Réforme pénale

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La garde des Sceaux a été convoquée par le président qui lui a reproché son « manque de loyauté ». En cause : l’adoption d’amendements polémiques à la réforme pénale.

La garde des Sceaux a été convoquée par le président mercredi 28 mai. Il lui a reproché son "manque de loyauté". (SIPA). La garde des Sceaux a été convoquée par le président mercredi 28 mai. Il lui a reproché son « manque de loyauté ». (SIPA).

La scène s’est passée mercredi, après le Conseil des ministres. Christiane Taubira a été convoquée par un François Hollande « furieux », rapporte « Le Parisien » vendredi 30 mai. La ministre de la Justice « s’est fait vertement rappeler à l’ordre sur son devoir de loyauté », assure un proche de l’Elysée au quotidien.

La raison ? Les amendements proposés par le PS et adoptés lors de l’examen en commission des lois de la réforme pénale. Le gouvernement était officiellement contre, sauf que la garde des Sceaux, présente dans la salle, a gardé le silence.

L’extension de la contrainte pénale en cause

Parmi les amendements particulièrement sensibles : l’extension de la contrainte pénale à tous les délits, souligne « le Parisien ». Cette peine alternative à la prison, d’abord appelée « peine de probation », impose une série d’obligations et de contrôles au condamné. C’est l’une des principales mesures de la réforme. Pour l’instant, elle ne concerne que les infractions passibles de moins de cinq ans de prison, comme le souhaitait Manuel Valls lorsqu’il était ministre de l’Intérieur.

Christiane Taubira ne l’entend pas de cette oreille : « Elle a toujours pensé que limiter la contrainte pénale à quelques délits faisait d’elle une peine au rabais », explique un de ses proches au « Parisien ». La ministre explique au « Monde » pourquoi elle défend l’extension de cette peine alternative aux infractions plus graves :

Il est cohérent, logique et plus efficace que dans certains cas, l’on puisse prononcer une contrainte pénale plus contraignante que le sursis avec mise à l’épreuve, qui couvre tout le champ des délits. […] C’est une bonne mesure. Maintenant il y a l’arbitrage du président. »

Elle « n’a pas été recadrée, tancée, rappelée à l’ordre »

Une fois en séance, la garde des Sceaux n’a donc pas contesté son extension, proposée par la députée socialiste Colette Capdevielle. L’exécutif avait pourtant rendu un arbitrage défavorable la veille.

L’Elysée, de son côté, relativise la confrontation entre le président et la ministre, rapporte « Le Monde » :

Christiane Taubira n’a pas été recadrée, tancée, rappelée à l’ordre. Il a juste été rappelé qu’il était normal de prendre des amendements pour améliorer le texte mais éviter qu’ils soient modifiés au point que c’est un autre texte qui sortirait du Parlement. »

La garde des Sceaux a tout de même été obligée de faire marche arrière : la semaine prochaine, en séance publique à l’Assemblée nationale, elle « déposera et défendra des amendements visant à rétablir le texte du gouvernement », a annoncé le ministère de la Justice. Le groupe PS devrait se réunir mardi prochain, avant la séance. Son objectif : se battre pour conserver l’amendement.

J.D. – Le Nouvel Observateur

Sur le web: Seulement 3% des Français voteraient pour François Hollande en 2017 – 30/05
mol lande mol lande a posté le 31 mai 2014 à 11h50
elle doit avoir de sacrés dossiers en réserve, pour que personne n’ose la dégager depuis le temps qu’elle le mérite !

Raymond MELKI Raymond MELKI a posté le 31 mai 2014 à 10h01
Si la réforme est adoptée telle que l’a présentée Mme TAUBIRA, ce sera un catastrophe pour la France et les Français.

gerard huirer gerard huirer a posté le 31 mai 2014 à 09h48
François hollande a nommé ministre de la justice une indépendantiste qui a fait brulé le drapeau de la France par ses partisans en 1993 , scandant le départ des français de la Guyane , monsieur hollande qui prêtant combattre les extrêmes et qui la fait entrée dans son gouvernement tout en se disant lui même socialiste !! cet homme est en contradiction avec lui même ( présente-moi tes amis et je te dirait qui tu es)

Claude Charonne Claude Charonne a posté le 31 mai 2014 à 05h29
L’incompétence du président fait malheureusement l’unanimité. Les pitoyables tentatives de ses équipes de comm pour essayer de donner l’illusion de la fermeté sont peu crédibles.
Madame Taubira a montré qu’elle était d’une autre trempe. Il est évident que ses actions courageuses ont peu de rapport avec les reniements du président et les opérations de comm dérisoires et creuses du premier ministre

robin wood robin wood a posté le 31 mai 2014 à 10h27
Claude,
Nous avons eu dans ce ministère de hauts incompétents, en rapport avec l’importance de ce poste.
Je crois que nous battons avec cette délicieuse dame, tout ce qui peut-être imaginé en terme de droit POUR nos chers détenus. Ce n’est pas parce que l’on a de gouaille comme elle que l’on est compétent. C’est le problème du Français : dès qu’il voit une personne charismatique, c’est tout bon. Ca ne fonctionne pas comme cela. Parlez-en à des personnes de droit, sauf aux avocats bien sûr, vous comprendrez mieux. Voyez Sarko le bon roi qui avec son charisme et ses belles paroles avait et a toujours son auditoire.Seulement, regardez ces politiques. Ils ne traînent non-pas des casseroles, mais des batteries de cuisine complètes derrière eux… Et le Français approuve… Drôle d’époque non ?

Abcdef ghij Abcdef ghij a posté le 31 mai 2014 à 00h39
Ca fait deux ans qu’elle lui fait tous les jours sur le nez, et ça fait deux ans qu’il dit qu’il adore le chocolat !

mol lande mol lande a posté le 31 mai 2014 à 13h03
mou(a)-président fait juste du marketing, car le client final, c’est le peuple.
peine perdue, celui-ci commence à comprendre que ça ne sent pas la rose… !

francois hubert francois hubert a posté le 30 mai 2014 à 23h07
Ça fait quand même un bout de temps que cette dame ne travaille que pour sa pomme. Menteuse et manipulatrice, elle qui a toujours manigancé contre la France, n’a jamais eu sa place dans un gouvernement.

robin wood robin wood a posté le 30 mai 2014 à 22h46

Mme Taubira. L’hautaine de service incompétente. Dans le privé, elle aurait duré 1 semaine. Cela fait 2 ans…

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La langue française !‏

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Comment pourrait-on écrire cette phrase:
> >   
> > >
« Dans une main, j’ai un VER de terre et dans l’autre, un VERRE d’eau. J’ouvre les deux mains et… les deux VER…. (?!) tombent. »
> > >
Comment faudrait-il écrire: « VER………………. », …à votre avis? 
> >  
> > >   Alors ? mais il y a mieux….
> >     
> > > On appelle ceci des « Homographes » non homophones, car ces mots s’écrivent de la même façon mais se prononcent autrement suivant le sens….
> > > Pauvres étrangers qui apprennent le français !

> >  

> > > En français : deux mots composés des mêmes lettres se  prononcent toujours de la même façon !
> > > En êtes-vous bien sûr ? Et bien non.`

> >  

> > > Voici quelques exemples d’homographes de prononciations différentes ! (Homographes non homophones)  …

> >  

> > >
Sortant de l’abbaye où les poules du couvent couvent, je vis ces vis. Nous portions nos portions, lorsque mes fils ont  cassé les fils. Je suis content qu’ils vous content cette histoire. Mon premier fils est de l’Est, il est fier et l’on peut s’y fier, ils n’ont pas un caractère violent et ne violent pas leurs promesses, leurs femmes se parent de fleurs pour leur parent. Elles ne se négligent pas, je suis plus négligent. Elles excellent à composer un excellent repas avec des poissons qui affluent de l’affluent. Il convient qu’elles convient leurs amis, ellesexpédient une lettre pour les inviter, c’est un bon expédient. Il serait bien que nous éditions cette histoire pour en réaliser de belles éditions.
> >   

> > >
Voyons aussi aussi quelques exemples d’homographes de même prononciation  (Homographes homophones) :
> >  

> > > Cette 
dame qui dame le sol Je vais d’abord te dire qu’elle est d’abord agréable. À Calais, où je calais ma voiture, le mousse grattait la mousse de la coque. Le bruit dérangea unegrue, elle alla se percher sur la grue. On ne badine pas avec une badine en mangeant des éclairs au chocolat à la lueur des éclairs. En découvrant le palais royal, il en eut le palaisasséché, je ne pense pas qu’il faille relever la faille de mon raisonnement.
> >  

> > >
Voici l’exemple le plus extraordinaire de la langue française ! (mot de sens différent mais de prononciation identique)
> >  

> > > le 
ver allait vers le verre vert et non vers la chaussure de vair gris argenté.
> À propos, je n’ai pas réussi à trouver la solution de la première phrase ……

Béziers: Roberd Ménard propose des blouses pour les écoliers

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POLITIQUE – Après l’instauration du couvre-feu, les mineurs sont gâtés…

Après le linge aux fenêtres, les blouses… Robert Ménard, maire de Béziers (Hérault) soutenu par le Front national, a annoncé mardi en ouverture du conseil municipal de la ville qu’il voulait offrir des blouses à tous les enfants des écoles maternelles et de primaire, a indiqué l’élu PS Jean-Michel Du Plaa.

Le maire de Béziers a précisé que ces blouses, qui ne seront pas imposées, porteraient le blason de la ville et seraient offertes tant aux élèves des écoles publiques que des écoles privées, a précisé la même source, confirmant une information du site internet du Midi Libre.

Un hymne à la 3ème République?

«C’est une proposition. Il l’a justifie comme un hymne à l’école de la Troisième République», a expliqué Jean-Michel Du Plaa, joint au téléphone par l’AFP. Depuis qu’il est arrivé à la tête de la mairie, l’ancien patron de Reporters sans frontièreS multiplie les décisions symboliques.

Le 20 mai, il a décidé d’interdire d’étendre le linge aux balcons et fenêtres des immeubles visibles des voies publiques. Fin avril, il avait également annoncé un couvre-feu entre 23H00 et 06H00 pour les mineurs de moins de 13 ans dans l’hyper-centre et dans le quartier populaire de la Devèze.

Le maire s’est aussi attaqué aux incivilités en instaurant une verbalisation de 35 euros à compter du 1er mai pour les déjections canines et a ordonné, à partir de la même date, la chasse au stationnement illicite.

 

M.P. avec AFP
  • hemge

    Il est beaucoup question de vêtements , en politique , en ce moment et en particulier , directement ou indirectement , avec le FN . Ainsi le Maire , apparenté FN , de BEZIERS , distribue gratuitement des blouses aux écoliers de sa ville . L’UMP et le PS , eux , prennent des « vestes »aux élections Européennes largement dominées par le FN !

  • lauralee972

    Je ne vote pas FN mais je ne vois pas où est le problème! Il faudrait que la presse arrête d’en faire un foin parce que c’est un maire FN qui le fait! Je suis Martiniquaise et j’ai porté l’uniforme au collège et maintenant, les élèves en portent de l’école primaire jusqu’au lycée! Les parents sont un peu bougons au début mais ça arrange tout le monde au final! Cela permet de distinguer les élèves des intrus qui restent aux abords des établissements en plus, alors c’est une bonne mesure de sécurité!
    Franchement, je ne vois pas le problème! Il faudrait qu’on m’explique!

  • Cyril Gagneur

    Tout d’abord, on va commencer par se calmer pour une certaine personne.

    Très bien, maintenant ouvrons le débat, donc, laisse déjà ta façon « d’exprimer » les choses au vestiaire et ouvre une vraie discussion, d’accord ?

    Décider d’interdire de pendre le linge sur les balcons ou aux fenêtres, indirectement, cette décision colle avec les 3/4 des habitations certainement déjà en place en « location », qu’il s’agisse de logement sociaux (HLM, etc..), ou de logement plus aisé. Cela évitera probablement quelques problèmes de voisinage.

    Concernant la « blouse », c’est symbolique et démontre contrairement aux autres partis politique français, que ce maire, s’attache a la jeunesse qui sera l’avenir. Mais, apparemment, tu te refuse à cette idée.

    Pour revenir sur le « couvre-feu », et bien encore heureux qu’une personne ai enfin le courage de porter son slip pour prendre cette décision. Combien de parents irresponsables laissent leurs enfants se débrouiller ? « Fait ce que tu veux viens pas me faire chier », combien n’ont plus le contrôle de ces derniers ? Cela permettra de renforcer la sécurité des jeunes, des seniors, de diminuer les dégradations, les nuisances sonores (Tapage nocturne). Et, je pense qu’une loi sur le couvre-feu bien en place, devrait avoir pour sanction concernant des jeunes multi-récidivistes, d’être en envoyé en famille d’accueil dans un village le plus éloigné possible.

    Venir parler du chômage, tu t’attends à ce qu’un maire ai la possibilité de tout inverser ? Indirectement, il gère le budget de la commune, il ne gère ce qui est sous la responsabilité actuelle du PS.
    Sans oublier, qu’il faut du « temps », certes, il faut voir des débuts d’inversion avant la fin des 6 premiers mois, mais, comment veux tu que cela soit possible ? Le PS est au pouvoir et n’apportera rien de bon à la France actuelle, juste des mensonges, de simple mensonges comme les baisses d’impôts !

    Avant de venir critiquer un parti politique (Sans fondement d’ailleurs cette critique), on se renseigne et on nettoie son trône.

  • Caro29000

    Bien sûr que ces mesures ne vont pas régler le problème du chômage ni celui du pouvoir d’achat, mais le couvre-feu va régler d’autres problèmes : vandalisme, incivilités… Pas tous non plus, mais il faut bien prendre ce problème par un bout…
    Quand je vois comment c’était dans mon quartier vendredi dernier : à minuit, encore 4 gamins entre 10 et 12 ans sous ma fenêtre, dont 2 filles. Ils étaient bruyants, mais je n’ai rien osé dire car sinon, je risquais de me retrouver avec un rétro cassé ou des pneus crevés en reprenant la voiture pour aller bosser le samedi.
    Et 2 gamines de cet âge-là dehors la nuit… Ils ne regardent pas les infos les parents, ou quoi ? Un couvre-feu permettrait déjà qu’il y ait moins de dégradations, mais également, et encore plus important, ça va assurer la sécurité de ces gamines ! Je préfère un couvre-feu à une marche blanche dans 6 mois !

Notre histoire en 2mn … !!!

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Ajustez vos lunettes et METTEZ LE SON !!
> > > > > > Notre histoire en 2mn et 800 photos !
> > > >
> > > > Projet de fin d’études d’un étudiant doué !
> > > > > > Les images passent à grande vitesse, mais au final, on a l’impression qu’il n’en manque pas une seule .
> > > > > > C’est vertigineux et impressionnant.
> > > > > >
> > > > > >
> > > >
> > > > À visionner en Grand Écran : http://marcbrecy.perso.neuf.fr/history.html

Des mots‏

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Un p’tit peu d’humour, pour lutter contre la grisaille….

 
 

Un mec est venu sonner chez moi pour me demander un petit don pour la piscine municipale, je lui ai donné un verre d’eau.
 
Cette nuit un voleur s’est introduit chez moi, il cherchait de l’argent ! Je suis sorti de mon lit et j’ai cherché avec lui.
  
 
La seule fin heureuse que je connaisse, c’est la fin de semaine…

 

De chez moi au bar il y a 5 minutes, alors que du bar jusque chez moi il y a 1 h 30 !…
 
L’ironie c’est quand tu rentres en prison pour vol de voiture et que tu en  sors pour bonne conduite…
 
Le travail d’équipe est essentiel. En cas d’erreur, ça permet d’accuserquelqu’un d’autre !

Les parents, ce sont deux personnes quit’apprennent à marcher et àparler, pour te dire ensuite de t’asseoir et de te taire !
 
Avant je savais bien écrire et, un jour, j’ai eu un téléphone portable :é depui il c produi kelk choz 2 bizar…
 
Les statistiques, c’est comme les bikinis : ça donne des idées mais çacache l’essentiel !

  
J’ai dit à ma femme que j’avais envie de la tuer, elle m’a dit quej’avais besoin de consulter un spécialiste. J’ai donc engagé un tueur à gages.
 
 
Le Père Noël est le seul barbu qui peut survoler les Etats-Unis sansproblèmes.
  

L’être humain est incroyable, c’est la seule créature qui va couper unarbre pour en faire du papier et écriredessus : « Sauvez les arbres » !

 

la victoire du FN envoie « un signal grave »

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Le PPE recule mais reste le premier parti du Parlement européen. La gauche radicale d’Alexis Tsipras l’emporte en Grèce, les conservateurs en Allemagne.

La droite européenne recule, mais reste en tête selon les dernières estimations. Parlement européen
La droite européenne recule, mais reste en tête selon les dernières estimations. Parlement européen

Les résultats à travers le continent européen témoignent d’une recomposition en faveur des partis eurosceptiques. Le parti de gauche radicale Syriza arrive en première position en Grèce, ainsi que l’UKIP de Nigel Farage au Royaume-Uni. Le Mouvement 5-Etoiles de Beppe Grillo réalise un score satisfaisant en Italie mais finit loin derrière les sociaux-démocrates. En Hongrie, le mouvement xénophobe Jobbik se maintient avec trois sièges, tandis que les néo-nazis d’Aube Dorée obtiennent 2 sièges en Grèce.

La droite européenne recule mais reste en tête

Le nouveau Parlement européen laisse donc une plus large part aux eurosceptiques, sans métamorphoser outre-mesure le paysage droite-gauche. Le PPE (chrétiens-démocrates) de Jean-Claude Juncker perdrait 62 sièges selon les dernières estimations du Parlement, mais resterait la première formation à Strasbourg. La gauche S&D de Martin Schulz se tasse (-11 sièges), la gauche radicale progresse légèrement (+10), au détriment du groupe libéral de Guy Verhofstadt (-12).

Les eurosceptiques progressent eux aussi, même s’il reste difficile d’imaginer précisément comment la droite populiste se regroupera. Le FN de Marine Le Pen espère notamment former des alliances dans les pays voisins, mais pourrait se heurter au fait qu’un groupe parlementaire européen doit représenter 7 nationalités différentes.

Grèce : la victoire de Syriza

Le parti Syriza, emmené par le leader de la gauche radicale européenne Alexis Tsipras, arrive en tête en Grèce, légèrement devant la droite. Les alliés du Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon, déjà victorieux la semaine dernière lors du premier tour des élections locales, réalisent près de 28% des voix, à comparer avec leur score de 4,7% lors du scrutin de 2009.

Les néonazis d’Aube Dorée prennent quant à eux la 3e position, avec un score autour de 10%, devant les sociaux-démocrates du Pasok qui poursuivent leur effondrement.

Nigel Farage (UKIP) remporte son pari au Royaume-Uni

En Grande-Bretagne, toutes les estimations annoncent la victoire du parti eurosceptique UKIP (Parti pour l’Indépendance du Royaume-Uni). La formation du tribun Nigel Farage, qui a déjà réalisé une percée aux élections locales, engrange 27,5% des voix, devant les travaillistes d’Ed Miliband (25,4%) et les conservateurs de David Cameron (23,9%). Les Lib-Dems de Nick Clegg observent un net recul (6,9%) et n’auront qu’un siège, derrière les écologistes (7,9% – 3 sièges).

Au Parlement, l’UKIP aura 23 représentants, contre 18 pour ses deux principaux rivaux.

En Irlande, le parti de gauche radicale Sinn Fein réalise lui aussi une percée (17%) mais reste derrière les libéraux-démocrates (Fianna Fáil) et les conservateurs (Fine Gael).

Le parti d’Angela Merkel tranquille en Allemagne

En Allemagne, où la participation a connu une hausse de 5 points, l’union CDU-CSU d’Angela Merkel (conservateurs) arrive largement en tête (36%) selon le Parlement. Le SPD de Martin Schulz progresse malgré tout avec 27,3% des voix, les Grünen (écologistes) et Die Linke (gauche radicale) sont donnés respectivement à 10,8% et 6,5%, alors que les libéraux du FDP sont les grands perdants de l’élection.

Le CDU restera donc le premier parti au Parlement européen, avec 35 eurodéputés. Compte tenu de la levée de la barre éliminatoire des 3% par la Cour de Karlsruhe, pas moins de 12 partis allemands pourraient être représentés à Strasbourg : parmi eux, les néonazis du NPD remporteraient 1 siège selon l’institut de sondages Infratest Dimap. Le parti de protection des animaux devrait également avoir un élu (comme son équivalent néerlandais). Les eurosceptiques d’Alternative pour l’Allemagne (AFD), avec 7 % des voix, enverront eux 6 députés au Parlement européen.

En Espagne, le bipartisme traditionnel PP / PSOE a subi un spectaculaire camouflet puisque la droite au pouvoir et le principal parti d’opposition perdent respectivement 9 et 8 sièges. La gauche radicale issue du mouvement des Indignés (« Podemos ») fait son entrée au Parlement (5 députés), tandis que les écolo-communistes de Izquierda Plural remportent 6 sièges. Surprise par ailleurs au Portugal où l’opposition socialiste a infligé un sérieux revers aux conservateurs au pouvoir, sur fond d’une abstention monstre (66%).

Italie, Danemark, Pays-Bas, Belgique : hauts et bas des populistes

Ailleurs en Europe, les partis populistes semblent connaître des fortunes diverses. Comme les sondages pouvaient le laisser prévoir, le nationalisme sort vainqueur du scrutin au Danemark : le Parti populaire danois réaliserait plus de 23% des voix, devant les sociaux-démocrates et les libéraux. Malgré sa troisième position en Autriche, le FPÖ, le parti nationaliste de feu Jörg Haider, est lui annoncé à 20,5% et devrait envoyer 4 députés à Strasbourg. Dans un scrutin remporté par la gauche, les eurosceptiques remportent 9,7% des voix en Suède et font leur entrée au Parlement.

Le paysage politique de la Hongrie laisse entrevoir une victoire écrasante des droites dures. Les ultra-conservateurs du Fidesz, le parti de Viktor Orban, remportent 12 sièges (52% des voix), devant le parti xénophobe Jobbik (en recul par rapport aux législatives, avec environ 15% des voix), 3 sièges. Dans un scrutin où 2 voix sur 3 sont allées au nationalisme, les sociaux-démocrates ne remportent eux que 2 sièges.

En Italie, la surprise n’est pas venue de là où tout le monde la guettait. Le Mouvement 5 Etoiles de l’humoriste Beppe Grillo (gauche populiste) a tutoyé un temps l’espoir de prendre la première place, mais a dû s’incliner face au Parti démocrate de Matteo Renzi (centre-gauche), très large vainqueur sous la barre des 40%. Le M5S, lui, totaliserait entre 22 et 25% des voix. Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi (droite) arrive troisième, autour des 15%, tandis que les eurosceptiques de la Ligue du Nord, alliés du FN, réalisent 6%.

En Finlande, on annonce une déconvenue pour les « Vrais Finnois », seulement en 4e position (sous les 13%) d’après les sondages de sortie des urnes. Aux Pays-Bas, où le vote a eu lieu jeudi, le PVV de Geert Wilders, allié hollandais du FN, est lui aussi promis à un score décevant. En Pologne, les eurosceptiques du PIS (« Droit et Justice ») arrivent légèrement derrière le centre-droit au pouvoir (« Plateforme civique ») et enverront une vingtaine de députés à Strasbourg. Les deux partis sont crédités de plus de 30% des voix, profitant de la déroute de la gauche.

Les séparatistes flamands de Bart de Wever (N-VA) remportent la mise en Belgique, avec 18,5% des voix et 4 sièges tandis que le Parti socialiste du Premier ministre Elio Di Rupo arrive en tête côté wallon (9%, 3 sièges).

Les droites modérées ont fait une razzia à l’Est, arrivant en tête en Bulgarie, à Chypre, en Croatie, en Lettonie, en Roumanie et en Slovénie. Les sociaux-démocrates se consolent eux avec leurs victoires en Lituanie, en Slovaquie et à Malte.

De manière générale, la participation s’est effondrée en Europe de l’Est (jusqu’à 87% d’abstention en Slovaquie), mais s’est maintenue dans la plupart des grands pays d’Europe de l’Ouest. Le taux de participation aux élections européennes a été de 43,11% dans l’ensemble de l’UE selon des estimations du Parlement européen : un taux stable par rapport à 2009 où elle avait atteint son niveau historique le plus bas (43%).

Timothée Vilars (avec agences) – Le Nouvel Observateur

 

Réactions (17)

Albert azzi
Albert azzi a posté le 26 mai 2014 à 11h07

Erreur de chiffre en début d’article : le M5s de Grillo ne fait que 22% et non 28. Un flop, une gifle…Grillo a dit « Ou je gagne ou je pars ». Gageons qu’il restera…
L’analyse de l’article passe à côté de l’essentiel. En effet,les Italiens, contrairement aux Français,ont sanctionné les partis populistes comme le M5s et le parti de Berlusconi. Ils ont en revanche donné une légitimation au Parti Démocrate de Renzi (40%). Comme quoi on peut, cher M.Hollande, oser des réformes et gagner des élections …A trop vouloir ménager la chèvre et le choux, on n’avance pas et personne n’est satisfait. Sauf Marine Le Pen qui avait justement de la contestation à vendre aux mécontents. Il y a un demi siècle, c’était le Parti Communiste qui servait d’exutoire. Les temps ont changé mais on trouve toujours des bonimenteurs pour faire croire qu’ils sont capables de rendre le monde meilleur.

Pflimlin der sheliyekh Pflimlin der sheliyekh a posté le 26 mai 2014 à 11h51
Vous le confirmez Albert Azzi
Suite à ce vote, la France est perdante dans le jeu européen, ce sont les autres pays qui sortent vainqueurs et pourront diriger l’Europe à leur avantage tandis que les Français seront relégués au rôle de râleurs destructeurs (et pour tout dire un peu demeurés… même les Flamands n’ont pas oser se tirer une balle dans le pied, schieten zichzelf in de voet comme ils disent.
Quant à Hollande, mon impression première lorsque j’appris qu’il était en position d’un jour briguer les plus hautes fonctions, était si mauvaise qu’il fallut faire un effort surhumain pour considérer l’héritage au-dessus de cette aversion pour le prétendant. Eh bien – quoique je n’avais guère d’autres choix comme des millions de Français – nous voilà bien récompensés !!

patrick gilles patrick gilles a posté le 26 mai 2014 à 14h44
@Pflimlin
Suis d’accord avec vous. Quasiment n’importe qui ferait l’affaire pour remplacer Flamby, comme son siamois Jean François d’ailleurs.
2 pour le prix d’un.
Je verrai bien le tandem Angela/Wladimir.
Qu’en pensez vous?

ASA ASA ASA ASA a posté le 26 mai 2014 à 11h02
isidor adonis
Ce que vous n’avez encore pas compris, l’essence même de votre existence dépend de l’alliance de l’UE et des USA. Si non depuis fort longtemps vous serez balayés
A force d’avoir un appui aussi musclé, vous avez oublié la fragilité de votre squelette, vous me faites penser au petit garçon qui se croit fort quand il sort dans le quartier avec son papa
La philosophie que l’on vous ingurgite tous les jours, vous oubliez votre dépendance et vous crachez dans la soupe.
Imaginez un instant l’UE et USA dirigé par l’extrême droite ? Je vous invite à méditer.

ASA ASA ASA ASA a posté le 26 mai 2014 à 11h01
Ce que vous n’avez encore pas compris, l’essence même de votre existence dépend de l’alliance de l’UE et des USA. Si non depuis fort longtemps vous serez balayés
A force d’avoir un appui aussi musclé, vous avez oublié la fragilité de votre squelette, vous me faites penser au petit garçon qui se croit fort quand il sort dans le quartier avec son papa
La philosophie que l’on vous ingurgite tous les jours, vous oubliez votre dépendance et vous crachez dans la soupe.
Imaginez un instant l’UE et USA dirigé par l’extrême droite ? Je vous invite à méditer.

Florian DELAUNE Florian DELAUNE a posté le 26 mai 2014 à 11h00
La Gauche Radicale comme Eurosceptique ? Merci du compliment…
Qu’est-ce que l’Europe à l’origine ? L’idée que le commerce peut rapprocher les peuples, les rendre interdépendants et éviter ainsi toute effusion de sang à l’avenir. On en est arrivé bien loin aujourd’hui, quand on arrive à haïr les Allemands pour certains, à vouloir se replier sur soi et vouloir écraser tous les autres afin d’être le seul à s’en sortir économiquement.
Non non non, vouloir une autre Europe que celle qu’elle est devenue, ce n’est pas de l’Euroscepticisme, c’est simplement refuser ce qu’elle est devenue, l’inverse de ce pourquoi elle a été faite (‘fin, officiellement).

Non, j’aime l’idée Européenne, j’aime l’Europe et c’est bien parce que je l’aime que je continuerai à me battre pour qu’elle change de visage. C’est ça l’amour, non pas le scepticisme. Le scepticisme c’est détruire, ce n’est pas réorienter.

Enver Hoxha Enver Hoxha a posté le 26 mai 2014 à 09h29
Ukip, FN, Syriza…
Dans 10 ans, la democratie en Occident sera un souvenir. Compliments de la globalisation neoliberale.

Tel est pris qui croyait prendre…

anne carrau anne carrau a posté le 26 mai 2014 à 14h31
Le « tel et pris qui croyait prendre » est-il approprié? D’où vient il?

patrick gilles patrick gilles a posté le 26 mai 2014 à 09h24
Félicitations pour votre agilité sémantique, idem pour l’autre journal de vos actionnaires (la Pravda du régime) ! Il y a peu, je crois me souvenir que vous caractérisiez le mouvement Fidesz de néo nazi, puis de fasciste (simple), puis d’extrême droitier, aujourd’hui de simples ultra conservateurs, donc quasiment fréquentable. Qui commence à les inviter à boire un pot à votre rédaction? Le monde ou le N.O.? En poursuivant la courbe, demain, ils seront de droite, puis du centre…(avant de finir à l’extrême gauche ?) (pour boucler la boucle uniquement).
C’est vrai qu’avec 53% des suffrages exprimés, la tôle cuirassée (classe Yamato) qui a été offerte hier à la pitoyable ue, deviendrait proprement inqualifiable si vous restez sur vos premiers qualificatifs du Fidesz.

tite souris tite souris a posté le 26 mai 2014 à 08h44
Voilà ce qui se passe quand on n’écoute pas le peuple, le peuple se tourne vers les extrêmes…
En 2005 le referendum avait envoyé un signal fort. Le PS n’a pas su l’entendre, ni à l’époque, ni ces dernières années. Le PS n’est plus socialiste et à gauche, il est social démocrate, c’est à dire centre droit.
Et on va repartir avec une commission européenne de la droite libérale la plus dure qui va continuer son oeuvre de démolition des peuples en imposant la rigueur et du démantèlement des services publics en Europe au service des puissances de l’argent….
Pourquoi tant de gens ont voté FN ? parce que l’Europe a énormément déçu… Et tant qu’on n’analysera pas les RAISONS profondes de ce rejet qui sont très simples (chômage, rigueur, paupérisation générale, accroissement des inégalités à un niveau jamais atteint, immigration incontrôlée), on ne comprendra rien à ce qui se passe.

christiane toure christiane toure a posté le 26 mai 2014 à 09h18
Je suis d’accord sur les maux qui ont amené les gens à vouloir changer d’Europe, mais en votant FN, ils ont tout simplement reconduit la même équipe, résultat de tous les blablas qu’on entend depuis hier soir : RIEN, rien ne va changer , malheureusement !

anne carrau anne carrau a posté le 26 mai 2014 à 10h31

… ma réponse est partie avant relecture excuses pour le « vrac ». Mais si chaque individu ne se remet pas en question quel droit avons nous à la critique? Je ne sais où vous vivez, mais la vie à Paris (que le connais bien) n’a rien à voir avec la vie en province, incompréhensible marchés des constructeurs immobiliers au milieu de nulle part, course pour du boulot, les courses, les relations, les loisirs, la scolarisation des enfants, la culture, nécessité d’avoir plusieurs voitures par foyer, le monde de la finance se frotte les mains des constructeurs aux marchands de voitures aux banques…. Si vous pensez qu’il reste une place devant l’immense écran plat familial dans le canapé sur lequel tout le monde est « explosé » pour se demander ce qu’il se passe au Parlement Européen, autour de soi, en Europe…
c’est un leurre…. Il est évident qu’il y a eu une volonté politique du monde de la finance venue au moment ou « tout devait se vendre », développement des écoles de commerce et de communication et de stratégies, pour neutraliser la capacité de réflexion de l’être humain et l’abrutir, et même sans religion plaçons l’Amour juste avant la lingerie fine et le viagra et la réussite sociale, qui a elle seule est souvent un échec de la réussite personnelle.

l’Europe sous le choc après le triomphe des europhobes

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L’Europe était lundi sous le choc après le séisme politique provoqué par le triomphe du Front national en France et des europhobes de l’Ukip en Grande-Bretagne qui témoignent du rejet de l’Europe de Bruxelles et des élites nationales au pouvoir.

En dépit de cette forte poussée de l’extrême droite et des eurosceptiques sur le vieux Continent, la droite conservatrice garde toutefois le plus grand nombre d’élus au Parlement des 28.

premier parti Tirant les premières leçons de ce vote historique, le Premier ministre français, Manuel Valls, a réclamé lundi matin une « réorientation » de l’Union européenne. « Je suis convaincu que l’Europe peut être réorientée pour soutenir davantage la croissance et l’emploi, ce qu’elle ne fait pas depuis des années », a-t-il dit.

Les europhobes de l’Ukip sont arrivés largement en tête au Royaume-Uni avec un score historique de 29% et ont obtenu 23 des 74 députés européens du pays. « Vous n’avez pas fini d’entendre parler de nous », a lancé, triomphant, son chef de file Nigel Farage, à un an des législatives.

En France, profitant de l’impopularité record des socialistes au pouvoir, le Front national de Marine Le Pen est devenu le premier parti avec un score historique de 24,96%. Il décrocherait 24 sièges sur les 74 accordés à la France, un des pays fondateurs de l’UE, selon un décompte de l’AFP.

Le FN devance largement l’opposition de droite UMP (20,8%) alors que le Parti socialiste subit une nouvelle déroute avec moins de 14% des suffrages. Mme Le Pen a immédiatement appelé le président François Hollande à « organiser des nouvelles élections ».

« Séisme politique », titre lundi le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Le quotidien allemand des affaires fait sa une, comme la quasi-totalité des médias germaniques et de la presse européenne, sur le triomphe du Front national.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, s’est dit « inquiet » de la victoire du FN. Interrogé pour savoir s’il s’agissait d’un « parti raciste », il a répondu: « Oui, et je pense que nous devrions être inquiets face à de tels développements dans le reste de l’Europe ».

Selon des résultats communiqués par le Parlement européen, et qui restaient toujours provisoires lundi en début de matinée, les conservateurs du Parti populaire européen (PPE) sont en tête avec 212 sièges sur 751, contre 186 pour les socialistes. Les Libéraux obtiendraient 70 eurodéputés, suivis par les Verts (55). Les quatre partis pro-européens passent de 612 à 523 sièges.

Quant aux différents partis europhobes, qui ne constituent pas un bloc homogène, ils compteraient au total plus de 140 députés.

En Allemagne, qui envoie le plus fort contingent d’élus au Parlement européen (96), les conservateurs (CDU/CSU) de la chancelière Angela Merkel sont arrivés en tête, d’après des sondages sortie des urnes.

– Même des néonazis –

Mais, pour la première fois de son histoire, le parti néo-nazi allemand NPD va faire son entrée au Parlement européen. Crédité de quelque 300.000 voix et d’un score de 1%, le NPD obtient un élu.

Le nouveau parti anti-euro AFD, qui plaide pour une dissolution de la monnaie unique, fera lui aussi son entrée au Parlement avec un score d’environ 7%.

En Autriche, le parti d’extrême droite FPÖ, qui espère constituer un groupe avec le FN, progresserait nettement et arriverait en troisième position, avec près de 20% des suffrages, en hausse de plus de cinq points par rapport à 2009.

Au Danemark, c’est le Parti populaire, formation anti-immigration, qui est arrivé en tête avec près de 27% des voix et 4 des 13 sièges du pays.

Un petit parti europhobe polonais, le Congrès de la nouvelle droite (KNP), a obtenu 7,2% des voix et pourrait envoyer quatre députés au Parlement européen. En Hongrie, le scrutin a été largement dominé par le parti conservateur Fidesz du dirigeant Viktor Orban mais l’extrême droite ultra nationaliste du Jobbik arrivait en deuxième position avec près de 15% et trois sièges.

La forte poussée de l’extrême droite en Europe se traduit aussi par l’entrée du parti néonazi grec Aube dorée au Parlement. Crédité de 9 à 10% des voix, il pourrait envoyer trois élus à Strasbourg.

participation En Grèce, l’euroscepticisme se traduit en revanche par l’arrivée en tête du parti de la gauche Syriza d’Alexis Tsipras, qui obtiendrait six sièges, contre cinq à Nouvelle démocratie (droite), le parti au pouvoir.

En Espagne, les deux grands partis traditionnels, le Parti populaire de droite, et le Parti socialiste, ont connu une débâcle au profit de petites formations comme Podemos, né de la mouvance des indignés, qui obtient cinq sièges.

Mais en Italie, le populiste Beppe Grillo a été largement devancé par le parti démocrate, la formation de centre gauche du chef du gouvernement Matteo Renzi, qui a obtenu 41,5% des suffrages, selon les données des 3/4 des bureaux.

La gauche l’a aussi emporté en Roumanie et au Portugal.

– Appel au rassemblement –

La montée de l’extrême droite s’est faite sur fond de stabilisation de la participation à un faible niveau: 43,09% contre 43% en 2009, année où elle avait atteint son plus bas historique. Elle a même progressé dans plusieurs grands pays, notamment la France et l’Allemagne. Mais dans plusieurs pays d’Europe de l’Est en revanche, la participation, déjà très faible, a encore baissé.

Au total, la montée des forces anti-européennes « ne va pas changer la façon dont le Parlement travaille », avec un bloc pro-européen qui reste largement majoritaire. Mais il y aura des conséquences « sur les scènes politiques nationales et sur la façon dont les dirigeants nationaux agiront au sein de l’UE », estime Jan Techau, directeur du groupe de réflexion Carnegie Europe.

La bataille se profile déjà pour la présidence de la Commission européenne.

Le candidat du PPE, Jean-Claude Juncker a « revendiqué » la présidence de l’exécutif européen mais le candidat socialiste, Martin Schulz, a remis en question les projections du Parlement européen, qu’il préside, jugeant qu’elles n’étaient « pas vraies ».

Aucun parti ne disposant de la majorité, cette situation pourrait inciter les dirigeants européens à chercher une autre personnalité acceptable par les députés. Ils se réuniront dès mardi soir à Bruxelles pour en discuter.

GB: victoire historique aux Européennes pour l’Ukip europhobe

L’Ukip europhobe de Nigel Farage a remporté une victoire historique aux Européennes avec un score de 27,5% et un nombre de députés supérieur à ceux des trois partis classiques secoués par le « séisme », après le dépouillement de 10 des 12 régions électorales britanniques.

A l’annonce de sa propre réélection dans la région sud-est de l’Angleterre, peu avant 01H00 locale lundi (00H00 GMT), le patron de la formation populiste a réitéré sa déclaration de guerre à l’immigration, sa bête noire, et à l’Union européenne, dont il veut claquer la porte.

« Vous n’avez pas fini d’entendre parler de nous », a-t-il déclaré triomphalement, à un an des élections législatives.

« L’armée populaire de l’Ukip a parlé ce soir, et a délivré le résultat le plus extraordinaire en 100 ans de vie politique britannique », s’est vanté le dirigeant de 50 ans.

Depuis 1906, aucun autre parti que ceux des conservateurs et des travaillistes n’a remporté un scrutin national.

Vers 02H00 GMT, les résultats dans 10 des 12 régions électorales que compte le Royaume-Uni accordaient 23 sièges à l’Ukip, soit 14 de plus que dans le parlement sortant.

Le Labour d’opposition arrivait ensuite avec 25,4% et 18 eurodéputés. Les conservateurs au pouvoir, vainqueurs des précédentes Européennes, étaient relégués en troisième position à 23,9% des suffrages et 18 eurodéputés.

Pour les libéraux-démocrates europhiles, membres du gouvernement de coalition, le scrutin s’apparente carrément à une débâcle. Ils enregistraient un score misérable de 6,9% et ne conservaient plus qu’un siège de député, après en avoir perdu 9.

De quoi incommoder encore plus le vice-Premier ministre Nick Clegg, déjà confronté à des appels à la démission de la tête de ce parti.

Les résultats des deux dernières régions électorales, l’Ecosse et l’Irlande du nord, devaient être connus lundi aux alentours de la mi-journée.

Le Royaume-Uni compte 73 députés au parlement européen.

– Surenchère eurosceptique –

L’Ukip a progressé sur l’ensemble du territoire, aux dépens des conservateurs dans le sud et dans les fiefs travaillistes du nord. Il paraissait en voie de décrocher son premier siège en Ecosse où les indépendantistes du SNP devaient maintenir leur représentation au parlement de Strasbourg, à quatre mois d’un référendum d’autodétermination historique.

Le « séisme » promis avait été précédé d’une première secousse lors d’élections locales tenues en même temps que les Européennes jeudi. L' »Uk Independence Party » (Ukip, parti pour l’indépendance du Royaume-Uni) ayant réalisé à cette occasion une percée dans les conseils municipaux.

L’Ukip apparaît désormais comme un quatrième acteur de poids dans le paysage politique britannique et oblige les autres partis à clarifier sinon radicaliser leurs positions sur l’Europe, dans un pays traditionnellement eurosceptique.

C’est le cas du Premier ministre David Cameron, qui se retrouvera soumis à une pression accrue dans son propre camp, après avoir été contraint à promettre la tenue d’un référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’UE en 2017.

Dès dimanche, Nigel Farage a demandé d’accélérer le calendrier.

Plusieurs médias conservateurs ont par ailleurs avancé ce week-end que le gouvernement s’apprêtait à introduire très prochainement une législation renforcée contre l’immigration.

Si l’Ukip n’a pour l’instant aucun député à Westminster, il espère en décrocher plusieurs aux législatives de mai prochain. Sinon avant, à l’occasion d’une partielle convoquée à Newark (centre de l’Angleterre) en juin.

Au parlement européen, il a jusqu’ici refusé toute alliance formelle avec le Front national, qui est arrivé en tête en France, avec 25,4% selon des résultats quasi définitifs.

« Nous allons avoir un bon nombre d’eurosceptiques élus au Parlement européen », s’est cependant félicité Farage, qui rêve d’une minorité de blocage des anti-UE.

« Je ne veux pas seulement que la Grande-Bretagne quitte l’Union européenne, je veux que l’Europe abandonne l’Union européenne », a-t-il lancé dimanche soir.

« Je ne crois pas que ce drapeau, cet hymne, et ce président dont personne ne connaît vraiment le nom représentent ce que l’Europe devrait être ».

« Je pense que jusqu’à maintenant l’intégration européenne, que vous le vouliez ou non, semblait inévitable et je pense que ce sentiment va disparaître avec les résultats de ce soir », a encore déclaré le leader de l’Ukip.

Le ministre conservateur des Affaires étrangères William Hague, tout en se disant « inquiet » de la montée des partis d’extrême droite en Europe, a estimé que Bruxelles devait entendre le « mécontentement croissant » des électeurs en opérant des réformes.

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EUROPENNES 2014 – Le parti de Marine Le Pen est arrivé largement en tête dimanche. Un bouleversement.

Voilà des semaines, sinon des mois que le Front national revendique le titre de premier parti de France. Les résultats des élections européennes de dimanche sont venus confirmer cette affirmation. Avec un score annoncé de près de 25%, le parti de Marine Le Pen est bel et bien arrivé en tête au plan national. Et largement, en plus. L’UMP, qui espérait rivaliser, voir battre la formation d’extrême droite, est au final loin, très loin, avec environ 20% des voix. Et qui dire du PS, piteux troisième avec moins de 15% des suffrages exprimés, selon les premières estimations.

Cette situation avait semble-t-il était anticipée au Front national, où des affiches avaient été préparées avant même le résultat du scrutin.


• Une première dans l’histoire de la République
Un part d’extrême droite en tête d’une élection nationale, c’est une première dans l’histoire de la République française. Il y avait bien eu le 21 avril 2002, quand Jean-Marie Le Pen s’était qualifié pour le second tour de l’élection présidentielle, mais le président du FN de l’époque était arrivé deuxième, et avec un score bien moindre, 16,86%. Le séisme est cette fois d’une toute autre ampleur.

• Un record historique pour le FN
Le Front national a battu plusieurs records dimanche. D’abord, le parti frontiste n’avait jamais obtenu un score de plus de 20% dans une élection nationale. C’est désormais chose faite. Ensuite, le parti de Marine le Pen n’avait jamais autant brillé, et de loin, dans une élection européenne. Son meilleur score datait de 1989, avec 11,73% des suffrages. Un record explosé lors du scrutin de 2014.

Rappel des scores du FN aux élections européennes :

1984 : 10,95 %
1989 : 11,73 %
1994 : 10,52 %
1999 : 5,69 %
2004 : 9,81 %
2009 : 6,34 %

• Une sanction pour Valls
Ce score du FN est aussi une défaite pour Manuel Valls. Le Premier ministre a mouillé la chemise pendant la campagne, avec l’objectif revendiqué de barrer la route au Front national. Son activisme et ses nombreux déplacements n’auront finalement pas eu l’effet escompté, au contraire. Manuel Valls reste populaire dans l’opinion, mais cette défaite presque personnelle pourrait ressembler à la fin d’une sorte d’état de grâce pour le locataire de Matignon.

• Des électeurs qui ont boudé les enjeux européens
Si le FN l’a emporté, c’est aussi parce que ses électeurs se sont mobilisés non pas pour des enjeux européens, mais bien nationaux.Car si une majorité de Français dit avoir voté prioritairement en fonction d’enjeux européens, ce n’est pas le cas pour les électeurs frontistes. Selon un sondage Harris Interactive, 53% des Français (72% des électeurs PS et 54% des électeurs UMP) ont voté d’abord en fonction d’enjeux européens. Un chiffre qui n’atteint que 25% parmi les électeurs FN. 38% des Français (mais 67% des électeurs FN) disent par ailleurs avoir voté pour exprimer leur insatisfaction contre le gouvernement.

• Le mot d’ordre : dissolution
L’offensive du FN sur le gouvernement a commencé dès la divulgation des premiers résultats. Et le mot d’ordre est clair : réclamer la dissolution de l’Assemblée nationale. « Selon nous, il faut aller devant le peuple », a très vite estimé Jean-Marie Le Pen sur France 2. Puis sa fille a pris le relais. « Le président de la République doit à présent prendre les dispositions qui s’imposent pour que l’Assemblée devienne nationale », a lancé la présidente du FN dans une déclaration. « Que peut faire d’autre le président de la République face à un désaveu aussi lourd ? », s’est-elle interrogée.

• Une baisse de l’influence française en Europe
La victoire du FN, qui pourrait truster près du tiers des 74 eurodéputés français, aura des conséquences concrètes sur le fonctionnement du Parlement. D’abord, le FN, fort de son score, sera l’incontestable leader des eurosceptiques à Strasbourg et Bruxelles. Ensuite, mécaniquement, les partis dits de gouvernement auront moins d’élus au sein des grands groupes. Ce qui se traduira fatalement par une baisse de l’influence française au Parlement.

Européennes 2014 : le score du FN, un choc à léchelle du monde

REACTIONS – La nette victoire du Front nationale fait vivement réagir la majorité et la classe politique dans son ensemble.

On l’attendait très haut. Il a tout simplement coiffé au poteau toutes les autres formations. Le Front national, avec 26% des voix, remporte les élections européennes, distançant nettement l’UMP (20,66%), selon des résultats partiels. En troisième position, le PS n’obtiendrait que 13,88% des voix. Le vice-président du Front national Florian Philippot a aussitôt salué « un score historique » faisant, selon lui, du parti d’extrême droite le « premier parti de France ». C’est en effet la première fois dans des élections générales en France que le Front National arrive en tête. Une déferlante frontiste accueillie comme un choc à gauche mais pas seulement.

« Un choc, un séisme ». Manuel Valls a estimé dimanche que les premiers résultats des européennes représentaient « un choc, un séisme », la France et l’Europe traversant selon lui un « moment grave ». Le Premier ministre a pointé un « score médiocre des partis de gouvernement, tout particulièrement de la majorité et de la gauche », après que le Front national fut arrivé en tête de l’élection européenne.

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