Mais qui travaille 35 heures ?
Donald Hebert

Le nouveau ministre de l’Economie Emmanuel Macron a relancé le débat sur la durée légale du travail hebdomadaire. Mais au fait, quelle est la réalité des 35 heures en France.

Les 35 heures sont de nouveau sur la place publique. La veille de sa nomination, le nouveau ministre de l’Economie Emmanuel Macron a confié au « Point » qu’il ne serait pas contre autoriser les entreprises et les branches à « déroger » à la durée hebdomadaire légale du travail.
C’est déjà possible pour les entreprises en difficulté. Pourquoi ne pas étendre à toutes les entreprises, à condition qu’il y ait un accord majoritaire avec les salariés ? », a déclaré l’ancien conseiller de François Hollande à l’Elysée, répondant à une demande récurrente des patrons et attisant la crainte des syndicats.

Leur suppression n’est « pas à l’ordre du jour », a immédiatement corrigé Matignon de peur que le sujet ne mette le feu aux poudres lors d’une rentrée déjà riche en dossiers explosifs. Les 35 heures ont pourtant une réalité relative.
La durée du travail : 39,4 heures
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35 heures est une durée théorique. En réalité, la durée de travail habituelle est de 39,4 heures en France (chiffre de 2012), soit bien plus que le seuil légal. Après les lois Aubry du début des années 2000, lors du passage aux 35 heures, « un certain nombre d’entreprises ont choisi de conserver un horaire hebdomadaire d’un niveau supérieur en accordant à leurs salariés des jours de congés supplémentaires : les jours de réduction du temps de travail (RTT) », note la Dares dans un rapport. En prenant en compte ces RTT, la durée collective du travail moyenne est de 35,6 heures (2012), là encore un peu au-dessus de 35 heures.
Pour réduire le chômage ?

Les vertus des 35 heures, elles aussi, font débat. Trop rigides pour les petites entreprises. Compensées par trop d’aides publiques pour les grandes. Les 35 heures auraient freiné l’économie française, estiment certains économistes. Elles auraient été vecteur de productivité, jugent d’autres experts. Aujourd’hui certains plaident pour une augmentation de la quantité de travail en France afin de relancer la croissance et mettent en garde contre le risque de se partager un gâteau plus petit. D’autres comme le politique Pierre Larrouturou, demandent à travailler 32 heures. Récemment, des milliardaires comme Carlos Slim, Larry Page (PDG de Google) et Richard Branson (Virgin) l’ont rejoint, avec parfois des arrière pensées différentes. Mais Richard Branson estiment qu’embaucher deux personnes à mi-temps est préférable à une seule personne à plein temps.

La diminution du temps de travail, seule manière de lutter contre le chômage en temps de croissance morne ? « Elle est une caractéristique de tous les pays développés », écrivait la sociologue Dominique Méda dans la revue « Projet » fin 2013. « Non seulement tous les pays occidentaux (mis à part les États-Unis) ont réduit leur temps de travail depuis soixante ans, mais – à rebours des clichés éculés – la France est loin d’être le pays où l’on travaille le moins ! Les Pays-Bas, le Danemark et l’Allemagne présentent des durées hebdomadaires moyennes effectives de travail moins élevées, si l’on prend en considération (ce que ne font généralement pas les commentateurs) les personnes travaillant à temps complet et celles à temps partiel… »
Impossible à détricoter

Lors de la campagne présidentielle de 2012, Jean-François Copé avait plaidé devant les patrons de l’Afep pour la suppression des 35 heures. « Comment, avait ironisé le socialiste Michel Sapin en face de lui à la tribune, Vous voudriez supprimer le seuil de déclenchement légal des heures supplémentaires ?… »

Faute d’avoir supprimé les 35 heures, les gouvernements de droite ont fait en sorte d’en assouplir l’application entre 2002 et 2012. Traduisant son slogan « travailler plus pour gagner plus », l’ex-président Nicolas Sarkozy avait préféré défiscaliser les heures supplémentaires, ce qui avait, paradoxalement, compliqué la suppression des 35 heures. François Fillon en propose désormais la suppression.

Ce n’est pas la première fois qu’une personnalité de gauche plaide pour un assouplissement, les lois Aubry ayant été jugées trop rigides dès leur entrée en application, notamment pour les petites entreprises. En 2006, Ségolène Royal proposait d’aller plus loin dans l’assouplissement. Et en 2011, pendant la primaire socialiste, un des candidat proposait de les « déverrouiller » : Manuel Valls.

Donald Hébert
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Mais qui travaille 35 heures ?
Donald Hebert

Le nouveau ministre de l’Economie Emmanuel Macron a relancé le débat sur la durée légale du travail hebdomadaire. Mais au fait, quelle est la réalité des 35 heures en France.
Les 35 heures sont de nouveau sur la place publique. La veille de sa nomination, le nouveau ministre de l’Economie Emmanuel Macron a confié au « Point » qu’il ne serait pas contre autoriser les entreprises et les branches à « déroger » à la durée hebdomadaire légale du travail.
C’est déjà possible pour les entreprises en difficulté. Pourquoi ne pas étendre à toutes les entreprises, à condition qu’il y ait un accord majoritaire avec les salariés ? », a déclaré l’ancien conseiller de François Hollande à l’Elysée, répondant à une demande récurrente des patrons et attisant la crainte des syndicats.

Leur suppression n’est « pas à l’ordre du jour », a immédiatement corrigé Matignon de peur que le sujet ne mette le feu aux poudres lors d’une rentrée déjà riche en dossiers explosifs. Les 35 heures ont pourtant une réalité relative.
La durée du travail : 39,4 heures

35 heures est une durée théorique. En réalité, la durée de travail habituelle est de 39,4 heures en France (chiffre de 2012), soit bien plus que le seuil légal. Après les lois Aubry du début des années 2000, lors du passage aux 35 heures, « un certain nombre d’entreprises ont choisi de conserver un horaire hebdomadaire d’un niveau supérieur en accordant à leurs salariés des jours de congés supplémentaires : les jours de réduction du temps de travail (RTT) », note la Dares dans un rapport. En prenant en compte ces RTT, la durée collective du travail moyenne est de 35,6 heures (2012), là encore un peu au-dessus de 35 heures.
Pour réduire le chômage ?

Les vertus des 35 heures, elles aussi, font débat. Trop rigides pour les petites entreprises. Compensées par trop d’aides publiques pour les grandes. Les 35 heures auraient freiné l’économie française, estiment certains économistes. Elles auraient été vecteur de productivité, jugent d’autres experts. Aujourd’hui certains plaident pour une augmentation de la quantité de travail en France afin de relancer la croissance et mettent en garde contre le risque de se partager un gâteau plus petit. D’autres comme le politique Pierre Larrouturou, demandent à travailler 32 heures. Récemment, des milliardaires comme Carlos Slim, Larry Page (PDG de Google) et Richard Branson (Virgin) l’ont rejoint, avec parfois des arrière pensées différentes. Mais Richard Branson estiment qu’embaucher deux personnes à mi-temps est préférable à une seule personne à plein temps.

La diminution du temps de travail, seule manière de lutter contre le chômage en temps de croissance morne ? « Elle est une caractéristique de tous les pays développés », écrivait la sociologue Dominique Méda dans la revue « Projet » fin 2013. « Non seulement tous les pays occidentaux (mis à part les États-Unis) ont réduit leur temps de travail depuis soixante ans, mais – à rebours des clichés éculés – la France est loin d’être le pays où l’on travaille le moins ! Les Pays-Bas, le Danemark et l’Allemagne présentent des durées hebdomadaires moyennes effectives de travail moins élevées, si l’on prend en considération (ce que ne font généralement pas les commentateurs) les personnes travaillant à temps complet et celles à temps partiel… »
Impossible à détricoter

Lors de la campagne présidentielle de 2012, Jean-François Copé avait plaidé devant les patrons de l’Afep pour la suppression des 35 heures. « Comment, avait ironisé le socialiste Michel Sapin en face de lui à la tribune, Vous voudriez supprimer le seuil de déclenchement légal des heures supplémentaires ?… »

Faute d’avoir supprimé les 35 heures, les gouvernements de droite ont fait en sorte d’en assouplir l’application entre 2002 et 2012. Traduisant son slogan « travailler plus pour gagner plus », l’ex-président Nicolas Sarkozy avait préféré défiscaliser les heures supplémentaires, ce qui avait, paradoxalement, compliqué la suppression des 35 heures. François Fillon en propose désormais la suppression.

Ce n’est pas la première fois qu’une personnalité de gauche plaide pour un assouplissement, les lois Aubry ayant été jugées trop rigides dès leur entrée en application, notamment pour les petites entreprises. En 2006, Ségolène Royal proposait d’aller plus loin dans l’assouplissement. Et en 2011, pendant la primaire socialiste, un des candidat proposait de les « déverrouiller » : Manuel Valls.

Donald Hébert
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Commentaires

Jean Guiet
Hier soir sur BFMTV ,Y.Treard a rappelé le slogan:  » Travailler plus pour travailler tous » !!!!! Autrement dit, si les entreprises augmentent le temps de travail ( et donc le salaire ) de leurs employés, elles vont automatiquement créer de nouveaux emplois. C’est tellement évident, qu’un peu d’explications de la part des partisans de la suppression des 35 heures, seraient les bienvenues.

fraise desboires
Je connais dans la territoriale une fonctionnaire qui est payée 35 h, elle fait sur l’année complète 32h.

domino 0769
Deux salariés à mi-temps à la place d’un vrai poste de travail , c’est 2 serfs corvéables à merci pour l’employeur et 2 chômeurs en moins à l’ ANPE . Mais autant d’aides sociales diverses , fournies par l’état .

oiseau migrateur
On aimerait surtout savoir quelle est la durée de travail effective, c’est à dire le nombre d’heures non déclarées et non payées que font les salariés en plus des 35 ou 39.4h, et le nombre de jours de congés ou rtt non pris.
J’estime cette durée, dans mon cas, à une dizaine d’heures par semaine en moyenne, ce qui me monte à 45-55h selon les périodes, payées 39.4h. Sur un CDD de 6 mois, 7 jours de congés non pris. J’oublie les heures passées à bosser dans les transports en dehors de mon temps de travail et les emails pros tout le week end et à toute heure du jour et de la nuit. Je pense être dans la moyenne inférieure de ma catégorie professionnelle (cadres et professions intellectuelles).
Si mon estimation est exacte, cela veut dire qu’un salarié moyen de catégorie supérieure bosse 50h payées 35. Finalement, on dépasse toutes les espérances des patrons; pourquoi s’en plaignent-ils?

Djea Sgc
Vous avez tout à fait raison ! Expérience partagée par mon mari, cadre dans une PME ! Il n’a pas encore entamé ses congés de …l’année dernière !
Précision : il faut lire « les congés de cette année » .

Philippe Saturne
A titre personnel si on veut travailler plus cela peut se comprendre si on aime son travail.
Mais pour les autres ? Je veux dire une bonne majorité…le travail on le fait car il faut le faire en attendant de gagner à euromillion.
Avoir une vie plutôt détendue (= pas sous stress) cela change beaucoup de choses.
Ne serait-ce que pour la vie de famille. J’ai connu un père qui n’était jamais là car avant « c’était comme cela »…résultat j’ai grandi comme une herbe sauvage c’est à dire un peu n’importe comment. Et cela fait des dégâts.
A l’école et au lycée je n’en fichais pas une car j’étais « dans mon monde à moi donc je rêvais » par contre j’en ai payé le prix faut voir comment, en fait comme une bonne partie des « branleurs » on vit intérieurement très mal la chose mais on est si fier qu’on rit jaune quand on est jeune. Je fais régulièrement des rêves que je suis au lycée et que je ne comprends rien à rien.
J’ avais un ami et son père faisait le même travail que le mien sauf que tous les samedi il passait sa journée à aider son fils en math et autres. Un jour j’ai assisté à ce genre d’aide et j’écoutais ce qu’ils se disaient et je vous jure que j’ai été bouleversé par cela. Son père a un moment s’est retourné et a dit « Philippe..et toi tu veux que je t’aide ? « .
J’ai répondu non ça va merci..continuez ». Je suis rentré chez moi après et j’étais heureux et triste dans mon esprit.

Hercule Poiroteur
donc.. PACTISER avec Les Plus Forts (les fameux « responsables ») pour d’autant mieux CULPABILISER ainsi Les Plus Faibles au moins 35 heures (les si fameux « salariés » trop coupables d’être irresponsables, « eux »,).. oui voilà bien en effet un sacré bon partage en effet.. ce si joli gâteau surdopé de La Nouvelle Economie, n’est-ce pas?! oui vous savez? « celle » des Meilleurs Bienfaiteurs d’une Humanité désormais tellement Plus Forte sans Les Peuples devenus bizarrement trop faibles aujourd’hui.. les « éternels coupables » pourrait-on dire… somme toute les seuls légitimes à punir.. TOUJOURS!

Djea Sgc
Plus de 35 h alors qu’il n’y a pas de travail, que les seniors et les jeunes souffrent du chômage !!!
Ah ils savent gérer les solfériniens !!! Encore un exemple :
« François Hollande est sympa, il vient de me donner 49 017 euros ou plutôt il m’a permis de déduire cette coquette somme de mes impôts. Je ne comptais pas dessus. Mes affaires marchent très bien, merci. Je paye déjà mes salariés bien au-dessus de la moyenne de mon secteur. J’ai refait mes banquettes, mon chauffage…
Je ne fais pas d’export et ne compte pas en faire. Je paiera 591 153 euros d’impôts à titre personnel cette année. Bref, je n’en avais pas besoin, mais un petit billet de 50 000 c’est toujours bienvenu. Franchement merci, François  »
Hollande.http://rue89.nouvelobs.com/2014/07/05/cice-hollande-vient-faire-cadeau-50-000-euros-253467

Marco Nour
« Plus de 35 h alors qu’il n’y a pas de travail, que les seniors et les jeunes souffrent du chômage !!!
Ah ils savent gérer les solfériniens !!!  »
Juste remarque sauf que cela n’a strictement rien à voir avec les « solfériniens » Aucune réforme du temps de travail n’a été faite depuis 2012, sauf… la fin de la défiscalisation et de l’exonération des charges patronales sur les HS.
Cette mesure de Sarkozy encourageait les HS au détriment des :
– jeunes non embauchés
– intérimaires dont le contrat n’était plus prorogé.
– des seniors de +50 ans poussés vers la sortie.
La suppression de cette mesure a donc plutôt eu pour effet de faire moins d’heures supplémentaires.
Votre exemple suivant est de la pure intox.

Djea Sgc
De l’intox ? il s’agit d’un restaurateur parisien qui a fait un article sur Agoravox! Pourquoi la vérité vous dérange-t-elle ? Vous avez des infos concernant « l’intox » ?
Je viens de trouver la liste de ses restaurants à Paris, très facile à trouver !
Téléphonez-lui il vous dira si c’est bien lui qui a écrit l’article ! croyez-vous que cet homme aurait laisser un imposteur écrire n’importe quoi à son sujet ?
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« L’aide au patronat ne créera pas d’emplois »
LE MONDE | Benjamin Coriat (Professeur de sciences économiques à l’université Paris-XIII, cofondateur des Economistes atterrés)
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François Hollande, au Vieil-Armand (Haut-Rhin), le 3 août.
Alors qu’au sommet de l’Etat la crise fait rage, il est sans doute utile de revenir sur certains des fondements des oppositions qui se sont cristallisées ces derniers jours. Une question-clé qui traverse ces oppositions est celle de savoir si le pacte de responsabilité a une chance de réussir. Peut-on faire confiance aux patrons pour, en contrepartie des 41 milliards promis, relancer l’investissement et l’emploi ?

Si l’on se base sur les résultats d’une récente enquête sur la distribution des dividendes, la cause est entendue. L’évidence le clame : le « civisme » économique des patrons est pour le moins sujet à forte caution. Avec l’augmentation de 30,3 % sur un an des rémunérations distribuées aux actionnaires, la France est le pays qui, en Europe, a versé le plus de dividendes, et l’Europe a elle-même été la zone la plus prodigue de la planète.

Dans ce contexte, les exhortations lancées aux patrons par les ministres socialistes, à commencer par le premier d’entre eux, à « investir » pour relancer l’économie, alors que la courbe d’investissement reste plate et même négative (– 0,8 % au deuxième trimestre), ont quelque chose de pathétique…

L’EMPLOI ET L’INVESTISSEMENT, DES VARIABLES D’AJUSTEMENT

Tout laisse à penser que cette supplique ne changera rien. Les niveaux actuels de distribution de dividendes ne font que renouer avec des niveaux déjà connus par le passé. Dans les grandes entreprises, à commencer par celles du CAC 40, les patrons, leurs actionnaires, n’en sont pas à leur coup d’essai. Pour ce qui est des PME, bien moins florissantes, les exhortations gouvernementales n’auront pas plus d’effet. La part de la manne qui leur revient, souvent très faible, n’est pas à même de leur permettre d’investir.

Les raisons de cette situation sont multiples. La principale est que, dans une économie dominée par la finance, tout se passe comme si nous avions basculé dans une économie de « dividendes minimum garantis » où l’emploi et l’investissement jouent le rôle de variables d’ajustement. Au théorème Barre-Schmitt d’antan, « les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain qui sont les emplois d’après-demain », s’est substituée la nouvelle loi de la finance selon laquelle « les licenciements d’aujourd’hui sont les profits de demain et les dividendes d’après-demain ».

Quant aux banquiers supposés financer l’investissement, pourquoi ne participeraient-ils pas à la fête ? Lorsque les taux de rémunération du capital placé sur les marchés financiers atteignent les niveaux d’aujourd’hui, pourquoi prêteraient-ils aux entreprises qui ont besoin de liquidités ? Quel banquier choisira une rentabilité du capital de plusieurs points inférieure à celle que lui procurent ses placements financiers ?

« BON VOULOIR DES PATRONS »

Alors faut-il incriminer les patrons ? Oui, sans aucun doute. L’indécence dont ils font montre atteint aujourd’hui des sommets. Mais il faut aller au-delà. Et poser la vraie question : que faut-il penser d’une politique économique dont l’axe central repose sur des transferts unilatéraux de ressources aux entreprises, une politique qui en saignant le pays à coups de coupes budgétaires s’en remet, pour ce qui est de l’emploi, au « bon vouloir des patrons » ? Là est l’erreur majeure. Dans une économie financiarisée, il n’y a pas à attendre des patrons un autre rôle que celui pour lequel ils ont été placés à la tête des entreprises par les actionnaires : dégager des profits et les « rendre » sous la forme de dividendes.

Dans un tel contexte, la seule politique économique dotée d’une chance de succès est celle qui, au contraire de celle promue aujourd’hui, créerait les conditions d’une relance de l’investissement en articulant une politique de la demande et une politique de l’offre basée sur des investissements publics. Seule une telle politique est aujourd’hui à même de relancer l’emploi en offrant aux entreprises ces débouchés que des années d’austérité ont fortement réduits. Pour une majorité de patrons, le non-investissement s’explique d’abord par l’insuffisance de la demande. Les carnets de commandes sont désespérément vides. Et ce n’est pas un mieux de trésorerie qui se traduira par une reprise.

Précisons encore, car ce point n’est pas mineur, que la politique de relance de l’investissement public, que nous appelons de nos vœux pourvu qu’elle soit appliquée à la transition écologique, permettrait de surcroît de garantir l’avenir en faisant face à la fois à la crise économique et à la crise écologique.

Oui, il y a un cynisme insupportable des patrons qui, sans vergogne, se distribuent la valeur ajoutée, plutôt que d’investir. Mais il y a aussi une politique économique totalement aveugle aux réalités qui met notre avenir entre les mains de la finance.
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Commentaires

oiseau moqueur
Bien sûr, il faut donc augmenter encore les impôts et les cotisations sociales et ouvrir des ateliers nationaux; du même coup on résoudrait la question du chômage et celle des activités périscolaires.

Max Lombard
@Benjamin Coriat on sent dans vôtre propos que vous avez beaucoup travaillé dans les secteurs productifs de l’économie…

M. Fallet
Clair et lucide. Supposer que les patrons seraient porteurs de l’intérêt collectif est une hypothèse qui n’a jamais été démontrée. Elle l’est d’autant moins aujourd’hui que les profits qui est leur véritable objectif peuvent être accumulés autrement que par la voie de l’investissement productif.

JD
Ce qui est sûr c’est que mes impôts aident à payer ce professeur. Et ne lui en déplaise je suis entrepreneur et n’émarge pas au budget de l’Etat. Mais merci pour la leçon très théorique et sans incidence pratique. Idéologie quand tu nous tiens…

Eric Thuillier
Bon, on commence par supprimer la Bourse. Ensuite on fait supporter aux seuls patrons tout le poids de confortables Assedics afin que le patronat n’ait d’autre choix que d’embaucher plutôt que de payer des gens à ne rien faire… Car l’ennemi du système c’est l’employé du balayeur au directeur. C’est une purge stalinienne du capitalisme, le zéro et l’infini. Pour fonctionner notre économie a besoin de plus de consommateurs que de producteurs. Et la machine à tuer les emplois s’emballe…
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35 heures – Lionel Stoléru : faut-il laisser la main aux partenaires sociaux ?
Le Point –

L’ancien ministre est favorable à ce que les accords entre partenaires sociaux prennent le pas sur la loi. À condition de prévoir des garde-fous.
Négociations entre syndicats et patronat au siège du Medef à Paris le 28 janvier. Négociations entre syndicats et patronat au siège du Medef à Paris le 28 janvier. © Fred Dufour / AFP
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L’idée évoquée par Emmanuel Macron de ne pas appliquer la loi des 35 heures lorsqu’il y a accord d’entreprise reprend un thème que j’avais évoqué publiquement lorsque j’étais secrétaire d’État au Travail : celui de « lois biodégradables ». De quoi s’agit-il ? Il s’agit de légiférer sur un sujet d’intérêt général en stipulant que la loi ne s’applique qu’en l’absence d’accord contractuel. S’il y a accord, celui-ci prévaut sur la loi.

Idée révolutionnaire ? Certainement pas puisqu’elle s’applique, à la satisfaction générale, pour les contrats de mariage. Une loi existe, définissant un régime général de communauté réduite aux acquêts, mais, si cela ne convient pas aux mariés, ils peuvent signer un autre contrat devant notaire, qui remplace la loi. Cette idée n’est en somme que l’expression de l’adage selon lequel il ne faut pas faire le bonheur des gens malgré eux : qui, mieux que les intéressés, peut savoir ce qui leur convient ? Laissons-les donc faire eux-mêmes leur bonheur !

Mais, comme chacun sait, le diable est dans les détails, et la mise en pratique d’une telle idée demande une analyse un peu plus fine que l’exposé théorique.
Pour responsabiliser les syndicats…

Dans le domaine social, il faut avoir un peu d’expérience pour comprendre comment cela marche. Prenons un exemple (récent) parmi d’autres, celui du régime de formation professionnelle. L’État dit : cela ne marche pas, je demande aux partenaires sociaux de négocier un système plus satisfaisant. Les partenaires sociaux se réunissent, trouvent un accord, et le soumettent à l’État qui met un point d’honneur à ne pas changer une virgule et le transforme en loi. Le contrat est devenu une loi, c’est dans ce sens que le système fonctionne.

Ou, plus exactement, quand il fonctionne bien. Car, très souvent, les partenaires sociaux ne parviennent pas à un accord, ou, pire encore, ils pourraient y parvenir, mais ils préfèrent ne rien signer et « passer la balle à l’État » pour qu’il prenne la responsabilité de légiférer sans accord, ce qu’ils pourront alors critiquer à loisir. Ce petit jeu est bien connu.

Imaginons maintenant l’autre système. C’est l’État qui « tire le premier » en légiférant, mais il prévoit dans la loi que celle-ci ne s’appliquera pas dès lors qu’il y aura un accord différent entre les partenaires sociaux, que ce soit au niveau national, de branche ou d’entreprise. Le jeu change totalement ! Les partenaires sociaux ne peuvent plus critiquer la loi puisque, s’ils trouvent mieux, ils peuvent s’en exonérer : la balle passe chez eux. C’est ce que suggère Emmanuel Macron pour la loi sur les 35 heures, mais cela peut évidemment s’appliquer au travail du dimanche, aux intermittents, aux seuils sociaux, bref, à toute l’organisation sociale.

Bien, mais lorsque j’avais lancé cette idée, les partenaires sociaux avaient eu la même réaction qu’en ce moment, comme vient de le rappeler la CFDT, pour les 35 heures : « pas question ». Pourquoi ? Pas parce qu’on diminue leur rôle, puisque, au contraire, on leur donne un nouveau pouvoir essentiel : celui de remplacer la loi.
… et les mettre au pied du mûr !

Si un syndicat responsable comme la CFDT s’y oppose, c’est qu’il doit y avoir une vraie raison. Et il y en a une : l’absence de représentation syndicale digne de ce nom dans un très grand nombre d’entreprises. Dès lors, qui peut représenter les salariés pour signer un accord avec le patron ?

Je me suis toujours élevé contre les jérémiades antisyndicales d’une partie du patronat. Formé à l’école d’Antoine Riboud, j’ai toujours pensé au contraire que le dialogue sincère avec les syndicats est nécessaire et fructueux. Le drame de notre pays, comparé à l’Allemagne, est le très, très faible pourcentage de syndicalisation dans l’entreprise qui empêche de prévenir les conflits par le dialogue permanent et la négociation. Faut-il rappeler qu’un syndicaliste n’est pas nécessairement un anarchiste, mais plus généralement quelqu’un qui accepte de consacrer à autrui une partie de son temps ?

Et, évidemment, compte tenu de cette carence, la nature ayant horreur du vide, la tentation est grande d’organiser un « syndicat maison » avec qui le chef d’entreprise pourra s’exonérer des lois sociales grâce à un pseudo-accord d’entreprise.

À l’époque, je m’étais rendu à ces arguments, et je n’avais pas poussé plus loin ces propositions. Aujourd’hui, dans la crise profonde que nous traversons, je pense qu’il faut rouvrir ce dossier avec les syndicats. Une solution pourrait être, pour éviter le détournement d’un tel dispositif, d’exiger un double accord paritaire : au niveau de la branche, où la représentativité syndicale est réelle, et au niveau de l’entreprise. D’autres solutions existent sans doute : cela vaut la peine d’en discuter.

On parle beaucoup de la flexibilité : aurons-nous le courage de nous en donner les moyens ?
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Commentaires

cos69
Stop !
C’est le contraire qu’il faut faire. Ces grandes messes avec les syndicats ne mènent à rien depuis 50 ans, il n’en est jamais rien ressorti de bon. Il faut absolument dans ce pays casser le monopole syndical des communistes, redonner la liberté aux salariés de former de nouveaux syndicats. Il faut arrêter de subventionner les syndicats avec de l’argent public, ils doivent vivre de l’argent de leurs cotisants. Il faut aussi arrêter de payer les délégués syndicaux avec l’argent public.

charlin
Pourquoi pas ? ?
j’irais plus loin :
on supprime l’Assemblée Nationale, le Sénat, et on arme les syndicats : que le meilleur gagne…
. Si la paix sociale est à ce prix ?

curieux37
L’accord sur la formation professionnelle…
Est une illusion… Sans efficacité sur la formation… Et tout le monde semble content
la flexibilité ? Au maximum du négatif en ce moment, 85% des embauches se faisant sous régime CDD ou intérim
il faut lié flexibilité et formation afin de pouvoir simplifier le contrat de travail en CDI, faire que l’entreprise puisse licencier plus facilement, soit ceux qui ne répondent pas à ses besoins, soit dans les périodes de fortes « sous charges » mais avec comme corrolaire l’entrée en formation des dits licenciés pour maintenir leur employabilité, voire accompagné des réelles reconvertions
c’est l’unique solution pour que tout un chacun accepter de modifier le CDI, actuellement frein à l’embauche… Et favorisant de cet fait le « salarié » jetable, mal formé, pas impliqué dans l’entreprise et sans horizon personnel autre que les contrats à la semaine…
il faut impérativement que patronat et syndicats s’entendent sur ce points… Il est plus important que le détricotage de 35 heures…
j’ai la naiveté de penser que nombre de chômeurs prendront les jobs… À 39 heures si payés correctement et même avec un CDI moins protecteur pour le job en tant que tel, mais porteur d’avenir en accompagnement de l’individu en cas de rupture de contrat

René 88
Faible syndicalisation ?
Bien sur car on est face à des syndicats hyper politisés (à gauche). Il faut d’abord faire sauter le verrou des syndicats censés être représentatifs. Le paysage sera alors plus ouvert (et surtout plus démocratique), et le taux de syndicalisation pourra remonter.

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Schäuble salue l’action du gouvernement français devant le Medef
Reuters par Jean-Baptiste Vey

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Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble était en visite jeudi à Paris. Lors d’une intervention à l’université d’été du Medef, il a salué les réformes économiques menées par le gouvernement français et invité les chefs d’entreprise à les soutenir, tout en conseillant à la France d’améliorer le fonctionnement de son marché du travail. /Photo prise le 28 août 2014/REUTERS/Charles Platiau

Reuters/Reuters – Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble était en visite jeudi à Paris. Lors d’une intervention à l’université d’été du Medef, il a salué les réformes économiques menées …plus
JOUY-EN-JOSAS Yvelines (Reuters) – Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a salué jeudi les réformes économiques menées en France et invité les chefs d’entreprise à les soutenir, tout en conseillant à la France d’améliorer le fonctionnement de son marché du travail.

Devant des centaines de chefs d’entreprise réunis à l’université d’été du Medef, première organisation patronale française, il s’est dit certain que le cap du gouvernement français était le bon et que le pays en sortirait renforcé.

Il a balayé d’un revers de main ce qu’il considère comme des fausses solutions aux problèmes économiques en Europe: la manipulation du niveau de l’euro, une politique monétaire laxiste ou l’abandon des règles de sérieux budgétaire.

« Je n’ai aucun doute là-dessus: la France va suivre la bonne voie en matière de politique économique et budgétaire, elle en sortira plus forte », a-t-il déclaré en français.

Face aux « défis majeurs » auxquels la France est confrontée, « je salue et je soutiens le pacte de responsabilité du gouvernement français. Ce pacte va renforcer la France et ce pacte va donc renforcer l’Europe », a-t-il dit.

Aux côtés de son homologue français, Michel Sapin, il a jugé que « Michel est le garant d’une solide politique budgétaire ».

Les réformes structurelles « ne sont pas des obsessions comme certains ont pu le dire récemment », a-t-il dit, une allusion à peine voilée aux critiques envers l’Allemagne du ministre de l’Economie Arnaud Montebourg remplacé à ce poste mardi par Emmanuel Macron, mais une des clés de la reprise économique.

Prônant des réformes du marché du travail pour relancer l’économie française, il a invité la France à améliorer la façon dont elle mène le dialogue social.

PAS D’ALTERNATIVE AUX RÉFORMES

« Une culture du partenariat entre salariés et employeurs est nécessaire », a-t-il dit, en invitant le patronat à comprendre la difficulté des réformes pour le gouvernement: « c’est facile de demander des réformes structurelles, c’est difficile de le faire comme homme politique en responsabilités ».

« Je veux dire aux employeurs français que leurs homologues allemands ont toujours soutenu les réformes que nous avons conduites dans la dernière décennie, même quand elles n’allaient pas assez loin à leurs yeux. S’il vous plait, faites-en autant. »

Il n’y a selon lui pas d’alternative aux réformes.

« Nous ne devons pas considérer la politique monétaire comme substitut aux réformes », a-t-il dit, et « la manipulation des taux de change n’a encore jamais conduit à une croissance durable ».

De même, « le débat sur l’assouplissement du pacte (de stabilité européen NDLR) est extrêmement dangereux. Nous pourrions là gâcher la confiance dans la politique de réforme ».

Résistant aux demandes de l’aile gauche du Parti socialiste, l’exécutif français ne souhaite pas remettre en cause ces règles mais, probablement incapable de tenir son engagement de ramener le déficit public à 3% du PIB fin 2015, il demande qu’elles soient appliquées avec souplesse, en raison de la panne de croissance en zone euro et d’un niveau très bas d’inflation.

Le niveau de l’euro, qui a baissé ces dernières semaines pour s’établir jeudi à environ 1,318 dollar, est quant à lui toujours jugé trop élevé par les responsables français.

Au lendemain d’un appel de Manuel Valls à l’union entre le pouvoir politique de gauche et les entreprises pour sortir de la stagnation économique et du chômage, Michel Sapin a défendu l’agenda de réformes du gouvernement.

« Hier des déclarations d’amour vous ont été faites, il m’appartient aujourd’hui de vous donner quelques preuves d’amour », a-t-il dit.

Il a assuré que l’intégralité des baisses du coût du travail et des prélèvements sur les entreprises annoncées seraient mises en oeuvre, ainsi que les économies en dépenses publiques, et a promis d’empêcher à l’avenir les mesures fiscales rétroactives.

L’Etat prend ses responsabilités, « je vous fais confiance pour prendre les vôtres », a déclaré Michel Sapin.

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Commentaires

ybug •
attends Schäuble, te fais pas niquer par les belles paroles de Manuel qui n’a encore rien fait depuis qu’il estnommé
Du baratin, on te dis !

mocso •
………….MONSIEUR PETITS DRAPEAUX ….IL A PAS L’AIR KON.
…………..L’ARGENT EST LE POUVOIR SUPREME SUR TOUT . MEME SUR LA POLITIQUE. ET CA SE CONFIRME !…LES COMMUNARDS DE GAUCHE VONT ETRE CONTENTS. C’EST UNE POLITIQUE UMPS…DROITE/GAUCHE LES FRANCAIS N’EN VERRONT PAS LA…

Teophile •
En somme, le ministre allemand des finances juge en lieu et place des patrons Français. C’était bien la peine de #$%$ les fridolins dehors en 45.

patricia •
Les patrons allemands ne sont pas des voyous comme les nôtres !

brigitte •
Le peuple Allemand le déteste comme la peste le salopard !

DeGaule •
on s’en fout de l’opinion de ce mec; ici on est en France .

Isaac Ebole •
Quand l’élève (France) a besoin de la remarque bienveillante de maître (l’Allemagne), on peut être content. Mais est-ce suffisant? Le réalité est toute autre…

Gaby •
Le « vrai » Socialisme a connu son apogée en URSS. Laissez mourir cette doctrine bisounours néfaste. La réalité est qu’il y a 7 milliards de personnes sur cette Terre prêtes à tout pour survivre. Vos préoccupations égalitariste de répartitions des richesses, elles s’en tamponnent le coquillage.

marc •
Les allemands n’ont pas des syndicalistes comme les nôtres, et ça change tout, leurs syndicalistes sont des gens responsables qui pensent au pays pas à leur petite magouilles comme les nôtres.

brigitte •
c’est vrai… mais Schäuble est un voyou , salopard ! Il va se très bien entendre avec le nouveau Macron !

Paternoster •
Maquereau ….oui !

Music •
@ Marc
C’est vrai les Allemands pensent ….pas toujours bien…..mais ils savent obeir…. Heil

mat •
@Marc: dans ton message, tu peux remplacer  »syndicalistes » par  »patron », ca marche aussi.

Rob •
Montebourg, Hamon, Melenchon ce qu’ils voient c’est démagogique, continuer à arroser les politiques avec des salaires indemnités, continuer à embaucher et arroser les fonctionnaires une bonne partie à rien faire que regarder les autres travailler, continuer à donner toujours plus à ceux qui ne… Plus

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