Morlaix: «On sentait monter l’exaspération depuis un moment»

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Le centre des impôts de Morlaix a été incendié dans la nuit de vendredi à samedi.Le centre des impôts de Morlaix a été incendié dans la nuit de vendredi à samedi. (Photo Fred Tanneau. AFP)
INTERVIEW
Le président du premier groupement français de producteurs de légumes, revient sur les raisons qui ont poussé des exploitants à mettre le feu au centre des impôts de Morlaix vendredi.

Une grande façade entièrement noircie et menaçant de s’effondrer, quelques artichauts traînant encore sur la voie publique, des habitants incrédules : la consternation était encore palpable à Morlaix samedi après le saccage du bâtiment de la Mutualité sociale agricole et l’incendie du centre des finances publiques de la ville, perpétrés par des producteurs de légumes en colère.
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«A quoi ça sert de tout casser ? Ils feraient mieux de proposer des solutions», s’indignait samedi un commerçant. Plus compréhensif, un producteur d’échalotes évoquait la détresse dans les campagnes avec son lot de suicides d’exploitants.

Jean-François Jacob, président de la Société d’intérêt collectif agricole (Sica) de Saint-Pol-de-Léon, le premier groupement français de producteurs de légumes, revient sur les raisons de la crise.
Comment expliquez-vous la flambée de violence à laquelle on vient d’assister ?

On sentait depuis un moment monter l’exaspération et la colère des producteurs. On a tiré plusieurs fois la sonnette d’alarme mais rien n’y a fait. Il y a à la fois des causes conjoncturelles et une grande inquiétude face à l’avenir. Les producteurs sont sous pression, leurs trésoreries ne peuvent plus faire face aux périodes difficiles et ils doivent affronter des contraintes administratives et fiscales toujours plus fortes qui les empêchent de travailler.
Pouvez-vous revenir sur ces causes conjoncturelles ?

Il y a eu d’abord un hiver doux qui a permis à nos concurrents directs, l’Allemagne, l’Espagne, les Pays-Bas de produire à un moment où la consommation est plutôt basse. Les prix se sont effondrés et ont entraîné des stocks d’invendus. A cela s’est ajouté l’embargo russe à la suite du différend avec l’Ukraine. Pour notre seul groupement (1 500 producteurs NDLR) , les légumiers ont perdu sur une année 25% de leur chiffre d’affaires.
La commission Européenne a cependant décidé de dégager des compensations…

C’est exact mais les critères d’attribution sont inadaptés. Nos exportations vers la Russie qui transitent pour beaucoup dans un premier temps par les Pays-Bas et l’Allemagne, ne sont pas prises en compte. Après le déblocage d’une première enveloppe, nous avons reçu à la Sica (société d’intérêt collectif agricole) un chèque de 353 euros, soit 23 centimes par producteur ! Ce n’est pas sérieux ! Alors qu’avec la fermeture du marché russe, pour lequel nous nous sommes battus pour faire face à la concurrence des autres pays européens, ce sont des années d’efforts qui sont foutus en l’air ! Nous avons là encore un bel exemple de la bêtise administrative à laquelle nous sommes confrontés.
Quelles solutions préconisez-vous ?

Il faut d’abord régler les problèmes à court terme en allégeant la pression sur les trésoreries. C’est tout à fait possible avec des mécanismes que l’on connaît déjà. Ensuite, il faut revoir la fiscalité sur le secteur des fruits et légumes, qui est soumis aux aléas météorologiques, pour que les bonnes et les mauvaises années s’équilibrent. En Allemagne, la fiscalité est beaucoup mieux adaptée, c’est sans doute une des raisons, avec la main-d’œuvre à bas coût, pour lesquelles leur production a été multipliée par cinq en sept ans et qu’ils sont devenus les leaders européens.
Recueilli par Pierre-Henri ALLAIN, correspondant à Rennes
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Hollande et la pluie

Manuel Valls condamne les violences des agriculteurs à Morlaix

PARIS (Reuters) – Manuel Valls a condamné samedi la dégradation de bâtiments publics la veille à Morlaix, sous-préfecture du Finistère, et a prévenu que des poursuites judiciaires seraient engagées contre leurs auteurs.

Le Premier ministre dénonce « énergiquement les saccages et destructions par incendie cette nuit à Morlaix de deux bâtiments affectés au service public, dont celui de la Mutualité sociale agricole (MSA), entièrement détruit alors qu’il n’avait que deux ans », dit-il dans un communiqué.

« Il est particulièrement choquant que les sapeurs-pompiers aient été empêchés d’accomplir leur mission. Des poursuites judiciaires seront engagées contre les auteurs de ces actes », ajoute-t-il.

Une centaine d’agriculteurs, affectés par une chute des prix des légumes et par les contraintes administratives, s’en sont pris dans la soirée de vendredi au bâtiment de la MSA, sur la commune de Saint-Marin-des-Champs, près de Morlaix.

« Ils ont cassé, saccagé, incendié volontairement la bâtisse inaugurée il y a deux ans et ont empêché les pompiers d’intervenir pour mettre fin à l’incendie », a dit à Reuters le préfet du Finistère, Jean-Luc Videlaine.

« Le bâtiment est très largement détruit, avec notamment tous les dossiers médicaux des agriculteurs », a-t-il ajouté.

La centaine de manifestants, qui étaient venus sur des tracteurs, ont ensuite incendié le centre des impôts de Morlaix, puis ils ont rallié le viaduc situé sur la route nationale qui relie la ville à Brest, où ils ont déversé artichauts, brocolis et pommes de terre avant d’y mettre le feu.

Ils se sont dispersés vers 02h00 du matin, sans qu’aucune interpellation n’ait été effectuée, les pouvoirs publics ayant été surpris par cette action.

« C’est d’une violence comme on en n’avait pas vue depuis longtemps dans le département, où pourtant les mouvements agricoles sont fréquents », a souligné le préfet.

Les agriculteurs en colère avaient déjà manifesté dans la semaine sur plusieurs routes départementales, déversant à chaque fois les légumes qu’ils ne parviennent pas à vendre ou pas à un prix acceptable pour eux.

Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a également condamné ces « exactions ».

« Le dialogue avec la profession est permanent », assure-t-il dans un communiqué, où il rappelle que deux réunions sont prévues cette semaine avec les représentants de la Société d’intérêt collectif agricole de Saint-Pol-de-Léon, près de Morlaix, et l’autre avec les représentants de la filière fruits et légumes.

« Rien ne peut donc justifier ces actes de violence.  Le ministre appelle l’ensemble des acteurs à l’apaisement et a la responsabilité pour rechercher les solutions de gestion de cette crise », ajoute-t-il.

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Morlaix : Valls condamne l’incendie du centre des impôts par des agriculteurs

Les légumiers protestent contre les contraintes fiscales et administratives. La FNSEA évoque « une détresse très forte dans le monde agricole ».

Un pompier devant le centre des impôts incendié par les légumiers (FRED TANNEAU / AFP) Un pompier devant le centre des impôts incendié par les légumiers (FRED TANNEAU / AFP)

Le gouvernement a condamné fermement samedi 20 septembre les incendies de bâtiments publics à Morlaix (Finistère) provoqués par des légumiers en colère, le Premier ministre promettant des poursuites judiciaires alors que la FNSEA a averti que « la tension monte dans les campagnes ».

Manuel Valls a condamné « énergiquement » les « saccages et destructions par incendie » des bâtiments récents du Centre des impôts et de la Mutualité sociale agricole (MSA) de Morlaix, tard vendredi soir, par des producteurs de légumes qui protestaient contre les contraintes fiscales et administratives.

Les pompiers empêchés

« Il est particulièrement choquant que les sapeurs-pompiers aient été empêchés d’accomplir leur mission. Des poursuites judiciaires seront engagées contre les auteurs de ces actes », a écrit le Premier ministre dans un communiqué. « Rien ne justifie le recours à des méthodes violentes, qui ne résolvent rien et qui pèsent en premier lieu sur les contribuables et les assurés sociaux », a-t-il poursuivi.

Selon un habitant de Morlaix, témoin de l’incendie du Centre des impôts, les agriculteurs « ont essayé d’empêcher avec leurs tracteurs le camion de pompiers d’arriver et quand, enfin, il a pu accéder au bâtiment, ils ont déversé des artichauts pour retarder les hommes ». « C’était un ballet de tracteurs qui n’était pas dans l’instantanéité, c’était bien organisé », a-t-il dit.

Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a également condamné « avec la plus grande fermeté les exactions » de Morlaix, en appelant « l’ensemble des acteurs à l’apaisement ». Depuis l’embargo russe sur les produits agricoles et agroalimentaires européens, « les pouvoirs publics n’ont cessé d’agir pour permettre la mise en place de mesure de soutien des marchés », a souligné le ministre, pour qui la crise du chou-fleur et de l’artichaut « est en grande partie liée à une surproduction liée aux conditions climatiques ».

« Je ne comprends ni le timing, ni le fonds » de cette action, a déclaré le préfet du Finistère, Jean-Luc Videlaine, sur France Bleu Breizh Izel, soulignant notamment qu’un rendez-vous pris depuis 15 jours doit avoir lieu mercredi entre M. Le Foll et le président de la Sica de Saint-Pol-de-Léon (Finistère), premier groupement français de producteurs de légumes.

« La police judiciaire est saisie (…) et certains de ses fonctionnaires sont déjà sur place », a affirmé le préfet, précisant que, du bâtiment de la MSA, « il ne reste quasiment que les murs » et que celui des impôts sera « inutilisable pour plusieurs jours ».

« Exaspération » face aux réglementations

Le principal syndicat agricole, la FNSEA, a estimé pour sa part que le coup de sang des légumiers traduisait une « exaspération » face aux réglementations et a averti le gouvernement que la « tension montait dans les campagnes ».

« C’est une action d’une violence certaine qui traduit malheureusement une exaspération, une détresse très forte dans le monde agricole aujourd’hui », a déclaré le président de la FNSEA, Xavier Beulin, appelant « au dialogue et à l’apaisement » et demandant au gouvernement de « mettre en oeuvre tout de suite » la levée de certaines contraintes.

« Je tire un coup de chapeau à ceux qui ont osé faire ce qu’ils ont fait », s’est de son côté félicité le président de la FDSEA du Finistère, Thierry Merret. « Il faut relativiser » ces incendies, « il n’y a pas eu mort d’homme, c’est une forme de témoignage pour dire: ‘écoutez nous' », a-t-il lancé.

« C’est le ras-le-bol des besogneux qui sont seulement bons pour avoir des contrôles », a estimé Thierry Merret, qui est aussi un des leaders des Bonnets rouges.

Pour Gilles Moal, producteur d’artichauts à Saint-Pol-de-Léon, les dégradations de vendredi révèlent « l’impression de ne plus avoir droit à un avenir ». « Des cris d’alarme ont été poussés maintes et maintes fois par les producteurs de légumes pour alerter les pouvoirs publics sur une situation qui devenait intenable », a-t-il dit.

La maire UMP de Morlaix Agnès Le Brun a estimé de son côté que ce mouvement est « quelque chose qui mûrit depuis des semaines, depuis des mois sur une conjonction d’événements: la baisse de la consommation, la surproduction, la baisse des cours, l’embargo russe, les charges sociales de plus en plus accablantes ».

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Incendie du centre des impôts à Morlaix: retour sur une nuit de colère

Par Jean-Luc Mounier

Une centaine de légumiers ont incendié le centre des impôts et la mutualité sociale agricole de la ville vendredi soir pour protester contre les contraintes fiscales et administratives qui pèsent sur eux. Une action coup de poing dénoncée par le gouvernement. Le point sur l’affaire.

Incendie du centre des impôts à Morlaix: retour sur une nuit de colère

A Morlaix, les légumiers ont incendié plusieurs bâtiments de la ville.   afp.com/Fred Tanneau

Nuit de colère dans les rues de Morlaix, dans le Finistère. Une centaine de légumiers ont incendié vendredi le centre des impôts et la mutualité sociale agricole de la ville. Ils entendaient ainsi protester contre les contraintes fiscales et administratives qui pèsent sur leur travail. Une action vivement dénoncée ce samedi matin par le Premier ministre, Manuel Valls. L’Express fait le point sur les événements de la nuit.

Que s’est-il passé?

Le premier groupement français de producteurs de légumes – la société d’intérêt collectif agricole de Saint-Pol-de-Léon – a mis vendredi soir ses menaces à exécution: depuis plusieurs jours son président, Jean-François Jabob, assurait qu’une action coups de poing serait menée si des mesures de simplifications administratives n’étaient pas prises dans les plus brefs délais. « Ce ne sera peut-être pas très bien perçu », a-t-il déclaré vendredi après-midi.

En début de soirée, les légumiers en colère se sont d’abord dirigés, avec près d’une centaine de tracteurs et de remorques, vers le bâtiment de la Mutualité Sociale Agricole, situé en périphérie de Morlaix, sur la commune de Saint-Martin-des-Champs. Selon le maire PS de la ville, les manifestants ont d’abord « tout saccagé à l’intérieur » avant de mettre le feu au bâtiment à l’aide de palettes et de pneus. »Le bâtiment est détruit, la charpente à l’intérieur s’affaisse », a déploré le maire.

Leur virée s’est ensuite poursuivie devant le centre des impôts de la ville. Outre des légumes invendus, des palettes et des pneus, les manifestants ont également déversé du fumier devant le bâtiment. Des tonnes d’artichauts et de pommes de terre jonchaient le sol. Cassant portes et fenêtres, ils ont ensuite mis le feu au centre des impôts. Arrivés rapidement sur place, les pompiers se sont vus empêcher l’accès à l’incendie par les manifestants.

Peu avant minuit les légumiers se sont dirigés vers le pont autoroutier de la route nationale 12 qui relie Brest à Morlaix. Ils ont déversé des tonnes d’artichauts sur la route avant de se disperser.

Manuel Valls condamne les « destructions par incendie »

Le Premier ministre a condamné « énergiquement » samedi matin les « saccages et destructions par incendie » du Centre des impôts et de la Mutualité sociale agricole de Morlaix. « Il est particulièrement choquant que les sapeurs-pompiers aient été empêchés d’accomplir leur mission », précise le communiqué de Matignon. Il a promis que des poursuites judiciaires seraient engagées contre les auteurs des dégradations.

Depuis l’embargo russe sur les produits agricoles et agroalimentaires européens, « les pouvoirs publics n’ont cessé d’agir pour permettre la mise en place de mesure de soutien des marchés », a renchérit le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, pour qui la crise du chou-fleur et de l’artichaut « est en grande partie due à une surproduction liée aux conditions climatiques ».

Contre quoi protestent-ils?

Les légumiers protestent contre les contraintes fiscales et administratives qui pèsent sur eux. « L’urgence est aujourd’hui de traiter les problèmes de trésorerie de beaucoup de producteurs en Bretagne », avait déclaré, à la mi-journée, Jean-François Jacob. et d’ajouter: « les producteurs de légumes ne peuvent plus dans le contexte économique dégradé que l’on connaît continuer à fonctionner ainsi ». Ils réclaments un allègement de leur charges administratives.

« C’est une action d’une violence certaine qui traduit malheureusement une exaspération, une détresse très forte dans le monde agricole aujourd’hui », a déclaré le président de la FNSEA, Xavier Beulin, appelant « au dialogue et à l’apaisement » et demandant au gouvernement de « mettre en oeuvre tout de suite » la levée de certaines contraintes.

Le mouvement des légumiers en Bretagne n’en est pas à son coup d’essai. En effet, ces derniers avaient déjà manifesté leur colère mardi en bloquant provisoirement la voie express reliant Rennes à Brest, relate Ouest-France.

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Valls promet des poursuites judiciaires après l’incendie du centre des impôts à Morlaix

Le Monde.fr avec AFP |

Le gouvernement a condamné, samedi 20 septembre, les incendies de bâtiments publics à Morlaix, dans le Finistère, provoqués par des légumiers en colère.

Manuel Valls a condamné « énergiquement » les « saccages et destructions par incendie » des bâtiments récents du Centre des impôts et de la Mutualité sociale agricole (MSA) de Morlaix, tard vendredi soir, par des producteurs de légumes qui protestaient contre les contraintes fiscales et administratives.

« EXASPÉRATION »

« Il est particulièrement choquant que les sapeurs-pompiers aient été empêchés d’accomplir leur mission. Des poursuites judiciaires seront engagées contre les auteurs de ces actes », a écrit le premier ministre dans un communiqué. « Rien ne justifie le recours à des méthodes violentes, qui ne résolvent rien et qui pèsent en premier lieu sur les contribuables et les assurés sociaux », a-t-il poursuivi.

Le ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll a également condamné « avec la plus grande fermeté les exactions » de Morlaix, en appelant « l’ensemble des acteurs à l’apaisement ».

Le principal syndicat agricole, la FNSEA, a estimé pour sa part que le coup de sang des légumiers traduisait une « exaspération » face aux réglementations et a averti le gouvernement que la « tension montait dans les campagnes ». « C’est une action d’une violence certaine qui traduit malheureusement une exaspération, une détresse très forte dans le monde agricole aujourd’hui », a déclaré le président de la FNSEA, Xavier Beulin, appelant « au dialogue et à l’apaisement » et demandant au gouvernement de « mettre en oeuvre tout de suite » la levée de certaines contraintes.

« Je tire un coup de chapeau à ceux qui ont osé faire ce qu’ils ont fait », s’est de son côté félicité le président de la FDSEA du Finistère, Thierry Merret. « Il faut relativiser » ces incendies, « il n’y a pas eu mort d’homme, c’est une forme de témoignage pour dire : ‘écoutez nous’ », a-t-il lancé. « C’est le ras-le-bol des besogneux qui sont seulement bons pour avoir des contrôles », a estimé M. Merret, qui est aussi un des leaders des Bonnets rouges.

UN MOUVEMENT QUI MÛRIT DEPUIS DES SEMAINES

La maire UMP de Morlaix Agnès Le Brun a estimé de son côté que ce mouvement est « quelque chose qui mûrit depuis des semaines, depuis des mois sur une conjonction d’événements : la baisse de la consommation, la surproduction, la baisse des cours, l’embargo russe, les charges sociales de plus en plus accablantes ».

Une centaine d’agriculteurs, protestant contre les contraintes fiscales et administratives qui pèsent sur eux, ont incendié le centre des impôts et la Mutualité sociale agricole (MSA) de la ville de Morlaix, en Bretagne.

Les légumiers s’étaient dirigés avec une centaine de tracteurs et de remorques vers le bâtiment de la MSA, situé en périphérie de la ville, à Saint-Martin-des-Champs. Selon le maire PS de cette commune François Hamon, les manifestants ont alors « tout saccagé à l’intérieur ». Ils y ont ensuite mis le feu à l’aide de palettes et de pneus après avoir déversé devant le bâtiment une partie de leur cargaison de légumes invendus, des pommes de terre et des artichauts.

En milieu de soirée, les manifestants ont quitté la MSA pour se diriger vers le centre-ville de Morlaix et se sont regroupés devant le centre des impôts où, en plus des légumes invendus, des palettes et des pneus, ils ont aussi déversé du fumier, avant d’incendier le bâtiment. Le bâtiment a été entièrement détruit.

Les agriculteurs ont ensuite bloqué la circulation dans les deux sens sur le pont autoroutier de la nationale 12 reliant Brest à Morlaix. Selon la police, ils y ont déversé des tonnes d’artichauts.

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Les incendies de Morlaix « condamnés » par le gouvernement, signe d’une « exaspération » pour la FNSEA

Le gouvernement a condamné fermement samedi les incendies de bâtiments publics à Morlaix (Finistère) provoqués par des légumiers en colère, le Premier ministre promettant des poursuites judiciaires alors que la FNSEA a averti que « la tension monte dans les campagnes ».

Manuel Valls a condamné « énergiquement » les « saccages et destructions par incendie » des bâtiments récents du Centre des impôts et de la Mutualité sociale agricole (MSA) de Morlaix par des producteurs de légumes qui protestaient contre les contraintes fiscales et administratives.

« Il est particulièrement choquant que les sapeurs-pompiers aient été empêchés d’accomplir leur mission. Des poursuites judiciaires seront engagées contre les auteurs de ces actes », a écrit le Premier ministre dans un communiqué. « Rien ne justifie le recours à des méthodes violentes, qui ne résolvent rien et qui pèsent en premier lieu sur les contribuables et les assurés sociaux », a-t-il poursuivi.

Selon un habitant de Morlaix, témoin de l’incendie du Centre des impôts, les agriculteurs « ont essayé d’empêcher avec leurs tracteurs le camion de pompiers d’arriver et quand, enfin, il a pu accéder au bâtiment, ils ont déversé des artichauts pour retarder les hommes ». « C’était un ballet de tracteurs qui n’était pas dans l’instantanéité, c’était bien organisé », a-t-il dit.

Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a également condamné « avec la plus grande fermeté les exactions » de Morlaix, en appelant « l’ensemble des acteurs à l’apaisement ». Depuis l’embargo russe sur les produits agricoles et agroalimentaires européens, « les pouvoirs publics n?ont cessé d?agir pour permettre la mise en place de mesure de soutien des marchés », a souligné le ministre, pour qui la crise du chou-fleur et de l’artichaut « est en grande partie due à une surproduction liée aux conditions climatiques ».

« Je ne comprends ni le timing, ni le fond » de cette action, a déclaré le préfet du Finistère, Jean-Luc Videlaine, sur France Bleu Breizh Izel, soulignant notamment qu’un rendez-vous pris depuis 15 jours doit avoir lieu mercredi entre M. Le Foll et le président de la Sica de Saint-Pol-de-Léon (Finistère), premier groupement français de producteurs de légumes.

« La police judiciaire est saisie (…) et certains de ses fonctionnaires sont déjà sur place », a affirmé le préfet, précisant que, du bâtiment de la MSA, « il ne reste quasiment que les murs » et que celui des impôts sera « inutilisable pour plusieurs jours ».

– « Exaspération » face aux réglementations –

Le principal syndicat agricole, la FNSEA, a estimé pour sa part que le coup de sang des légumiers traduisait une « exaspération » face aux réglementations et a averti le gouvernement que la « tension montait dans les campagnes ».

« C’est une action d’une violence certaine qui traduit malheureusement une exaspération, une détresse très forte dans le monde agricole aujourd’hui », a déclaré le président de la FNSEA, Xavier Beulin, appelant « au dialogue et à l’apaisement » et demandant au gouvernement de « mettre en ?uvre tout de suite » la levée de certaines contraintes.

« Je tire un coup de chapeau à ceux qui ont osé faire ce qu’ils ont fait », s’est de son côté félicité le président de la FDSEA du Finistère, Thierry Merret. « Il faut relativiser » ces incendies, « il n’y a pas eu mort d’homme, c’est une forme de témoignage pour dire: « écoutez nous » », a-t-il lancé.

« C’est le ras-le-bol des besogneux qui sont seulement bons pour avoir des contrôles », a estimé M. Merret, qui est aussi un des leaders des Bonnets rouges.

Pour Gilles Moal, producteur d’artichauts à Saint-Pol-de-Léon, les dégradations de vendredi révèlent « l’impression de ne plus avoir droit à un avenir ». « Des cris d’alarme ont été poussés maintes et maintes fois par les producteurs de légumes pour alerter les pouvoirs publics sur une situation qui devenait intenable », a-t-il dit.

La maire UMP de Morlaix Agnès Le Brun a estimé de son côté que ce mouvement est « quelque chose qui mûrit depuis des semaines, depuis des mois sur une conjonction d’événements: la baisse de la consommation, la surproduction, la baisse des cours, l’embargo russe, les charges sociales de plus en plus accablantes ».

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Commentaires

Une des conséquences et pas des moindre de cette colère paysanne est la baisse de leurs exportations à cause de l’embargo russe, une connerie de plus de Hollande qui suit comme un petit toutou l’oncle Sam dans toutes ces décisions, la dernière étant l’intervention en Irak. Une vassalisation …

  • Maria  • 

    Voilà ce qui arrive quand nos gouvernants depuis 40 ans se plient aux US puis à l’Union Européenne. Et cela va empirer avec le marché TAFTA. La solution est évidente, elle passe par un état renforcé, qui soit contre le marché transatlantique. Je voterai LE PEN en 2017.

    nènette  • 

    Quand on désespère le peuple la révolte peut se transformer en révolution ,cf : histoire de France Louis XVI en à fait l’amère expérience attention au feu d’herbe qui couve et subitement embrase tout .

    Davidkhunglam  • 

    Vals , la France et les Français condamnent lourdement vos réformes et votre incapacité à écouter le peuple , n’est ce pas la majorité qui est censée être écoutée ? On est pas en Corée du nord , nous sommes dans un pays démocratique

    et c’est tout il fait quoi?  ben rien comme d habitude

    B-D-S  • 

    Même en étant breton de par le sang de mon père,  je condamne moi aussi le comportement des agriculteurs bretons.
    Mais si je me replace à mon strict statut de FRANCAIS de base, je suis pour que l’on mette au trou ces enfoirés de pécors terroristes qui sentent la bouse  …

    Richard  •

    bientot c’est l elysee et matignon qui vont etre brules si ces deux tetes de lard continuent leur politique……

    trucmuche  • 

    lorsque ce sont les CPF qui saccagent tout comme au trocadero on l’a pas trop entendu le matadore de prisunic
    ces memes CPF qui ne sont jamais arrétés ou alors très vite relachés meme pas condamnés
    ca va finir par peter pour de bon avec ce gouv de vendus

    Karl  • 

    Il condamne !!! oui et alors ??? Depuis le temps que son chef et lui même font les sourds et muets concernant les gros problèmes des Français, et ben un jour ça pète, et ce n’est que le début.

    gillaeti  • 

    encore un qui condamne !! il ne sert à rien à part organiser la ruine de l’agriculture européenne pour les profits de ces maîtres américains ?

    Guy Noweg

    Je suis du coin et je fais le constat suivant:
    -Les agriculteurs bio de cette région s’en sortent bien et vivent correctement de leur travail.
    -Je vois des tracteurs flambant neufs et toujours plus gros qui doivent couter une fortune sur les routes et on me dit que les fins de mois des agriculteurs sont difficiles.
    -Les syndicats agricoles réclament toujours plus d’aides et trouvent que les charges sont trop élevées.
    Questions ?
    – Les syndicats agricoles ne mettent-ils pas les agriculteurs dans une impasse ?
    -N’y a t il pas connivence entre syndicats agricoles, grande distribution et industrie agro-alimentaire pour demander toujours plus d’aides et diminuer les charges ?
    Je remarque que les grandes surfaces ne sont pas attaquées alors que ce ce sont eux qui vendent à 3 euros ce qu’ils achètent à 30 centimes…
    -L’agriculture intensive n’est-elle pas arrivée à son terme ? Car en plus, il faut y ajouter le désastre écologique des algues vertes qui coutent une fortune à la collectivité pour des récoltes qui se retrouvent bennées sur la route ou devant les préfectures.
    Il est plus que temps que les agriculteurs qui travaillent dur se prennent en main plutôt que de confier leur destinée à quelques seigneurs du coin qui par ailleurs mènent grand train et se dégagent de toute responsabilité !

    ch eames ch eames
    J’aime les artichauts, mais à 1.50 ou 2.00 EUROS pièce, je n’en mange pas.

    MP MP

    Tous ces agités ont des subventions respectables et ils sont tous à la botte de la FDSEA et autres syndicalistes, les gros bonnets qui mènent la danse. Rien à voir avec l’agriculteur moyen qui lui, trime.
    Il n’y a qu’a regarder les engins qui sont à la manoeuvre de la destruction des biens publics, ce ne sont pas les petits qui possèdent de tels engins !! Demain il est prévu que les producteurs de choux fleurs rentrent dans la danse …. s’il reste encore quelque chose à détruire

    Roland Courtecuisse

    bonjour,
    C’est le début s’une révolution !
    S’occuper des autres nations, de la finance internationale, des scandales minables, financiers, des frasques amoureuses avec ses maîtresses, notre Président vient de déclencher, un début de réaction violente,
    Le pire est à craindre, car nos gouvernants actuels parlent beaucoup, mais sont incapables de faire autre chose que d’obéir aux ordres du MEDEF et maintenant de l’OTAN.

    Claude Charonne

    Quelles que soient leurs difficultés, ces individus ont toujours bénéficié de l’impunité après leurs exactions. Pourquoi s’étonner de les voir récidiver? Qui paiera leurs destructions du bien public? Une fois de plus l’état se couche devant les Poujadistes.

    Yvette Lansade Yvette Lansade
    Ces temps- ci j’ai comme le réflexe de regarder d’où vient la viande, où on été fabriqués les produits manufacturés, je cherche le petit drapeau de M.Montebourg en me disant que ces produits là dureront peut-être plus longtemps. Ne sacrifions pas notre agriculture comme nous avons sacrifié notre industrie!!! Les bêtises cela suffit!! Les gens de Saint-Pol de Léon ne sont pas les céréaliers côtés en bourse de la Beauce et de la Champagne!

    Nous devons être CONSCIENTS que nous sommes à nouveau à la croisée des chemins pour notre agriculture. Quelle voie choisir? Allons nous faire comme pour l’INDUSTRIE et laisser péricliter nos fermes comme nous l’avons fait pour nos usines en laissant partir AILLEURS la production INDUSTRIELLE? En nous disant, les autres nous pourvoirons à moindre coût en produits. Sans nous interroger sur ce que nous allions pouvoir exporter? Sur l’avenir des régions désindustrialisées, de leur population? Nous avons confié notre sidérurgie à M.MITTAL qui a exploité les hauts-fourneaux jusqu’à l’usure? Puis a fermé le site. Aujourd’hui nous nous en mordons les doigts…Les Allemands eux ont gardé leur industrie, l’ont modernisé. Alors ne laissons partir ailleurs notre production agricole sous prétexte d’un moindre coût mais quelle qualité?

  • Ça y est les français commencent à en avoir plus qu assez la révolution est en marche

    Que de destructions ! pas grave, ils peuvent continuer sans crainte, jamais condamnés et les contribuables paieront pour les dégâts. Ha j’oubliais, il y aura toujours des gens pour les défendre, incroyable mais vrai.

    Et si c’était dans une banlieue, une « cité », que de telles destructions s’étaient produites, les réactions seraient-elles les mêmes ? Inversées en partie sans doute, et pourtant il y a aussi une population en grande souffrance dans ces périphéries urbaines. Alors compréhension pour les uns et accusation pour les autres ? Uniquement par préjugés idéologiques. Intelligence et réflexion sont-ils des mots interdits dans notre France d’aujourd’hui ?

    @toineconcept : merci de donner les références exactes de la loi dont vous parlez.

    @bassy-b : on le souhaite très vivement.

    Incroyable de voir autant de commentaires soutenant les casseurs. Je pense que si ces gens connaissaient le montant de la facture qu’ils vont devoir payer, ils changeraient d’avis. Comment peut-on soutenir la destruction de biens publics?

    @marie999 : Ah évidemment, si vos références se trouvent dans Valeurs actuelles, je comprends mieux vos commentaires. Merci de l’avoir précisé.

    Je les comprends et ne suis pas loin d’admirer leur détermination. Mais pour les comprendre, il faut avoir été dans une situation difficile et avoir eu comme interlocuteurs mesdames et messieurs des ronds-de-cuir bien retranchés derrière leurs règlements. Et que dire du spectacle quotidien que donnent les politiques (de petits marquis bien au chaud à l’AN ou au sénat, les petits princes du gouvernement, les petits archiducs des partis politiques, etc. etc.). Tous, il s’écharpent à longueur de temps pour sauvegarder leurs intérêts propres et non ceux de la population. Du moins, c’est l’impression que j’en ai… PS : Je me suis sortie seule de « ma » situation difficile, les administrations diverses et variées n’étaient là que pour rendre les choses encore plus difficiles. Du moins, c’est l’impression que j’en ai eue…

    C’est pas facile, ça va être dur…Comment dirait un Président…

    Cette situation peut être certes vue comme répréhensible, mais imaginons le peuple dans la meme situation que les agriculteurs, ce serait pire ! La dégradation de l’activité des agriculteurs n’est pas nouvelles, entrainant des détresses humaines insupportables. Mais ça, les ronds de cuir à paris ne peuvent rien comprendre, ils ne connaissent rien en dehors de leur monde. J’ai une personne de ma famille qui est haut fonctionnaire, ancien énarque. C’est impressionnant comment ils sont à 1000 lieues des problèmes, de la réalité des gens, des entreprises. Alors WALLS peut bien faire la personne choquée, ça ne les gênent pas de mettre la france à genoux. C’est une autre violence, plus douce … mais plus redoutable que de bruler un édifice. Alors, je ne vais certainement pas aller contre les actions des agriculteurs.

  • Daffodil

    Cela fait 40 ans qu’on achète avec nos impôts les excédents de choux-fleurs invendables de ces « bénêts rouges » ! Mais ils continuent, à grand renfort d’engrais, de pollution des eaux et de manifestations violentes. Si les politiques avaient un peu plus de courage et cessaient d’accorder systématiquement l’impunité au monde agricole… les choses évolueraient plus vite.

    Anna

    C’est clair que brûler le centre des impôts et la MSA, ça va clairement simplifier les démarches administratives…Cependant, sur le fond, ils ont raison (les démarches administratives des agriculteurs sont réellement un vrai imbroglio). N’empêche, j’ai honte pour ma région en voyant des trucs comme ça… D’autant plus que nous sommes les seuls chez qui ce genre de trucs arrive, alors que les difficultés sociales et économiques touchent l’ensemble des agriculteurs du pays…

    valseuse

    action légitimée par la standing ovation reçue par Valls au medef, alors que le discours de Gattaz est régulièrement focalisé sur le trop d’impôts et que Mr Valls comme d’habitude n’a nullement agi en homme d’état en ne condamnant pas ces prises de position contre l’intérêt général. Chaque jour il montre à quel point c’est le plus nul 1er ministre depuis des lustres…

    yves judde de larivière

    C’est le triomphe de la beufferie, et les déclarations justificatrices du président local de la FDSEA sont fabuleuses. « Tout est de la faute à l’Etat trop interventionniste » alors qu’à l’évidence la mainmise de la grande distribution sur ce système de production est responsable de ce désastre économique. C’est comme les notaires ou les pharmaciens, fervents défenseurs du libéralisme et de la concurrence, mais pas pour leurs officines ! Beaufs de toutes les régions, unissez-vous !

    everd

    contraites fiscales et administratives, ou confiscation des marges par les intermédiaires?

    oca Cocalight  • 

    a quand la révolution?

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