Gaspillage alimentaire : la gabegie n’est pas une fatalité !

Yaourts périmés, pommes de terre pas assez rondes… La perte s’élève à 500 milliards d’euros par an. Une « indécence morale », selon la FAO. Or, lutter contre le gaspillage est possible.
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En Europe, la gabegie alimentaire représente 179 kg par habitant et par an (MANUEL COHEN/AFP)

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Les chiffres sont effarants. Chaque année, 1,3 milliard de tonnes de denrées alimentaires, soit le tiers de la production, sont perdues ou gaspillées, selon les données de la FAO (Food and Agriculture Organisation), collectées dans tous les pays du monde. La perte s’élève à 500 milliards d’euros par an.

Une « indécence morale » pour le directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, alors que la faim frappe près d’un milliard d’individus, pas seulement dans les pays pauvres. Et une absurdité écologique, puisque que cette production en pure perte ponctionne les ressources naturelles –l’eau, les terres arables- et contribue aux émissions de gaz à effet de serre.

Rien qu’au sein de l’Union européenne, le gâchis alimentaire – on parle de ce que l’on aurait pu consommer, non pas des os de poulet ou des pelures d’orange laissées dans l’assiette – s’élève à 179 kg par habitant et par an.

L’aliment est un produit vivant, et c’est là son drame. Il se dégrade vite. Son destin est incertain, car le consommateur en bout de chaîne a l’humeur changeante. « On vit avec le climat », observe un agriculteur, qui explique que l’hiver dernier n’ayant pas été assez froid, les ménagères ont boudé le pot-au-feu. Du coup, le poireau qui accompagne ce plat roboratif s’est mal vendu. « Il a fallu les passer à la broyeuse », déplore Charles Gauthier. Ce producteur de pommes dans la Sarthe a quelques soucis pour écouler ses stocks de fruits.
Délit de sale gueule

Les normes et réglementations sont également cause de gâchis. Les calibres trop stricts que l’Union européenne imposait aux légumes – tel le concombre à la courbure excessive- et aux fruits ont disparu pour la plupart depuis dix ans. Mais les habitudes ont la vie dure, et les producteurs mettent encore de côté les cerises trop petites, les pommes de terre pas assez rondes, les carottes à deux jambes… toutes ces « gueules cassées » que produit la nature. « Elles sont considérées comme non vendables », explique Xavier Beulin, président de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles).

20% de la production initiale sont ainsi triés à la source, et envoyés soit vers les usines de soupe ou de compote, soit tout bonnement remis aux champ « pour faire l’humus dans des terres », poursuit le président de la FNSEA. Une perte nette, estimée à 750.000 tonnes par an par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME).

Des groupements de producteurs résistent. Ils tentent de convaincre la grande distribution de vendre ces fruits et légumes « mal foutus » -mais goûtus- avec l’étiquette « Quoi ma gueule ».

Quand on vous dit que les légumes moches peuvent sauver le monde !…:) #AntiGaspi #FruitsMoches #solution pic.twitter.com/YiqixG92wY
— Quoi Ma Gueule ? ® (@GueulesCassees) July 9, 2014

Ainsi, fin mars 2014, l’Intermarché de Provins (77) a vendu 30% moins cher des pommes, des oranges et des carottes dites « moches ». D’autres enseignes jouent le jeu, comme Auchan et Monoprix, mais les opérations restent ponctuelles.
carotte
Une cargaison peut aussi se voir retoquée pour des raisons plus obscures.

« Les palettes de fruits déjà triés que le grossiste me refuse, sous des prétextes divers, représentent 4 à 5% de ma production en année normale. Le temps qu’elles me reviennent, je ne peux plus rien en faire », explique Laurent Ducurtille, arboriculteur à Beaucaire (Gard), qui produit, sur ses 17 hectares, fraises, cerises, abricots et pêches nectarines.
Vendus 10 fois moins cher !

Dans les centrales d’achat et les marchés de gros, les pertes s’accumulent, sauf dispositif exceptionnel pour traiter les invendus. Comme sur le MIN (Marché d’intérêt national) de Rungis. Ce matin de juin, au Potager de Marianne, une association du réseau ANDES (Association Nationale du développement des Epiceries Solidaires). Il faut pousser de grands pans de plastique transparent pour pénétrer dans le hall réfrigéré où s’entassent les cageots de bananes vaguement piquées, de tomates cerise un peu molles dans leur emballage transparent, mais aussi des mangues, des pamplemousses, des clémentines et des ananas qui ne présentent aucun défaut apparent.
17 07 14 Rungis Potager de Marianne Légende Deux salariés.jpgA Rungis, deux salariés du Potager de Marianne préparent des livraisons pour des épiceries solidaires (Caroline Brizard – Le Nouvel Observateur)
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Dans l’espace mitoyen, les salariés du Potager, en blouse blanche, s’affairent autour de palettes emmaillotées de film plastique. « Nous préparons les livraisons pour les épiceries solidaires du réseau ANDES, les Restos du Cœur, la Banque Alimentaire… », explique Abdelouahab Belhattab, l’un des responsables, qui approvisionne 90 points de livraison en Ile-de-France. Les produits y seront vendus au dixième du prix du marché, ou distribués gracieusement. Le Potager de Marianne à Rungis récupère ainsi 200 tonnes par an.
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17 07 14 Epicerie solidaire du Réseau ANDES.jpgUne épicerie solidaire du Réseau ANDES en région parisienne (Caroline Brizard – Le Nouvel Observateur)

Mais pour ces quelques centaines sauvées de l’incinération, combien de perdues, à Rungis et sur les autres marchés de gros ?
Des dates pas si limites

La suite se joue dans les grandes surfaces, où 600.000 tonnes de denrées alimentaires dites périssables sont jetées tous les ans, selon le magazine altermondialiste La Terre. L’affichage des dates de péremption sur les produits est l’un des responsables de cette gabegie. Il y a d’une part la date limite de consommation (DLC) au-delà de laquelle le lait, le yaourt, le steak sous cellophane risquent d’être contaminés par des bactéries ou des champignons et dangereux pour la santé et ne peuvent plus être vendus. Mais l’industrie agro-alimentaire fixe ces dates de façon excessivement prudente, pour accélérer les rotations dans les rayons des grandes surfaces. Un site malin, gaspiFinder.com, fait de la résistance. Il indique le nombre de jours au-delà de la date officielle pendant lequel le produit reste bon à manger.

Il existe aussi deux autres mentions, la « Date limite d’utilisation optimale » (DLUO), et le « A consommer de préférence avant… » portées sur les produits secs, qui sont juste indicatives. Le kg de farine ou les biscuits secs restent bons bien au-delà. Seulement voilà : le consommateur confond toutes ces informations, et laisse sur les rayons ce qu’il croit périmé. Il ne reste plus à la grande surface qu’à le jeter. Pour éviter ces confusions, la Commission européenne a proposé à la mi-juin de supprimer ces mentions sur une vingtaine de produits : le sucre en morceaux, le vinaigre, le chocolat…
Récupérer malin

Ils sont de plus en plus nombreux à s’insurger contre cette économie qui gâche et jette sans vergogne. Des résistants glanent les rebuts, où qu’ils soient, pour eux ou pour les autres.
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Pourtant, cela coûte en principe moins cher aux hyper de donner que de jeter. Ils bénéficient d’incitations fiscales pour livrer leurs surplus aux Restos du Cœur, au Secours Catholique, alors qu’il leur en coûte 120 euros en moyenne par tonne pour les mettre en décharge ou les incinérer.

Mais ils en profitent peu. Trop contraignant. « Il faudrait que les magasins organisent un tri préalable, au lieu de jeter en vrac, en empilant les produits qui s’abîment », explique-t-on au réseau France des Banques alimentaires, qui récupère pour le compte des organisations caritatives.
Nous recueillons 93.000 tonnes de produits chaque année, dont la moitié auprès de la grande distribution. Ce pourrait être le double ».

« Les grandes enseignes se contentent d’imputer le coût du gaspillage aux consommateurs », résume Eric Poudelet, directeur de la sécurité de la chaîne alimentaire à la Commission européenne.

Et même si des efforts sont faits, ils restent modestes. Carrefour France s’est engagé à réduire le gâchis, en confiant cette tâche à une Direction du développement durable qui compte… 4 personnes, sur les 120.000 salariés du groupe.
L’économie circulaire, un business

Xavier Corval, la quarantaine, propose une alternative viable. Il a mûri deux ans son projet avant de lancer Eqosphere en 2012. Depuis, cette start-up installée à Paris fait florès dans le domaine du recyclage et de l’économie circulaire, celle qui consiste à remettre dans le circuit marchand des produits destinés à être jetés. « Nous gérons un réseau intelligent où se retrouvent les grandes surfaces, les services publics, les restaurants qui indiquent leurs invendus, et les associations caritatives, les épiceries sociales, les soldeurs qui y font leur marché, à charge pour nous de créer l’assemblage logistique », explique son créateur, qui travaille en partenariat avec le ministère de l’agriculture et de l’agroalimentaire.

Sur le terrain. #revalorisation #gaspillage #economiecirculaire pic.twitter.com/3RJkBaQQm0
— EQOsphere (@Eqosphere) April 4, 2013

L’idée lui est venue quand, encore étudiant à Sciences Po, il chargeait sur son scooter les reliefs d’un cocktail au Pavillon de l’Arsenal, jambons, fromages et sandwichs, pour aller les distribuer aux SDF.
Aujourd’hui, on garantit que les produits détournés de la poubelle vont trouver les meilleures solutions économiques possibles », dit-il.

Cela passe par l’amélioration des procédés de la grande distribution, où il faut éviter que la « casse » du matin, à savoir les produits retirés des rayons, ne soit empilée en vrac dans les caddys, et s’abîme. « Sur 500 kg de produits à la poubelle par jour, on sait qu’on va pouvoir en sauver entre 250 et 450 kg », précise-t-il. Séduit par la démarche, le traiteur Potel-et-Chabot a confié dès 2013 à Eqosphère la gestion de ses surplus événementiels.
A la cantine, dans les hôpitaux, à la maison…

La piste proposée par Xavier Corval est prometteuse, mais elle reste encore trop isolée. Après les grandes surfaces, le roman noir du gaspillage se poursuit dans la restauration collective, à l’hôpital, à la cantine. Le plateau-repas apporté dans une chambre aseptisée, avec ses barquettes translucides, son fromage fondu sous opercule et sa viande bouillie, repart souvent intact, direction la poubelle. Une enquête de 2011 faite par la Ligue de l’Enseignement a montré que sur les 13.000 repas quotidiens fournis aux enfants de la communauté d’agglomération de Plaine centrale du Val-de-Marne (Alfortville, Créteil et Limeil-Brévannes), 37% de la viande était jetée, 39% des desserts et 60% du pain. Une folie.

L’ultime chapitre de cette gabegie générale s’écrit à la maison. Le frigidaire est le lieu de tous les dangers: on y stocke plus que de besoin le lait, les semi-conserves, les plats cuisinés; les restes du diner y sont gardés, puis oubliés… La famille boude le pain mou de la veille : hop, poubelle ! Chaque Français jette en moyenne 20kg d’aliments par an, dont 7kg de produits encore emballés et 13 kg de fruits et légumes abîmés, ce qui représente environ 400 euros de perdus par an, selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Selon la Banque mondiale, 35% du gaspillage total se font dans les foyers, notamment dans les pays développés. Cela représente une mine d’économies. En ces temps de crise, l’ « art profond d’accommoder les restes », cher au poète Verlaine, a de beaux jours devant lui.

Caroline Brizard – Le Nouvel Observateur
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Réactions

F. Oli
Mais d’où il sort ce plouc-gardel ? Il gonfle avec son pseudo roman copié/ collé dans tous les articles. Et comment peut- on laisser passer ceci dans un journal sérieux ? Comme les yaourts , sa date limite est largement dépassée. Au rebut !

Fred Dassert
(suite et fin )Ce qui fait que dans une année il y a 3*365=1095 repas .20kg divisé par 1095 ça fait 0.018 kg soit 18 gramme soit trois fois rien !Le poids d’un tout petit quignon de pain ,LE POIDS D UNE CHATAIGNE ? Tout ça par repas sans compter tout ce qui part dans l’estomac du chien ou du chat ou des deux …………De plus comment recuperer des fonds d’assiettes ou de casseroles !Meme si on gaspillait rien du tout ,la production baisserait mais les pauvres n’en aurait pas plus que maintenant ce qui prouve que tout ça c’est un faux probleme qui sert à faire gamberger les bobos en mal de culpabilisation.

François Haist
Il faudrait des précisions sur ce que concernent les chiffres exactement.
parce que là: 179kg/an/hab dans l’UE comprenant industrie, restauration et ménages, soit à peu près 1/2 kg par jour et par personne.
rapportés à 20kg/an/hab en France comprenant seulement les ménages….
si on prends ce rapport:
http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Rapport_final_gaspillage_alimentaire_nov2012.pdf
2/3 du gaspillage dû rien qu’aux ménages, ça ne colle pas.
les 4.7M de tonnes par contre se rapportent aux chiffre moyen de l’UE.
soit 0.5kg/jour/hab toutes origines confondues.

Fred Dassert
C’est bien joli de jouer au dela des dates mais qu’advint il lorsque il y a un probleme sanitaire !Qui va assumer la responsabilité penale et civile si il y a intoxications voire décés ? La chaine du froid ne se coupe pas comme ça sans risque !Qui les assumera si il y a un probleme ? De plus ,tout ce qui part pour les confitures compotes ext…ne peut en aucun cas etre considéré comme du gaspillage puisque c’est consommé !L’exemple des poireaux non consommés passés au hachoir !Ils font un excellent compost gratuit qui evite l’achat d’engrais chimique couteux et polluant c’est donc trés ecologique !On ne parle pas de tout ce qui est recyclé par les particuliers et qui fini au compost ainsi que des restes d’aliments qui permettent de nourrir nos animaux de compagnies evitant l’achat de croquettes couteuses ? Le recyclage particulier et industriel n’est pas pris en compte par cette étude ce qui fausse tout .De plus gaspiller 20 kg par habitant et par an à l’air impressionnat comme ça mais c’est un leurre .Il y a 3 repas par jour ,midi et soir, et petit dejeuner + gouter

Eh Plougardel tu nous gonfles avec ton roman .Tu l’as deja publié on s’en souvient .De plus ta sincerité dans cette histoire est plus que douteuse et quand on est vraiment pauvre ,on n’a pas un PC et un abonnement internet! Arrete, tu vas nous faire pleurer……

Paul RAIMOND
J’ai essayé d’expliquer à une voisine âgée que les dates sont informatives et pas strictes, que ça dépend aussi de la façon dont sont conservés les produits.
Dans QueChoisir, ils ont fait des tests sur des yaourts (conservés au frais), 15 jours après la date, rien de notable niveau bactérien.
Par contre, quand il fait chaud, laisser des saucisses au soleil pendant deux heures avant de les griller, c’est déconseillé, il faudrait les jeter (les bactéries se développent).
A part la viande, le poisson, comment expliquer que du jour au lendemain, le produit devient « mauvais » ? C’est graduel.
Chez Lecl**c ici, le pain de la veille est vendu à 1/2 prix, les gâteaux en fin de « vie » administrative aussi, barquettes de saumon groupées par deux, pour ne pas avoir à jeter, et ne pas y perdre… En congelant, ça permet de consommer décalé et espacé. La viande, c’est peu intéressant, deux rôtis d’un kilo, que peut-on en faire ??
Vu que je gère mes achats (j’ai acheté un lot de trois boudins, j’en ai mangé trois midi de suite, pas de reste ni perte), seul des lombrics survivraient avec ma poubelle, et encore, seul ça fait peu d’épluchures. Un lombric alors.

Fred Dassert
Il ne vous etes jamais venu à l’esprit que les gros rotis se coupent en morceaux plus petits !

Paul RAIMOND
Ah oui, faire des steaks… 🙂 Désolé, suis un peu primaire. J’imagine qu’il y a une autre vie une fois pas vendu, même à mi-prix.
En 2010, en Suède, j’avais acheté du saumon (tranches sous vide) à demi-prix affiché, il avait comme date limite la veille. Chez nous, ça aurait été retiré la veille au soir.

topinet topinette
« Mais l’industrie agro-alimentaire fixe ces dates de façon excessivement prudente, pour accélérer les rotations dans les rayons des grandes surfaces.  »
Et c’est exact ! Il y a de cela quelques jours , tard dans la nuit , sur D8 , une émission exceptionnelle là dessus ! Les dates sont une arnaques . Les yaourt 2 mois après étaient toujours bons , plus d’acidité au goût , mais bon ! Le test a été fait par un laboratoire justement qu’utilise les industriels alimentaire et il s’avérait que le yaourt n’avait pas bougé et qu’en aucun cas il était dangereux même deux mois après la date dite « limite » .
La preuve , le même yaourt (le même lot du même jours qui sortait de la fabrique) partait dans les DOM-TOM , sa date lui était rallongée de plus de 15 jours !
En fait ceux qui se frotte les mains , sont toujours les mêmes et marre de taper toujours sur le consommateur qui est trompé et qui ne savait pas !

Fred Dassert
Vous pensez que les fabriquants de yaourts basent leur production sur les yaourts jetés !Il faut etre serrieux quand meme!Vous meme vous en gaspillez combien dans l’année des yaourts ? Moi aucun car je mange toujours ce que j’achete et je regarde les dates avant d’acheter.Les dates les plus courtes sont sur les produits de devant les nouveaux produits mis en rayon sont derriere .Je suis sur que c’est meme pas 1 % de leur vente !Pour certains produits les dates limites ne sont pas un probleme d’intoxication mais un probleme gustatif.Quand il y a marqué à consommer de preference avant le ,ça veut dire qu’a partir de cette date il va perdre progresivement ses qualités gustatives.Pour tout ce qui est en boite je vous conseille de pas trop jouer avec les dattes et pour la viande et le poisson en barquette encore moins .

topinet topinette
Merci Papa !

Fred Dassert
De rien ma fille tu vois on apprend tous les jours .Les personnes agées c’est la sagesse meme .Quand un vieux meurt ,c’est une bibliotheque qui brule ,prends en la graine ………..

ANDRE PLOUGARDEL
Je repense souvent à la période d’avant ma situation de chômeur.J’étais cadre sup dans ma boite.Je tutoyais mon directeur entre deux parties de dix-huit trous.J’étais établi.Un Plan d’Épargne Logement à la banque, un livret de développement durable, une assurance vie.J’avais un gros catcat BMW qui polluait un max,un crosssover que je prenais à chaque fois que j’allais chercher ma baguette de pain chez ma boulangère en prenant soin de mater son gros cul et ses gros nibards.Je suis un peu vicelard…Une vie de gros beauf,quoi!.Con et golfeur.Je consommais.Je polluais.L’environnement,la planète,la disparition des éléphants en Afrique,j’en avais rien à foutre.Seul comptait mon petit bonheur personnel,avec ma petite bonne femme.Temps en temps je m’offrais un petit extra,j’allais au putes ou alors j’allais mater un film porno dans un sexshop.
Maintenant,c’est dans une caravane que je partage le quotidien avec Raymond,un SDF, un ancien flic.Le seul souci c’est qu’il est homo Raymond et m’inflige « plus belle la vie » tous les soirs.Il aime bien revoir ses potes d’avant.Un cauchemar.
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La fin du gaspillage alimentaire dans les grandes surfaces ?
Le Monde.fr

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Une proposition de loi veut obliger les grandes surfaces à faire don de leurs invendus alimentaires aux associations caritatives.
Pour lutter contre le gaspillage alimentaire, qu’ils qualifient de « fléau de notre société de consommation », soixante-trois députés de tous bords politiques ont déposé, mercredi 30 juillet, une proposition de loi pour contraindre les grandes surfaces de plus de 1 000 m2 à donner leurs invendus alimentaires encore consommables aux associations caritatives.

« Disposant d’une logistique et d’un stock importants, les grandes surfaces peuvent ainsi pratiquer plus facilement que des particuliers le don alimentaire. Néanmoins, cette démarche ne repose que sur la seule volonté des exploitants. Un caractère plus systématique voire obligatoire devrait donc être inséré à cette démarche en modifiant la législation en vigueur », explique le texte, déposé à l’initiative du député du Nord (apparenté UMP) Jean-Pierre Decool, qui s’inspire d’un décret similaire adopté par le Parlement wallon en février.

Selon la Commission européenne, l’origine du gaspillage dans les vingt-huit pays de l’Union européenne proviendrait pour 42 % des ménages, pour 39 % de l’industrie agroalimentaire, pour 5 % des détaillants et pour 14 % de la restauration. En France, chaque grande surface produit 200 tonnes de déchets par an — sans que l’on connaisse toutefois la part de denrées consommables. Les habitants, de leur côté, jettent 20 kilos d’aliments par an, dont 7 kilos encore emballés.

30 % DES DONS VIENNENT DÉJÀ DE GRANDES SURFACES

« Cette proposition de loi est une bonne chose car elle va permettre d’augmenter la collecte de produits invendus, certains supermarchés pouvant donner davantage. Mais l’approche contrainte nous met mal à l’aise », affirme Maurice Lony, directeur fédéral des banques alimentaires françaises, dont les quatre-vingt-dix-huit banques et antennes redistribuent les denrées alimentaires à cinq mille trois cents associations locales.

Un caractère obligatoire qui émeut également la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD). « Pourquoi ajouter une contrainte alors que les grandes surfaces donnent déjà quotidiennement ? s’interroge-t-on à la FCD. Sans compter qu’il est absurde de vouloir donner tout ce qui est invendu : beaucoup de produits, comme les poissons, crustacés ou pâtisseries fraîches, font l’objet d’un encadrement sanitaire très précis. »

En 2012, les mille quatre cents hypermarchés français ont donné 32 000 tonnes de denrées (+ 15 % par rapport à 2011), soit l’équivalent de 64 millions de repas, lors des opérations quotidiennes de « ramasse » — quand les associations font la tournée des magasins pour récupérer les invendus. Au total, les grandes surfaces contribuent pour 31 % aux dons récoltés par les banques alimentaires, devant l’industrie agroalimentaire et les agriculteurs (24,5 %) et le grand public (13,5 %) — ces dons sont complétés par les programmes d’aide européen et français (31 %).

NORMES D’HYGIÈNE ET SÉCURITÉ SANITAIRE

« Le texte nécessitera une concertation entre les tous les acteurs concernant ses modalités d’application, qui restent à définir, ajoute Maurice Lony. Il faudra résoudre les questions de logistique pour récupérer tous les dons, assurer la redistribution et respecter les normes d’hygiène et de sécurité sanitaire. Qui va payer pour tout ça ? » Pour respecter la chaîne du froid des produits frais, surgelés ou de la viande, les associations doivent par exemple disposer de camions réfrigérés et de chambres froides.

« Nous récupérons beaucoup de produits dont la date limite de consommation expire sous un jour ou deux. Nous devons donc être capables de les récupérer et les redistribuer très vite », poursuit Maurice Lony.

Dans l’immédiat, la proposition de loi doit encore trouver une niche parlementaire du groupe UMP afin d’être inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale.

Lire : Le vaste chantier de la lutte contre le gaspillage alimentaire

Audrey Garric
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réactions

Seras
Pour quoi encore faire une loi. Ne faut-il pas modifier les lois qui pénalisent ces magasins si une personne est malade après avoir consommé ces invendus. Toujours vouloir contraindre au lieu de comprendre .

henri
il faudrait peut etre en contrepartie arrêter de laisser éventrer les sacs poubelles par les récupérateurs de tout poil cela pose un gros problème d’hygiène à Paris surtout en plein été

Visiteur Londonien
C’est bien quand les parlementaires font du travail utile et moins bataille de chifonniers non? Ici en GB, les boutiques de sandwiches distribuaient leurs invendus gratuitement a la fermeture ou les laissaient en self-service. Jusqu’au jour ou ils prirent peur des risques sanitaires plus ceux lies a de possibles poursuites. Resulat: ils mettent tout dans une benne, asperge d’eau de javel et ferment a cle. Gachis. Les supermarches font du rabais au moins….

Claire SAUVAGE
On pourrait également apprendre à se dės-habituer de voir les linéaires toujours pleins. Ce qui engendre toujours plus de volumes d’invendus… On pourrait s’interroger sur les DLC sur certains produits (confiture…)… Manger un yaourt « périmé » depuis quelques jours ne m’a jamais rendu malade… Un toubib me disait que mettre des dates de péremption sur les médicaments secs càd de type comprimés était une aberration car ils ne perdaient pas leur efficacité. Bref y a de l’espoir 🙂

jules
les dates de péremption sur les médicaments sont probablement utiles ! ! ! de même que les plantes qui peuvent être considérées comme des médicaments secs La remarque de votre toubib est bizarre car tout produit quel qu’il soit se dégrade avec le temps
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Vers la fin du gaspillage dans les grandes surfaces

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Chaque année, des millions de tonnes d’aliments sains finissent à la poubelle. P.HUGUEN / AFP

ALIMENTATION – Une soixantaine de députés viennent de déposer une proposition de loi pour obliger les grandes surfaces à faire don de leurs invendus alimentaires aux associations caritatives…

L’initiative existe déjà en Belgique et en Italie et pourrait bientôt s’importer en France. Ce mercredi, une soixantaine de députés de tous bords ont déposé une proposition de loi initiée par Jean-Pierre Decool, député dans le Nord, pour contraindre les grandes surfaces de plus de 1.000 m² à faire don de leurs invendus alimentaires encore consommables aux associations caritatives.
Enrayer un gaspillage à grande échelle

Pour Jean-Pierre Decool, le «phénomène de gaspillage sociétal à grande échelle» doit être enrayé. «Même si aujourd’hui les grandes surfaces font déjà des dons importants, ce n’est pas suffisant, et encore trop d’aliments finissent à la poubelle alors qu’ils sont encore sains et frais», déplore le parlementaire, qui «souhaite mettre en place des mesures coercitives pour pousser les grandes enseignes à donner davantage».

Un avis partagé par Maurice Lony, directeur fédéral des banques alimentaires françaises, où «plus de la moitié des denrées distribuées sont des aliments sauvés qui étaient destinés à être détruits». «Nous sommes satisfaits de cette proposition de loi, qui institutionnalise une pyramide de valorisation alimentaire où le don est au sommet», assure-t-il. Chaque année, les banques alimentaires récupèrent 32.000 tonnes de denrées auprès des grandes surfaces.
Des difficultés d’application à prévoir

La proposition de loi fait consensus, mais des difficultés d’application sont néanmoins à prévoir. «On attend la phase de concertation avec les associations», déclare Maurice Lony. Si le texte prévoit que des agents habilités vérifient que les grandes enseignes respectent cette obligation nouvelle, pas sûr qu’en pratique les effectifs soient suffisants pour assurer un contrôle efficace. Sans parler des questions de logistique. «Nous avons les moyens humains et logistiques de récupérer de grandes quantités de nourriture mais ce n’est pas le cas de toutes les associations», explique Maurice Lony.

Produits frais, surgelés, viande, autant de denrées alimentaires qui nécessitent un respect scrupuleux de la chaîne du froid. «Il faut des camions réfrigérés et des chambres froides, et il faut s’assurer que les produits à dates de consommation courtes soient distribués en quelques heures. Qui va payer pour ça? Tout est dans la mise en œuvre du texte, le diable est dans les détails», estime le directeur fédéral des banques alimentaires. Le réseau national récupère chaque jour des denrées qu’il redistribue auprès de 5.900 associations partenaires qui, seules, n’auraient pas la capacité de gérer de telles quantités.
Comment ça se passe chez les voisins

Le texte français s’inspire du modèle belge, qui contraint les grandes surfaces à donner plus pour jeter moins. En Italie, le législateur a instauré «la loi du bon Samaritain», qui protège les entreprises de la filière alimentaire en limitant leur responsabilité civile et pénale pour les produits qu’elles donnent aux organisations caritatives. Une mesure qui booste les dons mais que Maurice Lony ne souhaite pas voir appliquée dans l’Hexagone. «Cette responsabilité est une garantie de qualité et de sécurité des aliments pour les bénéficiaires de cette aide», estime-t-il.

Mais l’objectif des associations reste «d’augmenter la redistribution des aliments sauvés», assure Maurice Lony. «D’abord parce que le gaspillage n’est pas tolérable quand tant de personnes ne peuvent se nourrir», déclare-t-il. «Surtout dans un contexte de crise morale, économique et financière», renchérit Jean-Pierre Decool. Aussi parce que cela assurerait une plus grande autonomie aux associations caritatives, dont les aides européennes risquent d’être revues à la baisse.
Anissa Boumediene
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contributions

Thaurus
Et la responsabilité pénale??? Personne n’en parle, mais c’est de cela qu’il s’agit! Si un grande surface « offre » les marchandises en dépassement de DLU… elles sont responsable au pénal! Même si la marchandise est volée dans les poubelles!!!
C’est une loi pour rien! Il suffit de faire sauter cette possibilité de sanction pénale… et les commerçant offriront d’eux même leurs invendus!

lala43
C’est vrai pour la DLC (certains produits frais) mais pas pour la DLUO (tout le reste).

Euro-Bruno
Enfin, quand on voit que tout ça fini dans des poubelles je trouve ça plutôt honteux

paujo3
et ceci que vous ne connaissez pas, les dlc pour le même produit laitier est deux fois supérieur dans les dom tom ce qui veut dire que les produits en métropole sont encore bons plusieurs semaines aprés la date.

bt1100
Il n’y a aucun problème pour l’industriel. Le prix de vente au départ tient déjà compte que le produit risque de ne pas se vendre dans les temps et qu’il sera donné à une assoc. Ce sont les clients premiers qui paient ce risque sans le savoir. Une sorte de CSG supplémentaire qu’on nous applique !
Par ailleurs c’est bien moins cher de donner des produits « limite » que de devoir débourser de l’argent pour les détruire

Didiercmoi
Il y a encore beaucoup de progrés à faire concernant notre alimentation :
– les emballages
– les cout élevés dus à beaucoup d’intermédiaires qui se gavent
– le gaspillage
Et concernant les produits, les conservateurs, les fruits et légumes qui n’ont plus de gout et j’en passe et des meilleurs!

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