L’Autorité de la concurrence dénonce la rente des sociétés d’autoroutes

Le Monde.fr | Dominique Gallois

Quand l'automobiliste paye 100 euros, entre 20 et 24 euros constituent du bénéfice net pour les concessionnaires d'autoroutes, selon l'Autorité de la concurrence.

Une rentabilité exceptionnelle largement déconnectée des coûts, des tarifs de péages supérieurs à l’inflation, une situation assimilable à une « rente »... L’autorité de la concurrence a dressé un constat sévère des sociétés autoroutières dans un avis publié mardi 17 septembre.

A la demande de la commission des finances de l’Assemblée nationale , les sages de la rue de l’Echelle se sont penchés sur la situation de ces sociétés privatisées en 2006 et cédées à des groupes de BTP comme Eiffage (APRR, AREA), Abertis (Sanef,SAPN) et Vinci (ASF,Escota), qui possédait déjà Cofiroute.

« Nous n’avons pas voulu faire un rapport à charge , mais c’est la vérité des chiffre qui s’est imposée », indique estime Buno Lasserre, le président de l’autorité de la concurrence, récusant l’idée de mener une croisade.

Ainsi l’automobiliste paye 100 euros, entre 20 et 24 euros constituent du bénéfice net pour les concessionnaires d’autoroutes. L’Autorité de la concurrence estime que cette rentabilité exceptionnelle n’apparaît pas justifiée par le risque de l’activité.

– Un rique prix inexistant : le cadre juridique garantit une hausse réglementaire annuelle égale à 70 % de l’inflation. Avec les contrats de plan la hausse a été portée à 80-85% de l’inflation,  à laquelle s’ajoute la compensation des investissements prévus par les sociétés d’autoroutes.

Lire : Le tarif des autoroutes augmentera de 0,8 %

– Un risque trafic théorique du fait de la situation de monopole géographique : l’Autorité de la concurrence note que, même lorsque le niveau de circulation baisse fortement, le chiffre d’affaires des sociétés d’autoroutes a continué à croître par le seul effet de l’augmentation du tarif des péages.

Les prix ont augmenté de 21,7 % en dix ans, une hausse quasi systématiquement supérieure à l’inflation alors que l’augmentation du trafic est limitée depuis 2007 (+4,1%).

– Une dette lourde mais pas dangereuse : selon l’Autorité de la concurrence, la trésorerie générée permettra de rembourser les dettes à la fin de la concession.

Cette dette permet par ailleurs aux sociétés d’autoroutes de bénéficier d’un avantage fiscal important, avec la déductibilité totale des intérêts d’emprunts. Cet avantage est estimé à 3,4 milliards d’euros depuis 2006.

L’autorité formule treize recommandations pour une meilleure régulation et propose des modifications de l’établissement des tarifs de péages.

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La « rente exceptionnelle » des exploitants d’autoroutes dénoncée

LEXPRESS.fr

L’Autorité de la concurrence épingle dans un rapport la « rente » des exploitants du réseau français d’autoroutes et préconise de modifier la formule d’indexation des tarifs des péages.

La "rente exceptionnelle" des exploitants d'autoroutes dénoncée

Les sept sociétés concessionnaires d’autoroutes « affichent toutes une rentabilité nette exceptionnelle, comprise entre 20% et 24% », souligne le document. Le rapport s’attaque à cette poule aux oeufs d’or. afp.com/Valery Hache

« Pas justifiée ». L’Autorité de la concurrence dénonce dans un rapport la « rente » des exploitants du réseau français d’autoroutes. Le document -particulièrement sévère- préconise donc de modifier la formule d’indexation des tarifs des péages, rapporte le journal Les Echos à paraître jeudi.

Les sept sociétés concessionnaires d’autoroutes, contrôlées par les groupes français Vinci et Eiffage et espagnol Abertis, « affichent toutes une rentabilité nette exceptionnelle, comprise entre 20% et 24%, nourrie par l’augmentation continue des tarifs des péages« , souligne le rapport de 150 pages qui sera présenté jeudi, cité par le quotidien économique.

« Et cette rentabilité n’apparaît justifiée ni par leurs coûts ni par les risques auxquels elles sont exposées », ajoute-t-il.

La régulation de l’Etat est « défaillante »

Face à cette situation, la régulation de l’Etat est « défaillante », estime l’Autorité. Elle formule 13 recommandations, dont la révision du mécanisme actuel d’indexation des péages sur l’inflation, au profit d’une formule intégrant l’évolution du trafic.

Elle propose aussi « d’inclure dans les concessions une obligation de réinvestissements partiels des bénéfices, ainsi qu’un partage de ceux-ci avec l’Etat », indiquent Les Echos.

Mais les conducteurs ne devraient pas se faire trop d’illusions, précise le quotidien économique. Car si l’Autorité va saisir le Conseil d’Etat pour évaluer la faisabilité de cette proposition, elle précise néanmoins qu’elle « a pu constater combien le cadre juridique des concessions contraint toute évolution de la régulation du secteur autoroutier, en particulier tarifaire ».

« Face à des contrats bétonnés », il faudra donc attendre entre 2027 et 2033 -dates des fins des concessions-. A ce moment, l’Etat récupèrera « l’exploitation de l’infrastructure autoroutière et pourra remettre à plat une tarification qui s’est progressivement éloignée des coûts », explique Les Echos.

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Les sociétés d’autoroutes (encore) épinglées

Un rapport de l’Autorité de la concurrence dénonce la « rente autoroutière » des sept entreprises concessionnaires en France.

Image d'illustration. (Souvant Guillaume/SIPA) Image d’illustration. (Souvant Guillaume/SIPA)

L’Autorité de la concurrence dénonce dans un rapport la « rente » des exploitants du réseau français d’autoroutes et préconise de modifier la formule d’indexation des tarifs des péages, rapporte le journal « Les Echos » à publié ce jeudi 18 septembre.

Les sept sociétés concessionnaires d’autoroutes, contrôlées par les groupes français Vinci et Eiffage et espagnol Abertis, « affichent toutes une rentabilité nette exceptionnelle, comprise entre 20% et 24%, nourrie par l’augmentation continue des tarifs des péages », souligne le document de 150 pages qui sera présenté jeudi, cité par le quotidien économique.

« Et cette rentabilité n’apparaît justifiée ni par leurs coûts ni par les risques auxquels elles sont exposées », ajoute-t-il.

13 propositions

Face à cette situation, la régulation de l’Etat est « défaillante », estime l’Autorité. Elle formule 13 recommandations, dont la révision du mécanisme actuel d’indexation des péages sur l’inflation, au profit d’une formule intégrant l’évolution du trafic.

Elle propose aussi « d’inclure dans les concessions une obligation de réinvestissements partiels des bénéfices, ainsi qu’un partage de ceux-ci avec l’Etat », indiquent « Les Echos ».

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Commentaires

Quel ministre de l’économie sous quel président ont autorisé cette privatisation déjà???

@objac84 : l’on peut se poser la question effectivement, mais c’est sur qu’avec la même recette, en public, il y aurait des pertes, suffit de voir toutes nos boites publiques!

On se demande pourquoi des activités aussi cruciales que la gestion des autoroutes et qui de surcroît échappent au principe de concurrence ont été privatisées…

Juvénal

Tout ce qui peut rapporter de l’argent à l’État a été ou sera (Française des jeux) vendus aux petits copains. C’est comme ça qu’on se fait dépouiller de ses retraites, de l’éducation de ses enfants, de son système de santé…

georges Croseille

Autoroutes,vendues 15milliards par Villepin, elle en auront rapportées 45 en 2030 terme de la privatisation Donne moi ta montre, je te donnerai l’heure, c’est ce qui s’est passé avec la vente d’un bien commun, idem pour les barrages, la gestion de l’eau, l’obligation faite à EDF de vendre des KW à des revendeurs privés, nous étions en droit d’attendre d’un gouvernement du peuple l’abrogation de toutes ces dispositions sans compensation ,les bénéficiaires s’en étant mis plein les poches, et bien non, il a en projet de privatiser une partie de la Française des Jeux. Le Changement ce n’est pas pour tout de suite. 

Pierre Amy

Le tarif des péages autoroutiers devrait être bien plus élevé (deux fois l’actuel ?) Il y aurait moins de bouchons et l’on pourrait rouler vraiment à 130 sur ces voies Et le prix du litre de carburant devrait être taxé par exemple le litre à 2 euro, gas-oil comme essence. Les villes seraient moins polluées dont Paris…..
On a que des demi-mesures (et plutôt des seizièmes de mesure)

Vicente A

Réaction typique du Parisien, merci pour les gens qui habitent en province qui ont besoin de leur véhicule pour aller travailler et qui ne disposent pas d’infrastructures de transport en commun près de chez eux.
Et qui n’ont surtout pas les moyens de payer un litre d’essence 2 euros…..

Bruce Banner Bruce Banner
Et ils vont se retrouver où tous les gens? Sur les nationales? Chouette idée que la votre^^

Tigre Bleu Tigre Bleu
Merci la droite (Chirac, Sarko) d’avoir bradé un bien national, un des seuls qui rapporte de l’argent, à ses amis du BTP. La plus grande escroquerie du siècle pour le contribuable-citoyen! Et dire que ces gens-là sont toujours en liberté…

sword

Mais les sociétés d’autoroutes ont raison, et mieux, elles pourront augmenter leur tarifs et feront plus de profits. Pour la simple et bonne raison, que les Français d’aujourd’hui sont dociles et qu’ils finissent toujours par payer. Autoroutes, radars, permis, parkings, électricité, tabac, et bien d’autres services qui coûtent 10 à 30 fois plus cher qu’ailleurs dans le monde.
En moins de 30 ans, la France est devenue un régime d’escroquerie en perpétuelle augmentation. Comme les jeunes qui s’exilent, d’autres envisagent de partir vivre libres ailleurs (le choix est vaste) et laisser payer les payeurs convaincus, car comme le disait un ministre, « si personne ne dit rien, c’est que tout le monde est d’accord ! »…

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