UKRAINE – Les dirigeants occidentaux et Kiev condamnent le rattachement de la Crimée à la Russie…

Les grands pays occidentaux et l’Ukraine ont fermement condamné mardi le rattachement de la Crimée à la Russie comme contraire au droit international, menaçant de renforcer l’isolement de Moscou par des sanctions supplémentaires. Le président des Etats-Unis, Barack Obama, a invité les dirigeants du G7 et de l’Union européenne à se réunir la semaine prochaine à La Haye afin d’examiner les «décisions que le G7 pourrait prendre pour répondre à l’évolution de la situation et soutenir l’Ukraine».

«L’UE ne reconnaît pas et ne reconnaîtra pas l’annexion de la Crimée et de Sébastopol par la Fédération de Russie», ont déclaré les présidents de la Commission européenne et du Conseil européen, José Manuel Barroso et Herman Van Rompuy. «La souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance de l’Ukraine doivent être respectées». Le président américain Barack Obama et la chancelière allemande Angela Merkel ont estimé mardi lors d’un entretien téléphonique que l’Ukraine avait subi «des coups inacceptables» à son intégrité avec le rattachement de la Crimée à la Russie.

Le conflit «passe en phase militaire»

L’ONU «suit avec une inquiétude croissante les développements», selon son porte-parole Stéphane Dujarric . Le secrétaire général Ban Ki-moon estime que «toutes les parties prenantes doivent œuvrer en faveur d’une solution qui soit guidée par les principes de la Charte de l’ONU, y compris le respect de l’unité, la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine». Il «demande fermement à toutes les parties concernées de reprendre un dialogue constructif pour résoudre cette crise».

François Hollande a quant à lui appelé à «une réponse européenne forte et coordonnée». «La France ne reconnaît ni les résultats du référendum tenu en Crimée le 16 mars dernier, ni le rattachement de cette région d’Ukraine à la Russie», a-t-il dit. «Le conflit passe de la phase politique à une phase militaire», a estimé le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk, après des tirs russes en Crimée sur des soldats ukrainiens, qui ont fait deux morts –celle d’un militaire ukrainien et celle d’un paramilitaire pro-russe.

Avec AFP
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CRISE – « le Parlement russe a approuvé un envoi de troupes russes en Ukraine…

Et si la révolution de palais présidentiel en Ukraine déclenchait finalement une guerre? Quelques jours après la chute de Viktor Ianoukovitch, le monde entier a les yeux rivés vers la Russie et la Crimée, cette région du sud de l’Ukraine où Vladimir Poutine songe à envoyer des soldats, au risque de faire basculer les deux pays dans un conflit armé. Les réactions à l’étranger sont très vives. Barack Obama a appelé Vladimir Poutine pour exiger qu’il retire les forces russes déployées en Crimée. 20 Minutes fait le point sur la situation, après la décision du Parlement russe d’approuver l’envoi de troupes russes en Ukraine.

Qu’a décidé la Russie?

Ce samedi, le Président Vladimir Poutine a obtenu du Parlement russe le feu vert à un «recours aux forces armées» en Ukraine. Une demande justifiée par le chef de l’Etat par «la situation extraordinaire en Ukraine et la menace constituée par les «actions criminelles des ultranationalistes soutenus par les actuelles autorités» ukrainiennes, « pesant sur la vie des citoyens russes, de nos compatriotes, des forces armées russes déployées en Ukraine». Le recours aux forces armées russes durerait «jusqu’à la normalisation de la situation politique dans ce pays», selon le Kremlin. Son éventuelle mise en oeuvre est désormais entre les mains de Poutine: «Pour le moment, il n’y a pas de décision en ce sens», a affirmé son porte-parole.

Que peut-elle faire concrètement?

La Russie peut aussi bien utiliser les forces de la Flotte russe de la mer Noire, qui se trouvent déjà en Crimée aux termes d’un accord bilatéral signé entre Moscou et Kiev et comptent environ 20.000 hommes basés à Sébastopol, qu’envoyer d’autres troupes venant, elles, de Russie.

Comment ont réagi les autorités et opposants ukrainiens?

A Kiev, les nouvelles autorités pro-européennes ont mis plusieurs heures à réagir à ce nouveau tournant. «J’ai donné l’ordre de mettre l’armée en état d’alerte, de renforcer la protection des centrales nucléaires, des aéroports et des sites stratégiques», a déclaré le président par intérim, Olexandre Tourtchinov. «Nous sommes persuadés que la Russie ne lancera pas d’intervention car cela signifierait la guerre et la fin de toute relation entre les deux pays», a pour sa part affirmé le Premier ministre, Arseni Iatseniouk.

D’autres, comme l’ancien boxeur Vitali Klitschko, le parti nationaliste Svoboda et le groupe d’extrême droite Pravy Sector, en première ligne de la contestation, ont appelé à la «mobilisation générale». L’ex-Premier ministre Ioulia Timochenko a appelé au calme et à ne pas entrer dans le jeu de Moscou.

Qu’en disent les grandes puissances étrangères?

Les Occidentaux ont semblé pris de court par la tournure prise par les événements. Barack Obama a appelé Vladimir Poutine à replier les forces russes dans leurs bases en Crimée et l’a mis en garde contre «un isolement international» et contre le «coût» sur la scène mondiale d’une éventuelle intervention russe en Ukraine. Lors d’un appel téléphonique de 90 minutes, le président américain a affirmé à son homologue russe qu’il avait violé la loi internationale en déployant des troupes russes en Ukraine, et l’a exhorté à discuter pacifiquement avec les autorités de Kiev de ses inquiétudes sur le traitement des russophones dans le pays, selon la Maison Blanche. Le président américain s’est également entretenu samedi séparément avec François Hollande et le Premier ministre canadien Stephen Harper, et tous trois ont exprimé leur «profonde inquiétude» au sujet de l’intervention russe en Ukraine.

François Hollande a appelé de son côté Vladimir Poutine à «éviter tout recours à la force» tandis que le Premier ministre britannique, David Cameron, a estimé qu’une intervention n’aurait aucune «justification». Catherine Ashton, la chef de la diplomatie européenne, a quant à elle «déploré» une éventuelle utilisation des «forces armées en Ukraine». A New York, les ambassadeurs des 15 pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont entamé des consultations à huis clos à la demande du Royaume-Uni.

Peut-on craindre une escalade rapide?

Difficile à dire ce samedi soir, tant que Poutine n’a pas pris de décision définitive sur l’envoi de troupes russes. Sur le terrain, les points chauds se sont multipliés ce samedi dans l’est et le sud russophones de l’Ukraine, selon des correspondants de l’AFP, qui ont observé des irruptions d’hommes armés dans plusieurs sites stratégiques ou d’importantes manifestations pro-russes. Aucun combat n’a toutefois été rapporté. En Crimée, le ministre de la Défense, Igor Tenioukh, a accusé la Russie d’avoir déjà déployé des milliers d’hommes supplémentaires et de près de 30 blindés.

Selon le Premier ministre, Arseni Iatseniouk, la Russie tente de répéter le scénario mis en oeuvre en 2008 dans la région géorgienne séparatiste d’Ossétie du Sud, où elle avait lancé une opération militaire éclair contre les autorités de Tbilissi, et dont elle a fini par reconnaître l’indépendance.

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N. Beu. avec AFP

Kiev – Le commandant de la marine ukrainienne Serguiï Gaïdouk, détenu mercredi par les forces pro-russes en Crimée, a été relâché dans la nuit, a annoncé jeudi la présidence ukrainienne citée par Interfax-Ukraine.

«Tous les autres otages civils détenus par les militaires russes et les représentants des nouvelles autorités autoproclamées» de la Crimée ont également été libérés dans la nuit, précise un communiqué de la présidence.

Le contre-amiral Gaïdouk avait été détenu par les forces pro-russes lorsque celles-ci ont pris le contrôle du quartier général de la marine ukrainienne à Sébastopol mercredi dans la matinée.

En début de soirée, le président ukrainien par intérim Olexandre Tourtchinov «a donné au pouvoir autoproclamé de la Crimée trois heures pour libérer tous les otages», dont le contre-amiral Gaïdouk, en menaçant de prendre des «mesures adéquates» de représailles.

Aucune annonce n’a été faite de part et d’autre à l’expiration de cet ultimatum, mais le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a appelé mercredi soir les dirigeants de la Crimée à libérer le chef de la marine ukrainienne.

Le père d’un des Ukrainiens libérés, le député Anatoli Gritsenko, a indiqué sur sa page Facebook qu’ils ont été remis en liberté à proximité du village de Tchongar, à proximité des postes de contrôle établis entre la Crimée et le reste de l’Ukraine.

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