Sur un Tumblr intitulé « I, Too, Am Harvard » (moi aussi je suis Havard), des étudiants noirs font entendre leurs voix et racontent leurs expériences du racisme.

« Tu as de la chance d’être noire… c’est si facile d’entrer à la fac ! », « Tu n’es pas noire à l’intérieur », « Si vous courez si vite, c’est parce que vous passez tant de temps à fuir la police ? » : ces phrases n’ont pas été entendues dans la rue, mais dans la prestigieuse université américaine Harvard. Le projet photo intitulé « I, Too, Am Harvard » (moi aussi je suis Harvard), diffusé sur Tumblr, vise à réduire ce genre d’agressions et à faire prendre en compte la gravité de ces propos.

Nos voix sont souvent ignorées sur le campus, nos expériences sont dévalorisées, notre présence est remise en question – ce projet est notre façon de répondre, de revendiquer ce campus, de nous élever : nous sommes là. Ce lieu est à nous. Nous, AUSSI, sommes Harvard », indique le site.

L’étudiante Carol Powell a photographié 63 personnes qui tiennent des panneaux sur lesquels elles ont inscrit les remarques blessantes entendues sur le campus.

La campagne est une réponse à un article écrit par un étudiant blanc et publié dans le « Harvard Crimson » (le quotidien étudiant de l’université) en novembre 2012. Intitulé « Affirmative Dissatisfaction » (insatisfaction positive), il évoquait la discrimination positive au sein de l’établissement.

La campagne photo est liée à une pièce de théâtre du même nom, qui a été  présentée à Harvard vendredi 7 mars. Selon le « Boston Globe », l’idée de cette pièce est née après que l’étudiante Kimiko Matsuda-Lawrence a mené 60 interviews auprès d’étudiants noirs.

Celle-ci fait partie des Kuumba Singers, une association noire qui existe depuis 40 ans sur le campus d’Harvard. C’est à travers cette chorale que la jeune fille a rencontré d’autres étudiants qui partageaient son ressenti sur le racisme ambiant.

Elle a expliqué à Buzzfeed que le projet ne reflétait pas forcément l’expérience de tous les étudiants de couleur. Mais elle cherche à faire une différence, en raison des expériences racistes qu’elle a vécu. En se baladant sur le campus, elle a notamment croisé deux hommes blancs ivres qui lui ont demandé si elle savait lire.

« Nous faisons partie d’un mouvement national d’activisme d’étudiants noirs », déclare-t-elle. « Nous ne l’avons pas amorcé, mais nous espérons que nous pouvons apporter quelque chose à ce mouvement et nous révolter contre le racisme sur les campus universitaires. »

L’administration de Harvard soutient l’organisation de cette pièce de théâtre. « Nous applaudissons les organisateurs et les participants de la campagne ‘I, Too, Am Harvard’ d’avoir faire entendre leur voix. C’est un débat important pour tous les étudiants d’Harvard et pour tous les étudiants du pays. Tous nos étudiants ont leur place à Harvard. »

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