Réforme ferroviaire: La concurrence profitera-t-elle aux usagers?

TRANSPORTS – D’après les syndicats, l’ouverture du marché sera une catastrophe pour le secteur ferroviaire dans son ensemble et pour les voyageurs en particulier…

Et ça continue. Après huit jours de grève, les cheminots ont décidé de reconduire leur mouvement jeudi. Pour la neuvième journée consécutive. Dans leur ligne de mire: le projet de réforme ferroviaire, actuellement débattu à l’Assemblée nationale. Ils se mobilisent surtout pour compromettre l’ouverture à la concurrence, réclamée par Bruxelles et prévue pour 2019 en France.

D’après Thierry Lepaon, secrétaire national de la CGT, le gouvernement a le pouvoir de s’y opposer. Ce qui n’est pas totalement vrai: «La France peut voter contre l’ouverture à la concurrence dans le transport national de voyageurs, mais elle devra convaincre d’autres Etats et obtenir une majorité qualifiée pour faire échouer cette proposition… Et cela semble difficile», détaille un proche du dossier.

«Et puis, comment peut-elle défendre cette position alors que la SNCF bénéficie déjà de l’ouverture dans certains pays, comme en Autriche ou en Italie, où elle est présente à travers des filiales?». Le groupe réalise d’ailleurs 25 % de son chiffre d’affaires à l’international.

«Un véritable service public»

Surtout, le gouvernement a-t-il intérêt à s’opposer à cette évolution? Oui, répondent les syndicats, pour qui tout le monde y perdrait, y compris les usagers. Mais ce n’est pas l’avis de Fabrice Michel, de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut): «La SNCF ne s’intéresse plus aux lignes régionales et les voyageurs passent leur temps à s’adapter aux caprices de cette compagnie en termes d’horaires, d’annulation de trains, de suppression de dessertes et même de lignes considérées comme non rentables. Quand la concurrence sera autorisée, les Régions pourront négocier avec les différents opérateurs, elles ne seront plus soumises au bon vouloir d’un seul acteur».

Les Conseils régionaux reprendront ainsi la main sur l’organisation des transports dans leurs territoires et le service devrait s’améliorer. «La concurrence ne sera pas sauvage puisqu’elle sera régulée par leurs appels d’offres et les usagers pourront enfin disposer d’un véritable service public», assure Fabrice Michel.

La question de la sécurité

Côté prix, les tarifs ne devraient pas sensiblement baisser, mais des rabais pourraient s’opérer sur certaines lignes. Sans forcément nuire à la sécurité, un autre chiffon rouge agité par les syndicats. Ils redoutent que leurs futurs concurrents fassent l’impasse sur les problématiques de maintenance, dans le but d’accroître leur profitabilité. Et citent l’exemple anglais pour convaincre.

Outre-manche, la privatisation du secteur décidée en 1993 – et en partie renationalisé depuis- a été à l’origine d’une forte dégradation du réseau et d’une multiplication des accidents. Reste que dans le projet français, le réseau restera sous contrôle public. Ce qui n’est d’ailleurs pas non plus un gage de sécurité, comme l’a prouvé l’accident de Brétigny-sur-Orge (Essonne), survenu le 12 juillet 2013.

Il y a un mois, Robert Hazan, expert judiciaire nommé dès les premières heures dans l’enquête, rendait ses premières conclusions et révélait de nombreuses négligences, accablant ainsi la SNCF.

*Céline Boff

Ferroviaire: Quelle serait la meilleure réforme pour les usagers?


TRANSPORT – «20 Minutes» fait le point sur les différentes propositions…

Cet article mis en ligne le 12 juin a été réactualisé ce dimanche 15 juin alors que la CGT Cheminots vient d’annoncer la reconduction de la grève lundi 16 juin.

Pour eux, c’est la galère. Depuis mercredi, les usagers de la SNCF subissent la grève des cheminots votée mardi soir et reconduite ce lundi. Si le trafic tourne au ralenti, c’est parce qu’une partie des personnels de la SNCF est vent debout contre le projet de réforme imaginé par le gouvernement. Mais cette évolution est-elle bénéfique pour les voyageurs? Les propositions alternatives seraient-elles meilleures? 20 Minutes fait le point.

Le scénario des syndicats grévistes

Ils demandent la fusion entre la SNCF et Réseau Ferré de France (RFF) dans une seule maison SNCF, comme elle existait avant la séparation des deux activités -gestion de la circulation des trains et gestion du réseau- en 1997.

D’après eux, cette évolution profiterait aux usagers, en leur offrant un service plus coordonné et plus sûr. Pour convaincre, ils citent notamment l’affaire des trains trop larges ou encore l’accident de Brétigny-sur-Orge, dysfonctionnements liés, selon eux, au partage de l’activité entre la SNCF et RFF. Des arguments balayés par Fabrice Michel, de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut): «Leur but, c’est de compromettre l’ouverture à la concurrence et cela ne va pas dans l’intérêt des usagers».

En termes de qualité de service, Fabrice Michel estime que l’actuelle séparation profite aux voyageurs, comme le prouve le cadencement, c’est-à-dire le passage des trains à heures fixes dans les gares, demandé par RFF. «Les usagers n’auraient pas obtenu cette lisibilité si la SNCF agissait seule.»

Le scénario du gouvernement

Il souhaite, non pas une fusion, mais un rapprochement entre RFF et SNCF. Son idée est de créer d’un côté SNCF Mobilités, en charge de la circulation, et de l’autre SNCF Réseau, pour la gestion du réseau, et de faire chapeauter le tout par une holding, la SNCF.

La différence avec le système actuel? RFF, qui est censé gérer le réseau, n’a pas de personnel à lui pour entretenir les voies. Et doit donc louer les salariés de la SNCF… Ce qui limite de fait son indépendance vis-à-vis de l’opérateur. Demain, RFF et les personnels SNCF dédiés aux infrastructures seraient donc réunis dans une seule et même entité – SNCF Réseau- complètement distincte de SNCF Mobilités.

«C’est une bonne solution pour réduire le bazar administratif entre les deux structures», estime Fabrice Michel. Et pour réduire les coûts, avec un gain attendu de 1,5 milliard d’euros par an. Mais ne vous attendez pas à payer moins cher vos billets: la priorité est de résorber la dette de la SNCF (7,4 milliards) et surtout celle de RFF (33,7 milliards).

Quant au service, il ne s’améliorera pas dans l’immédiat, «mais cette réforme est le meilleur moyen de favoriser l’ouverture à la concurrence [prévue pour 2019 en France] et elle peut être saine pour les usagers», argue Fabrice Michel.

«Il n’y aucune raison» de reporter la réforme ferroviaire, car il s’agit d’une « réforme de bon sens », a martelé ce dimanche Michel Sapin, ministre des Finances.

Selon lui, «il faut expliquer, mais certainement pas lâcher», et aussi chercher «un moyen de sortir de quelque chose qui s’assimile à une impasse». «L’intérêt de ceux qui aujourd’hui prônent la grève, c’est de savoir arrêter la grève», a-t-il dit à l’adresse de la CGT.

Le scénario de Bruxelles

Pour la Commission européenne, le projet de réforme du gouvernement ne va pas assez loin. Bruxelles voudrait que le gestionnaire du réseau soit complètement indépendant de l’opérateur SNCF. C’est d’ailleurs pour cette solution que militait RFF… Et la Fédération des usagers. «Au début, nous y étions favorables. Mais finalement, le projet du gouvernement s’inspire du système déjà mis en place en Allemagne et il fonctionne», assure Fabrice Michel.

Outre-Rhin, la Deutsche Bahn (DB) gère en effet le transport et l’entretien du réseau, via deux structures distinctes, et le service est performant et concurrentiel, avec une cinquantaine de compagnies actives. La Fnaut s’oppose en revanche à une privatisation du gestionnaire du réseau, comme en Angleterre. «Depuis, la maintenance est déplorable et les accidents se multiplient».

*Céline Boff

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Les dernières contributions
  • mdrmdrmdrmdr

    patou2912 tout à fait d’accord pour ton egalitė donc tu prendra mes 2×8 sans te plaindre g 1 weekend tous les 2mois et demi travail fête et jour fériė!!! forcement sans plus avoir l’avantage d’être sur de garder ton emploi puisque  tu veux ke plus personne et de privilège!!! dans le package égalitė je te donne aussi les insultes, les crachas, les agressions physiques!!! ainsi bien sur que les suicides qu’on peut voir quotidiennement en moyenne 1 par jour a certaine période!!! ha oui et j’espère que tu tiens pas à ta famille car on l’a voit très peu ; les repos etant la semaine et nos familles vivant généralement a 1h minimum – enfin moi juste a 1000km!!! ça aussi je te le donne dans le package!!!et tout un tas de petites broutilles sans importance apparemment pour vous qui ne nécessite pas d’avoir au moins la sécuritė de l’emploi d’ailleurs seul privilège!!! et le tout pour 1385euros par mois oui car on nous a sucrė les heures de nuit donc on a perdu sans rien demander 200euros sur le salaire y qq temps!!! donc oui égalisons les privilèges mais tous pas ke se ki vous arrange a tous!!! je veux pouvoir aller dans chacun de vos taf a n’importe quelle heure du jour et de la nuit et avoir un service nickel!!!et je veux pas vous entendre vous plaindre car c pas pour ce ke vous glandez et voyez derrière vos écrans d ordi… bref ça m’énerve!!!

  • dommage

    À patou 2912,
    Pour votre gouverne je ne suis pas cheminot . S’il n’y a plus d’argent dans les caisses de retraite c’est peut-être que mes 264 milliards d ´euros versés aux entreprises non jamais créés un seule embauche .

  • À se59
    Vous pensez que c’est des privilèges ce que nos aînés ont acquis en se battant , alors que vous avez regardez partir les vôtres . Sachez que grâce aux gens comme vous ( étroit d’esprit ) le rapport de force à été inversé . Vous avez privilégié vos menus intérêts en laissant les autres se battre pour vous et maintenant vous voulez que tout le monde soit à la même enseigne . En fait vous préparez Germinal à vos têtes blondes elles vous en seront reconnaissantes plus tard .

  • Brad

    La meilleure des réformes ce serait l’ouverture à la concurrence, et que les cheminots cessent de glander et d’entraver la liberté d’aller travailler des autres.

  • logodenn

    avant la connerie de Bruxelles de tout libéraliser et de décider que TOUT devient marchandise , la SNCF qui gérait et les trains et les voies , était un exemple de ponctualité .le prix des billet était , ce qui me semble logique ,aligné sur la longueur du trajet. maintenant , on trouve des premières moins chères que des secondes classes
    pourquoi avoir tout cassé?

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Les députés votent une «règle d’or» pour freiner l’endettement de la SNCF


POLITIQUE – «Sur les lignes nouvelles, on n’exigera pas de financement de SNCF Réseau qui ne serait pas susceptible de lui être remboursé» selon le rapporteur du texte, Gilles Savary…

Les députés ont voté jeudi une «règle d’or» pour freiner la dérive de l’endettement du futur gestionnaire d’infrastructures «SNCF Réseau», en contraignant l’État et les collectivités territoriales à financer le développement de nouvelles lignes qu’ils souhaiteraient.

SNCF Réseau continuera à financer la maintenance du réseau, mais «sur les lignes nouvelles, on n’exigera pas de financement de SNCF Réseau qui ne serait pas susceptible de lui être remboursé», a résumé le rapporteur du texte, Gilles Savary (PS).

«Dans ce cas-là, les projets d’investissement de développement seront financés par l’État, les collectivités territoriales ou tout autre demandeur», a-t-il expliqué dans son amendement voté à l’occasion de l’examen de la réforme ferroviaire.

Projets pour faire plaisir aux élus

Il s’agit de mettre fin aux «projets pharaoniques» de lignes à grande vitesse, des «projets politiques» pour faire plaisir aux élus qui ont fait exploser l’endettement du groupe et se sont faits au détriment de l’entretien du réseau existant, a souligné Gilles Savary.

En dix-sept ans, la dette de l’ensemble du système a plus que doublé (à 44 milliards d’euros), en partie à cause du lancement de quatre nouveaux tronçons à grande vitesse qui seront inaugurés d’ici 2017 sur les lignes Paris-Strasbourg, Paris-Bordeaux, Paris-Rennes et Paris-Montpellier.

«On sera probablement plus modeste à l’avenir sur la grande vitesse», a dit Gilles Savary, en soulignant que «ce n’est pas le Concorde qui a fait le succès d’Airbus».

Sur la dette existante, le projet de loi se contente de freiner la dette à 60 milliards en 2025 au lieu de 80 sans la réforme, qui doit permettre des économies en regroupant SNCF et Réseau ferré de France (RFF).

Création de RFF pour soustraire cette dette à la SNCF

La réforme prévoit une organisation en trois entités: SNCF Mobilités, opérateur ferroviaire, SNCF Réseau, gestionnaire d’infrastructures, et un établissement public de tête, nommé SNCF, qui chapeaute les deux autres.

Les députés ont longuement débattu des possibilités de réduire cette dette mais se sont contentés de demander au gouvernement d’ici deux ans «un rapport relatif aux solutions qui pourraient être mises en oeuvre».

«Les 40 milliards de stocks de dette sont un peu le point aveugle de ce projet», a souligné le socialiste Olivier Faure, en rappelant que cette «dette massive a un coût annuel d’1,3 milliard».

En 1997, la création de RFF n’avait d’autre objet que de soustraire l’essentiel de la dette de la SNCF (20 milliards d’euros alors) de la dette publique (en la gageant sur les 30.000 km de voies) pour qualifier la France pour l’euro.

Sur ces 44 milliards, l’Insee en a récemment requalifié 10,8 milliards en dette publique qui pourraient donc être repris par l’Etat.

20 Minutes avec AFP

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rstones

critiquez les cheminots tant qu’il est encore temps car quand ce sera privé alors la vous aurez le droit de hurler a tout va dans le vide car vous n’aurez plus aucun droit vous les usagers

Labonneparole

Vous avez tout à fait raison, les usagers victimes de la dictature syndicaliste n’existeront plus, nous deviendrons des clients que les entreprises privés s’attacheront à satisfaire sous peine de les perdre. Voila comment le service ferroviaire anglais est devenu le meilleur d’Europe

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