INONDATION – L’OCDE a dévoilé ce matin un rapport alarmant concernant les risques qui pèsent sur la France en cas d’une crue équivalente à celle de 1910…

«Dans le cas le plus extrême, une inondation de la Seine en Ile-de-France impacterait directement et indirectement près de cinq millions de citoyens.» Ce constat sans appel est signé par l’OCDE. Dans un rapport publié ce vendredi, l’Organisation de coopération et de développement économique estime que le risque d’une crue historique de la Seine de type 1910 doit faire l’objet d’une prévention et d’une préparation plus harmonisées, d’autant plus que la région pèse un tiers de l’activité économique de l’Hexagone et représente un nœud logistique central pour tout le pays.

Le pays perdait 3% de son PIB

Même si le risque d’inondation «a été réduit par les travaux de protection et de construction de barrages» depuis la crue historique de référence de 1910, «l’exposition au risque et la vulnérabilité qui en résulte ont été accrues concomitamment par l’urbanisation croissante (…) ainsi que la construction de nombreuses zones d’activités et d’infrastructures critiques (transport, énergie, communication, eau)», précise l’OCDE.

Et la facture pourrait être salée en cas de catastrophe majeure, car l’organisme estime que l’impact économique est compris entre 3 et 30 milliards d’euros et pourrait ainsi faire perdre à la France 3% de son PIB. Une situation dramatique qui serait le résultat, selon l’OCDE, d’une «absence de vision stratégique d’ensemble» et des actions insuffisamment concertées et cohérentes: «Le risque est celui de la dispersion et que les efforts ne puissent pas totalement porter leurs fruits.»

Des solutions existent

Et pour améliorer la situation et éviter une catastrophe humaine et économique, l’OCDE avance plusieurs pistes: «Le développement de la culture du risque. La capacité des réseaux critiques à surmonter rapidement les conséquences de l’inondation avec un retour à la normale, qui conditionne celle de l’ensemble de l’agglomération et les délais de retour à la normale. La réduction de la vulnérabilité des entreprises et une meilleure prise en compte du risque dans les projets d’aménagement, en profitant des opérations de renouvellement urbain d’envergure en cours.»

Autre solution avancée par l’OCDE, «une expérimentation du projet de stockage de La Bassée» qui consiste à construire un cinquième barrage en amont de Paris dans la vallée de La Bassée avec dix bassins de retenue d’eau capable de stocker de l’eau pompée dans la Seine. Mais son coût -autour de 500 millions d’euros- est décrié par certains élus et le projet peine à se concrétiser. Désormais, l’EPTB propose de construire d’abord un seul casier (bassin de retenue) pour démontrer l’efficacité du dispositif.

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