Quand la police bat le pavé!!

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200 policiers devant le Bataclan pour protester contre les accusations de racisme

Après La Défense (notre photo) et la Maison de Radio France, les policiers ont de nouveau manifesté vendredi soir devant le Bataclan.
Après La Défense (notre photo) et la Maison de Radio France, les policiers ont de nouveau manifesté vendredi soir devant le Bataclan. (AFP)

Plus de 200 policiers se sont réunis vendredi soir devant le Bataclan à Paris, lieu symbolique des attentats du 13-Novembre, pour protester contre les accusations de violences policières et de racisme à l’encontre de leur profession, et dénoncer un manque de soutien de l’Intérieur. « On ne comprend pas d’avoir été acclamés à l’époque des attentats et d’être pointés du doigt aujourd’hui », a déclaré l’un d’eux.

G.D. avec AFP

De nombreux policiers se sont réunis devant le Bataclan vendredi soir à Paris dénonçant les accusations de racisme et de violences à leur encontre.

Un écusson de la police nationale. © AFP Un écusson de la police nationale.

Pus de 200 policiers se sont réunis vendredi soir devant le Bataclan à Paris, lieu symbolique des attentats du 13-Novembre, pour protester contre les accusations de violences policières et de racisme à l’encontre de leur profession, et dénoncer un manque de soutien de l’Intérieur.

Plusieurs dizaines de fourgons, motos, et voitures ont bloqué la rue devant la salle de concert vers 23h30, a constaté un journaliste de l’AFP. En civil ou en tenue, arme à la ceinture, les policiers ont déposé leurs menottes en silence sur la chaussée, avant d’entonner une Marseillaise en signe de protestation.

Un manque du soutien du ministère ?

« On réfute les accusations de violences et de pseudo-racisme », a soufflé un des participants, sous couvert d’anonymat. « On ne comprend pas d’avoir été acclamés à l’époque des attentats et d’être pointés du doigt aujourd’hui ». Lors des attentats du 13 novembre 2015, deux policiers de la BAC (brigade anti-criminalité) avaient été les premiers à intervenir au Bataclan et avaient tué l’un des assaillants.

Les fonctionnaires présents vendredi ont aussi dénoncé un manque de soutien du ministère de l’Intérieur. Depuis son discours du 8 juin au cours duquel il a annoncé la fin de l’enseignement d’une méthode d’interpellation dite de « la clé d’étranglement », Christophe Castaner doit faire face à la colère des policiers. 

Plusieurs rassemblements ont eu lieu ces deux dernières semaines, notamment en Ile-de-France, comme devant l’Arc de Triomphe, avec dépôts de menottes en guise de protestation symbolique. De nombreux agents reprochent au ministre de ne pas les soutenir suffisamment contre les accusations « de violences policières » et de « racisme » dans leurs rangs.

« Quand on me demande ce que je fais, je suis pompier » : un chef d’équipage en police secours raconte le blues des policiers

Manifestations contre les violences policières, accusations de racisme dans leurs rangs, les policiers sont confrontés à une période compliquée. Bien que désabusé, Olivier qui travaille en région parisienne, veut toujours croire en son métier.

Des menottes et des badges de policiers déposés au sol devant la préfecture de police lors d\'une manifestation en réaction aux annonces du ministre de l\'Intérieur, Paris, le 17 juin 2020.
Des menottes et des badges de policiers déposés au sol devant la préfecture de police lors d’une manifestation en réaction aux annonces du ministre de l’Intérieur, Paris, le 17 juin 2020. (BERTRAND GUAY / AFP)

Olivier n’a jamais connu un tel ras-le-bol. Chef d’équipage en police-secours, à 35 ans, il passe son temps à remotiver ses collègues. « La police a le blues oui, c’est sûr. Et les jeunes encore plus (qui se disent) : ‘Pourquoi je suis venu là ? Il faut que je me reconvertisse…’ C’est compliqué de faire comprendre aux plus jeunes que c’est un beau métier. » 

Après les manifestations contre les violences policières et le racisme dans leurs rangs, le moral est en berne chez les policiers qui multiplient les actions pour montrer leur colère. Et depuis le discours de Christophe Castaner, le 8 juin dernier, de nombreux fonctionnaires ont le sentiment d’avoir été lâchés par leur ministre. Aux accusations de racisme qu’il entend, Olivier explique : « On le vit mal parce qu’on a une police à l’image de la société : black-blanc-beur. » 

Notre métier, c’est d’aller vers les autres, d’aider tout le monde et comme dans tous les métiers, il y a des policiers qui peuvent être racistes. Ceux-là, il faut les dégager.Olivier, chef d’équipage en police-secoursà franceinfo

S’il assure être toujours fier de son métier de policier, ce père de deux enfants fait tout de même bien attention à cacher sa profession. « Quand on me demande ce que je fais, je suis pompier à Paris. On a peur de l’agression à la maison, explique-t-il. C’est une règle, je pense, qui est de plus en plus généralisée. C’est la preuve qu’il y a un problème et qu’il y a quand même un malaise. » 

Favorable au port de la caméra

Lorsqu’on lui montre une photo, prise après les attentats du 13 novembre, de deux policiers qui se prennent dans les bras, « c’est vrai que cette photo avait fait le tour de tous les commissariats, se souvient Olivier. Il est loin, ce temps. Nous, on n’oublie pas, mais les gens oublient vite », regrette le fonctionnaire. Aujourd’hui, à l’heure des réseaux sociaux, Olivier milite pour que tous les policiers en tenue soient équipés d’une caméra : « On pourrait, en cas de doute, montrer aussi nos images de l’intervention du début jusqu’à la fin. » 

Quand on annonce que l’intervention est filmée tout de suite, ça calme les choses.Olivier chef d’équipage en police-secours à franceinfo

Améliorer l’image des gardiens de la paix auprès de la population, c’est aussi le rôle de la hiérarchie policière, Olivier en est convaincu. Il tient d’ailleurs à adresser un petit message à la nouvelle promotion de commissaires qui sort justement aujourd’hui. « À tous ces jeunes commissaires, je leur dirais ‘soyez humains, prenez soin nos effectifs et ne considérez pas votre commissariat comme une entreprise’.

lexpress.fr

Quelque 200 policiers se sont réunis vendredi soir devant la salle du Bataclan à Paris, pour protester contre les accusations de violences policières et de racisme.

200 policiers étaient réunis devant la salle du Bataclan vendredi 27 juin afin de protester contre les accusations de violences policières et de racisme au sein de leur profession. © Capture écran Twitter / BFM 200 policiers étaient réunis devant la salle du Bataclan vendredi 27 juin afin de protester contre les accusations de violences policières et de racisme au sein de leur profession.

Leurs actions ne cessent de se multiplier. Après la maison de la radio, jeudi, les policiers ont protesté face au Bataclan, vendredi soir, avec le même message en tête : réfuter les accusations de violences policières et de racisme à l’encontre de leur profession, et dénoncer un manque de soutien de l’Intérieur.

Plus de 200 policiers se sont réunis vendredi soir devant le lieu symbolique des attentats du 13-Novembre. Plusieurs dizaines de fourgons, motos, et voitures ont bloqué la rue devant la salle de concert vers 23h30. En civil ou en tenue, arme à la ceinture, les policiers ont déposé leurs menottes en silence sur la chaussée, avant d’entonner une Marseillaise en signe de protestation.

« On réfute les accusations de violences et de pseudo-racisme », a soufflé un des participants, sous couvert d’anonymat. « On ne comprend pas d’avoir été acclamés à l’époque des attentats et d’être pointés du doigt aujourd’hui. »

« Notre hiérarchie nous lâche en pâture »

Lors des attentats du 13 novembre 2015, deux policiers de la BAC (brigade anti-criminalité) avaient été les premiers à intervenir au Bataclan et avaient tué l’un des assaillants. Les fonctionnaires présents vendredi ont aussi dénoncé un manque de soutien du ministère de l’Intérieur.

« Notre hiérarchie nous lâche en pâture sur la voie publique », a déploré un policier du Val-de-Marne, venu pour l’occasion. « Ils nous demandent beaucoup de choses, ils ne nous donnent pas de moyens et après ils nous crachent dessus. (…) On veut nous retirer la clé d’étranglement, mais c’est quoi l’alternative ? Si on la fait sur quelqu’un, c’est que cette personne n’est pas très docile. »

LIRE AUSSI >> Nassim, commandant de police : « Il y a du racisme dans la police nationale »

Depuis son discours du 8 juin au cours duquel il a annoncé la fin de l’enseignement d’une méthode d’interpellation dite de « la clé d’étranglement« , Christophe Castaner doit faire face à la colère des policiers.

Plusieurs rassemblements ont eu lieu ces deux dernières semaines, notamment en Ile-de-France, comme devant l’Arc de Triomphe, avec dépôts de menottes en guise de protestation symbolique. De nombreux agents reprochent au ministre de ne pas les soutenir suffisamment contre les accusations « de violences policières » et de « racisme » dans leurs rangs.

Lors d’un déplacement à l’école nationale de la police à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or, le ministre a insisté vendredi sur « le respect » dû aux policiers et les a réassurés de son soutien. «  »Nous serons là pour défendre votre honneur, à chaque fois qu’il sera attaqué (…) vous n’êtes pas seuls », a-t-il lancé à plusieurs nouveaux officiers et commissaires en fin de formation.

Charles Delouche, Philippine Kauffmann
Manif policière à Nice le 11 juin. © VALERY HACHE Manif policière à Nice le 11 juin.

Depuis l’annonce finalement avortée de l’abandon de la clé d’étranglement par Christophe Castaner, les manifestations de certains représentants des forces de l’ordre se multiplient. Plusieurs dizaines de fonctionnaires ont ainsi dénoncé jeudi soir devant la Maison de la radio la «haine antiflics».

Les sirènes de police ont retenti pendant de longues minutes jeudi soir avenue du président Kennedy (XVIe arrondissement) à Paris. Face au siège de Radio France, une soixantaine de voitures de fonction, une quinzaine de motos et plusieurs dizaines de policiers en colère se sont rassemblés aux alentours de minuit, certains créant un intimidant cordon face aux portes de la Maison de la radio. Après le traditionnel jet de brassards et de menottes sur le sol, les forces de l’ordre, en civil ou en tenue, ont entonné la Marseillaise. Une protestation qui intervient notamment pour dénoncer leur condition de travail et le manque de soutien de l’Etat (à commencer par le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner) alors que le pays est marqué par une série de manifestations contre les violences policières qui se sont multipliées ces dernières années.

Si d’autres rassemblements ont eu lieu ces dernières semaines en France, les policiers réunis ce jeudi soir devant la Maison de la radio entendaient notamment dénoncer les subventions du conseil régional d’Ile-de-France, favorable selon eux à des «productions antiflics». Le syndicat majoritaire Unité SGP police dénonce dans un tract un acharnement «anti-forces de l’ordre qui semble très lucratif» : «Les forces de l’ordre assaillies de violentes campagnes de dénigrement auraient pu espérer un répit du côté du conseil régional IDF, qui se prétend proche de ses policiers et gendarmes. Malheureusement ce même conseil régional a voté il y a quelques jours une subvention pour un film militant écrit et réalisé par David Dufresne, pseudo-journaliste connu pour sa haine antiflics et son ignorance notoire du maintien de l’ordre.» Depuis le début du mouvement des gilets jaunes, le journaliste recense sans relâche et minutieusement les témoignages de blessés par les forces de l’ordre. Les fonctionnaires s’en sont également pris au film césarisé les Misérables, réalisé par Ladj Ly, qui raconte une bavure policière commise par une équipe de la brigade anticriminalité à Montfermeil (Seine-Saint-Denis).

Le rassemblement des policiers devant l’antre de la radio publique française a suscité de nombreuses réactions sur Twitter. L’une des plus cinglantes est celle du journaliste de France Inter Claude Askolovitch :

claude askolovitch @askolovitchC

Ces syndicalistes policiers qui s’insurgent contre une subvention donnée au documentaire d’un journaliste incontestable, semblent mûrs pour un régime moins libéral que le nôtre. De la part d’affiliés @force_ouvriere (syndicat né contre le totalitarisme) c’est ennuyeux. https://twitter.com/unitesgppolice/status/1276250493149470738 

UNITÉ SGP POLICE @UNITESGPPOLICE

Les policiers trahis ?
Se disant proche de ses policiers et gendarmes, le Conseil Régional IDF a voté une subvention pour un film de l’activiste David Dufresne connu pour sa haine anti-FDO et son ignorance notoire du maintien de l’ordre. Et dont les bluffs semblent lucratifs…

Voir l'image sur Twitter

Auditionné le 24 juin à l’Assemblée nationale dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire sur les obstacles à l’indépendance du pouvoir judiciaire et interrogé par le député de la France insoumise Ugo Bernalicis au sujet des manifestations interdites, le préfet de police de Paris, Didier Lallement, n’a pas craint d’assurer qu’il n’avait pas trouvé les organisateurs des rassemblements de policiers en colère qui se déroulent depuis une dizaine de nuits en région parisienne mais aussi ailleurs dans le pays. Sollicité par Libération, la préfecture de police nous a renvoyés vers le ministère de l’Intérieur qui n’a pas répondu à notre demande.

Mercredi à Strasbourg, quelque 200 policiers ont manifesté contre la condamnation, la veille, d’un de leurs collègues à dix-huit mois de prison avec sursis et cinq ans d’interdiction de port d’arme. Le fonctionnaire avait blessé à la tête, avec sa matraque, une retraitée de 63 ans lors d’une manifestation de gilets jaunes, le 21 janvier 2019. Les policiers ont déposé leurs matraques devant l’hôtel de police avant de se rendre, sirènes hurlantes, à la préfecture. Des scènes de manifestation de plus en plus courante depuis l’annonce de Christophe Castaner interdisant la clé d’étranglement et une «tolérance zéro pour chaque soupçon avéré d’actes ou de propos racistes», le 8 juin. Dès le mercredi 10 juin, des policiers déposaient leurs menottes à Nice, Bobigny, Toulon ou encore Lyon.

De quoi faire rapidement rétropédaler le ministre de l’Intérieur le 11 juin dans les colonnes du Parisien : «S’il y a eu un malentendu, j’en suis responsable. Cet oxymore, « soupçons avérés », a pu semer le doute. Cette formule n’était pas la bonne.» Depuis la mort de George Floyd le 25 mai à Minneapolis, la pratique de la clé d’étranglement a relancé le débat, quelques mois après la mort de Cédric Chouviat, un chauffeur-livreur victime de cette pratique. Dénoncée pour sa dangerosité, cette technique a finalement été maintenue par le ministère de l’Intérieur, en attendant la définition d’une alternative et son remplacement dans la formation des policiers.

Deux cent policiers réunis devant le Bataclan contre les accusations de racisme et de violence

Des policiers déposent leurs menottes devant le Bataclan. Photo © Gabrielle CEZARD / BRST/SIPA

Des dizaines de fourgons, motos et voitures de police ont bloqué la rue où se trouve le Bataclan vendredi soir. Un moyen de dénoncer les attaques dont ils font preuve.

Les policiers sont en colère et ils veulent le faire savoir. Attaqués de toutes parts depuis plusieurs semaines et cibles de nombreuses manifestations, deux cent d’entre eux avaient décidé de se réunir vendredi soir devant le Bataclan, rapporte France Bleu. Un lieu symbolique pour eux, là où a été perpétré l’attentat meurtrier du 13 novembre 2015 à Paris. Ils entendaient dénoncer les accusations de « racisme » et de « violence » dont la profession est affublée. Ainsi vers 23h30, plusieurs motos, fourgons et voitures avaient décidé de bloquer le boulevard Voltaire.
 
En civil ou en tenue, avec leurs armes à la ceinture, les policiers ont déposé leurs menottes en silence sur la chaussée. Ils ont ensuite entonné une Marseillaise en signe de protestation et n’ont pas manqué de dénoncer le manque de soutien du ministère de l’Intérieur. « Notre hiérarchie nous lâche en pâture sur la voie publique […] Ils nous demandent beaucoup de choses ils ne nous donnent pas de moyens et après ils nous crachent dessus », déplore un policier présent sur place.

Quel soutien de Castaner ?

Le 8 juin, Christophe Castaner avait annoncé la fin de la pratique de la « clé d’étranglement ». Mais lors de son audition au Sénat le 25 juin, le ministre de l’Intérieur avait déjà fait marche arrière en précisant que la technique pouvait être utilisée par des « policiers déjà formés pendant deux mois et demi ». Pas de quoi calmer les forces de l’ordre dans le cortège : « On réfute les accusations de violences et de pseudo-racisme », a témoigné l’un d’entre eux à France Bleu. « On ne comprend pas avoir été acclamés à l’époque des attentats et être pointés du doigt aujourd’hui », met en avant un autre.
 
Avec ce rassemblement devant le Bataclan, il s’agit du 14e soir consécutif que les policiers se rassemblaient en nocturne, après la Maison de la Radio jeudi soir. Christophe Castaner a réassuré aux policiers son soutien vendredi en déplacement à l’école nationale de police : « Nous serons là pour défendre notre honneur, à chaque fois qu’il sera attaqué, vous n’êtes pas seuls », a-t-il lancé.

20 Minutes avec AFP

Depuis début juin le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, fait face à une fronde des policiers qui ne se sentent pas soutenus par le gouvernement

Des policiers manifestent à Paris le 23 juin 2020 (illustration). © Bastien LOUVET/ BRST/SIPA Des policiers manifestent à Paris le 23 juin 2020 (illustration).

Les accusations de violences et de racisme continuent de faire des vagues dans la police française. Plus de 200 policiers se sont réunis vendredi soir devant le Bataclan à Paris, lieu symbolique des attentats du 13-Novembre, pour protester contre ces accusations à l’encontre de leur profession, et dénoncer un manque de soutien de l’Intérieur.

Une Marseillaise comme chant de protestation

Plusieurs dizaines de fourgons, motos, et voitures ont bloqué la rue devant la salle de concert vers 23h30. En civil ou en tenue, arme à la ceinture, les policiers ont déposé leurs menottes en silence sur la chaussée, avant d’entonner une Marseillaise en signe de protestation. « On réfute les accusations de violences et de pseudo-racisme », a soufflé un des participants, sous couvert d’anonymat. « On ne comprend pas d’avoir été acclamés à l’époque des attentats et d’être pointés du doigt aujourd’hui. »

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a, depuis près d’un mois, de plus en plus de mal à calmer la colère de ses troupes. « Notre hiérarchie nous lâche en pâture sur la voie publique », a déploré un policier du Val-de-Marne, venu pour l’occasion. « Ils nous demandent beaucoup de choses, ils ne nous donnent pas de moyens et après ils nous crachent dessus. (…) On veut nous retirer la clé d’étranglement, mais c’est quoi l’alternative ? Si on la fait sur quelqu’un, c’est que cette personne n’est pas très docile. »

« Vous n’êtes pas seuls »

Lors d’un déplacement à l’école nationale de la police à Saint-Cyr-au-Mont-d’Or, le ministre a pourtant insisté vendredi sur « le respect » dû aux policiers et les a réassurés de son soutien. « Nous serons là pour défendre votre honneur, à chaque fois qu’il sera attaqué (…) vous n’êtes pas seuls », a-t-il lancé à plusieurs nouveaux officiers et commissaires en fin de formation. Pour le moment, cela semble ne pas suffire.

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Coronavirus : des CRS confinés à Marseille dénoncent des conditions sanitaires «inacceptables»
Le Parisien avec AFP

Une soixantaine de CRS sont actuellement en quatorzaine dans une caserne de Marseille où ils refusent de dormir.
Une soixantaine de CRS sont actuellement en quatorzaine dans une caserne de Marseille où ils refusent de dormir. © LP/Olivier Boitet Une soixantaine de CRS sont actuellement en quatorzaine dans une caserne de Marseille où ils refusent de dormir.

Après avoir côtoyé une personne positive au Covid-19, 71 CRS venus en mission à Marseille sont placés en quatorzaine dans une caserne où ils refusent de dormir, jugeant les conditions sanitaires « inacceptables », a dénoncé vendredi le syndicat de police Alliance.

« Ils refusent de dormir dans le cantonnement où ils devraient partager des douches et des toilettes communes, et du coup ils dorment qui par terre, qui dans son véhicule, c’est inacceptable », a expliqué Pierre Ducros, délégué régional d’Alliance zone Sud vendredi soir. Le syndicaliste dénonce un « abandon de l’administration » qui selon lui « refuse de prendre en charge ce qu’il appelle une simple suspicion de Covid ».

« Nous avons sollicité un hébergement digne pour ces personnels placés en quatorzaine, car partager des sanitaires dans ce contexte ce n’est pas possible, mais nous n’avons pas de réponse », déplore Pierre Ducros. « C’est d’autant plus grave qu’il s’agit d’une compagnie assez âgée », a-t-il souligné.

« Le ministre est au courant »

Pour Frédéric Lagache, délégué général d’Alliance, « tout le monde s’en fout […] On nous répond qu’il n’y a pas d’argent pour loger les policiers » ailleurs que dans un cantonnement. « Le directeur général de la police nationale est au courant, le ministre est au courant. On ne sait plus qui appeler », a-t-il ajouté.

La compagnie de CRS27, composée de 71 policiers, est partie de Toulouse pour Marseille mardi, où elle est hébergée dans une caserne du 13e arrondissement, à la Rose. Un agent technique qui revenait de Guyane et que la compagnie a côtoyé à Toulouse a été testé positif au Covid-19 jeudi, selon la police nationale.

Apprenant cette information, les policiers ont refusé de rentrer à Toulouse vendredi comme prévu et ont demandé à voir un médecin, alors que plusieurs CRS, selon La Provence, avaient commencé à ressentir des signes évocateurs de la maladie. Le médecin leur a prescrit un test de dépistage ainsi qu’une quatorzaine d’isolement. Samedi matin, ils étaient toujours en attente des résultats des tests.

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louis estaure    Sauf pour l’Education Nationale car il y a majoritairement des bons profs (mais comme chaque groupe, corporation ils en ont aussi qui dérapent), je suis d’accord avec vous. Par contre je ne me rappelle pas que vous souteniez nos policiers lorsqu’ils étaient agressés par les CSGTgoïstes LFIRN jaune. Bon après-midi Guy et roulez peinard 🙂 A fond avec nos forces de l’ordre.

 
D                        DE SERVIR ET PROTEGER ILS SONT PASSER A SEVIR ET ENCAISSER AUJOURD’HUI CONTROLE DES CAMPING CARS A PARTHENAY IL FAUT FAIRE DU FRIC ET OBEIR AU DICTATEUR ALORS REFLECHISSEZ ?????
muffin                       Tout cela à cause d’une petite minorité très mal intentionnée, bien relayée par la grande majorité  des journalistes, tels ceux de France info par exemple….
thierry                      qu’ils remercient Hollande,Taubira,Macron et Castaner
verdammt                       Le racisme accable les Blancs, et uniquement les Blancs et l’oligarchie est partie prenante du système raciste d’avilissement des Blancs. Qu’elle en constitue désormais une pièce maîtresse. C’est elle, l’oligarchie, qui manipule aujourd’hui des populations préalablement conditionnées à haïr le Blanc, qui finance des mouvements comme BLM, qui active les antifas et autres black blocs. Dans la nouvelle configuration du monde qu’imagine cette caste apatride, les « Blancs », un mot qui n’était pas de notre cru mais que l’on nous force à assumer, tant il est devenu insultant dans la pensée raciste politiquement correcte, les Blancs donc, doivent être des soumis.
Nier le racisme antiblanc, c’est affirmer que le Blanc ne connaît pas ce que connaissent les autres hommes. C’est le mettre à part de l’humanité « normale ». Nier le racisme antiblanc revient donc à prouver l’existence du racisme antiblanc.
Clip                        Soutien aux policiers.
Monique 28                       Hélas , en ce moment, ils sont très mal soutenus..et salis par une minorité.
Gilles                        marre de cette minorité qui dirige les quartiers comme les Traorés et autres et qui veulent diriger le pays soutien aux forces de l’ordre
Alain                        Tout ça à cause de l inversion des valeurs chère à nos gauchiasses depuis les années 70
Le bandit et criminel a raison devant la police et les honnêtes gens
Letac                      En France pour être considéré, il vaut mieux être noir et délinquant et racisé que blanc et policier.
marc-andre                      Le peuple a le blues d’une police qui avait une éthique et qui protégeait..

michelnom414m     Macron prouve à quel point il se fout des gaulois réfractaires qui demandent en soutien aux Policiers la démission de Castaner, socialiste et ami du locataire de l’Elysée qui a juré afin d’obtenir le poste de ministre d’utiliser tous les moyens afin de mettre fin aux manifestations organisées par les gaulois contre les réformes mises en place par macron pour plaire aux roitelets de l’UE , Belloubet elle aussi a été choisie par Macron comme tous les ministres du reste, Philippe ne voulait pas de Castaner , tout lui donne raison aujourd’hui

Polak                        Ceux qui acclamaient la police lors des attentats ne sont sans doute pas les mêmes que ceux qui la vilipendent aujourd’hui. Ou alors cette France versatile a la mémoire courte… tout comme certains journalistes qui ont déjà oublié « Charlie hebdo », le Bataclan, Nice, etc. Ceux qui manifestent aujourd’hui contre les forces de l’ordre n’ont de courage que pour lancer des pavés sur les flics, sachant que la justice les absoudra aussitôt. Pauvre France !

omnia Si perda… 

Castaner ….? Le nom me dit quelque chose , un talentueux macroniste amateur de mémoire

Qu’est il devenu ? On a des nouvelles..?

J’aime pas la soupe! suis-je raciste?

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« Tout le monde le sait, le voit et le subit » : des policiers racontent le racisme dans leurs rangs

Chez les forces de l’ordre, la prise de parole est rare. Mais, alors que les manifestations contre les violences policières et le racisme se multiplient, certains ont accepté de témoigner de leur expérience pendant leur carrière au sein de l’institution.

En 2019, vingt-deux enquêtes engagées contre des policiers pour des propos racistes ont été transmises à la justice, selon le ministre de l\'Intérieur.
En 2019, vingt-deux enquêtes engagées contre des policiers pour des propos racistes ont été transmises à la justice, selon le ministre de l’Intérieur. (JESSICA KOMGUEN / FRANCEINFO)

« Les propos racistes, c’est tout le temps. Tous les jours. » Stéphane*, la quarantaine, est policier municipal depuis vingt ans, dans une ville moyenne du Sud-Ouest. Avant d’exercer ce métier, il a été médiateur de rue, pendant trois ans et demi. Il est devenu policier « pour aider les gens ». « Rapidement, je me suis rendu compte que c’était un milieu raciste. » Alors il tente, à son « petit niveau », de « changer les mentalités de l’intérieur ». « Pendant le confinement, on effectuait des contrôles d’attestation de déplacement dans les véhicules. Souvent, et naturellement, mes collègues excusaient les personnes blanches, les jeunes femmes, qui n’avaient pas leur attestation. Mais les personnes ‘de couleur’ étaient verbalisées », relate Stéphane. « Profondément gêné », il signale le problème à sa hiérarchie. « J’ai débriefé avec mes collègues. Ils n’arrivent même pas à l’expliquer, pour eux, c’est naturel. »

La police est-elle raciste ? La question surgit en France, au moment où de nombreux rassemblements sont organisés contre le racisme et les violences policières, dans le sillage de l’immense mobilisation aux Etats-Unis après la mort de l’Afro-Américain George Floyd. En 2019, vingt-deux enquêtes engagées contre des policiers pour des propos racistes ont été transmises à la justice, selon le ministre de l’Intérieur. Sur 150 000 policiers, « 22 personnes c’est, finalement, très peu, mais ce sont 22 personnes qui tachent l’uniforme de la République », estime Christophe Castaner, qui parle de « brebis galeuses ».

C’est aussi la position de certains policiers et syndicats, qui ont manifesté leur mécontentement, vendredi 12 juin, dans plusieurs villes de France. Ils sont appuyés par le directeur général de l’institution : interrogé dans Le Parisien sur des insultes racistes proférées par des policiers, Frédéric Veaux parle de « dérapages ». Le sujet électrise les débats. Peu de policiers acceptent d’en parler, pour éviter de généraliser certains comportements et de pointer du doigt toute une profession. Néanmoins, ceux qui ont accepté de témoigner pour franceinfo, sous couvert d’anonymat, décrivent un racisme ancré et diffus. Stéphane déplore « une majorité silencieuse » qui ne réagit pas, et il n’hésite pas à se dire en « croisade » contre certains de ses collègues. « Je lutte en m’opposant et en débattant avec eux. »

Un héritage de la colonisation

Les remarques racistes, Robert* affirme les avoir entendues dès le début de sa carrière, dans les années 1990. Agé de 48 ans, ce policier est en détachement dans d’autres administrations depuis 2000, après avoir exercé en uniforme. « Je me souviens d’un collègue pendant des contrôles de véhicules. Il était proche de la retraite, moi tout jeune. Il voit passer deux Maghrébins. Il me dit, devant tout le monde : ‘arrête-moi les deux fellagas, les deux fellouzes.’ Ça m’a marqué », se remémore Robert.

Il y a aussi ce collègue d’origine vietnamienne qui vient de postuler. « Mon chef, avec lequel il devait passer un entretien, avait écrit sur son calendrier : ‘Rendez-vous à 14 heures avec le Viet’. Ce n’est pas anodin », dénonce le fonctionnaire, qui cite encore l’exemple d’« un collègue qui gueule ‘Algérie française’ dans un restaurant du sud de la France ». « Il y a l’histoire de la décolonisation française derrière, l’héritage des parents », considère Robert. Des mots qui font écho à cette phrase raciste, « Un bicot comme ça, ça nage pas », prononcée par un policier fin avril, à L’Ile-Saint-Denis, pour désigner l’homme qu’il tentait d’interpeller.

« Toutes ces expressions sont utilisées pour disqualifier ‘l’autre’. Ce sont des héritages de la langue coloniale pour signifier aux indigènes qu’ils n’étaient pas des Français », analyse Olivier Le Cour Grandmaison, politologue spécialiste de l’histoire coloniale**.

Les policiers qui parlent de ‘bicot’, par exemple, n’ont pas été témoins de la guerre d’Algérie. Mais ce vocabulaire témoigne de la permanence des représentations et des pratiques coloniales.Olivier Le Cour Grandmaison, politologueà franceinfo

« Police et armée ont joué un rôle essentiel dans les guerres coloniales. Ces institutions en sont fortement marquées, ce qui permet de comprendre les mécanismes de transmission. Ce sont des corps d’Etat qui ont très bonne mémoire », ajoute l’universitaire. Selon lui, contrôler systématiquement une partie de la population participe du même phénomène.

Des contrôles au faciès mis en évidence par plusieurs études ces dix dernières années et qui suscitent toujours des débats. « La base des violences de la police en fonction de l’origine ethnique et du bas statut social des personnes touchées est le fait le plus constant depuis cinquante ans », constate pourtant Sebastian Roché, directeur de recherche au CNRS et auteur de De la police en démocratie (Grasset). Récemment, le Défenseur des droits a dénoncé une « discrimination systémique » visant de jeunes habitants du 12e arrondissement de Paris noirs et arabes, ou perçus comme tels, entre 2013 et 2015. Dans son rapport, daté du 12 mai, Jacques Toubon constate un « harcèlement discriminatoire » de la part de policiers, prenant la forme de contrôles abusifs et répétés, d’insultes et de violences.

« Ils traitent certaines personnes de ‘rats' »

Samir*, policier en région parisienne, constate ce racisme ambiant quotidien depuis dix ans. « J’ai vu des usages illégitimes de la force dans certaines cellules de gardés à vue. Quand je reprenais mon service en fin de nuit, des personnes africaines ou arabes avaient de multiples fractures, des ecchymoses, alors qu’elles étaient en bonne santé la veille au soir », décrit-il. « En patrouille, d’anciens collègues, qui sont toujours dans le même commissariat que moi, se sont réjouis de la tuerie de Christchurch en Nouvelle-Zélande, trouvant légitime la motivation du terroriste. Lors de contrôles, ils traitent certaines personnes de ‘sales races’, de ‘bâtards’, de ‘rats’. Ils le font quand ils sont en surnombre ou que la personne est isolée et ne peut se défendre », poursuit le jeune homme de 30 ans.

D’origine maghrébine, il raconte avoir été lui-même la cible de propos racistes : « Certains collègues ont dit que je n’avais rien à faire dans la police en tant qu’Arabe de banlieue. Mais jamais en face, car ils n’assument pas. » Des remarques parfois accompagnées d’islamophobie.

J’ai été harcelé durant le ramadan. Toutes les cinq minutes, mon coéquipier de patrouille me demandait à quelle heure j’allais rompre le jeûne.Samir, policierà franceinfo

Robert, lui, se souvient de remarques antisémites. « Un jour, je pars en mission avec un collègue. A peine passé le périph’, il me dit : ‘Tu vas pas nous mettre ‘Nostaljuif’. C’était assez glaçant. Vous savez que vous allez travailler avec lui, qu’il faudra mener la mission à bien. Alors une discussion s’engage. Mais elle est stérile. C’est juste un marquage de territoire, histoire de dire : ‘ne dis pas ça, pas avec moi' », rapporte-t-il.

Des autocollants d’extrême droite sur les casiers

Dans l’ancienne équipe de Samir, le mur du bureau était « placardé de photos de politiques d’extrême droite ». Souvenir similaire pour Stéphane. « Quand je suis arrivé dans mon premier commissariat, j’ai vu des autocollants du GUD, cette organisation activiste étudiante d’extrême droite qui sévissait dans les années 70-80, collés sur les casiers. J’ai été choqué que cela soit aussi ostensiblement affiché. » Le policier interpelle alors la gradée présente, qui, « très gênée », esquive le sujet avec un « Oh ça ? C’est rien ! »

Elle s’en foutait complètement des opinions politiques extrémistes des policiers du commissariat, du moment qu’ils ne faisaient pas de bavure.Stéphane, policierà franceinfo

Stéphane affirme aussi avoir connu « des agents qui partaient en vacances voir le ‘Nid d’aigle' », le chalet d’Hitler en Bavière. Et depuis la mort de George Floyd, il raconte avoir vu certains collègues se partager des images « de Blancs américains armés défendant leur magasin ».

« Chacun a droit à la liberté d’opinion », rappelle Olivier Cahn, professeur de droit pénal à l’université de Tours et chercheur au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (Cesdip). « Néanmoins, quand bien même le policier est raciste, sa pratique ne devrait pas l’être. Mais les mécanismes pour l’empêcher ne fonctionnent pas », observe-t-il. « Aujourd’hui, il y a une réhabilitation de la colonisation française assumée par des figures politiques et médiatiques », estime Olivier La Cour Grandmaison. Certains policiers, comme une frange de la population, sont attirés par ce discours, car « ils retrouvent une place honorifique, qui, pensent-ils, leur a été enlevée ».

« La police est faite d’individus multiples », souligne Noam Anouar, policier et secrétaire général du syndicat Vigi, minoritaire et proche de la CGT. « Mais il s’y dessine une tendance idéologique d’extrême droite de façon incontestable ces dernières années, chez la masse des gardiens de la paix, mais également dans la haute hiérarchie. » Pour lui, l’institution « se doit, plus que les autres, d’être neutre et exemplaire, ce qui n’est vraisemblablement pas le cas au regard de la nature des contrôles exercés ». « Dans le ciblage et dans la façon qu’on a de regarder nos concitoyens, parfois, on peut effectivement avoir une vision discriminante de ce qui pourrait être le profil type d’un délinquant. »

« Des groupes qui se tiennent les coudes »

A écouter nos interlocuteurs, la pression du groupe semble déterminante. Aujourd’hui, elle s’exerce aussi via les réseaux sociaux et les messageries instantanées, comme l’illustrent deux affaires récentes. La première révèle l’existence, dans des groupes Facebook privés, de dizaines de messages racistes attribués à des membres des forces de l’ordre. La seconde a démarré en décembre 2019, avec la plainte d’un policier noir déposée contre six de ses collègues, après la découverte de propos racistes, notamment à son égard, dans un groupe WhatsApp. Dans les deux cas, la justice est saisie et des enquêtes sont en cours. Toute la difficulté est de réussir à s’extraire de ces groupes ou de refuser d’y entrer.

Ce sont, pour l’essentiel, des conversations en petit comité, dans des groupes qui se tiennent les coudes. Si on n’en veut pas, il faut s’éloigner, rester droit dans ses bottes, choisir ses collègues autant que possible.Robert, policierà franceinfo

Robert applique une « stratégie de l’évitement, avec des choix de carrière différents ». « Mais c’est plus simple et plus confortable de rejoindre un groupe, conçoit-il. Rester fidèle à ses principes, c’est compliqué ! Cela implique de se couper de gens, de se justifier. » Face au groupe, l’électron libre ne fait pas le poids. « Un de mes collègues a été évincé au bout de six mois parce qu’il ne tolérait pas les pratiques de la BAC. Contrôles d’identité musclés, propos racistes, coups portés sur les Noirs et les Arabes… Il a voulu en parler à sa hiérarchie, il a été écarté d’office, regrette Bernard*, policier depuis quinze ans en région parisienne. Et cet écart s’accompagne souvent de harcèlement. »

« On ne se dénonce pas entre flics »

Comment briser la loi du silence ? « Parler, c’est mal vu, on est traité de balance, voire menacé, ou exclu, dénonce Bernard. Cette omerta organisée étouffe les problèmes. » Robert non plus n’a jamais rien dit à sa hiérarchie. « Aller voir un chef ? C’est parole contre parole », lâche-t-il. Et quand certains s’y risquent, c’est au péril de leur carrière. Samir en a fait l’amère expérience. Après avoir alerté ses supérieurs, il a été sanctionné administrativement. « C’est marqué dans mon dossier. On ne se dénonce pas entre flics. La hiérarchie ne veut pas de bruit. »

Un silence qu’il faut préserver coûte que coûte, quitte à s’enfermer dans un « déni », celui notamment de l’existence des contrôles au faciès dénoncés par Noam Anouar, du syndicat Vigi. « Si, toute la journée, vous interpellez des personnes avec une couleur de peau différente de la vôtre, que vous êtes jeune, peu formé, vous êtes exposé au développement de sentiments racistes, alors que la délinquance n’a rien à voir avec l’origine ethnique mais avec l’origine populaire, souligne Olivier Cahn. Mais personne ne vous rappelle que cela n’a pas de lien : la hiérarchie n’est pas là pour l’expliquer. » 

La police fonctionne avec l’idée qu’elle peut laver son linge sale en famille. C’est une particularité française : régler les problèmes en niant qu’ils existent.Olivier Cahn, professeur de droità franceinfo

« Je suis en colère face au déni de nos dirigeants, s’insurge Bernard. C’est honteux de dire que le racisme n’existe pas dans la police, alors que tout le monde le sait, le voit et le subit. Les citoyens comme les policiers. » L’argument « de défense » qui consiste à « dire qu’il y a des policiers d’origine maghrébine ou africaine dans la police » n’est, selon lui, « pas non plus acceptable ». « Il faut rétablir le dialogue avec les populations et que le gouvernement applique ce qu’il dit en sanctionnant les fonctionnaires racistes », résume Samir. Lui, comme les autres, ne compte pas baisser les bras. « Tout arrêter, c’est donner raison à ces gens-là », juge l’officier, qui concède y avoir pensé. « J’ai décidé de rester pour continuer à être sur leur chemin, et je ne laisserai rien passer. »

* Les prénoms ont été modifiés.

** Auteur de « Ennemis mortels ». Représentations de l’islam et politiques musulmanes en France à l’époque coloniale, Paris, La Découverte, 2019.

Violences policières : Human Rights Watch alerte sur les contrôles d’identités abusifs

Des milliers de personnes ont manifesté samedi en France contre les violences policières.
Des milliers de personnes ont manifesté samedi en France contre les violences policières. © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
Human Rights Watch a appelé dimanche Emmanuel Macron à annoncer des « réformes concrètes » afin de mettre fin aux « contrôles d’identité abusifs et discriminatoires » et au « racisme au sein des forces de l’ordre », au lendemain de manifestations en France pour dénoncer les violences policières.

« Le président français Emmanuel Macron devrait indiquer la mise en place de réformes concrètes pour mettre fin au racisme au sein des forces de l’ordre » lors de son allocution prévue à 20 heures, a demandé dimanche l’ONG de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch dans un communiqué. Réformes qui, ajoute-t-elle, « devraient inclure la fin des contrôles d’identité abusifs et discriminatoires (…) au cœur des préoccupations concernant le racisme institutionnel et la discrimination dans le pays ». 

Sortie d’un rapport documentant les contrôles de police abusifs

Samedi, des milliers de personnes ont manifesté en France contre les violences policières à l’appel de la famille d’Adama Traoré, un jeune homme noir mort en juillet 2016 après son interpellation par les gendarmes. La question des violences policières est revenue au premier plan en France dans le sillage d’un mouvement mondial déclenché par le meurtre aux Etats-Unis de George Floyd, un quadragénaire noir asphyxié par un policier blanc.

« Des dizaines de milliers de personnes dans le pays dénoncent à juste titre le racisme et la discrimination au sein de la police française, notamment lors des contrôles d’identité », affirme dans le communiqué Bénédicte Jeannerod, directrice France de Human Rights Watch. L’ONG annonce aussi la sortie d’un rapport intitulé « ils nous parlent comme à des chiens », qui documente des « contrôles de police répétés et sans fondement visant des minorités ethniques, y compris des enfants de 10 ans à peine ».

Vers des ‘récépissés de contrôle d’identité’ ?

Human Rights Watch demande donc à Emmanuel Macron d’appuyer l’introduction de « ‘récépissés de contrôle d’identité’ ou tout autre moyen efficace pour garantir que les données relatives aux contrôles soient systématiquement collectées ». Dans une récente interview à l’AFP, le Défenseur des droits Jacques Toubon avait lui aussi estimé que la traçabilité des contrôles était nécessaire, et possible, comme l’a montré la récente période de confinement.

Toute la bien-pensance se bat pour la famille Traoré, victime systémique du « privilège blanc », du racisme, et des méchants policiers. Un des rejetons Traoré, Adama, aurait été tué le 19 juillet 2016 par des gendarmes lors de son interpellation. Que diverses enquêtes aient réfutée cette thèse élaborée par la famille, rien n’y fait : profitant de l’émotion artificielle causée par la mort de l’Afro-Amériacin George Flyod et orchestrée par des associations anti-racistes qui ont pour fonds de commerce la haine du blanc, de la droite et des nations, la victimisation systémique et le racialisme permanent, le « collectif Traoré » mène la danse ces derniers jours des revendications violentes et indigénistes de communautés allogènes installées sur le sol de France depuis quelques décennies.

Manifestations contre les violences policières : Christophe Castaner a « abandonné les policiers en rase campagne », estime Nicolas Bay

L’eurodéputé RN dénonce une « utilisation » de la mort de George Floyd par le « gang Traoré ».

Des milliers de personnes ont manifesté samedi pour dénoncer le racisme et les violences policières à Paris, à l’appel notamment du comité Adama Traoré, ce  jeune homme mort en juillet 2016 après son interpellation par des gendarmes en région parisienne. « À chaque fois, on a le prétexte officiel qui est une manifestation contre les violences policières qui aboutit en pratique à des violences contre les policiers », affirme sur France Inter dimanche 14 juin Nicolas Bay, eurodéputé Rassemblement National. Les policiers ont fait l’objet de « violences inouïes », selon lui.

On voit bien que derrière tout ça, il y a une volonté pour certains, une toute petite minorité, d’exprimer sa haine de la France, de l’ordre républicain et de remettre en cause la cohésion et l’unité nationale. 

Nicolas Bay, eurodéputé RN

à franceinfo

Selon l’eurodéputé, la famille d’Adama Traoré, qu’il qualifie de « gang », « utilise la mort de George Floyd » aux États-Unis pour essayer « de culpabiliser les Français et d’instaurer l’idée que la police se livrerait à des comportements racistes ». Pour Nicolas Bay, la mort d’Adama Traoré « a servi de point de départ à l’expression beaucoup plus large d’une remise en cause de la police, avec et c’est dramatique, celui qui est censé à la fois diriger, protéger et défendre la police, Monsieur Castaner, ministre de l’Intérieur, qui a abandonné les policiers en rase campagne ».


« Je refuse l’idée, qui n’est pas argumentée, pas chiffrée, selon laquelle il y aurait un problème majeur de racisme dans la police », a-t-il estimé expliquant que s’il y a de tels comportements « ils doivent être sanctionnés, et ils le sont d’ailleurs. »

Kofi Yamgnane : « Omar Sy ne fait pas mieux qu’Éric Zemmour »

Jérôme Cordelier     LePoint.frKofi Yamgnane, en 2010, lors d'une conférence de presse organisée à la suite de l'annulation par la cour constitutionnelle du Togo de sa candidature à l'élection présidentielle.
Kofi Yamgnane, en 2010, lors d’une conférence de presse organisée à la suite de l’annulation par la cour constitutionnelle du Togo de sa candidature à l’élection présidentielle.

L’ancien secrétaire d’État à l’Intégration de François Mitterrand dénonce la polémique actuelle qui vise à accréditer l’idée que la France serait un pays raciste.

Il a été le premier maire noir élu dans l’Hexagone, à la tête de la petite commune bretonne de Saint-Coulitz dans le Finistère. Il fut aussi le premier Africain naturalisé français à siéger au gouvernement, comme secrétaire d’État aux Affaires sociales et à l’Intégration, sous François Mitterrand. Après une carrière comme député et conseiller général, ce proche de Richard Ferrand – l’actuel président de l’Assemblée nationale fut son collaborateur –, septuagénaire, deux fois père et quatre fois grand-père, coule une retraite paisible chez lui, en Bretagne. Alors que la polémique sur les violences policières cible un racisme français, celui qui, né à Bassar au Togo, a été naturalisé français à l’âge de 32 ans en récuse l’idée, défend une République française « inclusive », et condamne avec fermeté les prises de position de personnalités comme le comédien Omar Sy ou l’écrivaine Virginie Despentes. « Maintenant, il faut parler », nous a dit Kofi Yamgnane, désolé de la confusion actuelle du débat, en répondant à notre sollicitation.

Le Point : La France de 2020 est-elle un pays raciste ?

Kofi Yamgnane : Non, non, non ! Pas plus en 2020 qu’auparavant. Nous n’avons aucune institution, aucun organisme, aucune loi qui prône la ségrégation raciale. Intrinsèquement, la République française est une République inclusive. Mais avoir la nationalité française, cela se mérite. Il faut être plus blanc que blanc. N’avoir rien à se reprocher. Connaître la littérature française. Ce n’est pas donné d’être français.

Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ?

Une bonne chose ! Un pays est souverain. C’est lui qui établit ses lois, qui propose un contrat à celui qui veut faire partie de cette communauté. Si vous souhaitez devenir citoyen, voter, vous devez vous conformer à ce que vous propose votre pays. Il faut se montrer digne d’avoir la nationalité. Je suis arrivé en France en 1964 en venant du Togo à 18 ans pour étudier à l’École des mines de Paris, et j’ai obtenu la nationalité en 1977. Cette carte d’identité, on me l’a donnée de façon incroyable. Après des démarches qui ont duré un an, j’ai reçu dans ma boîte aux lettres une enveloppe Kraft où il était simplement écrit : « À partir de maintenant, vous êtes français. » Quand je suis devenu secrétaire d’État à l’Intégration, j’ai institué une cérémonie au moment de l’attribution de la nationalité. Pour moi, il était important que ce moment soit solennisé.

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Que pensez-vous de ces mouvements de « racialisme » et d’« indigiénisme » qui se manifestent bruyamment dans la société française ?

Tout cela n’a aucun sens. Je veux bien croire que l’accueil des travailleurs qualifiés en France n’est pas bon. Aucun Malien, aucun Togolais, aucun Tchadien ne vient pour envahir la France. Ils suivent tous des projets individuels. Mais, quand ils arrivent, la République les met dans des départements, des quartiers où ils se regroupent. Tout cela n’a aucun sens. Nous n’agissons pas bien avec eux. Il faut laisser les gens s’installer où ils veulent et, surtout, faire en sorte qu’ils se mélangent. Avoir fait des études d’ingénieur, m’être marié avec une Bretonne, être baptisé et avoir passé mon enfance à la campagne ont favorisé mon intégration. Je ne comprends pas que des ressortissants étrangers puissent décider de se regrouper entre eux en excluant les autochtones. Le Cran, les Indigènes de la République, tous ces mouvements, je ne les comprends pas. La lutte contre le racisme est devenue une légitimation du communautarisme. Or, la République ne reconnaît pas le communautarisme mais les individus. Le racisme est une idéologie, une posture qui va à l’encontre des principes de la République. Tous les Français qui sont dignes de la République doivent combattre cela. On ne peut pas lutter contre le racisme par des combats particularistes. Nous ne pouvons pas vivre ensemble en renonçant à la mixité sociale et raciale. Sinon, on se regarde en chiens de faïence, comme cela se passe actuellement. Il faut que les étrangers qui viennent en France entrent de plain-pied dans la société française, qu’ils en acceptent les lois, je le dis en particulier pour mes compatriotes musulmans : la loi de la République est supérieure à celle d’Allah !

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Avez-vous lu la tribune d’Omar Sy dans L’Obs dénonçant les violences policières en France, liées au racisme ?

Oui, je l’ai lue et je la trouve très exagérée. Il est dommage qu’Omar Sy se soit laissé aller à une telle polémique. Il ne fait pas mieux qu’Éric Zemmour, qui souffle sur les braises et allume des incendies. Si l’on continue ainsi, on ne réussira jamais à vivre ensemble. Évidemment qu’il y a des racistes en France, mais comme au Togo ou en Algérie… Et des racistes, on en trouve dans tous les corps de métier. Au nom de quoi la corporation des policiers échapperait-elle à une telle dérive ? Les policiers et les gendarmes ne sont pas des extraterrestres. On trouve parmi eux des racistes comme ailleurs. Comme ils sont les bras armés de l’État, ils doivent dans leur formation recevoir des cours de déontologie poussés, ils se doivent d’être des personnes d’élite. Maintenant, comment peut-on affirmer que la police française est raciste ? Il faut souligner la gravité de cette accusation.

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« En France, nous ne sommes pas racistes, mais je ne me souviens pas avoir jamais vu un homme noir ministre. Pourtant j’ai 50 ans, j’en ai vu, des gouvernements. »Avez-vous lu aussi cette lettre ouverte de l’écrivaine Virginie Despentes diffusée sur France Inter qui commençait par ces mots ?

(rires). Oui, je l’ai lue aussi. Il est étonnant que Virginie Despentes ait écrit cela, car elle n’est pas la première venue. Elle devrait savoir qu’avant les indépendances de leur pays respectif l’Ivoirien Félix Houphouët-Boigny et le Sénégalais Léopold Sédar Senghor furent ministres français. Elle devrait se souvenir qu’il y eut, après, au gouvernement, notamment, des hommes comme Roger Bambuck, puis moi qui venais d’Afrique, et plus récemment Laura Flessel ou Sibeth Ndiaye. Faut-il rappeler que l’actuelle porte-parole du gouvernement est née au Sénégal ?

Existe-t-il en France un problème « Noir » ?

Un problème, je ne crois pas. Même si l’on rencontre sans doute davantage de difficultés pour trouver du travail, un logement dans les mêmes conditions que nos collègues blancs. Je l’ai moi-même subi quand je cherchais un logement à Châteaulin [dont Kofi Yamgnane fut plus tard le conseiller départemental,NDLR], en Bretagne, en 1973. Ma femme, une Bretonne pure sucre, ou plutôt pure beurre, faisait une première visite. Puis elle revenait avec moi, et alors on nous disait : « Désolé, mais depuis que vous êtes passée, l’appartement est loué. » Combien de fois l’ai-je entendu cette phrase !

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Considérez-vous l’intégration plus ou moins difficile aujourd’hui qu’à votre époque ?

Plus difficile, je pense. J’ai reçu récemment un jeune Métis brestois, un gars solide de 20 ans, très baraqué. Il m’explique qu’il habite à côté de Paris, à Ivry-sur-Seine. Je lui dis alors qu’il doit bien profiter des sorties dans la capitale. Et il m’explique qu’après le travail il rentre directement chez lui. Je m’étonne. Il me rétorque que dès qu’il sort, il se fait contrôler. Il tombe sur une première brigade, doit sortir ses papiers, puis il parcourt 500 mètres, et une deuxième brigade lui demande de nouveau ses papiers. Et ainsi de suite. Alors, il me confie : « J’ai peur à la longue de m’énerver, de soulever le flic qui me demande mes papiers, de lui fracasser la tête sur un trottoir. Son collègue, alors, me tirera dessus. Et cela fera deux morts pour rien. »

 
Pierre Bafoil

Avec l’interdiction par le ministre de l’Intérieur de la méthode d’interpellation dite d’étranglement, le « Taser » a été cité comme une éventuelle alternative. Mais cette arme n’est pas sans danger. Elle est impliquée dans…

Plus de six ans après, la douleur de Johny Louise est intacte. Ces derniers jours, sa colère, elle, est montée d’un cran. « Le Taser donne la mort, murmure-t-il. Mon fils est mort à cause de ça. » Le 3 novembre 2013, à La Ferté-Saint-Aubain (Loiret), Loïc Louise, 21 ans, décède par asphyxie et arrêt cardiaque après avoir reçu d’un gendarme deux décharges de pistolet à impulsion électrique (PIE), dont la première a duré dix-sept secondes, soit beaucoup plus que les cinq secondes réglementaires. « C’est un recul si le gouvernement permet de s’en servir encore plus », s’alarme le père.

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Toute la semaine, il a été question de généraliser l’usage du « Taser » par les forces de l’ordre. Objectif : remplacer la clé d’étranglement par cette arme de niveau intermédiaire. Après avoir reçu les syndicats de police – qui n’ont pas demandé une telle généralisation –, le ministre de l’Intérieur a confirmé vendredi soir l’interdiction de la clé d’étranglement et annoncé qu’un « PIE de nouvelle génération » devrait être bientôt déployé « afin d’évaluer son utilité et son efficacité » par une expérimentation limitée.

Leur usage a été multiplié par huit en dix ans

Aujourd’hui, policiers et gendarmes sont dotés d’environ 12.000 Taser X26, autorisés depuis 2004. La loi prévoit une formation, un « usage proportionné », et les cantonne aux interpellations. Soit directement au contact d’une personne, soit à distance par la projection d’hameçons électriques. Dans les deux cas, une décharge de 50.000 volts immobilise la cible. En dix ans, leur usage a été multiplié par huit dans l’Hexagone, pour atteindre près de 2.400 tirs l’an passé.

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Dans le cadre de l’information judiciaire ouverte en 2014 sur la mort de Loïc Louise, l’ex-gendarme a été placé sous le statut de témoin assisté en juin 2019. Si le lien entre le tir non réglementaire et le décès n’est pas formellement établi, le rapport d’autopsie et les experts judiciaires n’écartent pas cette possibilité.

Impliqué dans au moins neuf décès depuis 2010

D’après un décompte effectué par le JDD en recoupant des informations provenant de sources judiciaires, d’associations comme l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat) ou publiées dans la presse, le PIE est impliqué dans au moins huit autres décès survenus entre 2010 et 2019. Pour deux d’entre eux, en 2010 et en 2014, un non-lieu a été prononcé et une plainte classée sans suite. Les sept autres, celui de Loïc Louise en 2013, d’un homme en 2015, un en 2018 et quatre ayant eu lieu l’année dernière, font toujours l’objet d’enquêtes.

L’inspection générale de la Police nationale (IGPN), elle, n’en reconnaît qu’un seul en lien avec le PIE, en 2019, à Tarascon (Bouches-du-Rhône). Ces neuf personnes ayant reçu une ou plusieurs décharges électriques sont toutes mortes des suites d’un arrêt ou d’un malaise cardiaque ou cardio-respiratoire.

Des « dangers sérieux », selon le Conseil d’État

Aux États-Unis, l’agence de presse Reuters a eu accès aux données médicales de 779 décès sur 1.081 dans lesquels le PIE a été impliqué durant ces vingt dernières années. Pour plus de 160 d’entre eux, ces tirs sont considérés « comme une cause ou un facteur contributif » à la mort. Une étude d’experts cardiologues publiée en 2012 dans la revue médicale American Heart, expliquait que cette arme pouvait « provoquer un arrêt cardiaque » chez les sujets fragiles. « Elle présente aussi des risques de létalité accrus sur des personnes agitées ou présentant des troubles psychotiques », complète Aline Daillère, chercheuse indépendante spécialiste des questions de sécurité, en s’appuyant sur des arrêts du Conseil d’État. Cette institution a estimé en 2009 que, dans de telles circonstances, le PIE présentait « des dangers sérieux » susceptibles « de provoquer directement ou indirectement la mort des personnes visées ». Les neuf hommes décédés présentaient tous des signes d’agitation.

Le PIE pourrait pourtant être généralisé dans ces situations. C’est en tout cas ce que propose l’IGPN dans son rapport annuel de 2019. Selon elle, l’arme « pourrait constituer une alternative pertinente pour neutraliser un individu en état de forte agitation sans faire usage de techniques […] justifiant l’intervention physique des forces de l’ordre ». À l’inverse, le Comité européen pour la prévention de la torture (CPT) soutient depuis une décennie que « le recours à ces armes ne devrait être autorisé que lorsque d’autres méthodes moins coercitives (négociation et persuasion, techniques de contrôle manuel) ont échoué ». Des préconisations reprises par le défenseur des droits en 2013 et réitérées par le CPT. Mais qui n’ont pas été prises en compte par la France.

Un mort, une enquête, une prime

Le fonctionnaire qui a tiré au Taser sur Loïc Louise à La Ferté-Saint-Aubain (Loiret) a reçu 400 euros pour résultats exceptionnels au titre de l’année 2013, celle de la mort du jeune homme. Cette « prime individuelle » lui a été décernée en 2014, alors qu’il faisait l’objet d’une enquête de l’inspection générale de la Gendarmerie nationale. Un de ses collègues, présent lors de l’intervention controversée, a, lui, reçu 500 euros. Six ans après l’ouverture d’une information judiciaire, l’ex-gendarme (devenu policier municipal) a été placé sous le statut de témoin assisté en 2019. Le procureur d’Orléans avait requis sa mise en examen.

Manifestation pour Adama Traoré: des « sales juifs » entendus, la préfecture saisit la justice

Jean-Luc Mélenchon accuse la préfecture de Police de colporter des « ragots antisémites ».

ANNE-CHRISTINE POUJOULAT via Getty Images
Vue d’ensemble du rassemblement de ce samedi 13 juin place de la République à Paris. 

RACISME – La séquence dure 1 minute et 6 secondes et a été relayée sur le compte Twitter de l’hebdomadaire d’extrême droite Valeurs actuelles. On y voit la foule s’indigner de la provocation faite par le groupuscule Génération identitaire, venu perturber la manifestation en hommage à Adama Traoré ce samedi 13 juin place de la République à Paris. 

Au milieu du brouhaha et des cris de protestation, l’insulte “sale juif” est entendue à, au moins, six reprises. Qui l’assène? Impossible de le savoir. La vidéo ne permet pas de voir si ces insultes antisémites sont proférées par une ou plusieurs personnes. En outre, impossible également de percevoir dans cette séquence la réaction des manifestants. 

L’article publié sur le site de l’hebdomadaire ne donne pas plus d’informations et attribue ces cris à “des manifestants” mêlés au reste de la foule. Sans attendre davantage d’explications, la droite et l’extrême droite ont désigné l’ensemble des participants comme complices de ces insultes.

“L’antiracisme qui hurle ‘sales juifs’ fait la preuve de son ignoble racisme! Et bravo aux jeunes de Génération identitaire qui ont le courage de dénoncer le racisme anti-blancs”, a tweeté l’eurodéputé RN, Gilbert Collard. ”‘Sales juifs’, c’est ce qu’on peut entendre dans les fausses manifestations anti-racistes vrais rassemblements haineux d’extrême gauche”, a renchéri le député LR Éric Ciotti.

De son côté, la préfecture de police de Paris a aussi immédiatement réagi. “Le préfet de Police signale ces propos antisémites à la justice”, a tweeté la préfecture. 

Ce qui a provoqué l’ire de Jean-Luc Mélenchon. “Un communiqué de la préfecture de police incite à la haine en colportant des ragots antisémites. Méthodes indignes pour diviser, semer la haine et défigurer la marche pacifique des antiracistes”, a réagi le leader de la France insoumise.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs participants à la marche s’offusquent de l’amalgame fait par leurs détracteurs en soulignant, comme les images du HuffPost en attestent, que ce sont surtout des chants antifascistes qui étaient scandés quand Génération identitaire déployait sa banderole.    

Reste maintenant à la justice de faire toute la lumière sur ce qu’il s’est passé sur le parvis de la place de la République. Du côté des identitaires, 12 activistes ont été interpellés et placés en garde à vue après leur action menée sur le toit d’un immeuble, a indiqué une source policière à BFMTV

À voir également sur Le HuffPost: Black lives matter: avant les nouvelles manifestations, Londres barricade ses statues

Tout en dénonçant le racisme, Macron soutient les forces de l’ordre et rejette le communautarisme

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Il a été contraint par l’actualité à sortir du strict cadre du déconfinement et de l’après-Covid. Lors de son allocution télévisée de ce dimanche, sa quatrième depuis le mois de mars, Emmanuel Macron a adressé les tensions qui secouent la France depuis le meurtre de George Floyd aux États-Unis. Promettant que lui et son gouvernement seraient « intraitables face au racisme, à l’antisémitisme et aux discriminations », le chef de l’État s’est montré tout aussi ferme dans sa défense des forces de l’ordre.

« Nous ne bâtirons pas notre avenir dans le désordre. Sans ordre républicain il n’y a ni sécurité, ni liberté« , a-t-il affirmé, paraphrasant en substance Charles Péguy. « Cet ordre, ce sont les policiers et les gendarmes sur notre sol qui l’assurent. Ils sont exposés à des risques quotidiens en notre nom c’est pourquoi ils méritent le soutien de la puissance publique et la reconnaissance de la Nation. »

« Je nous vois nous diviser pour tout »

Pour une partie de la jeunesse, notamment celle qui milite au côté de la famille d’Adama Traoré et qui s’est mobilisée samedi dans plusieurs villes de France, le propos risque de sonner comme une fin de non-recevoir. Il sonne aussi comme un rattrapage, après le cafouillage provoqué par les prises de parole confuses du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner. 

Plus globalement, Emmanuel Macron a claironné le besoin d' »unité autour de la République ». « Je nous vois nous diviser pour tout et parfois perdre le sens de notre Histoire. Nous unir autour du patriotisme républicain est une nécessité », a-t-il affirmé, avant de reconnaître brièvement qu’il persistait ici ou là, en France, des inégalités tributaires des origines ou de la religion de certains. 

Face à ce défi, le président de la République a promis de « lutter contre le fait que le nom, l’adresse, la couleur de peau réduisent encore trop souvent encore l’égalité des chances que chacun doit avoir ».

« La République ne déboulonnera pas de statue »

Fidèle à sa volonté d’arpenter une ligne de crête sur ces questions, le président de la République a ensuite qualifié de « dévoyé » le combat antiraciste « lorsqu’il se transforme en communautarisme, en réécriture haineuse ou fausse du passé ».

« Ce combat est inacceptable lorsqu’il est récupéré par les séparatistes. Je vous le dis très clairement ce soir mes chers compatriotes, la République n’effacera aucune trace ni aucun nom de son Histoire. La République ne déboulonnera pas de statue », a-t-il insisté. 

En disant cela, Emmanuel Macron fait directement référence aux divers appels à rebaptiser certains lieux et à retirer les édifices rendant hommages à des personnalités issues, en particulier mais pas seulement, de notre passé esclavagiste ou colonial. 

« Nous devons plutôt lucidement regarder ensemble toute notre Histoire, toutes nos mémoires, notre rapport à l’Afrique en particulier, pour bâtir un présent et un avenir possible, d’une rive l’autre de la Méditerranée avec une volonté de vérité et en aucun cas de revisiter ou de nier ce que nous sommes », a conclu le locataire de l’Elysée.

Régulièrement soupçonné d’être mal à l’aise sur ces sujets explosifs, ou du moins de vouloir ménager la chèvre et le chou, Emmanuel Macron a donné la part belle au régalien, tout en tentant de ménager ceux qui, à gauche, se reconnaissent dans le combat antiracisme. Un « en même temps » qui devrait perdurer jusqu’à la grande explication qu’il a promis de faire durant l’été. Reste à savoir s’il sera suivi d’un chamboulement au niveau ministériel.

Soutien d’Emmanuel Macron aux forces de l’ordre : »Le président a remis un peu le cap », salue le syndicat des cadres de la sécurité intérieure

Christophe Rouget, secrétaire général du syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI), a salué ce lundi sur franceinfo l’intervention d’Emmanuel Macron dimanche.

Un contrôle de police le 20 mai 2020 à Saint-Etienne.
Un contrôle de police le 20 mai 2020 à Saint-Etienne. (R?MY PERRIN / MAXPPP)

Lors de son allocution de dimanche soir, Emmanuel Macron a soutenu les forces de l’ordre évoquant « le soutien de la puissance publique et la reconnaissance de la Nation« . Le chef de l’État n’a pas prononcé les mots « violences policières » alors que depuis plusieurs jours des manifestations sont organisées en France pour les dénoncer. « Le président a remis un peu le cap« . Il a appelé à construire « une nouvelle police, plus citoyenne, plus humaine, au service de l’ensemble de la population » et demandé au gouvernement « de se mettre au travail » a déclaré Christophe Rouget, secrétaire général du syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI), lundi 15 juin sur franceinfo.  

franceinfo : Est-ce que les propos du président de la République vous ont rassurés ?

Christophe Rouget : Nous étions en crise. Les policiers étaient victimes de « police bashing » intensif et les propos du ministre de l’Intérieur qui étaient totalement déconnectés de la réalité quotidienne avaient mis le feu aux poudres. Le président de la République a eu des mots de soutien pour les forces de l’ordre. Il a rappelé la dangerosité dans notre métier, les risques au quotidien, la nécessité d’un ordre républicain pour bâtir l’avenir. Je crois qu’il a eu aussi des mots sur ce que nous dénonçons depuis plusieurs jours contre ceux qui ont détourné ce beau combat contre le racisme pour attiser cette haine antiflic. Tous ces groupes néo-identitaires et communautaristes, qui sous cette bannière de l’anti-racisme, voulaient importer des émeutes en France et attiser la haine contre les policiers, abattre la République.

Est-ce que cela veut dire qu’aujourd’hui vous faites plus confiance à Emmanuel Macron qu’au ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner ?

Cela veut dire que maintenant au-delà de ces mots, il faut se mettre au travail après cette crise sanitaire. Nous attendons que le président de la République tienne lui aussi ses promesses de campagne sur la création d’une académie de police regroupant tous les corps de la police nationale, sur l’augmentation des formations continues ou sur la généralisation des caméras-piétons. Il avait fait cette promesse lors de son élection. Il doit maintenant les tenir et je crois aussi que nous avons besoin d’une nouvelle impulsion sur la sécurité. Il doit changer de braquet. Nous attendons qu’il mette en œuvre une politique différente en donnant les moyens à la police, par le biais d’un engagement pluriannuel. Aujourd’hui, il faut acter que la police de sécurité du quotidien est un échec. Les quartiers de reconquêtes républicaines sont un échec. Cela ne concerne que 1% de la population. Donc, nous allons avoir le Livre blanc qui va être présenté dans les semaines qui viennent. Ce doit être l’occasion de construire une nouvelle police, plus citoyenne, plus humaine, au service de l’ensemble de la population.

Emmanuel Macron n’a pas utilisé les mots « violences policières » lors de son allocution. Pourquoi, selon vous ?

Je crois que cela a une signification parce qu’on était partis dans un débat qui était totalement déconnecté de la réalité, en voulant importer ce qui s’est passé aux États-Unis, en France. Nous sommes dans deux situations totalement différentes où les polices sont organisées différemment et donc nous étions dans une sorte de spirale un peu irrationnelle. Et je crois que le président a remis un peu le cap.

« Il faut des actes »: les syndicats de police déçus par le discours d’Emmanuel Macron

"Il faut des actes": les syndicats de police déçus par le discours d'Emmanuel Macron
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Au lendemain du discours d’Emmanuel Macron, les syndicats de police maintiennent la pression sur l’exécutif et réclament « des actes ». Tandis que certains regrettent une prise de position trop « timide », d’autres exigent d’être reçus à l’Elysée.

« Les policiers ne demandent pas un excès d’amour »

« Sans ordre républicain, il n’y a ni sécurité, ni liberté », a déclaré le président de la République lors de son allocution, « cet ordre ce sont les policiers et gendarmes sur notre sol qui l’assurent ». « Ils sont exposés à des risques quotidiens en notre nom », a-t-il affirmé dimanche soir.

« Nous ne sommes pas du tout rassurés par le discours de ce soir, au contraire. Nous, ce que l’on veut c’est du concret et surtout on veut que le ministre de l’Intérieur fasse machine arrière » sur les annonces de lundi, a expliqué à l’AFP un policier qui tient à rester anonyme. 

« Les policiers ne demandent pas un excès d’amour, ils demandent à être respectés », a réagi sur BFMTV David Le Bars, secrétaire général du Syndicat des Commissaires de la Police Nationale, ajoutant:

« Ses mots étaient essentiels mais il faut maintenant des actes. Il nous faut les moyens qu’on réclame depuis longtemps. (…) Qu’on aborde le livre blanc de la sécurité intérieur, d’académie de police, de moyens, de la chaîne hiérarchique ».

« Le président a apporté son soutien » aux forces de l’ordre, a tweeté de son côté le syndicat des officiers et commissaires SCSI, « il doit maintenant respecter ses promesses de campagne: académie de police, formation continue et généralisation des caméras piétons. Il doit aussi changer de braquet et mener une politique ambitieuse pour la sécurité du quotidien ».

« Allocution timide »

Pour David Le Bras, l’interlocuteur des forces de l’ordre doit rester le ministre de l’Intérieur, à la différence du syndicat Alliance, qui demande à s’entretenir avec le président de la République.

« Chacun sait que le climat social risque de devenir plus tendu, reste à savoir si le président aura besoin de nous ou pas », a prévenu le syndicat Alliance.

« On pouvait s’attendre à mieux de sa part, des prises d’engagement sur certains actes », a regretté auprès de BFMTV Ivan Assioma, secrétaire national d’Alliance Ile-de-France, critiquant une « allocution timide ».

« On aurait pu s’attendre à ce qu’Emmanuel Macron rappelle sa fermeté face aux agresseurs de policiers (et) rappeler que le policier a le droit à la présomption d’innocence », déplore le syndicaliste.



Retour sur ce clan Traoré, dépeint comme angélique par une presse au collier.

Son père, Mara-Siré Traoré, chef de chantier d’origine malienne, a eu dix-sept enfants de quatre mères différentes « deux Blanches, successivement, puis deux Noires, en même temps » écrit Le Monde en 2016.

Sur les 17 enfants, voici un échantillon de leur CV. Impressionnant, une famille que tout le monde voudrait avoir :

Adama Traoré a fait l’objet depuis 2007 de 17 procédures pour vols, stupéfiants, et est accusé de viol par son co-détenu.

Yacouba Traoré a été condamné à18 mois de prison ferme pour avoir tabassé celui qui a accusé Adama de viol, puis à 3 ans ferme pour avoir tabassé un chauffeur et brûlé son bus.

Samba Traoré a été condamné à 4 ans de prison dont 18 mois avec sursis pour violence avec arme.

Bagui Traoré a été condamné à 30 mois de prison ferme pour extorsions sur femmes vulnérables.

Serene Traoré a été condamné à 4 mois de prison ferme pour outrage sur le Maire de Beaumont-sur-Oise.

Youssouf Traoré a été condamné à 6 mois de prison dont 3 avec sursis pour outrage et menace de mort sur policiers.

Assa Traoré, l’égérie de la famille, a fait l’objet de 4 plaintes pour diffamations.

L’ Etat fait tâche d’huile

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Lubrizol : la commission d’enquête du Sénat épingle le gouvernement

 Eric Turpin, France Ble,France Bleu Normandie (Seine-Maritime – Eure), France Bleu Normandie (Calvados – Orne), France Bleu Nord, France Bleu PicardieRouen, France

Plus de huit mois après le spectaculaire incendie à l’usine Lubrizol à Rouen, la commission d’enquête du Sénat rend son rapport ce jeudi. Elle dénonce « des angles morts inacceptables » dans la prévention des risques industriels en France et critique le gouvernement.

Incendie de l'usine Lubrizol à Rouen (Seine-Maritime), 26 septembre 2019.
Incendie de l’usine Lubrizol à Rouen (Seine-Maritime), 26 septembre 2019. © Radio France – Alexandre Bioret

Il était attendu plus de huit mois après le spectaculaire incendie à l’usine Lubrizol à Rouen. La commission d’enquête du Sénart dévoile ce jeudi son rapport sur la catastrophe et on peut dire qu’elle n’est pas tendre. Elle dénonce « des angles morts inacceptables » dans la politique de prévention des risques industriels en France et elle épingle au passage l’ancienne ministre de la Santé Agnès Buzin. 

Un suivi sanitaire « problématique »

« A l’instar du suivi sanitaire proprement dit, l’identification du risque sanitaire telle que pratiquée par le ministère de la Santé, a été à la fois tardive et incomplète », écrivent les rapporteurs Christine Bonfanti-Dossat (LR) et Nicole Bonnefoy (PS) dans leurs conclusions sur cet « accident industriel majeur », sans victime « apparente », qui a fait l’objet de « 200.000 tweets en 24 heures ».

L’incendie, survenu le 26 septembre sur le site Seveso seuil haut, avait provoqué un immense nuage de fumée noire de 22 km de long avec des retombées de suie jusque dans les Hauts-de-France. Près de 9.505 tonnes de produits chimiques avaient brûlé dans cette usine de lubrifiants automobiles et sur le site voisin de Normandie Logistique. à lire aussi Lubrizol : l’incendie serait-il parti d’un vestiaire de la société voisine Normandie Logistique ?

La commission présidée par le sénateur centriste Hervé Maurey, estime que la méthodologie adoptée par le ministère de la santé pour le suivi sanitaire est « problématique ». « Il est impossible de se prononcer de manière définitive sur l’impact sanitaire de l’incendie Lubrizol, au vu des seules données récoltées dans le cadre de la surveillance environnementale, ces dernières étant totalement ou partiellement inexploitables », peut-on lire. 

Le gouvernement critiqué

La ministre de la Transition écologique est également critiquée. Son objectif affiché à la suite de la catastrophe « d’augmentation de 50% des contrôles d’ici 2022 à effectifs constants » est « peu réaliste », peut-on lire dans le rapport. Les sénatrices critiquent aussi en outre la décision « prématurée » du ministre de l’Agriculture « prise dans l’urgence le 11 octobre » de lever l’interdiction de vente du lait produit dans plus de 200 communes.

Le gouvernement n’est pas le seul épinglé dans ce rapport. « La politique de prévention des risques industriels déployée depuis 40 ans en France laisse apparaître des angles morts importants et inacceptables », écrivent les rapporteurs, qui dénonce la baisse depuis plusieurs années des budgets alloués à la prévention des risques technologique.

Le rapport pointe aussi le nombre réduit de sanctions prononcées à l’encontre des pollueurs. Il estime qu’il faut d’urgence revoir « la doctrine de communication de crise de l’Etat », qui consiste à vouloir rassurer à tout prix. 

à lire aussi Mise en examen de Lubrizol : les associations se réjouissent, Lubrizol conteste

Lubrizol: des « angles morts inacceptables » dans la politique de prévention (Sénat)

La commission d’enquête du Sénat sur le spectaculaire incendie de Lubrizol à Rouen dénonce « des angles morts inacceptables » dans la politique de prévention des risques industriels en France, et épingle au passage l’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn dans un rapport publié jeudi.

La commission d’enquête du Sénat sur le spectaculaire incendie de Lubrizol à Rouen dénonce « des angles morts inacceptables » dans la politique de prévention des risques industriels en France, et épingle au passage l’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn dans un rapport publié jeudi.

Lubrizol : un rapport du Sénat dénonce les « manquements » de l’État

LEXPRESS.fr avec AFP
Vue aérienne de l'usine Lubrizol de Rouen, le 9 décembre 2019. L'incendie, survenu le 26 septembre sur le site Seveso seuil haut, avait provoqué un immense nuage de fumée noire de 22 km de long .

Vue aérienne de l’usine Lubrizol de Rouen, le 9 décembre 2019. L’incendie, survenu le 26 septembre sur le site Seveso seuil haut, avait provoqué un immense nuage de fumée noire de 22 km de long .          afp.com/Lou BENOIST

La commission d’enquête du Sénat sur l’incendie à Rouen dénonce « des angles morts inacceptables » et épingle l’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn.

La commission d’enquête du Sénat sur le spectaculaire incendie de Lubrizol à Rouen dénonce « des angles morts inacceptables » dans la politique de prévention des risques industriels en France, et épingle au passage l’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn dans un rapport publié ce jeudi. 

« À l’instar du suivi sanitaire proprement dit, l’identification du risque sanitaire telle que pratiquée par le ministère de la Santé, a été à la fois tardive et incomplète », écrivent les rapporteurs Christine Bonfanti-Dossat (LR) et Nicole Bonnefoy (PS) dans leurs conclusions sur cet « accident industriel majeur », sans victime « apparente », qui a fait l’objet de « 200 000 tweets en 24 heures ». 

Le gouvernement épinglé

L’incendie, survenu le 26 septembre sur le site Seveso seuil haut, avait provoqué un immense nuage de fumée noire de 22 km de long avec des retombées de suie jusque dans les Hauts-de-France. Près de 9505 tonnes de produits chimiques avaient brûlé dans cette usine de lubrifiants automobiles et sur le site voisin de Normandie Logistique. 

 

LIRE AUSSI >> Le « préjudice écologique », un droit qui s’impose de plus en plus

Pour la commission présidée par le centriste Hervé Maurey, la méthodologie adoptée par le ministère de la Santé pour le suivi sanitaire est « problématique ». Les sénatrices poursuivent : « Il ressort (…) qu’il est impossible de se prononcer de manière définitive sur l’impact sanitaire de l’incendie Lubrizol, au vu des seules données récoltées dans le cadre de la surveillance environnementale, ces dernières étant totalement ou partiellement inexploitables ». 

La ministre de la Transition écologique est également critiquée. Son objectif affiché à la suite de la catastrophe « d’augmentation de 50% des contrôles d’ici 2022 à effectifs constants » est « peu réaliste », selon le rapport. Les sénatrices dénoncent en outre la décision « prématurée » du ministre de l’Agriculture « prise dans l’urgence le 11 octobre » de lever l’interdiction de vente du lait produit dans plus de 200 communes. 

« Nombre réduit de sanctions prononcées » contre des pollueurs

Le gouvernement n’est pas le seul épinglé dans ce rapport. « La politique de prévention des risques industriels déployée depuis 40 ans en France laisse apparaître des angles morts importants et inacceptables », écrivent les rapporteurs. « Les crédits budgétaires alloués par l’État à la prévention des risques technologiques diminuent tendanciellement depuis plusieurs années », ajoutent les sénatrices.

Les élues de la Haute Assemblée pointent en outre « le nombre réduit de sanctions prononcées » à l’encontre des pollueurs. Et elles estiment « urgent de revoir la doctrine de communication de crise de l’État » consistant à « vouloir rassurer à tout prix ». 

Lubrizol : le Sénat pointe des «angles morts inacceptables» dans la politique de prévention

Incendie.

Suivi sanitaire «problématique», moyens insuffisants : dans un rapport publié jeudi, la commission d’enquête du Sénat sur le spectaculaire incendie de Lubrizol dénonce «des angles morts inacceptables» dans la prévention des risques industriels en France et épingle au passage le gouvernement et en particulier l’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn. «A l’instar du suivi sanitaire proprement dit, l’identification du risque sanitaire telle que pratiquée par le ministère de la Santé, a été à la fois tardive et incomplète», écrivent les rapporteurs Christine Bonfanti-Dossat (LR) et Nicole Bonnefoy (PS) dans leurs conclusions sur cet «accident industriel majeur», sans victime «apparente».

Pour la commission présidée par le centriste Hervé Maurey, la méthodologie adoptée par le ministère de la Santé pour le suivi sanitaire est «problématique». «Comme le résume Mme Émilie Counil, chargé de recherche à l’Institut national d’études démographiques (INED) « Santé publique France, l’ARS et Mme Buzyn défendent le point de vue selon lequel il faudrait savoir ce que l’on cherche pour chercher »», écrivent les sénatrices. En effet, «la décision publique de lancement d’un suivi sanitaire reste suspendue à la découverte incontestable d’un risque avéré», estiment les sénatrices, malgré «l’incertitude sur la toxicité des fumées émises lors de l’incendie». Or, «il ressort (…) qu’il est impossible de se prononcer de manière définitive sur l’impact sanitaire de l’incendie Lubrizol, au vu des seules données récoltées dans le cadre de la surveillance environnementale, ces dernières étant totalement ou partiellement inexploitables».

Après l’incendie de Lubrizol, l’État montré du doigt par le Sénat

La commission d’enquête du Sénat dénonce «des angles morts inacceptables».

 Le Figaro avec AFP
L'incendie de l'usine Lubrizol, à Rouen, le 26 septembre 2019.
L’incendie de l’usine Lubrizol, à Rouen, le 26 septembre 2019. PHILIPPE LOPEZ / AFP

Suivi sanitaire «problématique», moyens insuffisants, la commission d’enquête du Sénat sur le spectaculaire incendie de Lubrizol dénonce «des angles morts inacceptables» dans la prévention des risques industriels en France et épingle au passage le gouvernement et en particulier l’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn, dans un rapport publié ce jeudi.

«A l’instar du suivi sanitaire proprement dit, l’identification du risque sanitaire telle que pratiquée par le ministère de la Santé, a été à la fois tardive et incomplète», écrivent les rapporteurs Christine Bonfanti-Dossat (LR) et Nicole Bonnefoy (PS) dans leurs conclusions sur cet «accident industriel majeur», sans victime «apparente», qui a fait l’objet de «200.000 tweets en 24 heures».

L’incendie, survenu le 26 septembre sur le site Seveso seuil haut, avait provoqué un immense nuage de fumée noire de 22 km de long avec des retombées de suie jusque dans les Hauts-de-France. Près de 9.505 tonnes de produits chimiques avaient brûlé dans cette usine de lubrifiants automobiles et sur le site voisin de Normandie Logistique.

» À VOIR AUSSI – Pourquoi l’incendie de Lubrizol fait toujours peur

Suivi sanitaire «problématique»

Pour la commission présidée par le centriste Hervé Maurey, la méthodologie adoptée par le ministère de la Santé pour le suivi sanitaire est «problématique». «Comme le résume Mme Émilie Counil, chargé de recherche à l’Institut national d’études démographiques (INED) ‘Santé publique France, l’ARS et Mme Buzyn défendent le point de vue selon lequel il faudrait savoir ce que l’on cherche pour chercher’», écrivent les sénatrices.

En effet, «la décision publique de lancement d’un suivi sanitaire reste suspendue à la découverte incontestable d’un risque avéré», estiment les sénatrices, malgré «l’incertitude sur la toxicité des fumées émises lors de l’incendie». Or, «il ressort (…) qu’il est impossible de se prononcer de manière définitive sur l’impact sanitaire de l’incendie Lubrizol, au vu des seules données récoltées dans le cadre de la surveillance environnementale, ces dernières étant totalement ou partiellement inexploitables».

Le risque d’exposition au benzène demeure

Même «à court terme, malgré un bilan globalement rassurant, demeurent un risque d’exposition au benzène pour les populations situées sur le site de l’usine Lubrizol le jour et le lendemain de l’incendie ainsi qu’une incertitude importante concernant les dioxines et furanes». Le rapport pointe un «problème de plus long terme : les débats autour de fibres d’amiante dans le panache».

Les sénatrices dénoncent en outre la décision du ministre de l’Agriculture «prise dans l’urgence le 11 octobre» de lever l’interdiction de vente du lait produit dans plus de 200 communes. Cette décision prise «trois jours avant la publication du premier avis de l’Anses (autorités sanitaires ndlr), paraît prématurée : elle n’a pas pu tenir compte des fortes réserves émises (…) confirmées dans les avis subséquents», selon le rapport. Le gouvernement a ensuite «fait fi du caractère incomplet de l’analyse des prélèvements d’air».

La ministre de la Transition écologique et solidaire n’est pas en reste. Son objectif affiché à la suite de la catastrophe «d’augmentation de 50% des contrôles d’ici 2022 à effectifs constants» est «peu réaliste», selon le rapport. Car «depuis quinze ans (…) le nombre de contrôles» des sites industriels classés «a pratiquement été divisé par deux».

Pour les sénatrices, il faut «renforcer les moyens humains et financiers consacrés» à la prévention. Le gouvernement n’est ainsi pas le seul épinglé dans ce rapport. «La politique de prévention des risques industriels déployée depuis 40 ans en France laisse apparaître des angles morts importants et inacceptables», écrivent les rapporteurs. «Les crédits budgétaires alloués par l’État à la prévention des risques technologiques diminuent tendanciellement depuis plusieurs années», ajoutent les sénatrices.

Les élues de la Haute Assemblée pointent en outre «le nombre réduit de sanctions prononcées, leur faiblesse et le taux de classement sans suite plus élevé pour les infractions environnementales que pour la moyenne». Cela est «perçu par certains observateurs comme le signe d’une forme d’indulgence des pouvoirs publics vis-à-vis des industries», poursuivent-elles. Par ailleurs, «il est urgent de revoir la doctrine de communication de crise de l’État. Vouloir rassurer à tout prix fait perdre de vue l’objectif principal : informer le plus clairement possible et en temps réel».

Après l’incendie de Lubrizol, l’Etat montré du doigt par le Sénat

AFP
 
Le 26 septembre 2019, l'incendie hors norme de l'usine Lubrizol à Rouen dégage un énorme nuage de fumée noire ( AFPAFPAFP / Jean-Jacques GANON )

Le 26 septembre 2019, l’incendie hors norme de l’usine Lubrizol à Rouen dégage un énorme nuage de fumée noire ( AFPAFPAFP / Jean-Jacques GANON )

Suivi sanitaire « problématique », moyens insuffisants, la commission d’enquête du Sénat sur le spectaculaire incendie de Lubrizol dénonce « des angles morts inacceptables » dans la prévention des risques industriels en France et épingle au passage le gouvernement et en particulier l’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn, dans un rapport publié jeudi.

« A l’instar du suivi sanitaire proprement dit, l’identification du risque sanitaire telle que pratiquée par le ministère de la Santé, a été à la fois tardive et incomplète », écrivent les rapporteurs Christine Bonfanti-Dossat (LR) et Nicole Bonnefoy (PS) dans leurs conclusions sur cet « accident industriel majeur », sans victime « apparente », qui a fait l’objet de « 200.000 tweets en 24 heures ».

L’incendie, survenu le 26 septembre sur le site Seveso seuil haut, avait provoqué un immense nuage de fumée noire de 22 km de long avec des retombées de suie jusque dans les Hauts-de-France. Près de 9.505 tonnes de produits chimiques avaient brûlé dans cette usine de lubrifiants automobiles et sur le site voisin de Normandie Logistique.

Pour la commission présidée par le centriste Hervé Maurey, la méthodologie adoptée par le ministère de la Santé pour le suivi sanitaire est « problématique ». 

 
La ministre de la Santé Agnès Buzyn le 27 septembre 2019 à l'unité de sécurité de Lubrizol, à Petit-Quevilly près de Rouen ( AFP / LOU BENOIST )

La ministre de la Santé Agnès Buzyn le 27 septembre 2019 à l’unité de sécurité de Lubrizol, à Petit-Quevilly près de Rouen ( AFP / LOU BENOIST )

« Comme le résume Mme Émilie Counil, chargé de recherche à l’Institut national d’études démographiques (INED) +Santé publique France, l’ARS et Mme Buzyn défendent le point de vue selon lequel il faudrait savoir ce que l’on cherche pour chercher+ », écrivent les sénatrices.

En effet, « la décision publique de lancement d’un suivi sanitaire reste suspendue à la découverte incontestable d’un risque avéré », estiment les sénatrices, malgré « l’incertitude sur la toxicité des fumées émises lors de l’incendie ».

Or, « il ressort (…) qu’il est impossible de se prononcer de manière définitive sur l’impact sanitaire de l’incendie Lubrizol, au vu des seules données récoltées dans le cadre de la surveillance environnementale, ces dernières étant totalement ou partiellement inexploitables ».

Même « à court terme, malgré un bilan globalement rassurant, demeurent un risque d’exposition au benzène pour les populations situées sur le site de l’usine Lubrizol le jour et le lendemain de l’incendie ainsi qu’une incertitude importante concernant les dioxines et furanes ».

Le rapport pointe un « problème de plus long terme: les débats autour de fibres d’amiante dans le panache ».

– « Rassurer à tout prix » – 

 
Une vache et son veau dans un champ à Saint-Martin-du-Vivier (Seine-Maritime) le 30 septembre 2019, quelques jours après l'incendie de l'usine chimique Lubrizol ( AFP / Lou BENOIST )

Une vache et son veau dans un champ à Saint-Martin-du-Vivier (Seine-Maritime) le 30 septembre 2019, quelques jours après l’incendie de l’usine chimique Lubrizol ( AFP / Lou BENOIST )

Les sénatrices dénoncent en outre la décision du ministre de l’Agriculture « prise dans l’urgence le 11 octobre » de lever l’interdiction de vente du lait produit dans plus de 200 communes. Cette décision prise « trois jours avant la publication du premier avis de l’Anses (autorités sanitaires ndlr), paraît prématurée: elle n’a pas pu tenir compte des fortes réserves émises (…) confirmées dans les avis subséquents », selon le rapport.

Le gouvernement a ensuite « fait fi du caractère incomplet de l’analyse des prélèvements d’air ».

La ministre de la Transition écologique et solidaire n’est pas en reste. Son objectif affiché à la suite de la catastrophe « d’augmentation de 50% des contrôles d’ici 2022 à effectifs constants » est « peu réaliste », selon le rapport.

Car « depuis quinze ans (…) le nombre de contrôles » des sites industriels classés « a pratiquement été divisé par deux ». 

Pour les sénatrices, il faut « renforcer les moyens humains et financiers consacrés » à la prévention.

Le gouvernement n’est ainsi pas le seul épinglé dans ce rapport. « La politique de prévention des risques industriels déployée depuis 40 ans en France laisse apparaître des angles morts importants et inacceptables », écrivent les rapporteurs. 

« Les crédits budgétaires alloués par l’État à la prévention des risques technologiques diminuent tendanciellement depuis plusieurs années », ajoutent les sénatrices.

 
Des agents de sécurité et de nettoyage devant l'usine de Lubrizol au Petit-Quevilly près de Rouen, le 27 septembre 2019 ( AFP / LOU BENOIST )

Des agents de sécurité et de nettoyage devant l’usine de Lubrizol au Petit-Quevilly près de Rouen, le 27 septembre 2019 ( AFP / LOU BENOIST )

Les élues de la Haute Assemblée pointent en outre « le nombre réduit de sanctions prononcées, leur faiblesse et le taux de classement sans suite plus élevé pour les infractions environnementales que pour la moyenne ». Cela est « perçu par certains observateurs comme le signe d’une forme d’indulgence des pouvoirs publics vis-à-vis des industries », poursuivent-elles.

Par ailleurs, « il est urgent de revoir la doctrine de communication de crise de l’État. Vouloir rassurer à tout prix fait perdre de vue l’objectif principal: informer le plus clairement possible et en temps réel ».

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commentaires
  • Clay Zen                Bien sûr, il est évident qu’il y a eu faute chez Lubrizol, ainsi que de multiples négligences. Mais le Sénat se couvre de ridicule et se discrédite car il veut signifier ainsi son opposition à l’actuel gouvernement. Façon grotesque pour le Sénat conservateur et rétrograde de se dédouaner de sa torpeur et de ses turpitudes légendaires, en tapant à suivre sur l’état. Président Larcher, mesdames et messieurs les sénateurs, restez confinez et gardez la chambre.
  • Florent Delage      Le Sénat, qui est tenu par le parti LR, fait semblant de faire de la résistance. Mais sur le fonds rappelons que le parti LR vote toujours les lois proposées par Macron à l’assemblée et que maintenant les alliances entre le parti de Macron et le parti LR vont bon train en vue d’éviter la débâcle aux municipales. Voter LR où voter Macron c’est pareil, c’est voter pour le chaos et pour la faillite. Faillite financière bien sûr, mais aussi sociale et culturelle. Rappelons la signification de LaREM : La République Est Morte.
  • christianLL             Buzyn encore elle. Quelle calamité.
  •  
  • qleraz                     Qu’est ce que cela va être qd les enquêtes du Sénat vont se pencher (attention à ne pas tomber dans le gouffre) sur la gestion de la crise Corona …
  • roujos59   La buse encore pointée du doigt ? Spécialiste en casseroles, va pouvoir ouvrir une boutique.
  • stmaster                 C’est clair, l’Etat a eu une doctrine de communication de crise propre aux entreprises impliquées.Son rôle n’est pas de rassurer à tout prix, mais d’être le plus transparent possible.Souvenez-vous du nuage de Tchernobyl.

Retour des autos tamponneuses!

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Essonne : un accident de voiture tue un père, son fils gravement blessé

Florian Garcia Illustration. Malgré l’intervention des sapeurs-pompiers et du Smur (Service mobile d’urgence et de réanimation) de Corbeil-Essonnes, son décès a été déclaré après une tentative de réanimation. © LP/Arnaud Journois Illustration. Malgré l’intervention des sapeurs-pompiers et du Smur (Service mobile d’urgence et de réanimation) de Corbeil-Essonnes, son décès a été déclaré après une tentative de réanimation.

Les secours n’ont pas pu le réanimer. Vendredi, un homme d’une cinquantaine d’années est mort dans un accident de la route, sur la D 837 à Milly-la-Forêt. Son fils, à ses côtés lors du choc, a été grièvement blessé.

Selon les premiers éléments de l’enquête ouverte pour déterminer les circonstances exactes du drame, l’automobiliste a perdu le contrôle de son véhicule avant de percuter un arbre. En arrêt cardio respiratoire, le père de famille a été pris en charge par les secours. Malgré l’intervention des sapeurs-pompiers et du Smur (Service mobile d’urgence et de réanimation) de Corbeil-Essonnes, son décès a été déclaré après une tentative de réanimation. En « urgence absolue », son fils a été héliporté vers l’hôpital du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne).

Les accidents de la circulation repartent à la hausse

Après une nette accalmie pendant la période de confinement, les accidents de la circulation repartent à la hausse. Le 15 mai dernier, un motard est décédé lors d’un accident survenu sur l’autoroute A6, à Evry-Courcouronnes. L’enquête a pu établir qu’une voiture lui a coupé la route après avoir eu une première collision avec un poids lourd. Un appel à témoins a été lancé par les enquêteurs.

Une semaine plus tard, une femme de 73 ans a perdu la vie après une collision sur la départementale 988, qui relie Gometz-la-Ville à Limours. Cette fois, un des deux véhicules aurait franchi une ligne « stop » sans la voir.

« Nous avons vu apparaître pendant le confinement des comportements dangereux, notamment des vitesses excessives, note la colonelle Karine Lejeune, à la tête des gendarmes de l’Essonne. Ceux-ci sont d’autant plus dangereux avec la reprise du trafic, donc prudence et respect du Code de la route. » Et de préciser que « l a gendarmerie va renforcer ses contrôles dans les jours et semaines à venir. Ce vendredi, la présence de l’escadron départemental de sécurité routière (EDSR) sur la N 20 à Egly a engendré 14 rétentions de permis de conduire. Il s’agit de vitesses supérieures de 40 voire 50 km/h à la limite autorisée. »

Déconfinement : hausse des accidents mortels, bond des excès de vitesse

Les grands excès de vitesse augmentent nettement avec le déconfinement (photo d'illustration).
Les grands excès de vitesse augmentent nettement avec le déconfinement (photo d’illustration). © AFP
Trois semaines après le début du déconfinement, la Sécurité routière s’inquiète samedi de « premiers chiffres alarmants » avec le retour des Français sur les routes. Les grands excès de vitesse ont notamment bondi de 15%. 

Trois semaines après le déconfinement et le retour des Français sur les routes, la Sécurité routière s’inquiète samedi de « premiers chiffres alarmants » avec une hausse des accidents mortels et un bond de 15% des grands excès de vitesse.

« Accroissement des comportements à risque »

Une campagne appelant à la prudence lors du déconfinement avait été lancée début mai. « Hélas, nos craintes semblaient fondées puisque les premiers chiffres remontant du terrain sont assez alarmants en termes de mortalité », a déclaré David Julliard, l’adjoint au délégué interministériel à la Sécurité routière, dans une interview au journal Le Parisien. Lors du pont de l’Ascension, « il y a eu beaucoup d’accidents meurtriers et le nombre de morts a été plus important que l’an dernier à la même époque », rapporte-t-il.

Si cette surmortalité peut en partie s’expliquer par « la météo », car « les beaux jours se traduisent souvent par un surcroît d’accidents graves », David Julliard s’alarme également d’un « accroissement des comportements à risque ». « Entre le 11 et le 27 mai, nous avons relevé 2.421 grands excès de vitesse, supérieurs à 50 km/h au-dessus de la limitation », explique-t-il. « C’est 321 de plus qu’en 2019 sur la même période, soit une hausse de près de 15 %, ce qui est énorme. »

Une baisse historique du nombre de morts en avril

« On nous a aussi signalé une recrudescence des franchissements de feux rouges », ajoute-t-il. « Cela confirme une forme de relâchement ou de désinhibition des comportements au volant de la part d’une minorité de conducteurs. »

Le confinement mis en place pour lutter contre l’épidémie de nouveau coronavirus a provoqué une baisse historique du nombre de morts en avril, avec 55,8% de personnes tuées en moins par rapport à la même période l’an dernier. Mais la Sécurité routière s’était déjà alarmée d’une recrudescence des grands excès de vitesse pendant cette période.

Accidents mortels, excès de vitesse… La Sécurité routière s’inquiète de « premiers chiffres alarmants » depuis le déconfinement

Dans une interview au « Parisien », l’adjoint au délégué interministériel à la Sécurité routière appelle les Français à ne pas céder à une forme de relâchement au volant.

Un gendarme contrôle un automobiliste, le 7 mai 2020, sur une route de Bourg-en-Bresse (Ain).
Un gendarme contrôle un automobiliste, le 7 mai 2020, sur une route de Bourg-en-Bresse (Ain). (NICOLAS LIPONNE / HANS LUCAS)

Les Français ont repris la route… et quelques mauvaises habitudes. Trois semaines après le déconfinement, la Sécurité routière dit s’inquiéter des « premiers chiffres alarmants » qui se traduisent par une hausse des accidents mortels et par un bond de 15% des grands excès de vitesse.

>> Coronavirus : suivez l’évolution de l’épidémie de Covid-19 en France et dans le monde

Une campagne appelant à la prudence lors du déconfinement avait été lancée début mai. « Hélas, nos craintes semblaient fondées puisque les premiers chiffres remontant du terrain sont assez alarmants en termes de mortalité », déclare l’adjoint au délégué interministériel à la Sécurité routière, dans une interview au Parisien, samedi 30 mai. Lors du pont de l’Ascension, « il y a eu beaucoup d’accidents meurtriers et le nombre de morts a été plus important que l’an dernier à la même époque », rapporte David Julliard.

Des excès de vitesse en hausse

Si cette surmortalité peut en partie s’expliquer par « la météo », car « les beaux jours se traduisent souvent par un surcroît d’accidents graves », David Julliard s’alarme également d’un « accroissement des comportements à risque ». « Entre le 11 et le 27 mai, nous avons relevé 2 421 grands excès de vitesse, supérieurs à 50 km/h au-dessus de la limitation, explique-t-il. C’est 321 de plus qu’en 2019 sur la même période, soit une hausse de près de 15 %, ce qui est énorme. »

« On nous a aussi signalé une recrudescence des franchissements de feux rouges, ajoute-t-il. Cela confirme une forme de relâchement ou de désinhibition des comportements au volant de la part d’une minorité de conducteurs. »

Le confinement mis en place pour lutter contre l’épidémie de nouveau coronavirus avait provoqué une baisse historique du nombre de morts en avril, avec 55,8% de personnes tuées en moins par rapport à la même période l’an dernier. Mais la Sécurité routière s’était déjà alarmée d’une recrudescence des grands excès de vitesse pendant cette période.

Déconfinement : La Sécurité routière s’alarme de la forte hausse de la mortalité routière

VITESSE Les grands excès de vitesse sont aussi en hausse par rapport à l’année dernière à la même époque

20 Minutes avec AFP
Un radar tourelle à La Rochelle. (illustration)
Un radar tourelle à La Rochelle. (illustration) — XAVIER LEOTY / AFP

Trois semaines après le déconfinement et le retour des Français sur les routes, la Sécurité routière s’inquiète samedi de « premiers chiffres alarmants » avec une hausse des accidents mortels et un bond de 15 % des grands excès de vitesse. Une campagne appelant à la prudence lors du déconfinement avait été lancée début mai. « Hélas, nos craintes semblaient fondées puisque les premiers chiffres remontant du terrain sont assez alarmants en termes de mortalité », a déclaré David Julliard, l’adjoint au délégué interministériel à la Sécurité routière, dans une interview au journal Le Parisien.

Lors du pont de l’Ascension, « il y a eu beaucoup d’accidents meurtriers et le nombre de morts a été plus important que l’an dernier à la même époque », rapporte-t-il. Si cette surmortalité peut en partie s’expliquer par « la météo », car « les beaux jours se traduisent souvent par un surcroît d’accidents graves », David Julliard s’alarme également d’un « accroissement des comportements à risque ». « Entre le 11 et le 27 mai, nous avons relevé 2.421 grands excès de vitesse, supérieurs à 50 km/h au-dessus de la limitation », explique-t-il. « C’est 321 de plus qu’en 2019 sur la même période, soit une hausse de près de 15 %, ce qui est énorme. »

Baisse historique du nombre de morts en avril

« On nous a aussi signalé une recrudescence des franchissements de feux rouges », ajoute-t-il. « Cela confirme une forme de relâchement ou de désinhibition des comportements au volant de la part d’une minorité de conducteurs », poursuit l’adjoint au délégué interministériel à la Sécurité routière.

Le confinement mis en place pour lutter contre l’épidémie de nouveau coronavirus a provoqué une baisse historique du nombre de morts en avril, avec 55,8 % de personnes tuées en moins par rapport à la même période l’an dernier. Mais la Sécurité routière s’était déjà alarmée d’une recrudescence des grands excès de vitesse pendant cette période.

Avec le déconfinement, la Sécurité routière s’inquiète de « premiers chiffres alarmants »

 LEXPRESS.fr avec AFP
Selon l'adjoint au délégué interministériel à la Sécurité routière, beaucoup d'accidents ont été rapportés lors du pont de l'Ascension

Selon l’adjoint au délégué interministériel à la Sécurité routière, beaucoup d’accidents ont été rapportés lors du pont de l’Ascension            afp.com/PHILIPPE DESMAZES

Une campagne appelant à la prudence lors du déconfinement avait été lancée début mai pour éviter une hausse des décès sur la route.

Trois semaines après le déconfinement et le retour des Français sur les routes, la Sécurité routière s’inquiète ce samedi de « premiers chiffres alarmants » avec une hausse des accidents mortels et un bond de 15% des grands excès de vitesse. 

Une campagne appelant à la prudence lors du déconfinement avait été lancée début mai. « Hélas, nos craintes semblaient fondées puisque les premiers chiffres remontant du terrain sont assez alarmants en termes de mortalité », a déclaré David Julliard, l’adjoint au délégué interministériel à la Sécurité routière, dans une interview au journal Le Parisien. Lors du pont de l’Ascension, « il y a eu beaucoup d’accidents meurtriers et le nombre de morts a été plus important que l’an dernier à la même époque », rapporte-t-il. 

LIRE AUSSI >> Confinement : la réduction du trafic routier a provoqué une baisse du nombre d’AVC 

 

Si cette surmortalité peut en partie s’expliquer par « la météo », car « les beaux jours se traduisent souvent par un surcroît d’accidents graves », David Julliard s’alarme également d’un « accroissement des comportements à risque ».  

2421 grands excès de vitesse en deux semaines

« Entre le 11 et le 27 mai, nous avons relevé 2421 grands excès de vitesse, supérieurs à 50 km/h au-dessus de la limitation », explique-t-il. « C’est 321 de plus qu’en 2019 sur la même période, soit une hausse de près de 15 %, ce qui est énorme. »  

LIRE AUSSI >> Durant le confinement, la qualité de l’air s’est nettement améliorée en Île-de-France 

« On nous a aussi signalé une recrudescence des franchissements de feux rouges », ajoute-t-il. « Cela confirme une forme de relâchement ou de désinhibition des comportements au volant de la part d’une minorité de conducteurs. » 

Le confinement mis en place pour lutter contre l’épidémie de nouveau coronavirus a provoqué une baisse historique du nombre de morts en avril, avec 55,8% de personnes tuées en moins par rapport à la même période l’an dernier. Mais la Sécurité routière s’était déjà alarmée d’une recrudescence des grands excès de vitesse pendant cette période. 

Déconfinement : la Sécurité routière observe des «chiffres alarmants»

Excès de vitesse, accidents mortels… La Sécurité routière fait état de ses inquiétudes.

 Le Figaro avec AFP
Entre le 11 et le 27 mai, 2421 grands excès de vitesse, supérieurs à 50 km/h au-dessus de la limitation ont été enregistrés.
Entre le 11 et le 27 mai, 2421 grands excès de vitesse, supérieurs à 50 km/h au-dessus de la limitation ont été enregistrés. AFP

Trois semaines après le déconfinement et le retour des Français sur les routes, la Sécurité routière s’inquiète samedi de «premiers chiffres alarmants» avec une hausse des accidents mortels et un bond de 15% des grands excès de vitesse. Une campagne appelant à la prudence lors du déconfinement avait été lancée début mai. «Hélas, nos craintes semblaient fondées puisque les premiers chiffres remontant du terrain sont assez alarmants en termes de mortalité», a déclaré David Julliard, l’adjoint au délégué interministériel à la Sécurité routière, dans une interview au journal Le Parisien.

Lors du pont de l’Ascension, «il y a eu beaucoup d’accidents meurtriers et le nombre de morts a été plus important que l’an dernier à la même époque», rapporte-t-il. Si cette surmortalité peut en partie s’expliquer par «la météo», car «les beaux jours se traduisent souvent par un surcroît d’accidents graves», M. Julliard s’alarme également d’un «accroissement des comportements à risque».

«Entre le 11 et le 27 mai, nous avons relevé 2.421 grands excès de vitesse, supérieurs à 50 km/h au-dessus de la limitation», explique-t-il. «C’est 321 de plus qu’en 2019 sur la même période, soit une hausse de près de 15 %, ce qui est énorme.» «On nous a aussi signalé une recrudescence des franchissements de feux rouges», ajoute-t-il. «Cela confirme une forme de relâchement ou de désinhibition des comportements au volant de la part d’une minorité de conducteurs.»

Le confinement mis en place pour lutter contre l’épidémie de nouveau coronavirus a provoqué une baisse historique du nombre de morts en avril, avec 55,8% de personnes tuées en moins par rapport à la même période l’an dernier. Mais la Sécurité routière s’était déjà alarmée d’une recrudescence des grands excès de vitesse pendant cette période.

Donald la menace!..

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Donald Trump menace de « fermer » les réseaux sociaux : la prise de bec entre le président américain et Twitter, en quatre actes

Le réseau social, souvent accusé de laxisme dans son traitement des propos tenus par des dirigeants, a ajouté une mention « vérifiez les faits » à deux tweets de Donald Trump, provoquant sa colère. 

Pour la première fois, Twitter a mis en doute la véracité d\'une affirmation de Donald Trump, le 26 mai 2020. 
Pour la première fois, Twitter a mis en doute la véracité d’une affirmation de Donald Trump, le 26 mai 2020.  (DAVID HIMBERT / HANS LUCAS / AFP)

avatarfranceinfo avec AFPFrance Télévisions

Donald Trump est connu comme l’homme politique qui s’est le plus approprié l’usage de Twitter, pour accéder au pouvoir, mais aussi une fois installé à la Maison Blanche. Pourtant, mercredi 27 mai, le président des Etats-Unis est entré en guerre contre le réseau social. Lancé dans un bras de fer avec la firme américaine, qui a – timidement – mis en doute la véracité de ses propos dans un tweet, le chef d’Etat a menacé de faire purement et simplement « fermer » des réseaux sociaux qu’il estime biaisés contre les discours conservateurs, pourtant bien représentés sur ces plateformes. Il signera jeudi un décret visant les opérateurs de réseaux sociaux, selon des représentants de la Maison Blanche. Mais ces derniers n’ont donné aucune précision sur la possible teneur du décret présidentiel.

Retour une passe d’armes en quatre actes. 

Acte 1 : Trump tweete sur le vote par correspondance

Tout a commencé par deux tweets tout à fait « trumpiens »,à savoir riches en lettres majuscules et en accusations, postés mardi.Le président américain s’en prend alors à la décision du gouvernement démocrate de Californie de mettre en place le vote par correspondance en vue de l’élection présidentielle de novembre. Annoncé le 8 mai, ce dispositif doit permettre aux Californiens de se rendre aux urnes, même si le pays n’est pas parvenu d’ici là à enrayer l’épidémie de coronavirus. Or, plusieurs groupes appartenant au parti républicain ont attaqué cette décision en justice, estimant qu’il s’agissait d’un procédé illégal. 

….living in the state, no matter who they are or how they got there, will get one. That will be followed up with professionals telling all of these people, many of whom have never even thought of voting before, how, and for whom, to vote. This will be a Rigged Election. No way! — Donald J. Trump (@realDonaldTrump) May 26, 2020

« Il n’y a PAS MOYEN (ZERO !) que le vote par correspondance soit autre chose que substantiellement frauduleux », a tweeté le président américain mardi, avant de s’en prendre au gouverneur de la Californie, Gavin Newson. Il accuse ce dernier de distribuer des bulletins à tous les habitants et de leur dire « pour qui voter ».  

Acte 2 : Twitter signale les messages comme « trompeurs » 

Dans la foulée de la publication de ces tweets, Twitter a, pour la première fois, signalé ces messages de Donald Trump comme « trompeurs ». Pour ce faire, le réseau social, souvent accusé de laxisme dans son traitement des propos tenus par des dirigeants, a ajouté une mention « vérifiez les faits » aux deux tweets du président américain : sous ces deux tweets s’affiche désormais la mention « Obtenez les faits sur le vote par correspondance », qui renvoie à un résumé des faits et à des articles publiés dans la presse américaine. 

Evidemment, ce signalement n’a pas plu à Donald Trump. « Twitter interfère avec l’élection présidentielle de 2020. Ils disent que ma déclaration sur le vote postal est incorrecte, en se basant sur des vérifications des faits par Fake News CNN et le Amazon Washington Post », a réagi le milliardaire républicain, qui est suivi par 80 millions de personnes sur son réseau social de prédilection. « Twitter étouffe la LIBERTE D’EXPRESSION », a-t-il ajouté.

.@Twitter is now interfering in the 2020 Presidential Election. They are saying my statement on Mail-In Ballots, which will lead to massive corruption and fraud, is incorrect, based on fact-checking by Fake News CNN and the Amazon Washington Post…. — Donald J. Trump (@realDonaldTrump) May 26, 2020

Acte 3 : Trump menace de « réglementer » ou de « fermer » des réseaux sociaux

Attaqué sur ce réseau social qu’il utilise quotidiennement, Donald Trump a menacé mercredi de « réglementer » ou de « fermer » ces plateformes. « Les républicains ont le sentiment que les plateformes de réseaux sociaux censurent totalement les voix conservatrices. Nous allons les réglementer sévèrement, ou les fermer, pour ne pas permettre qu’une telle chose se produise », a tweeté Donald Trump.

Et le président de revenir au sujet initial de sa colère, en écrivant, mercredi matin : « Nous ne pouvons pas laisser le vote par correspondance s’enraciner dans notre pays. Cela représenterait un blanc-seing pour la fraude, la contrefaçon et le vol des votes. » « Celui qui frauderait le mieux pourrait gagner. De même pour les réseaux sociaux. Reprenez-vous, MAINTENANT !!!! », a ajouté le président dans une série de tweets matinaux.

….happen again. Just like we can’t let large scale Mail-In Ballots take root in our Country. It would be a free for all on cheating, forgery and the theft of Ballots. Whoever cheated the most would win. Likewise, Social Media. Clean up your act, NOW!!!! — Donald J. Trump (@realDonaldTrump) May 27, 2020

Le président a aussi accusé le réseau social d’avoir interféré dans la campagne présidentielle de 2016. « Nous avons vu ce qu’ils ont essayé de faire, et qui a été un échec, en 2016. Nous ne pouvons pas laisser une version plus sophistiquée de cela se produire encore une fois », a-t-il poursuivi.

S’exprimant à nouveau via Twitter dans la soirée de mercredi, Donald Trump a déclaré que les géants du numérique utilisaient leur « pouvoir considérable » pour recourir à la censure en vue du scrutin. « Si cela se produit, nous ne disposons plus de notre liberté », a-t-il ajouté. Peu après, la Maison Blanche a annoncé qu’il signerait, jeudi, un décret visant les opérateurs de réseaux sociaux.

Acte 4 : le PDG de Twitter se défend d’être « un arbitre de la vérité »

Le PDG de Twitter, Jack Dorsey, a finalement réagi en fin de soirée. Il a déclaré que les propos de Donald Trump sur le projet de vote par correspondance en Californie « pourraient induire les gens en erreur » en leur laissant croire qu’ils n’ont pas besoin de s’inscrire pour voter. « Notre intention est de pointer des déclarations contradictoires et de montrer les informations en débat afin que les gens puissent juger par eux-mêmes. Une plus grande transparence de notre part est essentielle afin que les gens puissent voir clairement la raison de nos actions », a-t-il ajouté dans un autre tweet, se défendant d’être un « arbitre de la vérité ».

Per our Civic Integrity policy (https://t.co/uQ0AoPtoCm), the tweets yesterday may mislead people into thinking they don’t need to register to get a ballot (only registered voters receive ballots). We’re updating the link on @realDonaldTrump’s tweet to make this more clear. — jack (@jack) May 28, 2020

Jack Dorsey a également pris la responsabilité des actions de Twitter sur la vérification des faits. « Veuillez laisser nos employés en dehors de cela », a-t-il demandé. « Nous continuerons de signaler des informations incorrectes ou contestées sur les élections dans le monde. Et nous admettrons et reconnaîtrons toutes les erreurs que nous commettrons. »

Fact check: there is someone ultimately accountable for our actions as a company, and that’s me. Please leave our employees out of this. We’ll continue to point out incorrect or disputed information about elections globally. And we will admit to and own any mistakes we make. — jack (@jack) May 28, 2020

Dans un communiqué distinct (en anglais), Twitter a expliqué que les tweets du président américain avaient été libellés dans le cadre des efforts de l’entreprise pour mettre en œuvre sa « politique d’intégrité civique ».

La désinformation est considérée comme particulièrement cruciale par Facebook et les autres plateformes depuis les tentatives de manipulation de l’élection présidentielle américaine et du référendum sur le Brexit, en 2016. Twitter n’a toutefois pas agi contre d’autres messages au vitriol de Donald Trump, publiés mardi matin. Pourtant, le président y relayait une théorie du complot contre le présentateur de la chaîne câblée MSNBC Joe Scarborough, selon laquelle cet ancien élu républicain aurait assassiné son assistante parlementaire Lori Klausutis en 2001, sans aucun élément tangible à l’appui.

 
Le Monde

Depuis le début de la pandémie, le président américain accuse l’organisation onusienne de se montrer trop indulgente avec la Chine.

Donald Trump, le 29 mai. © Fournis par Le Monde Donald Trump, le 29 mai.

Le président américain Donald Trump a annoncé vendredi 28 mai qu’il mettait fin à la relation entre son pays et l’OMS, qu’il accuse depuis le début de la pandémie due au coronavirus de se montrer trop indulgente avec Pékin.

« Parce qu’ils ont échoué à faire les réformes nécessaires et requises, nous allons mettre fin aujourd’hui à notre relation avec l’Organisation mondiale de la Santé et rediriger ces fonds vers d’autres besoins de santé publique urgents et mondiaux qui le méritent », a déclaré M. Trump devant la presse.

Donald Trump, qui avait déjà suspendu temporairement le financement américain envers l’OMS, menaçait de couper définitivement les vivres à l’organisation. C’est chose faite.

Trump annonce la fin des relations entre les États-Unis et l’OMS

Trump annonce la fin des relations entre les États-Unis et l'OMS
 
Trump annonce la fin des relations entre les États-Unis et l’OMS

INTERNATIONAL – Il l’avait menacé, il l’a fait. Le président américain Donald Trump a annoncé ce vendredi 29 mai mettre fin à la relation entre son pays et l’OMS, qu’il accuse depuis le début de la pandémie de coronavirus de se montrer trop indulgente avec Pékin.

Le 19 mai, le président américain avait pourtant donné 30 jours à l’OMS pour se réformer, sous peine de mettre fin à ces relations. Il leur en aura donc donné beaucoup moins que cela.

“Parce qu’ils ont échoué à faire les réformes nécessaires et requises, nous allons mettre fin aujourd’hui à notre relation avec l’Organisation mondiale de la Santé et rediriger ces fonds vers d’autres besoins de santé publique urgents et mondiaux qui le méritent”, a déclaré Donald Trump devant la presse.

En avril, soulignant que les États-Unis contribuaient à hauteur de “400 à 500 millions de dollars par an” à l’organisation, contre environ 40 millions de dollars “et même moins” pour la Chine, Donald Trump avait estimé que son pays avait le devoir de réclamer des comptes avant de suspendre les versements américains. 

Il existe deux types de donations des pays à l’OMS: les contributions fixées et les contributions volontaires. Les contributions fixées constituent la majeure partie du budget. Elles sont versées par les pays qui veulent être membres de l’organisation et sont calculées “en fonction de la fortune et de la population du pays”, précise l’OMS sur son site. Les États-Unis font partie des plus gros contributeurs, juste avant la Chine. Et cette annonce va donc porter un coup sérieux aux finances de l’institution.

L’OMS multiplie ses sources de financement

Hasard? Le 27 mai, l’institution onusienne a d’ailleurs lancé une fondation destinée à accueillir des fonds privés et des citoyens du monde entier. Elle a cependant affirmé qu’il n’y avait pas de lien avec les décisions américaines.

Tedros Adhanom Ghebreyesus, secrétaire général de l’organisation, a expliqué que la nouvelle entité – baptisée “Fondation de l’OMS” – permettrait de lever davantage de fonds tout en apportant une plus grande marge de manoeuvre à l’organisation à l’heure de financer les programmes de santé.

“L’une des plus grandes menaces est le fait que moins de 20% de notre budget provient des contributions flexibles des États membres, tandis que plus de 80% sont des contributions volontaires, qui sont généralement affectées à des programmes spécifiques”, a expliqué le patron de l’organisation. Ainsi, certains programmes peuvent manquer de financements si les États ne souhaitent pas que l’OMS investisse dedans.

Avant même les annonces américaines, l’OMS avait accéléré les efforts pour attirer d’autres fonds pour répondre à la pandémie, en lançant à la mi-mars un fonds solidaire qui a attiré depuis près de 215 millions de dollars (196 millions d’euros).

À voir également sur Le HuffPost: Trump suspend les versements américains à l’OMS pour sa “mauvaise gestion” du coronavirus


Boursier.com

Coronavirus, Hong Kong, technologies sensibles… Face à la multiplication des sujets de tension entre les Etats-Unis et la Chine, Donald Trump a annoncé vendredi soir des mesures de rétorsion contre Pékin, sans aller jusqu’à remettre en cause le vaste accord commercial signé entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales en janvier dernier.

 

Les marchés financiers ont été soulagés d’apprendre que cet accord dit de « Phase 1 » reste d’actualité. Sa remise en cause aurait relancé la guerre commerciale entre Washington et Pékin, menaçant la reprise économique mondiale tant espérée après la pandémie de coronavirus. A Wall Street, l’indice Dow Jones a fini stable vendredi et a bondi de 3,7% sur la semaine, tandis que le Nasdaq a pris 1,29% (et +1,7% sur la semaine).

Hong Kong sera privé de son statut commercial préférentiel

Lors d’une conférence de presse depuis la Maison Blanche, Donald Trump a qualifié de « tragédie pour le peuple de Hong Kong, pour la Chine, et pour le monde entier » la reprise en main de Hong Kong par Pékin, qui a imposé jeudi une loi de sécurité nationale restreignant les libertés civiques dans ce territoire censé être autonome.

Donald Trump a annoncé qu’il allait entamer la procédure visant à priver Hong Kong de son statut économique spécial, en raison de la perte de son autonomie vis-à-vis de la Chine. « Je demande à mon administration de lancer le processus de fin des exemptions qui permettaient à Hong Kong d’avoir un traitement différent et spécial. Cela affectera la totalité des accords (avec Hong Kong), de notre traité d’extradition au contrôle des exportations des technologies à double usage et plus, avec peu d’exceptions », a précisé vendredi Donald Trump.

Ce statut préférentiel permet actuellement à Hong Kong d’être exempté des droits de douane imposés à la Chine continentale, mais aussi aux entreprises de Hong Kong d’avoir accès à des technologies sensibles américaines, dont les groupes de Chine continentale sont privés. Mercredi, le secrétaire d’Etat Mike Pompeo avait estimé que Hong Kong ne disposait plus de l’autonomie nécessaire pour bénéficier d’un traitement spécifique de la part des Etats-Unis en matière commerciale.

Etudiants et entreprises chinoises cotées à Wall Street dans le collimateur

Le président américain a aussi indiqué qu’il ferait restreindre l’accès au sol américain à « certains ressortissants chinois », notamment des étudiants. Il a aussi demandé à son administration d’enquêter sur les activités des sociétés chinoises cotées à Wall Street (elles sont environ 150). Cette déclaration intervient alors que le Congrès américain est en passe d’adopter un loi restreignant les possibilités de cotation et de levée de fonds des sociétés chinoises sur les marchés américains.

Le Sénat américain a voté le 20 mai un texte qui forcerait les entreprises chinoises à prouver qu’elles ne sont pas sous le contrôle de l’Etat et à respecter les règles comptables américaines, sous peine d’être retirées de la cote. Le texte doit encore être soumis à la chambre des représentants, dominée par les démocrates, mais qui devrait néanmoins l’approuver, selon des sources parlementaires. L’action du Congrès a été accélérée par un scandale comptable dévoilé en avril par Luckin Coffee, surnommé le Starbucks chinois ».

Relations rompues avec l’OMS

Par ailleurs, Donald Trump a annoncé que les Etats-Unis allaient rompre toute relation avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en accusant la Chine d’avoir pris « le contrôle total » de cette organisation onusienne. A la mi-avril, Washington avait déjà suspendu sa contribution financière à l’OMS en l’accusant d’être trop proche de la Chine et d’avoir encouragé la « désinformation » chinoise au sujet du coronavirus.

Le président américain a déploré que l’OMS n’ait pas procédé aux réformes qu’il avait demandées au début du mois. « Parce qu’ils ont échoué à faire les réformes nécessaires et requises, nous allons mettre fin aujourd’hui à notre relation avec l’Organisation mondiale de la Santé et rediriger ces fonds vers d’autres besoins de santé publique urgents et mondiaux qui le méritent », a-t-il déclaré devant la presse. Il a souligné que la Chine contribuait à l’OMS à hauteur de 40 millions de dollars par an, tandis que les Etats-Unis lui apportaient 450 M$ par an.

© Reuters

Donald Trump fait le choix de la guerre froide avec Pékin

Le président américain va lancer le processus de révocation des exemptions accordées à Hongkong. Il a également annoncé vendredi que les Etats-Unis mettaient fin à leur relation avec l’OMS.

 

Le président américain Donald Trump quitte sa conférence de presse après ses annonces sur la Chine, le 29 mai à la Maison Blanche.
Le président américain Donald Trump quitte sa conférence de presse après ses annonces sur la Chine, le 29 mai à la Maison Blanche. JONATHAN ERNST / REUTERS

Entre la Chine et les Etats-Unis, l’heure est désormais à la guerre froide. Donald Trump l’a acté, vendredi 29 mai, en multipliant les gestes de défiance vis-à-vis de Pékin. Le président des Etats-Unis va ainsi lancer le processus de révocation des exemptions accordées à Hongkong du fait de la remise en cause de son statut spécial par les autorités chinoises.

« Cette décision aura un impact sur l’ensemble des accords que nous avons avec Hongkong », a assuré Donald Trump, qui a qualifié de « tragédie pour le peuple de Hongkong, pour la Chine, et pour le monde entier » les atteintes contre l’autonomie concédée en 1997 par les autorités chinoises, lors de la rétrocession du territoire à la Chine par la couronne britannique. Cette autonomie devait s’étendre pendant un demi-siècle. Pékin « n’a pas tenu sa parole », a assuré le président après le feu vert donné à une loi de sécurité nationale par le parlement chinois. « La Chine a remplacé sa formule promise d’un pays, deux systèmes, par un pays, un système », a-t-il ajouté.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Pourquoi la Chine veut imposer sa loi sur la sécurité à Hongkong

Liens coupés avec l’OMS

Victime collatérale de ces tensions sans précédent entre les deux pays, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’a pu que mesurer l’ampleur des dégâts vendredi. Donald Trump a en effet mis à exécution ses menaces de couper les liens avec l’agence onusienne du fait de liens jugés trop étroits avec Pékin. « Nous avions détaillé les réformes qu’ils devaient faire et nous nous sommes adressés directement à eux, mais ils ont refusé d’agir », s’est justifié le président, qui avait adressé un ultimatum à l’organisation. Il a assuré que les sommes versées auparavant par le pays, qui est premier contributeur de l’OMS, seraient réaffectées à d’autres organisations, sans préciser lesquelles.

G7 à Washington: Merkel dit non à Trump

 

 

La chancelière allemande Angela Merkel (d)et le président américain Donald Trump, lors d’un sommet de l’Otan à Watford, le 4 décembre 2019 au Royaume-Uni

 

Washington (AFP) – La chancelière allemande Angela Merkel refuse de se rendre en personne à un sommet du G7 aux Etats-Unis en juin, comme l’a proposé le président américain Donald Trump, en raison de la pandémie de coronavirus, a confirmé samedi à l’AFP un porte-parole du gouvernement allemand.

« A ce jour, compte tenu de la situation générale de la pandémie, elle ne peut accepter une participation en personne, un voyage à Washington », a déclaré un porte-parole du gouvernement allemand à Berlin, confirmant des informations du média américain en ligne Politico.

« La chancelière fédérale remercie le président Trump pour son invitation au sommet du G7 », a-t-il ajouté.

Mme Merkel, une scientifique de formation, est la première dirigeante du G7 (Japon, Canada, Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie) à décliner formellement cette invitation.

L’âge de Mme Merkel, 65 ans, qui est également celui du Premier ministre japonais Shinzo Abe, l’expose à un risque plus élevé que la moyenne par rapport à l’épidémie de Covid-19. Les Etats-Unis en sont la première victime au monde (plus de 100.000 morts et 1,7 million de cas de contamination).

La Maison Blanche avait dans un premier temps annoncé mi-mars qu’elle renonçait, en raison de l’épidémie, à réunir en personne les chefs d’Etat et de gouvernement du G7 et préférait s’en tenir à un format par visioconférence.

Mais la semaine dernière, Donald Trump a annoncé un sommet qui aurait lieu en juin « essentiellement à la Maison Blanche », même si certaines rencontres pourraient être organisées dans la résidence présidentielle de Camp David, dans l’Etat voisin du Maryland.

Le républicain, qui a l’oeil fixé sur la présidentielle du 3 novembre, souhaite faire d’un sommet du G7 avec des dirigeants en chair et en os le symbole de la normalisation qu’il appelle de ses voeux, par opposition à un blocage de l’activité qui risque de lui coûte cher sur le plan électoral.

Vendredi, la Maison Blanche a affirmé que le président américain et le Premier ministre britannique Boris Johnson, lui-même rescapé du coronavirus, s’étaient parlé et avaient « convenu de l’importance de réunir un G7 avec la présence des dirigeants en personne dans un avenir proche ».

Les premières réactions des dirigeants du G7 à la proposition de M. Trump avaient été prudentes. Le président français Emmanuel Macron ou celui du Conseil européen, Charles Michel, ont dit être disposés à participer « si les conditions sanitaires le permettent ».

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a souligné pour sa part l’importance d’étudier « les recommandations des experts ».

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Commentaires

battler                       Trump fermer Twitter??? Et alors comment fera-t-il pour gouverner??? Et nous on nous prive du Muppet show!!! Il a fait de ces bourdes!! Celle qui était excellente c’était sur le prince Charles, prince des baleines (prince of whales au lieu de prince of walles) je pense qu’il doit taper avec des gants de boxe!!!S’il ne passe plus ses matinées à se lâcher sur Twitter ça lui laissera plus de temps pour jouer au golf.

Bgl                            Moi je n’aime pas trump,mais pour une fois il aurait mon soutien 

jiaimbee                     Franchement, qui se plaindrait de la fermeture de ces réseaux sociaux à part le même qui s’en prend à eux ? Twitter ou Facebook n’ont rien changé de ma vie étant donné que je n’y ai jamais mis les pieds.
Ce qui m’ennuie plus c’est que toute parole est bonne à prendre et que la pire rumeur y est mise au même niveau qu’une information avérée. Et M. Trump y boit à grandes gorgées toutes les fausses informations qui lui passent sous le nez.

pat 79                 ce type me fait penser a un ballon de baudruche, en couleurs a l’extérieur et du vent a l’intérieur!

Dab                     Trump parle pour ne rien dire comme à son habitude.
Il n’a évidement pas le pouvoir de fermer les réseaux sociaux, pas plus qu’il n’avait le pouvoir de réduire la Corée du Nord en poussière ou de frapper 52 site Iraniens ou encore les menaces contre les voitures allemandes ou le vin français etc…Du bidon, c’est avec du bidon et du vent que Trump gouverne.
Twitter devrait le bannir de son site.

LVDBS12            Il n’a évidement pas le pouvoir de fermer les réseaux sociaux Mais savez-vous que quand on veut on peut et si on peut pas on s’en donne les moyens ? 

jiaimbee              IL a cependant des outils puissants à sa disposition à commencer par la NSA. Ce serait une erreur de penser qu’il n’ait pas les moyens de faire fermer ces réseaux… du moins leur faire beaucoup de mal ! IL a déjà réussi à changer la donne au niveau des relations internationales, peu de chefs d’état peuvent aujourd’hui négliger ce que pense et fait le chef de ce pays même s’il est souvent compliqué de comprendre ses véritables objectifs.

moim                   demandez aux viticulteurs si l’augmentation des droits de douane de 25% est bidon mieux vaut se renseigner avant d’écrire n’importe quoi

John Dabroswki      Les viticulteurs s’en sont remis , je ne pleurerais pour eux.

LVDBS12                   Qu’il fasse fermer ces boites qui n’auraient jamais du exister !

John Dabroswki         Ça ne manque pas de sel, Trump qui passe sa vie sur le réseau Twitter qui s’en prend à ce même réseau.Il s’en prend à la Chine en disant que ce n’est pas une démocratie et fait comme Xi Jinping en menaçant de supprimer les réseaux sociaux.Décidément ce type est vraiment cinglé.

JoeLeNarboulet             Quand Agnes Buzin et Olivier Véran tweet en janvier « LA FRANCE EST PRÊTE » c’est pas une fake news ! Hahahahahahahaha

Reklawyks67            Ils ont menacé de faire interdire Twitter ou Fessebook ?

 

Balkany…bal fini!

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Procès des Balkany : vous avez oublié les récentes étapes ? Notre résumé

Gaétan Supertino Patrick et Isabelle Balkany ont été condamnés en appel à cinq et quatre ans de prison ferme pour blanchiment aggravé de fraude fiscale, mercredi. Un épisode qui s'ajoute à une déjà longue série d'étapes judiciaires depuis un an pour le couple Balkany. Voici un petit rappel. © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP Patrick et Isabelle Balkany ont été condamnés en appel à cinq et quatre ans de prison ferme pour blanchiment aggravé de fraude fiscale, mercredi. Un épisode qui s’ajoute à une déjà longue série d’étapes judiciaires depuis un an pour le couple Balkany. Voici un petit rappel.

Les époux Balkany ont connu un parcours judiciaire pour le moins rempli cette année. Et il vient de franchir une nouvelle étape capitale. Patrick et Isabelle Balkany ont été condamnés mercredi en appel respectivement à cinq et quatre ans de prison ferme, sans incarcération immédiate, pour blanchiment aggravé de fraude fiscale. La cour d’appel de Paris a alourdi la peine de Patrick Balkany, condamné en outre pour « prise illégale d’intérêts », jugeant qu’il avait bénéficié d’avantages en nature dans le cadre d’un gros contrat immobilier de la ville. Le couple se voit aussi infliger dix ans d’inéligibilité et chacun des époux une amende de 100.000 euros. Un épisode qui s’ajoute à une longue série. Petit rappel chronologique depuis leurs premières condamnations en 2019.

>> LIRE AUSSI – La lettre de Patrick Balkany pour le dernier conseil municipal de Levallois : « Je vous aimerai toujours »

Le 13 septembre 2019, Patrick Balkany condamné à quatre ans pour fraude fiscale

Le tribunal correctionnel de Paris condamne Patrick Balkany, maire LR de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), à quatre ans de prison ferme pour fraude fiscale avec incarcération immédiate, le 13 septembre 2019. Isabelle Balkany, son épouse et première adjointe, est condamnée à trois ans de prison, sans mandat de dépôt. Après une tentative de suicide début mai, elle n’avait pas assisté au procès au printemps. Les deux élus se voient également infliger dix ans d’inéligibilité. Le baron des Hauts-de-Seine est incarcéré à la Santé à Paris et son épouse prend les commandes de la ville.

Le 18 octobre : cinq ans pour blanchiment pour Patrick Balkany, quatre pour Isabelle Balkany 

Dans le second volet du procès, Patrick Balkany est condamné le 18 octobre à cinq ans de prison pour blanchiment aggravé de fraude fiscale, assortis d’un nouveau mandat de dépôt. Il est relaxé des délits de corruption et prise illégale d’intérêt. Son épouse est condamnée à quatre ans d’emprisonnement, sans incarcération immédiate. Tous deux sont de nouveau condamnés à dix ans d’inéligibilité.

Le 28, première demande de remise en liberté 

Le 28 octobre, Patrick Balkany voit sa première demande de mise en liberté, liée à sa condamnation pour fraude fiscale, acceptée par la justice, sous réserve du paiement d’une caution de 500.000 euros. Il reste en prison dans l’attente de l’examen d’un second recours, lié à sa condamnation pour blanchiment, qui est rejeté le 13 novembre par la cour d’appel de Paris.

Décembre 2019 : municipales et procès en appel

Le 3 décembre, Patrick Balkany se déclare, par la voix de son épouse, candidat aux municipales de mars 2020. Le 9, la cour d’appel de Paris rejette une nouvelle demande de mise en liberté.

Le 18 décembre, l’accusation requiert en appel quatre ans de prison avec incarcération immédiate pour fraude fiscale à l’encontre de Patrick Balkany, qui n’a assisté qu’au premier jour de son procès car il est hospitalisé depuis le 12 décembre. Pour son épouse, quatre ans de prison dont deux avec sursis sont requis. Le parquet général demande aussi dix ans d’inéligibilité pour les deux prévenus.

Le couple renonce le même jour à se présenter pour un sixième mandat à la mairie de Levallois-Perret. 

Février, la remise en liberté 

Le 27 janvier, Patrick Balkany essuie un nouveau rejet de sa demande de mise en liberté. Le 11 février en appel, l’accusation requiert cinq ans de prison, dont un an avec sursis, et dix ans d’inéligibilité à son encontre dans le second volet (pour blanchiment de fraude fiscale et prise illégale d’intérêts). Concernant Isabelle Balkany, le parquet général demande quatre ans de prison, dont deux avec sursis et également dix ans d’inéligibilité. La cour d’appel rendra sa décision le 22 avril.

Mais le 12 février, la cour d’appel de Paris autorise la mise en liberté de Patrick Balkany, constatant que son état de santé est « difficilement compatible avec la détention ». Elle lui impose un contrôle judiciaire léger, sans caution.

Le 4 mars, condamnation à trois ans ferme en appel pour fraude fiscale

Le 4 mars, la cour d’appel de Paris condamne Patrick Balkany à quatre ans de prison dont un an avec sursis pour fraude fiscale, mais ne le renvoie pas derrière les barreaux en raison de sa santé. Son épouse est condamnée à trois ans ferme.

La justice leur inflige également dix ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. Les époux renoncent à se pourvoir en cassation. Deux jours plus tard, ils sont démis de leur mandat à Levallois-Perret.

Le 27 mai, peine pour blanchiment alourdie en appel

Le 27 mai, Patrick et Isabelle Balkany sont condamnés en appel respectivement à cinq et quatre ans de prison ferme, sans incarcération immédiate, pour blanchiment aggravé de fraude fiscale. La cour d’appel de Paris alourdit la peine de l’ancien maire, condamné en outre pour « prise illégale d’intérêt », jugeant qu’il avait bénéficié d’avantages en nature dans le cadre d’un gros contrat immobilier de la ville. Le couple se voit aussi infliger dix ans d’inéligibilité et chacun des époux une amende de 100.000 euros

Cinq ans de prison pour Patrick Balkany : une peine « excessive », estime son avocat

Cinq ans de prison pour Patrick Balkany : une peine « excessive », estime son avocat

L’avocat de Patrick Balkany considère la peine prononcée mercredi 27 mai au matin « comme excessive », a déclaré Maître Romain Dieudonné sur franceinfo. L’ex-maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany, est condamné par la Cour d’appel de Paris à cinq ans de prison pour blanchiment de fraude fiscale et prise illégale d’intérêts. Un éventuel pourvoi en cassation n’a pas encore été décidé.

Deux procès disctincts, un « traitement excessif » selon son avocat

Maître Romain Dieudonné considère la décision « excessive par rapport au dossier d’une part, ensuite par rapport à la jurisprudence habituelle, explique-t-il. Il faut rappeler que ce dossier, finalement, est l’écho du premier dossier de fraude fiscale qui a été étudié au mois de février. Et le délibéré qui a été rendu aujourd’hui concernait le blanchiment d’une fraude fiscale, c’est-à-dire finalement l’utilisation des fonds qui n’ont pas été déclarés à l’impôt. Habituellement, ces deux sujets sont traités en une seule et même procédure, là pour des raisons techniques, nous avons eu deux procès distincts. En tout état de cause ce traitement est excessif »,estime l’avocat.

Les époux Balkany condamnés en appel à 4 et 5 ans de prison

Les époux Balkany condamnés en appel à 4 et 5 ans de prison

PARIS (Reuters) – La cour d’appel de Paris a condamné mercredi Patrick et Isabelle Balkany, anciens édiles de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), à respectivement cinq et quatre ans de prison ferme pour blanchiment aggravé de fraude fiscale mais sans incarcération immédiate.

Le couple, qui conteste l’accusation de blanchiment et les montants avancés, est également condamné à dix ans d’inéligibilité et à verser une amende de 100.000 euros chacun.

« La justice a rendu une décision et je parle en sa globalité – première instance et appel – très dure, que nous considérons disproportionnée », a déclaré l’avocat d’Isabelle Balkany, Pierre-Olivier Sur, à la presse.

« Cette disproportion appelle à se poser la question de savoir si c’est parce que c’est eux – je laisse la question ouverte », a-t-il poursuivi, à se poser la question d' »une justice d’un nouveau monde qui juge une politique d’un ancien monde et qui a voulu à travers les Balkany faire un exemple et tuer. Tuer une carrière politique, tuer financièrement ».

Les Balkany, amis de l’ancien président Nicolas Sarkozy, sont accusés d’avoir constitué un important patrimoine immobilier, non déclaré, notamment aux Antilles et au Maroc, grâce au produit de cette fraude et un réseau de sociétés écran et de comptes bancaires à l’étranger.

En première instance, le 18 octobre dernier, Patrick Balkany avait été condamné à cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt et à 10 ans d’inéligibilité, son épouse, à quatre ans de prison ferme sans mandat de dépôt et 10 ans d’inéligibilité.

Patrick et Isabelle Balkany condamnés en appel à 5 ans et 4 ans de prison pour blanchiment de fraude fiscale

 FRANCE 24

L’ancien maire de Levallois-Perret, Patrick Balkany, et son épouse, Isabelle, ont été condamnés en appel, mercredi 27 mai, à respectivement cinq et quatre ans de prison ferme, sans incarcération immédiate, pour blanchiment aggravé de fraude fiscale. Le couple se voit aussi infliger dix ans d’inéligibilité.

Patrick et Isabelle Balkany, anciennes figures de la droite française et édiles de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), ont été condamnés mercredi en appel respectivement à cinq et quatre ans de prison ferme, sans incarcération immédiate, pour blanchiment aggravé de fraude fiscale.Patrick Balkany (au centre) et l'avocat de son épouse, Pierre-Olivier Sur (à droite), arrivant le 27 mai 2020 à la Cour d'appel de Paris.© Thomas Samson, AFP Patrick Balkany (au centre) et l’avocat de son épouse, Pierre-Olivier Sur (à droite), arrivant le 27 mai 2020 à la Cour d’appel de Paris.

La cour d’appel de Paris a alourdi la peine de l’ancien maire, condamné en outre pour « prise illégale d’intérêt », jugeant qu’il avait bénéficié d’avantages en nature dans le cadre d’un gros contrat immobilier de la ville. Le couple se voit aussi infliger dix ans d’inéligibilité et chacun des époux à une amende de 100 000 euros.

Patrick Balkany, 71 ans, avait été libéré à la mi-février pour raisons de santé après cinq mois en détention. Il était présent à l’audience ce mercredi, mais pas son épouse, affaiblie, selon son avocat, Pierre-Olivier Sur.

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Pédantisme médical et hospitalière anxiété

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« Ségur de la Santé » : les 5 points qui pourraient changer l’hôpital français

Arnaud Gonzague

C’est un moment plus qu’attendu, peut-être l’une des étapes importantes du quinquennat d’Emmanuel Macron, qui s’ouvre ce lundi 25 mai. Le « Ségur de la Santé » (nommé ainsi parce que trop de Grenelle tue les Grenelle, et que le ministère de la Santé est situé au 8, avenue de Ségur) entend mettre à la table d’Olivier Véran les professions de santé, principalement hospitalières.

Après deux mois où les soignants français, jusque là en butte à l’austérité budgétaire, à l’administration asphyxiante et à l’indifférence de l’exécutif, ont fait figure de super-héros, l’heure de vérité est venue. Mais le ministère Véran sera-t-il capable d’inverser le naufrage de la fonction publique hospitalière, entamé depuis deux décennies ? On le saura à la mi-juillet, date à laquelle cette grande concertation devrait prendre fin. © Copyright 2020, L’Obs

Voilà, en tout cas, les chantiers ouverts aux discussions.

1. Revalorisation des salaires et des carrières

Les applaudissements à 20 heures, c’est bien… Mais l’estime que l’exécutif affirme porter aux professions de santé doit passer par du sonnant et trébuchant, proclament les syndicats. Le ministre de la Santé Olivier Véran a promis que les salaires des infirmiers rejoindraient « au moins la moyenne européenne ». Message reçu cinq sur cinq par le Syndicat national des professions infirmières (SNPI), affilié à la CFE-CGC, qui a sorti sa calculette. « Nous réclamons 300 euros mensuels pour les 200 000 infirmiers hospitaliers de notre pays, quel que soit leur grade, quelle que soit leur ancienneté », annonce Thierry Amouroux, son porte-parole.


Les médecins ne sont pas en reste : « Il nous paraîtrait normal d’augmenter de 20 à 30 % les salaires des médecins à l’hôpital, soit en modifiant le point d’indice, soit en ajoutant un échelon », expose Norbert Skurnik, président de la Coordination Médicale Hospitalière (CMH), qui regroupe les principaux syndicats des médecins hospitaliers.La demande paraît importante (elle représente 720 millions d’euros par an), mais elle n’est pas excessive au regard du fossé entre les salaires du personnel soignant français et ceux de leurs collègues des autres pays industrialisés. Selon l’OCDE, les infirmiers français d’échelon supérieur touchent ainsi 39 000 euros annuels, loin derrière les Etats-Unis, l’Allemagne ou la Suisse, loin même de la moyenne de l’OCDE (45 000 euros).

Cette revalorisation pourrait permettre à l’hôpital public de limiter l’hémorragie de personnel vers le privé ou vers d’autres secteurs (même si les chiffres officiels n’existent pas en la matière) et, surtout, de développer son attractivité. L’année dernière, selon la Fédération hospitalière de France, près de 30 % des postes de médecins à l’hôpital n’ont pas été pourvus !

2. Assouplissement des 35 heures

On sait combien la réforme des 35 heures a été facteur de chaos pour l’hôpital français. Dans une interview au « JDD », Olivier Véran dit vouloir « créer un cadre beaucoup plus souple pour permettre à ceux qui le souhaitent » de multiplier les heures supplémentaires, aujourd’hui strictement plafonnées. Le ministre a beau promettre qu’« il ne s’agit pas d’obliger les gens à travailler davantage », les syndicats se montrent méfiants : « Nous ne souhaitons pas de cet assouplissement, tranche Thierry Amouroux. Quand vous travaillez trop, vous travaillez moins bien. Il faut surtout créer plus de postes pour que chacun puisse poser tous les jours de repos auquel il a droit, ce que bien souvent, il ne fait pas. » Le SNPI réclame 10 % de personnel en plus, c’est-à-dire la création de 20 000 postes.

3. Rééquilibrage des pouvoirs en faveur des soignants

A l’hôpital, le mot de « gouvernance » en cache un autre, beaucoup plus cash : « répartition des pouvoirs ». Depuis au moins deux décennies, ce pouvoir a lentement échappé aux médecins hospitaliers pour atterrir entre les mains d’une administration jugée rigide et coupée des réalités de terrain.

Les « exploits » du corps médical durant la crise du Covid, couplés aux reproches adressés à certaines Agences régionales de santé (ARS, ces bras armés de l’administration qui ont montré une approche technocratique plutôt malvenue), pourraient renverser la vapeur.


Thierry Amouroux, du SNPI, réclame, lui, carrément « l’abolition immédiate des ARS ». Et préconise que les questions sanitaires au niveau régional soient désormais confiées à « un adjoint élu du président du conseil régional, en charge de la santé ». Un politique plutôt qu’un administratif, en somme. Il pourrait moduler ses décisions selon les réalités de terrain, plutôt que d’« obéir comme des super préfets aux ordres de l’Etat », dixit Norbert Skurnik.« Il est absolument impératif qu’à l’hôpital, les médecins soient de nouveau à la barre, résume Norbert Skurnik. Nous ne demandons pas qu’ils soient nommés directeurs et, bien sûr, l’administration doit continuer à exercer un rôle de contrôle. Mais il faut que le pouvoir revienne aux élus de la Commission médicale d’établissement », l’assemblée qui représente les médecins. Pour lui, « il faut que les médecins président toutes les structures de décision, sauf le conseil de surveillance. L’administration ne doit plus disposer du pouvoir de nomination, ni de véto. »

4. Réforme des investissements de l’Etat

Le ministère Véran entend mettre en œuvre la « révision de la doctrine capacitaire ». En clair, revenir sur la politique de fermetures des lits, qui a été le leitmotiv de tous les gouvernements depuis le début des années 2000. Selon la Drees, ce sont ainsi près de 17 500 lits de nuit qui ont été fermés entre 2013 et 2019, dont 80 % à l’hôpital public. « Nous demandons simplement que les capacités d’accueil à l’hôpital soient dignes d’une sixième puissance mondiale », résume Thierry Amouroux, du SNPI. Lui réclame donc la réouverture de 20 000 lits, ce qui porterait le total à 420 000 lits sur le territoire national.


5. Fin de la tarification à l’activité
Mais ces réouvertures dépendent des nouvaux moyens qui seront consacrés à l’hôpital. Olivier Véran promet des « investissements au service de la réponse aux besoins de la population, sur une base territoriale », plutôt qu’une distribution standardisée de fonds. Pour Thierry Amouroux, c’est une bonne idée, mais qui ne doit pas cacher l’essentiel : « L’enveloppe budgétaire allouée chaque année par le gouvernement [dans la loi de financement de la Sécurité sociale] n’est pas assez importante pour les besoins des hôpitaux. En 2020, l’objectif de progression des dépenses d’assurance-maladie était ainsi fixé à +2,3 % par rapport à l’année précédente, alors que les besoins étaient, eux, du double. »

Pour le personnel soignant, la tarification à l’activité (ou T2A) est le symbole de tout ce qui dysfonctionne à l’hôpital. Lancée en 2004 par le ministre Philippe Douste-Blazy, elle repose sur un principe : ce sont les recettes des actes réalisés à l’hôpital qui déterminent les dotations versées par l’Etat et non le contraire. Or certains rapportent et d’autres pas. Ce qui a pu encourager les hôpitaux, publics ou privés, à multiplier certains actes techniques (par exemple les scanners et les IRM) au détriment du rôle d’« accompagnement » exercé par le personnel soignant. Et cette approche a été perçue comme inadaptée aux besoins réels rencontrés à l’hôpital.

A la place de la T2A, Olivier Véran promet donc une « tarification par population ». Ce qui suppose donc de conserver une tarification à l’acte dans certains cas (les opérations chirurgicales programmées, par exemple), mais pas dans d’autres. « Il n’existe pas d’outil magique, reconnaît Thierry Amouroux, du SNPI. Mais le bon sens enjoint d’exclure du champ de la T2A les maladies chroniques », comme le diabète, les cancers, les maladies cardio-vasculaires ou psychiatriques. Ces pathologies, qui touchent environ 15 millions de Français (et ne cessent d’augmenter, en partie à cause du vieillissement de la population), nécessitent des soins réguliers sur des années et un suivi qui ne « cadrent » pas avec le fonctionnement de la T2A. Elles creusent en outre le déficit de l’assurance-maladie.

Le gouvernement se penche sur la situation des personnels soignants : « Je pense que je suis largement sous-payée », témoigne une infirmière

En France, les 300 000 infirmiers et infirmières de l’hôpital public ont un diplôme reconnu Bac+3 et pourtant dans le classement de l’OCDE, ces professionnels de santé sont au 28e rang des rémunérations, sur 32 pays.

Une infirmière en milieu hospitalier en 2002. Photo d\'illustration.
Une infirmière en milieu hospitalier en 2002. Photo d’illustration. (MAXPPP)

avatarSolenne Le Hen franceinfoRadio France

Le « Ségur de la Santé », du nom de l’avenue de Ségur à Paris où se trouve le ministère de la Santé débute lundi 25 mai. Cette concertation entre le gouvernement et tous les acteurs du secteur de la santé, syndicat et collectifs en tête, doit permettre d’élaborer un « plan Hôpital », promis par Emmanuel Macron au plus fort de l’épidémie de Covid-19. Un plan qui doit être annoncé d’ici deux mois, selon le gouvernement.

>> Suivez notre direct sur le coronavirus et ses conséquences.

Parmi les sujets qui seront évoqués lors des discussions figure la hausse du salaire des infirmier(e)s qui fait consensus pour pouvoir notamment résoudre la crise des vocations et la difficulté actuelle de recruter. En France, les 300 000 infirmiers et infirmières de l’hôpital public ont un diplôme reconnu Bac+3 et pourtant dans le classement de l’OCDE, ces professionnels de santé sont au 28e rang des rémunérations, sur 32 pays.

Moins de 2 000 euros par mois après 17 ans de carrière

À 40 ans, Alexandra a déjà derrière elle 17 ans de carrière d’infirmière. Elle a navigué entre le privé et le public et travaille aujourd’hui dans le public, échelon 5, pour un salaire mensuel de 1 900 euros net. « Au bout de 17 ans, c’est relativement dégradant. Je pense que c’est très sous-estimé, surtout que c’est un travail assez conséquent avec de grosses responsabilités« , explique l’infirmière, qui estime être « largement sous-payée »

Alexandra travaille en journée et en semaine, elle ne bénéficie donc pas de prime de nuit ou de week-end pour augmenter son revenu. Et les comptes sont vite faits. « On peut déjà enlever 600 euros de nounou sur le salaire », explique-t-elle. À cela s’ajoutent les impôts, l’essence, « un gros budget » pour Alexandra. « Et si on enlève les courses, le téléphone, les assurances de la maison et de la voiture, au final il ne reste plus grand chose », poursuit l’infirmière. Heureusement, dit-elle, il y a le salaire de son mari.

Une revalorisation de salaire « ne serait pas volée » 

Alexandra a pourtant obtenu ces dernières années deux diplômes universitaires de spécialisations mais ça n’a pas eu pour conséquence d’augmenter sa rémunération. Elle n’a même pas essayé de savoir combien elle pourrait toucher en fin de carrière. « Dès que mes enfants seront un petit peu plus autonomes, auront un peu moins besoin de moi et que j’aurai un peu plus de facilité pour les faire garder je quitterai le public c’est sûr, parce que la rémunération est très insuffisante », explique-t-elle.
 
Un travail difficile qu’elle prend très à cœur. Au plus fort de l’épidémie de Covid-19, Alexandra s’est beaucoup impliquée. Elle travaille dans un hôpital psychiatrique, à l’unité d’hygiène, le service qui gère toutes les mesures de protection contre la contamination.

C’était très compliqué cette période, avec beaucoup d’heures, c’était extrêmement éprouvant.Alexandra, infirmière dans le publicà franceinfo

Alors, si à l’issue de ce « Ségur de la Santé » son salaire augmente, « ce serait une bonne nouvelle, mais en même temps ce serait une juste nouvelle », estime Alexandra. « Ce serait juste une revalorisation qui ne serait pas volée et qui arriverait juste à une normalité en fait », dit-elle. Mais elle ajoute que cette hausse probable de salaire, elle n’y croit pas trop.

Un « manifeste des soignants » et une lettre à Macron à la veille du « Ségur de la santé »

C.Bo. avec AFP

Lundi s’ouvre le « Ségur de la santé », une concertation de sept semaines visant à améliorer la prise en charge des malades et les conditions de travail des soignants.Une infirmière à l'hôpital Lariboisière à Paris, le 27 avril 2020 © Joël Saget / AFP Une infirmière à l’hôpital Lariboisière à Paris, le 27 avril 2020

Revalorisation des carrières pour les soignants, égal accès aux soins pour tous, rattrapage pour la psychiatrie, réforme de l’assurance maladie, refonte des études de médecine… sont au programme d’un « manifeste des soignants » proposé ce dimanche, à la veille de l’ouverture des concertations du « Ségur de la santé ».

Cet ensemble de propositions extrêmement détaillées, concernant l’ensemble des champs de la santé publique, est publié sur le site du quotidien Libération.

Il est signé par des personnalités en première ligne dans la défense de l’hôpital public, dont des membres du Comité inter-hôpitaux (Antoine Pélissolo, François Salachas, André Grimaldi) ou inter-urgences (Hugo Huon), la sociologue Dominique Méda ou encore l’ancien directeur de Santé publique France, François Bourdillon.

« Un cataclysme »

Il s’accompagne d’une lettre ouverte à Emmanuel Macron, rappelant l’inquiétude exprimée depuis des mois voire des années « quant à l’évolution extrêmement préoccupante du système de santé… sans réponse à la hauteur des problèmes soulevés ». 

« Et ce que nous craignions tous est advenu: un cataclysme. L’épidémie de Covid s’est abattue sur la nation, plaçant l’hôpital public fragile, démuni, désossé, en première ligne », poursuivent-ils.

« Il faut tenir, mais les combattants épuisés vont déserter si le ‘plan massif’ que vous avez annoncé, Monsieur le Président, n’est pas à la hauteur des enjeux », concluent les signataires, alors que s’ouvre lundi le « Ségur de la santé », une concertation de sept semaines visant à améliorer la prise en charge des malades et les conditions de travail des soignants.

Des leçons de l’épidémie de Covid-19

Cette lettre s’accompagne d’une série de propositions, la première visant à « définir dans la loi » cinq services publics de santé: « assurance maladie, soins et prévention, sécurité sanitaire et santé publique, enseignement et formation continue, recherche ».

Le texte propose aussi de « financer de façon inaliénable la Sécurité sociale », qui prendrait en charge à 100% « un panier large de prévention, de soins et de services », prônant un accès universel aux soins en mettant fin aux inégalités sociales et territoriales.

A l’hôpital, il demande un plan de rattrapage pour la psychiatrie, davantage de lits d’aval des urgences, des quotas de personnel, la limitation de la tarification à l’acte ou encore la participation des usagers à la gouvernance.

Autres propositions: une revalorisation des carrières des professions de santé et de la recherche, une transformation des études de médecine qui incluraient les sciences humaines, ou encore « une politique publique industrielle de santé et du médicament pour produire à prix coûtants, au niveau de la France et des pays européens », les médicaments et équipements indispensables.

Tirant les leçons de l’épidémie de Covid-19, le texte propose aussi de « s’assurer de stocks de sécurité pour au moins six mois et imposer un rapport et un vote annuel du Parlement sur l’état des stocks stratégiques ».

Coronavirus: un « Ségur de la Santé » pour panser l’hôpital et les soignants

P.S. avec AFP

Le « Ségur de la santé » réunira ce lundi responsables syndicaux et collectifs de soignants dans une visioconférence qui débutera par un message du Premier ministre Edouard Philippe. Cette concertation vise à améliorer les conditions de travail des soignants, leurs rémunérations et la prise en charge des malades.Hausse des salaires, temps de travail, gouvernance des hôpitaux... tout sera passé à la moulinette de cette concertation. © Loic Venance – AFP Hausse des salaires, temps de travail, gouvernance des hôpitaux… tout sera passé à la moulinette de cette concertation.

Les professionnels de la santé ont les yeux rivés lundi sur le lancement du « Ségur de la Santé », vaste concertation destinée à améliorer ses conditions de travail, ses rémunérations et la prise en charge des malades.

Cette grande concertation, du nom de l’avenue où se trouve le ministère de la Santé, lancée par le ministre Olivier Véran, doit aboutir « mi-juillet ». Elle répond à la promesse d’Emmanuel Macron qui avait évoqué fin mars « un plan massif d’investissement et de revalorisation » pour l’hôpital. Hausse des salaires, temps de travail, gouvernance des hôpitaux… tout sera passé à la moulinette de cette concertation.

Responsables syndicaux et collectifs de soignants seront réunis en visioconférence, qui débutera à 15H30 par un message du Premier ministre Edouard Philippe et comptera plus de 300 participants, représentants aussi des Ehpad, des établissements médico-sociaux et de la médecine de ville.

« Le vrai hommage aux soignants, ce serait de ne pas se moquer d’eux avec des promesses non tenues », a prévenu ce week-end le président de la Fédération hospitalière de France (FHF), Frédéric Valletoux dans le Journal du Dimanche.

« Combattants épuisés »

« Monsieur le président, montrez-nous qu’on peut compter sur vous », exhorte pour sa part un collectif de soignants et de paramédicaux, dont les collectifs Inter-Urgences et Inter-Hôpitaux, dans un courrier à Emmanuel Macron, publié par Libération.  

« Il faut tenir, mais les combattants épuisés vont déserter si le ‘plan massif’ que vous avez annoncé, monsieur le Président, n’est pas à la hauteur des enjeux », préviennent-ils, avant de détailler leurs propositions pour un « véritable service public » de santé. En début de carrière, les rémunérations des infirmiers français, 1500 euros, sont parmi les plus faibles des pays de l’OCDE. 

Martin Hirsch, président l’AP-HP (Assistance publique – Hôpitaux de Paris), estime la remise à niveau pour les paramédicaux « de l’ordre de 15 à 20% », dans un entretien aux Echos, plaidant pour une approche « différenciée » selon les besoins et les spécialités. 

Autre question-clé qui agitera cette concertation pilotée par l’ex-dirigeante de la CFDT Nicole Notat: l’organisation du temps de travail, source de tensions récurrentes dans les hôpitaux. La réforme « passera par une remise en question de certains carcans qui empêchent ceux qui le souhaitent de travailler davantage », a prévenu Olivier Véran.

«Ségur de la santé»: début des consultations en France pour réformer l’hôpital

RFI Novembre 2019 à Paris: des milliers de médecins, aides-soignants, infirmiers, doyens et étudiants manifestaient pour réclamer davantage de moyens et d'effectifs. © REUTERS/Johanna Geron Novembre 2019 à Paris: des milliers de médecins, aides-soignants, infirmiers, doyens et étudiants manifestaient pour réclamer davantage de moyens et d’effectifs.

En France, débutent ce lundi 25 mai des consultations au ministère de la Santé pour réformer en profondeur l’hôpital, investir et revaloriser les salaires. Une initiative baptisée « Ségur de la santé », en référence à l’avenue où se situe le ministère. Une manière aussi de signifier l’ambition nouvelle des autorités sur le sujet.

Le « Ségur de la santé » est certainement la première pierre dans la construction du monde d’après auquel Emmanuel Macron réfléchit depuis le début de l’épidémie de Covid-19. Un monde qui aura tiré les enseignements de la crise sanitaire, des failles, des dysfonctionnements et des injustices. Car les personnels soignants, notamment à l’hôpital, attendent du président qu’il marque dans les actes la prise de conscience qu’il a semblé avoir lors de sa dernière visite à la Pitié-Salpêtrière.

Les concertations avec les partenaires sociaux qui débutent ce lundi doivent déboucher sur un plan cet été. Les attentes sont fortes ; l’hôpital est à bout de souffle depuis de nombreuses années, et la contestation a pris de la vigueur depuis un an. Manifestation après manifestation, mois après mois, des milliers de personnels de l’hôpital public ont dit leur colère, c’était avant l’épidémie. Celle-ci ne l’a pas éteinte, bien au contraire. Elle était juste mise entre parenthèses, le temps de la lutte auprès des malades du coronavirus. Les doléances sont donc toujours là, anciennes et nombreuses.

Des salaires largement en dessous de la moyenne

Au premier rang figure la rémunération, en particulier celle des personnels paramédicaux : infirmières, aides-soignantes, manipulateurs radio, etc. Le salaire des infirmières est ainsi largement en deçà de la moyenne des pays de l’OCDE, loin derrière l’Irlande, la Belgique, l’Espagne ou encore la Turquie. Lors de sa visite à la Pitié-Salpêtrière, Emmanuel Macron a reconnu lui-même une « paupérisation » des soignants.

Le chef de l’État s’est engagé à augmenter les salaires. On affirme dans son entourage qu’il « entend honorer sa promesse » et qu’il est conscient qu’il y a « une dette de la nation envers les hospitaliers » après l’épidémie de Covid-19. « Il faut envoyer des signaux », affirme un ministre qui juge essentielle la question de « l’attractivité des postes » tout en mettant en garde contre une trop grande augmentation de la dépense publique, car « on va buter contre le mur de la réalité ». Dans l’entourage du président, on reconnaît que la question de la revalorisation des salaires est « un préalable à la confiance pour mener une réforme en profondeur », mais surtout que « la demande sociale » est telle sur cette réforme qu’Olivier Véran est « condamné à réussir ».

Un hôpital public peu attractif

Car la colère des soignants ne porte pas que sur la question des salaires, elle concerne aussi les conditions de travail. Les sous-effectifs, le travail à flux tendu, le manque de matériel engendrent des situations d’épuisement professionnel, ainsi qu’une perte de sens du travail et une déshumanisation du métier, regrettent les représentants des personnels hospitaliers.

Résultat, l’hôpital public est devenu peu attractif, des soignants quittent le navire pour travailler en libéral, ou bien dans des cliniques privées où les salaires sont plus élevés et les conditions de travail moins pénibles. Les établissements publics peinent à recruter des infirmières comme des médecins et doivent faire appel à l’intérim ; une solution loin d’être idéale pour le travail en équipe, et beaucoup plus onéreuse.

L’objectif poursuivi depuis plus de dix ans de faire des économies (combiné parfois au manque de personnels) a conduit à fermer des milliers de lits, alors que les besoins grandissent, en raison notamment de l’augmentation et du vieillissement de la population, font valoir les représentants du monde hospitalier. Certes, les prises en charge en ambulatoire (entrée du patient le matin et sortie le soir) ont été développées, mais cela ne compense pas la perte très importante des lits d’hospitalisation.

Nombreux sont les personnels, des aides-soignants aux chefs de service, à déplorer le manque persistant de moyens et à critiquer le modèle d’un hôpital-entreprise, pointant une logique de rentabilité et son bras armé : la tarification à l’activité. Ce mode de financement des établissements, instauré en 2004, a des effets pervers. Il incite à multiplier les actes rémunérateurs pour l’hôpital, au détriment parfois de la pertinence et de la qualité des soins.

Alors, que faudrait-il faire ? « Il faut partir d’une logique sanitaire et non budgétaire ». Ce ne sont plus seulement des soignants qui le disent, mais Emmanuel Macron aussi – ces mots sont de lui. Le président de la République a fait récemment son mea culpa. Reste maintenant à le transformer en actes.

« Les professionnels de santé sont particulièrement prudents sur ce que va donner cette concertation, avec la crainte que la logique de l’orthodoxie budgétaire qui prévaut depuis plusieurs décennies ne vienne mettre à mal les jolis mots du président de la République ou du ministre de la Santé », constate toutefois Pierre-André Juven, sociologue au CNRS et spécialiste des politiques de la santé.

Sous pression après la crise du coronavirus, le gouvernement va tenter d’apporter des réponses à l’hôpital avec le coup d’envoi, lundi 25 mai, du « Ségur de la santé » (du nom de l’avenue où se situe l’une des entrées du ministère de la Santé d’Olivier Véran). Au cours des sept semaines de concertation, le gouvernement doit lancer plusieurs chantiers afin d’améliorer la prise en charge des malades et les conditions de travail des soignants. Les discussions seront coordonnées par l’ex-secrétaire générale de la CFDT Nicole Notat. Certaines des mesures retenues pourraient figurer dans le prochain budget de la Sécurité sociale.

Le nom de « Ségur » a été choisi sur le même modèle que le fameux « Grenelle ». Ce dernier est devenu au fil du temps synonyme d’une grande concertation sur un sujet donné, grâce aux négociations ayant permis de mettre fin aux événements de Mai-68 qui se sont tenus au ministère du Travail, rue de Grenelle, à Paris. En attendant de savoir si le « Ségur de la santé » connaîtra le même passage à la postérité, voici un tour d’horizon des priorités qui attendent le gouvernement.

« Ségur de la santé » : les cinq chantiers qui attendent le gouvernement pour apporter des réponses à l’hôpital

« Ségur de la santé » : les cinq chantiers qui attendent le gouvernement pour apporter des réponses à l’hôpital

Hausse des salaires, temps de travail, gouvernance des hôpitaux… Le ministre de la Santé a promis que des mesures fortes seraient prises pour améliorer les conditions de travail des soignants et la prise en charge des malades.

Sous pression après la crise du coronavirus, le gouvernement va tenter d’apporter des réponses à l’hôpital avec le coup d’envoi, lundi 25 mai, du « Ségur de la santé » (du nom de l’avenue où se situe l’une des entrées du ministère de la Santé d’Olivier Véran). Au cours des sept semaines de concertation, le gouvernement doit lancer plusieurs chantiers afin d’améliorer la prise en charge des malades et les conditions de travail des soignants. Les discussions seront coordonnées par l’ex-secrétaire générale de la CFDT Nicole Notat. Certaines des mesures retenues pourraient figurer dans le prochain budget de la Sécurité sociale.

Le nom de « Ségur » a été choisi sur le même modèle que le fameux « Grenelle ». Ce dernier est devenu au fil du temps synonyme d’une grande concertation sur un sujet donné, grâce aux négociations ayant permis de mettre fin aux événements de Mai-68 qui se sont tenus au ministère du Travail, rue de Grenelle, à Paris. En attendant de savoir si le « Ségur de la santé » connaîtra le même passage à la postérité, voici un tour d’horizon des priorités qui attendent le gouvernement.

L’hydroxychloroquine inefficace et néfaste pour les malades du Covid-19, Olivier Véran intervient en urgence

L'hydroxychloroquine inefficace et néfaste pour les malades du Covid-19, Olivier Véran intervient en urgence

Après des mois de polémique concernant le traitement à base d’hydroxychloroquine prôné par le professeur Didier Raoult, les résultats d’une vaste étude scientifique internationale viennent d’être publiés dans la très sérieuse revue médicale britannique The Lancet, et ils sont alarmants : cette molécule, ainsi que sa parente la chloroquine, sont inefficaces pour soigner le Covid-19, seules ou associées à un antibiotique. Au contraire, elles sont même néfastes et augmentent les risques de décès des malades !

Après des mois de polémique concernant le traitement à base d’hydroxychloroquine prôné par le professeur Didier Raoult, les résultats d’une vaste étude scientifique internationale viennent d’être publiés dans la très sérieuse revue médicale britannique The Lancet, et ils sont alarmants : cette molécule, ainsi que sa parente la chloroquine, sont inefficaces pour soigner le Covid-19, seules ou associées à un antibiotique. Au contraire, elles sont même néfastes et augmentent les risques de décès des malades !

L’étude, qui a porté sur un total de 96 000 personnes infectées par le coronavirus et hospitalisées dans plus de 600 établissements à travers le monde, pointe en effet une forte hausse du taux de mortalité parmi les 15 000 patients auxquels ont été administrés un traitement à base de chloroquine ou de son dérivé dans les 48 heures après le diagnostic. Alors qu’il était de 9,3% dans le groupe témoin (c’est-à-dire le groupe de 81 000 malades n’ayant reçu aucun traitement), le taux de mortalité passe à 16,4% chez ceux qui ont été traités avec de la chloroquine seule et à 18% chez ceux qui ont reçu de l’hydroxychloroquine seule.

Et le nombre de décès grimpe encore plus quand ces produits sont associés à un macrolide, avec un taux de mortalité de 22,2% pour la chloroquine et de 23,8% pour la combinaison hydroxychloroquine + antibio prônée par Didier Raoult. Chez les personnes atteintes de Covid-19, ces molécules peuvent provoquer une cardiotoxicité, précisent les auteurs de l’étude,

 

France unie…et distanciation sociale!

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Coronavirus : trop d’incivisme dans les transports à Brest selon la CFDT

Morgane Heuclin-Reffait, France Bleu Breizh Izel, France Bleu ArmoriqueBrest, France

Encore trop de monde dans le tram et certains bus : c’est ce que dénonce la CFDT de Bibus à Brest. Le syndicat estime que le comportement de certains usagers surexpose les chauffeurs au coronavirus.

Il y a encore trop de monde dans le tram et certains bus à Brest malgré le confinement d'après la CFDT
Il y a encore trop de monde dans le tram et certains bus à Brest malgré le confinement d’après la CFDT © Radio France – Morgane Heuclin-Reffait

Des gestes barrières pas assez respectés et une utilisation pour une simple balade en ville : le syndicat SNTU-CFDT dénonce l’irrespect du confinement dans les transports en commun à Brest. « La fréquentation anormalement élevée dans le tramway et certaines lignes de bus (lignes 3.5.1…) ainsi que les usagers agglutinés dans les arrêts sont inacceptables », expliquent les représentants syndicaux dans un communiqué. 

Les règles d’un confinement strict paraissent être ignorées dans les transports en commun brestois.

D’après Bibus, le nombre de passagers comptabilisés depuis le début du confinement a drastiquement chuté : le trafic aujourd’hui ne représente que 3 à 4% de son niveau normal. Un chiffre potentiellement sous-estimé reconnait Bibus, puisque les passagers montent désormais par les portes arrières des bus, avec le risque que les tickets ne soient pas validés.

Des conducteurs exposés ?

Le syndicat critique notamment l’impact de ce manque de distanciation sociale entre les usagers des transports et l’exposition des chauffeurs en raison du manque de civisme, malgré des mesures mises en place pour éviter tout contact direct avec les usagers, les tickets n’étant plus vendus à bord des bus et leur cabine n’étant plus accessible. 

La CFDT estime qu’il y a peu de contrôle sur la distanciation sociale et les autorisations de déplacement des personnes à bord des bus et tram. « Le non-respect des règles élémentaires mises en place depuis le début du confinement surexpose les conducteurs à un risque qu’ils n’ont pas choisi. Ce risque réel génère une prise de conscience familiale légitime qui doit les inciter à protéger leur entourage et qu’un comportement individuel et collectif responsable pourrait limiter », conclut-elle.

Accueil / A la une / Stop à l’incivisme : la mairie de Canet-en-Roussillon porte plainte

Des décharges sauvages un peu partout sur le territoire municipale – D.R.

Stop à l’incivisme : la mairie de Canet-en-Roussillon porte plainte

Trop de dépôts sauvages de détritus, gravats et autre déchets verts sont ramassés chaque jour par les services techniques de la ville. Le manque de civisme consternant de certaines personnes (particuliers et professionnels) n’est plus admissible. La commune ne cesse de rechercher les auteurs de ces infractions, de passer du temps à identifier les personnes peu scrupuleuses à l’égard de l’environnement, rien n’y fait… toujours pas de prise de conscience que ces actions nuisent à notre environnement, à l’avenir de notre planète. Face à cette attitude désarmante la ville a cette fois déposé plainte auprès de la gendarmerie. Les gestes des associations de bénévoles comme CITECO sont honorables mais représentent une goutte d’eau devant ce manque de respect et l’impact environnemental est énorme et sont en augmentation ! La commune affirme que son action ne s’arrêtera pas là et les responsables souhaitent travailler main dans la main avec les associations au service de notre environnement. Il en va de l’image de la commune mais aussi de l’avenir des cours d’eau, des océans …. A quand une prise de conscience collective ?

« Certains s’en fichent du masque »: inquiétude en gare SNCF de Cannes face à un incivisme sanitaire persistant

Les agents de sécurité de la gare SNCF de Cannes doivent rappeler constamment aux usagers de devoir mettre leur masque.
Les agents de sécurité de la gare SNCF de Cannes doivent rappeler constamment aux usagers de devoir mettre leur masque. Photo Clément Tiberghien

La signalétique est pourtant bien présente au sein de la gare SNCF de Cannes.

Elle indique clairement le port du masque obligatoire, incite à l’usage de la borne de gel hydroalcoolique, affiche le marquage au sol pour faire respecter la distanciation sociale, condamne un siège sur deux dans le hall de gare…

Mais malgré les amendes distribuées par la police municipale, présente par moments, l’incivisme sanitaire persiste.

« Les rappels à l’ordre sont incessants, témoigne un agent de sécurité qui a souhaité rester anonyme. Il ne se passe pas une minute sans que l’on doive rappeler les règles. Des gens respectent et mettent le masque mais certains s’en fichent complètement. Ils sortent le masque plié de leur poche, le mettent mal puis le retirent une fois qu’ils sont dans le train. C’est de l’incivisme pur et simple, pratiqué par beaucoup trop de personnes, parfois avec une certaine hostilité. »

Vers un droit de retrait?

Les agents de sécurité, pourtant bien équipés en gants et en masques, craignent que ce manque de civisme conduise à une dégradation de l’état sanitaire. Pire, ils envisagent d’user de leur droit de retrait si la situation ne s’améliore pas.

Durant notre reportage sur place, plusieurs personnes sont effectivement rappelées à l’ordre sur le caractère obligatoire de l’usage du masque dans le hall de gare ainsi que sur les quais et dans les wagons.

« Ce sont les règles, il faut les appliquer même si porter le masque n’est pas forcément très agréable », concède une cliente. Pour rappel, le non-respect du port du masque, obligatoire dans les transports en commun, est sanctionné de 135 euros d’amende

Incivilités, distanciation non respectée… quatre communes du Morbihan ferment leurs plages

Solenne Durox

En Bretagne, les maires de Damgan, Erdeven, Billiers et La Trinité-sur-Mer ont demandé à la préfecture de fermer leurs plages, pointant du doigt des comportements inadmissibles.

Marche arrière toute ! Les habitants de quatre communes morbihannaises n’auront eu guère le temps de profiter des balades les pieds dans l’eau. Seulement quelques jours après leur réouverture sur dérogation préfectorale, les plages d’Erdeven, de Damgan de Billiers et de La Trinité-sur-Mer sont à nouveau fermées depuis mercredi soir. Ainsi en ont décidé leurs maires qui ont très mal vécu le retour de la foule le week-end dernier.

Impossible de faire respecter les règles de distanciation sociale et le principe des plages en mode dynamique, c’est-à-dire sans poser sa serviette. De trop nombreuses personnes ont fait fi des interdits en s’agglutinant les unes aux autres, en laissant leurs chiens en liberté aux dépens des zones de nidification ou en pêchant à pied alors que c’est prohibé. Des aménagements municipaux ont même été détruits.

Élus et gendarmes insultés

« Mes élus sont allés sur la plage faire de la pédagogie et ils se sont fait insulter, je leur ai donc demandé de rentrer afin que cela ne dégénère pas. J’ai demandé aux services de la gendarmerie d’intervenir sur notre territoire, ils m’ont fait part également des insultes à leur égard », déplore le maire de Damgan, Jean-Marie Labesse, sur Facebook.

LIRE AUSSI >La Grande-Motte étudie un système de réservation pour pouvoir bronzer sur la plage

Paris: intervention de la police pour faire respecter la distanciation sur l’esplanade des Invalides

BFMTV

Paris: intervention de la police pour faire respecter la distanciation sur l'esplanade des Invalides

Le soleil n’a pas manqué d’attirer bon nombre de Parisiens vers l’esplanade des Invalides ce mercredi soir. Mais face au non-respect des règles de distanciation, et alors que la plupart ne portaient pas de masques, une trentaine de policiers ont demandé aux personnes rassemblées sur la pelouse de s’espacer ou bien de quitter les lieux.

L’intervention des policiers s’est déroulée dans le calme, à l’aide de hauts-parleurs. « Ils font leur job, estime sur notre antenne Robin, venu avec un groupe d’amis pour fêter un anniversaire. On essaie de garder 1,50 mètre entre nous tous mais à certains moments, on ne respecte pas forcément (cette règle). »

Les forces de l’ordre sont également venues rappeler que la consommation d’alcool sur la pelouse était interdite. « C’était un avertissement, poursuit le jeune homme. J’ai préféré vider mon verre que recevoir un PV. »

Coronavirus: À Paris, la police évacue l’esplanade des Invalides bondée

Sous un ciel bleu et des températures estivales, des Parisiens bien trop nombreux s’étaient rassemblés au mépris des règles de distanciation sociale et des gestes barrières.

Bondée ce mercredi 20 mai au soir, l'esplanade des Invalides a dû être évacuée par les forces de l'ordre....
Bondée ce mercredi 20 mai au soir, l’esplanade des Invalides a dû être évacuée par les forces de l’ordre. Les gestes barrières contre le coronavirus et la distanciation sociale étaient bien loin d’être respectés.

CORONAVIRUS – Déconfinement total. Ce mercredi 20 mai au soir, les forces de l’ordre ont dû intervenir dans le VIIe arrondissement de Paris pour mettre un terme à un immense rassemblement qui s’était formé de manière spontanée sur l’esplanade des Invalides. 

Par petits groupes, des centaines de Parisiens s’étaient effectivement installés dans l’herbe haute pour profiter d’une soirée à l’allure estivale, au mépris des règles de distanciation sociale et des gestes barrières. 

Avançant en ligne, des dizaines de policiers ont ainsi fait partir tout ce petit monde, cherchant à faire respecter autant que faire se peut dans ces conditions les mesures sanitaires préconisées face à l’épidémie de coronavirus

Alors que l’évacuation était en cours, le député LR des Bouches-du-Rhône Éric Diard s’est insurgé contre la stratégie de déconfinement du gouvernement. “L’ouverture des restaurants et des cafés est elle plus dangereuse que les milliers de personnes qui s’entassent dans les pelouses des Invalides?”, s’est-il demandé sur Twitter, accompagnant son message d’une photographie éloquente. 

Enterrement de covid..la ficelle picarde!!

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Camille Sarazin
Le maire de Compiègne avait refusé la demande de la famille à dépasser le nombre de personnes autorisées, normalement limité à vingt. Plusieurs centaines d’habitants ont quand même fait le déplacement.

Une femme se recueille dans un cimetière de Tours, le 5 avril 2020. (Illustration.) © GUILLAUME SOUVANT / AFP Une femme se recueille dans un cimetière de Tours, le 5 avril 2020. (Illustration.) Ils ont très largement dépassé la limite de vingt personnes fixée pour les enterrements. Ce vendredi, ils étaient près de 600 à se réunir au cimetière Nord de Compiègne pour rendre un dernier hommage à un jeune homme de la ville. « Il était apprécié de tous », explique l’un de ses proches, cité par Le Parisien. Il s’agissait d’un habitant du quartier du Clos-des-Roses, foudroyé par une crise cardiaque le dimanche précédent.

Sur place, la police a rapidement été submergée mais a géré la situation tant bien que mal.

« Nous sommes intervenus pour gérer le flux de voitures mais nous n’avons dressé aucune contravention », raconte une source policière au journal local. « C’était un moment de recueillement pour la famille et les amis. Des modérateurs étaient là, cela s’est passé dans le calme. »

Le maire LR de Compiègne, Philippe Marini, avait pourtant refusé la demande de la famille à dépasser le nombre de personnes autorisées.

Un risque important

C’est le deuxième rassemblement de ce type à Compiègne. La semaine dernière, un enterrement avait rassemblé une centaine de personnes, sans demander l’autorisation de la mairie cette fois.

Pourtant, le risque de propagation du virus est élevé. En Dordogne, c’est après un enterrement qu’un nouveau foyer épidémique a été détecté. Plusieurs dizaines de personnes s’étaient réunies pour pleurer le défunt.

Oise : un enterrement rassemble près de 600 personnes à Compiègne

La mairie de Compiègne (Getty Images)
La mairie de Compiègne (Getty Images)

Alors que les règles sur les enterrements n’ont pas été assouplies, des funérailles ont rassemblé plus de 600 personnes à Compiègne. C’est la deuxième fois au même endroit, en quelques jours.

“Il était apprécié de tous, nous voulions lui rendre hommage”, justifie un proche au Parisien. Vendredi, ils étaient près de 600 à se rassembler au cimetière Nord de Compiègne, pour dire adieu à Souleymane Traoré, jeune footballeur décédé quelques jours plus tôt d’une crise cardiaque en pleine rue.

La mairie avait été prévenue du rassemblement, avec une demande de dépassement du nombre autorisé. “Il y a eu un refus de ma part”, précise Philippe Marini, le maire (LR) de Compiègne. “Je leur ai dit que c’était interdit. Mais, on ne va pas faire venir l’armée, tout de même. Et je n’allais pas y aller tout seul avec mes petits bras pour leur dire de partir”, poursuit l’édile. Présentes sur places, les forces de l’ordre ont été débordées par le nombre et se sont contentées de gérer le flux, sans dresser de contravention : “C’était un moment de recueillement pour la famille et les amis. Des modérateurs étaient là, cela s’est passé dans le calme”, précise une source policière.

Bis repetita

Samedi dernier, déjà au cimetière Nord, une centaine de personnes s’étaient rassemblées autour des funérailles d’un homme. Le rassemblement n’avait pas été annoncé et avait pris de court les autorités. Cette fois, outre la demande en mairie, des messages ont circulé sur les réseaux sociaux, pour demander de porter des masques et d’éviter les attroupements.

Oise : un enterrement rassemble près de 600 personnes à Compiègne

Ce vendredi, le cimetière Nord a dû faire face à une foule importante venue rendre hommage à un jeune homme. C’est la deuxième fois en quelques jours que les consignes sanitaires ne sont pas respectées.

 Compiègne, ce vendredi. La police, présente lors de l’enterrement, a eu du mal à contenir l’affluence des véhicules.
Compiègne, ce vendredi. La police, présente lors de l’enterrement, a eu du mal à contenir l’affluence des véhicules.  LP

Ce vendredi après-midi, près de 600 personnes endeuillées, selon une source policière, se sont rassemblées au cimetière Nord de la ville de Compiègne. Elles étaient là pour honorer la mémoire d’un jeune homme, habitant du quartier du Clos-des-Roses, décédé d’une crise cardiaque en pleine rue, dimanche dernier.

« Il était apprécié de tous, nous voulions lui rendre hommage », témoigne un proche. Sauf que, si le déconfinement a assoupli les directives de l’Etat en matière de rassemblement, la préfecture de l’Oise rappelle que « le nombre de personnes est encore limité à 20 pour un enterrement ».

«Cela s’est passé dans le calme»

En amont des obsèques, des consignes avaient été données sur les réseaux sociaux. Éviter les attroupements, porter un masque… Dans les faits, la police nationale et la police municipale, présentes sur place, ont rapidement été débordées par le nombre.

« Nous sommes intervenus pour gérer le flux de voitures mais nous n’avons dressé aucune contravention, explique une source policière. C’était un moment de recueillement pour la famille et les amis. Des modérateurs étaient là, cela s’est passé dans le calme. »

Une centaine de personnes, déjà, samedi dernier

C’est la deuxième fois en une semaine qu’un tel regroupement a lieu au cimetière Nord, enfreignant les mesures barrières. Samedi dernier, déjà, une centaine de personnes s’étaient regroupées, en plein confinement, pour l’enterrement d’un homme issu de la communauté des gens du voyage.

Si le maire (LR) de Compiègne, Philippe Marini, n’avait pas été prévenu la première fois, une demande de la famille était bien parvenue à la municipalité pour l’enterrement de ce vendredi. Elle demandait à dépasser le nombre de personnes autorisées.

« Il y a eu un refus de ma part, précise le maire. Je leur ai dit que c’était interdit. Mais, on ne va pas faire venir l’armée, tout de même. Et je n’allais pas y aller tout seul avec mes petits bras pour leur dire de partir. » L’édile laisse clairement entendre que la municipalité n’engagera pas de poursuites.

Oise : 600 personnes se rassemblent pour un enterrement

 La Provence

Les agents de la police municipale et nationale sont intervenus hier dans un cimetière de Compiègne (Oise), alors que 600 personnes s’étaient réunies pour assister à un enterrement. S’ils n’ont pas distribué de contraventions, selon Le Parisien, ils sont venus aider à gérer le flux de personnes et de voitures.

Il s’agissait d’obsèques d’un jeune homme décédé d’une crise cardiaque la semaine dernière. Des consignes étaient publiées sur Facebook, en amont de l’enterrement, pour éviter les rassemblements et porter un masque. La famille avait fait la demande au maire de dépasser le nombre de 20 personnes autorisées, ce qui a été refusé. « Je leur ai dit que c’était interdit. Mais, on ne va pas faire venir l’armée, tout de même. Et je n’allais pas y aller tout seul avec mes petits bras pour leur dire de partir, » a confié le maire à nos confrères. Il a fait savoir qu’il n’engagera pas de poursuites.

Ce n’est pas la première fois qu’un si gros rassemblement se tenait dans ce cimetière. La semaine dernière, une centaine de personnes étaient venues rendre hommage à un homme issu de la communauté des gens du voyage.

« Faites attention à vous ! »

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Plus de 60 plaintes ont été déposées contre le gouvernement

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Elles concernent « le plus souvent le Premier ministre, les deux ministres de la Santé qui se sont succédé », mais pas seulement.

Soixante-trois plaintes contre des membres du gouvernement ont été déposées jusqu’ici auprès de la Cour de justice de la République pour dénoncer leur gestion de la crise du coronavirus, selon un décompte annoncé mardi par le procureur général François Molins sur RTL.

« Il y a exactement ce soir 63 plaintes qui ont été déposées auprès de la CJR », seule instance habilitée à juger des actes commis par des membres du gouvernement dans leurs fonctions, a déclaré le procureur général auprès de la Cour de cassation.

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Le chef de l’État, Emmanuel Macron, est lui irresponsable pénalement des actes réalisés dans l’exercice de ses fonctions.

Ces plaintes, dont les premières ont été déposées fin mars au début du confinement, sont en cours d’examen par la commission des requêtes de la CJR, « qui fait office de filtre et va devoir apprécier toute seule la suite à donner à ces 63 plaintes ».

Cette commission, composée de dix hauts-magistrats, peut « décider soit le classement sans aucune suite soit la transmission au procureur général qui serait alors tenu de saisir la commission d’instruction qui agira finalement comme un juge d’instruction », a-t-il expliqué.

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Ces plaintes concernent « le plus souvent le Premier ministre, les deux ministres de la Santé qui se sont succédé » ainsi que leurs homologues de la Justice, du Travail et de l’Intérieur.

Certaines plaintes pour « homicide involontaire »

« Ces plaintes peuvent émaner d’horizons très différents […] de simples particuliers, de syndicats, d’associations, de médecins… On trouve un peu tous les cas de figure, avec des plaintes en une page absolument pas motivées et d’autres plus fouillées et plus référencées, d’une vingtaine de pages », a détaillé le procureur général.

Parmi les plaignants se trouvent notamment un collectif de médecins et des syndicats, tels que la CGT pénitentiaire ou Vigi-Police. Au moins une quinzaine de plaintes ont été déposées par des détenus, selon une source judiciaire.

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Les plaignants dénoncent, selon les cas, des faits de « mise en danger de la vie d’autrui », « homicide involontaire », « non-assistance à personne en danger » ou abstention de prendre à temps des mesures pour endiguer l’épidémie.

En parallèle, 47 plaintes liées à cette gestion de crise ont été enregistrées par le pôle santé publique du parquet de Paris, selon le décompte mardi d’une source judiciaire. Émanant de particuliers, de collectifs ou d’élus, elles ont été déposées soit contre X soit contre des responsables de l’administration, notamment le directeur général de Santé Jérôme Salomon.

Le parquet doit se prononcer prochainement sur leur classement sans suite ou sur d’éventuelles ouvertures d’enquêtes judiciaires.

Konbini news avec AFP

© Copyright 2020, L’Obs Les plaignants dénoncent, selon les cas, des faits de « mise en danger de la vie d’autrui », « homicide involontaire », « non-assistance à personne en danger » .

Soixante-trois plaintes contre des membres du gouvernement ont été déposées jusqu’ici auprès de la Cour de justice de la République pour dénoncer leur gestion de la crise du coronavirus, selon un décompte annoncé mardi 12 mai par le procureur général François Molins sur RTL.

« Il y a exactement ce soir 63 plaintes qui ont été déposées auprès de la CJR », seule instance habilitée à juger des actes commis par des membres du gouvernement dans leurs fonctions, a déclaré le procureur général près la Cour de cassation.

Le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, est lui irresponsable pénalement des actes réalisés dans l’exercice de ses fonctions.

« simples particuliers, de syndicats, d’associations, de médecin »

Ces plaintes, dont les premières ont été déposées fin mars au début du confinement, sont en cours d’examen par la commission des requêtes de la CJR, « qui fait office de filtre et va devoir apprécier toute seule la suite à donner à ces 63 plaintes ».

Cette commission, composée de dix hauts-magistrats, peut « décider soit le classement sans aucune suite soit la transmission au procureur général qui serait alors tenu de saisir la commission d’instruction qui agira finalement comme un juge d’instruction », a-t-il expliqué.

Ces plaintes concernent « le plus souvent le Premier ministre, les deux ministres de la Santé qui se sont succédé » ainsi que leurs homologues de la Justice, du Travail et de l’Intérieur.

« Ces plaintes peuvent émaner d’horizons très différents (…) de simples particuliers, de syndicats, d’associations, de médecins… On trouve un peu tous les cas de figure, avec des plaintes en une page absolument pas motivées et d’autres plus fouillées et plus référencées, d’une vingtaine de pages », a détaillé le procureur général.

Parmi les plaignants se trouvent notamment un collectif de médecins et des syndicats, tels que la CGT pénitentiaire ou Vigi-Police. Au moins une quinzaine de plaintes ont été déposées par des détenus, selon une source judiciaire.

« Mise en danger de la vie d’autrui »

Les plaignants dénoncent, selon les cas, des faits de « mise en danger de la vie d’autrui », « homicide involontaire », « non-assistance à personne en danger » ou abstention de prendre à temps des mesures pour endiguer l’épidémie.

En parallèle, 47 plaintes liées à cette gestion de crise ont été enregistrées par le pôle santé publique du parquet de Paris, selon le décompte mardi d’une source judiciaire. Emanant de particuliers, de collectifs ou d’élus, elles ont été déposées soit contre X soit contre des responsables de l’administration, notamment le directeur général de Santé Jérôme Salomon.

Le parquet doit se prononcer prochainement sur leur classement sans suite ou sur d’éventuelles ouvertures d’enquêtes judiciaires.

Coronavirus : plus de 60 plaintes déposées contre le gouvernement

Coronavirus : plus de 60 plaintes déposées contre le gouvernement

Ces plaintes, dont les premières ont été déposées fin mars au début du confinement, sont en cours d’examen par la commission des requêtes de la CJR, qui va apprécier la suite à leur donner.

Soixante-trois plaintes contre des membres du gouvernement ont été déposées jusqu’ici auprès de la Cour de justice de la République pour dénoncer leur gestion de la crise du coronavirus, selon un décompte annoncé mardi par le procureur général François Molins sur RTL.

« Il y a exactement ce soir 63 plaintes qui ont été déposées auprès de la CJR« , seule instance habilitée à juger des actes commis par des membres du gouvernement dans leurs fonctions, a déclaré le procureur général près la Cour de cassation.

Le chef de l’État, Emmanuel Macron, est lui irresponsable pénalement des actes réalisés dans l’exercice de ses fonctions.

Classement ou transmission au procureur

Ces plaintes, dont les premières ont été déposées fin mars au début du confinement, sont en cours d’examen par la commission des requêtes de la CJR, « qui fait office de filtre et va devoir apprécier toute seule la suite à donner à ces 63 plaintes« .

Cette commission, composée de dix hauts-magistrats, peut « décider soit le classement sans aucune suite soit la transmission au procureur général qui serait alors tenu de saisir la commission d’instruction qui agira finalement comme un juge d’instruction« , a-t-il expliqué.

Ces plaintes concernent « le plus souvent le Premier ministre, les deux ministres de la Santé qui se sont succédé« , à savoir Agnès Buzyn et Olivier Véran. L’une d’entre elles avait été déposée contre X, fin mars devant la CJR, part un patient infecté à la maladie Covid-19 pour « entrave aux mesures d’assistance« , comme l’avait révélé BFMTV.com.

Les plaintes concernent par ailleurs les ministres de la Justice, du Travail et de l’Intérieur – Nicole Belloubet, Muriel Pénicaud et Christophe Castaner.

Gestion de la crise : 63 plaintes déposées contre plusieurs ministres

Gestion de la crise : 63 plaintes déposées contre plusieurs ministres

PANDÉMIE – Soixante-trois plaintes visent désormais le gouvernement selon le dernier décompte de la Cour de justice de la République, a annoncé le procureur général François Molins.

Depuis le début de l’épidémie, une soixantaine de plaintes contre des membres du gouvernement ont été déposées auprès de la Cour de justice de la République pour dénoncer leur gestion de la crise du coronavirus, selon un décompte annoncé mardi par le procureur général. « Il y a exactement ce soir 63 plaintes qui ont été déposées auprès de la CJR « , seule instance apte à juger un ministre pour des faits commis dans l’exercice de ses fonctions, a indiqué mardi 12 mai le procureur général près la Cour de cassation. Emmanuel Macron, en tant que chef de l’Etat, est pour sa part irresponsable pénalement des actes réalisés dans l’exercice de ses fonctions.

Les premières plaintes ont été déposées fin mars au début du confinement, elles sont en cours d’examen par la commission des requêtes de la Cour de justice de la République, « qui fait office de filtre et va devoir apprécier toute seule la suite à donner à ces 63 plaintes« , a indiqué François Molins, qui était l’invité de RTL. Cette commission, composée de dix hauts magistrats, peut « décider soit le classement sans aucune suite soit la transmission au procureur général qui serait alors tenu de saisir la commission d’instruction qui agira finalement comme un juge d’instruction« , a précisé le procureur général.

« Homicide involontaire », « mise en danger de la vie d’autrui »

Les plaintes concernent « le plus souvent le Premier ministre, les deux ministres de la Santé qui se sont succédé » ainsi que leurs homologues de la Justice, du Travail et de l’Intérieur. « Ces plaintes peuvent émaner d’horizons très différents (…) de simples particuliers, de syndicats, d’associations, de médecins… On trouve un peu tous les cas de figure, avec des plaintes en une page absolument pas motivées et d’autres plus fouillées et plus référencées, d’une vingtaine de pages« , a détaillé le procureur général.

Parmi les plaignants se trouvent notamment un collectif de médecins et des syndicats, tels que la CGT pénitentiaire ou Vigi-Police. Au moins une quinzaine de plaintes ont été déposées par des détenus, parfois plusieurs détenus pour une plainte, selon une source judiciaire. Ces derniers dénoncent, selon les cas, des faits de « mise en danger de la vie d’autrui« , « homicide involontaire« , « non-assistance à personne en danger » ou abstention de prendre à temps des mesures pour endiguer l’épidémie.  Ces plaintes visent le Premier ministre et la Garde des Sceaux.

47 plaintes au pôle santé publique du parquet de Paris

Dans le même temps, quarante-sept autres plaintes, dont une, formulée par trois médecins, concernant la gestion de la crise ont été enregistrées par le pôle santé publique du parquet de Paris, selon le décompte d’une source judiciaire. Émanant de particuliers, malades ou non, endeuillés par le covid-19, de collectifs ou d’élus, elles ont été déposées soit contre X soit contre des responsables de l’administration, notamment le directeur général de Santé Jérôme Salomon. Enfin, une autre plainte visant la ministre du Travail Muriel Pénicaud a été déposée par la CGT Commerce. Le parquet doit se prononcer prochainement sur leur classement sans suite ou sur d’éventuelles ouvertures d’enquêtes judiciaires.


Impact politique

Confiance avec les Français : comment Emmanuel Macron a raté « l’occasion du coronavirus »

Atlantico.fr : Alors que la cote de popularité d’Emmanuel Macron est en chute libre ( – 6 points ), celle de son Premier ministre augmente ( + 3 point ) dans l’opinion. En s’exprimant beaucoup publiquement, Emmanuel Macron fait-il le bon choix dans sa communication ?

Arnaud Benedetti : Cela fait presque deux années que la côte de popularité d’Emmanuel Macron est structurellement fortement fragilisée. L’affaire Benalla, la crise des gilets jaunes ont constitué des trappes successives en terme de confiance. C’est dire que pour un President en souffrance avec l’opinion, dont la personnalité est jaugée parfois fortement clivante, il est particulièrement délicat d’aborder une crise aussi inédite et globale que celle que le pays traverse. Pour autant, le Président avait là un levier pour reconstruire un lien avec les Français. Il n’y est pas à ce stade parvenu pour plusieurs raisons : la communication de l’exécutif a été l’adjuvant de l’impréparation, des dysfonctionnements , de la sous-estimation de la menace ; elle a été perçue comme un écran visant à justifier une action publique incertaine; elle a surjoué la dramaturgie par la symbolique « guerrière » sans réussir à fournir les preuves du volontarisme affiché, notamment ( on n’a pas cessé de le répéter ) en matière de masques et de tests entre autres ; les contradictions enfin des différents ministres qui se sont exprimés très souvent suite aux propos présidentiels ont suscité une atmosphère de désorganisation au plus haut niveau de l’Etat.

Tout s’est passé comme si le Président avait érodé en vain son crédit  » communicant « . Plus il parle, plus sa voix est couverte par un brouhaha d’expressions contradictoires qui traduisent, elles-mêmes, une agitation d’Etat qui génère le sentiment de pouvoirs publics dominés par les événements. Non que le Président ne soit pas formellement écouté  ( les audiences de ses interventions sont très élevées ) mais il n’est pas compris ; cela n’adhère pas. Se sur-exposant, il a pris le risque d’être pris au(x) mot ( s) ; le problème c’est que les mots trop souvent n’ont pas été attestés par la réalité. Le drame est celui d’une parole qui , très souvent , n’est plus perçue que comme une parole, une parole échappatoire lourde de non-dits, une parole perdue en quelque sorte, une parole que l’action viendrait contredire.

En sursaturant l’espace de la crise par sa communication, par sa présence , par un discours souvent considéré comme plus incantatoire ( à tort ou à raison ) que concret, Emmanuel Macron s’est épuisé à courir comme le petit lapin de Lewis Caroll . Par contraste, le style pondéré, sobre, un tantinet laborieux, méticuleux du Premier ministre apparaît plus authentique et cette authenticité lui vaut ce rebond sensible. Ne nous trompons pas pour autant : à terme c’est en bloc que l’exécutif sera néanmoins jugé par les Françaises et les Français.

Cette dynamique de communication semble contraire à celle qui avait prévalue durant le début du quinquennat, période durant laquelle Emmanuel Macron avait souhaité s’exprimer peu. Que révèle cette hyper communication élyséenne du tempérament politique d’Emmanuel Macron ? ( Est-elle révélatrice des reflexes centralistes du président ) ?

La posture  » pilhanesque » n’a que très peu duré . Quelques mois seulement. Très vite dés l’automne 2017 le President a multiplié les opportunités d’expressions, notamment au travers d’un dialogue qui se voulait direct avec les français par un usage parfois aléatoire des réseaux sociaux , par de brefs intermèdes captés par les chaînes infos ou les réseaux  lors de visites sur le terrain, ou par des échanges avec la presse. L’idée d’un Président économe de sa com’ n’a pas duré plus que l’espace de quelques mois. Mais jusqu’à la catastrophique gestion de l’affaire Benalla , le matelas d’une opinion plutôt bienveillante s’est effiloché. La dégradation s’est accentuée avec le mouvement des gilets jaunes ensuite . Macron est emporté , comme ses deux derniers prédécesseurs, par le bateau ivre de la vieille com’ dont le gouvernail est fracassé par l’info permanente, l’électricité continue de cette nouvelle  » publisphère » que constitue internet et les réseaux sociaux.

Dans un contexte institutionnel, Veme république et culture historique oblige, où la pente naturelle des dispositions des citoyens est de relever naturellement les yeux vers le sommet de l’Etat, ce nouvel écosystème médiatique en France bouscule  le monarque car ce monarque est un Roi qui règne parce qu’il gouverne. Il n’incarne pas seulement l’Etat, il est le levier de l’action publique, il la personnalise même d’une manière autrement plus incandescente qu’un chef de gouvernement classique d’un régime parlementaire , dont le mode de fonctionnement est sans doute plus collégial. Macron est prisonnier de notre structure étatique, centralisée, de nos institutions remixées au son accéléré désormais du quinquennat, et d’une mediasphère qui sur-expose à flux continu le chef de l’Etat. Tout cet environnement aspire le premier des français comme la mécanique céleste règle le mouvement des planètes.

Face à la crise sanitaire, le contact semble avoir été rompu entre l’Élysée et Matignon. Cette relation peut-elle est reconstruite ? Emmanuel Macron est-il en mesure d’effectuer un remaniement sans aggraver à nouveau la situation ?

La dyarchie du dissensus ( President / Premier ministre )est une figure toujours possible du jeu politique sous la 5ème Republique. C’est celle du De Gaulle / Pompidou post 68 , du Pompidou / Chaban, du Giscard d’Estaing/ Chirac ou du Mitterrand / Rocard, sans parler des épisodes de cohabitation . D’aucuns perçoivent des signaux de moyenne intensité qui annoncerait une entrée dans cette zone de turbulences. Force est de constater que le môle de stabilisation de la majorité repose dans le contexte actuel plutôt sur le Premier ministre. Par son style, par le fait qu’il est un élu local aussi, par son didactisme communicant, Édouard Philippe est aujourd’hui le principe actif de la réassurance politique du pouvoir et de sa majorité. Le remaniement sans doute s’imposera le moment venu, ne serait-ce que pour tenter d’insuffler du crédit à l’acteur présidentiel à deux ans du terme du mandat et affronter les conséquences sociales et économiques de cette crise sanitaire. Le Président a-t-il intérêt à se séparer de son Premier ministre ? Pas sûr.

Le Premier ministre peut-il avoir, lui , un intérêt à prendre du champ ? Peut-être. L’histoire nous apprend que Couve de Murville est l’homme du référendum perdu du général de Gaulle, que Raymond Barre fut le chef d’un gouvernement qui essuya la défaite d’un Président de la République le 10 Mai 81, qu’Edith Cresson ne dura que 9 mois…


La popularité d’Edouard Philippe continue de grimper

La popularité d’Edouard Philippe continue de grimper

La confiance des Français envers le gouvernement est peut-être basse en pleine crise sanitaire liée au coronavirus, mais la popularité du Premier ministre, elle, grimpe en flèche. Et ce depuis le mois d’avril, comme le révèle le dernier tableau de bord des personnalités Ifop-Fiducial pour Paris Match et Sud Radio, publié ce mardi. Après avoir gagné dix points d’opinions positives au mois d’avril, Edouard Philippe en gagne de nouveau quatre en ce début du mois de mai.

Il remporte au total 57% d’opinions favorables et se place en deuxième position derrière Nicolas Hulot. Dans le détail, le chef du gouvernement séduit 6 retraités sur 10 et il parvient à dépasser le clivage droite-gauche, puisqu’il gagne 5 points à gauche (50%) et 9 chez les Républicains (69%).

Les ministres en moins bonne forme

A la différence, Emmanuel Macron ne réunit « que » 48% d’opinions favorables, bien qu’il gagne tout de même deux points en ce début du mois. Au sein du gouvernement, les ministres semblent plus clivants qu’Edouard Philippe.

Le ministre de la Santé Olivier Véran s’établit à 40% d’opinions positives (-40% après une hausse significative en avril), le ministre de l’Education perd 4 points et table à 36% d’avis favorables. La ministre des Armées Florence Parly perd elle 7 points, Sébastien Lecornu 4 points, Marlène Schiappa en perd 3 et Bruno Le Maire un seul. La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye perd 2 points et figure à la dernière place du classement.

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