Grève à Air France: « pas encore » de sortie de crise (PDG)

Par AFP

Paris – Il n’y a « pas encore » de sortie de crise dans le conflit opposant la direction d’Air France à ses pilotes mais les négociations continuent, a déclaré mardi le PDG de la compagnie française sur Europe 1 mardi, au deuxième jour de grève.

Grève à Air France: "pas encore" de sortie de crise (PDG)

Des avions Air France sur le tarmac de l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, au nord de Paris, le 15 septembre 2014            afp.com/Kenzo Tribouillard

A la question: « y a-t-il en vue une sortie de crise’« , M. Gagey a répondu: « Non, pas encore. On continue à négocier. On a fait des propositions« .

Frédéric Gagey a ainsi indiqué que la direction avait proposé de limiter la taille future de la flotte de Transavia France, qui est au coeur du conflit, afin de rassurer les pilotes sur le fait que la filiale « low-cost » du groupe n’avait pas vocation à remplacer Air France.

« On a senti une inquiétude des pilotes qui imaginaient que Transavia France pouvait soudain remplacer Air France sur la France. Pour montrer que notre projet est clair, nous avons proposé que la flotte soit limitée à 30 avions, une taille équivalente à celle de Transavia Hollande« , a-t-il dit, précisant que cette limitation était valide jusqu’en 2019.

Les pilotes ont entamé lundi une grève pour s’opposer au projet de développement de Transavia.

Après avoir assuré moins de 50% des vols lundi, le groupe a annoncé que 60% de ses avions resteraient sur le tarmac mardi.

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Air France : la direction fait un pas vers les pilotes

Le Monde.fr Guy Dutheil

Alexandre de Juniac, PDG d'Air France.

Ce n’est pas encore la sortie de crise chez Air France. Mais, alors que, mardi 15 septembre, les pilotes entament leur deuxième journée de grève, la direction de la compagnie aérienne a formulé quelques propositions afin d’essayer de faire retomber la pression.

La longue soirée de négociations, lundi 15 septembre, entre la direction d’Air France et le Syndicat des pilotes de ligne (SNPL) aurait commencé à porter ses fruits.

La direction a cru discerner « des avancées ». Elle note qu’il y a eu « des progrès dans la compréhension » du développement de Transavia Europe, déclinaison européenne de sa compagnie à bas coûts.

La direction s’engage à ce que Transavia Europe n’opère pas de vols à destination et au départ de la France et des Pays-Bas où sont basées respectivement, Transavia France et Transavia Pays-Bas.

La direction d’Air France propose aussi de limiter le développement de la flotte de Transavia France « à 30 avions jusqu’en 2019 ».

Les pilotes redoutaient notamment des délocalisations, via l’installation de bases de Transavia en Europe, ainsi que des transferts d’activités d’Air France vers Transavia France.

De même, le transfert de pilotes d’Air France vers la low cost se fera toujours sur la base du volontariat avec une compensation financière.

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Frédéric Gagey – Air France : « Chez Transavia Europe, les pilotes ne seront pas forcément sous le droit français »

Frédéric Gagey était l’invité d’Europe 1 ce matin. Le PDG d’Air France était interrogé sur la grève de la compagnie aérienne, alors que le mouvement s’intensifie ce mardi matin. En cause, le développement européen de la filiale low cost Transavia. Les pilotes craignent un dumping social, que le PDG confirme à demi-mot : « Il y a des pilotes de droit français pour Transavia France, il y a des pilotes de droit hollandais pour Transavia Hollande ». Sans en dire plus, Frédéric Gagey indique que le siège de Transavia sera « quelque part, certainement à l’étranger » et que « les pilotes ne seront pas forcément sous le droit français ». Cependant, le PDG de la compagnie s’engage à ce que les compagnies Transavia européennes ne volent pas sur des destinations françaises : « Pour le domestique, nous avons HOP, ça ne changera pas, ce n’est pas le projet. » Enfin, Frédéric Gagey estime le coût de la grève entre « 10 et 15 millions d’euros par jour ».

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Air France: deuxième jour de la grève des pilotes, avions encore plus rares

Les avions d’Air France devraient être encore plus rares dans le ciel mardi, au deuxième jour d’une grève qui s’annonce longue, la compagnie aérienne ne parvenant visiblement pas à rassurer ses pilotes sur le projet de développement de sa filiale à bas coût, Transavia.

Après avoir assuré moins de 50% des vols lundi, le groupe a annoncé que 60% de ses avions resteraient sur le tarmac mardi.

Lundi, le chaos a toutefois été évité et le calme maintenu, y compris à l’aéroport parisien de Roissy où plus de 200 vols ont été annulés, les voyageurs ayant été prévenus en amont des annulations, qui n’intervenaient pas « à chaud ». Air France a notamment indiqué avoir envoyé 600.000 messages et SMS pour avertir les passagers.

Mais dans certains aéroports, le taux d’annulation a largement dépassé 50%. Cela a été le cas à Toulouse (80%), Lyon (71%) ou Nice (71%), où la proportion doit grimper à 82% mardi, selon l’aéroport.

Face à cette situation, Air France a recommandé aux clients ayant un vol d’ici au 22 septembre, dernier jour de l’appel à la grève reconductible lancé par le syndicat majoritaire SNPL AF Alpa, de « reporter leur voyage ou changer leur billet sans frais ». Outre le SNPL, le Spaf (deuxième syndicat) a appelé au mouvement jusqu’au 20 et Alter (non représentatif) jusqu’au 18.

Aux aéroports parisiens, des sources aéroportuaires ont estimé que la situation mardi, au deuxième jour du conflit, « devrait être plus ou moins identique, même si le nombre de vols annulés sera plus important ».

« Les passagers sont prévenus en amont, il n’y a donc pas de passager qui reste sur le carreau », a indiqué l’une de ces sources.

Pourtant, assure de son côté Jean-Louis Barber, président du SNPL, « mardi ce sera encore plus difficile et mercredi, (le trafic) Air France peut être arrêté », les pilotes ayant été appelés en renfort les premiers jours devant se reposer.

– Une grève pas low cost –

Un mouvement d’une semaine serait le plus long conflit mené par des pilotes d’Air France (groupe Air France-KLM) depuis 1998.

La direction évalue son coût de « 10 à 15 millions » d’euros par jour. Lundi, le PDG d’Air France-KLM, Alexandre de Juniac, a laissé entendre que le retour aux bénéfices de la compagnie française pourrait être compromis cette année si la grève dure.

Pour trouver une issue, les négociations se sont poursuivies lundi entre la direction et les syndicats représentatifs. Mais le SNPL a fait état d’un dialogue « bloqué » et prévenu que la grève se poursuivrait « tant que la direction ne changera pas de philosophie ».

Ce mouvement est lié aux conditions d’expansion de Transavia.

Les syndicats déplorent une « mise en concurrence » des pilotes au sein du groupe et craignent que le nouveau plan stratégique « Perform 2020 » n’ouvre la voie à un « pillage de l’emploi français », quand la compagnie y voit un levier de « reconquête du marché » face aux compagnies low cost (Ryanair, easyJet).

M. de Juniac exhorte les pilotes à participer à « un projet magnifique », porteur d’un millier d’emplois en France, dont 250 de pilotes.

Alors qu’un plan de départs volontaires a été ouvert en août pour 200 des 3.760 pilotes d’Air France, le groupe entend augmenter la flotte de Transavia en France de 14 à 37 avions en cinq ans et ouvrir de nouvelles bases en Europe dès 2015, avec des pilotes sous contrat local.

Il rejette la principale revendication des syndicats d’un contrat unique pour les pilotes aux conditions actuelles d’Air France pour les avions de plus de 100/110 places, quelle que soit la compagnie du groupe (Air France, Transavia, Hop!).

Un pilote d’Air France gagne entre 75.000 et 250.000 euros brut annuel selon son grade (copilote ou commandant de bord), ancienneté et affectation (moyen-courrier ou long-courrier). Chez Transavia, le salaire varie entre 87.000 et 180.000 euros.

Au sein d’Air France, la grève a été taxée de « corporatiste » par la CFE-CGC et la CFDT, Laurent Berger, secrétaire général de la confédération, la jugeant même « indécente ».

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Air France se prépare à un deuxième jour de grève

PARIS (Reuters) – Air France KLM connaîtra mardi un deuxième jour d’une grève très suivie des pilotes qui contestent la stratégie de développement de la filiale à bas coûts Transavia.

La compagnie aérienne prévoit d’assurer mardi 40% de ses quelque 1.000 vols quotidiens, « compte tenu d’un taux de grévistes stable estimé à 60% pour cette journée », selon un communiqué du groupe.

« Si le mouvement social se poursuivait au-delà du 16 septembre, le programme de vols sera adapté en conséquence », poursuit la compagnie qui adapte ses plans de vol chaque jour et n’exclut pas des perturbations et des retards.

Lundi, le titre Air France-KLM a clôturé en baisse de 3,25%.

Le président d’Air France, Frédéric Gagey, a estimé samedi que le mouvement coûterait entre 10 et 15 millions d’euros par jour à la compagnie.

Le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), majoritaire, a déposé un préavis de grève jusqu’au 22 septembre. Le Spaf a, lui, prolongé de deux jours son préavis initial et appelle donc désormais à cesser le travail jusqu’à samedi.

Les deux organisations réclament notamment un contrat de travail unique pour l’ensemble des pilotes d’avions de plus de cent places au sein des trois compagnies, Air France, Transavia et Hop!, qui assure les liaisons régionales, au lieu d’un changement de contrat lors d’un passage d’Air France à Transavia.

« On voit bien que demain ce sera encore plus difficile et que mercredi la compagnie risque même d’être arrêtée », a dit le président du SNPL Air France, Jean-Louis Barber.

« J’en appelle à la responsabilité du président d’Air France-KLM et du président d’Air France de faire arrêter cette gabegie (…) Ils doivent ouvrir de vraies négociations, ce que nous n’avons pas eu. »

IMPASSE

Julien Duboz, porte-parole du Spaf, a précisé à Reuters que l’absence d’avancée dans les discussions avait motivé la prolongation pour 48 heures du préavis de grève.

« La direction reste arc-boutée sur le contrat Transavia et tente uniquement de convaincre les syndicats de signer sur ce contrat », a-t-il dit.

Le PDG d’Air France-KLM, Alexandre de Juniac, a estimé pour sa part que les positions des grévistes s’étaient durcies pendant le week-end, sans remettre en cause le projet pour Transavia.

« J’espère que les parties, notamment nos interlocuteurs, vont revenir à la raison, qu’on va négocier sur des bases où chacun avance et fait des propositions », a-t-il dit à la presse.

« On a fait des propositions sur la manière dont le syndicat des pilotes Air France pourrait avoir une forme de contrôle sur l’évolution de Transavia, on a fait des propositions sur le fait de prolonger le système qui marche actuellement. »

Il a précisé que le groupe achèterait 22 ou 23 appareils dans le cadre du cette stratégie.

Après plusieurs années de restructuration, Air France-KLM veut passer à une nouvelle étape de son développement avec un plan qui s’appuie notamment sur l’essor de Transavia, appelée à devenir à terme une grande rivale de Ryanair ou d’EasyJet en Europe.

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Air France : 60% des vols annulés ce mardi

La compagnie aérienne connait un deuxième jour d’une grève très suivie des pilotes. L’aéroport de Toulouse devrait être le plus touché.

Image d'illustration. (Thomas Samson - AFP) Image d’illustration. (Thomas Samson – AFP)

Les avions d’Air France vont être encore plus rares dans le ciel ce mardi 16 septembre, au deuxième jour d’une grève qui s’annonce longue.

Après avoir assuré moins de 50% des vols lundi, le groupe a annoncé que 60% de ses avions vont rester sur le tarmac mardi.

La compagnie aérienne ne parvient visiblement pas à rassurer ses pilotes sur le projet de développement de sa filiale à bas coût, Transavia. Il n’y a « pas encore » de sortie de crise mais « les négociations continuent », a déclaré ce mardi le PDG de la compagnie sur Europe 1. Frédéric Gagey a par ailleurs expliqué que la direction avait proposé de limiter la flotte de Transavia France, qui est au coeur du conflit, à 30 appareils afin de les rassurer sur le fait que la filiale low cost du groupe n’avait pas vocation à remplacer Air France.

Lundi, le chaos a été évité et le calme maintenu, y compris à l’aéroport parisien de Roissy où plus de 200 vols ont été annulés, les voyageurs ayant été prévenus en amont des annulations, qui n’intervenaient pas « à chaud ». Air France a notamment indiqué avoir envoyé 600.000 messages et SMS pour avertir les passagers.

Mais dans certains aéroports, le taux d’annulation a largement dépassé 50%. Cela a été le cas à Toulouse (80%), Lyon (71%) ou Nice (71%), où la proportion doit grimper à 82% mardi, selon l’aéroport.

Plus de vols annulés

Face à cette situation, Air France a recommandé aux clients ayant un vol d’ici au 22 septembre, dernier jour de l’appel à la grève reconductible lancé par le syndicat majoritaire SNPL AF Alpa, de « reporter leur voyage ou changer leur billet sans frais ». Outre le SNPL, le Spaf (deuxième syndicat) a appelé au mouvement jusqu’au 20 et Alter (non représentatif) jusqu’au 18.

Aux aéroports parisiens, des sources aéroportuaires ont estimé que la situation mardi, au deuxième jour du conflit, « devrait être plus ou moins identique, même si le nombre de vols annulés sera plus important ».

« Les passagers sont prévenus en amont, il n’y a donc pas de passager qui reste sur le carreau », a indiqué l’une de ces sources.

Pourtant, assure de son côté Jean-Louis Barber, président du SNPL, « mardi ce sera encore plus difficile et mercredi, (le trafic) Air France peut être arrêté », les pilotes ayant été appelés en renfort les premiers jours devant se reposer.

Une grève pas low cost

Un mouvement d’une semaine serait le plus long conflit mené par des pilotes d’Air France (groupe Air France-KLM) depuis 1998.

La direction évalue son coût de « 10 à 15 millions » d’euros par jour. Lundi, le PDG d’Air France-KLM, Alexandre de Juniac, a laissé entendre que le retour aux bénéfices de la compagnie française pourrait être compromis cette année si la grève dure.

Pour trouver une issue, les négociations se sont poursuivies lundi entre la direction et les syndicats représentatifs. Mais le SNPL a fait état d’un dialogue « bloqué » et prévenu que la grève se poursuivrait « tant que la direction ne changera pas de philosophie ».

Ce mouvement est lié aux conditions d’expansion de Transavia. Les syndicats déplorent une « mise en concurrence » des pilotes au sein du groupe et craignent que le nouveau plan stratégique « Perform 2020 » n’ouvre la voie à un « pillage de l’emploi français », quand la compagnie y voit un levier de « reconquête du marché » face aux compagnies low cost (Ryanair, easyJet).

Alexandre de Juniac exhorte les pilotes à participer à « un projet magnifique », porteur d’un millier d’emplois en France, dont 250 de pilotes.

Un mouvement « corporatiste »

Alors qu’un plan de départs volontaires a été ouvert en août pour 200 des 3.760 pilotes d’Air France, le groupe entend augmenter la flotte de Transavia en France de 14 à 37 avions en cinq ans et ouvrir de nouvelles bases en Europe dès 2015, avec des pilotes sous contrat local.

Il rejette la principale revendication des syndicats d’un contrat unique pour les pilotes aux conditions actuelles d’Air France pour les avions de plus de 100/110 places, quelle que soit la compagnie du groupe (Air France, Transavia, Hop!).

Un pilote d’Air France gagne entre 75.000 et 250.000 euros brut annuel selon son grade (copilote ou commandant de bord), ancienneté et affectation (moyen-courrier ou long-courrier). Chez Transavia, le salaire varie entre 87.000 et 180.000 euros.

Au sein d’Air France, la grève a été taxée de « corporatiste » par la CFE-CGC et la CFDT, Laurent Berger, secrétaire général de la confédération, la jugeant même « indécente ».

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Grève à Air France: la direction propose de limiter la flotte Transavia

 L’Expansion.com avec AFP

Air France a proposé de passer de 14 avions à 30 pour la flotte low cost Transavia, contre 100 dans le projet initial.     

Grève à Air France: la direction propose de limiter la flotte Transavia

Transavia dispose actuellement de 14 appareils.            Reuters/Charles Platiau

Les négociations se poursuivent pour mettre fin à la grève des pilotes d’Air France, alors que le groupe a annoncé que 60% de ses avions seraient cloués au tarmac ce mardi. La direction a proposé de limiter la flotte low cost de Transavia France à 30 avions au lieu de 100 dans le projet initial. Il s’agit de rassurer sur le fait que la filiale low cost du groupe n’avait pas vocation à remplacer Air France. Cependant, le PDG du groupe Frédéric Gagey a indiqué sur Europe 1 qu’il n’y a « pas encore de sortie de crise ». La flotte à bas coût Transavia dispose actuellement de 14 appareils.

>> Lire aussi: La grève des pilotes est-elle « indécente »?

« Pour montrer que notre projet est clair, nous avons proposé que la flotte soit limitée à 30 avions, une taille équivalente à celle de Transavia Hollande », a expliqué Frédéric Gagey, précisant que cette limitation était valide jusqu’en 2019.

Interrogé sur l’éventuelle garantie donnée aux pilotes que Transavia ne desservirait pas les vols intérieurs, il a répondu que ce n’était « pas le projet ». « Le projet: ce sont les vols loisirs au départ d’Orly vers l’Europe. Pour les vols domestiques, il y a un autre outil qui s’appelle Air France Hop! »

En dépit des nombreuses annulations, le calme régnait dans les aéroports parisiens mardi matin.

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Grève chez Air France: Les pilotes sont-ils des privilégiés?

SOCIAL – Les pilotes d’Air France ont entamé une grève ce lundi, ce qui relance le débat sur leur rémunération…

En désaccord avec les conditions d’expansion de Transavia, la filiale à bas coûts d’Air France, les pilotes de la compagnie ont entamé une grève ce lundi, avec en ligne de mire les contrats de travail des pilotes du groupe Air France, que la direction souhaite cloisonner. En clair: bien qu’ils appartiennent au même groupe, la direction fait signer un contrat différent à ses pilotes selon qu’ils sont aux commandes d’un avion estampillé Air France, Transavia ou Hop, la filiale régionale, avec à la clé des différences de salaires et de conditions de travail.

«C’est normal que l’on soit bien rémunéré»

Les pilotes d’Air France sont catégoriques: pas question pour eux de rogner sur leur salaire, comme l’affirme Julien Duboz, porte-parole du Syndicat des pilotes d’Air France (SPAF), qui, avec le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), a lancé l’appel à la grève. «Notre métier demande beaucoup de rigueur, on se soumet à une formation et une sélection très exigeantes, c’est normal que l’on soit bien rémunéré», estime-t-il. «On a un salaire à la hauteur de nos responsabilités», abonde Guillaume Schmid, du SNPL. «C’est facile de nous taper dessus en pointant nos salaires du doigt, c’est très franco-français», poursuit-il. «Mais les surcoûts d’exploitation chez Air France ne s’expliquent pas par notre rémunération: nous avons le même salaire horaire que les pilotes des autres compagnies», assure-t-il.

Pourtant le groupe accuse de sérieuses pertes financières, probablement 100 millions d’euros en 2014. Travailler plus, les pilotes d’Air France sont d’accord, eux qui volent entre 100 et 150 heures de moins par an que les autres pilotes français, dont ceux de Transavia. Mais à condition de gagner plus. Les syndicats plaident pour un contrat unique pour tous les pilotes du groupe aux commandes d’avions de plus de cent passagers. «Faire du low cost, on est pour depuis longtemps, mais il n’est pas question qu’un pilote Air France passe chez Transavia avec un salaire amputé», estime Guillaume Schmid.

Une compétitivité plombée par les salaires

«Le secteur du transport aérien est une industrie extrêmement compétitive. Puisque la plupart des frais des compagnies sont globalement les mêmes, comme le carburant, la compétitivité se fait forcément sur les coûts salariaux», analyse François Collet, expert en économie du transport aérien et directeur de Collet Consulting.

Pour gagner en compétitivité, être concurrentielle, la compagnie doit baisser les salaires des pilotes», poursuit-il. «Du fait de leur puissance syndicale, ce sont des nantis. Ils sont très bien payés depuis longtemps mais le contexte a évolué, la concurrence n’est plus la même qu’il y a quarante ans», explique François Collet. «Cette grève ne mène nulle part. Les syndicats ne voient que les intérêts à court terme des personnels concernés», commente-t-il.

Une grève «corporatiste» et «indécente»

Au micro de RTL, le numéro un de la CFDT Laurent Berger a qualifié cette grève de «corporatiste» et «indécente». Des paroles «surprenantes», estime Guillaume Schmid, qui considère que les pilotes «se battent pour la survie d’Air France». De son côté, Laurent Berger préfère mettre en avant la situation des autres salariés du groupe. «Les personnels au sol de la CFDT sont exaspérés, a-t-il ajouté. Parce que ça fait deux ans que cette compagnie est en redressement, avec des efforts des uns et des autres, et que là, les pilotes ne veulent pas participer aux efforts».

Le SNPL (majoritaire) a appelé à la grève reconductible jusqu’au 22 septembre; le Spaf, deuxième syndicat et Alter (non représentatif) jusqu’au 18. Une grève d’une semaine serait le plus long conflit mené par des pilotes d’Air France depuis 1998.

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Commentaires

  • A quand le préavis de travail ? : une seule solution : privatiser et virer tous ces parasites

    momo  • 

    Le nombrilisme et l’égoïsme des pilotes d’Air France coulera la compagnie. Si c’est le cas, il faudra punir ces fossoyeurs en les privant d’indemnités de chômage.

    Je suis catastrophé de voir que ces nantis de pilotes sont en train de couler une compagnie qui les paie si bien. Que veulent-ils ? Sont-ils payés par Emirates, Easy Jet ou Ryan Air pour ce sabotage ?

    patrick  • 

    Boycotter Air France!! Le SNPL est un syndicat identique au Cancer Généralisé du Travail (CGT), leur point commun c’est d’emmerder les usagers à longueur d’année. Qu’on les mette au chômage technique en coulant cette « boîte »!!

  • lo tavanol  • 

    « Air France se prépare à un deuxième jour de grève » tout ça à cause de nantis irresponsables. Et après on s’étonne que les « low-costs » et les compagnies étrangères cartonnent.

  • Mathilda  • 

    Air France bat de l’aile …. pendant que d’autres prennent un sacré envol !

    Henri  • 

    Bof, une grève tous les 3 mois, tu parles d’une surprise…

  • Music  • 

    C’est beau le droit de grève.

    didier f  • 

    une honte

    RELAX  •

    le truc est le suivant et revele la monstruosite d’Air France.
    Je fais un Paris Shanghai AR autour de 800 euros par China Eastern Airlines….

  • jean-françois Rougé
  • 250000 euros… Tout çà pour foutre un avion dans la flotte. Charlots va !
  • Rudolf Baechtold
  • SNCM – Air France: Même dérive, même destin. Les deux vont disparaître, sans regret. Ils n’ont pas vu l’évolution dans leur profession.
  • Poulbot83  • 
    • Moi je ne vois qu’une chose: ces pilotes avec leurs grèves bousillent le rêve de beaucoup de gens qui ont économisé pendant des mois pour se payer le voyage de leur vie….!

      libre…encore!  • 

      never fly air france !

      Topjaco  •

      Encore une exception française… Reagan aurait réglé ça en trois coups de cuillers à pots! 🙂

      Toutoune  • 

      Privilégiés, faut voir, vous accepteriez que vos statuts soient modifiés au gré des envies d’une direction qui vous place d’une société à l’autre au sein de la même entreprise et qui vous dit vous autres le même titre, mais vous bosserez plus en gagnant moins, le seul avantage (litigieux) sera une…

      petris  • 

      Vivement que cette usine à greve coule, et qu on ait des compagnies qui transportent leurs passagers.

      Le Troll  • 

      il y a 20 ans les pilotes de la Panam ont fait grève pour les mêmes motifs,résultats des courses,ils ont coulé la boîte!

      Gentiana  • 

      Rien que de pouvoir faire grève est un privilège. La plupart des salariés, notamment du privé, ne peuvent pas se le permettre.

      Eric  • 

      Ils ne sont pas des privilégies , la question ? est ce que Air France peut leur offrir des a

    • Jannot  • 

      Quand ont voit que des Nullos qui tapent dans un ballon affiche 1M€ de salaire mensuel…………cherchez l’erreur ?

      Christam  • 

      ce ne sont pas les salaires des pilotes qui plombent AIr France, mais plutot les gréves a répétitions et les couts d exploitation ( l ex président d aif france s’etait attribué une hausse de salaire énorme et était parti avec un parachute doré alors que son bilan était desastreux )

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Le low cost au cœur du conflit social chez Air France
lefigaro.fr

Les vols Air France seront affectés dès lundi par une grève massive des pilotes qui s’opposent au projet de la direction de développer Transavia, la filiale à bas coût de la compagnie aérienne. Comment le low cost aérien est-il devenu incontournable et pourquoi inquiète-t-il les pilotes Air France?

• En quoi l’arrivée des compagnies «low cost» a-t-elle modifié le secteur du transport aérien?

Arrivées en Europe au milieu des années 90, à la faveur d’une directive européenne et sur le modèle de l’américaine Southwest Airlines, les compagnies aériennes low cost ont profondément modifié un paysage aérien alors fermé. Leur recette: faire voler les avions au maximum entre les aéroports les moins chers d’Europe. Le tout en employant le moins de personnel possible, en particulier au sol, les réservations se faisant par internet. Et faire payer tous les services annexes: nourriture et boissons à bord, bagages en soute, …

Avec des charges et des dépenses beaucoup plus basses que celles des compagnies aériennes traditionnelles, notamment en termes de salaires et de conditions de travail, les compagnies low cost proposent en conséquence des tarifs beaucoup plus bas.

• Comment les compagnies se sont-elles adaptées à cet environnement?

Elles ont dû, elles aussi, baisser leurs coûts, sans toutefois pouvoir baisser leurs charges au niveau de celles des compagnies low cost. Cela s’est traduit par des plans de restructuration et des réduction de la masse salariale. Elles ont également dû créer des filiales à bas coûts pour concurrencer les compagnies low-cost.

En Europe, British Airways a dégainé la première et lancé en 1998 sa filiale à bas prix Go, vendue en 2002 à easyJet. Ces filiales continuent de prendre de l’envergure. En juillet, la première compagnie aérienne européenne, l’Allemande Lufthansa, a annoncé vouloir passer à l’offensive avec «Wings», label qui regroupera les vols bon marché de plusieurs de ses filiales.

Quant au groupe Air France-KLM (2e groupe européen), il ambitionne aujourd’hui d’accélérer son développement dans le marché du loisir en Europe grâce à sa filiale low cost Transavia qui, à l’horizon 2017, devrait «s’imposer parmi les acteurs low cost leaders du secteur en Europe, comptant plus de 20 millions de clients et opérant une flotte de 100 avions», contre 14 actuellement. Pour le PDG d’Air France-KLM, Alexandre de Juniac, «Air France a accumulé au fil des années (pour ses personnels, NDLR) des avantages qui font que ses coûts et ses conditions d’exploitation sont bien supérieurs à ceux de Transavia».

• Que reprochent les deux principaux syndicats de pilotes au projet d’Air France?

Le nouveau plan stratégique prévoit de redistribuer des lignes aujourd’hui Air France à sa filiale régionale Hop! et de développer la filiale low-cost du groupe, Transavia, sur les dessertes européennes. Il sous-tend une grande flexibilité dans la gestion des avions et des équipages.

Le SNPL AF Alpa, majoritaire, dénonce un projet «d’externalisation et de délocalisation», tandis que le Spaf, deuxième syndicat, craint que Transavia, qui embaucherait des pilotes sous contrat de travail de droit étranger, ne devienne «la norme d’embauche» pour les pilotes. Les conditions de travail et les rémunérations des pilotes d’Air France sont globalement plus avantageuses. Le SNPL tient à les conserver et explique que le coût des pilotes d’Air France dépend d’abord du «modèle d’exploitation» de la maison mère, qui prévoit des passages entre chaque vol par le hub de Roissy, et «pas du système de rémunération».

Néanmoins, une fois cet effet neutralisé, l’écart de coût à l’heure des pilotes entre Air France et Transavia resterait supérieur de plus de 40%, affirme une source interne. Concrètement, les pilotes d’Air France enchaînent moins les vols que ceux de Transavia qui, lorsqu’ils arrivent à destination, chargent de nouveaux passagers et repartent très vite. Mais du coup, «à ancienneté égale, les pilotes de Transavia ont une rémunération moyenne supérieure car ils effectuent plus d’heures de vol», selon le SNPL.

Le PDG d’Air France-KLM, Alexandre de Juniac, a cette semaine rejeté leur principale revendication: un contrat unique pour les pilotes aux conditions actuelles d’Air France, pour tous les avions de plus de 100/110 places, quelle que soit la compagnie du groupe (Air France, Hop!, Transavia).
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commentaires

carole lemaire
Il y a un côté un peu irréel dans ce débat. Il semble en effet qu’il soit préférable que la cie air france gère elle même sa concurrence car de toutes façons si elle ne prend pas cette part de marche d autres le feront à sa place et les pilotes HIGH COST d Air france s’en mordront les doigts. Tout le reste n’est que démagogie .

fronsac
Ils auraient pu s entendre ….ils seront obliges de négocier , on comprend les pilotes mais pas besoin de casser leur outil de travail , ça risque d être pire

Claudette Bellanger
A force de se faire remarquer, il vont finir par faire attirer l’attention. L’heure de repos en vol est comptée comment ?… en l’absence de catastrophe bien sûr …

Menfin59
il manque un sondage : « Personnellement, seriez-vous prêt à travailler plus pour gagner moins ? » et « Pensez-vous que les pilotes d’AF doivent travailler plus pour gagner moins ? » Comme ça, juste pour comparer le résultat des votes…

Petit Prince 4
Air France doit s’adapter ou disparaitre. Mon état ne doit pas s’en occuper, ou lui consentir des avantages. Société publique ou privée elle doit équilibrer ses comptes, et donc s’adapter aux règles du Monde. Dans le contexte actuel le « low cost » est nécessaire, et donc obligatoire pour survivre.
En tant qu’ancien pilote de chasse je suis scandalisé par les rémunérations, les conditions exceptionnellement favorables de leur travail, et les prétentions des pilotes d’Air France aujourd’hui. En bref je suis pour la disparition d’Air France actuel.

alboran
la rémunération des pilotes est certainement …sans rapport avec leur technicité . Les pilotes étrangers sont aussi efficaces, et sont-ils au même niveau ? …
en un mois ,c’est le salaire d’une année d’un homme ordinaire qui tombe, et les hommes ordinaires sont des millions
.la quasi totalité des patrons de PME est sous la moitié de ce niveau de rémunération, et travaille bien plus ..;

2705644
Ces privilégiés devraient attirer l’attention des réformateurs qui s’attaquent aux professions indépendantes.

Claude Thuillier
Les pilotes sont des réactionnaires attachés à des valeurs traditionnelles qui sont complètement dépassées pour subvenir à une économie de marché mondiale — ce protectionnisme est un frein évident à une évolution du moteur travail — lol

ja6047
Ces idiots de pilotes irresponsables (et je pèse mes mots) croient encore qu’Air France ne peut pas diparaître
Qu’ils pensent à Pan Am, TWA, AOM, Air Liberté, Swissair…

FranciK
Les pilotes d’Air France travaillent 565 heures par an…… encore un nombre d’heures en deçà des pilotes « normaux » . Notons qu’un commandant de bord chez Air France gagne entre 17 et 22 000 euros brut.

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