Santé. Dès le 1er avril, de nombreux remèdes vont voir leur remboursement chuter de 35 % à 15 %.


Betadine, Toplexil, Valium et autre Gaviscon… La liste des médicaments dont le taux de remboursement diminue s’allonge.
En
tout, 171 produits, sans compter leurs équivalents en générique, vont
voir leur remboursement passer de 35 % à 15 %… Ces médicaments
porteront donc une vignette orange, qui fait sa réapparition aux côtés
des vignettes blanches barrées (produits remboursés à 100 %), blanches
(65 %) et bleues (35 %).
Objectif pour le ministère de la Santé : réaliser une économie de quelque 236 millions d’euros cette année.
Annoncé
à l’automne dernier, ce passage à 15 % devait au départ concerner une
centaine de médicaments. Mais les dépenses maladies de la Sécu
augmentent trop vite (+4,4% le mois dernier selon la Cnam). Idem pour
les remboursements liés à la médecine libérale (+4%). Poussé à faire
des économies, le gouvernement a donc choisi d’allonger la liste.
Si
certains de ces produits sont largement utilisés par le grand public,
la Haute Autorité de Santé motive leur déremboursement par le bénéfice
thérapeutique « faible », voire « insuffisant » constaté.
Ainsi,
l’Hexomédine est un désinfectant qui date du siècle dernier et qui
figure sur la liste. Mais c’est plus son ancienneté, et le fait qu’il
existe de nouveaux désinfectants plus récents, plus efficaces et plus
chers, qui explique aujourd’hui son déclassement. Même constat pour le
Débridat, un médicament gastrique pour enfants, très utilisé.
D’autres
médicaments sont déclassés alors même qu’ils restent très appréciés des
Français. C’est le cas du Tanakan. Ce médicament est utilisé pour les
problèmes de troubles de la mémoire, la baisse de l’audition ou encore
les douleurs lors de la marche. En 2005, il s’en écoulait ainsi 5
millions de boîtes.
Les laboratoires pharmaceutiques ont désormais
un mois pour contester cette mesure, après quoi, ils auront encore un
mois pour écouler les médicaments étiquetés à 35 %.
Dans tous les
cas, cette baisse de remboursement ne devrait pas intervenir avant mai
ou juin. Les mutuelles, pour leur part, ont déjà prévenu qu’elles
n’abonderont pas pour compenser cette baisse de remboursement