Valls ovationné au Medef après sa déclaration d’amour à l’entreprise

Le Premier ministre Manuel Valls a reçu une « standing ovation » des patrons réunis mercredi pour l’université d’été du Medef, après avoir proclamé un amour de l’entreprise rarement exprimé avec autant d’enthousiasme par un dirigeant de la gauche.
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Le Premier ministre Manuel Valls applaudi par Pierre Gattaz à l’université d’été du Medef le 27 septembre 2014 à Jouy-en-Josas AFP

Ils étaient 3.600 applaudissant à tout rompre, debout sous un grand chapiteau dans le parc du campus de l’école de commerce HEC, à la fin d’un discours décomplexé.

Un discours présenté par Matignon comme « de mobilisation nationale », tenu à peine 24 heures après la formation d’un nouveau gouvernement. Un discours destiné à confirmer le cap d’une politique de l’offre, c’est-à-dire de soutien aux entreprises pour relever l’économie et créer des emplois.

Sa venue était symbolique: M. Valls n’est que le deuxième Premier ministre depuis la création du Medef en 1998 à se rendre à l’université d’été de la principale organisation patronale française.

Le chef du gouvernement a tout d’abord fustigé l’habitude française des relations conflictuelles: « Cessons d’opposer systématiquement ! D’opposer Etat et entreprises ! D’opposer chefs d’entreprise et salariés; organisations patronales et syndicats ! », a-t-il lancé, immédiatement interrompu par une première salve d’applaudissements.

Dans son discours, prononcé juste avant d’aller accueillir M. Valls, le président du Medef Pierre Gattaz avait tenu des propos similaires.

« Mesdames et Messieurs les chefs d’entreprise, Mmes et MM. les entrepreneurs, la France a besoin de vous. La France a besoin de ses entreprises. De toutes ses entreprises », a poursuivi M. Valls.

Il a rendu hommage à leur rôle dans la création de richesses, à la mobilisation de leurs salariés.

Mais aussi au fait qu' »elles risquent les capitaux de leurs actionnaires », sujet polémique au moment où l’Etat annonce des baisses de charges et attend en retour des créations d’emplois, tandis qu’à gauche des voix s’élèvent pour dénoncer des hausses de dividendes versés aux actionnaires.

« Et moi, j’aime l’entreprise, j’aime l’entreprise ! », a enfin clamé M. Valls.

Il a jugé « absurde de parler de cadeaux aux patrons », s’attirant bravos et applaudissements.

« Une mesure favorable à l’entreprise est une mesure favorable à tout le pays », a-t-il estimé ouvrant la voie à des discussions sur le travail du dimanche, une « simplification » du code du travail, la réforme des seuils sociaux qui imposent une série d’obligations aux entreprises au-delà de 10 puis de 50 salariés et freinent, selon le patronat, l’embauche.

« C’est un discours de lucidité, de pragmatisme, de clairvoyance beaucoup, de courage. Il a fait sauter des tabous aujourd’hui », s’est peu après félicité Pierre Gattaz sur BFM Business.

« Discours dont on avait besoin. Il y aura peut-être un avant et un après ce discours de M. Valls », a-t-il renchéri dans un tweet.

– ‘Trouver un équilibre’ –

M. Gattaz, qui avait réitéré ses critiques en matinée sur le pacte de responsabilité, auquel il apporte son soutien mais qu’il juge insuffisant et tardif, est revenu à la charge avant l’arrivée du chef du gouvernement.

Frôlant la provocation, il a même appelé à cesser de « raisonner en termes de donnant-donnant » — allusion aux contreparties attendues des entreprises en termes d’emploi– et à préférer « la confiance », recevant lui aussi son lot d’approbations bruyantes.

M. Valls, qui n’était pas présent mais avait de toute évidence étudié le discours du patron des patrons avant d’arriver, a relevé: « Pour réussir une négociation (…) il faut trouver un équilibre — je n’ose pas dire du donnant-donnant, si j’ai bien compris–« , a-t-il dit dans un léger sourire. « Un équilibre entre les engagements des uns et des autres », a-t-il précisé.

Ses propos ont vite suscité l’aigreur parmi les frondeurs du PS. Le député Laurent Baumel les a qualifiés de « copié-collé » des discours de Tony Blair, et a affirmé pouvoir « difficilement cacher (son) trouble ».

A la tête du Parti travailliste, puis comme chef du gouvernement britannique, Tony Blair avait réformé en profondeur l’idéologie de son parti, désormais surnommé le New Labour, le convertissant à l’économie de marché.

Le secrétaire général de Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly, a raillé la « standing ovation » reçue par Manuel Valls, estimant que le Premier ministre était « un bon communicant ». « Je n’applaudis pas », a commenté M. Mailly, dénonçant la politique économique d’un gouvernement qui donne l’impression, selon lui, d’être « dans les cordes ».

Le discours de Manuel Valls au Medef le jour de la publication d’un nouveau record du chômage témoigne d’une confusion des genres « scandaleuse », a de son côté dénoncé Thierry Lepaon, secrétaire général de la CGT.

Le Premier ministre « passe sous silence les 220 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises qui ne sont soumises à aucune évaluation, alors que tous les observateurs attentifs constatent que le versement du CICE (Crédit d’impôts compétitivité emploi, NDLR) n’a servi ni à l’investissement, ni à l’emploi », ajouté le syndicaliste.
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Au Medef, Valls prône l’union entre exécutif et entreprises
Reuters

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A l’université d’été du Medef, Manuel Valls a plaidé mercredi devant des centaines de chefs d’entreprise pour l’union entre le pouvoir politique de gauche et les entreprises, afin de sortir l’économie française de la stagnation et enrayer la hausse du chômage. /Photo prise le 27 août 2014/REUTERS/Benoît Tessier

JOUY-EN-JOSAS Yvelines (Reuters) – Manuel Valls a plaidé mercredi devant des centaines de chefs d’entreprise pour l’union entre le pouvoir politique de gauche et les entreprises, afin de sortir de la stagnation économique et du chômage, suscitant un enthousiasme teinté de prudence.

Le Premier ministre a souhaité que la posture idéologique selon laquelle la gauche serait l’ennemie de l’entreprise soit dépassée, au lendemain d’un remaniement ministériel qui a renforcé la ligne social-démocrate du gouvernement, avec la nomination d’Emmanuel Macron comme ministre de l’Economie à la place du contestataire Arnaud Montebourg.

« La France a besoin de vous », a dit Manuel Valls à l’université d’été du Medef. « J’aime l’entreprise », a-t-il ajouté, en confirmant son cap économique : « Le retour de la croissance passera d’abord par le soutien aux entreprises. »

Son discours lui a valu une ovation debout des chefs d’entreprise, qui craignaient que la promesse de baisser leurs prélèvements fasse les frais des fortes tensions que cette politique a créées dans les rangs du Parti socialiste.

« C’est le discours dont on avait besoin, nous, chefs d’entreprise: dire ‘oui, on a besoin de vous' », a déclaré le président du Medef, Pierre Gattaz.

« A la tête du gouvernement, il y a quelqu’un qui a compris comment ça fonctionnait », a-t-il ajouté, saluant le « courage » de Manuel Valls. « Il y a aura peut-être un avant et un après. Ça veut dire que l’entreprise n’est pas à gauche ou à droite. »

Manuel Valls a voulu marquer les esprits sur le terrain idéologique, jugeant que « notre pays crève de ces postures ».

« Il est d’usage d’opposer la gauche et le monde de l’entreprise. (…) mais notre pays a besoin de sortir des postures, des jeux de rôles auxquels nous sommes tellement habitués. »

« Cessons d’opposer systématiquement, d’opposer Etat et entreprises, chefs d’entreprise et salariés, organisations patronales et syndicats », a-t-il demandé. « Cherchons plutôt à coopérer. »

Un message en harmonie avec celui délivré par Emmanuel Macron en prenant ses fonctions à Bercy mercredi.

« ABSURDE DE PARLER DE CADEAUX AUX PATRONS »

Le nouveau ministre de l’Economie a assumé sa différence avec Arnaud Montebourg, disant sa volonté de restaurer la confiance des entreprises, des investisseurs et des Français en évitant les « oppositions stériles ».

« Il s’agit de se battre. Mais se battre, ça ne se fera pas contre une partie de notre camp, ça ne se fera pas contre une partie des Français, ça se fera avec toutes les énergies », a dit celui qui fut à l’Elysée le point de contact entre la présidence de la République et les entreprises.

Répliquant sans la désigner à la frange la plus à gauche du Parti socialiste, qui demande moins d’aides aux entreprises et plus pour les ménages, Manuel Valls a jugé qu' »il est absurde de parler de cadeaux faits aux patrons, ce langage n’a aucun sens ».

Pour Pierre Gattaz, entendre ce discours « nous a fait du bien parce que vous savez la situation du pays: 0% de croissance, un moteur économique à l’arrêt, des gens qui ont peur, qui sont dans l’attentisme ».

Après une stagnation de l’économie au premier semestre, synonyme de hausse du chômage et d’une réduction nettement plus faible que prévu des déficits publics, le climat des affaires s’est dégradé en août et les prévisions d’investissement dans l’industrie ont été abaissées.

Le PDG d’Alcatel-Lucent, Michel Combes, a salué « un discours de combat ». « On en avait besoin (…) mais il faut passer aux actes. »

Avant le discours de Manuel Valls, Pierre Gattaz, avait félicité le gouvernement d’avoir choisi le cap du relèvement de la compétitivité des entreprises, tout en jugeant que le pacte de responsabilité n’était qu’un début, un effort nécessaire mais pas suffisant.

« La compétitivité de nos entreprises doit être l’alpha et l’oméga de toute politique économique », a-t-il dit, en demandant au gouvernement d’accentuer les efforts en ce sens.

(Avec Maya Nikolaeva, édité par Yves Clarisse)
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Commentaires

Richard •
paroles paroles…..il ne s agit pas d’amadouer avec des mots à la hollande pour tirer dans les pattes après….et faudrait aussi s’occuper des pme et auto entrepreneurs (950 000 personnes)…le 1er employeur de france ce sont les artisans

Emile •
En somme l’union de l’idéologie socialiste et de l’argent. Pauvres gens de gauche vous n’avez pas fini d’avaler des couleuvres
et oui M Mélenchon l’avait dit le chef des socialistes est un idéologue très dur….surtout que son idéologie est désormais réduite à ses intérêts personnels …

TSINGTAO •
SCHOUPETTA !!!! MAMADEDIOS DE FACHO WAL SS

Sam •
« il est absurde de parler de cadeaux faits aux patrons, ce langage n’a aucun sens ».
Pour les petites et moyennes entreprises (l’essentiel des employeurs), je suis d’accord….

Olive •
 » les chefs d’entreprise de l’industrie ont baissé leur prévision d’investissement  » – Faut dire aussi qu’ils ont reversé 30 % de plus aux actionnaires (fainéants), pile poil au moment du 1er versement de l’aide dans le cadre du pacte de compétitivité….un hasard sans doute ? Français, travaillez,..

Johanna •
STOP A LA DESINFORMATION :
Alors je vais vous expliquer pourquoi la France est championne des dividendes :
Résultat net d’une entreprise taxé à 27 % sauf pour les multinationales qui elles ont le privilège de n’être taxé qu’à 7% !…

TopLa •
Adolf Valls!

Sylvaine •
Dans son nouveau gouvernement, la première rencontre de ce premier ministre « de gauche » est pour le MEDEF. Sans commentaire…

guy •
Aubry va en prendre pour son grade si on les détruit ses 35 heures…comme quoi, elle ne vaut pas grand chose. Et dire que la droite n’avait pas le droit de toucher aux 35 heures et était critiquée pour défendre la patronat.

Fernandez •
En fait Valls a adopté l’idéologie socialo/libérale selon laquelle, la modernité c’est de raser le code du travail et de laisser les niveaux de salaires au medef. C’est le programme de l UMP. C’est pas possible que les français acceptent ça.
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Emmanuel Macron prêt à autoriser « les entreprises à déroger » aux 35 heures

Le nouveau ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, s’est déclaré, dans une interview accordé au Point la veille de sa nomination et publiée jeudi, favorable au fait d’autoriser « les entreprises et les branches à déroger » aux 35 heures, en cas d’accords avec les organisations syndicales.

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Emmanuel Macron lors de la passation de pouvoirs le 27 août 2014 à Bercy AFP/Archives

« Nous pourrions autoriser, les entreprises et les branches, dans le cadre d’accords majoritaires, à déroger aux règles de temps de travail et de rémunération. C’est déjà possible pour les entreprises en difficulté. Pourquoi ne pas étendre à toutes les entreprises, à conditions qu’il y ait un accord majoritaire avec les salariés? », a déclaré M. Macron à l’hebdomadaire.

Selon le nouveau ministre de l’Economie, une telle mesure permettrait de « sortir de ce piège où l’accumulation des droits donnés aux travailleurs se transforme en autant de handicaps pour ceux qui ne travaillent pas », une idée qu’il juge cependant « difficile à expliquer et à porter, spécialement quand on est de gauche ».

« Là où être socialiste consistait à étendre les droits formels des travailleurs, la réalité nous invite à réfléchir aux droits réels de tous, y compris et surtout de ceux qui n’ont pas d’emplois », a ajouté Emmanuel Macron. « La clé de la relance, en France, est de libérer les énergies pour créer de l’activité », assure M. Macron, pour qui la France souffre « de deux problèmes spécifiques et endémiques: notre compétitivité, particulièrement dégradée, et notre déficit budgétaire ».

Interrogé sur la maîtrise des dépenses publiques, qu’il juge « indispensable », le ministre de l’Economie a estimé cependant qu’il « n’est pas nécessaire d’aller plus loin qu’une baisse de 50 milliards en trois ans, parce que cela poserait un problème d’exécution et alimenterait le risque déflationniste ».

« La difficulté supplémentaire sur ce sujet, c’est qu’il y a toujours un doute sur la parole de la France, qui n’a respecté ses engagements ni en 2003 ni en 2007. Il faut en tenir compte », a-t-il cependant précisé pour justifier la nécessité de faire ces économies.

Une réduction des dépenses nécessaire pour rééquilibrer le budget public car « on maîtrise les dépenses mais beaucoup moins les recettes et la croissance économique », à moins de jouer sur une fiscalité « qui a trop augmenté », selon Emmanuel Macron.

« Au moment où la zone euro était en danger extrême, il fallait augmenter les impôts. Simplement, cela a été fait alors que nos prédécesseurs avaient eux-même décidé plus de 30 milliards d’euros de hausses d’impôts en fin de mandat. Au total, entre 2010 et 2013, les impôts ont augmenté de plus de 60 milliards d’euros. L’exécutif n’avait pas beaucoup d’options en 2012 mais c’était trop », concède-t-il.

Ancien banquier d’affaires, Emmanuel Macron, 36 ans, a remplacé Arnaud Montebourg à la tête du ministère de l’Economie lors du remaniement mardi. Alors qu’il était conseiller économique du président François Hollande, il a contribué à élaborer le pacte de responsabilité, qui vise à redresser l’économie en s’appuyant sur les entreprises.
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La gouvernement Valls II sous le signe du social-libéralisme assumé

Le gouvernement Valls II a fait mercredi une rentrée tonitruante sous le signe d’un social-libéralisme revendiqué par un Premier ministre venu clamer devant le Medef son « amour » de l’entreprise, au moment où le nombre de chômeurs atteignait un nouveau record

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Vue générale du conseil des ministres du gouvernement Valls II, à l’Elysée le 27 août 2014 Pool/AFP

Jamais sans doute discours d’un Premier ministre socialiste n’aura été aussi doux aux oreilles du patronat réuni pour sa grand-messe annuelle à Jouy-en-Josas (Yvelines). « Cessons d’opposer État et entreprises », a-t-il imploré devant un parterre de chefs d’entreprise aux anges, quelques heures après le premier Conseil des ministres du nouveau gouvernement.

Il est « absurde de parler de cadeaux aux patrons » quand le gouvernement promet 40 milliards d’allègement du coût du travail, a renchéri le Premier ministre, car « il y a un problème de coût du travail dans notre pays ». Message reçu 5 sur 5 par les patrons qui lui ont réservé une standing ovation.

Un « copié-collé » des discours de Tony Blair, s’est étranglé le député PS « frondeur » Laurent Baumel, y voyant une rupture « idéologique » avec « tout ce que à quoi nous avons cru à gauche depuis des décennies ».

Auparavant, c’est François Hollande qui avait offert l’image de la journée à la foule des grands jours dans la cour d’honneur de l’Elysée: une poignée de main avec les deux maîtres de Bercy, le nouveau ministre de l’Economie et ancien banquier Emmanuel Macron et son collègue des Finances Michel Sapin. Le tandem était déjà arrivés bras dessus bras dessous au palais présidentiel.

– Ne plus ‘jouer individuel’ –

Le message est clair: il n’y a désormais qu’une ligne, social-libérale, la seule qui vaille aux yeux du Premier ministre, clairement revendiquée par l’exécutif après le limogeage du trublion Arnaud Montebourg et son remplacement par Emmanuel Macron.

Il y aura fort à faire pour redresser une situation désastreuse : le nombre de demandeurs d’emploi sans activité a augmenté pour le neuvième mois consécutif en juillet, atteignant un nouveau record de 3,424 millions

« Cohérence, cohésion, clarté : trois mots d’ordre pour ce premier Conseil des ministres », a tweeté le chef du gouvernement. Et le chef de l’État a enfoncé le clou, exhortant ses ministres à ne pas « jouer individuel ».

La mission du gouvernement sera de « répondre aux préoccupations des Français – emploi, logement, sécurité, services publics – mais aussi la réduction des déficits qui doit être compatible avec la croissance », a poursuivi François Hollande.

Un « cap », une « ligne », le pacte de responsabilité, et une « méthode », celle « de la cohérence, de la solidarité », le Conseil des ministres a été dûment chapitré par François Hollande. Plus de débats sur la place publique mais des décisions « rapides », il s’agit de restaurer « la confiance entre nous et les Français », la « clé » du succès, a-t-il insisté.

« Restaurer la confiance » : c’est aussi la mission que s’est assignée Emmanuel Macron -qualifié par Le Parisien de « Mozart social-libéral »- lors de sa passation des pouvoirs avec Arnaud Montebourg. M. Macron a promis au passage de parler « d’une voix unique » avec Michel Sapin.

La nomination de M. Macron a fait hurler les frondeurs PS : « provocation dérisoire » pour Laurent Baumel, « un financier à l’industrie », s’est indigné Jean-Marc Germain.

Quant à Najat Vallaud-Belkacem, 36 ans, devenue mardi « la » première ministre de l’Éducation nationale, elle est déjà une cible de choix de l’opposition.

L’ancienne ministre des Droits des femmes est rattrapée par la polémique sur un prétendu enseignement d’une « théorie du genre » à l’école, vigoureusement dénoncé par les opposants au mariage homosexuel de la « Manif pour tous », qui y voient la négation de la différence sexuelle.

En septembre ou octobre, le Premier ministre devra franchir pour sa part une nouvelle haie à l’Assemblée où il entend se soumettre à un vote de confiance alors que sa majorité était déjà fragilisée par quelques dizaines de députés socialistes « frondeurs ».

« La majorité, elle sera là, il ne peut pas en être autrement », a-t-il assuré mardi soir sur France 2.

Mais le chef du gouvernement, qui a promis d’annoncer vendredi des mesures pour relancer la construction de logements en pleine sinistrose, fait face aussi à opinion toujours plus impatiente devant l’absence de résultats.

Selon un sondage Ifop-Fiducial pour Sud-Radio près des deux tiers des Français (63%) se déclarent mécontents de la composition du gouvernement et la moitié d’entre eux (51%) sont insatisfaits de la reconduction de Manuel Valls.

D’après une autre étude, OpinionWay pour le Figaro, 54% des Français souhaitent que François Hollande dissolve l’Assemblée.
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Le taux d’épargne des ménages bat des records ! Getty Images

C’est un record depuis 2009 ! Selon la Banque de France, 15,9% des revenus des ménages français ont été placés sur des comptes épargne lors du premier semestre 2014. Malgré des taux d’intérêt historiquement bas les Français continuent de mettre de l’argent de côté.

La raison de cette épargne massive serait le pessimiste ambiant. La crise et le climat économique inquiètent les Français. Mettre son argent à l’abri est pour eux synonyme de protection. Certains anticipent aussi de nombreuses dépenses de fin d’année comme les impôts et les achats liés à la rentrée scolaire.

Ce taux d’épargne place la France au deuxième au rang européen des plus gros épargnants derrière l’Allemagne avec 16,2%. Ils sont suivis de la Belgique avec 14,9%.

Les Français veulent épargner mais aussi pouvoir disposer de leur argent en cas de besoin. Ils ne privilégient donc plus les placements sur le long terme. L’assurance-vie tire son épingle du jeu en raison de son attrait fiscal et de son risque limité avec 1.559 milliards d’euros placés en France. En revanche, les épargnants délaissent le livret A et son taux d’intérêt d’1% avec seulement 268 milliards d’euros. Mais la nouveauté réside là où ne l’attendait pas…. La hausse des encours sur les comptes courants qui eux ne rapportent presque rien. Les Français réduisent donc leur consommation pour prévoir des jours encore plus durs.

Derrière ce taux d’épargne élevé de 15,9% se cachent beaucoup de disparités parmi les Français. Ainsi 26% des ménages affichent un taux d’épargne négatif, c’est-à-dire qu’ils sont obligés de puiser dans leur épargne pour faire face à leurs dépenses de consommation, faute de revenus suffisants. A l’inverse 25% des ménages français épargnent le tiers de leurs revenus. Ces « super-épargnants » contribuent, d’ailleurs, à 72% de l’épargne nationale annuelle !

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