Au moins 133 enfants ont été tués ou mutilés au cours des deux derniers mois en République Centrafricaine… L’UNICEF, horrifié par l’escalade des violences et l’impunité dont jouissent leurs auteurs, appelle toutes les parties à faire cesser ces exactions, et à travailler ensemble pour la réconciliation. Ces graves violations des droits des enfants doivent par ailleurs faire l’objet d’enquêtes, de poursuites judiciaires et de sanctions.

 

Centrafrique : STOP à la cruauté et la violence envers les enfants !

Un coup de machette sur la tête (petit garçon au centre), deux phalanges sectionnées (jeune fille à droite)… Les enfants sont la cible d’actes atroces.
© Pierre Terdjman / Cosmos pour UNICEF France

Appel aux dons

45 millions d’euros sont nécessaires, et à ce jour cet appel de fonds pour la RCA n’est pourvu qu’à hauteur de 2,3 millions d’euros !

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Les responsables de l’UNICEF dans la région Afrique de l’Ouest ont déclaré qu’ils étaient horrifiés par la cruauté des auteurs des meurtres et des mutilations d’enfants en République centrafricaine (RCA) et par l’impunité dont ils jouissent.

Selon l’organisme des Nations Unies chargé de la défense des droits de l’enfant, ces dernières semaines ont été marquées par des niveaux de violence sans précédent contre les enfants lors d’attaques sectaires et de représailles menées par les milices anti-Balaka et d’ex-combattants Séléka. Ces actes constituent de graves violations des droits des enfants.

Décapités et mutilés intentionnellement

« Les enfants sont de plus en plus ciblés en raison de leur religion, ou en raison de leur appartenance communautaire, selon le Directeur régional de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et centrale, Manuel Fontaine. La violence sectaire en République centrafricaine s’est aggravée, tant à Bangui, que dans l’ouest et le centre du pays. »

Au moins 133 enfants ont été tués et mutilés, certains d’une manière particulièrement atroce, alors que la violence ethno-religieuse ne cesse de s’intensifier depuis deux mois.

L’UNICEF a ainsi vérifié les cas d’enfants décapités et mutilés intentionnellement et a connaissance de cas d’enfants blessés lors de fusillades ayant dû se faire amputer privés d’accès à l’hôpital du fait de l’insécurité.

Dans la ville de Boali, au nord-ouest de la capitale, où l’on déplore 22 morts et 42 blessés depuis le début de décembre, une victime sur quatre est un enfant.

Tous les groupes ont commis des actes de violence mais le ciblage tout récent des populations musulmanes a entraîné l’évacuation de communautés entières et une augmentation significative du nombre d’enfants non accompagnés, séparés de leur famille. Ces enfants sont particulièrement vulnérables.

Mettre fin à l’impunité

L’UNICEF appelle le Gouvernement, les communautés, les autorités religieuses et les responsables de la société civile à faire cesser cette violence et à travailler ensemble pour la réconciliation.

« Un pays où des adultes peuvent, en toute impunité, cibler des enfants innocents, n’a pas d’avenir, a ajouté Manuel Fontaine. Tous les enfants de la République centrafricaine doivent être protégés. »

L’UNICEF a déclaré, en outre, que les graves violations des droits des enfants doivent faire l’objet d’enquêtes, de poursuites judiciaires et de sanctions.

• Les groupes et les milices armés dans le pays doivent être désarmés immédiatement.
• Une aide humanitaire impartiale doit être en mesure d’atteindre les enfants les plus à risque.
• La sécurité doit être rétablie par les forces nationales, les forces de l’Union africaine et les troupes françaises de manière à ce que les familles puissent retourner dans leurs foyers.
• La réconciliation doit être encouragée. Le Gouvernement de transition, la société civile, les organisations religieuses et les associations de jeunes doivent travailler ensemble pour que la réconciliation prenne le pas sur la peur.

« Les attaques contre les enfants doivent être dénoncées systématiquement par la société civile, le Gouvernement de transition, les organisations internationales et les médias, a conclu Manuel Fontaine. Il est impératif de mettre fin à l’impunité. »

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