Nadine Gordimer, l’« Africaine blanche »

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L’écrivain sud-africaine Nadine Gordimer en 2006.

L’écrivaine et activiste politique sud-africaine Nadine Gordimer, Prix Nobel de littérature en 1991, s’est éteinte chez elle, à Johannesburg, dimanche 13 juillet. Elle était âgée de 90 ans.

On la reverra toujours, dans les locaux du Monde, rue Falguière. Elle était venue pour une interview, il y a vingt ans exactement, au printemps 1994. Son recueil de nouvelles L’Etreinte d’un soldat (Christian Bourgois) venait de sortir en français. Mais surtout, peu avant, le 27 avril, avaient eu lieu les premières élections multiraciales. On l’entend encore, enthousiasmée par le bouleversement politique que venait de connaître son pays, et racontant avec fougue – elle qui était pourtant connue pour sa lucidité et sa mesure – ce jour historique qu’avait été « the Election Day ».

« ALLEZ À JOHANNESBURG ! »

Elle décrivait le bureau de vote installé dans l’église près de chez elle, « la queue dès 7 heures du matin », les gens « avides de s’exprimer » et, entourant tout cela, « une atmosphère magnifique de respect et de crainte ». « Allez à Johannesburg, nous avait-elle dit. Il y a dans l’air un sentiment d’euphorie qui persiste. Les Noirs sont plus confiants, les gens se sourient sans raison… » Elle avait alors 71 ans. Frêle et élégante silhouette illuminée par un regard vif, presque tranchant. Comment l’avait-elle vécu elle-même, cet « Election Day » ? « J’ai voté, nous avait-elle dit simplement. J’étais émue. »
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L’écrivaine sud-africaine Nadine Gordimer, qui s’était opposée au régime d’apartheid et avait obtenu le prix Nobel de littérature en 1991, est morte à l’âge de 90 ans, a annoncé lundi 14 juillet sa famille dans un communiqué. Elle est morte paisiblement durant son sommeil, dans sa maison de Johannesburg en présence de ses enfants, précise le texte.

Lire la dernière interview accordée par Nadine Gordimer au Monde : « Savoir qui est un homme dans l’espèce humaine »

« Ses plus grandes fiertés », rappellent ses enfants dans leur communiqué, ce « n’était pas seulement d’avoir reçu le prix Nobel de littérature en 1991, mais aussi d’avoir témoigné [à un procès] en 1986, contribuant à sauver la vie de 22 membres de l’ANC [le Congrès national africain], tous accusés de trahison ».

PLUME SOBRE

Née le 20 novembre 1923, l’écrivain était la fille d’immigrants juifs venus d’Europe de l’Est. Sud-Africaine, elle avait toujours refusé de quitter son pays, même aux heures les plus sombres de l’apartheid, le régime de ségrégation raciale en place entre 1948 et 1994.

Auteur de quinze romans et de nombreux volumes de nouvelles, elle a ausculté les maux de sa société d’une plume sobre et sans concession. Depuis l’avènement de la démocratie en 1994, elle n’hésitait pas non plus, malgré son grand âge, à pointer les défauts du nouveau pouvoir des successeurs de Nelson Mandela.

Engagée dans la lutte contre l’apartheid, la romancière sud-africaine s’est éteinte à l’âge de 90 ans.
L’écrivain sud-africain Nadine Gordimer à Rome en 2006. (TIZIANA FABI – AFP) L’écrivain sud-africain Nadine Gordimer à Rome en 2006. (TIZIANA FABI – AFP)

Prix Nobel de littérature 1991, engagée dans la lutte contre l’apartheid, la romancière sud-africaine Nadine Gordimer est morte dimanche 13 juillet à l’âge de 90 ans, a indiqué le cabinet d’avocats Edward Nathan Sonnerbergs.

Le cabinet a publié lundi un communiqué de la famille précisant que Nadine Gordimer était morte paisiblement durant son sommeil, dans sa maison de Johannesburg.

« Ses plus grandes fiertés », rappellent ses enfants dans leur communiqué, « n’était pas seulement d’avoir reçu le prix Nobel de littérature en 1991, mais aussi d’avoir témoigné (à un procès) en 1986, contribuant à sauver la vie de 22 membres de l’ANC, tous accusés de trahison ».
Une « magnifique écriture épique »

Née le 20 novembre 1923, l’écrivain était la fille d’immigrants juifs venus d’Europe de l’Est. Sud-Africaine, elle avait toujours refusé de quitter son pays, même aux heures les plus sombres de l’apartheid, le régime de ségrégation raciale en place entre 1948 et 1994.

Auteur de quinze romans et de nombreux volumes de nouvelles, elle a ausculté les maux de sa société d’une plume sobre et sans concessions.

En lui donnant le prix Nobel de littérature juste après la libération de Nelson Mandela, l’Académie suédoise avait salué sa « magnifique écriture épique ». « Elle [dépeignait] des relations personnelles et sociales extrêmement complexes dans son environnement, confrontant les lecteurs au visage du racisme », avait-elle commenté.

Depuis l’avènement de la démocratie en 1994, elle n’hésitait pas non plus, malgré son grand âge, à pointer les défauts du nouveau pouvoir des successeurs de Nelson Mandela.
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Patrick Gerassi
L’occasion de rappeler que pendant que la courageuse Nadine Gordimer luttait contre l’apartheid, Joao Durao Barroso était au ministère des affaires étrangères portugais lorsque Lisbonne vota, à l’ONU, contre un projet de résolution demandant la libération de Nelson Mandela.

ANDRE PLOUGARDEL
Les grands esprits ne meurent pas.Ils partent en voyage de noce.

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