Centrafrique: un Premier ministre musulman, une première pour sauver la transition
le Point.fr

La présidente centrafricaine Catherine Samba Panza a nommé dimanche un musulman comme nouveau Premier ministre, une première dans l’histoire du pays pour relancer la transition et mettre en oeuvre le très précaire accord de cessez-le-feu signé fin juillet.

Mahamat Kamoun, précédemment conseiller spécial à la présidence, a été nommé Premier ministre par décret présidentiel. De confession musulmane, spécialiste des finances, M. Kamoun avait été directeur général du Trésor sous le président François Bozizé (au pouvoir de 2003 à mars 2013).

C’est la première fois qu’un musulman occupe la fonction de Premier ministre depuis l’indépendance de cette ex-colonie française en 1960.

Minoritaires dans le pays, les musulmans sont aujourd’hui souvent assimilés par leurs concitoyens aux rebelles de la Séléka.

Cette coalition à dominante musulmane, venue des provinces du Nord, s’est rendue coupable d’innombrables exactions contre les populations chrétiennes lors de son passage au pouvoir de mars à décembre 2013, après avoir renversé le président Bozizé.

Affaiblis par l’intervention des forces française Sangaris et africaine Misca, les combattants rebelles s’étaient ensuite retirés vers le nord et l’est du pays, dont ils gardent le contrôle aujourd’hui.

La Centrafrique a connu depuis lors de terribles violences intercommunautaires qui ont fait des milliers de morts et jeté sur les routes des centaines de milliers de déplacés.

Ciblés par les milices anti-balaka, majoritairement chrétiennes, la plupart des musulmans du sud du pays ont fui vers le Nord et l’étranger.

L’arrivée au pouvoir de Mme Samba Panza en février dernier à la faveur du départ de la Séléka, et la mise en place de son gouvernement de transition, n’ont pas permis le retour à la paix ou de remettre sur les rails un Etat en totale décomposition.

Réunis le 23 juillet à Brazzaville pour tenter de relancer cette transition politique, les principaux acteurs de la crise ont accepté au forceps, sous la pression internationale, la signature d’un accord de cessation des hostilités.

Le gouvernement du Premier ministre André Nzapayéké, composé essentiellement de technocrates, a démissionné dans la foulée, à la demande de la présidente qui a promis un nouveau gouvernement de « large ouverture » intégrant « la nouvelle donne » après l’accord de Brazzaville.

– Rassurer les musulmans –

La présence des groupes armés au sein du futur cabinet est l’un des principaux enjeux des discussions en cours, mais elle fait polémique.

Séléka et anti-balaka ont mis en effet le pays à feu et à sang: ils sont accusés de graves exactions et sont considérés, avec la classe politique, comme les principaux responsables de la catastrophe actuelle. Plusieurs de leurs leaders sont sous le coup de sanctions onusiennes et américaines (gel des avoirs et interdiction de voyager).

L’ex-rébellion est à présent affaiblie et fragmentée, divisée notamment entre partisans du dialogue et une frange « dure » qui refuse toute concession et prône la partition du Nord.

Le nouveau Premier ministre Mahamat Kamoun, au profil de technicien, n’est pas membre de la Séléka mais est réputé avoir de l’influence sur certains de ses chefs.

Sa nomination vise sans doute à rassurer la communauté musulmane, calmer les tensions avec l’ex-Séléka et à couper l’herbe sous le pied des tenants de la partition, analyse un bon connaisseur de la scène politique locale.

Du côté de la nébuleuse anti-balaka, réputée proche de l’ancien président Bozizé, l’arrivée au gouvernement de responsables musulmans ou de l’ancienne rébellion était considérée comme inéluctable après Brazzaville. Le véritable enjeu pour ces milices est plutôt leur représentation au sein de la prochaine équipe gouvernementale.

En attendant la distribution des postes, Séléka et anti-balaka restent les principaux fauteurs de troubles sur le terrain.

A Bangui, après des semaines de relative normalisation, des incidents ont éclaté vendredi et samedi entre deux factions rivales des anti-balaka, replongeant la capitale dans les affrontements armés et nécessitant l’intervention des forces internationales.

En province, l’armée française s’est violemment opposée pendant plusieurs jours à des ex-rebelles de la Séléka à Batangafo (nord).
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Centrafrique : un premier ministre musulman pour sauver la transition
Le Monde.fr avec AFP

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La présidente centrafricaine Samba Panza le 7 juillet à Bangui.
La présidente centrafricaine Catherine Samba Panza a nommé, dimanche 10 août, un musulman comme nouveau premier ministre pour relancer la transition et mettre en œuvre le très précaire accord de cessez-le-feu signé fin juillet.

Mahamat Kamoun, précédemment conseiller spécial à la présidence, est spécialiste des finances, et avait été directeur général du Trésor sous le président François Bozizé (au pouvoir de 2003 à mars 2013).

C’est la première fois qu’un musulman occupe la fonction de premier ministre depuis l’indépendance de cette ex-colonie française en 1960. Minoritaires dans le pays, les musulmans sont aujourd’hui souvent assimilés par leurs concitoyens aux rebelles de la Séléka. Le nouveau premier ministre, Mahamat Kamoun, n’est pas membre de la Séléka mais est réputé avoir de l’influence sur certains de ses chefs.

REPLI DE LA SÉLÉKA, FUITE DES MUSULMANS

Cette coalition à dominante musulmane, venue des provinces du Nord, s’est rendue coupable d’innombrables exactions contre les populations chrétiennes lors de son passage au pouvoir de mars à décembre 2013, après avoir renversé le président Bozizé.

Affaiblis par l’intervention des forces française Sangaris et africaine Misca, les combattants rebelles s’étaient ensuite retirés vers le nord et l’est du pays, dont ils gardent le contrôle aujourd’hui. La Centrafrique a connu depuis lors de terribles violences intercommunautaires qui ont fait des milliers de morts et jeté sur les routes des centaines de milliers de déplacés.

Ciblés par les milices anti-balaka, majoritairement chrétiennes, la plupart des musulmans du sud du pays ont fui vers le Nord et l’étranger.

LA REPRÉSENTATION DES GROUPES ARMÉS EN QUESTION

L’arrivée au pouvoir de Mme Samba Panza en février dernier à la faveur du départ de la Séléka, et la mise en place de son gouvernement de transition, n’ont pas permis le retour à la paix ou de remettre sur les rails un Etat en totale décomposition.

Réunis le 23 juillet à Brazzaville pour tenter de relancer cette transition politique, les principaux acteurs de la crise ont accepté au forceps, sous la pression internationale, la signature d’un accord de cessation des hostilités. Le gouvernement du premier ministre André Nzapayéké, composé essentiellement de technocrates, a démissionné dans la foulée, à la demande de la présidente qui a promis un nouveau gouvernement de « large ouverture » intégrant « la nouvelle donne » après l’accord de Brazzaville.

La présence des groupes armés au sein du futur cabinet est l’un des principaux enjeux des discussions en cours, mais elle fait polémique. Séléka et anti-balaka ont mis en effet le pays à feu et à sang : ils sont accusés de graves exactions et sont considérés, avec la classe politique, comme les principaux responsables de la catastrophe actuelle. Plusieurs de leurs leaders sont sous le coup de sanctions onusiennes et américaines (gel des avoirs et interdiction de voyager).
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réactions

Philippe Noel
Cela semble une bonne idée pour commencer la réconciliation. Bonne chance à ce gouvernement.

Marcel Godefroy
Un jour, pas si lointain notre tour viendra .

un illuminati
Un peu étonné de ce choix, j’espère que Madame la Présidente a bien réfléchi ….sinon tout cela va voler en éclats, en quelques jours , mettre un premier Ministre …musulman, ..il faut le faire et maintenant l’assumer …pronostic de vie de ce PR …15 jours, et une vraie folie douce dans le pays …j’espère me tromper.
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Centrafrique: un Premier ministre musulman pour sauver la transition
AFP 10 août 2014 à 18:27

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Des soldats français dans le village musulman de Boda, au sud du pays, le 24 juillet. Des soldats français dans le village musulman de Boda, au sud du pays, le 24 juillet. (Photo Andoni Lubaki. AFP)
La présidente centrafricaine Catherine Samba Panza a nommé dimanche un musulman comme nouveau Premier ministre, une première dans l’histoire du pays.

La présidente centrafricaine Catherine Samba Panza a nommé dimanche un musulman comme nouveau Premier ministre, une première dans l’histoire du pays pour relancer la transition et mettre en oeuvre le très précaire accord de cessez-le-feu signé fin juillet.

Mahamat Kamoun, précédemment conseiller spécial à la présidence, a été nommé Premier ministre par décret présidentiel. De confession musulmane, spécialiste des finances, Mahamat Kamoun avait été directeur général du Trésor sous le président François Bozizé (au pouvoir de 2003 à mars 2013). C’est la première fois qu’un musulman occupe la fonction de Premier ministre depuis l’indépendance de cette ex-colonie française en 1960.

Minoritaires dans le pays, les musulmans sont aujourd’hui souvent assimilés par leurs concitoyens aux rebelles de la Séléka.

Cette coalition à dominante musulmane, venue des provinces du Nord, s’est rendue coupable d’innombrables exactions contre les populations chrétiennes lors de son passage au pouvoir de mars à décembre 2013, après avoir renversé le président Bozizé. Affaiblis par l’intervention des forces française Sangaris et africaine Misca, les combattants rebelles s’étaient ensuite retirés vers le nord et l’est du pays, dont ils gardent le contrôle aujourd’hui.

La Centrafrique a connu depuis lors de terribles violences intercommunautaires qui ont fait des milliers de morts et jeté sur les routes des centaines de milliers de déplacés. Ciblés par les milices anti-balaka, majoritairement chrétiennes, la plupart des musulmans du sud du pays ont fui vers le Nord et l’étranger.

L’arrivée au pouvoir de Catherine Samba Panza en février dernier à la faveur du départ de la Séléka, et la mise en place de son gouvernement de transition, n’ont pas permis le retour à la paix ou de remettre sur les rails un Etat en totale décomposition.

Réunis le 23 juillet à Brazzaville pour tenter de relancer cette transition politique, les principaux acteurs de la crise ont accepté au forceps, sous la pression internationale, la signature d’un accord de cessation des hostilités.

Le gouvernement du Premier ministre André Nzapayéké, composé essentiellement de technocrates, a démissionné dans la foulée, à la demande de la présidente qui a promis un nouveau gouvernement de «large ouverture» intégrant «la nouvelle donne» après l’accord de Brazzaville.
Rassurer les musulmans

La présence des groupes armés au sein du futur cabinet est l’un des principaux enjeux des discussions en cours, mais elle fait polémique.

Séléka et anti-balaka ont mis en effet le pays à feu et à sang: ils sont accusés de graves exactions et sont considérés, avec la classe politique, comme les principaux responsables de la catastrophe actuelle. Plusieurs de leurs leaders sont sous le coup de sanctions onusiennes et américaines (gel des avoirs et interdiction de voyager).

L’ex-rébellion est à présent affaiblie et fragmentée, divisée notamment entre partisans du dialogue et une frange «dure» qui refuse toute concession et prône la partition du Nord.

Le nouveau Premier ministre Mahamat Kamoun, au profil de technicien, n’est pas membre de la Séléka mais est réputé avoir de l’influence sur certains de ses chefs. Sa nomination vise sans doute à rassurer la communauté musulmane, calmer les tensions avec l’ex-Séléka et à couper l’herbe sous le pied des tenants de la partition, analyse un bon connaisseur de la scène politique locale.

Du côté de la nébuleuse anti-balaka, réputée proche de l’ancien président Bozizé, l’arrivée au gouvernement de responsables musulmans ou de l’ancienne rébellion était considérée comme inéluctable après Brazzaville. Le véritable enjeu pour ces milices est plutôt leur représentation au sein de la prochaine équipe gouvernementale. En attendant la distribution des postes, Séléka et anti-balaka restent les principaux fauteurs de troubles sur le terrain.

A Bangui, après des semaines de relative normalisation, des incidents ont éclaté vendredi et samedi entre deux factions rivales des anti-balaka, replongeant la capitale dans les affrontements armés et nécessitant l’intervention des forces internationales. En province, l’armée française s’est violemment opposée pendant plusieurs jours à des ex-rebelles de la Séléka à Batangafo (nord).
AFP
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CENTRAFRIQUE. « Il est temps de rendre des comptes »

Amnesty dénonce nommément des personnalités pour leur rôle dans les atrocités, dont les anciens présidents François Bozizé et Michel Djotodia.
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. Des membres des Forces armées centrafricaines (FACA)lynchent à mort un homme suspecté d’être un rebelle, le 5 février 2014 à Bangui (ISSOUF SANOGO/AFP).

Des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés. Depuis le renversement en mars 2013 du président François Bozizé par les rebelles de la Séléka, la Centrafrique n’en finit pas de sombrer dans le chaos. Le dernier massacre connu remonte à lundi soir contre un camp de déplacés à Bambari (centre), alors que le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, en visite à Bangui, soulignait que « sans cessez-le-feu » le pays « n’avait pas d’avenir. Au moins 20 civils sont tués.

Et comme à chaque fois, les auteurs des tueries se sont évaporés dans la nature, se sont fondus dans les populations et échappent toujours à toute poursuite judiciaire. Interrogé, il y a quelques mois, le ministre des Affaires étrangères centrafricain assurait qu’il ne pouvait « pas y avoir d’impunité car c’est l’impunité qui a fait plonger la Centrafrique ».

Amnesty international, dans un rapport publié jeudi 10 juillet, dénonce les crimes de droit international (mutilation, corps démembrés et brûlés, actes de cannibalisme, tortures, disparitions forcées, recrutement et utilisation d’enfants soldats, viols, pillages, destructions et incendies d’habitations, de villages et de lieux de culte…) commis dans le pays entre décembre 2013 et mai 2014 et demande à ce que les responsables de ces crimes soient jugés.

L’organisation, après avoir enquêté auprès des populations, désigne nommément les personnes soupçonnées de crimes, des hommes politiques, des coordinateurs, des chefs de sections, des commandants. « Les auteurs des attaques menées en République centrafricaine agissent généralement à visage découvert et sans témoigner aucune crainte d’éventuelles sanctions. Dans certains cas, ils sont bien connus de leurs victimes et des autorités », écrit l’organisation.
Bozizé et Djotodia dans le collimateur

Parmi ces visages connus se trouvent les anciens présidents François Bozizé et Michel Djotodia. Le premier a été renversé en moins de deux jours par les rebelles de la Séléka, majoritairement musulmans, le 24 mars 2013, 10 ans jour pour jour après sa propre prise de pouvoir dans des circonstances comparables. Le second est proclamé alors président de transition, la Séléka qui l’a porté au pouvoir devient la colonne vertébrale temporaire du régime.

Les rebelles se répartissent en plusieurs groupes armés, des seigneurs de guerre font régner la terreur sur des territoires. Beaucoup commettent des exactions contre ceux qu’ils considèrent comme encore liés à l’ancien pouvoir de François Bozizé de confession chrétienne comme la majorité des habitants du pays. Ces violences provoquent la création en face de milices d’auto-défense, les anti-balaka, majoritairement chrétiens qui prennent pour cible les familles musulmanes. La spirale de la violence est enclenchée, la sécurité n’est plus du tout assurée, ce qui restait de l’Etat s’effondre.
Les anti-balaka en contact avec Bozizé

Les anti-balaka sont responsables de nombreux crimes, notamment de l’attaque de Bangui le 5 décembre 2013. Cet assaut coordonné sur la capitale qui a fait des centaines de morts en quelques jours a fait dire à de nombreux observateurs que les anti-balaka n’étaient plus seulement une coalition de personnes voulant se défendre mais plutôt un groupe bien structuré qui a reçu des ordres.

Amnesty écrit dans son rapport que les anti-balaka sont « très bien équipés » avec des AK47, des lance-roquettes et des grenades. « L’organisation sophistiquée du commandement des anti-balaka porte à croire qu’ils ont été coordonnés par des anciens membres des FACA (l’armée centrafricaine de François Bozizé). » Selon plusieurs informations recueillies par l’organisation, des anciens membres de la garde présidentielle faisaient également partis des miliciens. Certains portaient même leurs anciens uniformes et leurs anciennes casernes servaient aux anti-balaka.

Pour les autorités centrafricaines, françaises et onusiennes, il ne fait aucun doute que François Bozizé a été impliqué dans diverses exactions à travers le pays. Le 9 mai 2014, le Conseil de sécurité de l’ONU a affirmé que l’ancien président avait, depuis ses pays d’exil « fourni un soutien matériel et financier à des miliciens qui cherchaient à le ramener au pouvoir ». « Le Monde » a rapporté que son neveu Teddy a été vu fin avril à Benzambe, le fief familial, en train de former des combattants. François Bozizé, en exil un temps en Ouganda, après être passé au Kenya et au Cameroun, a toujours nié être responsable.

Parmi les commandants anti-balaka soupçonnés d’exaction, Amnesty citent notamment Richard Bejouane, le colonel Dieudonné Oranti et le colonel « 12 puissances ». « Ces hommes sont tellement sûrs de bénéficier d’une impunité totale qu’ils ont souvent parlé ouvertement de leur rôle dans des atteintes aux droits de humains et fait des déclarations publiques incitant à la violence », écrit l’organisation.
Nourredine Adam visé

Durant les 10 mois à la tête du pays, Michel Djotodia est tenu, de son côté, responsable pour les crimes et crimes contre l’humanité perpétrés par les membres de la Séléka, notamment ceux qui faisaient partie à l’origine du groupe de combattants qu’il avait fondé, les UFDR. Amnesty, qui reconnaît que Michel Djotodia a été débordé par ses combattants, dénonce le fait que son gouvernement n’a pris aucune mesure pour enrayer le cycle de violence dont il était parfaitement conscient. Aujourd’hui, Michel Djotodio vit en exil au Benin. Amnesty rapporte qu’il reste malgré tout en contact étroit avec les commandants de la Séléka présents à Bangui et dans le nord-est de la République centrafricaine.

L’organisation internationale pointe également le rôle de Nourredine Adam, alors qu’il était président du Comité extraordinaire pour la défense des acquis démocratiques. Selon plusieurs témoins, cet organisme est à l’origine d’une série de violations des droits humains qui vont de la torture, aux arrestations arbitraires en passant par des détentions illégales dans des endroits tenus secrets dans Bangui, alors même qu’il n’avait aucune prérogatives pour enquêter. Par ailleurs, l’ONU, cité par Amnesty, a relevé que Nourredine Adam avait sa propre milice politique. Il serait notamment l’un des responsable de l’attaque de Boy Rabe, un quartier de Bangui, considéré comme un bastion des fidèles de François Bozizé. Enfin, les colonels Bishara, Aba Tom et Yussuf Hamad sont directement cités dans des attaques menées à Bangui.

Actuellement, le nord-est du pays est contrôlé par les ex-Séléka et des éleveurs peuls armés. Ils continuent de commettre de graves exactions sur les territoires qu’ils contrôlent.
Une justice inexistante

Mais comment les poursuivre alors que la justice centrafricaine est inexistante ? Il faudra attendre. La Cour pénale internationale (CPI) a ouvert une enquête sur les crimes commis depuis 2012 en Centrafrique. Une commission de l’ONU mandatée par le Conseil de sécurité est depuis mars sur place pour établir une liste des crimes les plus graves commis depuis début 2013 et de nommer leurs commanditaires.

Dans un premier temps Amnesty appelle à ce que « des mesures soient prises de toute urgence à l’échelle locale, régionale et internationale pour reconstruire le système judiciaire et les mécanismes d’application des lois du pays ». Mais aussi à créer « un tribunal hybride, composé d’experts centrafricains et internationaux, pour juger les crimes de droit internationale et aider à renforcer le système judiciaire national » qui fonctionnerait en parallèle de la CPI. « Les mailles du filet se resserrent autour des responsables d’atteintes aux droits humains. On sait qui ils sont et où ils se trouvent. Leurs crimes sont en train d’être démontrés », insiste Amnesty international.
Sarah Diffalah – Le Nouvel Observateur
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Réactions

fofovi wilson
aucun dirigeant africain n’a commis autant de crimes que les dirigeants européens ou américains. c’est un fait historique
qu’il y ait des abus dans la gouvernance en afrique ne fait aucun doute. mais qui est derrière les chefs d’état africains, mal ou pas du tout élus? qui forme leurs gardes prétoriennes communément appelées « gardes présidentielles »?
qui accueille dans ses académies militaires des officiers de la même ethnie?
qui suggère les décisions aux chefs d’états africains, sinon les conseillers généralement « blancs »?
aucun juge de la cpi ne s’est intéressé à la guerre imposée par les états unis et leurs alliés à l’irak et qui continue de faire des victimes tous les jours? quel magistrat s’est inquiété du désastre provoqué en libye par l’intervention militaire de l’occident? qui a pensé à interroger nicolas sarkozy, david cameron, rasmussen (otan), bernard-henri lévy au sujet de l’insécurité persistante et la dissolution de l’état en libye?
les organisations comme amnesty international et human rights watch s’intéressent plus aux africains qu’aux crimes des dirigeants européens. pourquoi? jusques à quand vont-on continuer cette politique du 2 poids 2 mesures.

Jean888
C est pas de leur faute, il n y a que 60 ans qu ils sont indépendants, il n y a que 60 ans que nous formons gracieusement leurs élites qui s’installent en Europe plutôt que de faire prospérer leur pays,
c’est pas leur faute si la corruption est généralisée en art de vivre.
La bienpensance ne va pas tarder a accuser la France d’être intervenue et de dire que c’est à cause
d’elle s’il y a tant de morts innocents. Il serait grand temps que ces pays se prennent en main et que leurs élites formées en Europe retournent au pays pour y bâtir le progrès et la démocratie.

cadi slim
Tiens, la dame journaliste n’exige pas d’Israël de rendre des comptes, ce qu’elle fait toute honte bue avec les Africains.
La sensibilité de la dame est à géométrie variable?

Tigre Bleu
Comme la vôtre, Cadi. Chacun a ses propres obsessions. La vôtre est la repentance coloniale. Vous êtes juste né quelques décennies trop tard.

ti suisse
je m’en tiens à l’article, ses informations

Francois Costabella
La photo du Rom qui a été passé à tabac, la presse a choisi de ne pas la montrer. Mais une femme qui se fait démolir le visages par les bottes d’un militaire, en pleine action, ça vous n’avez pas de problème….
Vous pouvez nous expliquer ? C’est parce que c’est en Afrique et pas chez nous ?

cadi slim
Et pourtant, cette dame n’a qu’à consulter les archives militaires ou d’époque pour trouver les mêmes scènes mettant bien en relief et en pleine action de démolition de gueule de femmes, d’enfants par la soldatesque coloniale de l’époque.
Enfant de la guerre, je me souviens du nombre de fois que des « courageux soldats » me tenaient en joue à l’âge de 7/8 ans.
Mais là, la dame est bien tranquille avec sa conscience, il ne s’agit que d’africains.

Tigre Bleu
Je recommence (censure oblige): cette photo d’HOMME, a tout à fait sa place ici, puisqu’elle a été prise pendant que la présidente était officiellement investie. Ce « rebelle » a été massacré sous ses yeux et ceux de tous les officiels présents (dont un général Français écœuré). La photo illustre donc pleinement l’article.

ti suisse
je n’ai pas vu si c’était une femme, ni rom, Afrique ou x etc. ni son ‘importance’ donc..
une image, une réalité. Brutale.
Effectivement c’est plutôt assez rare. J’ai une opinion, pas dit sensibilité ou explication, sur et de l’exposition de foto violente, leur expression avec le public et/ou leur interprétation.. (incarner, élucider)
si c’est bien ou mal ? autre sujet

Tigre Bleu
Il serait plus rapide d’établir la liste des présidents qui n’ont pas de sang sur les mains. Ce continent est maudit.

cadi slim
Ce continent est maudit dans le sens où effectivement ce ne sont pas les peuples des pays qui le compose qui élisent leurs dirigeants mais la Françafrique qui les désigne.
Cela est bien connu de tous.
Alors des leçons à nous donner, on n’en veut pas.
C’est comme cela que tous les voleurs et autres abuseurs de confiance qui se font élire dans l’Hexagone profitent de ces dirigeants.
Au fait, SARKO a dégommé KADAFI pourquoi?

Tigre Bleu
Après 60 ans de décolonisation vous en êtes encore à ce stade d’immaturité?
Les Africains élisent librement leurs dirigeants, dans de nombreux pays. S’ils sont aussi corrompus les uns que les autres, ne vous en prenez qu’à vous-même.
Le seul pouvoir qu’à encore la France, c’est de soutenir selon ses intérêts un pourri contre un autre, pas de choisir ceux-ci.
Grandissez un peu au lieu de tout le temps pleurnicher et d’accuser les autres de tous vos maux.
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La contrebande de diamants centrafricains explose
LE MONDE
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Pas une pierre. Pas un carat. Depuis le 23 mai 2013 et sa suspension du processus de Kimberley – un régime de certification de l’origine des diamants bruts –, la République centrafricaine (RCA) n’a officiellement exporté aucun des diamants dont regorgent ses rivières. Un manque à gagner important pour cet Etat en faillite. En 2012, même si la majeure partie des pierres était déjà exportée frauduleusement, près de 372 000 carats sont sortis légalement du pays pour une valeur d’environ 45 millions d’euros.

Aujourd’hui, l’ambassade de France à Bangui plaide pour une levée des sanctions. L’embargo décrété deux mois après la prise du pouvoir par les rebelles musulmans de la Séléka avait pour objectif d’empêcher les groupes armés de se financer par le commerce des pierres, mais cette mesure a fait exploser la contrebande. De quoi inquiéter le Conseil mondial du diamant (CMD), qui, le 30 juin, a menacé de sanctionner tous les contrevenants à cette mesure d’interdiction. Cette déclaration du CMD fait suite à une perquisition menée deux semaines plus tôt à Anvers, dans les locaux de la société Kardiam.

Des enquêtes sont en cours pour déterminer si des pierres centrafricaines se trouvaient à l’intérieur de « lots mixés » venus de Dubaï. Plusieurs sources au fait de ces trafics expliquent que l’une des techniques utilisées pour « blanchir » les gemmes exportées de pays sous embargo consiste à les mélanger avec des pierres d’autres origines.

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