Libérer l’activité et restaurer l’égalité des chances économiques

Libérer l’activité partout en France et dans tous les secteurs. Telle est la mission qui m’a été confiée par le Président de la République et par le Premier ministre. Tel est l’objet du projet de loi qui sera présenté en Conseil des Ministres dans les prochaines semaines.

Je veux être très clair sur l’esprit de ce projet : ce ne sera pas un texte contre une profession, contre un secteur ; ce sera un texte pour ceux qui veulent travailler, créer, produire, embaucher sur notre territoire. Ce sera un texte qui agira sur tous les leviers et tous les fronts pour lever les blocages, pour créer de l’activité. C’est une loi qui facilitera la vie des entreprises et améliorera le quotidien de nos concitoyens. Restaurer l’égalité des chances économiques pour tous: voilà comment je conçois mon rôle de ministre de l’Economie.

Le projet de loi pour l’activité et l’égalité des chances économiques concernera de nombreux secteurs. Il facilitera la mobilité de nos concitoyens. Il incitera certaines professions à gagner en efficacité. Il consolidera la compétitivité de nos entreprises et l’attractivité de notre territoire. Il renforcera la concurrence et soutiendra le pouvoir d’achat des Français. Il modernisera le dialogue social de notre pays, ainsi que notre droit du travail. Il simplifiera la réglementation dans le champ du logement. Bien d’autres sujets seront traités, car c’est la somme de toutes les activités concrètes et locales qui fait la croissance.

Pour réussir, notre pays doit affronter trois maladies.

  1. La défiance, d’abord : les Français sont les plus pessimistes du monde en ce qui concerne leur avenir économique.
  2. La complexité, ensuite : le poids des lois et des règlements est devenu insupportable.
  3. Les corporatismes, enfin : ils entravent notre capacité à nous transformer.

Pour libérer l’activité, il faut donc faire confiance et laisser ceux qui sont sur le terrain, au plus près de la réalité, faire les choix qui les concernent. Il faut aussi simplifier, drastiquement: la complexité et l’opacité sont toujours une protection pour les plus riches et les plus connectés, alors que les plus fragiles en sont les premières victimes. Il faut enfin retrouver le sens de l’intérêt général : pour y parvenir, il est impératif de nommer les problèmes et de poser les choses à plat, afin de réunir toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté. Voilà les trois principes qui guident ce projet de loi pour l’activité et l’égalité des chances économiques.

Réunir les femmes et les hommes de bonne volonté : justement, il faudra une mobilisation sans précédent. Tout d’abord, je souhaite que les partenaires sociaux saisissent l’opportunité de la négociation qui a été engagée pour avancer sur la modernisation du dialogue social, pour renforcer les droits des salariés et pour permettre aux entreprises de s’adapter plus facilement à la conjoncture. Les parlementaires auront également un grand rôle à jouer : leur relation privilégiée avec nos concitoyens permettra d’enrichir ce texte, de le compléter et de l’améliorer pour lever les blocages qui entravent notre économie. Enfin, l’implication des Français elle-même sera essentielle. Lorsque ce projet de loi aura été adopté, il leur reviendra de s’en saisir et de se l’approprier. Dans quelques mois, il sera plus facile de créer, d’innover, d’investir, de travailler, d’embaucher. Mais ce sont nos concitoyens, au final, qui devront oser, se lancer et prendre des risques. Ce sont eux qui concrétiseront ce texte et qui libéreront l’activité de notre pays. Je ne suis pas inquiet : ils n’attendent que cela.

Emmanuel Macron veut soigner les maux de l’économie française

PARIS (Reuters) – Le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, a esquissé mercredi les grandes lignes d’un projet de loi qui doit permettre de lever les « blocages » de l’économie française et doper son potentiel de croissance ébranlé depuis la crise de 2008-2009.

Au cours d’une heure d’exposé devant la presse, celui qui incarne plus que tout autre ministre la ligne « pro-entreprise » assumée par l’exécutif a exprimé sa volonté d’aller vite avec ce texte destiné à combattre les « trois maladies » françaises que sont, à ses yeux, la défiance, la complexité et le corporatisme.

Plusieurs secteurs sont concernés par les dispositions envisagées, qui vont de la libéralisation du transport par autocar, à l’assouplissement de la réglementation du travail dominical en passant par la simplification des conditions d’installation des professions juridiques et médicales.

Emmanuel Macron en est resté toutefois aux grands principes d’un texte qui sera présenté en décembre en conseil des ministres. Il aura alors été complété par d’autres dispositions, notamment sur l’immobilier ou le code du Travail si les négociations qui viennent de débuter sur la modernisation du dialogue social débouchent sur du concret.

Sa présentation a coïncidé avec la transmission par la France à la Commission européenne de son projet de budget 2015 controversé, qui entérine un dérapage des déficits publics par rapport aux engagements pris par Paris.

Dans ce contexte, beaucoup y voient une démonstration surtout destinée aux Européens pour prouver que, à défaut de maîtriser ses finances, la France est prête à engager des réformes sérieuses pour favoriser croissance et emploi.

Le ministre de l’Economie s’est défendu de tout marchandage avec l’exécutif européen, pour le dissuader de retoquer le budget français avant même qu’il soit voté.

« Il n’y a pas d’échange ‘pétrole contre nourriture’ avec Bruxelles », a-t-il assuré, « ces réformes, nous les faisons pour nous-mêmes ».

INTÉRÊT GÉNÉRAL

« Nous ne prenons pas ces mesures parce que nous devrions plaire à l’un ou l’autre ou parce que ça nous serait dicté de l’extérieur. La situation économique l’impose », a-t-il ajouté.

Dans le même temps, il a souligné que cette capacité à se réformer manifestée par la France « était un argument pour accroître aussi la pression sur nos partenaires » pour les amener à agir pour éviter une « stagnation massive » de la zone euro, notamment en augmentant leurs investissements.

Le « projet de loi pour l’activité et l’égalité des chances économiques » avait été envisagé au départ par Arnaud Montebourg, qui avait annoncé au début de l’été sa volonté de s’attaquer aux professions réglementées pour libérer six milliards d’euros de pouvoir d’achat pour les Français.

A l’inverse de son prédécesseur, qui avait provoqué la colère des notaires, Emmanuel Macron s’est gardé de donner le moindre chiffre même s’il s’est engagé à publier, par transparence, les gains de croissance potentielle qu’il attend de toutes les mesures une fois le texte finalisé.

Il a déclaré en outre vouloir agir sans stigmatiser et en dépassionnant le débat.

« On ne peut pas dire qu’on va restaurer la confiance si on attaque une catégorie de Français », a-t-il dit, même s’il a reconnu que certaines réformes risquaient de « contrarier des intérêts » et qu’un « un bon indicateur sera le degré d’émoi parce que ça veut dire que quelque chose se passe ».

Au plus bas dans les sondages, l’exécutif avance cependant en terrain miné, comme l’a montré son enterrement de l’écotaxe la semaine passée face aux menaces de blocage des routiers.

Pharmaciens, dentistes, huissiers et notaires ont déjà manifesté fin septembre contre le projet de réforme de leurs professions et ont annoncé leur volonté de récidiver.

Emmanuel Macron veut croire qu’au bout du compte l’intérêt général l’emportera : « Si nous sommes suffisamment adultes collectivement, personne ne nous donnera de leçon. Dans ce contexte, il faut faire les choses parce qu’elles sont bonnes ».

Les réformes Macron pour « libérer l’économie » sont-elles crédibles?

Par ,

Emmanuel Macron a brossé ce mercredi les grandes lignes de son projet de loi sur l’activité. L’occasion de passer au crible les principales réformes qui doivent convaincre Bruxelles d’accepter le budget 2015 de la France.

Les réformes Macron pour "libérer l'économie" sont-elles crédibles?

Le ministre des Finances Emmanuel Macron à son arrivée le 7 octobre 2014 à l’Elysée à Paris    afp.com/Alain Jocard

Le casting et les mots ont changé, mais demeure l’urgence de réformer. A plus forte raison au moment même où le budget 2015 est dans la ligne de mire de Bruxelles. C’est dans cette perspective que s’inscrit le projet de « loi pour l’activité« , présenté partiellement ce mercredi en Conseil des ministres par Emmanuel Macron. Un projet qui vient remplacer la « loi sur la croissance » esquissée par Arnaud Montebourg, du temps où le chantre du made in France arpentait encore les couloirs de Bercy.

Le ministère de l’Economie a changé de style en même temps qu’il changeait de ministre et, pour Emmanuel Macron, la France a « trois maladies », que sont « la défiance », « la complexité » et « le corporatisme ». Pour l’en guérir, le docteur Macron vient donc de dévoiler un premier jet de trois réformes. Ce ne sont pas les plus ambitieuses, mais sans doute les plus consensuelles. Ce sont en tout cas, sur le papier, les plus simples à mettre en oeuvre sans mettre les Français dans la rue. Leur somme ressemble à un amuse-gueule pour mieux faire patienter Bruxelles et lui faire oublier les ratés en matière de réduction du déficit budgétaire.

1. Etendre le travail du dimanche

En quoi cela consiste? Le ministre de l’Economie Emmanuel Macron veut assouplir les règles du travail du dimanche dans les commerces non alimentaires qui pourraient ouvrir cinq dimanches sur simple demande et jusqu’à 12 dimanches (avec autorisation préalable). Entre ces deux chiffres, consensus suprême, les maires sont invités eux-mêmes à placer le curseur où bon leur semblera. La compensation des salariés volontaires serait améliorée.

Est-ce applicable?A priori oui tant les incohérences des règlementations actuelles sont patentes. La mesure suit les recommandations du rapport Bailly, réalisé après une vive polémique dans le secteur du bricolage. Mais il faudra y mettre les formes car la CFDT, la CFTC et FO ont affiché ce mercredi leur ferme opposition… sans fermer complètement la porte. « Sur ce sujet, la CFTC est prête à montrer les dents, ils serait bon que le ministre, s’il veut bouger les choses, passe par les partenaires sociaux », a par exemple réagi Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC. Une fois passée les réticences syndicales, la mesure paraît en revanche relativement simple à faire voter et à mettre en oeuvre.

Est-ce de nature à satisfaire Bruxelles?Oui. Comme le FMI et l’OCDE avant elle, la Commission européenne dans ses recommandations à l’adresse des Etats-membres cite spécifiquement « l’assouplissement des horaires d’ouverture » des magasins. L’Union voit dans ce type de réformes une façon de stimuler la consommation, l’activité et au bout du compte la croissance après laquelle l’Europe court désespérément.

2. Réformer les professions réglementées

En quoi cela consiste? Il s’agit sans doute du plus gros morceau confirmé ce mercredi par Emmanuel Macron. Cette fois les pharmaciens, dentistes, notaires, avocats, huissiers, mandataires de justice, greffiers de tribunaux de commerce, leurs monopoles et leurs tarifs, sont dans la ligne de mire du ministre de l’Economie. Le projet de loi prévoit d’imposer la « transparence des coûts » et donc des tarifs de ces professions (qu’il s’agisse des prothésistes ou des notaires), de simplifier les conditions d’installation (passer à 2 ou 3 règles contre une douzaine pour les pharmacies, par exemple), et enfin, autoriser l’ouverture du capital de ces sociétés d’exercice libéral à d’autres professionnels du secteur. Dans la pharmacie, cela permettrait à des officines de ce regrouper ce qui leur permettrait de réaliser des économies d’échelle.

Est-ce applicable?Oui mais… L’annonce de ce projet a déjà réussi le tour de force de faire descendre les notaires et les pharmaciens dans la rue. Pour autant, le ministre « semble avoir renoncé à l’ouverture du capital des sociétés libérales aux groupes financiers, pour la limiter aux professionnels entre eux », relève ce mercredi le principal syndicat de la pharmacie. En outre, le gouvernement a décidé de « ne pas revenir sur l’exclusivité des tâches » de ces professionnels, tels que le monopole des notaires pour l’établissement des actes authentiques. Autant de compromis qui pourraient finir par adoucir la pilule et rapprocher les acteurs concernés d’une forme de consensus.

Est-ce de nature à satisfaire Bruxelles?Oui. La reforme des professions réglementées est formellement réclamée par l’Union européenne. Bruxelles juge qu’il s’agit d’une réforme « structurelle » ce qui dans sa bouche la rendrait même prioritaire, pour ne pas dire indispensable. Angela Merkel et l’Allemagne sont d’ailleurs du même avis..

3. Libéraliser les lignes d’autocar

En quoi cela consiste? Le gouvernement souhaite libéraliser le transport inter-régional par autocars, aujourd’hui soumis à une quasi interdiction de fait. Cette mesure pourrait créer jusqu’à 10.000 emplois estime emmanuel Macron et permettrait un gain de pouvoir d’achat d’environ 700 millions d’euros par an pour les usagers, selon Bercy. Cerise sur le gâteau, cela ne nuirait pas à la SNCF, qui se développe dans ce secteur, et ce serait « bon pour l’écologie » puisque les personnes réalisant aujourd’hui ces trajets en voiture individuelle pourraient se reporter sur les transports en commun, a argumenté le ministre de l’Economie.

Est-ce applicable?Oui. Ce pourrait même être la partie du projet la plus simple à mettre en oeuvre. A ce stade, seule la CGT affiche son opposition. « On va avoir trois sortes de Français: ceux qui en auront les moyens pour aller à Marseille et prendront l’avion, ceux qui auront un peu moins d’argent et prendront le train et les pauvres qui prendront le bus. Voilà le monde dans lequel on veut nous installer », a estimé sur France 2 le patron du syndicat Thierry Lepaon.

Est-ce de nature à satisfaire Bruxelles?Oui. Favoriser la concurrence sur le marché de l’énergie et du transport est l’une des priorités fixées par Bruxelles aux Etats-membres de l’Union européenne. Certes la Commission pense en priorité au transport ferroviaire, mais à tout prendre, elle devrait se satisfaire de cette proposition… En attendant mieux.

Projet de loi Macron : une belle « opération de com' »

L’objectif de Emmanuel Macron de libérer l’économie française de ses blocages et corporatismes a pour but d' »enfumer » Bruxelles, estiment les éditorialistes.

Emmanuel Macron, le 3 septembre 2014. (AFP PHOTO/ ALAIN JOCARD) Emmanuel Macron, le 3 septembre 2014. (AFP PHOTO/ ALAIN JOCARD)

Le projet de loi pour « déverrouiller » l’activité, dont les grandes lignes ont été présentées mercredi par le ministre de l’Economie Emmanuel Macron apparaît comme une « opération de communication » en direction de Bruxelles, estime la presse jeudi 16 octobre.

Même si « l’idée d’une libéralisation du pays fait son chemin », se réjouit Nicolas Beytout dans « L’Opinion », « on en est encore au niveau des promesses et il faudra des mois, peut-être même une année encore pour que le dispositif Macron entre pleinement en action ».

« Vaste programme, aurait dit le général de Gaulle »

L’objectif de Emmanuel Macron de libérer l’économie française de ses blocages et corporatismes suffit toutefois à attirer les foudres de « L’Humanité » qui fustige « un projet 100% réactionnaire ».

« Ce saupoudrage touchant au travail du dimanche, à la dérégulation des transports publics, n’est pas sans rappeler le rapport de Jacques Attali réalisé à la demande de Nicolas Sarkozy pour ‘libérer la croissance' », estime l’éditorialiste du quotidien communiste, Jean-Paul Piérot.

Mais les commentaires insistent surtout sur le contexte de ces annonces, prévues dans quelques semaines mais avancées pour coïncider avec la présentation par le gouvernement français du projet de budget 2015 à la Commission européenne.

« L’objectif serait de lever les blocages : vaste programme, aurait dit le général de Gaulle face à ce qui ressemble avant tout à une opération de com' », analyse Hubert Coudurier dans « Le Télégramme ».

« Une technique très ‘hollandaise’ pour ‘enfumer’ Bruxelles »

Pour Philippe Waucampt aussi du « Républicain lorrain », « il s’agit plus d’une opération de communication à usage extérieur que d’un acte concret de dynamitage des corporatismes ». « Berlin et Bruxelles se satisferont-ils du simple affichage qu’est pour l’instant la loi Macron ? », se demande-t-il.

Jean-Louis Hervois de « La Charente libre » soutient que « personne ne peut affirmer qu’il n’y a pas dans cette opportune offensive sur les blocages français, une technique très ‘hollandaise’ pour ‘enfumer’ Bruxelles et l’Europe sur les déficits français ».

« Cela peut aider à calmer l’impatience de l’examinateur bruxellois », estime certes Hervé Favre dans « la Voix du Nord ».

Mais, globalement, « ces mesures suffiront-elles à faire repartir la croissance et à amadouer la Commission européenne ? Sans doute pas, mais leur inspiration libérale risque d’irriter un peu plus les ‘frondeurs' » du Parti socialiste, relève Bruno Dive de « Sud-Ouest ».

Le Point –

Emmanuel Macron a présenté mercredi sa vision du travail le dimanche et en soirée : un nouvel enfer bureaucratique.

Emmanuel Macron, ministre de l'Économie.
Emmanuel Macron, ministre de l’Économie. © Dessons / Sipa

Le ministre de l’Économie bénéficie d’une image plutôt libérale et résolument moderne. Il veut lever les freins qui brident l’activité. Vraiment ? Ses propositions sur le travail le dimanche et en soirée en font douter.

Aujourd’hui, il est impossible aux commerces d’ouvrir leurs portes plus de cinq dimanches par an. Demain, avance-t-il, ce sera entre cinq et douze. Pourquoi douze, plutôt que dix, quinze ou quarante ? Peut-être pour ne pas peiner les syndicats, résolument hostiles, seuls dans leur coin, à un système de liberté encadrée, qui permettrait vraiment de doper l’activité et le pouvoir d’achat : tout le monde ouvre quand il veut, à condition que les salariés soient volontaires pour travailler un jour férié et qu’ils soient payés plus. Certains d’entre eux sont très heureux de pouvoir ainsi gagner quelques centaines d’euros de plus.

Et ouvrir en soirée ? Pourquoi pas, mais uniquement sur « décision de l’État ». Difficile, dans ces conditions, de diminuer le nombre de fonctionnaires s’il faut qu’ils instruisent chaque dossier d’ouverture vespérale !

Paris loin derrière Rome, Madrid et… Pékin

Est-ce vraiment à la puissance publique de décider quel magasin sera ouvert jusqu’à 22 heures ou douze dimanches par an ? Personne ne s’est aperçu, au gouvernement, que nous ne sommes plus au XIXe siècle ? Bien sûr, des voix s’élèvent pour assurer que ces ouvertures n’engendrent ni emplois ni croissance, mais seulement un étalement de la consommation. Dans ce cas, il faut aller jusqu’au bout du raisonnement et ouvrir certains magasins un seul jour par semaine : le lundi, ce serait bricolage, le mardi habillement, le mercredi ameublement…

Il suffit pourtant de regarder au-delà des frontières. Au Canada, l’autorisation d’ouvrir le dimanche a provoqué une croissance de 3 % du commerce de détail dans son ensemble. Paris, par ailleurs, est une des seules capitales au monde où les magasins – à l’exception de zones touristiques minuscules – ont l’interdiction d’ouvrir leurs portes le dimanche. À Londres, à New York, mais aussi à Amsterdam, à Madrid, à Rome, à Rio, à Moscou et même à Pékin, les boutiques sont accessibles 52 dimanches par an.

La sous-section 2 de la section 1 du Code du travail

Il est vrai que l’héritage, en France, est lourd, très lourd. Et très ancien : les dispositions sur le repos dominical datent de 1906 et ont été actualisées par un décret de 2008 qui semble, lui aussi, bien désuet. Il figure dans… la sous-section 2 de la section 1 du titre III du livre 1er de la partie III du Code du travail. Ouf ! On y apprend que des dérogations sont possibles pour plusieurs corps de métier, comme le traitement de la bauxite, la décantation de l’amidon, l’étuvage des prunes ou le salage des peaux. Bref, des activités modernes et universelles. Après une telle lecture, on se dit que ce n’est pas d’ajustements que cette législation a besoin, mais d’un énergique bond dans le XXIe siècle.

Travail du dimanche : comment le gouvernement veut assouplir le dispositif

Le Monde.fr |


François Hollande avait annoncé en août dans Le Monde une « adaptation de la réglementation sur l’ouverture des magasins le dimanche ». Le projet de loi présenté mercredi 15 octobre par le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, met en œuvre cette annonce et prévoit l’élargissement des dérogations à la règle du repos dominical.

Que prévoit la réforme ?

Le texte prévoit d’élargir les dérogations déjà existantes aux gares et aux « zones touristiques à fort potentiel économique ». Dans ces zones, les commerces auront une autorisation d’office à ouvrir cinq dimanches dans l’année, et jusqu’à douze en cas d’autorisation des maires.

Un repos dominical aux nombreuses exceptions

Le code du travail stipule, dans son article L3132-3, que « dans l’intérêt des salariés, le repos hebdomadaire est donné le dimanche ».

En pratique, le texte contient de nombreuses exceptions. Si l’on imagine difficilement voir les hôpitaux, par exemple, suspendre toute activité le dernier jour de la semaine, d’autres secteurs dérogent également à la règle en vertu de multiples dérogations géographiques, touristiques, économiques ou épisodiques. Ainsi, selon une étude de la Dares, en 2011, 29 % des salariés travaillaient le dimanche, et 16 % de façon occasionnelle.

Le travail dominical en chiffres.

Voir notre infographie complète : Combien de salariés travaillent le dimanche ?

Des dérogations CINQ dimanches dans l’année

Dans les commerces de détail non alimentaire, la règle du repos dominical peut être transgressée jusqu’à cinq fois par an, traditionnellement en période de fêtes ou de soldes. La décision est prise par le maire, sauf à Paris, où elle revient à la préfecture. La rémunération des salariés est dans ce cas au minimum doublée et une contrepartie de repos leur est également accordée.

Des zones exceptionnelles déjà créées

La loi Maillé du 10 août 2009 a créé des « zones d’intérêt touristiques ou thermales » et des « zones touristiques d’affluence exceptionnelle », délimitées par le préfet. Les commerces qui s’y trouvent sont autorisés à ouvrir le dimanche. En revanche, aucune compensation pécuniaire ni aucun jour de repos supplémentaire ne sont prévus pour les salariés, sauf conventions ou accords collectifs dans l’entreprise.

Le projet de loi du ministre Emmanuel Macron prévoit l’élargissement de ces zones aux gares et à des endroits très fréquentés. Par exemple, à Paris, les Champs-Elysées, une partie de la rue de Rivoli et la place des Vosges sont déjà concernés par le dispositif, mais le boulevard Haussmann, qui concentre les grands magasins très prisés et fréquentés, n’en bénéficie pas.

La loi Maillé a également créé des « périmètres d’usage de consommation exceptionnel » dans les agglomérations de plus d’1 million d’habitants (Paris, Lille et Aix-Marseille, mais pas Lyon). Ces dernières, délimitées par le préfet de région sur demande des mairies, permettent l’ouverture des enseignes tous les dimanches en raison d’« habitudes de consommation, importance de la clientèle et/ou étendue de la zone de chalandise ». En contrepartie, des compensations sont offertes aux salariés, comme le doublement du salaire, avec des garanties de repos compensatoire.

Une longue liste de dérogations permanentes

De nombreux secteurs sont toutefois autorisés à travailler le dimanche de manière permanente, la loi définissant très précisément la liste. Il s’agit de dérogations accordées dans les industries où une fermeture ponctuelle endommagerait la matière première. C’est notamment le cas des usines de produits laitiers, contraintes de travailler en continu, sous peine de voir leur production s’altérer. Dans ces entreprises, le travail dominical des salariés, effectué par roulement, est encadré par des conventions collectives. Aucun changement, en revanche, sur leur fiche de paye : la rémunération est la même que lors d’une journée normale.

Les magasins de bricolage ont récemment été officiellement et définitivement ajoutés à cette liste des dérogations par un décret publié le 8 mars 2014. Le gouvernement avait d’abord publié un décret provisoire en décembre 2013, mais ce dernier avait été suspendu en février par le Conseil d’Etat qui, saisi par les syndicats, avait estimé qu’il « existait un doute sérieux sur la légalité ».

Pour d’autres commerces, lorsque la fermeture du dimanche est considérée comme « préjudiciable au public » ou compromet son « fonctionnement normal », un préfet peut prendre la décision, au cas par cas, d’accorder l’ouverture d’une enseigne le dimanche. Dans ce scénario, le travail dominical se fait sur la base du volontariat.

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Commentaires

fred C  • 

  • encore heureux que le ministre de l’Économie s’intéresse aux maux de l’Économie française…certains avant lui s’intéressaient surtout à leurs économies…
    Souvenez-vous que le peup …  • Rien de compliqué : il suffit de virer les socialopes et leur branque de présiburne.
    MAXIM  • 

    OUAI….OUAI….OUAI….JE VAIS EN PARLER A MON SCOOTER POUR SAVOIR CE QU’IL EN PENSE…….ON LES CONNAIT…….ET…OUI…..IL NE PEUT EN ETRE AUTREMENT….!!Bri  •              Encore un qui ne veut pas recevoir de leçons !!! Mais ils ont un ego surdimensionné .
  • claudine  •         l’économie ira beaucoup mieux quand les incapables du gouvernement seront barrés
  • « Les maux » (et il sont nombreux) de l’économie française : voilà enfin la reconnaissance officielle que l’économie française est malade. C’est heureux. S’attaquer aux corporatismes c’est plus que souhaitable, il faut libéraliser et ouvrir le système en supprimant tout les numerus clausus, mais… Jos  •            Mais il est complètement cinglé ce type ,voila qu’il se prend pour un médecin qui soigne
  • WoeAreWe  •                      tout… sauf toucher aux Banksters-Sans-Frontieres, voyons!
    L’arnaque de « l’intéret » sur la dette de l’Etat…
  • CATHELYNE  •  lol encore un autre parasite (nouveau)…IL POLLUE ….vite faut ..qu’il arrive qq chose pour que tout ses INCAPABLES DEGAGENT faute vite les éliminer…
  • eric 

    en fait une idée pour le travail du dimanche…………… si tous les gens qui disent on veut pas parce que bla bla bla et encore des bla bla ils peuvent engager les chomeurs pour bosser le dimanche je suis certain que les chomeurs qui eux sont dans la meme branche refuseront pas de travailler le dimanche çà sera déjà mieux que pas bosser du tout et tous le monde sera content
    – 16/10/2014 07:54:51

    Admettons que ces mesures soient nécessaires, mais à quand la reforme de l état, des collectivités, des politiques, des services publics ? Les économies seront colossales. M macron est dans la réformette sans intérêt. Enfin, qu est ce qui permet de dire que l Allemagne est d accord avec les réformes des statuts des pharmaciens et des notaires ? Les notaires allemands ont été renforcés récemment par mme Merkel. En outre, il en existe 1 pour 12000 personnes en Allemagne alors qu il y en a 1 pour 7000 personnes en France. Pourquoi ce qui est nécessaire en France ne le serait pas en Allemagne ? Je suis pour le moins dubitatif sur les commentaires du journaliste ayant rédige l’article.

    La vraie réforme serait d’augmenter le nombre de ministres, de sénateurs et de députés. Ça ira mieux après

    On ne va toujours pas à l ‘essentiel : rien sur la réforme de nos administrations ni sur les niches fiscales. C’est dommageable pour notre économie qui est à l’agonie. Le ministre pourrait mieux faire mais je reste persuadé qu’il est muselé par le faux gentil, spécialiste des reculades à répétition.

    nous n’arrêtons pas de tirer sur le pianiste « ,y aka faut qu’on « sont les mamelles du bavardage français ,en Italie ,j’étais dans la file d’attente d’un musée ,quand soudain j’entends des râleurs pester contre le temps passé ,je dis à ma femme ,a tout les coups ce sont des français ,c’était le cas ,nous avons sympathisés et bus un pastis ,cette petite histoire pour dire que nous ne voulons pas des réformes ,et notre appétit de changement est souvent le paravent de notre immobilisme ,un peu comme le prince Salinas dans le Guepar de Visconti « tout doit bouger ,pour que rien ne change » ,mais il faut vraiment changer ,et ce gouvernement s’y emploie ,je n’ai pas voté pour lui,mais il fait le boulot

    Libérer l’économie = baisse de prélèvements patronaux et salariaux sur fiche de paie en amont avec effet immédiat sur l’économie mais cela est impossible en France car le BFR de l’état et des collectivités bloque tout . Et pourtant avec l’impôt derrière, nous pourrions redistribuer mieux…mais bon…

    @garsdu37 : remplacer salariaux par sociales. Excusez moi.

    On devrait l’appeler  » Mr mesurettes  » couvert par son patron  » Mr reculade « . L »‘oiseau providentiel accouche de souris …

    Combien de milliards pour tout ça???

    Et les réformes, pour diminuer d’une manière drastique, les dépenses de l’état, sous toutes ces formes, que dit Bruxelle? Bizarre, que la question primordiable est passée sous silence. En deçà, nulle planche de salut, pour nous sortir de l’ornière. Faudra t’il une révolution dans la rue et dans la grève des impots? Bien possible.

    Ou sont les vraies économies ? Nous vivons socialement bien au dessus de nos moyens depuis bien trop longtemps. Mais qu’importe nous continuons à dépenser l’argent que nous n’avons pas. Montesquieu à écrit en substance que l’on a le gouvernement que l’on mérite. Mais qu’a t-on bien pu faire pour mériter cela ?

    Jean-Luc M

    Vous croyez que l’ouverture du dimanche va créé des emplois? Soit l’ouverture se fait dans des services publics qui sont en fortes restrictions budgétaires il y a suppressions de postes plutôt que créations, l’élargissement des plages horaires devrait se faire par une nouvelle répartition des postes existants uniquement. soit dans le privé l’ouverture de magasins le dimanche n’apporte sauf cas marginaux aucun chiffre d’affaires supplémentaire juste un transfert donc pas d’embauches.

    Yannick29

    Le repos dominical est un droit dont bénéficient, sauf exceptions, les salariés. C’est la raison pour laquelle il est prévu et règlementé par le code du travail. Ni le ministre chargé de l’économie, ni, du reste, celui chargé des affaires étrangères, ne disposent de la moindre compétence pour réformer le code du travail. Alors qu’ils la bouclent.

    citoyen

    À Montréal le dimanche apm j’emmène mes petits enfants à la bibliothèque municipale. Dans ma Ville de 30000 habitants où j’habite en France la biblio municipale est ouverte 4 jours par semaine mais pas le we! C’est cela l’accès à la culture … Et c’est celà aussi la réglementation du temps de travail.

    Jean Aimar

    Dans la ville ou j’habite, le dimanche matin, des bénévoles, salariés modestes dans la vie, s’occupent des gamins pour les emmener jouer des matchs de rugby, de football ou de basket. Parfois il y a même des fêtes, des férias, des activités en commun, des concours de pétanque. Bon ils pourraient aussi bien faire ça tous les mardis. Ah ben non, finalement c’est pas possible.

    Yannick29

    Vous ignorez semble-t-il (ce n’est pas une critique, on peut être bon citoyen et ignorer la loi) que le code du travail français a déjà prévu -et depuis longtemps- une dérogation de plein droit à la règle du repos dominical en faveur des activités culturelles. L’ouverture des bibliothèques le dimanche ne dépend donc que de la volonté des responsables des bibliothèques.

    Jean Aimar

    Et chose incroyable : il y a même des fonctionnaires ou assimilés qui travaillent déjà le dimanche : hôpitaux, cheminots, policiers, conducteurs de bus, douaniers, etc etc. Mais sauf marginalement pour des touristes de passage, je ne vois pas comment la consommation va augmenter. Elle se répartira sur sept jours au lieu de six, c’est tout.

    Petrus

     » En revanche, aucune compensation pécuniaire ni aucun jour de repos supplémentaire ne sont prévus pour les salariés, sauf conventions ou accords collectifs dans l’entreprise. » Donc à terme ça signifie travailler 7j/7 génial !

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