Le secteur des transports représente aujourd’hui un quart des émissions globales de gaz à effet de serre. A lui seul, le trafic aérien est responsable de 3% des rejets de CO2 dans l’atmosphère. Et ce chiffre devrait être amené à croître, parallèlement au fort développement du marché aérien, dans les pays asiatiques notamment. Face à ce constat, il est impératif d’opter pour des technologies plus respectueuses de l’environnement. Pour l’heure, les compagnies aériennes misent essentiellement sur les biocarburants pour réduire leurs émissions polluantes. Mais une autre solution, innovante, pourrait bel et bien être privilégiée dans les années et les décennies à venir : les avions électriques.


 

Premier vol pour l’E-Fan dans le ciel girondin

L’E-Fan est un avion-école tout-électrique développé par la direction générale “Technologie et innovation d’Airbus” et conçu par Aéro Composites Saintonge, une PME charentaise. Présenté pour la première fois au salon du Bourget, en juin 2013, l’E-Fan a effectué ses premières séances d’essais en vol mardi 11 mars à l’aéroport de Bordeaux-Mérignac. 

L’avion à propulsion électrique d’Airbus est fabriqué en fibres de carbone et est équipé de deux turbines électriques. Deux moteurs sont alimentés par deux packs de batterie lithium polymère situés dans les ailes de l’avion, qui fait 9,50 mètres d’envergure (pour 6,70 mètres de long). L’E-Fan peut aujourd’hui voler jusqu’à une vitesse de 220 km/h (160 en vitesse de croisière) pour une durée maximale d’une heure.

Pour l’heure, l’E-Fan est un “avion-école”, c’est-à-dire un avion généralement utilisé pour la formation des pilotes civils ou militaires, particulièrement adapté aux missions de courtes durée. Mais le groupe Airbus envisagerait de développer cette solution innovante en créant des avions de transports dotés d’une capacité de 100 passagers à l’horizon 2030. Entre temps, Airbus espère commercialiser cet avion d’ici 4 ou 5 ans via la création d’une filiale dédiée : VoltAir. Une usine destinée à l’assemblage de l’E-Fan pourrait être construite prochainement dans la région Aquitaine.

Un des 34 plans de la “Nouvelle France industrielle”

Le lancement d’une solution innovante et “made in France” dans le secteur de l’aviation est soutenu par l’Etat à hauteur de 25 millions d’euros. Le projet constitue l’un des 34 axes de la “Nouvelle France industrielle” promue et mise en place depuis l’an dernier par le ministère du Redressement productif, visant notamment à dynamiser les créations d’emplois, à développer la mobilité durable et à réduire les émissions de CO2.

La quatrième des 5 feuilles de route présentées le 14 mars à l’Hôtel de Matignon témoignait du soutien que l’Etat souhaite apporter à cette initiative initialement privée : “L’E-Fan répond à l’enjeu d’un développement de la formation au pilotage compatible avec les exigences environnementales et contribue à la maturité des technologies applicables aux avions de ligne toujours plus électriques”.

Ce n’est pas la première fois qu’un planeur effectue des essais de vol avec des batteries. Mais il s’agit, dans tous les cas, d’une grande première pour le groupe Airbus. Pour l’instant de petite taille, l’E-Fan pourrait bien être amené à grandir et à effectuer à l’avenir des vols commerciaux longues distances grâce à l’énergie électrique.

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