Arnaud Montebourg veut une autre politique économique
L’Expansion.com

Dans une interview au Monde, le ministre de l’Economie plaide pour un changement de cap: il qualifie la réduction forcée des déficits « d’aberration économique » et affirme qu’il est « urgent d’aider les ménages. » Mais n’envisage pas de quitter le gouvernement.

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Arnaud Montebourg assure que les choix politiques « ne sont pas figés » et se démarque un peu plus de la tête de l’exécutif. afp.com/Alain Jocard

A son poste de « combat », Arnaud Montebourg veut peser. Le ministre de l’Economie appelle ce samedi, dans une interview au Monde, à faire « évoluer des politiques qui méritent d’être changées ». Il plaide pour un changement de cap sur le plan économique et se démarque un peu plus de François Hollande et Manuel Valls qui, à l’inverse, se montrent inflexibles. Au même journal il y a trois jours à peine, le chef de l’Etat indiquait que « toute godille ou zizgag » rendrait illisible sa politique.

Dans le viseur d’Arnaud Montebourg d’abord, le rythme de la réduction des déficits. Lequel « est une aberration économique, une absurdité financière et un sinistre politique » car « aggrave le chômage », « empêche le rétablissement des comptes publics » et « jette les Européens dans les bras des partis extrémistes qui veulent détruire l’Europe. »

Il rappelle que l’excès d’austérité en Europe a été concédé par les institutions financières, dont le FMI et cite l’économiste Paul Krugman pour défendre sa thèse. « La nouvelle de la production industrielle en panne fait craindre une nouvelle entrée en récession en Europe, la première raison, c’est l’austérité. »
« Urgent d’aider les ménages »

Selon Arnaud Montebourg, la réduction « dogmatique » des déficits doit passer après la sortie de crise. Il propose pour cela, comme il l’a déjà fait, « la règle des trois tiers ». Autrement dit, les 50 milliards d’économies à réaliser sur trois ans doivent se découper en trois tranches: une partie à réduire le déficit, une partie à soutenir l’investissement des entreprises et une partie à soutenir la consommation des ménages pour « stimuler leur pouvoir d’achat et la croissance ». « Il est urgent d’aider les ménages », insiste-t-il.

Arnaud Montebourg conçoit que sa démarche n’est pas entièrement partagée par le gouvernement. A la question envisagez-vous de partir de l’exécutif, comme il l’avait déjà menacé une fois sous Jean-Marc Ayrault, il répond: « Je ne me situe pas dans cette hypothèse. Mon travail, depuis deux ans, est inlassablement de convaincre… Je n’y parviens pas toujours. »
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Commentaires

nullepartailleurs –
@sandor : Entièrement d’accord avec votre analyse. Je reprends ici les propos de Jean-Pierre Chevènement « Un ministre ça démissionne ou ça ferme sa gueule ». Mais Monsieur Montebourg n’en aura jamais le courage, il préfère zigzaguer de gauche à droite, dézinguer à tout va, parler à tort et à travers dans les médias et surtout conserver sa place. Le voilà maintenant convaincu d’une politique économique qui n’est plus celle prônée par l’équipe à laquelle il appartient et qui serait une aberration. Soit, mais alors le concernant ce n’est plus un changement de cap c’est retourner sa veste. Pendant encore combien de temps devrons-nous accepter que les membres de l’équipe au pouvoir se désolidarisent de leur chef sans avoir le courage de démissionner ? Il va quand même falloir faire du ménage dans tout cela. François Hollande a été élu pour 5 ans, si nous devons supporter encore 2ans1/2 une équipe aussi divisée, nous allons à la catastrophe : plus personne ne tient la barre dans cette galère !

kawasa13 –
A Montebourg est le seul a suivre sa ligne de conduite, c’est le gouvernement qui déconne, pas Montebourg

artisanne –
Quelle arrogance et quel cynisme ! Qui a défini, fixé et imposé les critères de désendettement ? LA FRANCE, critères confirmés et ratifiés par Hollande lui même , et qui les a imposés à tous les pays d’Europe ? Bruxelles a bon dos mais peu sont dupes ne déplaise à ce gouvernement de toutes les manipulations.

Monick –
@Macedoine : Même que…. si mes souvenirs sont exacts….. il n’y avait pas de crise en 2012… si ce n’était que « N.Sarkozy » dont il fallait se débarrasser…. c’est donc chose faite depuis plusieurs mois…. Est-ce que la crise dont il parle, Monsieur Montebourg…. ne s’appellerait pas F.Hollande !

yoyog66 –
Fatiguée des visions à court terme ! aucune réforme n’a de conséquences positives ou négatives immédiates, nous payons l’effet retard d’une politique engagée par les précédents quinquennats dont les acteurs ne se lassent pas de critiquer tout ce qui est entrepris sans jamais se remettre en cause. et la demande systématique de démissions n’est là que pour éluder , voire camoufler les incompétences , pour ne pas dire les malversations antécédentes ! Quant à Monsieur Montebourg , je trouve plutôt réconfortant l’officialisation de ses prises de positions : nous sommes une démocratie et chacun , surtout à l’exécutif peut exprimer ses désaccords,.Si il n’y avait pas désaccord il n’y aurait pas réflexion, donc pas de « fruits »à espérer. Fatiguée aussi des twitts moqueurs, des critiques stériles , de médias tirés vers le bas par la presse people, au détriment de l’analyse objective et au mépris de l’intelligence du citoyen.

lepokus –
cajeot OUI ,J’ai vu avant hier un grand nuage plus BLANC que les autres!! avec elle dessus ,je n’en croyais pas mes yeux ——-Mère Denis lave toujours plus blanc!! ———-la grisaille faisait tache autour ! et elle me disait « je crois avoir entendu  » c’est bien vrai ça !! j’en avais les larmes aux yeux!!!

lavardin –
Il veut jouer au Père Noël en bon démagogue désireux de se rendre populaire. Alors qui paye? Et qui rendra confiance à ce pays? La dette augmentera encore plus vite. Ce pays est foutu. Tant mieux,

rapidos66 –
****Monsieur Montebourg-Ministre de l’Economie..(si je ne me trompe)..et faisant partie du gouvernement Valls..ne va pas tarder à déclarer que François Hollande…est une aberration à la tête du pays…

moisau94 –
A un moment donné il faudra que notre président prenne les décisions qui s’imposent pour remettre le gouvernement sur les rail et virer les contestataires.

marcas –
Curieuse cette « unité » gouvernementale, Arnaud Montebourg est le ministre de l’économie et pas un sous-secrétaire d’état méconnu? Le laxisme budgétaire n’a jamais sorti un pays de l’ornière, exemples la Grèce et l’Espagne, par contre la rigueur paie à long terme, mêmes exemples, ces pays commencent à découvrir une petite lueur d’espoir, même si la route sera encore très longue. On en reparle dans quelques années
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Austérité: Montebourg appelle à « hausser le ton » face à l’Allemagne

Le ministre français de l’Economie Arnaud Montebourg a estimé samedi qu’il faut « hausser le ton » vis-à-vis de l’Allemagne « prise au piège de la politique austéritaire », dans un contexte où la France ne peut « plus (se) laisser faire ».
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Arnaud Montebourg à la sortie du Conseil des ministres le 20 août 2014 à l’Elysée à Paris AFP/Archives

« Il faut hausser le ton. L’Allemagne est prise au piège de la politique austéritaire qu’elle a imposée à toute l’Europe. Quand je dis l’Allemagne, je veux parler de la droite allemande qui soutient Angela Merkel. La France n’a pas vocation à s’aligner sur les axiomes idéologiques de la droite allemande. Je ne peux que remercier Sigmar Gabriel, mon homologue socialiste à l’économie, qui pousse dans le même sens que nous », a déclaré M. Montebourg dans une interview au journal Le Monde.

« Mais nous ne pouvons plus nous laisser faire », a insisté le ministre.

Ces déclarations interviennent après la fin de non recevoir infligée par Berlin à l’appel de François Hollande à une politique allemande plus favorable à la croissance.

« Les déclarations très générales en provenance de Paris ne fournissent aucune raison pour de quelconques corrections dans la politique économique », avait indiqué le 6 août le gouvernement allemand, après des propos du chef de l’Etat français attendant de l’Allemagne « un soutien plus ferme à la croissance ».

La volonté de confrontation avec l’Allemagne de M. Montebourg prend le contrepied de celle d’apaisement affichée par M. Hollande après cet épisode, ce dernier ayant déclaré mercredi ne pas vouloir de « face à face » avec Berlin.

Outre l’attitude du gouvernement allemand, M. Montebourg stigmatise également l’Allemagne, sans la citer, pour son rôle à la BCE dans la détermination de la politique monétaire en zone euro.

Selon lui, « aujourd’hui, malheureusement, les faucons de l’inflation qui combattent l’inflation quand elle disparaît en oubliant de combattre l’essentiel, le chômage de masse, sont surreprésentés à la Banque centrale européenne », a déclaré M. Montebourg.

Aux premiers rangs de ces « faucons » figurent les Allemands qui estiment traditionnellement que le rôle de la BCE doit se limiter à limiter l’inflation, et qui son opposés à l’idée qu’elle puisse racheter des obligations d’Etat, ce qui reviendrait à financer presque directement les pays.

Arnaud Montebourg l’assure: « la BCE doit changer de braquet et se mettre à faire ce que font toutes les banques centrales du monde, notamment des pays qui ont su faire repartir la croissance, à savoir racheter de la dette publique », a-t-il exigé.

« Nous avons deux problèmes: la politique budgétaire européenne, avec l’accumulation des plans d’austérité dans tous les pays de l’Union, et la politique monétaire, excessivement verrouillée. Les leçons des années 1930 devraient nous faire comprendre que c’est le chômage qui provoque un durcissement et une montée de la violence dans les sociétés européennes », a-t-il résumé.

Concernant la politique budgétaire française, M. Montebourg, qui joue sur l’aile gauche du dispositif gouvernemental, a estimé que « la mi-temps (M. Hollande est à mi-mandat) est toujours le moment de la revue tactique et stratégique ».

« Je défends la règle des +trois tiers+ » concernant la répartition de l’effort de 50 milliards d’euros d’économies voulu par le gouvernement. « J’ai adressé une proposition en ce sens au Premier ministre et au président de la République. Un premier tiers de ces économies doit servir à réduire le déficit (…) Un deuxième tiers est déjà affecté au soutien des entreprises (…) Enfin, le dernier tiers doit être consacré aux ménages pour stimuler leur pouvoir d’achat et la croissance. Il serait d’ailleurs très bon que tous les pays européens fassent de même ».

« Pour l’instant, je fais des propositions. Je souhaite qu’au sein du gouvernement et de la majorité nous puissions les faire progresser », a-t-il ajouté.

Arnaud Montebourg célèbre dimanche sa traditionnelle Fête de la Rose à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), au côté du ministre de l’Education nationale Benoît Hamon en invité vedette.
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Arnaud Montebourg fustige la réduction « dogmatique » des déficits

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L’exécutif français dit vouloir « maintenir le cap » de sa politique économique et annoncera des mesures la semaine prochaine, mais Arnaud Montebourg, le ministre de l’Economie, appelle à faire passer au second plan la réduction « dogmatique » des déficits et estime que les choix ne sont pas figés. /Photo prise le 20 juin 2014/REUTERS/Benoit Tessier

Reuters/Reuters – L’exécutif français dit vouloir « maintenir le cap » de sa politique économique et annoncera des mesures la semaine prochaine, mais Arnaud Montebourg, le ministre de l’Economie, …plus

PARIS (Reuters) – L’exécutif français dit vouloir « maintenir le cap » de sa politique économique et doit annoncer des mesures la semaine prochaine, mais Arnaud Montebourg, le ministre de l’Economie, appelle samedi dans Le Monde à faire passer au second plan la réduction « dogmatique » des déficits et estime que les choix ne sont pas « figés ».

François Hollande a confirmé mercredi son choix d’une politique de l’offre conforme aux recommandations internationales et annoncé un prochain geste fiscal en faveur des contribuables les plus modestes.

Pour Arnaud Montebourg, « il faut donner la priorité à la sortie de crise et faire passer au second plan la réduction dogmatique des déficits, qui nous conduit à l’austérité et à la montée continue du chômage ».

« On a aidé les entreprises, il est urgent d’aider les ménages », ajoute-t-il dans l’entretien publié par Le Monde. « Nous pourrions par exemple imaginer d’intensifier les baisses d’impôts concernant les classes moyennes et les classes populaires. »

« Les choix politiques ne sont pas figés », conclut Arnaud Montebourg. « Il y a toujours une alternative. »

A La Réunion, le président de la République a promis des annonces « dès la semaine prochaine » dans quatre domaines : le logement, la concurrence et les professions réglementées, la simplification et l’investissement. Mais ces mesures doivent permettre de « maintenir le cap » des réformes tout en « forçant l’allure », selon François Hollande.

« Si je pensais que ma politique n’allait pas porter ses fruits, j’en aurais changé », a ainsi déclaré le chef de l’Etat jeudi soir lors d’une rencontre avec des journalistes à Saint-Denis-de-la-Réunion. « Nous allons continuer de réduire les déficits mais au rythme qui nous paraîtra compatible avec la croissance. »

À la veille de sa traditionnelle Fête de la rose à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), Arnaud Montebourg, qui dit s’employer à être « le porte-parole de ceux, si nombreux, qui appellent à faire évoluer nos choix politiques dans la zone euro », semble se démarquer de cette ligne, critiquée par la gauche du Parti socialiste où les rangs des frondeurs ne cessent de grossir.

« POSTE DE COMBAT »

« Aujourd’hui, la réduction à marche forcée des déficits est une aberration économique car elle aggrave le chômage, une absurdité financière car elle rend impossible le rétablissement des comptes publics, et un sinistre politique car elle jette les Européens dans les bras des partis extrémistes qui veulent détruire l’Europe », dit-il dans Le Monde.

Le ministre de l’Economie assure toutefois ne pas se situer dans l’hypothèse d’une démission. « Je suis à mon poste de combat pour faire évoluer des politiques qui méritent d’être changées », assure-t-il.

Sur les 50 milliards d’euros d’économies prévus en trois ans, Arnaud Montebourg dit défendre la règle des « trois tiers » : un tiers pour réduire le déficit, un autre pour le soutien des entreprises et un dernier consacré aux ménages.

« Pour l’instant, le débat est ouvert, puisque la loi budgétaire sera présentée en septembre », estime-t-il.

Le ministre appelle par ailleurs à « hausser le ton » avec l’Allemagne qui est d’après lui « prise au piège de la politique austéritaire qu’elle a imposée à toute l’Europe. »

« Si nous devions nous aligner sur l’orthodoxie la plus extrémiste de la droite allemande, cela voudrait dire que le vote des Français n’a aucune légitimité et que les alternances ne comptent plus », juge-t-il.

Il ajoute que la Banque centrale européenne (BCE) doit « changer de braquet et se mettre à faire ce que font toutes les banques centrales du monde, notamment des pays qui ont sur faire repartir la croissance, à savoir racheter de la dette publique ».

Après deux trimestres de croissance nulle, le gouvernement français a divisé par deux sa prévision de hausse du PIB cette année, à environ 0,5%, et juge que rien ne permet de prévoir pour 2015 une croissance très supérieure à 1%.

Un rythme insuffisant pour faire retomber le taux de chômage, qui augmente de mois en mois, jusqu’à toucher plus de cinq millions de Français, et pour tenir les objectifs de réduction du déficit public.

Lors des universités d’été du PS de La Rochelle, du 28 au 31 août, les voix discordantes devraient encore une fois réclamer une inflexion de la politique de l’offre appliquée depuis deux ans.

(Chine Labbé, avec Elizabeth Pineau à Paris et Bernard Grollier à La Réunion, édité par Marc Angrand)
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Commentaires

Marcel
Le made in France devrait la fermer. Ce sont des incapables, avec l’arrivée massive des chrétiens d’Irak qui va payer la note. Ben mon neveu, les français, enfin ce qui travaillent encore. Le gouffre sans fin continu. Ils sont incapables de se remettent en question. Tous dans la rue pour dénoncer…

CHRISTOPHE
Il suffit de renvoyer les Musulmans intégriste chez eux, et nous pourrons recevoir tous les Chrétiens d’Irak

petit
c’est foutu, on ne vendra pas de marinières aux allemands ….

SOMCHAY
Tiens, revoila le guignolo de service qui se fâche, s’il y a un cirque qui cherche un clown en ce moment, embauchez le, il fera très bien l’affaire, à moins que vous ne préfériez hollande ?

tagnon
31000 fonctionnaires en plus depuis le retour du PS
2 milliards d’euros à flosse pour Tahiti
des depenses titanesques dans des interventions militaires inutiles…

Max
montambour c’est le paon du gouvernement qui fait la roue. On a aidé les entreprises, la bonne blague ! avec un pacte de responsabilité annoncé il y a plus de 7 mois et qui n’a pas vu le début d’un commencement. Et ce mirliton avec sa licence de droit est ministre de l’Economie. Quand on pense…

Siergiej M
Que les banksters payent la crise.-C’est leur oeuvre. -Malheureusement nous ne sommes pas ni les Suisses , ni les Hongrois , ni les Islandais – nous sommes le peuple soumis croyant de vivre en democratie.

Rickye
C’est un discours purement démago. Le remboursement de la dette est une priorité sous peine d’avoir des retraites en chute libre si ce n’est pas déjà le cas. Pour une réduction de la dette, il est nécessaire de réduit le coût d’un état qui vit à écrit sur le dos des Français. Actuellement il existe…

Martin • il y a 24 minutes Signaler un abus
C’est ça, continuez de nous faire couler pendant que l’Allemagne, elle, se maintient en bonne position…

Souriceau •
les derniers de la classe taclent les premiers………..mdr

JaCK
Le maintien dogmatique de Montebourg au gouvernement est une erreur.
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Arnaud Montebourg plaide pour un changement de cap économique du gouvernement
Le Monde.fr

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Arnaud Montebourg, ministre de l’économie, le 22 août, dans son bureau du ministère des finances
Dans un entretien au Monde, Arnaud Montebourg, appelle à « faire évoluer nos choix politiques ». « Nous devons apporter des solutions alternatives », défend le ministre de l’économie, qui, s’appuyant sur le diagnostic émis par de nombreux experts, met en garde contre la récession qui menace l’Europe. « Il faut donner la priorité à la sortie de crise et faire passer au second plan la réduction dogmatique des déficits, qui nous conduit à l’austérité et au chômage », alerte-t-il.

Lire l’intégralité de l’entretien (édition abonnés) : « Les choix politiques ne sont pas figés »

Quand François Hollande a déclaré, dans son récent entretien au Monde, que ce rythme devait être « adapté », M. Montebourg, qui célébrera dimanche 24 août sa traditionnelle fête de la Rose, à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), avec son collègue ministre de l’éducation, Benoît Hamon, en invité vedette, juge que « le pas que le président de la République a fait est utile ». Mais visiblement insuffisant à ses yeux.

« Il faut maintenant en tirer les conséquences en termes budgétaires, insiste-t-il. »Aujourd’hui, la réduction à marche forcée des déficits est une aberration économique, car elle aggrave le chômage, une absurdité financière, car elle rend impossible le rétablissement des comptes publics, et un sinistre politique, car elle jette les Européens dans les bras des partis extrémistes. »

« HAUSSER LE TON »

Pour le ministre de l’économie, les problèmes politiques au niveau européen sont de deux ordres : budgétaire, « avec l’accumulation des plans d’austérité dans l’Union », et monétaire. « La BCE doit changer de braquet et se mettre à faire ce que font toutes les banques centrales du monde, notamment des pays qui ont sur faire repartir la croissance, à savoir racheter de la dette publique », défend-il.

Face à l’intransigeance de la chancelière allemande, M. Montebourg appelle à « hausser le ton ». « Nous ne pouvons plus nous laisser faire, s’insurge-t-il. Si nous devions nous aligner sur l’orthodoxie la plus extrémiste de la droite allemande, cela (…) signifierait que, même quand les Français votent pour la gauche française, en vérité ils voteraient pour l’application du programme de la droite allemande. »

M. Montebourg continue d’espérer pouvoir peser de l’intérieur et estime que le débat progresse, dans la majorité et au gouvernement. Il assure ne pas se situer dans l’hypothèse d’une démission. « Je suis à mon poste de combat pour faire évoluer des politiques qui méritent d’être changées », assène-t-il, ponctuant son propos d’une ultime mis en garde : « La société est exaspérée. Il faut l’écouter, l’entendre et répondre à ses demandes. Il est temps de réagir. »
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Commentaires

Jk°
Arnaud Montebourg s’agite de façon étrange et sur des sujets divers et variés comme les revenus de certains privilégiés.. Mais ce n’est pas de l’économie et c’est de la mauvaise politique. Quelques soient les choix politiques ce n’est pas de l’agitation qu’il faut mais de la continuité dans la pensée et de la pédagogie. Et à part faire fi de la dette et dépenser plus je n’ai vu aucune pensée dans son projet. Il ferait mieux de resserrer les liens avec la gauche allemande!

oiseau moqueur 2
J’adore « la réduction des déficits empêche le rétablissement des finances publiques » , jadis on soignait avec des saignées …

échec
Si on résume, il faut dépenser de l’argent que nous n’avons pas. Faut-il rappeler que ça fait 30 ans que ça dure? Sarko avait misé sur un « plan de relance » en aggravant encore les déficits. Résultats: c’est un échec .. ….et Montebourg veut faire la même chose quelques années plus tard.

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Le plus grand poste de dépense de l’état est le paiement des intérêts de la dette, plus que le budget de l’éducation nationale, et c’est celui-là qu’il faut diminuer en priorité. Et vite, avant que les taux augmentent.

Joe Paris
Comme d’habitude Montebourg a raison (et ce n’est pas ironique) La FED continue à injecter de l’argent dans l’èconomie. En Europe, on prone l’austérité, et la précarité à tout va pour relancer la machine économique : c’est aberrant ! Tout le monde sait que ces dettes ne seront jamais remboursées, mais qui aura le courage de le dire ?
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Crise: comment font les pays qui s’en sortent?
Par Benjamin Masse-Stamberger

Déficits publics, croissance, déflation… La situation économique de la France – et plus généralement de la zone euro – alimente débats et polémiques. Quelles sont les solutions de pays comme la Grande-Bretagne ou les Etats-Unis ?

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Les services financiers (ici, la City de Londres) soutiennent la croissance britannique. REUTERS/Toby Melville

La croissance de la zone euro dans son ensemble promet d’être nettement inférieure à celle d’autres pays développés, en particulier les Etats-Unis (1,7% prévu par le FMI) et le Royaume-Uni (3,5%). Après la crise, le premier a mené une politique de relance, puis de réindustrialisation volontariste, grâce à une baisse du coût du travail et de l’énergie, aidé en cela par le recours massif aux hydrocarbures de schiste. Pour autant, la reprise demeure fragile, entamée par le ralentis sement de la productivité et le déclin de la population active.

La fragilité de la classe moyenne, dont une partie est menacée de paupérisation, pèse également sur la consommation, et donc sur la croissance. Outre-Manche, l’économie a également rebondi, après une cure d’austérité draconienne. Le pays, dont la croissance repose principalement sur les services – en particulier financiers -, a ainsi vu son chômage baisser à moins de 7% de la population active, tandis que le déficit public était ramené de plus de 10% au coeur de la crise à moins de 6% en 2013.

En plus de leur pragmatisme et de la flexibilité de leur économie, les deux pays ont eu massivement recours, depuis 2008, à des politiques monétaires dites « non conventionnelles » – leurs banques centrales ont fait « tourner la planche à billets » -, ce qui a permis d’amortir le choc de la crise et d’éviter que réformes de structure et mesures d’austérité ne les conduisent dans le piège de la déflation. Ce même piège qui menace aujourd’hui la zone euro.
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Commentaires

Monick –
Il y a un dicton qui nous donne la réponse a la question :  » Votez socialiste, ils sèment des fonctionnaires, vous récoltez des impôts… » c’est en France plus vrai que jamais…. il semble qu’il y ait encore de l’embauche de fonctionnaires… donc …… à suivre sur nos feuilles d’automne !

le-grand-jacques –
« Comment font les pays qui s en sortent? » Ils n élisent pas hollande

lavardin –
Les Anglais ont supprimé 800 000 emplois de fonctionnaires donc ils ont moins de chômeurs. La France choisit depuis 1981 de faire des fonctionnaires bon votants socialistes pour développer le chômage qui fabrique des électeurs FN. Diablement efficace mais complètement immoral.

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