Obama : « Nous ne laisserons pas les djihadistes créer un califat en Syrie et en Irak »
Le Monde.fr avec Reuters

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Barack Obama, le jeudi 7 août 2014.
Barack Obama déclare ne pas exclure un usage élargi des frappes militaires en Irak pour aider à combattre les djihadistes de l’Etat islamique (EI) mais demande d’abord aux dirigeants politiques irakiens de trouver une manière de travailler ensemble, dans une interview au New York Times publiée vendredi 8 août.

Le président américain a autorisé jeudi l’armée américaine à procéder à des frappes « ciblées » contre les combattants de l’EI dans le nord de l’Irak, une opération limitée conçue pour prévenir, selon ses termes, un éventuel « génocide » de minorités religieuses et protéger les Américains qui travaillent dans le pays.

Lire : Nouvelles frappes américaines contre l’Etat islamique en Irak

Dans l’interview qu’il a accordé vendredi au quotidien new-yorkais, le président américain laisse entendre que les Etats-Unis pourraient aller plus loin pour aider l’Irak à repousser le groupe djihadiste, qui a déclaré un califat sur les parties de l’Irak et de la Syrie dont il a pris le contrôle. « Nous ne les laisserons pas créer un califat quelconque à travers la Syrie et l’Irak », déclare le chef de la Maison blanche. « Mais nous ne pourrons le faire que si nous savons que nous avons des partenaires sur le terrain capables de remplir le vide », ajoute-t-il.

Le président des Etats-Unis estime que les autorités de la région semi-autonome du Kurdistan irakien sont « fonctionnelles » et « tolérantes avec les autres sectes et religions ». Il dit que les Etats-Unis veulent aider. « Mais plus largement, ce que j’ai indiqué est que nous ne voulons pas faire office d’armée de l’air irakienne », rappelle le président.

REGRET DE NE PAS ÊTRE INTERVENU EN LIBYE

Barack Obama affirme regretter que son gouvernement n’en ait pas fait plus pour aider à la reconstruction de la Libye après les frappes aériennes de 2011 menées sous l’égide de l’OTAN dans le but de renverser le régime de Mouammar Kadhafi. Aujourd’hui, le dirigeant libyen est mort mais la Libye est en proie au chaos avec un certain nombre de milices qui se battent pour le contrôle du pouvoir.

« Aussi est-ce une leçon que je mets en pratique désormais chaque fois que je me pose la question : ‘devrions-nous intervenir militairement ?’, déclare-t-il. Est-ce que nous avons une réponse pour le jour d’après ? »

ISRAËL : DOUTES SUR LA POSSIBILITÉ D’UN ACCORD DE PAIX

Le gouvernement Obama essaie aussi d’encourager un cessez-le-feu à Gaza entre Israël et les Palestiniens, et a engagé des sanctions contre la Russie pour l’inciter à cesser de soutenir les séparatistes pro-russes dans l’est de l’Ukraine.

Barack Obama émet des doutes sur la capacité du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et du président palestinien Mahmoud Abbas de parvenir à des accords de paix du style de ceux de Camp David conclus en 1978 entre le président égyptien Anouar el Sadate et le premier ministre israélien Menahem Begin ou de ceux d’Oslo conclu en 1993 entre le dirigeant palestinien Yasser Arafat et le premier ministre israélien Yitzhak Rabin sous l’égide des Etats-Unis.

« D’une certaine façon, Bibi est trop fort, dit Obama à propos de Benyamin Nétanyahou, et d’une certaine façon, Abbas est trop faible pour qu’ils se rapprochent et prennent la décision courageuse qu’un Sadate ou un Begin ou un Rabin avaient la volonté de prendre. »

Il dit craindre également que son homologue russe Vladimir Poutine ne fasse pas marche arrière en ce qui concerne l’Ukraine. « Il pourrait l’envahir », déclare-t-il.
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réactions

ricardo uztarroz
Mais qui donc à enfanter les djihadistes? Après avoir créer le bordel, les Etats Unis veulent licencier les péripatéticiennes qu’ils ont recrutées. Pour cela, il faudra envoyer de la troupe au sol. Les frappes célestes n’ouvriront pas la voie du paradis. Or, l’occident n’a plus de troupes. Il s’embourbe dans tous les marécages où il met les pieds. La première chose serait de foutre la paix à El Assad qui est le premier paravent contre les fous de Dieu dont le père putatif sont les Etats unis.

Muraz : Il y a plus de mille ans l’Afghanistan, l’Arabie saoudite, le Qatar, la Syrie, etc n’existaient pas en tant qu’Etat moderne. Ne faîtes pas l’impasse sur ce qui s’est passé en Afghanistan pour déloger les Soviétiques qui étaient tout simplement tombés dans un traquenard tendu par les Etats Unis pour tenter de leur infliger un Vietnam. Quand on a une vaste connaissance historique comme la vôtre, il ne faut pas la lire comme un borgne.

PIERRE-MARIE MURAZ
Le djihad existe depuis plus de mille ans … Les USA à cette époque n’existait pas …
Pour une fois Obama se réveille …

m@m & boof
Quoi que fassent ou ne fassent pas les États-Unis, ce sera critiqué. Il est donc totalement inutile de vouloir raisonner avec les tenants d’une pseudo théorie du complot. Un délire ne peut s’attaquer par un raisonnement ou des faits. Il remplace les incertitudes de la réalité. Poutine et l’ex-URSS eux par contre ne délirent pas, comme le dit Obama, ils avancent leurs pions. Et le fascisme noir, perversion de l’Islam, poursuit son oeuvre obscurantiste. Et Hamas la sienne.

Jean-Baptiste Clamence
Ce que montrent les cartes c’est que le moyen orient est en train de se recomposer autour des ses frontières historiques: Syrie Alaouite, de la taille du Liban, califat EI englobant les Sunnite, Irak du Sud avec les Shiites non perses. Si l’Occident n’avait découpé l’empire Ottoman à la règle, ce seraient les frontières actuelles. On va continuer à empêcher ça? La région sera plus stable avec des frontières bidon? Ou bien il sera plus facile d’y vendre des armes?

44=BZH
Bien entendu, les frontieres naturelles expressions des volontés populaires sont les seules qui vaillent. L’idéal serait un referendum tous les 25 ans (1 par génération) à l’echelle de la planète. Demain nous aurions ainsi un Tibet , Catalogne, Kurdistan, Pays Basque, Corse, indépendants, 1 ou 2 états palestiniens réels, une Bretagne réunifiée et autonome…les unions ultérieures seraient elles aussi naturelles. Pour éviter les conflits, la notion de referendum est la seule à avoir du sens.

Munstead
Bien malin qui peut décider de frontières historiques dans cette région: celles des divisions administratives de l’empire ottoman? D’avant? Par ailleurs, le concept religieux de califat ne peut s’autoréduire à une région et vous oubliez, nette autres, les Kurdes, les Druzes, les Chrétiens… et les Palestiniens.

Pierrot Le Fou
Vous avez parfaitement raison. De toute évidence, le XXI siècle va être le siècle du retour aux frontières organiques, naturelles, réelles. Tant sur le territoire de l’ancien empire ottoman, que sur celui de l’ancien empire russe. L’Afrique non plus ne va pas y échapper, mais c’est autre chose. Ni les EU ni l’UE n’y pourront rien. Tout au plus arriveront-ils à retarder ce processus de recomposition. Au prix de torrents de sang. Comme en Irak, en Syrie, en Afghanistan, en Palestine, en Ukraine.

J’ai été heureux de l’élection d’Obama, mais il s’est avéré être un piètre politique. Homme sous influence, il se mêle de tout et partout, mais le fait mal. Son dilettantisme saute aux yeux, tant au Proche-Orient, qu’en Ukraine, qu’en Iran. L’Amérique est perçue désormais, comme un problème pour le monde : problème économique, politique, militaire. Là encore, il bombarde ceux qu’il a créés. Comme les Talibans, autre création des services américains. Ah, si seulement l’UE pouvait s’émanciper…
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Quand l’ombre de l’Etat islamique en Irak et au Levant plane sur l’Afrique
Le Point.fr –

L’instauration du califat par les djihadistes impacte fortement l’Egypte. Elle interpelle aussi les autres pays africains. Voilà pourquoi.
Image de combattants de l’Etat islamique d’Irak et du Levant prise à partir d’une vidéo de propagande, publiée le 17 mars 2014. Image de combattants de l’Etat islamique d’Irak et du Levant prise à partir d’une vidéo de propagande, publiée le 17 mars 2014. © Al-Furqan Media / AFP

Depuis plus d’un an, l’Egypte s’enlise dans une guerre contre le terrorisme. Les forces de sécurité, engagées dans une offensive terrestre et aérienne dans le Sinaï, y sont régulièrement la cible d’attentats. La presse égyptienne, dont une large partie est acquise au pouvoir actuel, relaie quotidiennement le récit des opérations, reprenant mot pour mot les communiqués de l’armée. Dans le nord-Sinaï, la guerre se joue à huis clos : aucun journaliste indépendant n’est autorisé à couvrir les manoeuvres de l’armée.
Le pouvoir de Sissi « traque » les djihadistes, où qu’ils se trouvent

Sur un territoire qui ne lui est pas favorable, du fait de sa taille et de l’impopularité de l’Etat parmi la population bédouine locale, l’armée dit « traquer » tous les éléments djihadistes éparpillés entre le nord et le centre de la péninsule, n’hésitant pas à bombarder des maisons entières soupçonnées d’abriter des éléments terroristes. Dix mois après le lancement de son offensive, l’armée égyptienne essuie encore des pertes importantes. Le 19 juillet, 22 gardes-frontières sont morts dans l’attaque d’un camp et d’un barrage près de l’oasis de Farafra, à l’ouest du pays. C’est l’agression la plus meurtrière contre l’armée depuis la destitution de Mohamed Morsi, en juillet 2013. Les autorités ont rapidement dénoncé une attaque terroriste liée au contexte explosif libyen et à la présence de groupes djihadistes armés et aguerris à sa frontière occidentale. Dans la presse, au lendemain de l’attaque, est apparue l’expression « eDa’ch Masr », appellation en arabe de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), accolé à l’Egypte. Pour illustrer leur article, beaucoup de médias avaient choisi l’image d’un drapeau noir d’al-Qaïda qui aurait été trouvé dans la voiture des assaillants.

Le nouveau pouvoir égyptien fait de la guerre contre le terrorisme la clé de voûte de son action politique. « De quoi le gouvernement égyptien peut-il parler hormis de la guerre contre le terrorisme ? », s’interroge Ashraf al-Shérif, professeur de sciences politiques à l’Université américaine du Caire. Pour lui, le pouvoir égyptien instrumentalise cette question à des fins de politique intérieure : « La menace djihadiste est réelle, mais celle-ci est exagérée, voire déformée, pour légitimer le pouvoir en place ».
Une allégeance du plus important groupe djihadiste égyptien au « Califat » ?

Malgré le millier de kilomètres qui sépare les deux pays, l’avancée des combattants de l’Etat islamique en Irak trouve une résonance particulière en Egypte et ce d’autant que le plus important groupe djihadiste égyptien qui sévit dans le Sinaï, Ansar beit al-Maqdis – « les Partisans de Jérusalem » -, aurait prêté allégeance au « califat » d’Irak quelques jours après son instauration le 29 juin dernier. Ce groupe a revendiqué la responsabilité de la plupart des attaques menées contre les forces de l’ordre dans le Sinaï et d’autres localités du pays. Selon plusieurs sources, le groupuscule compterait environ 2000 combattants, en grande majorité des Egyptiens originaires du Caire et du Delta du Nil. Sa naissance, elle, remonterait aux années 2008- 2009.
Un élément qui s’inscrit dans la mouvance al-Qaïda

« Le but d’Ansar Beit-al-Maqdis est également de créer un mini Emirat islamique dans le Sinaï », rappelle Ashraf al-Shérif. Le groupe s’inscrit dans la mouvance al-Qaïda, une copie conforme idéologique de l’Etat islamique en Irak. Cette relation idéologique entre les mouvements djihadistes égyptiens et irakiens n’est pas nouvelle : des ponts existaient déjà à la fin des années 2000 entre le chef d’al-Qaïda en Irak, le Jordanien Abou Moussab al-Zarkaoui, et les combattants du Sinaï », poursuit-il.

L’instabilité politique et le vide sécuritaire qui ont suivi la révolution de 2011 ont été des facteurs favorables à la circulation des combattants dans le Sinaï. L’influence d’al-Qaïda aurait été plus forte durant ces trois années post-révolutionnaires. Cela s’est notamment manifesté par l’explosion d’une dizaine de gazoducs et l’envoi de roquettes sur le territoire israélien durant l’été 2011. Pour Ashraf al-Shérif, l’élection de Mohamed Morsi en juin 2012 n’a pas freiné la dynamique. « Certes, les djihadistes considèrent que les Frères musulmans ne sont pas des vrais islamistes. Mais le pouvoir manifestait une certaine tolérance à leur égard », explique-t-il. Un an plus tard, la donne change avec l’éviction de Mohamed Morsi par l’armée égyptienne. Le nouveau pouvoir, incarné par le maréchal Sissi, se lance dans une guerre contre le terrorisme, et justifie ainsi la violente répression des partisans des Frères musulmans. Dans la péninsule du Sinaï, la guerre contre les combattants djihadistes s’annonce plus longue. « Ils profitent aujourd’hui d’un contexte régional qui leur est favorable », observe le professeur en sciences politiques.
Quid de la poudrière libyenne ?

Les victoires militaires l’EIIL et sa volonté de créer un Etat transnational galvanisent une partie des groupes djihadistes présents sur le continent africain. La guerre en Syrie a permis la circulation de combattants et d’armes sophistiquées. Elle a également poussé des jeunes Egyptiens, Tunisiens, Algériens à rejoindre les rangs des katibas de Jabhat al-Nosra ou de l’EIIL. Comme en Europe, les autorités de ces pays s’inquiètent de leur retour, alors qu’ils font déjà face à une menace terroriste sur leur propre territoire.

Mais le cas le plus alarmant est celui de la Libye. Nous sommes là face à un Etat au bord de la faillite et incapable de désarmer les milices qui contrôlent une large partie du territoire. Ce contexte explosif, permis notamment par la circulation massive d’armes pendant l’insurrection de 2011, inquiète les responsables des pays africains voisins. « Pour Le Caire, ce qui se passe en Libye menace les frontières et la sécurité nationale dont l’armée est garante », soutient Ashraf el-Shérif. « L’attaque de Farafra est certainement liée à la forte présence de djihadistes à l’est de la Libye. Ces derniers sont aguerris, bien armés et incontrôlables », poursuit-il.
L’Union africaine inquiète

L’Egypte n’est pas seule à s’inquiéter de la poudrière libyenne. La lutte contre le terrorisme était l’un des thèmes majeurs du sommet de l’Union africaine en juin dernier. Pour les chefs d’Etat africains, le précédent malien ne doit pas se répéter. Faut-il rappeler que début 2013, des combattants djihadistes venus de Libye avaient pris le contrôle de plusieurs localités du nord-Mali en quelques jours. Retenant la leçon, l’Algérie et la Tunisie, deux voisins de la Libye, ont renforcé le contrôle de leurs frontières. Preuve de la situation explosive : l’armée tunisienne est régulièrement la cible d’attaques terroristes dans le Djebel Chambi, massif montagneux près de la frontière algérienne. Depuis décembre 2012, l’armée dit y traquer des combattants proches d’al-Qaïda, et essuie des pertes humaines importantes. Ainsi, le 17 juillet, quatorze soldats de l’armée tunisienne y sont-ils morts à la suite d’une nouvelle attaque.
Vers une intervention militaire africaine ?

Peut-on imaginer que des pays africains décident d’intervenir en Libye pour des raisons de sécurité nationale ? Pour Ashraf al-Shérif, ce scénario n’est pas à exclure : « Il n’est pas impossible que l’Egypte, avec l’assentiment des militaires algériens, s’engage en Libye », dit-il. Dans la presse, les spéculations vont bon train après les récentes déclarations d’Amr Moussa, ancien ministre des Affaires étrangère et proche du président Abdel Fatah al-Sissi. « La situation en Libye est une préoccupation majeure pour l’Egypte, les pays voisins de la Libye, et le monde arabe dans son ensemble (…) J’appelle à un large débat public afin de sensibiliser l’opinion publique aux risques, et d’être soutenu au cas où nous devrions exercer notre droit à l’auto-défense », a-t-il déclaré. Cela en dit long sur l’état d’avancement de la réflexion pour une intervention préventive en Libye. De quoi conduire l’Afrique à prendre à bras-le-corps cette question du terrorisme islamiste dont l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) se veut à la fois un sanctuaire et le fer de lance.
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Après les chrétiens, les yézidis d’Irak massacrés par les djihadistes
Pierre Haski | Cofondateur Rue89

« Notre religion est en train d’être effacée de la surface de la Terre. » Depuis dimanche, et la prise au Nord de Sinjar, principale ville de cette minorité persécutée, les yézidis fuient vers le rempart kurde.

Ça s’est passé cette semaine au Parlement de Bagdad : une élue interpelle ses collègues sur le sort de la minorité yézidie en train d’être attaquée et massacrée par les djihadistes de l’Etat islamique dans le nord de l’Irak. L’émotion est forte, la députée est au bord des larmes, ses collègues restent silencieux, regardent le sol.

La jeune femme non voilée, Vian Dakhil, s’exclame alors :
« Nous sommes massacrés au nom de la doctrine “La ilaha illallah [il n’y a de Dieu qu’Allah, ndlr]”. »
« Je vous en supplie, au nom de l’humanité »

Tumulte sur les bancs musulmans de l’Assemblée de Bagdad, mais personne n’ose interrompre la sortie émotionnelle de la représentante des yézidis, interpellant le pouvoir irakien sur la tragédie humaine et politique que vit à son tour cette minorité.

« Nous sommes en train d’être massacrés. Notre religion est en train d’être effacée de la surface de la Terre, je vous en supplie, au nom de l’humanité. »

Elle termine son discours sous les applaudissements.

Les yézidis ? Vous n’en avez sans doute jamais entendu parler, mais c’est pourtant une minorité moyen-orientale dont les origines sont parmi les plus anciennes. Le calendrier yézidi nous place en l’an 6764, là où les juifs se situent en 5774, les chrétiens en 2014, et les musulmans en 1435…
300 000 yézidis dans le nord de l’Irak

Les yézidis sont rattachés aux Kurdes, notamment par la langue ; ils sont non-musulmans, adeptes d’une religion monothéiste qui tire ses racines de l’Iran ancien mais a incorporé des éléments d’autres cultes, notamment le baptême chrétien et des rites de l’islam soufi. Ils seraient de l’ordre de 300 000 dans le nord de l’Irak, avec d’autres minorités dispersées dans la région, jusque dans les ex-républiques soviétiques du Caucase.

Leur ennemi, aujourd’hui, ce sont les djihadistes de l’Etat islamique (EI, ex-Etat islamique en Irak et au Levant), qui sont passés à l’offensive en juin dernier, capturant Mossoul après avoir mis en déroute une armée irakienne qui n’a même pas combattu.

Les combattants de l’EI sont des djihadistes sunnites, alliés à d’anciens éléments de l’armée baassiste de Saddam Hussein, qui avancent, drapeau noir au vent, pour imposer leur foi et combattre les « hérétiques ». Tous les hérétiques : l’ennemi héréditaire chiite au pouvoir à Bagdad, bien sûr, mais aussi les chrétiens chassés de Mossoul, et les autres minorités religieuses au nombre desquels les yézidis.
Exécutions et exode

Dimanche dernier, les djihadistes se sont emparés de la principale ville de la communauté, Sinjar, près de la frontière syrienne, pourtant défendue par des guerriers kurdes, apparemment moins bien armés que les assaillants. Selon des témoignages, 30 personnes auraient été exécutées dans cette ville par l’EI pour avoir refusé de se convertir à l’islam.

Yezidis Irak
Capture d’écran d’une vidéo montrant des yézidis rejoindre la ville d’Erbil, dans le nord de l’Irak, après l’attaque de Sinjar, le 3 août 2014 (AP/SIPA)

La vidéo ci-dessous, postée le 3 août, montre la destruction d’un sanctuaire yézidi après une nouvelle offensive des djihadistes de l’EI, comme ils l’ont fait avec les autres symboles religieux des autres cultes.

Face à l’avancée des djihadistes, les populations yézidies s’enfuient. Selon les humanitaires des Nations unies, plusieurs dizaines de milliers de personnes seraient actuellement réfugiées dans les montagnes désertiques de Sinjar, privées d’eau et de ravitaillement. Des dizaines d’enfants auraient déjà trouvé la mort par déshydratation.

Les rares photos de cet exode ont des allures bibliques, avec des hommes, des femmes et des enfants avançant en ordre dispersé dans un paysage aride, sans un arbre.
Le rempart kurde

Persécutés avant et sous Saddam Hussein, victimes collatérales de la guerre civile consécutive à l’invasion américaine de 2003 (un blog du Monde rappelle qu’en 2007, ils avaient été victimes du pire attentat jamais commis sur le sol irakien : quatre camions suicides avaient tué plusieurs centaines de personnes et fait d’innombrables blessés), les yézidis sont aujourd’hui l’une des cibles de l’avancée du djihadisme sunnite.

Ils se tournent vers les Kurdes, auxquels ils sont apparentés, les seuls dans l’Irak d’aujourd’hui, à pouvoir assurer un rempart face à l’avancée des djihadistes bien armés et déterminés. Des milliers de yézédis se sont ainsi dirigés vers la zone autonome kurde du nord de l’Irak, protégée par les combattants peshmerga.

Les Kurdes se mobilisent pour faire face à l’avancée de l’EI, mobilisant les peshmerga et recevant même des renforts de Kurdes venus des autres pays de la région, Syrie et Turquie, et d’autres factions que celle qui contrôle le Kurdistan irakien. C’est la mobilisation générale pour un affrontement qui prend des allures de bataille décisive pour l’avenir de cette partie du Moyen-Orient et bien au-delà.

What the situation looks like on-ground in #Kurdistan and #Iraq — #RudawShingal pic.twitter.com/1sdcg5RtxX

— Rudaw English (@RudawEnglish) 5 Août 2014

Un des enjeux stratégiques est le contrôle du barrage de Mossoul (ex-barrage Saddam…), toujours aux mains des Kurdes mais dont les djihadistes souhaitent s’emparer, leur donnant un contrôle déterminant sur le nord du pays.

Autour du sort des minorités persécutées, dans l’affrontement décisif entre Kurdes et djihadistes, mais aussi dans la crise politique qui secoue le pouvoir chiite de Bagdad, c’est une partie de l’avenir du Moyen-Orient qui se joue.
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réactions

caro
Je connais des Yézides de Géorgie et d’Arménie venus demander l’asile en France en tant que minorité persécutée dans leur pays. Mais ici, personne ne veut les croire … ils m’ont souvent parlé de leurs frères d’Irak, où se trouve le berceau de leur religion. Jusqu’à peu, ils n’avaient pas de problèmes, même s’ils ne sont pas musulmans (c’était donc normal que la jeune femme n’était pas voilée). C’était sans compter sur l’arrivée d’EI. Que vont-ils devenir ? les Kurdes pourront-ils résister ? Ce qui se passe pourrait avoir un grand retentissement jusque dans le Caucase et en Turquie … mais qui s’en préoccupe puisqu’ils ne sont pas Palestiniens ? En tout cas, merci à la Rue d’en avoir parlé

cibatro
C’est vrai ça, saleté de palestiniens qui occupent l’espace médiatique.
Personne en parle… à part Le Monde, le Figaro, Libération, l’Express…. ah merde tout le monde en fait.
D’un autre côté, si un état « démocratique » de la région faisait un petit effort pour apaiser les tensions au lieu d’auto-entretenir le chaos, ça aiderait aussi.

caro
« un petit effort pour apaiser les tensions »
vous parlez sans doute du hamas qui refuse de prolonger le cessez le feu ?

101.7
« vous parlez sans doute du hamas qui refuse de prolonger le cessez le feu ? “
Le problème c’est que tant que la Palestine ne sera pas un vrai pays avec ses propres prérogatives, sa liberté et out ce que doit avoir un pays, c’est comme si on arrosait tous les jours les mauvaises herbes qu’on dénonce par ailleurs.
Le Hamas est arrosé tous les jours et les déclarations péremptoires et les fins de non recevoir quant à la création d’une Palestine sont un engrais puissant.
Une Palestine et plus de Hamas.

CaptainBlake
« Une Palestine et plus de Hamas. »
Une Palestine sans le Hamas, ça me paraît utopique. Mais ça vaudrait quand même le coup d’essayer.

101.7
« Une Palestine sans le Hamas, ça me paraît utopique. “
Il y serait mais avec les ailes coupées, puisque son fonds de commerce sur l’occupant aurait disparu.

caro
on ne négocie pas sous les bombes et les roquettes. Le hamas doit donc accepter une trêve pour les négociations. Il n’est pas en position d’exiger quoi que ce soit pour ne plus lancer de roquettes. Il faudrait qu’il mette un peu la pédale douce, si non, ça veut dire qu’il n’a aucunement l’intention de négocier.

hiaw
2000 morts apres dont une majorité de femmes et d’enfants
» Il faudrait que le hamas mette un peu la pédale douce »

lancetre
« Le Hamas doit accepter une trêve pour les négociations (…) sinon, ça veut dire qu’il n’a aucunement l’intention de négocier. »
J’ai manqué céder à l’hilarité, en lisant ces considérations empreintes de (fausse ?) naïveté.
Le Hamas n’est pas une sympathique amicale de cruciverbistes.
C’est un mouvement de fanatiques islamistes. Ils sont sincèrement convaincus que, s’ils meurent en « martyrs » ( en combattant Israël) ils prennent le TGV en première classe pour le Paradis.
Ils ne cesseront donc jamais leurs attaques. La guerre est leur carburant, leur raison de vivre…et de mourir.
Si l’on décide que les négociations seront suspendues aussi longtemps que le Hamas ne cessera pas ses violences, autant dire clairement qu’il n’y aura plus jamais de négociations.
Un gouvernement israélien responsable et courageux devrait, au contraire, poursuivre les négociations avec l’Autorité Palestinienne, en dépit du Hamas, afin de l’isoler. Israël est de toute façon protégé par le « Dôme de fer » contre les roquettes.
En 1962, lorsque De Gaulle a finalement accordé l’indépendance à l’Algérie, l’O.A.S. a poursuivi ses attentats. S’il avait attendu que tous les belligérants aient déposé les armes, les soldats français seraient encore en train de crapahuter dans le djebel.

LaoJinHu
Avec la particularité que toute la légitimité du Hamas – qui est évidente en termes de soutien populaire – découle directement de « l’attitude » de l’occupant contre la population et de l’incohérence criminelle de la « communauté internationale ».
Les négociations israélo-palestiniennes étaient menées sous l’égide d’un général putschiste égyptien ; les Etats unis bombardent des terroristes qui portent les armes qu’ils leur ont données ; ceux qu’ont veut défendre du génocide aujourd’hui, portent des armes russes et on espère obtenir le soutien des Chinois et des Russes – après l’affaire lybienne ! – alors qu’on a fomenté une rébellion armée et soutenu un putsch qui massacre ses populations ukrainiennes russophones « au nom de l’Union européenne » …

Di
Sans le Hamas, il n’y aurait plus aucune raison de bombarder des civils et coloniser leurs terres ! Voyons, vous n’y pensez pas !

Dzerjinski1917
чрезвычайный комиссар (…)
Vous venez de tomber dans le piège de cibatro qui a dévié la discussion sur ce que je justement vous dénonciez. !
Au lieu de voir le véritable danger et la véritable urgence : comment le Monde « libre » pourra-t-il retrouver une réponse matérielle adéquate et efficace à la merde dans laquelle l’invasion de l’Irak par Bush l’a foutu ? ; vous tombez dans le piège de la stratégie de la « dérivation » !
Personne ne semble réaliser à quel point le danger est grand !
Il ne s’agit pas simplement de la question d’une aide humanitaire ou pas mais bien d’une déstabilisation non pas simplement de régions lointaines, mais bien du Monde dans son ensemble.
En ce sens, le retour au vieil « alibi » palestinien, ainsi que la « réactivation » de la vieille « logique de l’ennemi » de la guerre froide, « pré – occupe » dans tous les sens du terme à la fois l’attention des bobos humanitaires (Palestine) et celle des « humanistes diplomatiques » faisant diversion du problème le plus urgent !
Entendons bien !
Je ne nie pas la nécessité de réagir au massacre de milliers de palestiniens et à l’incessante attaque que subit Israël de par des gens qui font le jeu d’EI en définitive.
Je ne nie pas non plus la nécessité de réagir -adéquatement ! –
à la création d’une dictature fasciste au coeur d’une Europe qui tombe dans le même piège de la diversion us et ne cesse de s’affaiblir par son suivisme timoré.
Simplement Pierre Haski a tout à fait raison de terminer son article par ces deux paragraphes :
« Un des enjeux stratégiques est le contrôle du barrage de Mossoul (ex-barrage Saddam…), toujours aux mains des Kurdes mais dont les djihadistes souhaitent s’emparer, leur donnant un contrôle déterminant sur le nord du pays.
Autour du sort des minorités persécutées, dans l’affrontement décisif entre Kurdes et djihadistes, mais aussi dans la crise politique qui secoue le pouvoir chiite de Bagdad, c’est une partie de l’avenir du Moyen-Orient qui se joue. »
Sauf qu’il sous-estime le danger.
Si les djihadistes prennent le barrage de Mossoul, ils contrôlent un tiers de la fourniture en énergie de l’Irak durant que son gouvernement pantin se perd en arguties dans une assemblée dont les jours sont comptés non pas seulement au sens institutionnel mais au sens de la vie concrète de ses membres.
Et on assistera à une seconde « évacuation de Saïgon » !
Mais si cette prise de contrôle du barrage par l’EI, au-delà du simple moyen de pression stratégique, devient un véritable élément de leur fanatisme destructeur, ce n’est pas des centaines de milliers de morts qu’il faudra redouter, mais en une fois plus d’un million et demi de morts ! ! ! !
Au-delà, d’ » une partie de l’avenir du Moyen-Orient », c’est le sort du monde entier qui se joue là ! ! !
Et une fois encore, les seuls à résister efficacement sont les courageux Peshmergas !
Mais ils ne pourront pas tenir seuls longtemps.
Ce n’est pas seulement le sort de l’Irak, ou même d’une partie d’une Moyen-Orient,mais bel et bien celui du Monde entier tel que nous le connaissons depuis la naissance de l’Occident, qui est, à plus ou moins long terme, aujourd’hui entre leurs mains ! ! !

Dzerjinski1917
чрезвычайный комиссар (…)
Derrière moi sur ZDF INFO, après un reportage sur « The Program » mis en place sous le gouvernement Bush et confirmé par Obama en PRISM avec une hausse du budget à 10 milliards de dollars ! , un reportage sur Bassorah, dont l’un de ses habitants dit « Avant c’était mieux. Nous sommes riches infiniment en pétrole et pourtant n’avons même pas de travail. Certes c’était une dictature mais nous ne risquions pas de mourir à chacun instant. Avant c’était mieux »
On n’est jamais sorti de la logique air america et l’Irak sera peut-être bientôt ce qu’est la vallée de Long Tieng avec aujourd’hui presque tous les Mong non massacrés exilés au Etats-Unis sous le commandement d’un Vang Pao encore sous protection !

JM BBK
oui
Et selon vous , il faut faire quoi ?
Intervenir militairement ?
Fidèle à leurs habitude , les russes et les chinois ne bougeront pas le petit doigt .
Vous allez cautionner une intervention de L’OTAN ?

Dzerjinski1917
чрезвычайный комиссар (…)
Réponse perdue. Je recommence.
Rappelez-vous que nous parlons de l’Irak !
S’il y a un rapport ici avec les Russes et les Chinois, c’est au sens où ils font partie du Conseil de Sécurité de l’ONU. Donc aucun rapport avec l’OTAN !
Ne cherchez pas à faire vous aussi diversion !
Que faire ?
Tout d’abord c’est aux américains de réparer leurs erreurs et de mettre de l’ordre dans le merdier qu’ils ont foutu en envahissant l’Irak contre toute raison et en y faisant naître ainsi Al Qaïda puis l’EI !
Je viens de réentendre pas plus tard que ce matin Tenet le directeur alors de la CIA raconter comment, arrivant à la Maison Blanche, il est assailli par Cheney qui lui répéte sans cesse qu’il faut absolument en finir avec Saddam et de commenter, je cite : « Je ne comprenais pas ce qu’il voulait dire. Il courrait dans les couloirs en criant qu’il fallait en finir avec les irakiens, alors que j’avais sous le bras le rapport qui prouvait que c’était Ben Laden ? Et on était le 12 ! le 12 septembre 2001 ! »
Donc que les américains et leurs alliés (Britanniques en tête) nettoient la merde qu’ils ont foutu.
– En faisant d’abord pression sur le gouvernement fantoche qu’ils ont mis en place afin qu’il ne tergiverse plus et agisse !
– En soutenant ensuite matériellement et aussi stratégiquement les Peshmergas qui pour l’instant les seuls à même de retarder l’avancée des fanatiques.
– En pratiquant des frappes aériennes conséquentes.
Durant la première guerre du Golfe ils ont bien détruit toute une colonne de l’armée de Saddam ce qui a précipité la fin de la guerre. Qu’ils fassent de même aujourd’hui ! En plus c’est pour la bonne cause du coup ! Si vous avez vu le terrain à partir de Google Earth, ce la n’offre pas de difficulté majeure.
– En engageant les forces spéciales dans des opérations qui consistent à éliminer les éléments dirigeants du mouvements en Irak et aussi ailleurs !
– En faisant pression sur leur amis arabes qui financent l’EI !
etc, etc…
Voilà quelques options !
Il y en a d’autres…

JM BBK
oui
Vous recommandez donc une intervention militaire américaine et Européenne.

Dzerjinski1917
чрезвычайный комиссар (…)
Non !
J’ai évoqué certaines options qui me paraissent réalistes, et réalisables.
Et que seuls les pays qui portent la responsabilité de la déstabilisation de cette région s’engagent à y aider à rétablir la paix.
Les autres pays, qui comme la France ont eu la sagesse de s’abstenir de l’aventure irakienne, n’ont pas à se mouiller autrement qu’en faisant pression dans le cadre de la diplomatie internationale sur les pays responsables !

Astro Zombie
Lost in the supermarket
Le détournement, vous l’avez parfaitement pratiqué avec l’histoire du laser truc raciste avec Obama en embrayant direct sur les nazis putschistes d’Ukraine.

Dzerjinski1917
чрезвычайный комиссар (…)
Argument fallacieux et de mauvaise foi.
Je n’ai absolument pas parlé de nazisme dans mon message de réaction au bidule lazer, mais
1/ des mères ukrainiennes qui refusaient d’envoyer leurs fils aux casse pipe !
2/ Et dans mon second message, que l’action lazer pouvait se comprendre dans le contexte d’un changement significatif d’ambassadeurs américains à Moscou.
Mais il est question d’Irak non ?
Alors qu’est ce que vous venez me parlez de l’Ukraine.
Car s’il y a un lien pertinent entre l’hostilité de certains russes à l’égard des USA et la situation en Ukraine dont on fait porter la responsabilité à la Russie qui explique l’action imbécile de ces étudiants, il n’y a aucun lien direct là entre l’Irak et la Russie ou l’Ukraine.
Vous chercher simplement à surenchérir dans le détournement. Donc aucun intérêt.

pabloescobar
En meme temps, si les Kurdes avaient collaboré avec l armée irakienne régulière hein
non ,ils préfèrent vendre le pétrole à bas prix
Et me sortez pas oui mais Saddam , car Saddam est mort Lien
Bienvenue dans ce que fut l Irak et sa balkanisation programmée
Bientôt la Syrie ! ! Et l Iran devrait suivre si la Russie est hors jeu !

Dzerjinski1917
чрезвычайный комиссар (…)
Oui je veux bien.
Mais quelle armée irakienne ?
En désintégrant totalement l’armée existante, il n’y avait pratiquement plus d’armée irakienne structurée, mais des novices pour la plupart et une absence de structure.
Les peshmergas font la guerre depuis des décennies, et contre des adversaires divers et variés.
Ils savent comment s’organiser dans le cadre d’une lutte !
Vu ce matin un documentaire allemand qui montrait que le Kurdistan prospérait de part justement ce sens de l’organisation.
Irak, Syrie, Iran, si tel est le cas, c’est bien le faux calcul de l’Amérique impérialiste qui cherche à sauver ses miches.

pabloescobar
Vous n avez pas tort , l armée irakienne est d une faiblesse extraordinaire
Surtout que l EEIL s’est baladée depuis des mois voir des années en Syrie et en Irak, tranquillou et que les Kurdes ont transmis les infos aux britanniques et aux américains , en vain .
« We had this information then, and we passed it on to your (British) government and the US government, » Rooz Bahjat, a senior lieutenant to Lahur Talabani, head of Kurdish intelligence, said. « We used our official liaisons.
We knew exactly what strategy they were going to use, we knew the military planners. It fell on deaf ears. »
he Kurds officially cannot appeal for more arms to defend themselves except through the federal government, but Mr Talabani said more could have been done.
« I have completely lost hope in America after listening to President Barack Obama, » Mr Talabani said. « I blame him personally for what has happened in Syria, in the Middle East, in Iraq at the moment. I have no hope any more.
“The British should still somehow support the Iraqi army, and what’s left of Iraq.”
“We have seen being used against us armoured vehicle, humvees, M4 and M16 rifles, howitzers, mortars,” Mr Bahjat said. “But when we asked for American weapons to help us, they refused.”
Les Kurdes avaient prévenu les chancelleries occidentales
Et les américains se sont dit “ surpris ‘ il y a peu de leur avancée rapide eux qui ont des satellites et des hommes partout dans la région .Mais lol , comment peut on prendre les gens

Dzerjinski1917
чрезвычайный комиссар (…)
Hier, un ami journaliste me demandait comment il se faisait qu’une armée irakienne forte de 100 000 hommes n’était pas parvenue à stopper l’avancée d’un colonne djihadiste de 3000 hommes ( ils seraient 20 000 – 25 000 en tout en Irak).
La petit vidéo est en ce sens éloquente.
Manifestement cette unité est sous le feu.
1/ Ils ne se mettent pas en position de combat mais font n’importe quoi.
2/ On n’entend pas de communication radio.
3/ Ils se servent du RPG comme des pieds. Le mec oublie presque d’enlever la sécurité, se met vaguement en position et envoie le missile sans viser.
Cela me rappelle une scène de la première guerre d’Afghanistan où un Moudjahidine arrive sur zone à bicyclette un RPG7 sur le dos avec son fils. Il pose le RPG contre un mur pour saluer ses copains et leur demander où est l’ennemi ( qui était en l’occurrence loin derrière eux…De fait ils attendaient une colonne de chars) Durant cela son fils (10-12 ans) commence à jouer avec le RPG qui manque de tomber et le vieux d’arriver en courant et de lui foutre des torgnoles en hurlant, renvoyant, heureusement, l’enfant à la maison . Le vieux n’a pas vu le soleil se coucher.
Pour ce qui est des Kurdes, un reportage de la TV allemande montrait hier une distribution de Kalashnikovs (sans encore les chargeurs) à des jeunes (hommes ET femmes) avec tenue des comptes ( l’officier qui distribuait tenait un carnet)
Sauf que les pauvres vieilles AK47 étaient dans un état pitoyable. Je ne vais pas m’étendre sur les avantages et es inconvénients du 7.62, mais entre les mains d’un « laïc » l’arme (surtout les versions d’avant 1966) devient hautement imprécise.
Ces jeunes ont toutes les chances de ne pas survivre contre des combattants aguerris (or, parmi les djihadistes il y a des Tchétchènes qui ont fui le régime de Kadyrov)
Mais pour revenir aux Kurdes. Vous avez tout à fait raison.
De même qu’ils ont profité de la faiblesse du gouvernement irakien pour mettre la main sur les champs de pétrole du centre est, le gouvernement irakien a joué auprès des américains pour leur couper les vivres. Mais pour cela, ils ont d’autres ressources… ,-) Ce qui risque d’ailleurs de déterminer leurs positions à l’avenir. ..
Toujours est-il que les bombardements américains ( une des options que je préconisais) ont commencé.
Malheureusement jusqu’à présent de manière trop timide.
Et surtout plus malheureusement encore, après la prise par l’EI du barrage de Mossul !
Il sera donc incontournable si l’on veut détruire l’EI en Irak de le reprendre au plus vite, à défaut de voir se commettre des actes ultimes par des fanatiques acculés !
Or pour le reprendre, la présence de troupes au sol est incontournable. Et je ne pense pas que les Peshmergas à eux seuls seront capables de le reprendre, car la première chose que je ferais si j’étais à la place de l’EI serait de le piéger prenant ainsi 1.5 millions de personnes en otages.
Seuls des forces spéciales, avec la rapidité de frappe et l’expérience du déminage seront donc à même de le reprendre.
L’engagement de troupes aux sols (delta, navyseals, etc…ce que les Russes appellent les Spetsnaz) sera donc incontournable.
Les Peshmergas ont déjà travaillé avec les forces spéciales us lors de la seconde Guerre du Golfe, en aidant à l’invasion par le Nord.
Ils l’ont d’ailleurs chèrement payé parce qu’ au moment où il s’agissait de contrer avec des missiles javelin une unité de char de la fameuse force d’Elite de Saddam, les forces spéciales ont demandé un appui aérien et l’un des avions a largué sa bombe sur un groupe de Peshmergas et des camions de ravitaillement américains qui avaient fait l’erreur de se regrouper autour d’un T70 détruit.
« eux qui ont des satellites et des hommes partout dans la région “
Satellites et surtout drones maintenant qui permettent de vérifier une info pratiquement sur le champ. Pour ce qui est des hommes, ils sont moins bien implantés qu’on ne le pense. La France joue beaucoup plus sur l’info sur le terrain que les américains.
‘comment peut on prendre les gens pour des cons aussi ouvertement ?’
C’est le fait de leur dangereux sentiment de supériorité qui les amène à déclencher des guerres avec des prétextes fallacieux ( la prétendu attaque qui a permis de déclencher la guerre du Vietnam) et à s’allier à des fanatiques plutôt qu’à des ‘marxistes’ ou des indépendants. Ben Laden plutôt que Massoud en Afghanistan, par exemple.
Et le fait aussi qu’ils calculent à court terme et/ou selon des analyses erronées.
Parce que s’il y a d’une part les analystes de la CIA et NSA, il y a d’autre part l’interprétation politico-militaire de ces analyses par les conseillers de la Maison Blanche, du Département d’Etat et du Pentagone. Et cela fait souvent une belle cacophonie !

Dzerjinski1917
чрезвычайный комиссар (…)
Une dépêche Reuters annonce deux frappes pour l’instant avec un drone et deux chasseurs sur deux cibles.

La dépêche précise que les djihadistes disposent d’armes avant tout américaines (sic)

hiaw
Sur Terre
« Que vont-ils devenir ? les Kurdes pourront-ils résister ? “
On dirait une personne qui regarde la guerre des étoiles, dark vador arrivera t’il a ses fins ? oh mon dieu les méchants arrivent

Citoyen001
Citoyen responsable
Ce qu’ils vont faire, c’est qu’ils vont s’armer et se battre bordel, voici ce qu’ils vont faire !
C’est incroyable ça. On parle de ville de 300 000 habitants qui attendent patiemment de se faire exterminés, comme des moutons pour l’abattoir. Les jihadistes sont-ils si nombreux et si forts ?
Non, ce qui manque en Irak, c’est la volonté de les combattre bien plus que les armes ou les hommes. Seuls les kurdes semblent disposés à se battre pour de vrai.
300 000 habitants, cela fait bien 50 000 ou 100 000 hommes entre 18 et 50 ans. Ce doit bien être cinq à dix fois le nombre de jihadistes.
On peut en dire autant des chrétiens et des autres minorités du pays. Et que dire de la prise de Mossoul ?
3 millions d’habitants, près de 70 000 hommes en armes (soldats, policiers, gardes et personnels de sécurité divers), et ils débandent et laissent la ville à 7000 jihadistes.

En 2003, il y avait 1,4 millions de chrétiens et 300 églises en Irak, et maintenant il en reste 500 000 et 60 églises. Ils s’imaginent quoi ? Que l’ONU ou les armées occidentales vont faire le boulot à leur place ?
C’est cette illusion de la fuite ou de l’aide extérieure qui les a détourné du soucis de se défendre eux-même.

enidlareg
en attente
Elle est bien bonne celle-là ! Faudra que vous m’expliquiez comment vous personnellement vous auriez fait, sans armes, sans commandement, face à des hommes armés, entraînés et disciplinés obéissant à des ordres clairs. Ou vous pensez peut-être que tous ces sauvages du moyen-orient ont une kalachnikov sous leur oreiller et sont près à courir vers des assaillants pour se faire tuer. L’arrivée de troupes armés dans une ville a toujours fait fuir les civils, car comme leurs noms l’indiquent, certains sont armés, d’autres non. Certains sont des soldats, d’autres non. Lors de notre prochaine guerre, j’attendrais cependant vos ordres lorsque vous organiserez notre défense, tous armés de baguette de pain que nous sommes.

vincelemat2
Fou incadrable
Il doit vivre dans un monde imaginaire. Je le vois bien, à se tortiller sur son canapé, en s’inventant toutes sortes d’actions héroïques comme un gosse.
Ça me ferait bien marrer de voir son visage se décomposer aux premiers coups de feux, avec son petit coutea

Benoît Brisefer
On nous avait pourtant dit que les Arabes n’avaient aucunement peur de la mort, qu’ils étaient friands de martyrologie et qu’ils se servaient même de leurs enfants comme boucliers humains.
On nous auraient donc menti…

Houari_Boumediene
9 avril 1948 : Massacre de Deir (…)
Les armées occidentales ont plutôt aidé a créer le chaos.
Je vous rappelle
1970 pilonnage au napalm du dhoffar par l’armée britannique
1991 protection de l’arabie saoudite
jusqu’a 2003, assassinat à petit feu du peuple irakien
2003 démembrement de l’irak et de l’identité national par la confessionnalisation de la politque

Panama_one
« par la confessionnalisation de la politique »
Vous croyez vraiment que Hussein était un laic, ; et qu’il n’a pas contribué et a confessionnaliser la politique ou à l’ethniciser s’entourant de groupes qui lui était confessionnellement proches ou d’autres qu’il protégeait pour s’attirer les bonnes grâces de l’occident ? . C’est vrai que les chrétiens n’ont jamais ete aussi heureux que sous son joug. En revanche pour les Chiites, les Yesidis, les kurdes quelque soit leur confession (en majorité chiites) ce n’était pas la même chose.

LaoJinHu
non-conventionné par la (…)
A tel point que le chef de la diplomatie, un des plus importants caciques du parti Baas et vice-premier ministre était chrétien …
Quelle que soit l’appartenance religieuse (ou l’obédience) des uns et des autres, la politique a effectivement été « confessionnalisée » par l’incohérence des « influences » étrangères, aussi bien en Irak, qu’en Libye ou qu’en Syrie.
Au regard de tout ce qui se passe aujourd’hui dans ces trois pays, il faut quand même finir par se dire que « c’était mieux avant » et qu’il y a des équilibres qu’il vaut mieux ne jamais ébranler.

Benoît Brisefer
Django is back
Il ne sert à rien de se dire que « c’était mieux avant ».
L’illusion première est d’avoir cru que ces prétendues et fragiles « équilibres », fondées sur d’infimes concessions politico-confessionnelles (un chrétien parmi la clique appartenant au clan de Saddam) et sur une main de fer étranglant la population, pouvaient être permanents ; ou de croire que l’intérêt des peuples résidaient dans leur survie (thèse ô combien occidentalo-centrée).
Malheureusement pour ces régimes, les peuples changent, de nouvelles générations arrivent, et les rapports de force internes finissent par modifier le jeu des rapports externes et d’en générer de nouveaux.

Dzerjinski1917
чрезвычайный комиссар (…)
Ce n’est pas tant que les peuples changent.
C’est que la « tolérance » occidentale à l’égard de ces régimes ne s’accompagne pas assez ni d’une aide économique réelle, et ne se soucie que de ses propres intérêts, ni d’une pression politique à « démocratiser » le régime sans en perdre le contrôle, opération que je conviens délicate.
De plus, il ne faut pas oublier l’élément géopolitique qui fait que le soutien occidental aux révolutions arabes est plus motivé par la crainte de la main-mise économique chinoise sur l’Afrique, que par quelque souci humaniste que ce soit.
Et je ne parle même pas du fait que lorsqu’il y a intervention au grand jour (Afghanistan, Irak, Libye…) ou même soutien humaniste dans les principes, subversif dans les faits, pour le renversement des régimes naguère plus ou moins soutenus, les occidentaux donnent l’impression de préférer le bordel des clans à l’implantation des Chinois.
On ne peut qu’admirer le sommet où Obama vient en Afrique discuter de la sécurité alors que depuis la Somalie, on sait bien qu’il n’y aura plus de troupes américaines (officielles) en Afrique.
Désormais, ce sont les Français qui font le boulot pour les ricains. Et après Obama vient pour la récolte.

Panama_one
« dans ces trois pays, il faut quand même finir par se dire que “ c’était mieux avant ” et qu’il y a des équilibres qu’il vaut mieux ne jamais ébranler. »
Bah oui les arabes c’est que des sauvages qui ne méritent que le bâton. C’est ça ?

LaoJinHu
non-conventionné par la (…)
En fin d’après midi ce vendredi 8, une déclaration de Marsaud, député UMP des Français de l’étranger. A écouter et à méditer un peu par les pseudo gaullistes de l’UMP, les pseudos républicains et les soi-disant démocrates interventionnistes.
Pour ne pas vous faire trop mal en écoutant, ça se résume en :
– les Etats unis ont tué l’Iraq
– la France a tué la Libye.

Panama_one
ah bah alors si Marsaud le dit…
Quelle blague.

Exodus
Le poing sur le I
« Ce qu’ils vont faire, c’est qu’ils vont s’armer et se battre bordel, voici ce qu’ils vont faire ! “
Non je ne crois pas non, ils ne vont pas s’armer et se battre, mais mourir massivement si personne ne les protège. Ce ne sont pas de combattants.
Votre commentaire montre que vous ne connaissez rien à ce peuple.

pabloescobar
étudiantquiétudie
l armée irakienne est famélique malgré son « entrainement “ US
L eeil qu’on a lourdement armé pour combattre Bachar Al assad , est très forte et très bien entrainée
Normal , puisque c’est nous qui l’avons fait ! !

Dzerjinski1917
чрезвычайный комиссар (…)
Le calcul des forces en présence, c’est une chose.
Mais le problème n’est pas que quantitatif.
D’une part, il y a chez l’Ei du matériel étonnement moderne, financé en partie et en douce par certains pays du Golfe.
D’autre part, les troupes sont entraînées et semblent suivre une stratégie coordonnée sur tous les fronts, avec le soutien de cellules dormantes progressivement activées qui sèment la terreur à l’arrière et éliminent de manière très programmatique des responsables et décisionnaires affaiblissant ainsi encore plus le pouvoir de réaction des forces Irakiennes éclatées en milices et clans qui s’entre-tuent ou du moins rivalisent de manière anarchique.
Beaucoup d’éléments même chez les Peshmergas sont peu entraînés et inexpérimentés, jeune et plein de la meilleure volonté mais sans expérience du feu.
Enfin les fanatiques de L’EI sont déterminés.
Celui qui n’a pas peur de la mort, a toutes les chance de gagner contre celui qui recule devant la mort (Hegel le savait déjà) …

pabloescobar
étudiantquiétudie
« En 2003, il y avait 1,4 millions de chrétiens et 300 églises en Irak, et maintenant il en reste 500 000 et 60 églises. Ils s’imaginent quoi ? Que l’ONU ou les armées occidentales vont faire le boulot à leur place ? »
Ils ont déjà fait le boulot à leur place en envahissant l Irak , et vos chiffres sont là pour en témoigner

Gros Con de Droite
Hulk
Ce n’est pas parce qu’ils ne sont pas Palestiniens que tout le monde s’en fout. C’est parce que leurs oppresseurs ne sont pas Juifs ni Occidentaux.

Vert_de_Terre
pirate > robot > ninja
C’est tellement vrai !
pirate > robot > ninja
doublon

Faupayélatax
Goûteur de Rue89
Ça, c’est valable pour la position officielle de la RF.
Elle soutient tout massacre perpétré par l’occident y compris l’Etat Juif que tu sépares de l’occident pour je ne sais quelle raison.
Tout le monde ne s’en fout pas, mais quand le gouvernement déconne, ça fait plusse de bruit dans l’opinion.
Un peu comme les trains en retard font plusse de bruit que les trains à l’heure.

Gros Con de Droite
Hulk
Je ne sais pas où tu as vu que les manifs pour Gaza s’en prenaient au gouvernement français ?
J’ai plutôt entendu des glapissements contre le gouvernement d’Israël
« Israel assassin, hollande complice », se criait-il dans les manifs.

Ah ok.
Hollande complice de quelque chose, ça veut dire qu’il agit. C’est pas crédible, tu es sûr de tes sources ?
C est surtout parce que c est NOUS qui les avons armés .Les Rebelles en SYRIE , c est eux ! !
En tout cas , on se rend bien compte du pourquoi de votre présence ici et du réveil soudain des médias et de Lolande .
Ca fait 6 mois que l EEIL massacre les chiites et les sunnites dans l indifférence la plus totale , et que tout le monde s en tape et au hop massacre à Gaza et soudain , l amnésie s envole , et pour ne parler que des assyro chaldéens .qui sont pourtant en sécurité au Kurdistan . …
Et non jamais ça ne justifiera le massacre des palestiniens qui , je le rappelle n ont jamais envahi l Irak à plusieurs reprises , n on jamais été armés par l occident , et encore moins pour dépecer la Syrie , ne sont responsables d aucun massacres de masse contrairement aux terroristes du Likoud ( spécialisé dans le massacre d enfants ) et de l EEIL , qui ont beaucoup de points communs ,notamment celui d être financés par les USA .
En fait , ils subissent ce que vivent TOUS les irakiens , depuis 70 ans , non seulement sans entrainer de récriminations occidentales , mais en plus avec leur aval , voir leur justification ! !
.Justifier un massacre et des déportations par la 5 eme puissance militaire mondiale , fallait le faire , les chancelleries occidentales l ont fait , avec les palestiniens ( A part les pays Nordiques dont la Suède , et l Ecosse ) .
Le double standard occidental dans toute sa splendeur .
Au moins ici , Lollande a « dénoncé “ .
Comment vous prendre au sérieux quand vous dénoncez les terroristes après ça , alors qu en plus , c’est vous qui avez armé ces terroristes ! ! !
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Les Irakiens prêts à une contre-offensive après les frappes américaines
7602085-les-irakiens-prets-a-une-contre-offensive-apres-les-frappes-americaines
Les peshmerga kurdes irakiens à 40 km à l’ouest d’Erbil, capitale de la région autonome kurde au nord de l’Irak se battent contre les forces de l’Etat Islamique bombardées par les Etats-Unis le 8 août 2014L (c)

Erbil (Irak) (AFP) – Les forces irakiennes et kurdes s’apprêtaient samedi à lancer une contre-offensive pour reprendre aux jihadistes des territoires perdus dans le nord de l’Irak, profitant de la voie ouverte par les bombardements américains contre des positions de l’Etat islamique.

La décision du président Barack Obama d’ordonner des frappes aériennes en Irak, près de trois ans après le retrait américain du pays, pourrait marquer un tournant dans le conflit qui oppose depuis deux mois l’Etat irakien aux jihadistes en permettant aux Irakiens et aux Kurdes de se redéployer.

Les insurgés sunnites menés par l’Etat islamique (EI) qui se sont depuis emparés depuis le 9 juin de vastes pans du territoire irakien, s’étaient jusqu’à présent tenus éloignés de la région autonome du Kurdistan.

Mais ce pacte tacite de non-agression a volé en éclat fin juillet, les jihadistes commençant à mettre en déroute les peshmergas, les forces kurdes.

Leur progression dans le nord du pays a jeté sur les routes des dizaines de milliers de personnes, dont de nombreux Yazidis, une communautés kurdophone considérée comme « adoratrice de satan » par les extrémistes sunnites, et des chrétiens.

– Renverser la situation –

Après les premiers bombardements américains, le temps est venu de contre-attaquer, a estimé vendredi Fouad Hussein, un haut responsable kurde, précisant que « les peshmergas vont d’abord se regrouper, puis se redéployer dans les zones dont ils étaient partis, et enfin aider les réfugiés à rentrer chez eux ».

Réputés pour leur efficacité et leur organisation, les peshmergas, qui se sont eux-mêmes emparés de zones abandonnées par l’armée, n’ont pu les protéger de l’avancée des jihadistes, sous la pression de difficultés financières et du poids que représente la sécurisation d’un territoire élargi de 40%.

Les jihadistes ne se trouvent désormais qu’à une quarantaine de km d’Erbil, la capitale du Kurdistan irakien.

Pour le ministre irakien des Affaires étrangères, Hoshyar Zebari, un Kurde qui boycotte depuis des semaines les réunions gouvernementales, l’absence d’aide militaire aux peshmergas a été une couteuse erreur.

Mais les frappes américaines ont permis aux autorités fédérales et kurdes de faire front commun pour tenter de défaire l’EI, et « maintenant, l’armée irakienne et les peshmergas se battent côte à côte », reconnaît-il.

Le chef de l’armée irakienne, Babaker Zebari, s’est lui aussi félicité vendredi que « les officiers de l’armée irakienne, les peshmergas et des experts américains travaillent ensemble pour déterminer les cibles », évoquant également des frappes américaines dans la région de Sinjar, à l’ouest de Mossoul et des opérations prévues dans « des villes irakiennes contrôlées par l’EI ».

Selon un porte-parole de la Maison Blanche cependant, les Etats-Unis entendent mener des frappes « très ciblées », et excluent d’envoyer des troupes au sol ou de s’engager dans « un conflit militaire prolongé ».

Si le flou règne sur la durée et l’étendue du soutien militaire américain, plusieurs analystes estiment qu’il pourrait quoi qu’il arrive renverser la situation.

Les frappes aérienne pourraient « affaiblir des positions de l’EI, et rendre plus facile une contre-offensive », estime John Drake, du groupe AKE, ajoutant que des frappes ciblées pourraient anéantir des centres de commandement, et perturber ainsi la hiérarchie de l’EI.

– ‘Ils risquent de mourir en masse’ –

Parallèlement aux frappes militaires, le Pentagone a indiqué tard vendredi que des vivres avaient été délivrés pour la seconde fois aux « milliers de citoyens irakiens » menacés par les jihadistes sur le Mont Sinjar, où sont notamment réfugiés de nombreux Yazidis.

L’Australie a indiqué qu’elle envisageait de participer aux livraisons de vivres, tandis que la France s’est dite « prête à prendre toute sa part » dans l’aide aux populations civiles victimes des « exactions intolérables » de l’EI, et que le Royaume-Uni a annoncé des parachutages d’aide dans les prochaines 48 heures.

La prise par les combattants de l’EI dimanche de Sinjar, bastion des Yazidis, a poussé à la fuite jusqu’à 200.000 civils selon l’ONU. Nombre d’entre eux ont trouvé refuge dans les arides montagnes environnantes, et vivent depuis sous la double menace des jihadistes et de la famine.

« Il nous reste un ou deux jours pour aider ces personnes. Après, ils vont commencer à mourir en masse », a dit à l’AFP Vian Dakhil, une députée Yazidie.

Selon Suzanna Tkalec, de l’International Rescue Committee, les Yazidis parvenus à passer en Syrie « souffrent de déshydratation, d’insolation, et certains sont sérieusement traumatisés ».

Outre les Yazidis, près de 100.000 chrétiens ont été chassés des plaines de la province de Ninive, à l’ouest de Mossoul par les jihadistes. Jeudi, en quelques heures à peine, la ville de Qaraqosh, plus grande localité chrétienne d’Irak s’est vidée de tous ses habitants, selon le patriarche chaldéen Louis Sako.

Au Kurdistan, l’arrivée massive de réfugiés augmente la pression sur cette région déjà à court d’argent en raison d’un conflit avec Bagdad sur le partage des revenus pétroliers, et l’inquiétude monte face à la progression de l’EI.
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Irak : les raisons de l’avancée des djihadistes
Le Point.fr –

Les militants de l’État islamique sont bien moins nombreux que le succès de leur offensive pourrait le laisser croire. Explications.
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Des volontaires rejoignent les troupes irakiennes pour combattre les djihadistes de l’État islamique. © AFP PHOTO/STR

En deux mois d’offensive, les djihadistes de l’État islamique (EI) se sont emparés de vastes pans du territoire irakien. Et, au cours de la semaine passée, ils ont pris aux Kurdes plusieurs villes dans la région de Mossoul (nord) ainsi que le barrage de Mossoul, réputé le plus grand du pays. Les États-Unis ont bombardé vendredi une pièce d’artillerie mobile des djihadistes, ce qui pourrait stopper leur progression, mais l’EI reste un ennemi puissant. Pourtant, selon des experts, ces djihadistes, que personne ne semble pour l’instant pouvoir réellement arrêter, ne seraient que quelques milliers. Ce n’est donc pas le nombre qui fait leur force, mais d’autres raisons :

Des armes récemment acquises

L’EI dispose de chars, humvees, missiles et autres armements lourds pris à ses ennemis lors de son offensive. Ce matériel, souvent de fabrication américaine, et notamment abandonné par l’armée irakienne lors de son retrait face aux insurgés aux premiers jours de leur offensive, a transformé les capacités militaires de l’EI. « Ils ont engrangé des quantités significatives d’équipements dont ils avaient le plus besoin », selon Anthony Cordesman, du Centre pour les études stratégiques et internationales de Washington. L’aviation américaine sera probablement plus apte à détruire cet équipement que les vieux Sukhoi de l’armée irakienne.

L’expérience syrienne

Si le groupe est né en Irak – en 2004 sous un autre nom -, c’est son implication dans le conflit syrien qui lui a permis de devenir ce qu’il est aujourd’hui. Les combats en Syrie « ont offert à l’EI un entraînement et des opportunités d’apprentissage hors pair », souligne le groupe américain Soufan, spécialisé dans le renseignement. Ils utilisent des tactiques de combat « auxquelles les Irakiens ne sont pas habitués », estime Anthony Cordesman. Ces djihadistes, présents depuis 2013 en Syrie, où ils combattent le régime mais aussi les rebelles, se sont taillé une réputation de groupe sanguinaire, avec des combattants qui ne craignent pas de mourir au combat.

Des batailles bien choisies

Pour ses combats, l’EI privilégie les zones sunnites, où il peut trouver des soutiens, des infrastructures stratégiques ou des endroits faiblement défendus, évitant ainsi des pertes superflues pour maintenir son élan et son unité interne. « Ils ont parcouru une distance considérable au cours des derniers jours, mais il s’agissait de zones très peu peuplées et ils ont rencontré très peu de résistance », selon John Drake, du groupe AKE. « L’EI est très doué pour faire fuir ses opposants quand ceux-ci sont déjà affaiblis », explique Michael Knights, expert au Washington Institute.

Une propagande efficace

Partout, l’EI est précédé de sa réputation d’extrême brutalité. Et cela lui a permis de s’emparer de villes entières sans rencontrer de résistance. Maîtrisant Internet et les réseaux sociaux, le groupe diffuse notamment des photos d’ennemis décapités. Les djihadistes diffusent une image « de cruauté presque surhumaine », selon Patrick Skinner, du groupe Soufan. À Sinjar (nord), les civils paniqués ont ainsi abandonné la ville dimanche quand l’EI a annoncé son entrée imminente. « L’intimidation est une tactique importante pour l’EI, selon M. Drake. Qu’ils utilisent ou non toutes les armes dont ils s’emparent, ils les photographient à des fins de propagande. »

Des opposants faibles

Ce qui fait la force de l’EI est avant tout la faiblesse de ses opposants. « Les peshmergas (forces kurdes irakiennes) sont assez bons (par rapport aux autres forces irakiennes), mais ils sont vraiment légers en termes d’infanterie. Ceux qui ont l’expérience d’avoir combattu Saddam Hussein ne sont plus là », explique Anthony Cordesman. Ils pâtissent également des problèmes de trésorerie du Kurdistan. Quant à l’armée irakienne, qui a tenté de se ressaisir après la débandade des premiers jours de l’offensive, elle ne rencontre pas de réels succès. « L’EI a révélé des lacunes navrantes chez ses opposants, et pour commencer le spectacle réellement lamentable de l’armée irakienne », relève Soufan. Si, sur le long terme, un meilleur entraînement et de nouveaux équipements sont nécessaires, les frappes américaines pourraient temporairement équilibrer les forces. Elles pourraient également « affaiblir des positions de l’EI, et rendre plus facile une contre-offensive », estime John Drake.
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Commentaires

Kako
@Spiridon
Bien vu ! Merci pour cette analyse. Cela me fait d’autant plus regretter l’absence de l’Europe sur les plans diplomatique et militaire. Ne parlons pas de la France qui n’en a plus les moyens depuis longtemps. Il n’y a plus guère de puissance capable de médiation et je crains que nous ne courions vers la catastrophe.

jacques42
Les djihadistes ont un matériel très moderne fourni… Par les Américains à l’armée irakienne.
Ils ont mis la main sur les stocks des casernes irakiennes.
De plus, ils sont très motivés et ont le soutien des populations du nord de l’Irak.
Ils se sont entraînés avec de nombreux combats contre l’excellente armée de Bachar El Hassad. En plus ils doivent recevoir beaucoup d’argent provenant de tous les pays islamiques proches ou lointains.
L’armée irakienne n’a aucune motivation.
Les Peshmergas kurdes n’ont pas d’expérience au combat et ne sont pas très bien équipés.

DRAGOON
Les armes ! …
… Très bien !… On nous explique que les islamistes ne sont pas nombreux mais qu’ils avancent parce qu’ils sont précédés d’une image terrifiante de sabreurs et coupeurs de têtes faisant fuir des populations entières de leurs villes ainsi que des « militaires » craintifs et mal commandés qui abandonnent en partant les armes fournies aussi bien par les américains que par les russes donnant aux troupes islamiques les équipements, les armes et les munitions dont ils ont besoin… En fait c’est « l’intendance » qui les précèdes !… Et en cas de besoin ils savent qu’il peuvent compter sur leurs fournisseurs habituels que sont les royautés sunnites du golfe persique qui jouent le double jeu de partenaires des américains pour les armes et de fournisseurs des mêmes armes pour l’EIIL… Il n’est pas étonnant dans ces conditions de trouver des armes américaines en quantité dans les mains de ces terroristes islamistes… Il suffirait seulement de détruire ces armes ou de les évacuer avant l’arrivée des djihadistes et de stopper les fournitures d’armes aux véritables patrons de l’EIIL pour que ces deux mille combattants ne puissent plus avancer faute de logistique… Il ne resterait ensuite qu’a les détruire au fur et a mesure qu’ils reculeraient… Souvenez vous de la déroute des troupes de SADDAM HUSSEIN pourtant lourdement armés lorsque les américains leur ont fait évacuer le KOWEIT !… C’est la même chose…

rinocero
Le double jeu américain
Les américains ont laissé s’étendre l’Etat islamique pour affaiblir le gouvernement irakien d’obédience chiite et trop proche de l’Iran et pour rompre ce qu’on appelle l’arc chiite constitué par l’Iran, l’Irak, dont la population est majoritairement chiite, la Syrie de Bachar El Assad et le Hezbollah. Les massacres commis par les jihadistes de l’Etat islamique sur les populations civiles et les minorités religieuses depuis l’effondrement de l’armée irakienne n’alLes américains ont laissé s’étendre l’Etat islamique pour affaiblir le gouvernement irakien d’obédience chiite et trop proche de l’Iran et pour rompre ce qu’on appelle l’arc chiite constitué par l’Iran, l’Irak, dont la population est majoritairement chiite, la Syrie de Bachar El Assad et le Hezbollah. Les massacres commis par les jihadistes de l’Etat islamique sur les populations civiles et les minorités religieuses depuis l’effondrement de l’armée irakienne devant l’offensive jihadiste n’ont pas appelé jusqu’à ce jour de réaction de la part des USA, malgré les nombreuses vidéos attestant des crimes commis par les forces islamistes. Sans doute la crainte de se réengager dans le conflit irakien a dû freiner le gouvernement américain mais cet attentisme s’expliquait aussi par cette volonté d’affaiblir l’arc chiite. L’intervention récente américaine a visiblement pour but de protéger son allié kurde dans la région plutôt que de voler au secours des minorités persécutées. S’agissant des chrétiens n’oublions pas que les américains n’ont jamais exercé des pression significatives sur les Frères musulmans lorsqu’ils étaient au pouvoir en Egypte, , pour faire cesser les persécutions des chrétiens coptes.
Par ailleurs n’oublions pas qu’une partie des jihadistes étrangers ralliés à l’Etat islamique ont pu bénéficier lorsqu’ils combattaient en Libye et en Syrie d’une aide logistique, voir d’un entraînement militaire assuré par des conseillers militaires américains.

le_persan
Les ennemis, de nos ennemis…
Bachar El Assad va redevenir très fréquentable !

georges
à SPIRIDON
Je vous cite : « Si la cruauté est efficace, c’est grâce à son impunité » Votre aphorisme est tranchant.
Je ne peux que l’approuver, notamment dans cette partie du globe, qui, depuis des années subissant les tripatouillages calculateurs du triumvirat : bush cheney rice, on ne peut que remercier Chirac d’être resté impassible et de ne pas avoir rejoint la curée américaine.
Business is business, money is money, outre atlantique, Obama le nobel est dans cet état d’esprit, plus nuancé certes, avec sa démarche altière, un phrasé de cinéma, un mélange de Sidney Poitier et d’Henry Fonda en quelque sorte, ça n’engage que moi ; pour le reste je suis observateur, et vous avez plus de renseignements que moi, reste à voir ce que l’Europe entend faire.

yabos
Beau résultat
Voila la réussite des USA qui a déstabilisé ce pays et tué Saddam Hussein pour ouvrir la porte aux islamistes. Beau résultat et partout dans le monde les Américains font cela avec la bénédiction de l’Europe. Honteux !

Spiridon
Les hypocrites
Si la cruauté est efficace, c’est grâce à son impunité. A la garantie d’impunité dont ils disposent. Financés par les Saoudiens, ils ont eu aussi une formation assurée par… Les Américains. Même, c’est avéré maintenant, Abu Bakhar machin chouette a passé 5 ans à… Guantanamo, avant de rentrer en Syrie. Quant on pense aux innocents qui continuent d’y croupir… Evidemment tout ça ne peut pas se dire, mais ça n’empêche pas des évidences clairement exposées dans les communiqués officiels :
Au tout début de l’avancée de l’EI, il y a plus d’un mois, les Américains ont fait semblant de s’inquiéter, ont évoqué l’envoi de troupes mais… Le général chef d’état major, sollicité pour commenter a prétendu : « nous manquons de renseignement au sol pour effectuer des frappes précises ». A mourir de rire si j’ose dire : sur toute la planète terre, la route entre Mossoul et Bagdad est sans doute la plus visible, la plus claire. Les pick-up armés s’y voient comme le nez au milieu de la figure, avec beaucoup moins d’ambiguité que les mariages et enterrements régulièrement drônés en Afghanistan!
Ensuite, M. Obama a finalement proposé l’envoi de troupes- 300 exactements, dont 200 pour protéger… L’ambassade des Etats-Unis !
Maintenant on se fâche, on fait de vraies frappes aériennes, sur une ou deux batteries parce qu’il y a qques américains dans le coin.
Devons-nous vraiment gober cette mascarade ?

ppjl
Vous avez vu ?
Estes vous au courant de ce qui se passe en Libye ?
la même chose c’est tout islamique endurci !
merci qui. ?

Jacques Heurtault
Réponse à Tousofns (16. 03)
Si ! La Constitution des Etats Unis limite strictement le nombre de mandats du Président à DEUX…

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