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le dirigeable Airship s’apprête à prendre son envol sur le tarmac de l’aérodrome de Pontoise Basile Dekonink

ACTIVITE – L’entreprise Airship propose à ses clients de survoler le Val-d’Oise à bord de l’engin…

«Avant de monter dans l’appareil, je vous demanderais de vous ranger deux par deux. Vous suivrez chacun de mes mouvements, en restant groupés et compact. Quand je vous ferais signe, vous avancerez pour grimper dans l’appareil, et en aucun cas vous ne devrez vous arrêter pour regarder quelque chose ou prendre une photo.»

Si ces consignes de sécurité ne vous disent rien, c’est normal. Elles devraient en revanche rappeler quelques souvenirs à ceux qui ont eu la chance de monter un jour à bord d’un dirigeable, cette baleine des airs qui se promène dans les nuages et fait ressurgir dans nos esprits des images venues du début de siècle dernier. Embarquer à bord d’un tel engin doit se faire avec précaution, car le ballon peut tanguer à cause du vent.

Le dirigeable, véhicule d’un autre temps? Pas du tout, du moins plus du tout depuis que la France en accueille un plus léger que l’air sur ses tarmacs. Basé à l’aérodrome de Pontoise (Val-d’Oise) et exploité par la société Airship, l’engin survole depuis début juin le département dans une promenade à couper le souffle. L’Isle-Adam, les châteaux de Chantilly et de Mery, l’abbaye de Royaumont…

Les plus beaux sites de la région sont à découvrir ou à redécouvrir, à 300 mètres de hauteur. «A 300 mètres, c’est comme si vous étiez en haut de la tour Eiffel», détaille Franck Glaser, directeur commercial d’Airship. «On peut monter jusqu’à 2.000 mètres, mais 300 c’est la meilleure altitude pour permettre aux passagers d’apprécier au mieux les paysages que nous survolons.»
«Ce n’est que la première étape»

Long de 75 mètres, soit deux de plus qu’un A 380, la vitesse moyenne de ce dirigeable est de 60km/h, et le cockpit peut accueillir jusqu’à douze personnes. Comparé à l’Hindenburg et ses 246 mètres de long, qui transportait parfois plus de 100 personnes (équipage compris), cela paraît peu. Mais l’engin demeure très impressionnant, notamment durant les phases d’atterrissage et de décollage, au cours desquelles les sensations sont garanties. Et cette fois, aucun risque de voir le ballon exploser en plein vol, comme lors de l’accident qui avait mis fin à son aîné le 6 mai 1937: «Le ballon est gonflé à l’hélium, qui est un gaz très stable et qui n’est pas inflammable comme le dihydrogène qui remplissait le ballon de l’Hindenburg», poursuit Franck Glaser.

De juin à septembre, on peut donc apercevoir ce dirigeable en balade francilienne. Et pourquoi pas s’offrir un tour. «Nous proposons des vols de 30 minutes ou d’une heure. Ce sont des vols destinés aux touristes mais aussi aux entreprises, avec la possibilité de privatiser le dirigeable», résume le directeur commercial. A bord, l’ambiance est bonne enfant, chacun profitant de la vue et se déplaçant librement dans l’appareil. Isabelle, l’hôtesse de l’air, dont l’arrière grand-père était mécanicien sur l’Hindenburg, donne les instructions avec un large sourire. Il est même possible de s’adresser aux pilotes pour en apprendre plus sur cette étrange manière de voler…

Mais le dirigeable n’a pas qu’une vocation de plaisance, il peut aussi servir. En effectuant des mesures de pollution, par exemple. Ou en réalisant des missions de fret. Quoi qu’il en soit, on n’a pas fini de voir le géant des airs surplomber la région parisienne: «Ce ballon n’est que la première étape, et le dirigeable fait partie des vingt-quatre chantiers de l’industrie française recensés par Arnaud Montebourg», conclut Franck Glaser. Pour le plus grand bonheur des amateurs de l’engin, qui découvrent au cours de ces balades une autre façon de voler, véritable éloge à la lenteur.
Basile de Konink et Rapahël Couderc

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