L’Allemagne vise l’équilibre budgétaire en 2015, sans émission de nouvelles dettes

Par David Philippot

Le ministre des Finances français Michel Sapin et son homologue allemand Wolfgang Schäuble, lors d'une conférence de presse à Paris en août 2014.

Rien ne semble vouloir faire dévier Wolfgang Schäuble de son objectif : couronner sa longue carrière poli­tique par le « sceptre » d’un budget à l’équilibre

En 2015, l’Allemagne devrait dépenser 299,5 milliards d’euros pour son fonctionnement et collecter 299,5 milliards de recettes. Et du coup, ne plus émettre de nouvelles dettes, comme préconisé par la règle d’or! Une performance jamais rééditée depuis 1969 dans un pays qui a encaissé les chocs de la réunification et du recul de 5 points de son PIB en 2009, au lendemain de la crise financière.

Un simple «jalon», a plus modestement commenté le grand argentier au pupitre du Bundestag. Son discours de 45 minutes, régulièrement ponctué de quintes de toux, a suivi une ligne claire: l’Allemagne continue à respecter ses engagements. Son plaidoyer pro domo a souvent pris l’allure d’une réponse aux multiples sollicitations en Allemagne, et en Europe, à lâcher la bride budgétaire. La Commission européenne, le Fonds monétaire international, plusieurs Prix Nobel d’économie, les gouvernements français, italien, américain réclament des assouplissements à l’orthodoxie budgétaire et la relance des investissements.

Mais hier comme demain, le fidèle allié d’Angela Merkel est persuadé de la justesse du raisonnement, s’autorisant même une leçon d’économie: «C’est une erreur de penser qu’un relâchement de la discipline budgétaire peut générer de la croissance. Nous avons prouvé ces dernières années, il faut se remettre cela en mémoire dans les débats actuels, qu’une politique budgétaire solide était la meilleure politique pour la croissance et l’emploi. Et nous ne dévierons pas de notre chemin !» Applaudissements dans les travées grises, au premier rang desquelles le ministre de l’Économie Sigmar Gabriel (SPD) plaisante allègrement avec la chancelière. «On ne peut pas acheter des emplois et de la croissance avec de l’argent public», a poursuivi le ministre.

Se retrousser les manches

Peu semble lui importer que la production de richesse ait fléchi en Allemagne de 0,2 % au deuxième trimestre, que l’Europe frise la déflation, Wolfgang Schäuble invite à «ne pas sombrer dans le pessimisme» et à se retrousser les manches. Son commentaire une semaine après les décisions de Mario Draghi pour relancer la croissance : «Tabler sur la politique de la BCE ne suffira pas à créer de la croissance et de l’emploi. L’abondance de liquidités ne se traduira par investissements et croissance que si les Européens innovent et s’attaquent aux réformes structurelles, le tout dans le respect des principes budgétaires. On ne crée pas de la croissance avec de l’argent public», a réexpliqué avec d’autres mots le grand argentier.

Une démonstration qui se termine par une justification pro-européenne: «Ça n’est pas une forme d’obstination ou d’orgueil, simplement une condition nécessaire à la stabilité de notre monnaie commune, et faire ce que l’on a dit, tenir ses promesses, cela implique aussi de s’en tenir aux règles européennes, tout le monde devrait s’en tenir aux règles européennes, car nous les avons décidées ensemble.» Des prescriptions que l’Allemagne entend, de son côté, respecter à moyen terme: Wolfgang Schäuble veut maintenir ce budget à l’équilibre «au moins jusqu’en 2018».

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commentaires

  • Schauble pose un symbole. Ce n’est qu’un premier petit pas en faveur des générations futures.

    L’Allemagne reste sévèrement endettée comme la France, à plus de 2 trilliards.

    Ces dépenses du passé comme celles de la France semblent ne jamais devoir être remboursées si l’on écoute les prêtres de l’impérialisme industriel à gauche comme à droite. Le prestige de la nation mérite bien un petit sacrifice vous diront-ils.

    Mais pourquoi dans ce cas ne pas financer à crédit une invasion militaire des régions pétrolifères ?

  • La France aussi avait des budgets à l’équilibre jusque dans les années 70… Aujourd’hui, ce n’est même plus un objectif.

  • La nomination de Moscovici comme commissaire aux affaires économiques n’est pas un bon signal, un signal de sérieux, envoyé aux pays d’Europe, quand on voit le budget 2014 insincère qu’il a laissé en quittant Bercy. C’est lui qui sera chargé de la surveillance budgétaire: le loup dans la bergerie, en somme!

  • certes , mais il faudrait tout de même que les allemands investissent dans leur réseau routier qui faute d’entretien d’envergure depuis 10 ans commence sérieusement à se dégrader, pour ceux qui en douteraient et qui ne sont pas allés en Allemagne depuis longtemps, un article du FT ( http://www.ft.com/cms/s/0/4fea7fa0-351c-11e4-a2c2-00144feabdc0.html pas une info du PS) en témoigne

  • Un modèle à ne pas suivre, de toute urgence, pour Sapin, Valls et Moi-Président ?

  • Parfait.
    Je connais des taux de dette en Europe qui vont encore diminuer. Les investisseurs devront placer leur argent ailleurs ce qui fera diminuer les taux. …

    Cependant, il a tort. La croissance faibli car les exportations faiblissent. Le jour où elles seront à zéro il sera trop tard pour se retourner sur un marché intérieur quasi inexistant.

    Par ailleurs, petite question « écophilo » … Si les état ne s’endettent plus, qui financera l’apport de richesse ?
    Pour qu’une population s’enrichissent il faut qu’une autre s’endette.

  • Si seulement l’un pouvait déteindre sur l’autre …

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Ces objectifs économiques qui n’ont pas été atteints

Publié par Romain Herreros l
Ces objectifs économiques qui n’ont pas été atteints

Chômage, croissance, déficit… Planet.fr fait le tour des objectifs économiques qui peinent à être atteints.

Depuis le début du quinquennat, revoir les objectifs (et ce dans divers secteurs) semble devenir une norme. Tous les mois, les chiffres du chômage nous rappellent que la fameuse inversion de la courbe (initialement prévue pour janvier dernier) se mue en une finalité irrésistiblement reportée aux calendes grecques.

Ce mercredi matin, Michel Sapin a indiqué que le plan de réduction des déficits publics sera revu à la baisse. Des prévisions de croissance à celles des réduction du déficit, Planet.fr revient sur ces objectifs qui peinent à être atteints.

Le déficit public

Alors que les prévisions du gouvernement tablaient initialement sur une réduction du déficit public à hauteur de 3.6% du PIB (loi de finance) puis de 3.8% (loi de finance rectificative), Michel Sapin, accompagné de son secrétaire d’État Christian Eckert, ont indiqué ce mercredi que le déficit public sur l’exercice 2014 s’élèvera à 4.4% du PIB.

>> Lire aussi : Arnaud Montebourg estime que le gouvernement applique « le programme de la droite allemande »

Pire qu’une simple révision à la baisse des économies, c’est une augmentation du déficit qui est observée aujourd’hui. En effet, en 2013 le déficit public représentait 4.3% du PIB. Rappelons tout de même que le non-respect des objectifs concernant le déficit n’est pas apparu avec ce gouvernent mais pèse depuis plus de dix ans sur les finances de l’État…

La croissance

« Ramener la croissance ». Tel est le leitmotiv de la politique du gouvernement pour stimuler l’emploi en France. Or, au premier trimestre 2014, le pays enregistrait une croissance nulle alors que l’objectif était d’arriver à 1% à la fin de l’année. Les annonces faites ce matin par Michel Sapin vont encore dans le sens d’une révision des objectifs.

Pour 2014, la croissance a été ramenée à 0.4% (contre 1% donc) et à 1% pour 2015 contre 1.7% prévu initialement. Là encore, les objectifs ont largement été revus à la baisse…Un article très détaillé du Huffington Post montre les écarts entre les prévisions et la croissance réelle.

Le chômage

Lié directement à l’anesthésie de l’économie, le chômage n’a cessé d’augmenter alors que le gouvernement espérait une inversion de la courbe initialement prévue pour janvier 2014. Malgré ce qui était projeté, la hausse du chômage a atteint 5.7% sur l’année 2013. Et les choses ne risquent pas d’aller en s’arrangeant.

Comme le souligne La Tribune, les annonces faites ce matin par Michel Sapin enterrent tout espoir de voir la courbe s’inverser en 2015 (alors que l’objectif était d’y arriver en décembre 2013). En demeurant optimiste, nos confrères tablent sur un reversement de la situation « au mieux » en 2016. Rassurant…

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Le ministre français des finances Michel Sapin à Paris le 10 septembre 2014

Le ministre français des finances Michel Sapin à Paris le 10 septembre 2014Le ministre français des finances Michel Sapin à Paris le 10 septembre 2014 – Eric Feferberg ©AFP

La France a annoncé mercredi qu’elle allait une nouvelle fois repousser, à 2017 au lieu de 2015, son objectif de réduction du déficit public sous la limite européenne de 3% du produit intérieur brut, invoquant « une situation exceptionnelle » en Europe.

Le déficit public, différence entre les recettes et les dépenses de l’Etat, des collectivités territoriales et de la sécurité sociale, va même augmenter en pourcentage du produit intérieur brut (PIB) cette année, à 4,4% du PIB contre 4,2% l’an dernier, a admis M. Sapin.

Il devrait progressivement décroître à 4,3% en 2015 et passer sous le seuil de 3% en 2017.

La France avait déjà demandé par deux fois de remettre à plus tard cet engagement, sous la présidence de Nicolas Sarkozy puis sous celle de François Hollande.

Le gouvernement tablait initialement sur un déficit public ramené à 3,8% du PIB cette année et chutant à 3% l’an prochain.

Mais ce scénario est perturbé par ce que M. Sapin a qualifié de « situation exceptionnelle » de l’économie en zone euro, « marquée par une croissance très faible cumulée avec un ralentissement de l’inflation que personne n’avait anticipé ».

Une conjonction « inédite dans l’histoire économique de l’Europe », a-t-il insisté.

En employant les mots de « situation exceptionnelle », terminologie qui selon les traités européens permet de déroger aux objectifs budgétaires, M. Sapin a adressé un message implicite à la Commission européenne, gardienne de la discipline budgétaire.

« Nous ne demandons pas la modification des règles européennes, nous ne demandons pas leur suspension, ni aucune exception », a-t-il toutefois précisé.

Le ministre a également corrigé mercredi ses prévisions de croissance pour la France: à 0,4% cette année puis 1% l’an prochain.

Il a précisé par ailleurs que la faible inflation, qui pèse sur les comptes publics en réduisant les recettes et en neutralisant certains efforts d’économies, devrait perdurer en France, avec un taux prévu à 0,5% en 2014 puis 0,9% en 2015.

Initialement, Paris espérait une croissance de 1% cette année, accélérant l’an prochain à 1,7%, mais M. Sapin avait indiqué à la mi-août que cet objectif ne tenait plus.

– Engagement sur les économies –

Mais malgré cette croissance atone, l’économie française a recommencé timidement à créer des emplois au deuxième trimestre, avec 8.300 nouveaux postes (+0,1%) dans le secteur marchand, a annoncé mercredi l’Insee.

Le ministre du travail François Rebsamen a appelé les patrons à aller « plus vite » dans la création d’emplois dans le cadre du Pacte de responsabilité qui prévoit 40 milliards de réduction du coût du travail et d’impôts sur trois ans.

Soucieux de compenser le mauvais effet, auprès de ses partenaires européens, de cette révision de la trajectoire de déficit, le ministre a donné un gage concernant la dépense publique. Faisant volte-face, il a annoncé que les économies sur la progression naturelle de la dépense publique de 21 milliards d’euros prévues l’an prochain seraient bien maintenues, contrairement à ce qu’il avait annoncé il y a seulement une semaine.

« La maîtrise des dépenses est une nécessité et nous irons jusqu’au bout de l’objectif de 50 milliards d’économies prévues jusqu’en 2017, à commencer par les 21 milliards d’économies prévues pour la seule année 2015 », a-t-il déclaré.

Le 2 septembre, M. Sapin avait annoncé à l’AFP que cette première tranche des 50 milliards ne serait pas atteinte en raison du recul de l’inflation qui anéantit les économies calculées en n’indexant plus des dépenses ou prestations sur la hausse des prix.

« On ne peut pas avoir les mêmes objectifs avec une inflation qui devient très faible », avait-t-il dit en réponse à une question sur les 21 milliards.

« Les deux milliards d’économies qui ne seront pas réalisés à cause de la faiblesse de l’inflation seront donc compensés », a déclaré mercredi M. Sapin, annonçant ainsi de mesures d’économies, qui seront détaillées lors de la présentation du budget le 1e octobre.

« Nous ne changeons pas de trajectoire. Le sérieux budgétaire reste l’engagement qui a été pris depuis le début (en 2012, ndlr) » et « le sérieux budgétaire avec la réduction des dépenses publiques reste la ligne qui sera suivie », a assuré mercredi le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

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Paris viole une nouvelle fois ses engagements sur les déficits

PARIS (Reuters) – Le gouvernement français renonce à tenter de ramener le déficit public à la limite européenne de 3% avant la présidentielle de 2017 et prévoit pour cette année une dégradation des comptes, au lieu de l’amélioration qu’il promettait encore avant l’été.

L’annonce faite mercredi par le ministre des Finances Michel Sapin est un nouveau coup dur pour un exécutif impopulaire, fragilisé par la contestation de sa politique dans son propre camp, et dégrade encore la crédibilité déjà faible de la France sur les questions budgétaires.

Pour l’Union européenne, l’incapacité chronique de Paris à redresser ses comptes, alors qu’il avait déjà obtenu deux reports, en 2007 et 2013, pour les remettre dans les clous du pacte de stabilité, est une mauvaise nouvelle.

Elle survient le jour même de la nomination de la nouvelle Commission, où le prédécesseur de Michel Sapin, Pierre Moscovici, aura le rôle de « gendarme » de ce pacte.

Invoquant la faible croissance et une inflation au plus bas, Michel Sapin a indiqué que le déficit public atteindrait 4,4% du PIB fin 2014, au lieu de 3,8% prévu auparavant, soit plus que les 4,1% de 2013, selon la dernière révision par l’Insee.

Le dérapage serait ainsi de plus de 6 milliards d’euros cette année et de plus de 25 milliards en 2015, année où le déficit serait à peine réduit à 4,3%, au lieu des 3% promis auparavant. Il reviendrait sous cette barre fin 2017.

Michel Sapin a déclaré lors d’une conférence de presse que Paris ne demandait « aucune modification des règles européennes » pour retarder encore cette échéance.

« Nous ne demandons pas leur suspension, nous ne demandons aucune exception, ni pour la France ni pour tout autre pays, nous demandons la prise en compte collective d’une réalité économique qui nous concerne tous : une croissance trop faible, une inflation trop basse », a-t-il dit, en indiquant s’inscrire « dans le respect des traités ».

PRÉSERVER LA FAIBLE CROISSANCE

Le gouvernement prévoit désormais une croissance du PIB de 0,4% en 2014 et de 1,0% en 2015, alors qu’il envisageait dans sa précédente trajectoire une croissance de 1,0% cette année et de 1,7% l’an prochain. Les prévisions d’inflation sont elles aussi abaissées, à 0,5% en 2014 et 0,9% en 2015.

« L’enjeu, c’est de trouver au niveau européen le bon rythme de réduction des déficits qui permette de préserver la croissance », a ajouté le ministre.

La politique du gouvernement en faveur du redressement de la compétitivité des entreprises sera appliquée, a-t-il assuré, en promettant que toutes les baisses du coût du travail annoncées seraient mises en oeuvre selon le calendrier prévu.

Les prélèvements sur les entreprises baisseront au total de 40 milliards d’euros d’ici à la fin 2017. « Nous nous y tiendrons intégralement », a dit Michel Sapin.

Pour les ménages, il n’y aura aucune hausse de l’impôt sur le revenu, a-t-il promis. Et pour les contribuables modestes, environ 3 milliards d’euros de baisse de ce même impôt seront décidés pour 2015, avec l’aménagement du bas du barème, a précisé le secrétaire d’Etat au Budget, Christian Eckert.

De même, les 21 milliards d’euros d’économies annoncées pour 2015 par rapport à la croissance tendancielle des dépenses estimée par Bercy seront réalisées, alors que Michel Sapin avait indiqué le contraire la semaine dernière. Le total de 50 milliards d’euros d’ici fin 2017 est lui aussi confirmé.

DEUX MILLIARDS À TROUVER

Cela nécessite de trouver pour l’an prochain deux milliards d’économies supplémentaires pour compenser les effets de la faible inflation. Elles seront détaillées dans les projets de budgets de l’Etat et de la Sécurité sociale présentés début octobre.

Michel Sapin a insisté dans le même temps sur la « maîtrise complète des dépenses de l’Etat », attribuant l’essentiel du dérapage des déficits à « la dégradation du contexte économique ».

L’accroissement du déficit de l’Etat à fin juillet par rapport aux sept premiers mois de 2013 annoncé mardi montre la difficulté qu’a l’exécutif à mener de front le redressement des comptes publics et des réformes pour doper l’activité.

Le crédit d’impôt compétitivité emploi pèse ainsi sur les recettes de l’impôt sur les sociétés pendant que le programme d’investissements d’avenir impacte les dépenses.

Le ministère des Finances prévoit toutefois que le déficit structurel – qui gomme l’impact de la conjoncture – se réduira cette année et à nouveau en 2015 par rapport à 2014, ce qui pourrait aider à convaincre les Européens du bien fondé des efforts entrepris par la France.

Dans l’attente du jugement de Bruxelles, la France risque fort d’être confrontée à un abaissement de sa note souveraine, qu’une des trois grandes agences internationales, Moody’s, doit actualiser le 19 septembre.

Elle avait averti le 18 août, après l’annonce que la France raterait son objectif de réduction du déficit à 3,8% en 2014, que les difficultés du gouvernement à mettre en oeuvre son programme budgétaire et la probabilité croissante qu’il ne tiendrait pas ses objectifs constituaient un « facteur négatif pour la note de crédit de la France »..

Elle note la dette souveraine de la France Aa1 – soit la deuxième meilleure note – mais avec une perspective négative.

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Commentaires

YOP  • 

OU SONT PASSÉES LES 70 MILLIARDS IMPÔTS ET AXES SUP DEPUIS 2012 SI LE DÉFICIT NE BAISSE PAS !! MÊME PLUTÔT REPART A LA HAUSSE ??????

  • Bruno Francois  •

    En résumé : plus il y a d’impôts, plus il y a de déficit.
    (cf. courbe de Laffer)

    jean alain  •

    ce n’est pas la peine de râler !! Tant que l’on ne virera pas cette bande de #$%$ A R D S ils resteront pour s’en mettre plein les poches en taxant les ouvriers les retraités et en épargnant les riches !!!!

  • Magma  • 

    Ces raclures de politicards aux commandes ne tiendront aucun engagement comme d’habitude.
    Ils se remplissent les poches avant leur inévitable Bérézina et laisseront une situation inextricable à ceux qui succéderont.

    ALEX  • 

    Paris viole une nouvelle fois ses engagements sur les déficits. Dit le présent titre de l’article, Paris viole surtout les Français, et çà fait 4 décennies que cela dure. Jusqu’à Quand ?

    Pierre  •

    c est un beau pays il viole ses engagements et baise les français !!!!

    C  • 

    L’Europe peut aller se faire enkhuler avec leur austérité !!

  • Philippe  • 

    Rectificatif : il faut bien lire 2117 au lieu de 2017.

  • DV  • 

    mais comment peut on encore croire ce qu’ils disent….

    Philippe  • 

    Heureusement que la reprise est là.

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    Non, le déficit « n’explose » pas, il dérape en 2014

    Le Monde.fr   Samuel Laurent

    M. Karoutchi (UMP) a présenté à la presse une note de neuf pages détaillant ses "préconisations" sur la gestion de la région Ile-de-France, au côté du président Jean-Paul Huchon.

    C’est un élément de langage utilisé dès le 27 août par le secrétaire général de l’UMP, Luc Chatel, et par Roger Karoutchi, sénateur UMP des Hauts-de-Seine : « Croissance nulle, explosion des déficits et du chômage » marqueraient le quinquennat Hollande.

    La phrase est efficace. Malheureusement, elle est, en partie du moins, fausse : si le déficit dérape en 2014, on ne peut pas dire qu’il « explose » pour autant depuis l’arrivée de la gauche au pouvoir. Explications.

    Ce qu’il a dit :

    Pourquoi c’est en partie faux

    1. « Explosion des déficits »

    Plutôt faux

    C’est la première partie de l’affirmation de M. Karoutchi qui est la plus erronée. Non, le déficit budgétaire « n’explose pas ». C’est même le contraire : il diminue, du moins jusqu’ici, mais pas aussi vite que promis par François Hollande.

    Même si le gouvernement vient d’annoncer un dérapage pour 2014, où le déficit risque de remonter à -4,4 %, après -4,1 % en 2013, il reste moins élevé qu’en 2012, où il s’élevait à 4,9 %. En outre, il a connu une forte augmentation entre 2008 et 2009, passant de 3,2 % à 7,2 %. On ne peut donc pas parler « d’explosion », mais de dérapage sur cette année

    2. « Explosion du chômage »

    Exagéré

    Il est exact que le chômage augmente depuis 2012. En réalité, il augmente depuis plus longtemps que cela. Voici la courbe des demandeurs d’emploi de la catégorie A depuis dix ans, d’avril 2004 à avril 2014, selon Pôle Emploi. On le voit, la hausse est constante depuis 2008.

    La majorité PS n’a donc pas réduit le chômage, c’est un fait. Mais la majorité UMP qui l’a précédée non plus. Et on ne peut pas dire qu’il y a une « explosion » depuis 2012.

    3. « Incapacité à réduire la dépense publique »

    Vrai 

    Seule la troisième partie de l’affirmation est vraie : malgré les promesses, le gouvernement ne parvient pas à réduire la dépense publique. Il se contente d’en diminuer la hausse :

    Toutefois, on ne peut pas non plus donner crédit à la majorité précédente de l’avoir diminuée.

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    réactions 

     Jean-Pierre Bernajuzan

    On pourrait peut-être dire que le déficit a explosé en… 2009 et 2010 !!

     

    CMO

    Le record absolu d’explosion du déficit à 6,9% , c’est Sarkozy / Fillon. Egalement record absolu d’augmentation de la dette publique sur un mandat ( Chirac 300 milliards , Sarkozy 600 milliards) – et record absolu de dépassement des dépenses de campagne (2 fois le montant autorisé) . Et Sarkozy disait « oui mais moi j’ai eu la crise » . Depuis Pericles , ils disent tous ça.

     

    Jacques DUCAMP

    Avis de spécialistes du déficit !

     

    marie

    La droite creuse les déficits et c’est à la gauche ensuite de les réduire. On se demande qui sont les meilleurs gestionnaires.

     

    Desolant

    Cet article illustre la vacuité du discours sur les finances pitoyables de la France

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    La France repousse encore son retour du déficit à 3%, la presse inquiète

    Le ministre des Finances Michel Sapin à Jouy-en-Josas près de Paris le 28 août 2014
(c) Afp Le ministre des Finances Michel Sapin à Jouy-en-Josas près de Paris le 28 août 2014 (c) Afp

    Paris (AFP) – La France a annoncé mercredi qu’elle allait une nouvelle fois repousser, à 2017 au lieu de 2015, son objectif de réduction du déficit public sous la limite européenne de 3% du produit intérieur brut, invoquant « une situation exceptionnelle » en Europe.

    L’annonce hier d’un nouveau report de l’objectif de réduction du déficit public de la France et de la baisse de la croissance inquiète les éditorialistes car elle témoigne « de la situation économique du pays » et d’un gouvernement qui « ne maîtrise plus rien ».

    Le déficit public, différence entre les recettes et les dépenses de l’Etat, des collectivités territoriales et de la sécurité sociale, va même augmenter en pourcentage du produit intérieur brut (PIB) cette année, à 4,4% du PIB contre 4,2% l’an dernier, a admis M. Sapin.

    Il devrait progressivement décroître à 4,3% en 2015 et passer sous le seuil de 3% en 2017, a-t-il dit.

    La France avait déjà demandé par deux fois de remettre à plus tard cet engagement, sous la présidence de Nicolas Sarkozy puis sous celle de François Hollande.

    La Commission européenne n’a pas tardé à réagir mercredi, appelant Paris à présenter « des mesures crédibles » pour son plan de réduction de dépenses dès 2015.

    Le gouvernement tablait initialement sur un déficit public ramené à 3,8% du PIB cette année et chutant à 3% l’an prochain.

    Mais ce scénario est perturbé par ce que M. Sapin a qualifié de « situation exceptionnelle » de l’économie en zone euro, « marquée par une croissance très faible cumulée avec un ralentissement de l’inflation ».

    En employant l’expression « situation exceptionnelle », terminologie qui selon les traités européens permet de déroger aux objectifs budgétaires, M. Sapin a adressé un message implicite à la Commission, gardienne de la discipline budgétaire.

    « Nous ne demandons pas la modification des règles européennes, nous ne demandons pas leur suspension, ni aucune exception », a-t-il toutefois précisé.

    Le ministre a également corrigé mercredi ses prévisions de croissance pour la France: à 0,4% cette année puis 1% l’an prochain.

    Il a précisé par ailleurs que la faible inflation, qui pèse sur les comptes publics en réduisant les recettes et en neutralisant certains efforts d’économies, devrait perdurer en France, avec un taux prévu à 0,5% en 2014 puis 0,9% en 2015.

    – Engagement sur les économies –

    Mais malgré cette croissance atone, l’économie française a recommencé timidement à créer des emplois au deuxième trimestre, avec 8.300 nouveaux postes (+0,1%) dans le secteur marchand, a annoncé mercredi l’Insee.

    Le ministre du travail François Rebsamen a appelé les patrons à aller « plus vite » dans la création d’emplois dans le cadre du Pacte de responsabilité qui prévoit 40 milliards de réduction du coût du travail et d’impôts sur trois ans. Sur 50 branches professionnelles réunies jeudi par le ministre, 17 n’ont engagé aucune négociation.

    Soucieux de compenser le mauvais effet, auprès de ses partenaires européens, de cette révision de la trajectoire de déficit, M. Sapin a donné un gage concernant la dépense publique. Faisant volte-face, il a annoncé que les économies sur la progression naturelle de la dépense publique de 21 milliards d’euros prévues l’an prochain seraient bien maintenues.

    « La maîtrise des dépenses est une nécessité et nous irons jusqu’au bout de l’objectif de 50 milliards d’économies prévues jusqu’en 2017, à commencer par les 21 milliards d’économies prévues pour la seule année 2015 », a-t-il déclaré.

    Il y a seulement une semaine, M. Sapin avait annoncé à l’AFP que cette première tranche des 50 milliards ne serait pas atteinte en raison du recul de l’inflation qui anéantit les économies calculées en n’indexant plus des dépenses ou prestations sur la hausse des prix.

    « Les deux milliards d’économies qui ne seront pas réalisés à cause de la faiblesse de l’inflation seront donc compensés », a déclaré mercredi M. Sapin, annonçant ainsi des mesures d’économies, qui seront détaillées lors de la présentation du budget le 1er octobre. « Nous ne financerons plus rien par des augmentations d’impôts, uniquement par des économies », a-t-il déclaré plus tard à l’Assemblée nationale.

    « Nous ne changeons pas de trajectoire. Le sérieux budgétaire reste l’engagement qui a été pris depuis le début (en 2012, ndlr) », a assuré le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

    Se disant « fière » du budget allemand prévu en équilibre pour 2015, la chancelière Angela Merkel a appelé à « une stricte discipline » estimant que « ce qui vaut pour l’Allemagne vaut aussi pour l’Europe ».

    Le même jour, l’ancien ministre français des Finances Pierre Moscovici était confirmé au poste de commissaire chargé des Affaires économiques, alors que l’Allemagne voyait d’un mauvais oeil l’idée de confier la surveillance budgétaire au représentant d’un pays qui repousse ses objectifs.

    « Il m’a semblé utile que ceux qui connaissent le mieux les problèmes de certains pays viennent de ces pays-là », a tranché mercredi Jean-Claude Juncker, le président de la future Commission, évoquant « la situation budgétaire de la France« .

    « Le gouvernement est menotté de toutes parts. Il est contraint par l’Europe et les déficits, d’un côté, et par sa majorité de l’autre », a déploré le président de l’organisation patronale CGPME, Jean-François Roubaud, dans une interview à l’Opinion.

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    Réactions

    Paul Emik Paul Emik
    Entendu ce matin à la radio, pour bien montrer l’incapacité de Hollande.
    En 2014, dans TOUTE l’Europe, seuls 4 verront leur déficit augmenter.
    Et sur ces 4, 3 sont en dessous des dessous (Autriche, Italie, Pays bas)
    On est le seul pays à avoir une telle augmentation en partant de plus haut que les autres.

    Jean-Xavier GRUSSENMEYER

    Bonjour,
    Impayable ce Sapin des bois !! ministre du travail, on a vu le chômage s’envoler, ministre des finances ce sont les taxes et le impôts qui s’envolent pendant que la croissance flirte avec le négatif ! MAIS IL N’Y EST POUR RIEN !! Il faut faire des économies, on pourrait commencer en le virant ce gros tas et PITIE : supprimer l’ENA!

    Pascale Lecourt

    Eric Heyer, directeur adjoint Dpt Analyse et Prévision de l’OFCE :
    « La croissance mondiale va moins bien et est révisée un peu partout à la baisse, notamment dans la zone euro et les pays émergents. Avec un commerce mondial stable, il n’y a du coup pas de dynamisme possible pour la France. Tout ceci n’avait pas été anticipé il y a un an, ce qui explique cette croissance faible. Car on s’attendait à avoir plus de croissance, y compris le FMI et Bruxelles qui avaient validé les 1% de croissance pour 2014 prévus l’an passé. Mais avec 0,6 point de croissance en moins, c’est 0,3 point de déficit public en plus, en raison en plus de recettes fiscales moindres. Ça devient compliqué. »
    Et en plus, il faut rembourser les dettes du précédent quinquennat. Alors faut-il fustiger ce Gouvernement ?

    Bluesy Man Bluesy Man
    « Un oranger sur le sol irlandais, on le le verra jamais » : c’est un vieux tube des années 60. Aujourd’hui, on pourrait écrire une nouvelle chanson du même style, elle s’appellerait « la débâcle des radis » (roses à l’extérieur, blanc à l’intérieur). En voici la première ligne : « un socialo qui réduit les déficits, on ne le verra jamais ».

    Pascale Lecourt

    Petit rappel pour ceux qui ont oublié :

    QUINQUENNAT SARKOZY
    Dette de l’État (source AFT) : augmentation de 465 milliards (hors org. sociaux et coll. territoriales
    – 2007 = 921 milliards
    – 2012 = 1 386 milliards.

    Dette de la France au sens de Maastricht (source INSEE, 3ème trim. 2012) comprenant toutes les dettes : État + organismes sociaux et collectivités territoriales : augmentation : 597 milliards (au 30/09/12)
    – 2007 = 1 221,1 milliards.
    – 2012 = 1 818,1 milliards.

    Dette publique 2012 (déficit) : 4,9 %

    Croissance économique (Eurostat) : récession
    – 2007 = + 2,3%.
    – 2012 = 0,0%.

    Balance commerciale (Eurostat) : détérioration : 55%
    – 2007 = − 51,988 milliards
    – 2012 = − 81,447 milliards.

    Taux de chômage (Eurostat) : détérioration : 1,8%
    – 2007 = 8,4%.
    – 2012 = 10,2%.

    Emploi, nombre de postes de travail disparus (INSEE), « ensemble des secteurs marchands (hors agr.) : perte de 436 700 postes de travail
    – 2007 = 16, 3972 millions.
    – 2012 = 15,9605 millions.
    Gestion de notre pays par Sarkozy, Ministre puis Président :
    Entre décembre 2004 et septembre 2009, la Banque de France se sépare d’un cinquième de son stock de métal fin (589 tonnes), et empoche, en cumulé, un pactole de 4,67 milliards. Sarkozy a donc vidé les coffres de la Banque de France, contre l’avis de son Gouverneur, mais avec celui de Raffarin (!!!) en revendant l’or, qui sera remplacé par du papier et de la dette… (même l’Italie ne l’a pas fait). Pendant qu’il y était, il

    Bluesy Man Bluesy Man
    Mon pauvre ami, tout ce que vous dites aurait du sens si vous aviez pensé à expliquer ces chiffres. Et la raison n’est pas Sarkozy (même si je ne soutient pas ce personnage). En 2008, la pire crise économique mondiale connue par la France (et le monde) depuis des lustres est arrivée sous le mandat Sarkozy. Les chiffres que vous citez n’en sont que l’illustration. Ne gaspillez pas votre temps à nous bourrer le mou, ça ne marche pas.

    Paul Emik Paul Emik
    On n’ose même pas imaginer ce qui se serait passé si ça avait été Hollande.
    Alors que l’Allemagne est en excédent, que la GB et d’autres pays ont une belle croissance, nous on voit le déficit 2014 supérieur à celui de 2013, avec 30 milliards d’impôts pris en plus sur les ménages… Cherchez l’erreur… Oops, l’erreur est à l’Elysée.

    pseudo effel

    C’était bien la peine de nous demander des efforts depuis 3 ans. Encore bravo. J’ignore si une autre politique marche, mais celle-ci est clairement un échec. Ce gouvernement sera durement sanctionné pour cela. Quant au suivant…

    Michel Romarin

    Déficit aggravé, plus mauvais qu’en 2013, et ce malgré un matraquage fiscal historique, résultat de la politique délétère, mortifère de Hollande, et sa fameuse boite à outils qui devait tout résoudre
    Après deux ans de Hollande : croissance zéro, record de chômage, record des dépôts de bilan, l’emploi marchand qui se réduit, les déficits qui repartent à la hausse et record de dette publique qui approche les 100% du PIB, avec le record (européen) de dépense publique à 57% du PIB
    Résultat de l’incompétence de ce Président
    En 2012 la situation était détériorée par les effets de deux terribles crise venues de l’extérieur, les crises sont terminéee, sauf en France, où la situation, depuis 2 ans, n’a cessé de s’aggraver, avec la politique décidée par le Président , allant de pire en pire
    INCOMPETENCE

    sensi

    « avec le record (européen) de dépense publique à 57% du PIB »
    Il me semble que ce record va à la Finlande, nous sommes officiellement les deuxièmes au monde pour la dépense publique (sans doute quatrième car les « paradis » communistes Nord Coréen et Cubains n’ont pas de chiffres fiables disponibles).

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Christian Noyer: «c’est l’heure du sursaut ou du déclin» en France AFP 11 septembre 2014 à 09:46
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Le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer à Paris le 24 mars 2014Le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer à Paris le 24 mars 2014 (Photo Eric Piermont. AFP)

Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a estimé jeudi qu’il était temps en France de lancer «les bonnes réformes», soulignant que c’était pour le pays «l’heure du sursaut ou du déclin».

«La France n’est pas foutue mais c’est l’heure du sursaut ou du déclin. Il faut choisir et, évidemment, il faut choisir le sursaut», a expliqué le responsable, qui fait partie des instances dirigeantes de la Banque centrale européenne.

«Ce qu’il serait grave de ne pas faire», c’est de mener «les bonnes réformes» et de «poursuivre inflexiblement la réduction des dépenses», a expliqué M. Noyer sur la radio Europe 1.

Le gouverneur a regretté que l’objectif d’une réduction du déficit public à 3% du Produit intérieur brut ait de nouveau été repoussé, cette fois à 2017, expliquant qu’«on ne peut pas accumuler indéfiniment les déficits».

Selon lui, le potentiel de croissance de l’économie française «est très probablement de moins de 1%», alors que le gouvernement a corrigé mercredi ses prévisions de croissance pour 2014 à 0,4% et pour 2015 à 1%.

«Ça veut dire qu’il n’y a pas de +plan B+ dans l’accumulation et l’augmentation des déficits. Il ne suffit pas d’augmenter la dépense. ça ne marcherait pas parce que, spontanément, si on ne fait pas de réformes, la croissance française restera inférieure à 1%», a ajouté M. Noyer.

Pour parvenir à réduire les déficits, le gouverneur de la Banque de France a expliqué qu’il ne fallait pas augmenter les impôts mais plutôt tailler dans les dépenses.

Alors que Bruxelles a demandé mercredi à la France «des mesures crédibles» pour son plan de réduction de dépenses dès 2015, Christian Noyer a fait valoir que le pays était «comptable de la tenue» des engagements pris vis-à-vis de ses partenaires européens.

«Quand on dévie des engagements sur lesquels on s’est porté, on risque une perte de crédibilité. Donc, il faut démontrer qu’on suit un sentier de réformes économiques et de réduction de la dépense qui est crédible».
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Patrick Artus – Réformes structurelles en France : ce qu’il faudrait faire
Le Point –

Voici les sept réformes qui, s’il n’y avait pas de contraintes politiques, devraient être mises en oeuvre pour redresser la France, selon Patrick Artus.
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Patrick Artus. Patrick Artus. © AFP
On connaît bien maintenant les facteurs de blocage de la croissance en France. Il s’agit d’abord de la faiblesse des marges bénéficiaires et de la capacité d’autofinancement, de la rentabilité du capital physique, surtout dans l’industrie, ce qui décourage l’investissement, en particulier l’investissement technologique, en robotisation, ce qui freine l’offre de biens et de services et la production manufacturière. La rentabilité du capital physique en France est de 6 %, contre 2 % dans le reste de l’Europe.

Il s’agit ensuite de l’insuffisance des compétences de la population active. Cette insuffisance est révélée par l’enquête PIAAC de l’OCDE (qui évalue les compétences des adultes et classe la France à l’avant-dernier rang). Elle contribue à empêcher la montée en gamme de l’industrie ; le faible niveau de gamme de l’industrie française est révélé par le niveau élevé de l’élasticité-prix des exportations en volume : une hausse de 10 % du prix des exportations en réduit le volume de 8 %, ce qui montre le caractère peu sophistiqué, peu différencié de la production.

On sait que le coût du travail peu qualifié est élevé en France, malgré les allègements de cotisations sociales sur les bas salaires, en raison du niveau élevé du smic.
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Cela explique le niveau élevé du chômage des moins qualifiés.
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Pour les salariés les plus qualifiés, au contraire, le taux de chômage est faible, car le marché du travail qualifié est concurrentiel : le plein emploi y est maintenu par l’ajustement des salaires. Le niveau trop élevé des prix de l’immobilier résidentiel pose aussi problème. Le niveau des prix de l’immobilier résidentiel est trop élevé en France (il a doublé par rapport aux salaires depuis 1998) et, de plus, ne se corrige pas rapidement à la baisse, à la différence de ce qu’on observe aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Espagne, aux Pays-Bas par exemple. Ce niveau très élevé des prix de l’immobilier en France déprime l’investissement en logements. Il tire aussi à la hausse les loyers et relève un prélèvement important sur les revenus des ménages (tableau 3) au détriment des autres dépenses des ménages.
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(Tableau 3)

Dans ces circonstances, soutenir seulement la demande n’a pas d’effets positifs. Soutenir la demande de produits manufacturés est inutile tant que l’offre ne répond pas à la demande. Soutenir la demande de services peu sophistiqués utilisant du travail peu qualifié est peu utile tant que le coût élevé du travail peu qualifié décourage les entreprises d’embaucher. L’emploi dans les services peu sophistiqués stagne depuis 2003 (services aux particuliers, distribution, loisirs, restaurants, transports…). Soutenir la demande de logements est inefficace tant qu’il y a rareté de l’offre (ce qui explique le niveau élevé des prix), car le soutien de la demande ne fait alors que pousser encore plus les prix à la hausse. Ce qui précède pousse à préconiser, dans l’absolu, sept réformes.

1. La réforme une serait de changer l’organisation syndicale. S’il y avait en France, dans chaque grande branche d’activité, un syndicat unique de la branche et pas une multiplicité de syndicats nationaux, il serait plus facile d’obtenir que les négociations entre patronat et syndicats intègrent les contraintes économiques des différents secteurs d’activité : rentabilité, profitabilité… Aujourd’hui, les négociations sont dominées par la concurrence entre syndicats et n’intègrent pas ces contraintes macroéconomiques, comme le montre par exemple l’absence de corrélation négative en France entre croissance du salaire réel et taux de chômage.

2. La réforme deux : puisque la profitabilité des entreprises en France est faible et que le niveau d’investissement est insuffisant, il paraît normal de penser à baisser la taxation des profits investis (non distribués) par les entreprises.

3. La réforme trois serait de développer les filières d’éducation technologiques et les formations en alternance. Pour rapprocher les compétences de la population active, en particulier des jeunes, des besoins des entreprises, il paraît utile de développer les filières technologiques et de formation d’ingénieurs, qui sont aujourd’hui de faible taille (12 % de l’ensemble des étudiants), de développer les formations en alternance (il y a 430 000 apprentis en alternance en France contre 1 560 000 en Allemagne !).

4. La réforme quatre serait de baisser le salaire minimum. La baisse du salaire minimum créerait beaucoup d’emplois peu qualifiés, avec la forte élasticité de l’emploi non qualifié au coût du travail (au moins 1 contre 0,3 pour l’ensemble des emplois). Pour compenser l’effet de cette baisse du salaire minimum sur le pouvoir d’achat, on peut parallèlement concentrer les transferts sociaux (famille, logement, santé en dehors des maladies graves et coûteuses) sur les ménages aux revenus les plus bas.

5. La réforme cinq : accroître la concurrence dans les services protégés. Il est bien documenté que, dans de nombreux services (professions protégées, distribution, transports), la concurrence est faible, ce qui explique des taux de marge bénéficiaire beaucoup plus élevés que dans l’industrie (38 % contre 23 %). Accroître la concurrence dans ces services augmenterait le pouvoir d’achat des ménages, augmenterait la production de ces services, réduirait les coûts de production de l’industrie, qui est grosse consommatrice de services (la consommation de services par l’industrie représente 80 % de la valeur ajoutée de l’industrie).

6. La réforme six : substituer la TVA aux cotisations sociales des entreprises. La France a les taux de cotisations sociales des entreprises les plus élevés des grands pays de l’OCDE (12 % du PIB contre 7 % en Allemagne, 4 % au Royaume-Uni, 3 % aux États-Unis). Exploiter toute la possibilité de hausse des taux de TVA (jusqu’à 25 %) pour réduire les cotisations sociales des entreprises serait donc efficace pendant de nombreuses années, pour réduire le coût du travail ; à long terme, quand les salaires nominaux se sont indexés sur les prix plus élevés en raison de la hausse de la TVA, pour réaliser une « dévaluation fiscale » (l’équivalent d’une dévaluation du franc par cette substitution d’impôts).

7. La réforme sept serait de subventionner l’offre et non la demande de logements. Tant qu’il y a insuffisance de l’offre de logements, le soutien de la demande fait seulement monter les prix des logements. Il faut donc subventionner l’offre : incitations fiscales pour le logement locatif, baisse de la taxation des revenus et des plus-values du capital en logements, incitations fiscales à la mise sur le marché des terrains constructibles.

Il nous semble donc que la situation économique de la France va s’améliorer si des réformes suivant trois principes sont mises en place. Soutenir l’offre (en quantité et en qualité, par exemple avec la modernisation du capital productif) en ce qui concerne le travail (compétences accrues de la population active), les biens et les services, l’immobilier résidentiel, et non la demande. Rendre plus compétitifs les marchés qui ne le sont pas : travail peu qualifié (rigidité du smic), services protégés, immobilier résidentiel (excès chronique de demande). Concentrer les transferts publics sur les ménages aux revenus les plus faibles afin de dégager des marges de manoeuvre budgétaires et de compenser les effets sur le pouvoir d’achat de la baisse du salaire minimum.
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Commentaires

Z31
La palice
En résumé faire assumer à la petite classe moyenne ce que tous les autres acteurs ne feront plus. Bien tenté, mais il ne faut pas être dupe, toutes ces réformes sont celles qui sont déjà en cours avec Hollande.

FreeLouis
Réforme 9
L’état et les administrations doit réduire ses dépenses de 50%.
Les impôts et taxes doivent être réduits de 50%.
Les subventions interdites.

Katsepy
Il en manque deux !
Dans ces 7 propositions, toutes à caractère éminemment techniques, je me permets d’en rajouter deux :
A) Retour au 39 heures hebdomadaires (payées 35 !), ce qui dope immédiatement la compétitivité et baisse le coût du travail sans qu’il en coûte un centime à l’Etat. Accessoirement, cet effort collectif des Français serait sans doute mieux perçu que la hausse sans fin des impôts…
B) Expliquer que le fameux « modèle social à la française » a fait long feu et qu’il va falloir « taper » dans cette avalanche de conforts en tous genres distribués depuis 40 ans en recourant à l’emprunt, donc à l’accroissement de la dette. Il y a là, au bas mot, plus de 60 milliards d’économies par an qui sont en jeu, soit bien plus que le montant total de l’IRPP.
A quand un Président qui aura le courage d’annoncer cela ? Il paraît qu’avec un tel programme personne ne pourrait être élu ; pourtant, les Français sont sans doute râleurs, égocentriques, gavés à l’état-providence, etc. Mais ils ne sont quand même pas tous idiots… Alors… Chiche ? !

logiques
Quelques erreurs de théoricien mais de bonnes analyses
Celle majeure est en effet d’augmenter le taux de TVA et de biaiser ou supprimer les taxations sur l’emploi, c’est simple à faire mais il faut de la volonté et se fiche de l’opinion publique… C’est le moment hollande et valls n’ont rien a perdre… Tout au plus ils peuvent gagner le redressement de la France.

sillon
Ben voyons
Plus liberal tu meurs ! C’est Gattaz et Merkel réunis

citoyen fraternel
Smic élevé
Chaque fois que je lis un expert, quand je lis que le Smic est trop élevé, j’arrête de lire l’expertise. En effet une proportion affolante de smicards sont à temps partiel imposé par leur employeur. Et on n’en parle jamais alors que c’est un scandale absolu aux conséquences sociales dramatiques.

manif38
Et vous en avez une autre
Faire payer les gens pour qu’ils travaillent c’est vrai les ouvriers pourraient payer leurs patrons ils leurs donnent du travail quand même

Charlot 83
D’accord avec lui a 100%
En France, on ne manque pas d’énarques mais de politiques de bon sens comme ces mesures.
Mais il ne faut pas rêver pour les appliquer, c’est une révolution serait nécessaire.
Donc peu de chance de tout mettre par terre et de reconstruire de l’Arthus.
Le chômage de masse va perdurer et les courbes s’envoler !

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