Grosses entreprises ou plus modestes, les employeurs attendent le détail du pacte de responsabilité pour savoir s’il y aura vraiment un impact.
En juillet dernier, Arnaud Montebourg visitait une usine Eminence, spécialiste du sous-vêtement made-in-France dont le PDG attend maintenant le détail du pacte de responsabilité. ( ALAIN ROBERT/APERCU/SIPA) En juillet dernier, Arnaud Montebourg visitait une usine Eminence, spécialiste du sous-vêtement made-in-France dont le PDG attend maintenant le détail du pacte de responsabilité. ( ALAIN ROBERT/APERCU/SIPA)
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Quand, à l’instar de Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, certains syndicalistes jugent que le pacte de responsabilité « ressemble à un cadeau aux entreprises », les patrons se contente de dire que la mesure va dans le bon sens. Ils attendent d’avoir le fameux paquet en mains avant de se réjouir vraiment. François Hollande doit justement préciser les détails de son projet mardi 21 janvier, lors des vœux « aux acteurs de l’entreprises et de l’emploi. »

En attendant, rares sont les patrons à avoir déjà sorti la calculatrice pour se faire une idée de ce que va représenter, concrètement, la suppression des cotisations familiales pour leurs entreprises. Coquetterie de dirigeant en quête de discrétion ? « Pas du tout, mais il y eu tellement de changements et de modifications ces derniers temps que nous attendons la circulaire du ministère du Travail. A ce moment-là seulement on pourra regarder l’impact réel », explique une responsable des ressources humaines dans une entreprise de 220 salariés.

« Il faut connaître l’ensemble des mesures »

Même un groupe comme PSA qui emploie encore près de 100.000 salariés en France n’a pas fait les comptes, du moins officiellement. Même son de cloche du côté de Renault : « Pas de chiffres, nous sommes trop en amont. » Les entreprises de plus petite taille en sont au même point : « Nous attendons de voir précisément ce que ça va donner », confirme Dominique Seau, PDG du groupe Eminence qui emploie 544 personnes en France, « il faut connaître l’ensemble des mesures pour savoir s’il y a réellement un impact ».

Du côté d’Eminence, le spécialiste du sous-vêtement masculin made in France a déjà fait l’expérience du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) qui pour 2013 a rapporté 400.000 euros et plus de 550.000 euros prévus pour 2014. « Mais nous avons un endettement élevé et, avec la non-déductibilité des charges financières, nous avons dû rendre 600.000 euros en 2013 et ce sera 1 millions pour 2014 », explique Dominique Seau. Le calcul est vite fait : le gain est négatif.

« Rendre le coût du travail équitable »

Il salue pourtant les pistes ouvertes par le pacte de responsabilité : « L’enjeu central, c’est la compétitivité des emplois en France. » Et, si le made in France reste un symbole de qualité, il est aussi victime de fortes contraintes à l’exportation, aussi bien au niveau des prix que des barrières douanières. Pour le PDG, il est donc essentiel de « rendre le coût du travail équitable ».

Entreprise de géomètres experts, Techniques Topo n’est pas concernée par les questions d’exportations. « Dans le secteur des services, la compétitivité se joue entre nous. La suppression des cotisations familiales va bénéficier à tout le monde : ça ne change rien à la donne économique », estime François Berger, le responsable de cette entreprise de 90 personnes. Lui non plus n’a pas encore regardé le montant des sommes en jeu, même s’il estime que « ce ne sera pas négligeable. » Manque de curiosité ? Pour sa société, la priorité n’est pas là : « Ce dont nous avons vraiment besoin, c’est du boulot. » Pour le moment, les sociétés comme Techniques Topo guettent plutôt l’activité des collectivités locales soumise à de sérieuses restrictions budgétaires.

Alors pour le moment, pas de chiffrage d’impact, mais des engagements, même si, eux non plus, ne sont pas chiffrés. PDG de VELUX France, Michel Langrand salue ainsi des allègements de charges qui « permettront vraisemblablement d’accélérer, avec tout ce que cela entend en termes de ressources humains, le développement de nos nouveaux marchés. »=============================================================

Qu’en est-il du deal Hollande-MEDF? Il abandonne 30 milliards de cotisations familiales et il ne réclame que 1 million d’emplois. Rappelons que noius avoisinons les 7 millions de « Vacanciers longue durée » en attente de vacances de postes à occuper…. (et certainement plus si on compte les exclus des stats que sont les « en stages de très courte durée » de quelques jours qui échappent ainsi aux enquêteurs).

Le cadeau est d’environ 30 milliards pour les patrons :

  • A raison de 1400€ de revenu mensuel brut le millions d’emploi leur coûtera 16,8 milliards de salaires (on pourrait aller jusqu’à 2 millions d’emplois, intégralement payés par le cadeau de l’exonération des cotisations familiales. Et le MEDEF rechigne déjà au million et voudrait des avantages supplémentaires…  pour ce million? Décidément la gestuelle accompagnant la phrase « on leur donne ceci, ils exigent cela« )
  • Les caisses sociales récupèrent environ 3,7 milliards (22% du brut)
  • l’Etat récupère :
    • 2,62 milliards (base 20%)
    • 0,346 milliards (impôts sur le revenu)
  • Le circuit commercial récupère 10,138 milliards

Conclusion,

  • l’Etat paye l’intégralité des coûts de l’embauche de 1 millions de chômeurs (sans compter les indemnisations chômage qu’il récupère). Il récupère en même temps  près de 3 milliards (8,33% de sa mise en bénéfice). On voit que ce cadeau pourrait financer 2 millions d’embauche à 100%).
  • Les patrons gagnent 36 milliards de suppression des cotisations familiales, sur lesquels ils ne paierons que 16,8 milliards de salaires (soit un bénéfice de 44% et plus que se partageront les actionnaires) auxquels il faut ajouter les 10,138 milliards remis en circuit commercial.
  • Les salariés devront faire une croix sur leurs prestations familiales ou se les financer par eux-même. Ils ont au moins la satisfaction d’aider les actionnaires grâce à leur volontarisme pour les secourir…..

L’état se garde bien de vous indiquer ce décompte (il reste cependant à affiner. il est brut de décoffrage). Ce bilan est très encourageant. Il ne représente que 5,5% de cadeaux aux entreprises que les salariés vont devoir couvrir jusqu’à due concurrence. Il y a fort à parier qu’avec le double, (il reste une marge de 15% à raboter en charges sociales), les actionnaires verront enfin le bout du tunnel. Il n’y a qu’en France que les salariés ont ainsi autant de considération pour les actionnaires de leur entreprise, au point der financer directement leurs dividendes. Mais la compétitivité me direz vous! Qu’est-ce que vous êtes mesquins!

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