Summit" organised by French magazines Challenges and "Osons La France" at the Grand Palais in Paris on December 4, 2014.   AFP PHOTO ERIC PIERMONT

Dans la hiérarchie gouvernementale, Emmanuel Macron n’apparaît qu’au douzième rang. Mais le ministre de l’économie a manifestement brûlé la politesse à plusieurs de ses collègues, mieux classés que lui, en assurant le portage politique du projet de loi « croissance et activité » qui doit être présenté en conseil des ministres, mercredi 10 décembre. La mise au point de ce texte transversal – « fourre-tout », disent ses détracteurs – l’a, en effet, conduit à pâturer sur les plates-bandes de plusieurs membres du gouvernement, provoquant au passage quelques étincelles. Et les frictions vont se poursuivre avec une partie de la majorité parlementaire.

Dès le départ, l’affaire était loin d’être consensuelle. Arnaud Montebourg, le prédécesseur de M. Macron, avait pu s’en rendre compte lorsqu’il présenta la première ébauche du projet de loi, le 10 juillet, devant l’ensemble des ministres et des secrétaires d’Etat. L’une de ses ambitions était alors de restituer 6 milliards d’euros de pouvoir d’achat aux ménages en insufflant un surcroît de concurrence parmi les professions réglementées (notaires, huissiers, mandataires judiciaires, etc.).

« C’est un texte de dérégulation, libéral », avait alors glissé Marylise Lebranchu, la ministre de la fonction publique, lors de cette réunion, rapporte un participant. Avant la coupure estivale, la garde des sceaux, Christiane Taubira, avait trouvé que M. Montebourg ne jouait pas assez collectif alors même qu’il voulait rénover des professions placées non pas sous sa tutelle mais sous celle de la chancellerie.

Empoignade ministérielle

Depuis que M. Macron a repris le flambeau, la collaboration entre Bercy et la Place Vendôme n’a pas été toujours fluide. Plusieurs sujets de discorde ont surgi entre les deux cabinets. Faut-il maintenir la réforme des tribunaux de commerce dans le projet de loi « croissance et activité » ? Certaines dispositions pourraient être conservées tandis que d’autres seraient accueillies dans un texte sur la justice du XXIe siècle. Mme Taubira aurait, par ailleurs, mis sa démission dans la balance, d’après un conseiller ministériel, lorsqu’elle découvrit le projet de confier le contrôle de l’installation des professions réglementées à l’Autorité de la concurrence et non plus à la chancellerie. « Elle a seulement dit que, si cette hypothèse l’emportait, il faudrait réécrire son décret d’attributions », nuance une source gouvernementale. Ces épisodes donnent en tout cas un aperçu de l’empoignade déclenchée par le texte.

A l’Elysée, on surveille de près l’évolution des négociations sur le contenu du projet de loi. « La loi Macron n’a pas aujourd’hui de majorité, s’inquiète un proche de François Hollande. C’est d’ailleurs la chance de ce texte. Il faut l’alléger, il y a un vrai travail politique de déminage à mener car il peut y avoir un accident. » Chaque article du texte fait l’objet de discussions serrées dans la majorité.

Au PS, la première version du texte a déclenché de vives protestations lors de la réunion du secrétariat national. Solférino a même fait rédiger par Karine Berger, la responsable des questions économiques, un « mémorandum » sur la question, qui a davantage des allures de contre-projet que de codicille. Rejet de l’extension du travail du dimanche, de la dérégulation des professions judiciaires (avocats et notaires), de la modification des règles de licenciement, de la vente des actifs de l’Etat…

Le texte réclame à l’inverse « une loi de gauche », comme pour rappeler à Emmanuel Macron dans quel camp se situe sa majorité. Car le gouvernement va devoir aller chercher les votes un à un dans l’Hémicycle. Après une séquence extrêmement tendue sur le vote du budget, la loi Macron fait figure d’exutoire. « Il n’y a pas les mêmes contraintes que sur le projet de loi de finances », prévient Jean-Marc Germain, député frondeur (Hauts-de-Seine) proche de Martine Aubry.

Lire aussi : Travail du dimanche : un rapport des élus parisiens s’oppose à la loi Macron

Compromis ou 49-3

Une partie du groupe socialiste envisage de s’abstenir, voire de voter contre le texte, ce qui serait une première depuis le début du quinquennat. L’aile gauche du PS considère le texte comme un projet ouvertement libéral. « Quelle crédibilité a-t-on à vanter d’une main l’épopée émancipatrice du socialisme et de l’autre la demande à voter la loi Macron ? Aujourd’hui, au PS, il faut avoir deux cerveaux », déplore Benoît Hamon, l’ancien ministre de l’éducation revenu sur les bancs de l’Assemblée. L’aile droite considère au contraire, par la voix du député de Paris Christophe Caresche, que ce texte est « la plus grande loi du quinquennat ».

Devant le risque d’un accident industriel qui couperait la majorité en deux, les dirigeants socialistes essaient de trouver une solution de compromis. « Si le texte revient à son objectif premier, à savoir la lutte contre la rente, les socialistes auront du mal à voter contre », estime Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS, qui n’exclut pas que le premier ministre doive recourir au 49-3, c’est-à-dire engager sa responsabilité. Bruno Le Roux, patron du groupe socialiste à l’Assemblée, a demandé à ses députés de regarder chaque article sous le prisme de ce qu’il pouvait apporter à l’activité.

« Tout le monde veut avoir des gains symboliques sur ce texte », explique un pilier de l’Assemblée. La loi Macron est ainsi devenue au gré des crispations le mètre étalon des ambitions de chacun. Test de résistance pour Manuel Valls et son ministre de l’économie, défouloir pour l’aile gauche, et exercice de positionnement idéologique pour la majorité silencieuse du groupe. La version finale du texte donnera la tonalité de cette seconde moitié de quinquennat et dressera une nouvelle cartographie des rapports de force.

Le projet de loi Macron hérisse une partie de la majorité

L'Obs avec AFP

Le gouvernement compte sur ce texte pour « déverrouiller l’économie française ».

Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie (c) AFP Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie (c) AFP

Le gouvernement présente mercredi 10 décembre le projet de loi Macron, texte très attendu sur lequel il compte pour « déverrouiller l’économie française », mais déjà décrié par une partie de sa majorité de gauche et plusieurs syndicats de salariés, et contesté dans la rue par les professions juridiques.

Touchant à des thèmes aussi divers que le travail du dimanche, les professions juridiques, l’épargne salariale ou la cession de participations de l’Etat, le projet de loi « pour la croissance et l’activité » sera présenté en Conseil des ministres, avant une conférence de presse à l’Elysée du Premier ministre Manuel Valls et du ministre de l’Economie Emmanuel Macron, en présence de cinq autres ministres et de quatre secrétaires d’Etat.

Le texte, initialement une réforme des professions réglementées portée par Arnaud Montebourg, prédécesseur d’Emmanuel Macron à Bercy, a déjà vu son périmètre et son contenu changer à de nombreuses reprises. Si certains pans ont déjà été annoncés, d’autres seront dévoilés ou précisés mercredi.

Ouverture du dimanche

Fortement remontés depuis les premières annonces, l’été dernier, les huissiers, notaires, avocats et autres professions réglementées du droit demanderont à nouveau le retrait du projet mercredi après-midi, lors d’une manifestation où ils espèrent rassembler 50.000 des leurs. L’UNAPL, qui regroupe l’ensemble des professions libérales, appelle pour sa part à descendre dans la rue le 22 janvier.

Ces organisations s’opposent en particulier à la libéralisation de l’installation des nouveaux arrivants chez les huissiers, notaires et commissaires-priseurs, au bouleversement des grilles tarifaires et à l’ouverture du capital de leurs sociétés à d’autres professionnels du droit.

La possibilité pour les commerces d’ouvrir jusqu’à 12 dimanches par an, contre 5 actuellement, est l’autre mesure qui suscite le plus de controverse. Elle hérisse notamment une bonne partie de la gauche et des syndicats. « Tel qu’annoncé, (le texte) n’est pas votable », a ainsi déclaré mardi l’un des chefs de file des députés PS frondeurs, Christian Paul, critiquant « l’hyper-marchandisation » de la société à laquelle conduirait un élargissement des ouvertures dominicales.

Quelle compensation pour les salariés ?

« Pour faire un point de croissance, il faut 40 milliards d’euros, je ne les vois pas dans le texte », a lancé la rapporteure générale du Budget Valérie Rabault, l’une des animatrices du collectif critique Cohérence socialiste, qui a présenté des propositions pour « aller plus loin ».

Au-delà du nombre de dimanches travaillés se pose aussi la question de la compensation pour les salariés. Une version provisoire du texte, démentie par Bercy, libérait les entreprises de moins de 20 salariés de l’obligation de verser des compensations salariales. Le secrétaire d’Etat au Budget Christian Eckert a estimé mardi que « le doublement du salaire » des salariés concernés paraissait « être le socle à partir duquel on peut discuter ».

Les syndicats du secteur du commerce appellent à une manifestation le 16 décembre, toujours sur la question du travail du dimanche.

Emmanuel Macron assure vouloir dépasser ces inquiétudes. « Ce qui me préoccupe, ce sont les vrais problèmes des Françaises et des Français, c’est qu’après cette loi, les Françaises et les Français vivent mieux, ce ne sont pas des postures, ce ne sont pas des débats faussement idéologiques », a-t-il ainsi déclaré mardi, après avoir présenté son projet au groupe PS au parlement.

Examen à l’Assemblée à partir du 22 janvier

Il a évoqué « dans les prochaines semaines » un « travail avec le Parlement pour enrichir ce texte, l’améliorer ».

Le projet de loi sera examiné à l’Assemblée nationale pendant une dizaine de jours à partir du 22 janvier, pour une bataille parlementaire qui s’annonce comme l’une des plus intenses du quinquennat.

Après la semaine de mobilisation patronale contre plusieurs mesures gouvernementales, les dirigeants du Medef Thibault Lanxade et Geoffroy Roux de Bézieux ont en revanche estimé que le projet Macron allait « dans la bonne direction ».

Parmi les autres mesures déjà annoncées figurent la libéralisation du transport en autocar, des dispositifs pour relancer l’épargne et l’actionnariat salariaux, ou encore l’ouverture du capital d’aéroports de Province, dans le cadre des cessions d’actifs de l’Etat.

Pourquoi Manuel Valls a repris la main sur la loi Macron

La bataille parlementaire sur la loi Macron s’annonce comme l’une des plus intenses du quinquennat. C’est le Premier ministre Manuel Valls en personne qui se charge ce mercredi de sa présentation.

Pourquoi Manuel Valls a repris la main sur la loi Macron

Le ministre de l’Economie Emmanuel Macron et le Premier ministre Manuel Valls sur le perron de l’Elysée le 7 octobre 2014 à Paris

afp.com/Alain Jocard

Ce devait être le climax de sa jeune carrière ministérielle, et cela le sera sans doute, mais ce mercredi, Emmanuel Macron s’apprête à se faire voler la vedette par Manuel Valls lors de la présentation à l’Elysée de son projet de loi pour la croissance et l’activité. Le Premier ministre l’a assuré dimanche soir sur le plateau du JT de France 2, à l’issue du Conseil des ministres, il se chargera lui-même de détailler le contenu du texte. Un jeu de chaises musicales qui va sans doute bien au-delà de la simple finesse protocolaire. Voici pourquoi Manuel Valls a décidé de monter au front.

1. Parce que le soldat Macron est en difficulté à l’Assemblée

« Pour nous la loi Macron est une loi de gauche contre la rente, contre les monopoles contre les intérêts acquis et pour la jeunesse et les exclus (…) pas une loi libérale », assure en off un proche conseiller du ministre. Oui mais voilà, n’en déplaise à Emmanuel Macron et à son entourage, la cadet du gouvernement au profil d’ancien banquier d’affaires à bien du mal à convaincre la majorité de gauche à l’Assemblée nationale de la pureté de ses intentions. De ses allusions récurrentes aux 35 heures à son tropisme social libéral, tout chez lui hérisse les frondeurs et la gauche de la gauche, fâchée depuis longtemps par la politique économique de François Hollande. Selon la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann (PS), citée par l’Humanité, ce texte constitue « une remise en cause de tous les combats historiques de la gauche ».

Eclipser Macron comme s’apprête à le faire Manuel Valls revient donc à faire disparaitre en partie ce chiffon rouge qui sème la discorde dans les rangs de la gauche. Un doute subsiste d’ailleurs sur l’existence d’une majorité au Parlement pour faire passer cette loi. C’est aussi pour cette raison que le projet sera finalement « loin des 162 articles initialement prévus ». Tout au plus en comportera-t-il « entre 80 et 90 », affirme un proche du dossier. En cas de trop forte opposition, il restera toujours le fameux article 49-3 qui permet au chef du gouvernement de passer en force en engageant sa responsabilité.

2. Parce que sa loi marche sur les plates-bandes d’autres ministres

Mais il n’y pas qu’à l’Assemblée qu’Emmanuel Macron irrite. Au sein même du gouvernement, et malgré l’unité affichée, certains apprécient peu de voir Emmanuel Macron et la loi qui portera son nom empiéter sur leurs prérogatives. Ce lundi, dans les colonnes du Monde, Christianne Taubira se fendait ainsi d’une tribune en forme de charge contre certains aspects de la loi pour l’activité: « Le droit n’est pas une marchandise soumise au marché« . Dans le viseur de la ministre de la Justice, la libéralisation de certaines professions réglementées et notamment les professions juridiques (notaires, huissiers, avocats…). Mais d’autres collègues d’Emmanuel Macron sont également concernés par « sa » loi à défaut d’être aussi ouvertement critiques: les ministres du travail, des finances, du commerce et de l’artisanat, des transports et de la santé seront d’ailleurs présents à l’Elysée.

3. Parce que Valls tient à réaffirmer son autorité

En tant que chef du gouvernement, il appartient à Manuel Valls de procéder aux arbitrages ministériels en cas de conflit. Monter à la tribune pour présenter en personne le projet de loi, même flanqué d’Emmanuel Macron, s’incrit parfaitement dans cette logique. Mais au-delà de cet aspect, ce sera surtout une nouvelle occasion pour Manuel Valls de réaffirmer son leadership à un moment où la popularité de l’executif dans l’opinion continue de faiblir. Dimanche soir sur France 2, il avait entamé la séquence en enterrant la rumeur de son prochain départ en assènant « je ne suis pas un déserteur » et en déclarant qu’il se verrait bien à Matignon jusqu’en 2017. Ce mardi, en marge d’un déplacement à Prague, le chef du gouvernement s’est montré suffisamment explicite: « Ce n’est pas la loi de Macron, même si c’est lui qui la portera dans les médias, c’est une loi voulue par le président et le Premier ministre ». Macron portera donc un projet, présenté par Valls à… L’Elysée. Le message de l’exécutif est clair.

4. Parce que cette loi est un message adressé à Bruxelles

Fin novembre, la Commission européenne a donné jusqu’à mars à la France pour faire de nouveaux efforts budgétaires et accélérer son programme de réformes. Elle estime dans son avis sur les budgets 2015 de la zone euro que celui de la France présente « des risques de non-conformité » avec les règles européennes. En clair, elle examinera à la loupe le budget français et appelle de ses voeux de nouvelles réformes structurelles. Or les seules qui soient à l’horizon, sont justement celles contenues dans ce qu’il convient toujours d’appeler la loi Macron. C’est le cas de l’assouplissement du travail du dimanche, mais aussi de la dérèglementation de certaines professions, et de l’assouplissement des règles de licenciement collectif -dont on ignore s’il figurera bel et bien dans le projet. La France à quatre mois pour convaincre et éviter une amende de quatre milliards en même temps que le bonnet d’âne budgétaire de la zone euro.

5. Parce qu’il pourrait s’agir de la dernière grande réforme du quinquennat

Les mauvaises langues diront qu’il pourrait surtout s’agir de la première grande réforme de l’ère Hollande. Mais puisqu’elle a vocation à « faire sauter les verrous qui entravent la croissance », la loi Macron pourrait bel et bien être le tournant économique si ce n’est politique du quinquennat de François Hollande. Dans le doute, on comprend bien que Manuel Valls tienne à apparaître au premier plan de la photo de famille que s’apprête à nous livrer le gouvernement.

Commentaires

BB0748                       Quand on bricole on perd, l’affichage d’une liste incohérente et bricolée ne fait pas une politique durable
Firetiger                     Pourquoi j’ai le sentiment que l’explosion est imminente ? Macron n’a aucune marche de manoeuvre… Entre les 35h qu’il ne doit pas toucher, le dimanche jour du seigneur immuable… Il ne lui reste plus à sa disposition que la spécialité socialiste, à savoir : impôts et taxes.
doggy69                   Suis pas inquiet .On a vécu la capacité de Sapin à manipuler les français (la courbe qui monte mais qui descend quand même ) / il lui suffit de refaire le mm numéro d’acteur au niveau européen ( même pas peur il a… J’en suis certain – il est formaté comme ça)

Alexm                        C’est quoi aujourd’hui « l’épopée émancipatrice du socialisme » dont parle Benoît Hamon ?

Bakounine                 La majorité qu’il cherche il la trouvera à droite si toutefois la droite est capable de voter pour une loi qui favorise ses électeurs.

André Nayener           Pauvre France….il est impossible de réformer quoi que ce soit !

al                              L’important, c’est de s’opposer : les frondeurs sont experts. Vont-ils sauver leur siège ? Raté à Troyes !

fred                             Attendons qu’elle soit abandonnée pour la juger.

–                Il faut faire des sacrifices au dieu Europe… Les conséquences n’ont pas été évaluées à leur juste valeur, comme le souligne fermement le Conseil d’Etat dans l’avis qu’il a rendu ; en fait, le point commun des mesures prévues dans ce projet est de l’absence de connaissances juridiques sur les domaines concernés, voire même de connaissances tout court… Avoir écarté le Ministère de la Justice d’une réforme des professions juridiques et judiciaires, c’est quand même le comble ! Et épargnez moi le laïus sur le thème « les réformes doivent venir de l’extérieur pour éviter les collusions », qui permet juste de pouvoir faire n’importe quoi dans une confortable ignorance de la réalité et du droit !

@shi-an-li : Et oui depuis 2 décennies nos gouvernants dansent, 1 pas en avant 2 en arrière, c’est à se demander si en fait ils n’attendent pas d’être dans la situation de la Grèce afin que les réformes soient exigées par le FMI.

Que vaut cette loi , sans la remise en cause des 35 h , la remise en cause des systèmes et droits à la retraite ,systèmes de santé , et charges sociales , sans une stimulation des heures supplémentaires ? Nous faisons des petits pas , au lieu de sauter au delà du précipice…..

–                Pierre ,Paul, c’est le désarroi la relance ne viendra pas du ciel pas d’investissement que des mesurettes alors , Boff

bon sens  •                                  si vous avez bien écouté où lu macron , le superman libéral, a dit ;textuel;  » La prise de participation des chinois ( 49, 99 %),+ des parts floues dans des sociétés écran, n’est pas pas une privatisation. L’état est très loin des 51 % requis, simplement du blocage et encore.

  • Voilà ce que nous sort un banquier tendance socialiste.
    Et dire qu’il y a des brêles pour le défendre.
    LMCSPP  •                                   Je résume : Macron en est réduit à expliquer aux députés PS que l’arithmétique n’est pas une science de droite.
  • patricia  •                                      Il faudrait que tous les chômeurs portent plainte pour impossibilité d’avoir accès au droit du travail au lieu d’être insultés par les médias ! J’ai 60 ans, et j’ai passé ma vie à chercher du travail tous les jours, navigant entre petits boulots et chômage sans jamais pouvoir signer un seul CDI à temps plein !
  • Jacob  •                                        macron viré comme ses potes. tous bons à rien!
  • R  •                                               Chers amis, les banques des illuminati m’envoient pour vous donner ce message …
    Bin ça c’est de l’intro !
  • Jean-Michel  •                              C’est d’autant plus ridicule que ça ne relancera rien à moins que les gens ne se remettent à faire des crédits. Perso, si j’ai 1000 euros pour faire mon mois, je tâche de faire avec 950 pour assurer un peu l’avenir. Aucun crédit. Et ce que je dépenserais le dimanche si j’y allais , je le dépenserais en moins en semaine.
  • Jean-Michel  •                               Ouverture des commerces le dimanche : Faites comme moi, trouvez autre chose à faire de vos dimanches. Si les patrons sont obligés de payer plus cher des employés pour garder des magasins vides, çà ne durera pas longtemps car les patrons ne sont pas des philanthropes…
  • Citoyenne Du Monde  •                 Qu’ Emmanuel MACRON , persévère pour libérer le pays d’une minorité de nantie(e)s afin de rehausser la création d’entreprises et l’emploi. BON COURAGE
    le MEDEF peux aller se faire voir à pôle emploi au lieu de chialer.
    Ismael  •                                         ILS NOUS EMMERDENT CES SOCIALOS FACHOS//// PARIS EST UNE DES PLUS BELLES VILLES AU MONDE? BEAUCOUP DE TOURISTES// si on ouvre les dimanches, les magasins, et ceux qui travaillent gagneront plus,donc ils paieront plus d’impots, et si cela permet de créer des emplois ce sera plus de recettes en taxes et impots pour l’état. Dans tout les cas tout le monde est gagnant….Pourquoi tortiller, faire le buzz, alors que les autres grandes capitales du monde appliquent les ouvertures chaque dimanche….On ne peut pas prétendre avoir la plus belle ville du monde, et fermer les portes quand les touristes se déplacent pour vérifier… Alors il faut aussi fermer les dimanches:: les restos-cinémas-les parcs-les musées-les trains-gares- les aéroports etc…etc… Il faut libérer tout ce qui rapporte des devises, et un grand pouvoir d’achat à ceux qui travaillent les dimanches; Et créant de l’emploi…..
    pedro 44  •                                 pas simple d’expliquer qu’on fait une politique que même la droite n’osait pas faire !!
  • L’emploi salarié a reculé de 0,3 % au troisième trimestre

    Le Monde.fr avec AFP et Reuters |

    L'emploi salarié dans les secteurs marchands non agricoles a reculé de 0,3 % au troisième trimestre en France, avec 55 200 postes détruits, annonce l'Insee.

    L’économie française a détruit 33 400 postes au troisième trimestre dans le secteur marchand hors intérim, en dépit d’une timide croissance, selon des données définitives publiées mercredi 10 décembre par l’Insee.

    Avec l’emploi intérimaire, ce sont 55 200 postes qui ont disparu, soit des effectifs salariés en baisse de 0,3 % par rapport au deuxième trimestre. Tous les secteurs sont touchés, en particulier l’industrie (– 0,4 %) et l’intérim, qui accuse une baisse sensible de 4 %. Au deuxième trimestre, 7 000 emplois avaient été créés.

    Le nombre de postes détruits au troisième trimestre avait été annoncé précédemment à 34 100 (– 0,2 %) par l’Insee et celui des créations d’emplois du deuxième trimestre à 8 300 (+ 0,1  %). Sur les douze mois à fin septembre, les effectifs du secteur privé français ont diminué de 0,4 %, le nombre de destructions nettes d’emplois atteignant 59 700.

  • Chômage: 33 400 postes ont été détruits au 3e trimestre en France

    L’Expansion.com avec AFP

    En incluant l’intérim, ce sont même 55 200 postes qui ont disparu sur les mois de juillet, août et septembre, selon les chiffres de l’Insee publiés ce mercredi.   

    Chômage: 33 400 postes ont été détruits au 3e trimestre en France

    Après une légère embellie , le chômage est reparti à la hausse.

    afp.com/Philippe Huguen

    La tendance reste aux destructions d’emplois. L’économie française a détruit 33 400 postes au troisième trimestre dans le secteur marchand hors intérim, en dépit d’une timide croissance, selon des données définitives publiées mercredi par l’Insee.

    Avec l’emploi intérimaire, ce sont 55.200 postes qui ont disparu, soit des effectifs salariés en baisse de 0,3% par rapport au 2e trimestre. Tous les secteurs sont touchés, en particulier l’industrie (-0,4%) et l’intérim qui accuse une baisse sensible de 4%.

    Le chômage en France est d’ailleurs mal parti pour baisser d’ici fin 2014. En octobre, le nombre d’inscrits à Pôle Emploi a augmenté de 0,8% pour atteindre les 3,46 millions.

    Emploi : 33 400 postes détruits au troisième trimestre

    Le Point –

    L’emploi dans l’industrie poursuit sa tendance à la baisse en perdant 11 300 postes au troisième trimestre. Sur un an, ce secteur accuse une chute de 2,6 %.

    Une agence Pôle emploi en France (photo d'illustration).
    Une agence Pôle emploi en France (photo d’illustration). © PHILIPPE HUGUEN / AFP

    L’économie française a détruit 33 400 postes au troisième trimestre dans le secteur marchand hors intérim, 55 200 si on compte les emplois intérimaires, selon des données définitives publiées mercredi par l’Insee. Tout compris, l’Insee note des effectifs salariés en baisse de 0,3 % par rapport au deuxième trimestre. Tous les secteurs sont touchés, en particulier l’industrie (- 0,4 %) et l’intérim qui accuse une baisse sensible de 4 %. Au total sur un an, 59 700 postes ont été supprimés dans les secteurs principalement marchands (- 0,4 %).

    L’emploi dans l’industrie poursuit sa tendance à la baisse

    L’emploi dans l’industrie poursuit sa tendance à la baisse avec la perte de 11 300 postes au troisième trimestre. Sur un an, ce secteur accuse une chute de 2,6 %, il se voit amputé de 38 100 postes. La construction est également un pan de l’activité économique fortement affecté : rien qu’au troisième trimestre, il perd 15 200 emplois (- 1,1 %) et 36 800 postes en un an.

    Malgré une hausse notable de 12 200 postes au deuxième trimestre, l’intérim recule à nouveau sur ce troisième trimestre, perdant 21 800 postes. L’emploi intérimaire, comptabilisé dans le secteur tertiaire, tire vers le bas l’ensemble de l’emploi dans le secteur tertiaire marchand avec une destruction de 28 700 postes.

    France: net recul de la production industrielle

    La production industrielle en France s’est repliée de 0,8% en octobre après un mois de stagnation en septembre, a annoncé l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), mercredi 10 décembre. C’est le recul le plus fort depuis mai. La production du seul secteur manufacturier, c’est-à-dire hors mines, eau, énergie, a elle reculé de 0,2%, effaçant presque le timide rebond de 0,3% constaté en septembre, selon l’Insee.

    Progression dans le raffinage

    En octobre, la production recule dans les industries extractives, l’énergie et l’eau (-3,7%), les industries agricoles et alimentaires (-0,9%), dans les équipements électriques, électroniques, informatiques et machines (-0,8%) ainsi que dans la fabrication d’autres produits industriels (-0,1%). Toutefois, elle progresse dans la cokéfaction et le raffinage (+0,9%) et dans la fabrication de matériels de transport (+0,3%).

    Par ailleurs, la production industrielle des trois derniers mois a reculé de 0,6% par rapport à la même période un an plus tôt, tandis que la production de l’industrie manufacturière a baissé de 0,3%.

Commentaires

Andy37                                           Simple calcul d’économie

Le marché qui assure la croissance des entreprises c’est les classes les plus nombreuses qui consomment soit 80% de la population représentée par les salaires moyens des employés et des cadres.

A partir du moment, comme il est dit depuis maintenant 5 ans (la crise) que ces revenus se tassent, diminuent (baisse ou stagnation des salaires, sous emploi… ) ne pas s’étonner alors que la croissance tire vers le bas.

Que les plus nantis ne consomment pas les biens de consommation produits, qu’en général ils achètent dans des niches où les entreprises sont prospères, que le volume de leurs dépenses dans le PIB national est de faible incidence par rapport à la consommation des masses.

S’ajoutent les prélèvements obligatoires, dépenses essentiellement sociales qui sont corrélées directement au niveau du pouvoir d’achat des ménages.

Et qu’à force d’optimiser le coût de la main d’œuvre par le bas tout le marché en prend un coup, laminé par une réduction des dépenses des ménages et une augmentation du volet social.

Que le mode de gestion de notre économie concurrentielle à tout va n’a pas intégré cela, elle est performante quand tout va bien, comme après guerre, se contracte quand le marché se rétrécit c’est à dire que les plus humbles, la masse voit ses ressources se tarir.

Le jour où il ne restera que les riches, 90% des entreprises pourront fermer.

Il est grand temps de redistribuer, car le système s’étouffe de lui même, et que même s’il est montré que les pauvres et les basses classes améliorent leurs conditions c’est trop lent par rapport à ce que les entreprises demandent en terme de rentabilité.

Qu’à force de faire des ajustements pour toujours vouloir gagner plus d’un coté, comme les vases communiquants on assèche de l’autre et cet autre ce sont les masses seules sources de rentabilité du système.

Raslebaule

@ conscient

Je fais partie des 0, 06% et si je devais vivre ici cela me couterait 85% de mes revenus. Croyez vous sincèrement que ce suicide financier aidera l’emploi ? Non. Alors, au lieu de blâmer, devenez aussi « un riche » et on verra si c’est si facile et si les 85% vous paraitront aussi é.

c toubon                                La première inégalité est le chômage

Les champions du chômage France, Espagne ont des salaires bloqués, voire en baisse
les pays du plein emploi USA, UK, Mexique… augmentent leur pouvoir d’achat (2% sur le taux horaire aux US)

Au bout de combien de temps les foyers les plus modestes des pays au plein emploi, et avec augmentation des salaires ont- ils des revenus supérieurs à ceux des pays qui préfèrent le chômage ?

 Du bon sens                Les tendances lourdes sont à l’œuvre et aucune politique conjoncturelle ne les déviera d’un poil. Il faut acter la fin du système consumériste et réorienter toutes les logiques sociales et économiques vers d’autres buts, selon d’autres principes, sur la base de nouvelles valeurs… Et ce, avant que la société se délite au point de tomber dans la barbarie.

politic                                      On peut truquer les chiffres du chômage en radiant à tour de bras et en comptant sur les découragés pour faire baisser les chiffres au sens de l’OIT. Mais quand la population active augmente tous les ans (jeunes entrants et immigrés) et que le nombre d’emplois baisse, comment nier le problème? On peut le masquer par l’emploi public (pour acheter la paix sociale dans l’underclass immigrée délinquante) mais cela ne change rien au problème.

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