Concurrence: Cinq arnaques démasquées qui ont changé votre quotidien
Des noms de code, des rendez-vous secrets, des menaces, des trahisons… Les délinquants en col blanc usent de tous ces ingrédients. Et, comme les autres malfrats, ils peuvent eux aussi avoir les «gendarmes» aux trousses. A commencer par ceux de l’Autorité de la concurrence, dont les jugements changent régulièrement le quotidien des citoyens. La preuve en cinq histoires.

Non mais allô quoi

Début des années 2000. Au lieu de chasser les clients avec des offres alléchantes, Bouygues, Orange et SFR décident de se partager le marché. Les trois opérateurs se connaissent bien puisque depuis 1997, ils s’échangent des informations stratégiques. Tout cela évidemment sur le dos –ou plutôt le portefeuille- des consommateurs. Une entente à laquelle l’Autorité de la concurrence met fin en 2005. Les opérateurs sont condamnés à une amende de 534 millions d’euros.

C’est du propre

Ariel, Skip, Dash, Omo, Super croix, Gama, Persil, X-tra… Si vous avez acheté ces lessives entre 1997 et 2004, vous vous êtes fait avoir. Car leurs fabricants se sont entendus sur les prix et les promotions pratiqués. Ils se retrouvaient régulièrement dans des hôtels parisiens pour s’échanger les informations. Ces réunions secrètes portaient un nom de code –les « store checks »- tous comme les participants –Hugues pour Henkel, Pierre pour Procter&Gamble, Laurence pour Unilever et Christian pour Colgate Palmolive. Ils ont été condamnés en 2008 à payer 367,9 millions d’euros. Sauf Laurence, pardon, Unilever, qui a été exonéré de toute sanction puisque c’est elle, enfin lui, qui avait dénoncé l’entente.

Perte de crédit

Années 1990. Bonne nouvelle pour les particuliers: les taux d’intérêts sont en forte baisse. Nombre d’entre eux souhaitent donc renégocier leurs emprunts. Mais, surprise, ils ont beau faire le tour des banques, aucune ne leur propose de meilleures conditions. Et pour cause: les principaux établissements ont conclu un pacte de non-agression. Autrement dit: ils s’interdisent de faire des propositions aux clients appartenant à l’une des autres banques. En 2000, l’Autorité de la concurrence les condamne à 174 millions d’euros d’amende.

Tomber dans le panneau

Pendant dix ans, les collectivités locales –donc, les contribuables- ont payé très cher les panneaux et autres articles de circulation routière. Encore une fois, en raison d’une entente entre les fabricants. Elle a pris fin en mars 2006, lorsque les participants ont été pris en flagrant délit lors d’un déjeuner dans un grand restaurant parisien.

L’entente était très poussée: les entreprises devaient respecter des règles dans leurs réponses aux marchés publics et si elles les enfreignaient, elles devaient s’acquitter de pénalités financières. En 2010, elles ont été condamnées à 52,7 millions d’euros. Certains dirigeants ont également écopé de peines de prison avec sursis.

Avaler la pilule

Les laboratoires n’aiment pas trop les génériques. Il faut dire que ces pilules ne sont pas très bonnes pour leur santé… financière. Dans deux affaires distinctes –le Plavix (fabriqué par Sanofi-Aventis) et le Subutex (conçu par Schering Plough)- l’Autorité de la concurrence a mis au jour des pratiques peu recommandables.

Qui se ressemblent: les visiteurs médicaux et les délégués pharmaceutiques de ces deux groupes mettaient la pression aux médecins et aux pharmaciens pour qu’ils ne recommandent pas les génériques concurrents, insinuant même qu’ils étaient inefficaces, voire dangereux. En 2013, Sanofi-Aventis et Schering Plough ont été respectivement condamnés à 40,6 et 15,3 millions d’euros.

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