10 économistes jugent François Hollande
Le Nouvel Observateur

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Bernard Maris, Jean-Paul Fitoussi, Liêm Hoang-Ngoc, Philippe Aghion, Pascal Lamy, Thomas Piketty… Hollande a-t-il tout faux ?
Dix économistes jugent la politique économique de François Hollande. Jean-Luc Mounier – Le Nouvel Observateur

Bernard Maris :
Il faut un vrai débat sur l’euro »

Membre du conseil de la Banque de France et de la Fondation Nicolas-Hulot, l’économiste en est convaincu : on ne retrouvera pas le chemin de la croissance, après la crise de la zone euro, en remboursant la dette et en baissant le coût du travail. Selon lui, un débat doit s’ouvrir au sujet de la monnaie unique. Et même si l’Allemagne ne laisse pas de marges de manoeuvre à François Hollande, le président devrait « essayer de peser plus ».

Dominique Méda :
La finance est une déception, le chômage aussi »

Faut-il toujours consommer plus pour être heureux ? L’auteur de « la Mystique de la croissance » aurait voulu que la crise de 2008 et la stagnation de l’économie soient l’occasion de repenser le modèle économique de la France pour accélérer la transition énergétique. Engagée auprès de Pierre Larrouturou dans le parti Nouvelle Donne, la sociologue exhorte aussi le gouvernement à réfléchir au partage du travail.

Liêm Hoang-Ngoc :
Le socialisme de l’offre est une impasse »

Député européen sortant (non reconduit par le PS), il ne décolère pas contre le tournant pris par les socialistes depuis un an. Il reproche à François Hollande d’avoir gâché le délai de deux ans que lui ont accordé les Européens pour réduire les déficits en offrant 1,5 point de PIB aux entreprises pour qu’elles restaurent leurs profits, sans vraies contreparties. Selon le fondateur des « socialistes affligés », il aurait fallu redistribuer une partie de cette somme, ou l’affecter à la transition énergétique.

Agnès Benassy-Quéré :
Plus on fait une politique de l’offre, plus il faut faire une politique de la demande »

Présidente du Conseil d’Analyse économique rattaché au Premier ministre, l’économiste estime qu’il faut aujourd’hui davantage de réformes : il ne faut pas seulement réformer la formation professionnelle, mais aussi la production et les accords de cette formation. Il faut aussi continuer à réformer le marché du travail : « Il ne faut pas un mais encore deux ou trois accords nationaux interprofessionnels. »

Jean-Paul Fitoussi :
Il faut chercher la compétitivité dans la hausse de la productivité plutôt que dans la baisse des salaires »

C’est à Jean-Paul Fitoussi, le plus keynésiendes économistes français, qu’Arnaud Montebourg a demandé de présider son nouveau Conseil indépendant pour la Croissance et le Plein-Emploi. Ce groupe de cinq experts – dont le Nobel américain Joseph Stiglitz, l’Allemand Peter Bofinger et l’Italien Enrico Giovannini – doit ouvrir un débat européen et national sur « les choix monétaires, budgétaires, financiers ». Pour Fitoussi, « les politiques européennes conduites dans l’optique de réduire les dettes ont échoué dans leur objectif ».

Philippe Aghion :
Il ne suffit pas d’ébaucher des réformes : il faut les poursuivre jusqu’au bout ».

Membre du groupe de La Rotonde qui conseillait le candidat Hollande, ce prof à Harvard, tout juste coopté au Collège de France, a toujours plaidé en faveur d’une politique de l’offre. Objectif : faire de la France un champion de l’innovation, avec une administration allégée. Peu écouté jusqu’au tournant du début de l’année, il a écrit avec Gilbert Cette et Elie Cohen « Changer de modèle » (Odile Jacob), pour encourager le président à accélérer ses réformes.

Pascal Lamy :
Il faut davantage d’énergie politique »

Pour l’ancien commissaire européen et ex-directeur général de l’OMC, prêt à reprendre du service à Bruxelles, « la réduction des défi cits est une condition de la croissance », car il faut contenir la dette, sous peine de voir les taux d’intérêt remonter. Il note que la réduction des déficits en Europe est semblable à celle effectuée par les Etats-Unis. Il plaide pour une vraie réforme de l’Etat, qui ne se contente pas du gel du point d’indice des fonctionnaires. Il n’a pas peur de dire qu’il vaut mieux un petit boulot ou un boulot le dimanche que pas de boulot du tout.

Denis Ferrand :
A chaque demande de report sur le respect des 3% de déficit public, notre crédibilité baisse »

Le directeur de COE-Rexecode, centre d’observation de l’économie financé par les entreprises, plaide pour un respect des règles budgétaires européennes. Il a salué l’effet du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), en montrant que la compétitivité des entreprises françaises se redresse. Sa cible ? Les 35 heures. Selon COE-Rexecode, la durée effective annuelle moyenne des salariés à temps complet en France est l’une des plus basses d’Europe.

Nicolas Colin :
La priorité n’est pas à la baisse du coût du travail mais à l’innovation »

Auteur d’un rapport sur la fiscalité numérique, cet inspecteur des Finances, qui dirige aujourd’hui une société d’investissement dans des start-up (The Family) et se dit plutôt à gauche, reproche au gouvernement de ne pas mettre la révolution numérique au coeur de sa stratégie et de ne pas aller assez loin sur l’innovation : il devrait davantage écouter les « barbares », ces entrepreneurs du Net et de l’économie sociale qui bouleversent des pans entiers d’activité.

Thomas Piketty :
Il fait le contraire de ce qu’il avait dit avant les élections »

L’auteur du best-seller « le Capital au XXIe siècle » (plus de 600.000 exemplaires vendus) avait proposé une vraie réforme de l’impôt des ménages pour lutter contre les inégalités. Mais le candidat Hollande n’est pas allé au fond du débat. Et Piketty, pourtant devenu une star mondiale, n’a jamais été reçu à l’Elysée par ce président qu’il qualifie de « roi des énarques, convaincu de sa compétence infinie sur les questions fiscales et économiques ».
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commentaires

François FLOCH
FH, si si, il planche sur la grande réformes des impôts promise par Ayrault, juste pour en parler avant 2017.

gerard huirer
vu l’état économique de la France , avons-nous besoin de l’avis de ses économistes qui eux n’ont pas non plus su éviter cette situation catastrophe , cinquième puissance économique mondiale la France se retrouve sans un sous vaillant , même nos plus grands économistes de droite comme de gauche ne l’ont pas anticipé , le constat est sans appel l’Allemagne même avec un euro cher se relève alors que la France ne décroche pas , hollande ancien député de Corrèze, un département qu’il a laissé dans un état économique lamentable économiquement, peut-il prétendre sortir la France de cette crise ?

Olivier PETIT
Parmi ce superbe aréopage d’économistes, il ne manque certainement plus que Mme Soleil.
Quoique, ils sont tous des Mme Soleil.
Cela fait des décennies que le monde écoute les économistes et ça fait des décennies que l’économie est hors de contrôle.
Laissons aux économistes leur unique compétence : lire dans les entrailles des poulets.
Que l’on cesse enfin d’enseigner dans les universités cette matière qui n’en est pas une, à grand renfort de théories et de démonstrations mathématiques. Cet enseignement est un fléau dont émanent des olibrius qui pensent, tant on les en a convaincus, qu’ils peuvent maîtriser l’économie.
L’économie est la vision la plus stupide de la vie.

Les uniques notions qui permettent de comprendre et gérer la vie sont :
– la politique = le pouvoir
– les sectarismes religieux, spirituels, communautaires…
– l’avidité : les ressources naturelles et celles produites par l’homme
– le sexe

Philippe Saturne
Ha l’ Economie…!!
On se croirait dans une pièce de Molière où le malade serait Madame Économie sur laquelle se pencherait les Grands Savants avec leurs chapeaux noirs !!

« Il faut lui faire une saignée voyons !!
« Mais non vous déraisonnez cher Confrère !! il faut lui couper le bras !! »
« N’importe quoi vous dites n’importe quoi pendons là par les pieds ainsi le sang affluera au cerveaux ».
Etc Etc Etc

L’économie est un fantasme actuellement. Un peu comme on annonce un fait divers au journal télévisé..il faut à tout prix « ANALYSER » le côté technique pour donner l’impression que l’on fait tout pour résoudre la question. On se croirait comme dans les séries du genre « Les Experts » avec un crime, la scène autour de la victime, la barrière de sécurité « No trespassing !! ».
A mettre la loupe sur les aspects techniques qui est affaire de « spécialistes » on en oublie le plus simple.  » Circulez de toute façon vous n’y comprenez rien !! ».

Un peu comme un peintre avant-gardiste qui a peint une horreur qui se vend des millions et tout le monde s’ennuie devant son oeuvre à se poser des questions « qu’a t-il voulu dire !! allez je dois comprendre il y a surement une explication !! ».

L’explication c’est que ce tableau est merdique voilà.
La preuve là voilà: quand on regarde les tableaux de Van Gogh on ne se pose aucune question c’est super et c’est tout. Pas besoin de se faire des noeuds.
Et ce peintre ne s’est pas pris pour une « sommité » et a fait sa route avec c

Marco Nour
Que Lamy prenne sa retraite et nous lâche les baskets, il a fait assez de dégâts comme ça…
La moins mauvaise des politiques pour la France est de faire à la fois une politique de l’offre ET une politique de la demande ciblée, mais sans excès ( tendance Agnès Benassy-Quéré).

Clem Melc
Bah oui, ce débat n’a pas de sens.
Bon et les propositions concrètes ? Des concepts simples, des faits et des propositions ?

pierre faure
Ce que n’a visiblement pas compris Hollande et Valls c’est que les entreprises n’embauchent que sur un seul critère : si elles anticipent une demande et un carnet de commande qui puissent rentabiliser leurs investissements et leurs prises de risques. Dans un contexte rappellé par l’Insee en Juillet où les entreprises ont des carnets de commande vides ,on peut baisser toutes les charges du monde si elles n’ont pas de débouchés en face elle n’embaucheront pas et ne prendront pas le risque d’embaucher sans aucun retour possible sur investissement ! C’est les frondeurs qui ont raison il faut aider les entreprises en baissant les charges mais sans soutien de la demande privée ca ne decollera pas

Hollande et Valls sont dans une impasse car quand on met 41 milliards de baisse de charge sur la table si ca marche pas ( et ca n’a aucune chance de marcher car une politique de l’offre tue la demande ) ils n’ont aucune marge de manoeuvre pour un plan alternatif mais si ils changent ils seront accusés de destabiliser la visibilité et la stabilité des entreprises
ils sont totalement coincés et dans une impasse totale

michel LE NOTRE
Hollande n’a pas de leçon à recevoir de tous ces prétentieux. Il sait comment faire : on a trop de déficit public, eh bien réduire les impôts, et laisser aller les dépenses publiques plus vite que l’inflation…
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Le New York Times dézingue la politique économique de l’Eurozone
Home ECONOMIE Conjoncture Par Thomas Oliveau

Europe Economy
L’attentisme de la BCE est notamment dénoncé

Les éditorialistes du quotidien new-yorkais ont critiqué avec virulence les politiques d’austérité mises en place dans la zone euro. L’Allemagne est particulièrement visée.
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«Entêtement des leaders européens», «décisions contre-productives», «changement d’attitude indispensable de l’Allemagne», entre autres éléments de langage: les éditorialistes du New York Times se sont livrés dimanche à une cinglante attaque des politiques économiques de l’Eurozone. Au centre des critiques du quotidien américain: l’Allemagne qui, en sa qualité de première puissance du continent, se trouverait à l’origine de presque toutes les mauvaises décisions prises au niveau européen.

La croissance n’est pas au rendez-vous: nulle en France, elle est en recul de 0,2% en Allemagne et en Italie. «Personne ne devrait être surpris que l’économie de l’Eurozone marche encore à l’envers» selon le New York Times, qui pointe du doigt l’entêtement des leaders européens à poursuivre leurs politiques alors «qu’elles sont exactement le mauvais traitement». Ce «mauvais traitement» dont parlent les éditorialistes du journal new-yorkais, c’est l’austérité: «l’insistance de l’Union Européenne, menée par l’Allemagne, à pousser les gouvernements à réduire leurs déficits en coupant les dépenses et en augmentant les impôts a fait obstacle à la reprise». La Banque centrale européenne (BCE) n’est pas non plus épargnée: «la BCE a mis trop de temps et pas assez volonté à baisser les taux d’intérêt et à racheter les obligations des États, alors que ces deux mesures sont efficaces». Résultat de cette série de mauvais choix, selon le journal new-yorkais: en plus d’une croissance atone, la déflation guette l’Europe et la production industrielle poursuit sa chute.
Le journal préconise un changement d’attitude radical

Et le New York Times de proposer des solutions pour relancer la croissance de l’Eurozone. «De grands changements sont indispensables. Comme d’autres banques centrales ailleurs dans le monde l’ont fait, la BCE devrait racheter les obligations des États ainsi que d’autres emprunts, pour faire baisser les taux d’intérêt et encourager les banques à prêter plus aux entreprises et aux particuliers» analyse le quotidien, expliquant que les risques qu’une telle politique provoque une inflation galopante sont proches de zéro.

En plus de ces nouvelles actions de la BCE, le New York Times prône une autre politique fiscale. Les requêtes simultanées de l’UE (portées une nouvelle fois par l’Allemagne, critique le quotidien) de baisse des déficits et de hausse de la flexibilité du travail sont contre-productives et irréalisables en période de chômage de masse.

Enfin, le journal «conseille» aux décideurs européens de profiter des taux d’emprunts actuellement très bas pour relancer l’économie de la zone. Mais pour que ces mesures portent leurs fruits, le New York Times préconise un changement d’attitude radical des autorités européennes en général, et de l’Allemagne en particulier.
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commentaires

pb59
La dépense publique d’investissement peut évidemment faire repartir l’économie, mais la BCE ne s’occupe que de l’inflation et nous avons abandonné notre souveraineté monétaire alors que c’est un levier essentiel, le NYT a beau jeu de nous donner la leçon quand la planche à billets aux US marche à plein régime et que 50 millions de personnes sont aux Food stamps, en plus je trouve çà hypocrite car en fait des que Obama cligne de l’oeil l’europe s’exécute se mettant d’ailleurs dans des situations ubuesques comme pour l’embargo par exemple….

Lou Becarut
ils recopient Mélanchon, ma parole

axefrance
Les Français ont acheté 20 millions de voitures etrangères environ en 30 ans ce qui represente 2000 milliards d’euros : la dette ! Continuons d’acheter chinois , d’ecouter les US et de vendre nos entreprises et technologies (alstom , peugeot , renault , ciat , avionique , tgv. Etc …) et plantons un potager ..!

lulu008
Les grecs, peuvent témoigner du bonheur du « redressement » qu’ils subissent pour leur bien……..

François 75003
Dans les années soixante soixante dix, on expliquait que, si les USA avaient 5 à 6 % de chômeurs, alors que la CEE n’en avait que 1 ou 2 %, c’était parce que la mobilité de la main d’œuvre était beaucoup plus forte aux USA et qu’entre deux jobs une partie des salariés se retrouvait structurellement au chômage. Maintenant que l’UE compte 10 % de chômeurs, on nous explique que c’est parce que la mobilité de la main d’œuvre n’est pas suffisante en Europe. Bref ce qui était censé être un atout dans les années soixante serait devenu un handicap et vice versa : plus de mobilité et de flexibilité ferait baisser le chômage au lieu qu’à l’époque cela le faisait augmenter.
On a trop dit tout et n’importe quoi en ce qui concerne la « lutte » contre le chômage.
Quant à la situation de l’euro zone il est évident qu’elle détonne par son atonie et son marasme, ce qui doit sauter aux yeux pour tout observateur extérieur. Tout comme, il est normal que le NYT rappelle qu’en pareil la politique monétaire doit jouer tout son rôle pour tenter de relancer la machine. Les pays de la zone euro qui se sont amputés de ce levier d’action de l’économie ne savent même plus ce que c’est qu’une politique monétaire. Comme les autres, il en usaient pourtant avant la création de l’euro.
Quant au reste, les pays de l’euro zone doivent-ils baisser les impôts pour relancer l’économie ? La politique budgétaire ne remplacera jamais l’innovation et le dynamisme industriel qui sont en panne dans l’UE.

Choupie
Si même le NYT donne raison à F Hollande… à quel saint mes amis UMP vont-ils pouvoir se vouer?
À la surprise de certains, le futur président de la commission, Jean-Claude Juncker lui-même plaide pour un salaire minimum européen, reprenant ainsi la revendication de nombreux socialistes européens.

brennec001
Ce journal ne fait pas une analyse économique mais politique. L’amérique démocrate a toujours plaidé pour une politique qui soit la même que la sienne en europe et pour cela met en avant sa croissance en trompe l’oeil. L’europe ne dispose pas de l’equivalent du dollar qui lui permettrait de faire ce qu’elle veut et de négliger sa dette, elle ne dispose pas non plus -et la c’est de sa faute- du gaz de schiste. Oui la croissance européenne n’est pas brillante, mais l’europe se réforme, c’est sans doute ce qui fache le gouvernement américain.

Adrien Hublain
🙂 j’adore.
Alors les caisses sont vides, et quand je dis vide je veux dire qu’on est tous à -100% du PIB, et il faudrait qu’on claque encore plus de pognons ?
La logique m’échappe.

tibere 37
Les Etats-Unis ont exportés en Europe une crise économique sans précédent .
leur conduite sur le plan de la politique extérieure est un vrai désastre voir par exemple l’Irak , ils entraînent l’Europe vers la catastrophe en Ukraine.
Enfin si la solution à tout cela est de faire fonctionner la planche à billet la France en particulier n’y survivra pas , et les générations futures connaîtront la misère .

Dude Man
On sent la patte de Krugman, Keynésien invétéré adepte de la dépense publique.
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La suppression des seuils sociaux créerait-elle des emplois ?
Le Monde.fr

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Le ministre du travail François Rebsamen le 23 avril à l’Elysée.
Le ministre du travail avait lancé un ballon d’essai en mai, le président a confirmé son intention lors de son intervention du 14-Juillet, puis dans une interview au Monde, mercredi 20 août : les seuils sociaux devraient être revus. « Chacun doit admettre la nécessité de lever un certain nombre de verrous et de réduire les effets de seuil », déclare François Hollande dans les colonnes du Monde, le jour de la rentrée ministérielle.

Selon le gouvernement, rejoint sur ce point par les organisations patronales, les seuils sociaux seraient des freins à l’embauche. Ils figureront en bonne place dans les négociations prévues à la rentrée « pour revivifier le dialogue social dans les entreprises », selon les termes employés par le ministère du travail.

Seuils sociaux : de quoi parle-t-on ?
Les seuils sont-ils un frein à l’emploi ?
Que proposent le gouvernement et les organisations patronales ?
Combien d’emplois seraient créés si l’on modifiait ces seuils ?

1. Seuils sociaux : de quoi parle-t-on ?

En fonction du nombre de salariés, les entreprises ont des obligations à respecter, notamment pour encourager le dialogue social. Ainsi, à partir de onze employés, une entreprise doit faire élire des délégués du personnel.
Le passage de 49 à 50 employés est celui qui crée le plus d’obligations pour l’entreprise : création d’un comité d’entreprise (CE) et d’un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) et mise en place d’un plan de sauvegarde de l’emploi en cas de licenciement économique.
Il existe également d’autres seuils, qui entraînent des coûts. Par exemple, la participation des employeurs à l’effort de construction – le 1 % logement – qui est redevable à partir de 20 salariés, ou le taux de cotisation à la formation professionnelle, qui augmente lorsque l’entreprise dépasse 10 puis 20 salariés.
De nombreux patrons préfèrent donc trouver des feintes pour ne pas franchir certains seuils. Notamment en n’embauchant qu’au minimum. Les organisations patronales plaident donc pour une suspension, ou un lissage, de ces taux.

2. Les seuils sont-ils un frein à l’emploi ?

Selon une étude de l’Insee réalisée en 2011 à partir de données de 2005, il n’y a pas d’effet de seuil observable sur les données provenant de l’Union de recouvrement des cotisations pour la Sécurité sociale et les allocations familiales (Ursaaf), que l’Institut national de la statistique et des études économiques estime les plus précises sur le sujet.

Cependant, sur les données fiscales, remplies par les entreprises elles-mêmes, des effets de seuil sont plus visibles. Les données « montrent une accumulation d’entreprises ayant des effectifs situés juste en dessous des seuils ».
Répartition des entreprises françaises autour des seuils.
Ainsi, selon ces données de 2006, il y a un peu plus de 1 600 entreprises comptant 49 salariés, contre 600 entreprises de 50 salariés, soit 2,5 fois plus. De plus, ces entreprises de 49 salariés ont un niveau de croissance de la masse salariale inférieur aux autres.

3. Que proposent le gouvernement et les organisations patronales ?

Le ministre du travail a proposé en mai de suspendre ces seuils pendant trois ans, pour voir si cela a effectivement un effet sur l’emploi. C’est-à-dire qu’aucune nouvelle contrainte ne pèserait sur les entreprises, quel que soit le nombre de nouveaux salariés ; et donc que, dans l’esprit de M. Rebsamen, les patrons se sentiraient plus libre d’embaucher.
La Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (Ifrap), un think tank libéral, qui s’est penché sur cette question à partir de l’étude de l’Insee, propose de son côté de relever les seuils de 50 %. Et, par exemple, de ne rendre obligatoire un comité d’entreprise qu’à partir de 75 salariés.
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Le Mouvement des entreprises de France (Medef) demande lui aussi que les seuils sociaux soient « revus », et la CGPME souhaite que les trois instances représentatives du personnel (délégués, CE et CHSCT) soit fusionnées dans les entreprises de 50 à 299 salariés. Pour la Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises, « le franchissement de ce seuil [50 salariés] déclenche 35 obligations administratives supplémentaires et aboutit à majorer le prix de l’heure travaillée de plus de 4 % ».

4. Combien d’emplois seraient créés si l’on modifiait ces seuils ?

L’Insee, qui se penche particulièrement sur l’effet que jouent ces seuils sur la taille des entreprises, conclut que leur suppression n’aurait qu’un effet modéré en la matière.
Mais ce n’est pas l’analyse qu’en tire l’Ifrap, qui, se fondant sur les calculs de l’institut de la statistique, affirme que la suppression des seuils pourrait créer entre 70 000 et 140 000 nouveaux emplois.

Le gouvernement, lui, attend désormais le résultat de la négociation de septembre.
Alexandre Léchenet
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réactions

Heyrasme Mundi
Une action simple pour tout journaliste d’investigation : interroger 100 patrons de TPE/PME et demander si cette mesure les inciterait vraiment à embaucher. Si oui, sont ils prêts à s’engager ne serait ce que moralement. Si non, cette mesure ne sert que le patronat.

philippe SOPENA
« Le CHSCT dans le tertiaire du 21èeme siècle, idem pour la médecine du travail c’est assez ridicule » écrit « syfre». N’aurait-il pas entendu parler : de la souffrance au travail, du burn-out, des épidémies de suicides chez Orange, ou des « TMS » (troubles musculo-squelettiques). Certes c’est pire, bien pire, dans le bâtiment mais ce n’est pas une raison pour qu’on laisse les entreprises pressurer leurs salariés comme des citrons, avant de les jeter quand ils sont trop vieux ou trop cassés.

un anti démagogue
Le coût du travail en Suisse est de près de 30% supérieur au nôtre…….et ils exportent!

CAMILLE BRINET
1) Ce n’est pas l’urssaf, étant donné qu’il y en a une centaine en France, mais l’Acoss.
2) Les chiffres de l’Acoss sont bien plus fiables car il s’agit des salariés déclarés pour l’assurance maladie et la retraite. Un salarié non déclaré par le biais des urssaf s’en rend compte rapidement. Donc les entreprises faussent leurs déclarations au fisc.

cassandra
c’est sur qu’en ne respectant aucune contrainte sur les horaires et conditions de travail, les PME seraient plus profitables. mais si c’est pour que la société récupère des salariés en petits morceaux et les soigne pendant des années, ce n’est pas collectivement rentable.
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Zone euro: la reprise se poursuit mais est plus fragile que jamais
Par AFP

Bruxelles – La reprise de l’activité privée se poursuit dans la zone euro malgré un repli en août par rapport à juillet, mais elle reste fragile, a annoncé jeudi le cabinet Markit, qui publie l’indice PMI.
Zone euro: la reprise se poursuit mais est plus fragile que jamais
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Le siège de la Banque centrale européenne (BCE) à Frankfort en Allemagne le 10 janvier 2013
afp.com/Daniel Roland

Le PMI composite de la zone euro s’est établi à 52,8 points selon une première estimation, contre 53,8 en juillet. Lorsqu’il dépasse les 50 points, cela signifie que l’activité progresse, tandis qu’elle se replie s’il est inférieur à ce seuil.

L’indice s’inscrit désormais à un niveau supérieur à 50 points pour le 14e mois consécutif, souligne Markit.

« L’économie de la zone euro affiche une progression stable en août, la région semblant connaître un nouveau rebond après l’annonce des chiffres décevants du PIB de la zone de la monnaie unique », souligne Rob Dobson, économiste à Markit.

Toutefois, tempère-t-il, « avec un indice PMI en léger repli à 52,8, la croissance de la région ne devrait atteindre que 0,3% à 0,4% au troisième trimestre. Il est donc peu probable que le marché de l’emploi se redresse de manière significative ».

L’économiste note plusieurs points positifs, comme le fait que l’Allemagne « enregistre une croissance solide » et que « l’économie française se stabilise après une brève période de contraction ». En Allemagne, l’indice est passé de 55,7 en juillet à 54,9 en août, tandis qu’en France, il est remonté de 49,4 à 50,0.

En dehors du noyau franco-allemand, l’amélioration se poursuit: l’activité augmente pour le 13e mois consécutif et l’emploi progresse légèrement.

En août, l’activité a progressé aussi bien dans l’industrie manufacturière que dans le secteur des services, même si la croissance ralentit dans les deux secteurs.

Pressions sur la BCE

Mais Markit qualifie la reprise de « modérée et fragile », trop faible pour inciter les entreprises à embaucher suffisamment pour avoir un effet sur la courbe du chômage. Sans compter que les incertitudes économiques et géopolitiques freinent aussi la création de postes.

De manière générale, les économistes ne se montrent guère enthousiastes devant les chiffres publiés par Markit. Le consensus tablait sur un ralentissement moins marqué, avec un indice à 53,4.

« L’indice est à son niveau le plus bas cette année », souligne Jennifer McKeown, de Capital Economics, même s’il est « trop tôt pour commencer à spéculer sur un retour en récession ». L’indice manufacturier, à 50,8, est à son plus bas niveau depuis 13 mois, pointe son collègue Martin Van Vliet, de la banque ING.

Cette évolution « pourrait signifier que la crise russo-ukrainienne a un impact sur l’activité manufacturière qui dépasse les seuls liens commerciaux directs », selon lui.

Pour ces trois économistes, ce nouvel indice PMI va ajouter de la pression sur la Banque centrale européenne pour qu’elle prenne de nouvelles mesures de soutien à l’économie de la zone euro.

« Nous pensons toutefois que la BCE va rester attentiste dans les prochains mois, pendant qu’elle évalue l’impact des mesures de stimulation de l’économie lancées en juin », notamment son programme de prêts ciblés à très long terme (TLTRO) qui doit permettre aux banques de se refinancer à des conditions avantageuses, anticipe Martin Van Vliet.
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Le taux d’épargne des ménages bat des records !

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Getty Images

C’est un record depuis 2009 ! Selon la Banque de France, 15,9% des revenus des ménages français ont été placés sur des comptes épargne lors du premier semestre 2014. Malgré des taux d’intérêt historiquement bas les Français continuent de mettre de l’argent de côté.

La raison de cette épargne massive serait le pessimiste ambiant. La crise et le climat économique inquiètent les Français. Mettre son argent à l’abri est pour eux synonyme de protection. Certains anticipent aussi de nombreuses dépenses de fin d’année comme les impôts et les achats liés à la rentrée scolaire.

Ce taux d’épargne place la France au deuxième au rang européen des plus gros épargnants derrière l’Allemagne avec 16,2%. Ils sont suivis de la Belgique avec 14,9%.

Les Français veulent épargner mais aussi pouvoir disposer de leur argent en cas de besoin. Ils ne privilégient donc plus les placements sur le long terme. L’assurance-vie tire son épingle du jeu en raison de son attrait fiscal et de son risque limité avec 1.559 milliards d’euros placés en France. En revanche, les épargnants délaissent le livret A et son taux d’intérêt d’1% avec seulement 268 milliards d’euros. Mais la nouveauté réside là où ne l’attendait pas…. La hausse des encours sur les comptes courants qui eux ne rapportent presque rien. Les Français réduisent donc leur consommation pour prévoir des jours encore plus durs.

Derrière ce taux d’épargne élevé de 15,9% se cachent beaucoup de disparités parmi les Français. Ainsi 26% des ménages affichent un taux d’épargne négatif, c’est-à-dire qu’ils sont obligés de puiser dans leur épargne pour faire face à leurs dépenses de consommation, faute de revenus suffisants. A l’inverse 25% des ménages français épargnent le tiers de leurs revenus. Ces « super-épargnants » contribuent, d’ailleurs, à 72% de l’épargne nationale annuelle !

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