Ferguson, émeutes raciales ou explosion sociale ?
Le Point.fr –

Aucun leader ne peut canaliser les jeunes Noirs exaspérés par la persistance de la ségrégation.Pire, des bandes venues d’ailleurs sèment le chaos dans la ville.
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À Fergsuon, comme dans un nombre important de villes américaines, le taux de pauvreté a doublé depuis 2000. © Joe Raedle/Getty Images/AFP

Les premières manifestions pour protester contre la mort le 9 août de Michael Brown, un jeune Noir de 18 ans non armé tué par un policier blanc, se sont déroulées de manière pacifique. Mais, au fil des jours, des divisions sont apparues dans la communauté noire de Ferguson, une banlieue de Saint-Louis, dans le Missouri. Pendant que les notables, le clergé, les leaders des droits civiques organisent des marches non violentes pour dénoncer les méthodes musclées et le racisme endémique de la police, des bandes de jeunes, certaines venues d’ailleurs, pillent les magasins d’alcool le visage couvert d’un bandana, attaquent le quartier général de la police et sèment le chaos dans la ville, obligeant le gouverneur à décréter un couvre-feu et à appeler les gardes nationaux.

Les appels au calme des responsables de la communauté, et même de la famille Brown, ne font rien. Les pillages et les violences continuent sans leader ni revendications. Ce n’est pas la première fois que se produisent des émeutes noires incontrôlées. « La différence avec les années 1960, c’est que nous n’avons ni Stokely Carmichael (un des militants des droits civiques, NDLR) ni Black Panthers auxquels les jeunes pourraient s’identifier », estime Joseph Peniel, professeur d’histoire à l’université Tufts. Pour lui, dans ces affrontements se joue un fossé de générations. « À l’ère Obama, ces jeunes trouvent les leçons tirées du combat des droits civiques de plus en plus difficiles à saisir. Le nombre de Noirs tués par des policiers, les méthodes quasi militaires de la police à Ferguson et la persistance débilitante de la ségrégation raciale et de la violence font que les discours sur les progrès raciaux sonnent faux », poursuit le professeur Peniel.

Et puis, pour la génération actuelle, les vieux leaders des droits civiques ne se distinguent pas des politiciens de carrière et de leurs discours creux qu’elle méprise. D’autant que nombre de ces personnalités ne veulent pas avoir l’air de critiquer le président Obama, ce qui les met dans une position inconfortable. Le révérend Jesse Jackson et Al Sharpton, deux hommes politiques noirs influents de la vieille garde, se sont rendu à Ferguson sans parvenir à calmer la situation.
Une explosion du taux de pauvreté

L’élection de Barack Obama qui avait fait tant rêver n’a rien changé. Ce n’est pas très étonnant : il ne s’est jamais présenté comme un président noir ni n’a promis de lutter contre le racisme. Il a toujours évité soigneusement de s’avancer sur le terrain miné des questions raciales, sauf à quelques occasions. Lors de la mort de Trayvon Martin, un autre jeune Noir non armé tué en Floride par un milicien, il a déclaré, très ému, que cela aurait pu être son fils. Sur les émeutes de Ferguson, il s’est contenté prudemment d’appeler la population au calme, l’armée à la retenue et de demander une enquête. Les troubles sont le fait d’une « petite minorité », a-t-il dit lundi au cours d’une conférence de presse. Ces gens « détruisent la cause, ils ne la font pas progresser ».

L’explosion sociale qui couve depuis des années s’explique par la ségrégation, le racisme, la pauvreté, un système éducatif délabré… Elle s’explique sans doute surtout par la crise économique qui a aggravé le ressentiment. À Ferguson, le taux de pauvreté a plus que doublé depuis 2000. En 2012, un habitant sur quatre vivait en deçà du seuil de pauvreté. Ferguson n’est pas la seule, le nombre de banlieues peuplées de ménages défavorisés a plus que doublé depuis 2000, écrit Elizabeth Kneebone, auteur d’une étude récente de la Brookings Institution. « Ça ne veut pas dire qu’il existe mille Ferguson potentiels, mais cela montre que, sans qu’on s’en aperçoive, chaque jour, un nombre croissant de communes dans tout le pays sont confrontées aux mêmes graves défis. »
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Commentaires

Jo68
Rêve et réalité
Tout le monde il est beau tout le monde il est gentil chez l’Oncle Sam comme veut souvent le faire croire l’usine hollywoodienne. La réalité est bien loin des bons sentiments mis en exergue dans les films US. C’est un pays impitoyable. Les Européens travaillant dans des multinationales américaines en savent quelque chose.

claude 40
La machine
La machine est en route, les émeutes, ne s’arrêteront pas tout de suite, les émeutiers attendaient, une bonne raison, pour se mesurer aux forces de police ! S’il y a une arme en vue la police tirera à vue .

La pierre
@mesha
Il faut être issu de l esclavage pour être considéré comme un noir américain ? Donc seuls les Juifs issus de l Holocauste sont de vrais Juifs ? C’est un problème de précarité. Il y a ceux qui se relèvent les manches et ceux qui attendent tout de la société et qui pensent qu’elle leur doit quelque chose au nom de l’Histoire. J’en ai croisé beaucoup des noirs américains en Floride qui sont américains avant tout. C’est un peuple charmant (noirs et blancs) mais dans certains Etats, certains se complaisent encore à des querelles d’un autre siècle. J’ai vécu là-bas et en Floride, si il y a des inégalités de richesses (il y a des noirs qui vivent très bien), moi je n’y ai vu qu’un seul et même peuple.

justisse
Obama n’est jamais mis en cause
C’est fou, parmi les lecteurs français Obama n’est jamais mis en cause dans ces problèmes. En France on aurait appelé à la démission de Hollande de de Valls. Eh oui quand on n’aime pas quelqu’un il a tous les défauts et il est responsable de tout.

mesha zimri
Les jeunes de ferguson et le plafond de verre
Ils se révoltent et détruisent tout pour prendre le contrepied des générations précédentes qui se voulaient davantage dans la recherche d’un dialogue. Eux n’acceptent pas d’attendre plus longtemps d’hypothétiques progrés. La violence raciste policière dans ces anciens états ; Obama qui n’est pas un vrai noir issu de l’esclavage ; jackson et sharpton inaudibles à force de javellisation, de compromis ; les noirs des états du nord devenus une nouvelle bourgeoisie ; c’est donc tout cela qui resurgit dans cette rage destructrice.
le plafond de verre existe également pour toute une génération d’enfants issus de l’immigration non blanche en france. Et il n’est pas surprenant que ceux qui conseillaient de ne pas toucher aux potes sont également devenus inaudibles quand ils prêchent la patience

tgarnier
Il n’y a pas de « Génération O’Bama » !
Il n’existe pas de « Generation Obama », sauf pour celles et ceux qui s’en sont auto-persuadés par eux-mêmes.
Il s’agit de ne pas s’emballer avec ce qui se passe dans une ville américaine, comme si la situation dans cette cité s’était répandue partout aux USA.
C’est une affaire de violences policières, comme il y en a partout dans le monde et les Français devraient se rappeler comment les émeutes de 2005 ont commencé.

Omnibus_44
Drôle d’analyse !
@ ST LOUIS parle d’exécution en utilisant un mot qui ne peut pas avoir cours dans cette situation ; parle de « chargeur » alors qu’il ignore si le policier a utilisé un pistolet ou un revolver (qui est à barillet) ; évoque la capacité à se tenir debout d’un individu touché par un projectile alors qu’il n’a probablement jamais rencontré un blessé par balle (s) de toute sa vie. Ce qui me surprend énormément c’est que les impacts sur le corps sont, tous et sans exception, dans un alignement vertical. Les spécialistes en balistique et en criminalistique en déduirons-t-il que cet homme était quasi immobile quand il a été touché et que le tir s’est fait dans un seule traite de temps et de bas en haut (si la blessure à la tête était immédiatement mortelle) ?

Skyrunnernumber1
Expérience personnelle vécue
Lors d’un séjour aux USA, où j’ai vécu 9 ans, avec mon épouse nous avons été amenés à constater que les mentalités ont bien du mal à changer. SI nous n’avons rencontré aucun problème à Washington, il n’en fut pas de même de l’autre côté du Potomac, en Virginie. Nous avons même été la cible de commentaires acides, alors que manifestement nous étions étrangers, de la part de personnes « blanches » alors que nous faisions de courses dans un centre commercial. Qu’est ce qui nous avait valu ces commentaires, le simple fait que je suis blanc et mon épouse noire, qu’elle a 25 ans de moins que moi et que nous étions avec nos deux filles métisses (une troisième est née il y a maintenant 7 mois). Comme me disait un ami américain blanc, « en Virginie ils n’ont pas encore réalisé que la guerre de sécession était finie ».

Nadia Aouassi l
La jeunesse d’origine immigrée de France
Et si aussi, on évoquait la désespérance d’une partie de la jeunesse du pays des droits de l’homme ?

Souley92
@ St Louis
Vous avez raison cela est moche mais ce n’est pas nouveau et malheureusement ca ne sera pas fini des bavures policières ça arrivera toujours.
La peur, le stress… Mais de là à vider un chargeur c’est carrément un assassinat.
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A Ferguson, l’impossible retour au calme
Le Monde.fr avec AFP et Reuters

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Un manifestant lors des heurts avec la police dans les rues de Ferguson, le 18 août. | REUTERS/LUCAS JACKSON
La garde nationale a contribué à ramener un certain calme dans la ville de Ferguson, plus d’une semaine après la mort de Michael Brown, un adolescent noir abattu par la police. Mais comme presque tous les soirs depuis, le centre-ville a été le théâtre de nouvelles échauffourées entre plusieurs dizaines de manifestants et des policiers à cran.

Si aucun couvre-feu n’était en vigueur lundi 18 août, les forces de l’ordre ont tout de même empêché les rassemblements dans le centre-ville, forçant les personnes qui étaient restées dehors après les manifestations pacifiques de la fin de journée à circuler en tirant des grenades lacrymogènes et assourdissantes. Le tout encadré par un véhicule blindé et un hélicoptère.

« CELA DOIT S’ARRÊTER »

Le capitaine Ron Johnson, responsable de la police locale depuis la semaine dernière, a justifié cette stratégie en assurant que les policiers avaient été la cible de tirs et de jets de projectiles. « Cela doit s’arrêter. Je ne veux pas que quelqu’un se blesse. Nous devons trouver une façon d’arrêter », a-t-il lancé devant la presse, faisant état de six arrestations.

Si au départ, la scène était très loin des affrontements de la nuit précédente – Ferguson avait connu sa pire nuit de violences depuis le meurtre de Michael Brown le 9 août – les nombreux journalistes sur place ont été témoin de la tension toujours extrême vive entre la population et la police.

Jake Tapper, un présentateur connu de la chaîne CNN, s’est étonné en direct de l’attitude de la police.

« Il n’y a rien qui se passe ici qui mérite cette scène digne de Bagram [prison américaine en Afghanistan] ».

Un photographe de l’agence Getty Images a été brièvement détenu par la police avant d’être relâché, sans que l’on sache les raisons de son arrestation.

Lire nos explications : Meurtre de Michael Brown : tout comprendre à l’affaire qui secoue les Etats-Unis

OBAMA « SURVEILLERA » L’ACTION DE LA GARDE NATIONALE

S’exprimant dans la soirée, le président américain Barack Obama avait une nouvelle fois mis en garde contre un usage excessif de la force face aux manifestant…

« Il est clair que l’immense majorité des gens manifestent pacifiquement. Je surveillerai dans les jours qui viennent que [la garde nationale] aide plutôt qu’elle n’aggrave la situation à Ferguson ».

… tout en dénonçant les manifestants qui auraient recours à la violence :

« Si je comprends les passions et la colère nées de la mort de Michael Brown (…) piller [des magasins] ou attaquer la police ne peut que contribuer à faire monter les tensions, cela affaiblit la justice plutôt que cela ne la renforce. »

Tout en soulignant avec insistance qu’il entendait rester « prudent » sur le fond du dossier tant que l’enquête était en cours, M. Obama a abordé la question des inégalités raciales aux Etats-Unis.

Il a répété avec insistance qu’il entendait rester « prudent » sur le fond du dossier tant que l’enquête était en cours. Et il a abordé la question des inégalités raciales aux Etats-Unis, jugeant qu’un long chemin restait à parcourir avec des communautés « qui se retrouvent souvent isolées, sans espoir et sans perspectives économiques ».

« Dans de nombreuses communautés, les jeunes gens de couleur ont plus de chances de finir en prison ou devant un tribunal que d’accéder à l’université ou d’avoir un bon emploi. Nous avons fait des progrès extraordinaires mais nous n’avons pas fait de progrès suffisants. »

A Ferguson – ville où la population est majoritairement afro-américaine, à l’inverse de la police, en grande majorité blanche – le meurtre de Michael Brown a mis en lumière le racisme latent. La police maintient que l’adolescent tentait de se saisir de l’arme du policier au moment où celui-ci a fait feu, tandis que plusieurs témoins affirment que Michael Brown n’a pas tenté de lutter. L’autopsie réalisée à la demande de la famille du jeune homme n’a révélé « aucune trace de lutte », jetant davantage le discrédit sur la thèse policière.
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commentaires

JR
Comme quoi « une hirondelle ne fait pas le printemps » ! Avoir élu un président noir n’a pas effacé le racisme américain, loin de là. L’on sait que la population noire-américaine est plus pauvre, plus condamnée, plus stigmatisée que la population blanche américaine (WASP). La violence de la rue n’est peut-être pas la bonne réponse mais le rêve de MLK le reste toujours.

Richard NOWAK
Le président de l’exécutif américain qui reconnait que son son système n’est pas capable de répondre autrement que par la violence institutionnelle « Usage limité de la force ». Nous voyons là encore une fois un exemple de l’incapacité du pouvoir ‘législatif-exécutif-judiciaire » à s’adapter. L’irruption de l’information,ici la preuve par expert médecin interposé, montre la réalité du crime obscurantiste perpétré sous couvert d’ordre. Je propose un système informatif-législatif-exécutif-judiciaire
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Emeutes à Ferguson : nouveaux tirs de lacrymogènes lundi soir

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La ville de Ferguson (Missouri, Etats-Unis) continue d’être en proie aux violences depuis qu’un policier a abattu, il y a une dizaine de jours, Michael Brown, un jeune Noir atteint par au moins six balles, dont une fatale à la tête. | Twitter/@FredericArnould

La ville de Ferguson (Missouri, Etats-Unis) continue d’être en proie aux violences depuis qu’un policier a abattu, il y a une dizaine de jours, Michael Brown, un jeune Noir atteint par au moins six balles, dont une fatale à la tête. Les policiers ont une nouvelle fois dû faire usage de gaz lacrymogène pour disperser des manifestants lundi soir.

La mort de Michael Brown a pris une dimension nationale car elle a ravivé le spectre du racisme aux Etats-Unis. La mère du jeune homme, Leslie McSpadden, a estimé sur ABC que seule la «justice» ramènerait le calme.

Les agents, en équipement anti-émeute, encadrés par un véhicule blindé du SWAT et un hélicoptère, ont ordonné à plusieurs reprises aux personnes rassemblées de se disperser. Ils ont ensuite tiré des grenades de gaz lacrymogène peu après 23 heures locales (6 heures mardi à Paris), provoquant la dispersion de la foule – moins nombreuse que celle qui avait affronté la police dimanche. Plus tôt lundi, des militaires de la Garde nationale avaient été déployés pour épauler la police locale.

Right now in #Ferguson https://t.co/xICOS4upm9
— Antonio French (@AntonioFrench) 19 Août 2014

Pas de répit à #Ferguson RT @mashable: Police launch tear gas, flash grenades at protesters http://t.co/VDi5KTljUv http://t.co/thjSXWfLIJ
— Frédéric Arnould (@FredericArnould) 19 Août 2014

Grâce à ces renforts, aucun couvre-feu n’a été mis en place lundi, contrairement à samedi et dimanche, a expliqué le gouverneur Jay Nixon, soulignant la mission «limitée» des militaires, censés monter la garde autour du quartier général de la police.

Obama pour une utilisation «limitée» de la force

En fin de journée, un journaliste a vu environ 200 agents de la Garde nationale arriver et s’équiper au QG. Des tireurs d’élite étaient postés sur les toits des commerces alentours. «Ils sont censés protéger les Américains, mais ils font la guerre aux citoyens non armés», s’est emporté Ron Henry, un jeune Noir.

Barack Obama, briefé par son ministre de la Justice Eric Holder lundi après-midi, a dit avoir recommandé au gouverneur une utilisation «limitée» de cette force. «Je surveillerai dans les jours qui viennent qu’elle aide, plutôt qu’elle n’aggrave la situation», a-t-il prévenu, ajoutant que M. Holder se rendrait sur place mercredi. Le déploiement massif de policiers lourdement équipés, souvent d’armes de guerre, a exacerbé les tensions plutôt que de les apaiser. Le président a réitéré «son appel à la retenue», estimant que rien n’excusait «l’utilisation de la force excessive par la police».

Signe de la fébrilité ambiante: un photographe de l’agence Getty Images a été brièvement détenu par la police lundi soir. Un porte-parole du procureur du comté de Saint-Louis a indiqué à des médias qu’un grand jury, chargé de décider s’il y a lieu de poursuivre le policier, devrait étudier l’affaire dès mercredi.

Officers with batons and masks are asking reporters to leave Ferguson Market « for your safety » #Ferguson
— Yamiche Alcindor (@Yamiche) 19 Août 2014

La mort de Michael Brown le 9 août, dans des circonstances controversées alors qu’il n’était pas armé, a entraîné des émeutes dans cette ville de 21 000 habitants. Dans la nuit de dimanche à lundi, Ferguson a connu sa pire nuit d’émeutes depuis la mort du jeune homme. Dimanche soir, les manifestations avaient dégénéré quelques heures avant le couvre-feu instauré pour la seconde nuit consécutive. Le quartier général de la police avait en particulier été «la cible d’une attaque coordonnée».

Trois autopsies pour faire la lumière sur la mort de Michael Brown
Au moins «six balles ont atteint (Michael Brown), et deux ont peut-être repénétré» dans le corps, a déclaré Michael M. Baden, légiste de renom mandaté par la famille. Il n’a relevé aucun résidu de poudre sur le corps de la victime de 18 ans et «aucune trace» de lutte, les quelques abrasions sur le corps étant attribuées à la chute sur la route.

Pas moins de trois autopsies ont été demandées, l’une par les autorités locales, l’autre par la famille et une troisième par le ministre de la Justice pour tenter de faire la lumière sur les circonstances de la mort du jeune homme. Car les versions de la police et de plusieurs témoins divergent. Pour les uns, Michael Brown aurait tenté de se saisir de l’arme de service du policier qui l’a abattu, une confrontation au cours de laquelle ce dernier aurait été blessé au visage. Pour plusieurs témoins, dont l’ami de Michael Brown qui l’accompagnait, il avait les mains en l’air.

Selon le Washington Post, des traces de marijuana ont été relevées dans l’organisme de la victime. Mary Case, médecin légiste du comté chargée de l’une des autopsies, a simplement lâché au journal que Brown avait été atteint de plusieurs balles à la tête et à la poitrine. Selon l’un des médecins légistes de la famille, la victime a été atteinte au sommet du crâne, au-dessus du sourcil droit et à quatre endroits au bras droit entre l’aisselle et la main. C’est la balle qui a frappé au sommet du crâne, «alors qu’il se penchait en avant», qui a été fatale. Le ministère a indiqué en début de soirée que l’autopsie fédérale, «confiée à l’un des médecins légistes les plus expérimentés de l’armée américaine», était en cours.

LeParisien.fr
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Commentaires

DERNIER
Incroyable, 10 jours..ce n’est pas une émeute c’est une insurrection. ils ont de la chance que cela ne se propage pas à tous les ghettos américains comme ce fut le cas en 1968. A noter que le conflit se radicalise avec l’arrivée de la garde nationale (l’armée) d’un coté et des new black panthers de l’autre…l’amérique aura-t-elle sa guerre civile? ou sont les apotres du melting pot, du multiculturalisme, du vivre-ensemble? on voit bien que rien n’est du au hasard. A ferguson, il y avait 90% de blancs en 1980 et 10 % de noirs contre 20% de blancs aujourd’hui. le meme phénomene a eu lieu qu’a detroit, à baltimore,camden, à chicago : le white flight : l’état favorise l’habitation des afroaméricains (section 8 = hlm, les euroaméricains craignent leurs nouveaux voisins et s’enfuient, la ville perd alors des ressources fiscales, l’entretien et la police est moins assurée, les entreprises fuient, la criminalité explose, ceux qui peuvent fuient, la ville est en faillite….tout scenario vécu dans les quartiers français ressemblant à ça n’est que pure coincidence…

jope69
Bientôt chez nous…
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Emeutes à Ferguson: le recours à l’armée doit être limité, prévient Barack Obama
LEXPRESS.fr,

Le président américain lance ce lundi un nouvel appel au calme à Ferguson, où des heurts opposent policiers et manifestants indignés de la mort d’un jeune Noir. Il demande à ce que le recours à l’armée soit limité.

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Barack Obama a appelé une nouvelle fois la police américaine à la retenue en marge des émeutes qui ont suivi la mort d’un jeune Noir.
Capture d’écran Maison Blanche / L’Express

Se dirige-t-on vers une nouvelle nuit de violences à Ferguson? Le président américain Barack Obama a appelé ce lundi, pour la deuxième fois, les forces de l’ordre à faire preuve de retenue face aux manifestations dans cette ville du Missouri, où un jeune Noir a été abattu le 9 août par un policier. Un décès qui a provoqué d’importantes émeutes.

Barack Obama, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse, a également insisté sur le fait que le recours aux militaires de la Garde nationale, entrée en lice dans l’après-midi à la demande du gouverneur, devra être « limité. « Je surveillerai dans les jours qui viennent qu’elle aide, plutôt qu’elle n’aggrave la situation à Ferguson », a-t-il prévenu

Barack Obama a par ailleurs annoncé l’envoi sur place de sa ministre de la Justice.
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Commentaire

andreau –
Il n’y a que dans les films et séries hollywoodiens que les blancs et noirs s’aiment. (Les obligations de quotas peut être).
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Ferguson : pas d’apaisement en vue après une nouvelle nuit de violences
Le Nouvel Observateur avec AFP

La police américaine a fait usage de grenades lacrymogènes pour disperser des manifestants indignés par la mort d’un jeune Noir tué par un policier.
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Nuit d’émeute à Ferguson, le 17 août 2014, après la mort d’un jeune Noir tué par un policier. (J.B. Forbes/AP/SIPA)

Les policiers ont une nouvelle fois dû faire usage de gaz lacrymogène pour disperser des manifestants lundi soir à Ferguson (Missouri), en proie à de violentes émeutes depuis qu’un policier a abattu un jeune Noir atteint par au moins six balles, dont une fatale à la tête.

Les agents, en équipement anti-émeute, encadrés par un véhicule blindé du SWAT et un hélicoptère, ont ordonné à plusieurs reprises aux personnes rassemblées de se disperser.

Ils ont ensuite tiré des grenades de gaz lacrymogène peu après 23 heures locales (6 heures en France), provoquant la dispersion de la foule – moins nombreuse que celle qui avait affronté la police dimanche.

La Garde nationale déployée

Plus tôt lundi, des militaires de la Garde nationale ont été déployés pour épauler la police locale.

Grâce à ces renforts, aucun couvre-feu n’a été mis en place lundi, contrairement à samedi et dimanche, a expliqué le gouverneur Jay Nixon, soulignant la mission « limitée » des militaires, censés monter la garde autour du quartier général de la police.

En fin de journée, un journaliste de l’AFP a vu environ 200 agents de la Garde nationale arriver et s’équiper au QG. Des tireurs d’élite étaient postés sur les toits des commerces alentours.

« Ils sont censés protéger les Américains, mais ils font la guerre aux citoyens non armés », s’est emporté Ron Henry, un jeune Noir.
Utilisation « limitée » de la force

Barack Obama, briefé par son ministre de la Justice Eric Holder lundi après-midi, a dit avoir recommandé au gouverneur une utilisation « limitée » de cette force.
Je surveillerai dans les jours qui viennent qu’elle aide, plutôt qu’elle n’aggrave la situation », a-t-il prévenu, ajoutant que Eric Holder se rendrait sur place mercredi.

Le déploiement massif de policiers lourdement équipés, souvent d’armes de guerre, a exacerbé les tensions plutôt que de les apaiser.

Le président a réitéré son appel à la « retenue », estimant que rien n’excusait « l’utilisation de la force excessive par la police ».

Signe de la fébrilité ambiante : un photographe de l’agence Getty Images a été brièvement détenu par la police lundi soir.
Au moins « six balles »

La mort de Michael Brown le 9 août, dans des circonstances controversées alors qu’il n’était pas armé, a entraîné des émeutes dans cette ville de 21.000 habitants.

Au moins « six balles ont atteint (Michael Brown), et deux ont peut-être repénétré » dans le corps, a déclaré Michael M. Baden, légiste de renom mandaté par la famille.

Il n’a relevé aucun résidu de poudre sur le corps de la victime de 18 ans et « aucune trace » de lutte, les quelques abrasions sur le corps étant attribuées à la chute sur la route.

Pas moins de trois autopsies ont été demandées, l’une par les autorités locales, l’autre par la famille et une troisième par le ministre de la Justice pour tenter de faire la lumière sur les circonstances de la mort du jeune homme.
Les mains en l’air

Car les versions de la police et de plusieurs témoins divergent. Pour les uns, Michael Brown aurait tenté de se saisir de l’arme de service du policier qui l’a abattu, une confrontation au cours de laquelle ce dernier aurait été blessé au visage. Pour plusieurs témoins, dont l’ami de Michael Brown qui l’accompagnait, il avait les mains en l’air.

Selon le « Washington Post », des traces de marijuana ont été relevées dans l’organisme de la victime.

Mary Case, médecin légiste du comté chargée de l’une des autopsies, a simplement lâché au journal que Brown avait été atteint de plusieurs balles à la tête et à la poitrine.

Selon l’un des médecins légistes de la famille, la victime a été atteinte au sommet du crâne, au-dessus du sourcil droit et à quatre endroits au bras droit entre l’aisselle et la main. C’est la balle qui a frappé au sommet du crâne, « alors qu’il se penchait en avant », qui a été fatale.

Le ministère a indiqué en début de soirée que l’autopsie fédérale, « confiée à l’un des médecins légistes les plus expérimentés de l’armée américaine », était en cours.
Le spectre du racisme

Dans la nuit de dimanche à lundi, Ferguson a connu sa pire nuit d’émeutes depuis la mort du jeune homme, incitant le gouverneur à mobiliser la Garde nationale.

Dimanche soir, les manifestations avaient dégénéré quelques heures avant le couvre-feu instauré pour la seconde nuit consécutive. Le quartier général de la police avait en particulier été « la cible d’une attaque coordonnée ».

La mort de Michael Brown a pris une dimension nationale et fait la une car elle a ravivé le spectre du racisme aux Etats-Unis.

La mère du jeune homme, Leslie McSpadden, a estimé sur ABC que seule la « justice » ramènerait le calme.

Un porte-parole du procureur du comté de Saint-Louis a indiqué à des médias qu’un grand jury, chargé de décider s’il y a lieu de poursuivre le policier, devrait étudier l’affaire dès mercredi.
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Réactions

Captain Égout
« Le spectre du racisme »
Parler de spectre, c’est une blague ? Il est absolument évident, pour qui se renseigne un peu, que le racisme est vivant et en pleine forme à Ferguson (et ailleurs). Chaque jour qui passe révèle son nouveau lot d’horreur sur l’écrasement d’une population sur la base de sa couleur de peau.

Loi Sep
Je suis devant Fox News, il est 23:31, et je ne vois rien qui dégénère….
Des tear gaz ont été tirés il y a 1h 1/2, depuis rien de très mouvementé…..
Les manifestants sont juste plus organisés, savent qu’ils ne doivent pas se rassembler en un seul point, restent donc sur les trottoirs face aux forces de l’ordre et pas de pillage en cours, donc, tout est sous contrôle….

serge Legentil
Avec Fox New c’est sûr que vous allez être informé objectivement…comme en Corée du Nord !!!
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Les leaders de la communauté noire s’interposent à Ferguson
Fabrice ROUSSELOT

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Lors des défilés de l’après-midi, le 18 août à Ferguson, les manifestants se heurtaient en bout d’avenue aux policiers qui leur intimaient l’ordre de rebrousser chemin et de rester en mouvement. (Photo Lucas Jackson. Reuters)
REPORTAGE
Alors que les tensions s’avivaient dans la soirée, plusieurs responsables religieux ont progressivement apaisé les manifestants les plus désireux d’en découdre avec une police surarmée.

Il aura fallu attendre 21h45 pour que la tension monte d’un cran. Soudain, une centaine de personnes ont descendu West Florissant Avenue, devenue le centre de toutes les manifestations après la mort de Michael Brown, le 9 août dernier, dans la ville de Ferguson, au Missouri. Un petit groupe d’hommes aux visages masqués est clairement venu pour en découdre avec la police, qui s’est positionnée pour bloquer la rue. Des bouteilles d’eau fusent, et d’un coup, plusieurs véhicules blindés s’avancent pour contrer les assaillants. Un homme repousse la presse. «Reculez, les provocateurs veulent se montrer à la télévision. Ce n’est bon pour personne. Ce n’est pas bon pour Ferguson. Ce n’est pas bon pour la justice.»

Très vite, à la surprise des forces de l’ordre, plusieurs leaders noirs s’interposent et se donnent la main pour faire barrage aux manifestants les plus excités. «Rentrez chez vous, dispersez vous, nous ne voulons pas de violence ce soir», hurle Malik Shabazz, le président de la Nation of Islam, dans un mégaphone. Le face-à-face va durer plus d’une demi-heure, mais la foule se calme peu à peu. A 22h20, le plus gros des manifestants s’est dispersé, sous les applaudissements. «Il faut que la communauté noire arrive à se raisonner elle-même et ne cède pas à tous les excès», plaide Larry Addison, l’un des pasteurs qui se sont interposés, «ce que nous voulons c’est savoir pourquoi un policier blanc a abattu un jeune Noir désarmé. Nous voulons comprendre et faire en sorte que justice soit faite. Il ne faut pas se laisser distraire par ceux qui ne veulent que créer le chaos».

Plus tôt dans la soirée, la marche qui avait animé West Florissant Avenue avait su éviter les dérapages. Pendant plus de trois heures, des centaines de personnes ont monté et descendu l’avenue, dans une drôle de boucle ininterrompue. Postée à chaque intersection, la police avait pour consigne d’interdire les rassemblements et incitait la foule à «continuer à marcher» sous peine d’être arrêtée. «Ils veulent nous épuiser mais nous allons continuer sans jamais nous arrêter» lâchait une femme en milieu de cortège, «nous voulons des réponses et ils doivent nous les fournir». Un peu plus loin, une jeune femme harangue la foule. «Ils nous empêchent d’exercer notre droit à nous exprimer», lance-t-elle, «il ne faut pas se laisser faire».

Lundi, juste avant minuit, plusieurs policiers en tenue anti-émeutes continuaient à patrouiller West Florissant Avenue. Quelques minutes plus tôt, les forces de l’ordre avaient eu recours à des tirs de gaz lacrymogènes, tout près du QuikTrip, la station essence qui avait brulé au lendemain de la mort de Michael Brown. Selon plusieurs sources, des cocktails molotov avaient été lancés en direction des forces de l’ordre et des coups de feu tirés dans des rues adjacentes. «La nuit n’est pas encore finie» confiait un policier, alors que les hélicoptères patrouillaient dans le ciel, «mais on va essayer de faire au mieux».
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commentaires

MadRetsma
West Florissant Avenue…ce nom, c’est tout un symbôle,non?

help2017 19 Août 2014 à 8:15
 » le président de la Nation of Islam »
Ben, tout est dit, non ?

xtov
@help2017
Effectivement tout est dit pour ceux dont le cerveau ne peut fonctionner que par des analogies extrêmement simples, sans aucune réflexion……
Quelle rigolade !!!

schopette
@help2017 Que voulez-vous dire?
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A Ferguson, un journaliste expulsé d’un fast-food : « Prenez vos affaires et sortez »

Wesley Lowery, reporter pour le Washington Post, se souviendra longtemps de ce mercredi 13 août 2014. Alors qu’il couvrait les émeutes qui secouent la ville de Ferguson dans le Missouri depuis la mort d’un adolescent abattu par la police, il a été arrêté par la police, manu militari.

Son tort ? Avoir été client du McDonald’s du coin. La chaîne de fast-food est habituellement au journaliste en reportage ce que le refuge est à l’alpiniste : un havre de paix avec wifi, prises de courant et café chaud. Un espace de travail qui ne dit pas son nom. Accompagné de Ryan Reilly, un journaliste du Huffington Post, Wesley Lowery était venu y recharger son téléphone portable et rendre compte des événements sur Twitter. Des officiers de police, parfois lourdement équipés viennent alors contrôler leur identité et leur demande de quitter les lieux. Ce qu’ils refusent. « Nous ne sommes plus en mesure de garantir votre sécurité. Si vous appelez le 911, personne de répondra », rétorque la police.

« We cannot guarantee your safety. We will not be answering 911 calls »
— Wesley Lowery (@WesleyLowery) 13 Août 2014

Peu de temps après, la police revient et leur ordonne de quitter les lieux. C’est là que le journaliste a le réflexe de filmer la scène avec son portable. Le ton monte avec l’officier de police :

« Prenez vos affaires et sortez.

– Je suis en train de travail…

– Arrêtez de filmer, prenez vos affaire et sortez.

– Je n’ai pas le droit de vous filmer monsieur ?

– Dépêchez vous de sortir !

– Vous avez pas à me dire ce que…

– Ça suffit, dehors. Vous avez 35 secondes, sortez. »

Arrêté pour « intrusion dans un McDonald’s »

Le policier le presse ensuite vers la sortie, la vidéo s’arrête. Dans son récit publié sur le Washington Post (en anglais), le journaliste raconte avoir été pressé vers la mauvaise porte de sortie, s’être arrêté pour réajuster la sangle de son sac, ce qui lui a valu d’être attrapé, plaqué contre un distributeur de soda et entravé par des menottes en plastique.

Was arrested
— Wesley Lowery (@WesleyLowery) 14 Août 2014

Les deux journalistes sont embarqués dans un fourgon de police, Wesley demande à un officier pourquoi ils sont détenus. La réponse : « intrusion dans un McDonald’s ». Un autre officier le réprimande :

« J’espère que vous êtes contents de vous.

– Ça va faire du bruit cette histoire. Demain, ça sera en une du Washington Post.

– Ouais, et bien en attendant, vous passerez la nuit en cellule. »
« Le chef estime qu’il vous fait une fleur »

Une fois arrivés au poste, les deux journalistes et les autres personnes arrêtées sont fouillées, désentravées (elles ne seront pas photographiées) et mis en cellule avec leur anxiété. Le calvaire n’excède pas 20 minutes pour les deux journalistes qui sont vite relâchés. Wesley réclame les noms des policiers responsables de son arrestation, sans succès. On lui signifie simplement qu’un rapport serait disponible « dans une semaine ou deux », ce qui le laisse plutôt amer sur Twitter :

« Apparemment, en Amérique, en 2014, la police peut vous malmener, vous arrêter et vous jeter dans une cellule, avant d’ouvrir la porte comme si rien ne s’était passé “

Official clean up begins at QuickTrip. Workers building fence around burned building. #ferguson http://t.co/lOglt9b9ww
— Wesley Lowery (@WesleyLowery) 14 Août 2014

De son côté, le Washington Post enfonce le clou en se disant ‘consterné’ par l’attitude de la police, ‘qui n’a pour le moment toujours pas commenté la détention de Wesley Lowery’.

Un troisième journaliste, Antonio French, a également été arrêté mercredi et a été relâché il y a quelques heures.
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Commentaires

Brambor
« Apparemment, en Amérique, en 2014, la police peut vous malmener, vous arrêter et vous jeter dans une cellule, avant d’ouvrir la porte comme si rien ne s’était passé »
Ce n’est pas tout à fait ça. La police peut vous demander de circuler et de sortir d’une zone apparemment sensible, le refus d’obtempérer peut mener dans une cellule. Qu’on soit journaliste ou non. Rien d’extraordinaire dans cette vidéo.

baltha répond à Brambor
le McDon, zone ultra sensible mec !

Monsieur Pierre répond à Brambor
La police peut donc décider qu’un McDo est une zone « apparemment sensible ». Le Quarter Pounder BLT est probablement une arme de destruction massive.

Brambor répond à Monsieur Pierre
Vous savez très bien que ce Mcdo est évacué pour la sécurité de ses clients. Ce n’est pas par plaisir, ni par paranoïa, c’est un Mcdo au milieu d’une émeute, on vide la zone, rien de plus logique.

Monsieur Pierre répond à Brambor
Donc, par hypothèse, la police a raison et les témoins visuels sont dans le tort.
Je ne vous connaissais pas de telles tendances soviétisantes. On en découvre tous les jours
Brambor répond à Monsieur Pierre
? ?
Quels témoins visuels, de quoi parlez vous ? Si vous parlez du meurtre qui déclencha ces émeutes, il y a la version de la police et la version des témoins visuels, on en saura plus avec le travail de la justice. Aucune raison de piller des magasins en attendant.
Si c’est pour cette vidéo, ce n’est pas une question d’avoir tort ou raison. Les flics ont le pouvoir lors d’une opération de demander aux badauds de quitter les lieux. Même si ces derniers ont une carte de journalisme.
On s’indigne facilement pour rien ici.

Monsieur Pierre répond à Brambor
Celui qui a vécu ces événements, et est assez aimable pour nous en faire le rapport, me semble un témoin acceptable. Aux dernières nouvelles, un journaliste est dans son rôle lorsqu’il couvre un événement médiatique depuis les lieux mêmes où cet événement a lieu. Aux dernières nouvelles, la police d’un État démocratique n’a pas de pouvoirs discrétionnaires illimités.
On savait que l’armée avait tendance à juger qu’il n’y avait pas plus remarquable reporter de guerre que celui qu’on ne voit pas sur le front, mais que la police applique la même maxime à des émeutes aux proportions somme toute mesurées est plus inattendu. Qu’un grand libéral devant l’éternel juge d’emblée que la police d’un État démocratique est dans son rôle lorsqu’elle s’arroge un pouvoir discrétionnaire et agit de manière contraire aux règles les plus communes est, en revanche, plus que surprenant. Je ne sais pas si vous êtes au parfum, mais tous les libéraux, même les gauchistes américanisés dans mon genre, se méfient comme de la peste de l’exercice arbitraire de l’autorité publique.

Brambor répond à Monsieur Pierre
Et je ne remets même pas en cause le témoignage de ce journaliste. Au contraire, dans la vidéo il montre très bien que c’est un petit rigolo qui voulait voir ce que ça faisait de ne pas obtempérer lors d’une opération policière. Le policier est dans son rôle, et comme lui je n’aime pas être dérangé pendant mon travail. Il a reçu l’ordre d’évacuer la zone, et il le fait. Le journaliste pinaille, traîne un peu, se dit que tiens ça pourrait faire un bon titre « la police fasciste agresse un journaliste », et quelle surprise, alors qu’il refuse d’obtempérer, les policiers sont un peu plus virulents, en période d’émeute.
La police d’un Etat démocratique a le droit de dire à un journaliste ou autres personnes de partir d’une zone considérée comme un danger.
Mais c’est vrai qu’on aurait dû apporter un médiateur, qui négocierait de manière participative le retrait des clients du Mcdo en leur expliquant pourquoi et comment dégager de la zone, une assemblée générale aurait dû être tenue dans le Mcdo avec vote à main levée à la fin pour savoir si oui ou non il est bon pour leur sécurité de dégager de ce Mcdo. Ça c’est une idée beaucoup plus libérale, hein ?

Fantomax répond à Brambor
Si ça se trouve vous n’avez pas complètement tort mais je nierai avoir tenu de tels propos.

DiaboloSatanas répond à Fantomax
Si même Brambor ne dit pas que des conneries maintenant.
Ou va le monde monsieur, je vous le demande..

Fantomax répond à DiaboloSatanas
Il est plus malin que les autres, il mériterait presque d’être de gauche, tiens.

Evelyne répond à Fantomax
Ton commentaire va être encadré, t’auras pas l’air con tiens…

Fantomax répond à Evelyne
C’est ça avec les génies : soit on est supprimé, soit on est encadré.

DiaboloSatanas répond à Fantomax
C’est comme ceux qui ne disent rien dans une soirée. On ne sait jamais si c’est parce qu’ils sont trop intelligents ou parce qu’ils sont trop bêtes.

Evelyne répond à DiaboloSatanas
Ou parce qu’ils sont timides ?

Evelyne répond à Fantomax
Voilà, si on peut pas les encadrer on les supprime !

A_déménagé_le_21-12-2013_à_09_31_52 répond à Fantomax
En gros, Brambor est en train de nous dire que les flics de Ferguson, en faisant dégager ces 2 journalistes fouille-merde, ont œuvré dans un but humanitaire. C’est bien ça ?

Faupayélatax
On laisse les journalistes aller à Gaza, mais pas au McDo de Ferguson.
Ça en dit long sur la sauvagerie des racailles…

Yvon le Zébulon
« Apparemment, en Amérique, en 2014, la police peut vous malmener, vous arrêter et vous jeter dans une cellule, avant d’ouvrir la porte comme si rien ne s’était passé »
Si seulement de tels mauvais comportements Policiers n’avaient lieu qu’aux USA !

Panama_one
Des policiers habillé en militaires, s’imaginant patrouiller à Kaboul ou à Falloujah avec tout le stress inhérent à leur mission. Heureusement que leur chef s’est rendu compte qu’ils avaient pété un plomb, sinon les journalistes auraient été fusillé et on aurait mis ça sur le compte du stress prostato-traumatique ou autres excuses du même genre.
Les policiers de la BAC sont pareils, rêvant eux, de Grand Banditisme lorsqu’ils arrêtent un fumeur de joint. C’est plus cool comme delire.

Elzévir.
Arrestauration rapide ?

Majesté
Expulser quelqu’un d’un fast-food, c’est, d’une certaine manière, faire oeuvre de salubrité publique. Qui sait, ces rambos de pacotille ont peut-être sauvé la vie, ou au moins la santé, de ces journalistes inconscients.

Fantomax
Je tiens à remercier le McDo du Leclerc St Vincent de Thyrosse (Landes) qui m’a permis de me connecter cet été mais alors les gars, quand même, faudrait VRAIMENT faire quelque chose pour l’odeur, hein.

DiaboloSatanas répond à Fantomax
C’est vrai qu’ils ont assez habiles chez Mc Do avec leur connection wifi .
Même un situ gauchiste luddiste un peu JoséBovesque bouffeur de Roquefort et de St Nectaire plus que fermier tel que moi s’arrête chez eux sur la route des vacances.
Clim’ ( dont ma petite voiture de vieux baba gauchiste est évidement dépourvue), wifi pour mon gnI-Pad pas 4G et possibilité de rester très longtemps assis peinard en dehors des heures de pointe juste avec un café ( certes dégueulasse) sans que personne ne vienne me faire chier a renouveler la commande d’un café immonde.
Et en plus y en a partout sur le parcours des nationales qui traversent les zones commerciales de nos petites villes paumées tradis de souche, même au fin fond de la Lozère par exemple ..
(quand je pense qu’il n’est pas complétement impossible que se com’ se retrouve dans un rapport marketing très sérieux chez Mc Do . J’espère que la qualité de leur lavasse va s’améliorer après ça )

Fantomax répond à DiaboloSatanas
Et en plus il y a très peu d’émeutes raciales au fin fond de la Lozère avec des flics fascistes qui vous expulsent.

DiaboloSatanas répond à Fantomax
Oui mais on est jamais assez trop prudent . En cas d’émeute on peut se réfugier et se barricader a au moins 20 personnes dans les chiottes pour handicapé du Mc Do tellement elles sont grandes en appelant au secours par connexion Wi Fi ..
Et en plus leurs toilettes sont tellement propres qu’on pourrait manger leur bouffe de merde dedans : -)

beaulande répond à DiaboloSatanas
C’est un fait avéré : « Et en plus leurs toilettes sont tellement propres qu’on pourrait manger leur bouffe de merde dedans : -) »
Par contre les tables…

Célia répond à beaulande
Bizarre. Pourtant c’est la même éponge qui sert : p

Evelyne répond à DiaboloSatanas
Ici c’est pareil, les McDo sont un véritable havre de paix pour les personnes âgées :))))
(JoséBovesque ? Sérieux ?)

povlimaong
« Vous avez 35 secondes … »
Décidément, je ne comprendrais jamais rien à leurs unités de mesures.

Rémi D. répond à povlimaong
C’est parce que le journaliste a traduit en secondes européennes, la seconde étasunienne valant 7,06 secondes de chez nous.
(NB : Et une minute US vaut 13 secondes européennes, mais 12 secondes anglaises).

Bref, le flic avait dit en fait « Vous avez CINQ secondes ! »
(Ce qui, davantage que trente-cinq reconnaissons-le, correspond bien mieux à cette indulgente tolérance qui caractérise tant les pandores).

Gros Con de Droite
C’est terrible la vie de grand reporter en zone de guerre, mon dieu mon dieu mon dieu.

AnarChaud
On ne pourrait pas avoir des images ou un reportage de ce qui se passe la-bas plutot que d’avoir un article chaque fois qu’un reporter se casse un ongle sur place ?
Je rappelle que leur travail c’est de rapporter les faits, pas de raconter leur vie.

spleenlancien répond à AnarChaud
Le camarade Charles Reeve a envoyé l’article et les photos suivantes à Serge Quadruppani
De notre correspondant sur le front de la guerre sociale aux Etats Unis…
Martin Untersinger apporte quelques précisions sur l’éventuelle manip des Anonymous qui ont balancé le nom erroné du flic qui a tué le jeune par les Fédéraux
Mort de Michael Brown : le rôle ambigu et controversé des Anonymous

Specht
« (…) plaqué contre un distributeur de soda et entravé par des menottes en plastique. » ? ?
Les États-Unis, ce n’est plus ce que c’était ; adieu whisky, infâmes fries & beans chez Lola’s Inn mega tits, Colt, chaises et sueur sur le dos, jus de chaussette, menottes en ferraille, concision. Voici venues les scènes d’enfant et leurs accessoires d’enfant, dans un restaurant pour immatures qui bouffent sans couverts des plats sucrés.

Reste que ce pauvre journaliste a été victime du sentiment de honte découlant du manque d’autorité. Le policier aura sans doute mal réagi devant le refus d’obtempérer, croyant voir trahir sa faiblesse naturelle au commandement (surtout s’il a une voix aiguë). Peut-être un reflet de son éducation « frustration-free ». Conscient de son trouble il sombre dans l’escalade d’erreurs, vaines tentatives de redorer un moi écrasé par le jugement inconscient d’une implacable vérité : ta panoplie de carnaval n’impressionne personne. Même son collègue à l’office le lui fera remarquer. La tragique erreur du journaliste, filmer la scène avec son téléphone, enclenchera l’éruption affective. Le policier sans autorité y aura vu l’enregistrement de son incompétence. Cela étant dit, l’opération du policier peut être prise comme un geste de salubrité publique, le Mac Do étant néfaste à la santé.

Harpo Marx alias le tanné de la der
Vraiment déconcertant, je croyais qu’il n’y avait que chez Poutine que ce genre d’incident pouvait avoir lieu avec des journalistes.
Mais pardon, peut-être que je m’égare ….

linoroberto
« “ Apparemment, en Amérique, en 2014, la police peut vous malmener, vous arrêter et vous jeter dans une cellule,” voire cribler de balles un jeune black pour rien ……..

klinb821
Les états-unis, havre de paix, d’amour, et de démocratie, où même se poser dans un macdo (pourtant le symbole même de ce pays) peut être considéré comme une offense et un acte anti-armée et anti-démocratique.
Et comment il fait pour finir son repas ?

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