Réforme territoriale : les 8 gaspillages les plus fous

Depuis 30 ans, le millefeuille des collectivités locales a engendré un monstre. Musées, aéroports, autoroutes… : passage en revue des pires doublons, gabegies et gouffres financiers.
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Le chantier du train Genève-Annemasse, bloqué côté français. (Anna Pizzolante/REZO.ch) Le chantier du train Genève-Annemasse, bloqué côté français. (Anna Pizzolante/REZO.ch)

La réforme Hollande mettra-t-elle un terme à l’addition de gaspillages dans les collectivités locales ? Depuis trente ans, les effectifs et les dépenses gonflent, sans amélioration pour l’usager.

Mais pas si facile de tailler dans le millefeuille ! 36.700 communes, 2.100 intercommunalités, 13.400 syndicats de communes, 101 départements et 22 régions métropolitaines… A elle seule la France cumule 41% de toutes les collectivités de l’Union européenne. Un record. Et en dépit des rapports qui s’empilent sur les bureaux ministériels, aucun gouvernement n’est parvenu à juguler la croissance d’une administration territoriale qui compte désormais 1,9 million d’agents et engloutit 12% du PIB.

De décentralisation en transfert de compétences, les collectivités et leurs administrations forment désormais un Etat dans l’Etat défendu par 562.000 élus jaloux de leurs prérogatives. Au point de multiplier les folies et les dérapages financiers comme en attestent, au gré de leurs enquêtes, les cours régionales des comptes. A chacun son centre omnisports, sa patinoire, ses ronds-points, son hôtel de ville, de département ou de région…

Manuel Valls en sait quelque chose qui refusa, lorsqu’il était encore maire d’Evry, de faire station d’épuration commune avec son voisin, Serge Dassault, maire de Corbeil-Essonnes. Coût de cette bisbille : 10 millions d’euros. Une paille !

Notre tuyauterie politico-administrative, hélas, fuit de toutes parts. Deux musées maritimes à Biarritz, un hôtel de région à 80 millions d’euros en Auvergne, des comités du tourisme qui se gobergent… Grisées par leur autonomie financière, les collectivités ont souvent dépensé sans compter finançant leurs ambitions par l’endettement – 136 milliards d’euros – et la hausse continue des impôts locaux.
1Deux musées de la mer à Biarritz : 41 millions d’euros
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Le musée de la mer de Biarritz, réhabilité.
(Gaizka Iroz/AFP)

Conçue par l’architecte new-yorkais Steven Holl, la Cité de l’Océan de Biarritz a plutôt fière allure avec ses murs aux formes incurvées et ses façades de verre tournées vers la mer. Le hic, c’est que la construction du bâtiment à vocation ludo-scientifique et l’agrandissement conjoint du vieux Musée de la Mer ont coûté à la ville la bagatelle de 41 millions d’euros. Une pilule que les Biarrots ont du mal à avaler.

Deux musées de la mer dans la même ville, c’est au moins un de trop, d’autant que la fréquentation du nouveau est loin d’être au rendez-vous. « J’ai toujours été persuadé que ce serait un bide intégral, s’énerve Jean-Benoît Saint-Cricq, conseiller municipal d’opposition (divers droite). Le Musée de la Mer faisait 200.000 visiteurs par an. Il fallait être fantaisiste pour penser que la Cité de l’Océan en drainerait 500.000 ! »

Pour lui, pas de doute, Didier Borotra, l’ancien maire (MoDem), a eu la folie des grandeurs et endetté dangereusement sa ville par un montage financier hasardeux avec le groupe Vinci (sous forme d’un partenariat public-privé). « Non ! La Cité de l’Océan n’est pas un gouffre financier, se défend le nouveau maire, elle a juste un démarrage difficile… »

2 Le musée fantôme du cinéma à Angoulême : 13 millions d’euros
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Les « chais Magelis », qui abritent le musée de la bande dessinée. Le musée du cinéma, lui, a coûté 13 millions d’euros sans jamais ouvrir ses portes. (Romain Perrocheau/AFP)

C’est une histoire digne d’un film catastrophe. Dix ans que le Musée du Cinéma d’Angoulême aurait dû ouvrir ses portes, dix ans que ses trésors dépérissent sans que jamais un visiteur n’ait pu les admirer. Les cinéphiles auraient pourtant apprécié l’éclectique collection (projecteurs rares, reproductions de décors de films mythiques…). Seulement voilà : en juillet 2004, le conseil général, tout juste raflé à l’UMP par le PS, annule l’inauguration des lieux. Le coût de fonctionnement a été mal évalué, et personne n’a pensé à demander les autorisations indispensables !

« L’équipe en charge du projet n’avait pas négocié les droits d’exploitation des oeuvres reproduites », confirme un journaliste de « Charente libre ». Le département confie alors la gestion de l’épineux dossier au Pôle Image Magelis, la structure de développement des métiers de l’image en Charente. L’idée d’élargir le musée à l’animation surgit, puis tombe aux oubliettes. Le temps passe, les lieux restent fermés.

Contacté, le conseiller régional (PS) Robert Richard, président de Magelis, n’a pas souhaité s’exprimer. Dans un rapport de 2012, la chambre régionale des comptes d’Aquitaine Poitou-Charentes a fait les comptes : 13 millions d’euros pour l’édifice – dont 2,5 millions de subventions européennes – et 125.000 euros par an de charges et de gardiennage. En novembre 2013, le conseil général brandit le clap de fin.

3Deux aéroports (Grenoble et Lyon) à 50 km d’écart
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L’aéroport de Lyon Saint-Exupéry.
(Roussel/Sipa)

« Franchement, qui prend l’avion à Grenoble ? Déjà qu’il n’y a pas foule à Saint-Exupéry », ironise une retraitée lyonnaise peu sensible à la complexité du paysage aéronautique local. Il faut dire qu’une cinquantaine de kilomètres séparent l’aéroport de Grenoble-Isère – 337.000 passagers l’an dernier – de celui de Lyon-Saint-Exupéry (8,5 millions). Le premier, après avoir failli disparaître du paysage isérois, a connu une nouvelle jeunesse grâce à la loi de décentralisation de 2004 et sa reprise en main dans le cadre d’une délégation de service public par Vinci Airports et Keolis.

Au programme : charters pour les sports d’hiver et vols low cost. Anthony Martin, son actuel directeur, certifie développer « un modèle économiquement viable ». La concurrence avec Lyon ? « Ils essaient bien de nous prendre la clientèle ski, mais on résiste ! » Pourtant, côté lyonnais, le président du directoire, Philippe Bernand, compte bien prendre sa part du marché alpin. « Nous sommes la porte naturelle des Alpes », martèle-t-il en soulignant que son voisin casse les prix tout en bénéficiant de subventions publiques.

Mais, pour lui, le vrai sujet d’achoppement concerne Paris. « En France, tout doit passer par Paris. Les freins politiques sont là », regrette-t-il. Un avis que partage l’ancien maire de Grenoble et député de l’Isère Michel Destot (PS). « A Lyon comme à Grenoble, on était d’accord pour faire monter Saint-Exupéry en puissance. Mais, à l’époque, Jospin bataillait pour un troisième aéroport parisien en Picardie ! »

4Les nouveaux hôtels de région d’Auvergne (82 millions) et de Rhône-Alpes (147 millions)… qui vont fusionner
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L’hôtel de région d’Auvergne.
(Thierry Zoccolan/AFP)

Que faire du tout nouvel hôtel de région d’Auvergne, puisqu’elle fusionne avec Rhône-Alpes ? Le louer ou le vendre, pardi ! A Clermont, cette éventualité, imprudemment évoquée par André Vallini, a beaucoup déplu. La bâtisse flambant neuve, de haute qualité environnementale, avec ossature tout en pin Douglas, a coûté au bas mot 82 millions d’euros et n’est même pas encore inaugurée…

Depuis cette sortie du secrétaire d’Etat à la Réforme territoriale, le président de région, le socialiste René Souchon, écope. Il a trouvé un compromis avec Jean-Jack Queyranne, son homologue rhônalpin : les réunions des commissions permanentes de l’Assemblée auront lieu à Clermont, aux Lyonnais de prendre le train ! Mais l’élu a beau défendre bec et ongles l’utilité de son bâtiment, qui a commencé à sortir de terre en 2006, donc bien avant la réforme, à droite, les flèches volent bas.

« Les élus de Rhône-Alpes sont trois fois plus nombreux que nous, et nous les ferions venir pour des réunions ? C’est ridicule ! tacle Daniel Dugléry, président du groupe UMP au conseil régional. Dans le jardin de l’hôtel de région, plutôt que des fougères, on devrait faire pousser du cannabis pour en amortir le coût ! »
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L’hôtel de la région Rhône-Alpes.
(Philippe Merle/AFP)

Est-il possible qu’à l’inverse tous les élus prennent la direction du « château Queyranne », le surnom que la droite a donné à l’édifice régional lyonnais, signé Christian de Portzamparc ? Impossible : il est déjà plein comme un oeuf, trois ans après son inauguration. Au point que la région doit louer des locaux supplémentaires pour y héberger une partie du personnel.

Surtout, la facture du bâtiment, qui devait osciller entre 60 et 90 millions d’euros, s’élève à … 147 millions au final. « On frise plutôt les 200 millions ! » avance même Sébastien Girerd, le secrétaire général du groupe UDC (Union de la Droite et du Centre). La construction était censée ne pas coûter un centime au contribuable grâce à une « opération blanche » rondement menée. En fait, les Rhônalpins auront dû sortir 44 millions de leur poche, a révélé, en 2012, le magazine « Lyon Capitale ».

5L’autoroute déserte entre Langon et Pau : 1,2 milliard d’euros

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L’autoroute A65 reliant Pau et Langon, le 10 décembre 2010, quelques jours avant son inauguration.
(Jean-Pierre Muller/AFP)

Un trafic au plus bas, des tarifs de péage parmi les plus chers de France, un massacre environnemental…, l’autoroute A65, avec ses 150 kilomètres de voies entre Langon et Pau, cumule les handicaps. Pourtant, lorsque l’Etat et les collectivités locales signent, fin 2006, un contrat de concession avec le consortium A’liénor (Eifage et Sanef), pas un élu, de droite comme de gauche, ne manque à l’appel.

Il faut dire que la mariée est bien emballée : les industriels refusent toute subvention et supportent le 1,2 milliard d’euros du projet (à l’exception d’un échangeur). Du pain bénit pour les collectivités locales qui s’étripaient sur leurs participations respectives !

Les travaux débutent illico et les voix des « anti » se perdent dans la forêt des Landes. Daniel Delestre, président de la Sepanso, la fédération des associations de protection de la nature de la région Aquitaine, ne décolère pas : « On n’a rien pu faire contre le mythe de l’infrastructure pourvoyeuse d’emplois et le travail des lobbies du BTP ! »

Face aux contestataires, Olivier de Guinaumont, PDG d’A’liénor, rappelle que son groupe éponge seul le déficit actuel, soit 35 millions en 2013, et qu’il ne pouvait prévoir la crise des subprimes. « Un tel investissement n’est pas rentable tout de suite ! » souligne-t-il en balayant tout risque de faillite.
Si cela se produisait, l’Etat et les collectivités locales seraient finalement contraints de payer l’autoroute récupérée. « Dans ce type de contrat, il n’y a que les bénéfices qui sont privatisés ! », peste Daniel Delestre.

6Le gouffre de la patinoire de Marseille : 56,7 millions d’euros

Le boulet de la patinoire de Marseille a ressurgi lors de la campagne municipale. Des candidats socialistes et verts s’étaient mis en tête qu’il fallait en finir avec le gouffre financier de cet énorme bâtiment en forme de patin à glace. Ils avaient fait visiter les lieux à un trio d’architectes, histoire d’étudier les aménagements possibles. Parmi les solutions envisagées : faire fondre la glace et transformer le tout en piscine.

Les socialistes et les verts n’ont pas gagné les élections. Mais le Palais Omnisports Marseille Grand-Est, le bien nommé Pomge, risque de faire encore couler beaucoup d’encre. Il a surgi de terre en 2009 dans le quartier de la Capelette, au coeur du 10e arrondissement : 12.000 mètres carrés, une patinoire olympique, une autre pour l’initiation et les loisirs, le plus grand parc intérieur de skate d’Europe… et une facture colossale : 56,7 millions d’euros, 66 euros par habitant.

L’opposition municipale crie à la gabegie. La chambre régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte d’Azur s’en mêle. « La décision de construire [le Pomge, NDLR] a été prise sans réflexion suffisante sur sa fréquentation potentielle et son coût d’exploitation », est-il écrit dans un rapport de novembre 2013.

La chambre s’étonne de l’indemnité versée à l’ancien occupant du terrain (2 millions d’euros, dix fois plus que le montant conventionnel maximal auquel il avait droit), fustige « l’insufisance de fréquentation » et « la gestion de l’activité événementielle [ …] défaillante ». Chaque année, l’addition s’alourdit de 1,5 million d’euros supplémentaires.

7Le train Genève-Annemasse bloqué côté français depuis… 2011
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Le chantier du train Genève-Annemasse, bloqué côté français.
(Anna Pizzolante/REZO.ch)

Ce matin de novembre 2011, les frontaliers franco-genevois ont le sourire. Le premier coup de pioche d’une ligne ferroviaire reliant Genève à Annemasse, le Ceva (Cornavin-Eaux-Vives-Annemasse), vient d’être donné. Fini les embouteillages : bientôt, 16 kilomètres de voies – 14 côté suisse, 2 côté français concrétiseront ce rêve séculaire !

Les Helvètes ont mis sur la table 1,25 milliard d’euros répartis entre la Confédération et le canton. Ils commencent à creuser. Les Français fanfaronnent. Ils sont sur le point d’aligner 234 millions d’euros. Mais pour y parvenir, il leur faut composer avec Réseau ferré de France (RFF), l’Etat, la région Rhône-Alpes, le conseil général de Haute-Savoie, Annemasse Agglo et le Syndicat intercommunal d’Aménagement du Chablais !

Résultat ? La machine grippe pour quelques millions et pas la moindre pelleteuse à l’horizon ! « C’est le fameux millefeuille français ! » reconnaît Christian Dupessey, maire PS d’Annemasse, qui déplore les mauvaises volontés locales.

Les 225.000 frontaliers concernés, eux, s’impatientent : « Il n’y a pas le moindre rail de commandé et on en est encore à l’appel d’offres pour le matériel », s’inquiète Fabrice Radigon, vice-président du GTE (Groupement transfrontalier européen). Prévue pour la fin 2017, la mise en service de la ligne vient finalement d’être reportée à 2019. Un retard dû aussi au creusement d’un tunnel… côté suisse !

8Loyers, membres de cabinet, voyages à l’étranger : la région Ile-de-France mène grand train
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Le Conseil régional d’Ile-de-France.
(Edouard de Mareschal/AFP)

La crise économique s’est arrêtée aux frontières de l’Ile-de-France. La région la plus riche du pays continue de mener grand train. Locaux nichés au coeur du 7e arrondissement de Paris, l’un des quartiers les plus chers de la capitale (192 millions d’euros de patrimoine et 20 millions d’euros supplémentaires dépensés en loyers chaque année), effectifs hors décentralisation multipliés par trois en quatorze ans, et pas toujours liés aux transferts de compétences, cabinets pléthoriques.

Le président socialiste, Jean-Paul Huchon, en place depuis seize ans, dispose ainsi, d’après l’organigramme interne, de 36 membres dans son cabinet, soit bien plus qu’un ministre de la République (qui doit désormais se contenter de 15). « C’est faux, il respecte la loi qui ne l’autorise qu’à 26 ! », tonne Michèle Sabban, vice-présidente socialiste de la région.

Mais il y a aussi les voyages à l’étranger des élus (270.000 euros dépensés en 2011 pour vingt déplacements, dont la moitié hors d’Europe), les virées aux jeux Olympiques de Londres de 2012, au Festival de Cannes, au Festival d’Avignon, et les 536 millions d’euros versés à quelque 3.500 associations de tout poil en 2013 (en hausse de 9% par rapport à 2011).
Parmi les subventions les plus insolites qui devaient être votées le 18 juin en commission permanente, un chèque de 10.000 euros pour la réalisation d’un herbier à São Paulo, au Brésil.

« C’est de l’indécence, surtout dans un contexte où l’argent public est rare », accuse Valérie Pécresse, présidente du groupe UMP au conseil régional. Michèle Sabban récuse ce « faux procès ». Des économies ? Voilà deux ans, l’Ile-de-France a décidé de tailler dans la durée et le montant des aides attribuées aux jeunes apprentis.

Sylvain Courage, Corinne Bouchouchi, Cécile Deffontaines, Nathalie Funès, Elodie Lepage – Le Nouvel Observateur
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didier LEVY
Chroniqueurs et éditorialistes nous expliquent que dans la réorganisation territoriale qui est engagée, les départements seront maintenus et que ce sont les conseils territoriaux (précédemment appelés conseils généraux) qui sont appelés à disparaître. Ce tour de passe-passe, où l’on reconnaît le savoir faire de l’ingénierie technocratique, et qui ne grandira pas l’image que l’opinion a des politiques, viserait à contourner un obstacle juridique : supprimer les départements imposerait de réviser la Constitution – parcours que rendent impraticable la radicalisation des affrontements politiques, l’extrèmisation des discours et des postures et, sur le sujet de la reconfiguration territoriale, l’absence de recherche d’un consensus dans la conception de la réforme. L’obligation d’en passer par une modification constitutionnelle tient à ce que la Loi fondamentale mentionne, et donc sanctuarise, l’existence des départements en inscrivant ceux-ci parmi les collectivités territoriales de la République (article 72, alinéa 1 de la Constitution). En revanche, une loi ordinaire suffirait pour mettre fin à l’existence des assemblées départementales élues. Or, cet habile contournement a de quoi laisser perplexe : l’alinéa 2 du même article 72 dispose en effet que « ces collectivités (territoriales) s’administrent librement par des conseils élus et dans les conditions prévues par la loi ». La loi peut donc changer beaucoup de chos

Patrick Lacaze
Faisons ensemble notre propre redécoupage des régions françaises :
http://ideabook.free.fr/

Kendalph Vornëar
Je crois que le problème des TRAVAUX PUBLICS INUTILES est devenu général à nos Sociétés Occidentales,
…qui soi-disant seraient « en crise ».

À l’œil, à l’oreille, et à l’odorat, il me semble parfaitement évident que jamais avant notre époque surexcitée
on n’a dépensé autant de deniers publics pour des Travaux Publics tous azimuts et à n’en plus finir.

En veux-tu ? En voilà !
N’en veux-tu point ? En voilà quand même !

Ces Travaux sont devenus incessants, et s’enchaînent sans arrêt, l’un après l’autre,
créant une Puanteur et un Brouhaha Cacophonique permanent dans nos villes, et même maintenant dans nos villages [je suis bien placé pour le savoir], générant une intense POLLUTION VISUELLE (paysages enlaidis), et une accablante POLLUTION SONIQUE, toutes deux étant de graves causes de STRESS.
Sans parler bien sur des autres et tout aussi graves
POLLUTIONS : de l’EAU, de la TERRE, de l’AIR, de la LUMIÉRE.

► CAUSES :

La quintuple cause de ce dysfonctionnement patent est évidente :
MARCHÉ
+ VANITÉ (SPECTACLE)
+ VÉNALITÉ (PROFIT)
+ FAIRE POUR FAIRE
+ BÊTISE
= FOLIE DES GRANDEURS IRRAISONNABLE, GASPILLEUSE et POLLUEUSE.

1) MARCHÉ :

Ces Travaux Publics, justement du fait qu’ils sont publics, représentent un MARCHÉ monstrueusement énorme, une manne financière de premier ordre.

2) VANITÉ :

Or, par ailleurs, on sait bien que les Politocards Carriéristes sont gravement cons

Christian Collet
Il est grand temps que les Français ouvrent grand leurs yeux sur les gaspillages territoriaux sans oublier de mentionner tout particulièrement le niveau central c’est à dire l’appareil d’Etat et ses satellites. Tant que que nous n’aurons pas remis à plat l’appareil d’Etat, son périmètre, ses missions et son organisation, notre pays n’entrera pas dans les réformes de structure territoriales : l’exemple doit venir d’en haut.

Paul Boulvrais
La majeure partie des scandales présentés ici tient autant à la mégalomanie d’élus et à de la mauvaise gestion qu’à une dérive procédant mécaniquement de l’empilement des structures locales. L’expression « mille-feuille territorial » est une sottise ; ceux qui l’évoquent n’ont jamais vu un mille-feuille ou ne connaissent rien à notre stratification territoriale. Le mille-feuille est la superposition de couches de tailles strictement identiques. Si notre superposition de collectivités territoriales est de syndicat se faisait sur des périmètres identiques, il n’y aurait pas difficulté à les fusionner. Or, on n’est pas sur les mêmes périmètres pour des raisons objectives quand on fait de la distribution d’eau potable sur un bassin d’habitat dispersé en campagne ou concentré en ville, de l’aménagement de rivière qui par définition se fait le long d’un cours d’eau, d’un ramassage scolaire qui concerne les écoles d’un petit bassin de vie etc.etc. Et en quoi le fait de diminuer par deux le nombre de régions par un regroupement fait n’importe comment va-t-il diminuer le nombre de syndicats et de communautés de communes qui constituent le principal du mille-feuille ? En quoi fusionner deux régions va -t-il contribuer à mettre de l’ordre dans ce foutoir (nécessité que personne ne conteste) ? En quoi cela va-t-il diminuer le nombre de fonctionnaires (donc les coûts) dans la cantine d’un lycée parce que d’autres lycées (avec leur propre cantines et les agents qui vont avec ) vont être gérés par la même région ? idem pour les routes, les kilométrages resteront avec les agents d’entretien seront additionnés. Va-t-on supprimer des agents de dégagement hivernal de la voirie dans le Cantal parce que l’Auvergne rejoint Rhone- Alpes ?

guy castanier
La réforme est nécessaire il y a beaucoup trop d »élus en France qui ne servent à rien, que de garantir leur propre intérêt. Le gouvernement en est l’exemple type, combien de Français connaissent le nom des ministres et les secrétaires d »états et se qu’ils font.
Je ne pense pas que le président actuel soit capable de résoudre ce problème essayant de placer ses copains( voir l’ancien 1er ministre et autres) vivement les élections en espérant une démission

Paul Boulvrais
@ guy castanier En quoi le gouvernement, constitué de personnes nommées et non pas élues est-il « l’exemple type » du fait qu’il y a trop d’élus ? Quel est le rapport entre connaître le nom des ministres et leur utilité objective ? En quoi le président actuel diffère-t-il du précédent, les gouvernements de l’un comme de l’autre étant d’effectifs similaires ?

Roger Danis
Bonjour Paul,

La France détient des records (dans le trio de tête) dans l’ensemble des pays comparables:
– le plus haut pourcentage de dépenses de l’état au sens large vis à vis du PIB
– le plus d’élus par 1000 habitants
– le plus grand nombre de fonctionnaires par 1000 habitants
– le plus grand nombre de députés + sénateurs par 100 000 habitants
– la pyramide structurelle de l’état à la commune la plus complexe
– le plus grand nombre de communes par 1 000 000 habitants
– les charges sur les entreprises parmi les plus élevées
– etc.

On peut continuer de vivre comme cela, mais il ne faudra pas s’étonner et se plaindre que:
– la dette française va atteindre 2 000 milliards d’Euros
– le pourcentage de chômeurs dépasse les 11% et continue d’augmenter
– le nombre de chômeurs et d’emplois précaires est d’environ 8 000 000 et continue d’augmenter
– le commerce extérieur français est un des plus déséquilibré d’Europe
– les industries françaises ont de gros problèmes de compétitivité
– les délocalisations sont plus nombreuses que les relocalisations
– deux diplômés sur 10 de grandes écoles s’expatrient
– les retraités voient leurs pensions figées durant 18 mois
– les fonctionnaires ne sont plus augmentés
– etc.

En résumé, tout va très bien, il est urgent de ne rien faire.
Bonne sieste!

Roger Danis
Il y a deux jours une amie chinoise, m’a posé deux questions:

– La France est elle capable de se redresser?
J’ai essayé de démontrer que les fondamentaux français étaient forts et sains (infrastructure, éducation, savoir faire, etc.), et que maintenant, il existait dans le pays un sentiment général que des simplifications et des restructurations étaient nécessaires. Il suffisait d’avoir le gouvernement qui aurait le courage de le faire vraiment…

– La démocratie en France, avec tous ces élus à tous les niveaux, n’est-elle pas un handicap insurmontable pour conduire ces restructurations? En Chine, cela serait possible, en France, je ne vois pas comment vous pouvez réussir cela.
Je n’ai pas trouvé de réponses convaincantes.

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